BLOG/AGORA CITOYENNE

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Le BLOG/AGORA est un lieu où vous retrouverez de façon classique les publications, articles et positions de Citizen4Science, association citoyenne de préservation et promotion de la science et de lutte contre la désinformation et l’obscurantisme.
Nous avons aussi souhaité que cette section reflète notre approche unique de citoyens réunis pour faire entendre leur voix à l’unisson, mais aussi leurs voix individuelles en lien avec notre mission et dans l’esprit de notre charte et ses valeurs fortes d’inclusion et de diversité.
Tout comme sur Citizen Ship, le forum privé comporte ainsi une agora citoyenne, lieu de rassemblement public pour les échanges informels des membres de l’association au quotidien, l’agora du blog constitue une tribune ouverte à tous les membres pour partager, exprimer leur point de vue ou témoigner. Nous invitons également les citoyens non adhérents à C4S à venir s’exprimer, dans un esprit démocratique pour favoriser le débat d’idées.

NB : Les articles en catégorie AGORA n’ impliquent en aucun cas l’approbation ou la caution du contenu par l’association Citizen4Science.

Comment fournir des vaccins COVID-19 aux pays en développement tout en conservant les avantages des brevets pour les fabricants de médicaments ?

Par Dalindyebo Shabalala, Professeur associé, University of Dayton

Le monde fait face à un problème d’accès au vaccin contre la COVID-19 : près de la moitié des doses administrées jusqu’à présent l’ont été en Europe et en Amérique du Nord, tandis que de nombreux pays plus pauvres ont vacciné moins de 1 % de leur population.

Les nouvelles variantes du coronavirus augmentant le risque sanitaire. L’Afrique du Sud et l’Inde ont proposé que l’Organisation mondiale du commerce (OMC) renonce temporairement aux droits de propriété intellectuelle pour les vaccins COVID-19 afin d’aider à accélérer la production.

Les États-Unis, la Grande-Bretagne et l’Union européenne ont rejeté cette idée, arguant que les droits de propriété intellectuelle, qui donnent aux créateurs de vaccins le pouvoir d’empêcher d’autres entreprises de reproduire leurs produits, sont nécessaires pour garantir l’innovation et que leur suppression n’entraînerait pas une augmentation de la production. Ils sont maintenant sous pression pour changer d’avis.

Alors, n’y a-t-il que deux voies possibles ? Les brevets restent protégés ou alors on fait fi du respect des brevets ?

Je travaille sur les questions juridiques liées à l’accès aux médicaments depuis 2004 et j’ai participé à ces débats à l’OMC et à l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI), en collaboration avec des groupes de la société civile et des pays en développement. Je pense qu’il existe une voie médiane : les licences obligatoires.

Quels sont les pays ayant administré le plus de doses de vaccin ?

La distribution de vaccins COVID-19 a varié à travers le monde. Compte tenu de l’approvisionnement limitée, les pays les plus riches ont pu obtenir d’importants contrats de vaccination, tandis que les pays à faible revenu n’en ont pas bénéficié.

Doses de vaccin administrées
Données en date du 13 avril 2021. Les chiffres les plus récents de certains pays datent de la semaine précédente. Des informations détaillées ne sont pas disponibles pour tous les pays.
Certains vaccins requièrent deux doses. Carte : The Conversation/CC-BY-ND – Source : Our World in Data – Get the data

Les gouvernements peuvent déjà contourner les brevets

Lorsqu’un pays approuve un brevet, il accorde au titulaire du brevet un monopole pour une durée limitée, généralement 20 ans, pour des idées nouvelles et hautement inventives.

La promesse d’un monopole incite le titulaire du brevet à prendre le risque de la recherche et du développement et à mettre un produit sur le marché. L’entreprise peut demander un prix élevé pendant une période limitée pour récupérer cet investissement.

L’expression clé est “durée limitée”. Cela permet de s’assurer qu’une fois le brevet expiré, des tiers peuvent fabriquer le produit. Les médicaments génériques en sont un exemple. La concurrence fait généralement baisser les prix et garantit un meilleur accès aux personnes qui souhaitent, ou ont besoin du produit.

AstraZeneca a donné licence au Serum Institute of India pour la production de son vaccin COVID-19 – AP Photo/Rafiq Maqbool

Pour les cas d’urgence, le système des brevets dispose d’une série de soupapes de sécurité qui permettent aux gouvernements d’intervenir avant que ce temps limité ne soit écoulé. La soupape de sécurité la plus importante pour la production du vaccin COVID-19 est la licence obligatoire. En fonction des besoins publics, notamment les urgences sanitaires, un gouvernement peut autoriser des tiers à fabriquer le produit, généralement moyennant le versement d’une redevance raisonnable au titulaire du brevet.

Aujourd’hui, tout pays qui a délivré un brevet à un fabricant de vaccins COVID-19 peut utiliser ce brevet simplement en délivrant une licence obligatoire pour permettre la production par ses propres entreprises.

Alors, pourquoi cela ne résout-il pas le problème de l’accès au vaccin COVID-19 ?

Les brevets sur les vaccins s’arrêtent à la frontière

Le même problème s’est posé dans le contexte de l’accès aux médicaments contre le VIH à la fin des années 1990.

Tout comme pour les médicaments contre le VIH à l’époque, la capacité de fabrication des vaccins est aujourd’hui inégalement répartie. La vraie question n’est pas de savoir si un pays comme le Botswana peut délivrer une licence obligatoire permettant à ses entreprises nationales de fabriquer les vaccins ; de nombreux pays ne disposent pas de ce type d’installations de production et, dans de nombreux cas, les médicaments n’y sont même pas brevetés.

La vraie question est de savoir si l’Inde, la Chine ou les Philippines – des pays dont l’industrie pharmaceutique est florissante et où les médicaments sont beaucoup plus susceptibles d’être brevetés? peuvent délivrer une licence obligatoire qui permettrait à leurs entreprises d’exporter vers le Botswana.

Techniciens à Nairobi, au Kenya, tenant un emballage de vaccin COVID-19 AstraZeneca fabriqué en Inde – AP Photo/Ben Curtis

Pourquoi cela ne se produit-il pas dans le cadre des règles existantes ?

L’article 31 de l’accord de l’OMC sur les aspects des droits de propriété intellectuelle qui touchent au commerce, ou ADPIC, limite les licences obligatoires essentiellement à la production et à l’utilisation nationales. Il ne permet pas à un pays de délivrer une licence obligatoire à une entreprise située en dehors de son territoire. Les pays ne peuvent pas non plus délivrer de licences obligatoires à des entreprises situées sur leur territoire pour produire des produits destinés principalement à l’exportation.

Plusieurs tentatives ont été faites pour résoudre ce problème, notamment une modification de l’accord sur les ADPIC approuvée en 2005. Mais un seul pays – le Rwanda – a utilisé ce système pour accéder aux médicaments. Après un processus de près de deux ans, le Rwanda a pu importer 7 millions de doses du Canada. Toutefois, le fabricant canadien de médicaments génériques, Apotex, a déclaré que le système n’était pas viable économiquement pour une entreprise privée. Lors d’une révision du système en 2010, de nombreux pays en développement ont noté combien il était difficile à utiliser, plusieurs producteurs de médicaments génériques ayant abandonné au milieu du processus.

Le processus nécessite un accord entre les deux pays qui délivrent les licences obligatoires. Il s’accompagne également d’une série d’exigences légales, notamment la production de la seule quantité commandée par le pays importateur, l’utilisation d’un emballage, d’une coloration ou d’une forme entièrement différents pour distinguer le médicament de la production régulière, et le respect de processus spéciaux dans le pays importateur pour empêcher le produit d’être détourné ailleurs. Une licence obligatoire et une ligne de production différentes seraient nécessaires pour chaque pays supplémentaire.

Pour le COVID-19, il y a également un autre problème : les technologies des vaccins COVID-19 sont complexes et impliquent de multiples brevets, secrets commerciaux et savoir-faire. Un système de licence obligatoire devrait porter non seulement sur les brevets, mais aussi sur toute la propriété intellectuelle connexe.

Ce qu’il faut faire

Un consortium international appelé COVAX tente d’étendre les livraisons de vaccins COVID-19 aux pays à faible revenu par le biais d’accords avec les producteurs de vaccins, mais il peine à atteindre son objectif de fournir 2 milliards de doses d’ici fin 2021.

Pour réussir à étendre la production de vaccins, les pays ont besoin d’un système relativement transparent qui permette à un pays comme l’Inde d’accorder une licence unique et globale autorisant ses entreprises à produire des vaccins développés par des sociétés américaines ou européennes pour les exporter vers tous les pays qui ne disposent pas de leur propre capacité de fabrication.

C’est ce que permettrait, à mon avis et idéalement, un système de licence obligatoire mondial fonctionnant correctement. L’octroi de licences obligatoires ne constitue pas une violation du brevet ou de la propriété intellectuelle. Le détenteur des droits est toujours indemnisé, et l’accès est assuré au moment où il est le plus nécessaire.

Doses de vaccin COVID-19 par 100 personnes

La distribution de vaccins COVID-19 a varié à travers le monde. Compte tenu de l’approvisionnement limitée, les pays les plus riches ont pu obtenir d’importants contrats de vaccination, tandis que les pays à faible revenu n’en ont pas bénéficié.

Doses par 100 résidents
Données en date du 13 avril 2021. Les chiffres les plus récents de certains pays datent de la semaine précédente. Des informations détaillées ne sont pas disponibles pour tous les pays.
Certains vaccins requièrent deux doses. Carte : The Conversation/CC-BY-ND – Source : Our World in Data – Get the data

La proposition de dérogation aux droits de propriété intellectuelle de l’OMC vise à répondre à ce besoin, mais elle pourrait être plus large que nécessaire. À mon avis, une meilleure solution consisterait à faciliter le recours aux licences obligatoires pour l’ensemble des droits de propriété intellectuelle nécessaires au développement de la fabrication de vaccins.

La suppression des limitations imposées par l’accord ADPIC sur la production pour l’exportation permettrait à un pays comme l’Inde, à la demande d’un pays admissible, d’émettre des licences obligatoires générales couvrant toutes les technologies de vaccins COVID-19, de fixer les prix de compensation et de permettre l’exportation des vaccins vers plusieurs pays simultanément.

L’entreprise fabriquerait le vaccin dans ses installations existantes et serait autorisée à constituer des stocks en vue de commandes futures. Les demandes supplémentaires d’autres pays pourraient être satisfaites à partir de la même chaîne de production, sur la même base, ce qui garantirait un modèle commercial durable. Le titulaire du brevet, par exemple Moderna, peut perdre le contrôle du marché, mais il conserve son droit d’être indemnisé, comme il est normal pour toute licence obligatoire.

Cela fait partie de l’accord que Moderna et Pfizer ont conclu lorsqu’ils ont obtenu la protection d’un brevet.

Le résultat pourrait être une augmentation rapide de la fabrication de vaccins qui atteindrait les pays qui ont été laissés de côté. Sans vaccinations mondiales, il est difficile d’envisager la fin de cette pandémie. Cette situation d’urgence est exactement ce pour quoi le système des brevets est conçu, si on lui permet de fonctionner correctement pour le détenteur du brevet et pour le public.

Traduit par Citizen4Science – Article original paru dans The Conversation : Lien vers l’article

COMMUNIQUÉ DE PRESSE n°4

COMMUNIQUÉ DE PRESSE n°4

relatif au communiqué de l’Académie nationale de médecine du 14/04/2021

Espacement de 6 mois des doses de vaccin ARNm contre la Covid-19 : D’un pari à l’autre… une ligne rouge est franchie avec une recommandation de l’Académie nationale de médecine non basée sur les données de la science, générant le potentiel d’un risque sanitaire inconnu

Dans son avis en date du 12 avril 2021 « Accélérer la vaccination contre la Covid-19 », l’Académie Nationale de médecine prend une position qui relève plus du pari que de la recommandation basée sur la science.

Après avoir préconisé l’allongement à 6 semaines au lieu de 4, c’est maintenant un allongement à 6 mois du délai entre 2 doses de vaccin à ARNm qu’elle recommande pour les personnes immunocompétentes (sans troubles de l’immunité).

Elle écrit :

« Devant la nécessité de presser la campagne vaccinale malgré les limitations d’approvisionnement en vaccins,  en s’appuyant sur les travaux de modélisation de la couverture vaccinale, un délai plus long de l’ordre de 6 mois, permettrait d’atteindre une immunité collective beaucoup plus rapidement avec le même nombre de doses tout en assurant une protection individuelle satisfaisante. »

Ce requis de 6 mois posé, qui n’est qu’un « calcul logistique » par rapport à un objectif postulé de couverture vaccinale, le communiqué de l’Académie relève d’une tentative de justification périlleuse qui n’est guère convaincante ni rigoureuse et occulte le risque encouru à titre individuel et collectif d’un point de vue sanitaire.

L’Académie fournit à l’appui 2 études (États-Unis et Royaume-Uni) qui montrent l’atteinte d’une protection rapide (2 semaines) de 80 à 90 % après la première injection. Ces résultats ne justifient en rien l’allongement du délai de 6 mois entre les doses. C’est sans doute la raison pour laquelle il est évoqué une modélisation, qui n’est d’ailleurs pas fournie ni référencée dans le communiqué. Quand bien même elle le serait, s’appuyer sur une modélisation dans l’état actuel de la connaissance du virus et de la circulation intensive de variants est un vrai pari.

En effet, rappelons que concernant l’administration d’une dose unique, il n’existe aucune donnée expérimentale sur l’efficacité au-delà de 3 mois, ni sur l’immunité humorale ; ni de données sur les effets dans le monde réel d’une vaccination unique de la population à 6 mois en ce qui concerne la circulation du virus et de ses variants.

Le risque variants  est une des justifications de la recommandation  de l’Académie. On se demande donc comment il est possible qu’elle fasse pure abstraction du risque de sélection de variants que constitue sa préconisation d’allongement du délai à 6 mois.  En l’état actuel des données de la science, rien ne permet d’exclure que cet allongement de plusieurs mois permette la sélection de souches résistantes au vaccin, ce qui pourrait entraîner une catastrophe sanitaire.

Ainsi, la couverture vaccinale ne peut s’entendre comme atteinte durablement (à l’échelle de 6 mois) par l’injection d’une dose unique quand le schéma vaccinal en prévoit deux à 4 semaines déjà allongé à 6 semaines, pari qui pouvait quant à lui  sembler « raisonnable », bien que pari quand même.

Raisonnons par l’absurde. On peut donc  légitimement se poser la question :  si les prévisions de délai d’approvisionnement en vaccin ARNm étaient le double, l’Académie nationale de médecine aurait-elle préconisé un allongement à 12 mois entre les 2 doses ? Cela ne rime à rien.

Nous regrettons ainsi cette position de l’Académie nationale de médecine qui nous apparaît peu rigoureuse, non basée sur les données de la science, avec claire  immixtion de la politique, ayant pour résultat une recommandation qui génère le potentiel d’un important risque sanitaire, risque qui n’est même pas évoqué dans le communiqué.

Les décisions de politique sanitaire devraient clairement être distinguées des avis scientifiques.
L’amalgame est fâcheux et source de confusion pour le public.

Au-delà du risque sanitaire potentiel, nous craignons que ce mélange des genres décrédibilise la science et ceux qui la portent, ainsi que les gouvernants, entraînant le maintien de la défiance des citoyens.

Nous demandons aux instances concernées la publication d’une justification scientifique de cet espacement de 6 mois, et à défaut, de le reconsidérer.

18/04/2021

Communiqué de presse au format PDF :

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Le Groupe “CIA”. Je vous raconte tout.

Par @Acles (ex “Stalec) sur Twitter, thread orinal publé le 12 avril 2021. Dans l’Agora du Blog C4S avec son aimable autorisation.

Ici, je vais synthétiser tout ce que j’ai déjà dit en fait, mais je vais rajouter pas mal de trucs que je trouve importants pour tout bien comprendre à ce réseau.
Quand j’étais un peu plus jeune, à l’école, j’étais victime de harcèlement scolaire. Je n’avais pas d’amis, rien. Quand je rentrais de l’école, je passais mon temps à chercher des trucs sur le 11 septembre, j’avais des classeurs pleins. j’étais un conspi du 11 septembre.
J’ai commencé à être insociable, à ne plus aimer les gens, à les détester, à ne plus sortir de chez moi pour ne croiser plus personne..et,même à cette période….de mépris complet envers l’être humain, je n’ai jamais été aussi violent que je l’ai été ensuite. Le 11 septembre me permettait de m’évader de ma vie de merde, et puis, je suis devenu adulte, et il fallait bien rentrer dans la vie professionnelle, donc j’avais plus de trop de temps pour le 11/09, j’ai pas arrêté d’y croire, je me suis lassé, et avec le temps s’est passé.

Cependant, ma vision des autres, mon regard sur l’être humain n’avait pas changé. J’étais toujours insociable, les seuls contacts que j’avais, c’était ma famille, mon père en particulier.

Et alors, la crise sanitaire est arrivée.., je vais pas revenir dessus encore une fois, j’ai expliqué comment je suis devenu conspi, et puis maintenant que vous savez mon passé, vous pouvez comprendre qu’il y avait aussi une prédisposition.

J’étais dans des groupes Pro-Raoult (rien de confidentiel, des groupes normaux de conversation, quoi) (par contre, les gros comptes de l’époque style Biobio, Azalbert, Reverbel n’étaient pas dans ces groupes.

Et donc j’ai rencontré “ Olive ” qui était gentil avec moi (même si je sais qu’il était assez virulent avec les autres, mais je l’étais aussi).
Il me complimentait, il me disait que j’étais une bonne personne quand il le sentait, il me disait de continuer ce que je faisais.
Un jour, il est venu me voir en DM en me posant une question. “Fais attention, les nofakemed vont essayer de te pirater, As-tu activé la double authentification ?” (c’est à dire qu’à chaque fois qu’on doit se connecter, il faut valider par un SMS qu’on reçoit sur notre téléphone)

Il insiste pour avoir les preuves de ça…Étrange, mais bon, je lui montre le screen… 5 min plus tard… je reçois une invitation pour le groupe CIA.
Assez surpris parce que les membres de ce groupe-là, c’était pas des membres qu’on voyait souvent dans les autres groupes.

Ce que je peux vous dire, c’est qu’avant de rentrer dans ce groupe “CIA”, j’étais déjà quand même pas mal conspi hein, et donc, comme j’ai déjà expliqué, ce groupe était secret, on avait pas le droit d’en parler.
Une fois dedans, ce groupe, tout le monde était contents, ils m’ont tous souhaité la bienvenue, et puis on m’a expliqué que ce groupe servait à vérifier des informations.. pour ne pas poster des bêtises. En théorie.
C’était assez structuré, il y avait les gros comptes (biobio, Asclépius, Reverbel, Moi, etc..) qui servaient à diffuser les informations.
l y avait des membres qui étaient là parce qu’ils avaient une compétence où étaient des scientifiques (BioMoon, Jlesgards, Lacout, Nicolas Vedrines..) et donc, qui soi-disant nous aidaient à vérifier les informations. En théorie, encore une fois.
En pratique, les soi-disant “scientifiques” nous racontaient un peu n’importe quoi, en fait, et on vérifiait pas vraiment les informations puisqu’il n’y avait pas de contradiction, tout était en mode “Oui, ça s’est cool, diffuse-le” 
Mais parfois, certains n’étaient pas sûrs d’un truc, et d’autres disaient qu’il ne fallait pas le diffuser… mais la majorité s’en foutaient, et rétorquaient que de toute façon “On sait qu’il y a un fonds de vérité”. Donc, certaines personnes postaient des trucs qu’ils savaient faux.

Une fois, j’avais diffusé un montage débile en disant qu’un mec qui était passé à la TV mentait sur son état de santé, c’était un LREM.  Un des membres m’avait fait remarquer qu’il connaissait ce type, et que son état de santé était réel. Je me suis excusé et j’ai exprimé mon intention de supprimer le tweet, mais ce membre (et d’autres) me disait,  qu’en fait, je pouvais le laisser parce que ce type, c’était pas une personne fréquentable quand même.
J’ai supprimé quand même et je me suis fait attaquer dans le groupe pour ça… mon tweet avait presque 1 000 likes au moment où je le supprime, et ils n’étaient pas contents que je ne laisse pas la vidéo faire ses vues.

Dans CIA, certains partageaient des tweets de gens qui nous déplaisaient, avec des commentaires du genre “regardez ce collabo !”…. Chacun le faisait un peu. Certains d’entre nous allaient commenter sous les posts. C’est du harcèement ciblé… personne ne s’en rendait compte.

Il y a eu l’histoire de Wikipédia..qui a séparé le blog FranceSoir du journal France-Soir. Xavier Azalbert (qui est dans le groupe) nous avait demandé de réagir à l’époque…. En précisant bien que c’était les nofakemed et qu’il était dans la merde que Wikipédia sépare le blog du journal, car ça leur faisait perdre de la crédibilité au niveau des médias et des publicités. C’est pas la seule fois qu’il nous demandait de faire ce genre de choses.

Bref, pour revenir aux membres, il y avait aussi Yanis Roussel (chargé de communication de Didier Raoult) et Eric Chabrière (Professeur de Biochimie à l’IHU-M).
Eric Chabrière nous parlait en permanence de conflit d’intérêts, de son mépris envers Olivier Véran et le gouvernement, nous invitait à l’IHU-M. (Certains y sont allés deux fois) et enfin nous donnaient des documents en avance. Histoire de se préparer en avance sur ce qu’on va dire.

Ce groupe, c’est le “collectif citoyen” de France-Soir. Nous n’avons jamais été 500 ou 1 000 comme le prétend Azalbert.. on était une vingtaine maximum dont le 3/4 n’y comprenait que dalle.

Je tiens à préciser que tout ce que je vais dire par la suite concerne une minorité des membres, la grande majorité n’avait pas de mauvaise intention, et ne faisait pas ce genre de choses… maintenant, je vais parler uniquement de 4-5 personnes, que je ne nommerai pas.

Mon compte était en lien avec celui de Biobiobio. dès que je suis rentré dans le groupe pendant l’été,  bah, on a commencé à me demander en mode “ça serait cool stalec que tu récupères cet extrait ”. Et en fait, la majorité des vidéos que j’ai publiées entre août 2020 et octobre 2020… étaient destinées au compte de biobiobio qui retweetait car c’était le compte avec le plus d’abos dans le groupe.
Confinement ou pas, cela ne changeait pas grand chose, je sortais uniquement pour faire les courses, (et encore j’étais en stress, je me dépêchais) parce qu’il fallait en permanence que je sois devant mon ordinateur.
Car lorsque qu’ils me demandaient quelque chose, il fallait être rapide, être disponible et faire ce qu’on me demandait de faire… une fois, j’ai décroché une journée… j’ai reçu des appels & des sms, j’ai éteint mon téléphone.. le lendemain quand je suis revenu dans le groupe, Je me suis fait lyncher dans le groupe en me disant que tout ce que je n’avais pas tweeté de la journée, c’était un relâchement, et qu’il fallait que je pense à tous les gens qui mourraient sans être soignés. J’étais responsable, je n’aurais pas dû relâcher.
J’ai pleuré, et j’ai beaucoup pleuré.. parce que il y a eu aussi des chantages affectifs à chaque fois que j’étais pas assez rapide ou disponible, et ce genre de choses, c’est quelque chose qui marchait bien sur moi.
Je vous ai raconté au début de ce thread, mon harcèlement scolaire, et les conséquences qui en découlent (isolement, associabilité), c’est aussi sortir et avoir l’impression que tout le monde te dévisage. Entendre quelqu’un rire et avoir l’impression que c’est à cause de toi

Bref, ce groupe me permettait d’avoir un lien social, ce qui était impossible dans ma vie IRL, car j’avais peu d’estime de moi-même, et donc, vous comprenez mieux pourquoi les chantages affectifs marchaient aussi bien sur moi.

Ensuite biobio a quitté Twitter (pour des raisons personnelles que je ne dirais pas ici) et du coup j’étais le compte le plus suivi du groupe… À ce moment là, tout ce que je publiais venait vraiment de moi, cependant parfois, une personne du groupe me disait : “j’ai Fouché au téléphone, il passe dans 5 min chez Morandini, il va dire telle chose, enregistre-le ”, et du coup je m’exécutais, et je publiais les extraits.
Parce que oui, j’ai découvert petit à petit que beaucoup de personnes du groupe étaient en relation, plus ou moins proche..avec des figures conspi que vous voyez dans les médias (Fouché, Henrion-Caude, Fourtillan, Perronne, etc..).
Et donc, même à ce moment-là, je devais être disponible, et c’était encore pire, puisqu’on contrôlait tout ce que je retweetais, toutes mes interactions avec les autres… quand certains partageaient nos conversations publiquement, je me faisais taper sur les doigts dans le groupe.

Je pense maintenant qu’au vu de tout ce que je vous ai dit, vous comprenez mieux cet échange

Quel cynisme… et bien-sur cette petite référence au fait que je fais des fautes d’orthographe.. afin de me rabaisser un petit peu quand même (mais c’est gentillement lol)

Je vous mets ici quelques autres faits qui se sont produits dans le groupe et qui a aidé au fait que j’en sorte en fait.

Voici l’avis de Xavier Azalbert (Directeur de FranceSoir) sur le Collectif Citoyen.

Chose que j’ai oublié de dire, c’est que “CIA” n’était pas le seul groupe de France-Soir, il y avait un autre groupe nommé “Méta-analyse à analyser” avec un peu moins de membres (je précise que l’IHU n’y était pas, et je pense qu’ils ne sont pas au courant de son existence.
Moi, j’y ai été ajouté, je ne sais trop pourquoi, puisque, comme son nom l’indique, ce groupe était dédié à “”débunker” la méta-analyse de Fiolet, je n’avais aucune compétence pour cela.
En théorie, seulement, dans les faits, ce groupe était entièrement dédié à harceler les auteurs de la méta-analyse “Fiolet&All” pour faire rétracter leurs études. (Lettre complotiste au journal scientifique, raid de harcèlement ciblé)  enfin bon, vous comprenez le délire, quoi.

Quand je relis tout ce que j’ai dit, je me reconnais pas, c’est pas moi, je suis pas comme ça, je n’insulte pas les médecins, je ne harcèle pas… je ne suis pas comme ça, c’est à l’opposé de qui je suis en fait, je sais pas ce qu’il m’a pris… c’est pas seulement le complotisme.
J’ai déjà été conspi, et j’étais pas comme ça, j’étais pas aussi virulent, je n’ai aucune excuse à ce comportement, c’est ma faute.
Je me décharge pas de toutes les conneries que j’ai dites, de toutes les insultes que j’ai prononcées; de toutes les fois où je suis allé trop loin, c’est ma faute. Je vous explique juste les faits..pour comprendre comment ce réseau marche.
C’est au moment où je me suis échappé de tout cela que j’ai compris le mal que je faisais, toutes les personnes qui n’allaient pas dans notre sens ont les déhumaniseés d’une manière ou de l’autre, et donc….j’ai harcelé et insulté des gens.
Je suis devenu comme les personnes qui me harcelaient dans ma scolarité..tout en sachant les conséquences psychologiques à vie, qui en découlait… Je me hais. L’harcèlement que je reçois maintenant, ne me touche pas…ce qui me touche, c’est que j’ai pu être suivi par ces gens là.
Mon attachement excessif à ce groupe a fait qu’aujourd’hui,  je suis dans une situation financière catastrophique, puisqu’en fait je ne sortais pas, j’avais des dettes, mais je n’allais pas voir d’organismes sociaux, j’ai laissé traîner car il fallait que je sois dispo pour CIA.

Maintenant, je ne parlerai plus de ce sujet, et comme je ne suis pas croyant, je dis: Adieu, France-Soir.. Adieu, l’IHU-M.. Adieu CIA… Adieu, Stalec.
Stéphane/Aclé

Synthèse audition publique “Symptômes prolongés après Covid, ou Covid long” du 8/04/2021, OPECST, Assemblée nationale

Présidence : M. Cédric Villani
Personnes auditionnées (hors parlementaires) :

  • Mme Pauline Oustric, présidente de l’association de patients « Après J-20 » ;
  • Dr Nicolas Noël, interniste (Bicêtre), membre du groupe d’étude COMEBAC ;
  • Dr Thomas de Broucker, chef du service de neurologie à l’hôpital Delafontaine ;
  • Pr Dominique Salmon-Céron, présidente du groupe de travail sur le Covid long à la
    HAS ;
  • M. Olivier Robineau, coordinateur de la stratégie Covid long de l’ANRS-maladies
    infectieuses émergentes ;


    Ce document est notre synthèse après écoute intégrale (durée 2h) des présentations faites par les intervenants présentés ci-dessus,
    ainsi que les échanges qui ont eu lieu entre les intervenants, les rapporteurs et le président qui a relayé les questions posées en ligne lors de l’audition. L’intégralité de l’audition publique peut être consultée via ce lien.

Caractérisation du Covid long

  1. Symptômes prolongés, persistant au moins 4 semaines après leur apparition ;
  2. Symptômes fluctuants : apparaissent en phase aiguë, disparaissent puis reviennent sous forme de crises, avec plusieurs rechutes possibles ;
  3. Symptômes multisystémiques : respiratoires, cardiaques, neurologiques, vasculaires, dermatologiques, ORL, digestifs.

NB : une RT-PCR ou une sérologie négative ne doivent pas exclure un diagnostic de Covid long (voir 2e hypothèse sous-chapitre “les causes”).

Principaux symptômes 

  • Fatigue majeure (physique et psychique) empêchant les actions du quotidien ;
  • Signes neurologiques : maux de tête, difficultés de concentration, troubles de l’attention et de la mémoire, fourmillements persistants ;
  • Signes cardio-thoraciques : hyperventilation, douleurs, essoufflement ;
  • Signes psychiatriques : anxiété, dépression, insomnie persistante, syndrome de stress post traumatique ;
  • Autres : digestifs (diarrhée), dermatologiques (éruptions), articulaires (douleurs).

Physiopathologie

La physiopathologie n’est pas encore définie. Les données de littérature sont très limitées et il y a peu de données d’imagerie. En particulier concernant les symptômes neurologiques : les IRM, EEG et examens neurologiques des patients sont négatifs : il n’y a pas d’élément permettant d’identifier une zone touchée par une pathologie. Ce qui en soi est plutôt bon signe, car s’il y a des périodes sans symptôme c’est qu’a priori il n’y a pas de lésion définitive (neurologique, vasculaire…).

Les patients présentent toutefois des signes objectifs d’atteinte d’organes, notamment au niveau cérébral au vu des troubles de mémoire, de concentration, possiblement avec dérèglements métaboliques de certaines régions profondes du cerveau. Des troubles du système nerveux autonome sont parfois objectivés. Des atteintes du cœur comme des péricardites et myocardites, des troubles de l’odorat… Manifestations souvent fluctuantes et imprévisibles.

Ces symptômes sont proches de ce que l’on constate dans les syndromes de fatigue chronique, dans les syndromes dits « post-viraux » ou dans les syndromes somatiques anxieux. Ensemble de syndromes pour lesquels la physiopathologie n’est toujours pas élucidée Toutefois, les tableaux Covid long semblent plus complexes et sévères. Les perturbations sont sans doute d’origine neuro-humorale et possiblement réversibles.

Un travail collaboratif des associations de patients à l’échelle internationale permet de voir que les symptômes que rapportent les patients ne sont pas culturels ou liés à une société particulière mais sont les mêmes entre les différents pays.

Avec le recul actuel (environ 1 an), on constate une amélioration globale mais certains symptômes tels que neurologiques peuvent persister.

Le Covid long est reconnu par l’OMS et la Haute Autorité de Santé.

Épidémiologie

Il n’y a pas encore d’enquête épidémiologique internationale coordonnée. On estime que 10 à 30 % des personnes ayant eu une Covid-19 symptomatique peuvent développer une forme longue. Selon des données nationales publiées par le Royaume-Uni (bientôt par la France), il existerait plusieurs centaines de milliers de patients atteints. C’est un problème de santé publique mondial, des millions de patients seraient concernés dans le monde.

Il y a une grande hétérogénéité de symptômes et de patients, il est donc difficile d’avoir des chiffres fiables sur le plan épidémiologique. La littérature portant sur les patients ambulatoires est également très hétérogène, avec un taux compris entre 2,6 à 40 % de patients qui présentent encore des symptômes après 3 à 6 mois.

Hétérogénéité également vis-à-vis de la sévérité des symptômes en phase aiguë : touche aussi bien des patients ayant été hospitalisés que des patients ne l’ayant pas été en phase aigüe.

Il semblerait que le Covid long touche très peu les jeunes enfants, mais des cas chez les adolescents sont de plus en plus signalés. Ce sont généralement les parents qui constatent des changements chez les enfants : mal-être, décrochage scolaire, …

Orientations thérapeutiques

A l’heure actuelle, il n’y a pas de traitement antiviral efficace contre la Covid-19, et donc a fortiori pas non plus pour le Covid long.
La prise en charge des Covid longs repose sur 4 piliers :

  • Traitements symptomatiques pour soulager les patients (antalgiques ou anti-inflammatoires par exemple) ;
  • Rééducation des patients : au niveau respiratoire pour l’hyperventilation, rééducation olfactive, rééducation psycho-cognitive ou encore rééducation par le sport ;
  • Implication du patient : l’informer de façon aussi précise et complète que possible pour qu’il sache reconnaitre lui-même les facteurs qui déclenchent les crises, et les éviter ;
  • Prise en charge des troubles anxieux et dépressifs, voire psychosomatiques lorsqu’ils sont présents.

Cette prise en charge nécessite d’organiser des parcours de soins adaptés aux patients Covid longs sur l’ensemble du territoire national. C’est d’autant plus complexe qu’il s’agit d’une prise en charge multidisciplinaire : nécessitant de l’organisation (surtout en ville) et des ressources humaines (médecins généralistes, spécialistes, psychologues, infirmières, kinésithérapeutes, orthophonistes, etc.) et matérielles (locaux, etc.).

Recherche sur le Covid long

Les causes : hypothèses privilégiées

Les quatre hypothèses suivantes sont privilégiées et orientent les recherches sur les potentielles causes du Covid long :

  • Persistance virale faible dans des réservoirs difficiles à déceler. Des résultats de travaux préliminaires menés chez l’homme et le cobaye (en partenariat avec l’institut Pasteur) doivent être confirmés.
  • Réponse immunitaire non adaptée ou insuffisante : environ la moitié des patients ne développement pas d’anticorps contre le virus, ou ont développé des anticorps à des taux tellement faibles qu’on ne les détecte pas en sérologie.
  • Inflammation persistante dans certains organes, notamment les capillaires sanguins, qui expliquerait que les troubles soient fluctuants et ne toucheraient pas directement un organe mais sa vascularisation. Possibles facteurs génétiques, hormonaux ou auto-immuns associés.
  • Troubles psychosomatiques : doit être exploré car on retrouve souvent une anxiété (voire plus rarement une dépression) associée aux autres troubles. Ces troubles sont malgré tout inconstants et seraient plus une conséquences qu’une cause du Covid long.

Autres axes de recherche

  • Physiopathologie : il est fondamental d’établir au plus vite l’origine des symptômes du Covid long, c’est la condition indispensable pour mettre en place des thérapies efficaces, médicamenteuses et/ou non-médicamenteuses. C’est l’axe de recherche prioritaire, orienté sur les hypothèse présentées ci-dessus.
  • Prise en charge : il est également nécessaire de continuer à explorer ce que l’on connait déjà et ce que l’on peut utiliser à l’heure actuelle. Par exemple la prise en charge multidisciplinaire : quel parcours de soin est efficace ou non pour traiter les patients.
  • Épidémiologie : mise en place d’études de cohortes de patients aux symptômes homogènes pour constituer les différents groupes et les étudier de façon précise.C’est une occasion majeure de favoriser la recherche sur des patients suivis en ville. La grande majorité des patients ne vont pas à l’hôpital. Importance donc de travailler avec les médecins généralistes et la médecine du travail.

Problématiques

Pour les patients

  • Impact de la gestion du Covid long sur le ressenti des malades : à ce jour il y a une absence de reconnaissance de la maladie, et donc une mécompréhension du Covid long par les professionnels de santé. Les patients ne se sentent pas écoutés/crus par le médecin (« c’est dans votre tête »), ce qui peut entraîner un sentiment d’abandon, potentiellement une perte de confiance.
  • Impact sur la santé physique et mentale : les symptômes peuvent être prolongés et invalidants, ce qui peut handicaper la vie de tous les jours. Cela peut être exacerbé au niveau psychique en raison de l’errance diagnostique.
  • Conséquences sur la vie au travail, dans les études. Certains patients ont perdu leur emploi entraînant des impacts financiers importants du fait de leur incapacité à mener une vie normale.
  • Impact sur la vie de famille avec des parents qui ont du mal à s’occuper de leurs enfants, qui se voient refuser des congés nécessaires pour la gestion du quotidien. Les symptômes du Covid reviennent de façon aléatoire, sans possibilité de prévoir ce qui apporte une incertitude à ces patients.
  • Les associations de patients demandent que le Covid long soit reconnu comme affection longue durée (ALD), pour faciliter la prise en charge des soins couteux et prolongés. Il est indiqué concernant les ALD que dans l’attente d’une éventuelle reconnaissance, les médecins peuvent demander une ALD lorsqu’il s’agit d’une maladie grave et handicapante. Ce n’est pas assez connu et pas assez fait par les praticiens. Et ce n’est pas assez reconnu non plus par les caisses d’assurance maladie.
  • Les associations de patients demandent aussi la reconnaissance du Covid long comme maladie professionnelle, par exemple pour les professionnels de santé ou les enseignants. À ce jour, les maladies professionnelles liées au Covid sont assujetties au recours à l’oxygénothérapie ce qui est beaucoup trop limitatif : des patients qui ont maintenant un an de recul, ne peuvent toujours pas reprendre leur travail. Cette reconnaissance est du ressort de la loi.
  • Une reconnaissance du Covid long pédiatrique est également demandée.

Pour les professionnels de santé

Il est nécessaire de communiquer avec la médecine de ville sur l’existence de la maladie, pour faciliter la prise en charge des symptômes des patients. Si on parle de centaines de milliers de patients, tous ne pourront pas être dirigés vers des centres de prise en charge spécialisés. Il est donc indispensable que la médecine de ville puisse prendre en charge les Covid longs. Certaines situations resteront complexes ou difficiles à gérer (déserts médicaux notamment) mais il est nécessaire que des réseaux de soins soient mis en place.

Il y a une énorme différence entre le travail d’équipe à l’hôpital, facilitant la prise en charge multidisciplinaire, et la médecine de ville. Il est donc important de favoriser les réseaux de soins autours du Covid long. Ce n’est pas simple car cela demande du temps et l’implication de l’ensemble des acteurs.

Par ailleurs les consultations pour Covid long prennent du temps (parfois 1 heure ou plus). La tarification de ces consultations ne peut donc pas être la même. Il faut permettre aux médecins généralistes des cotations plus importantes, les aider à organiser des réseaux (neurologie, rééducateurs, psychologues…) avec un médecin coordinateur pour faciliter la prise en charge.

Il est indispensable d’impliquer les médecins généralistes et spécialistes de ville dans cette discussion publique, car aujourd’hui la problématique des Covid longs n’est présentée qu’à travers le prisme hospitalier et celui de la recherche.

Concernant le grand public

Une communication doit être faite au grand public sur le Covid long. Une communication globale, pour permettre de faciliter la compréhension des patients par les professionnels de santé et le grand public.

Concernant la recherche

Il y a un besoin important de financements de la recherche française sur la physiopathologie, et l’épidémiologie du Covid long.
Le Royaume-Uni finance à hauteur de 20 millions d’euros, les États-Unis à hauteur d’1,2 milliard d’euros la recherche sur cette pathologie.

La France a été sollicité par le NIH américain, mais la recherche française n’est pas suffisamment financée actuellement ce qui ne permet pas à la France de paraitre ambitieuse à l’échelle internationale.

Sur un plan plus pratique, une problématique soulevée concernant la recherche épidémiologique sur le Covid long est l’hétérogénéité des patients. Cela rend difficile de mener des recherches de qualité est de trouver des patients similaires, pour les comparer à des patients un peu différents et voir quelles sont les différences. On rejoint également la problématique financière dès lors que la mise en place d’études de cohortes est onéreuse et longue à mettre en place.

Trois façons d’utiliser l’ARN dans la prochaine génération de traitements médicaux

Par Oliver Rogoyski, Chercheur postdoc en biologie de l’ARN et biochimie, University of Surrey

Vous avez peut-être entendu le terme “ARN” récemment grâce au développement des vaccins ARNm de Pfizer et Moderna, qui protègent contre la COVID-19. Mais les utilisations médicales potentielles des molécules d’ARN vont bien au-delà des vaccins.

L’ARN, ou acide ribonucléique, fait partie des molécules les plus importantes pour la vie sur la planète. L’ARN est présent dans toutes les cellules de l’organisme et joue un rôle important dans la circulation des informations génétiques.

L’ARN “messager” (ARNm) copie et transporte les instructions génétiques de l’ADN vers les usines de fabrication de protéines des cellules (ribosomes), qui peuvent ensuite créer les composants biologiques et les mécanismes dont elles ont besoin pour fonctionner. Par exemple, les protéines d’actine donnent aux cellules leur forme et leur structure et sont essentielles à la contraction musculaire.

L’ARN aide également d’autres biomolécules à se trouver entre elles, et contribue à réunir d’autres protéines et ARN. Ces fonctions sont cruciales pour gérer les nombreux niveaux de régulation des gènes, qui sont eux-mêmes importants pour le bon fonctionnement de l’organisme.

Le large éventail de capacités de l’ARN, ainsi que sa séquence moléculaire simple qui peut être facilement lue par les chercheurs, en ont fait un outil extrêmement utile pour le développement de technologies biomédicales récentes, notamment l’édition génomique CRISPR.

Voici trois autres domaines dans lesquels l’ARN fait l’objet de recherches.

Vaccins

Les vaccins à ARNm utilisés pour se protéger contre le SRAS-CoV-2 (le virus à l’origine de la COVID-19) sont les premiers de leur genre à être autorisés pour une utilisation chez l’homme à grande échelle.

Mais des études et des essais cliniques sur les vaccins à ARN pour d’autres virus, et même des cancers, sont en cours depuis une décennie. Ces types de vaccins introduisent une séquence d’ARN spécifique dans l’organisme, ce qui amène les ribosomes de l’organisme à créer une protéine virale spécifique et inoffensive. En retour, cela entraîne le système immunitaire à réagir de manière à produire une forte protection contre ce virus la prochaine fois qu’il le rencontrera.

Les vaccins à ARNm qui protègent contre la Covid-19 sont les premiers à être autorisés pour un usage généralisé.

Cela est différent des vaccins classiques, qui nécessitent soit une forme inoffensive et inactive d’un virus, soit de petites protéines ou des fragments de protéines fabriqués par un virus, dans le but d’entraîner le système immunitaire. Il est également facile et rapide de concevoir et de synthétiser une séquence d’ARN qui fournit des instructions à l’organisme.

Mais l’un des principaux obstacles à la fabrication de médicaments efficaces à base d’ARN est la relative instabilité des molécules. Celles-ci se dégradent rapidement lorsqu’elles sont exposées à certains enzymes et produits chimiques courants, et doivent donc être conservées à des températures très basses, dans certains cas inférieures à – 70 ℃, comme c’est le cas pour le vaccin de Pfizer.

Technologies de diagnostic

L’ARN joue également un rôle croissant dans le domaine du diagnostic. Les recherches sur les biopsies liquides (qui ne nécessitent qu’un échantillon de fluides corporels humains, comme le sang) ont montré qu’en mesurant les niveaux de certains ARN, de nombreuses maladies peuvent être diagnostiquées à un stade plus précoce, notamment les cancers, les maladies neurodégénératives et les maladies cardiovasculaires.

Outre le fait qu’ils facilitent la collecte d’échantillons et la rendent moins invasive, les biomarqueurs à base d’ARN présentent des avantages supplémentaires par rapport aux biopsies de tissus et à d’autres méthodes de collecte plus invasives – telles que les biopsies de peau, d’organes ou d’os – car ils sont moins douloureux et comportent moins de risques.

Il est également possible d’évaluer simultanément des combinaisons de biomarqueurs ARN, ce qui permet non seulement de renforcer la confiance dans le diagnostic, mais aussi de prédire la progression et le pronostic de la maladie. Des études à grande échelle visant à tester l’adéquation clinique de ces types d’outils de diagnostic sont toutefois encore nécessaires.

Développement de médicaments

L’ARN est également utilisé pour contribuer au développement de nouveaux médicaments.

Les médicaments qui ciblent l’ARN peuvent être identifiés, et dans certains cas personnalisés, car les chercheurs peuvent échantillonner les interactions et les séquences d’ARN liées à de nombreuses maladies différentes à partir de bases de données facilement accessibles. Jusqu’à présent, les médicaments qui ciblent l’ARN ont été très prometteurs dans le traitement de maladies très rares, pour lesquelles il n’existait pas de traitement efficace, comme la maladie de Huntington.

On conçoit également des médicaments capables de cibler l’ARN et de modifier ou d’inhiber la fonction de certains gènes ou la production de protéines, y compris celles responsables de nombreuses maladies et symptômes. Plusieurs de ces médicaments ont été utilisés avec succès pour traiter des virus, des maladies neurodégénératives et même dans le cadre de la médecine personnalisée (traitements conçus spécifiquement pour le patient).

Les médicaments d’interférence ARN constituent un autre domaine de recherche. Ces médicaments réduisent au silence un gène spécifique pour traiter une maladie. Des recherches sur ces types de médicaments sont actuellement en cours pour de nombreuses maladies, notamment l’amylose (une maladie rare causée par une accumulation de protéines dans l’organisme), les porphyries hépatiques aiguës (un trouble métabolique rare) et plusieurs cancers (dont le cancer du poumon).

Plus récemment, il a été démontré que certains groupes d’ARN et de protéines modifient la sensibilité de maladies (en particulier de cancers) aux traitements. Cela a permis de rendre certains cancers moins résistants aux traitements conventionnels. Cela pourrait potentiellement fournir une nouvelle association thérapeutique précieuse pour les maladies difficiles à traiter.

Les investissements dans les thérapies à base d’ARN ont été nombreux et les progrès ont été rapides au cours de la dernière décennie. Grâce à de nouveaux essais cliniques (testant la sécurité et l’efficacité), à l’amélioration des méthodes de fabrication à faible coût et à l’amélioration de leur stabilité, nous pouvons espérer voir bientôt les résultats de ce travail, et disposer d’une toute nouvelle génération de médicaments à utiliser, plus spécialisés et plus efficaces.

Traduit par Citizen4Science, article paru le 11/4/2021 dans The Conversation : lien

Qu’est-ce que l’ARNm ? La molécule messagère qui se trouve dans chaque cellule vivante depuis des milliards d’années est l’ingrédient clé de certains vaccins COVID-19

Par Penny Riggs, Professeure associée de Génomique fonctionnelle et vice-présidente associée pour la Recherche, Texas A&M University

La molécule appelée ARNm a été l’une des vedettes surprenantes de la réponse à la pandémie de coronavirus. Il s’agit de l’ingrédient clé des vaccins Pfizer et Moderna contre la COVID-19. Mais l’ARNm lui-même n’est pas une nouvelle invention de laboratoire. Il a évolué il y a des milliards d’années et se trouve naturellement dans chaque cellule de votre corps. Les scientifiques pensent que l’ARN est apparu dans les premières formes de vie, avant même l’existence de l’ADN.

Voici un cours accéléré sur ce qu’est l’ARNm et le rôle important qu’il joue.

L’intermédiaire génétique

Vous connaissez probablement l’ADN. Il s’agit de la molécule qui contient tous vos gènes codés en quatre lettres : A, C, G et T.

L’ADN se trouve à l’intérieur des cellules de tout être vivant. Il est protégé dans une partie de la cellule appelée le noyau. Les gènes sont les détails du plan directeur de l’ADN pour toutes les caractéristiques physiques qui vous rendent unique.

Mais les informations de vos gènes doivent passer de l’ADN du noyau à la partie principale de la cellule, le cytoplasme, où les protéines sont assemblées. Les cellules s’appuient sur les protéines pour réaliser les nombreux processus nécessaires au fonctionnement de l’organisme. C’est là qu’intervient l’ARN messager, ou en abrégé : ARNm.

L’ARN transporte l’information génétique de l’ADN dans le noyau hautement protégé vers le reste de la cellule, où des structures appelées ribosomes peuvent construire des protéines selon le plan de l’ADN. via Getty Images Plus

Des sections du code de l’ADN sont transcrites en messages abrégés qui sont des instructions pour fabriquer des protéines. Ces messages – l’ARNm – sont transportés vers la partie principale de la cellule. Une fois l’ARNm arrivé, la cellule peut produire des protéines particulières à partir de ces instructions.

La séquence du double brin d’ADN est transcrite en un code ARNm de telle sorte que les instructions puissent être traduites en protéines

La structure de l’ARN est similaire à celle de l’ADN mais présente quelques différences importantes. L’ARN est un simple brin de lettres de code (nucléotides), alors que l’ADN est à double brin. Le code de l’ARN contient un U au lieu d’un T : uracile au lieu de thymine. Les structures de l’ARN et de l’ADN ont toutes deux un squelette constitué de molécules de sucre et de phosphate, mais le sucre de l’ARN est le ribose et celui de l’ADN le désoxyribose. Le sucre de l’ADN contient un atome d’oxygène de moins et cette différence se reflète dans leurs noms : L’ADN est le surnom de l’acide désoxyribonucléique, tandis que l’ARN est l’acide ribonucléique.

Des copies identiques d’ADN se trouvent dans chaque cellule d’un organisme, qu’il s’agisse d’une cellule pulmonaire, d’une cellule musculaire ou d’un neurone. L’ARN est produit selon les besoins en réponse à l’environnement cellulaire dynamique et aux besoins immédiats de l’organisme. Le rôle de l’ARNm est d’aider à activer la machinerie cellulaire pour construire les protéines, codées par l’ADN, qui sont appropriées à ce moment et à cet endroit précis.

Le processus de conversion de l’ADN en ARNm puis en protéines est à la base du fonctionnement de la cellule.

Programmé pour s’autodétruire

En tant que messager intermédiaire, l’ARNm est un mécanisme de sécurité important dans la cellule. Il empêche les envahisseurs de détourner la machinerie cellulaire pour produire des protéines étrangères, car tout ARN extérieur à la cellule est instantanément ciblé pour être détruit par des enzymes appelées RNases. Lorsque ces enzymes reconnaissent la structure et le U du code de l’ARN, elles effacent le message, protégeant ainsi la cellule contre les fausses instructions.

L’ARNm donne également à la cellule un moyen de contrôler le taux de production des protéines, en activant ou désactivant les plans selon les besoins. Aucune cellule ne veut produire d’un seul coup toutes les protéines décrites dans l’ensemble de son génome.

Les instructions de l’ARNm sont programmées pour s’autodétruire, comme un texte ou un message snapchat qui disparaît. Les caractéristiques structurelles de l’ARNm : le U du code, sa forme monocaténaire, son sucre ribose et sa séquence spécifique, font que l’ARNm présente une demi-vie courte. Ces caractéristiques se combinent pour permettre au message d’être “lu”, traduit en protéines, puis rapidement détruit, en quelques minutes pour certaines protéines qui doivent être étroitement contrôlées, ou en quelques heures pour d’autres.

Une fois que les instructions ont disparu, la production de protéines s’arrête jusqu’à ce que les usines à protéines reçoivent un nouveau message.

Exploiter l’ARNm pour la vaccination

Toutes les caractéristiques de l’ARNm l’ont rendu très intéressant pour les concepteurs de vaccins. L’objectif d’un vaccin est d’amener le système immunitaire à réagir à une version inoffensive ou à une partie d’un virus, de sorte que lorsque vous rencontrez le vrai virus, vous êtes prêt à le combattre. Les chercheurs ont trouvé un moyen d’introduire et de protéger un message ARNm contenant le code d’une partie de la protéine spike à la surface du virus SARS-CoV-2.

Les vaccins à ARNm amènent l’organisme du receveur à produire une protéine virale qui stimule ensuite la réponse immunitaire souhaitée. Trinset/Stock via Getty Images Plus

Le vaccin fournit juste assez d’ARNm pour fabriquer juste assez de protéines spike pour que le système immunitaire d’une personne génère des anticorps qui la protègent si elle est exposée ultérieurement au virus. L’ARNm du vaccin est rapidement détruit par la cellule, comme le serait tout autre ARNm. L’ARNm ne peut pas pénétrer dans le noyau de la cellule et ne peut pas affecter l’ADN d’une personne.

Bien qu’il s’agisse de nouveaux vaccins, la technologie sous-jacente a été développée il y a de nombreuses années et améliorée progressivement au fil du temps. Par conséquent, l’innocuité de ces vaccins a été bien testée. Le succès de ces vaccins ARNm contre le COVID-19, en termes de sécurité et d’efficacité, laisse présager un avenir radieux pour les nouvelles thérapies vaccinales qui peuvent être rapidement adaptées aux nouvelles menaces émergentes. Des essais cliniques préliminaires utilisant des vaccins à ARNm ont déjà été réalisés pour la grippe, le Zika, la rage et le cytomégalovirus. Il est certain que des scientifiques créatifs envisagent et développent déjà des thérapies pour d’autres maladies ou troubles qui pourraient bénéficier d’une approche similaire à celle utilisée pour les vaccins contre le COVID-19.

Traduction par Citizen4Science – Article original paru dans The Conversation : lien vers l’article original

Six conseils pour vous aider à détecter de fausses news scientifiques

Par Marc Zimmer, Professeur de chimie, Connectictut College

Je suis professeur de chimie, je suis titulaire d’n doctorat et je mène mes propres recherches scientifiques. Pourtant, lorsque je consomme des médias, je dois souvent me demander : ” Est-ce de la science ou de la fiction ?

Il existe de nombreuses raisons pour lesquelles une histoire scientifique peut ne pas être solide. Les charlatans profitent de la complexité de la science, certains fournisseurs de contenu ne savent pas distinguer la mauvaise science de la bonne et certains politiciens colportent de la fausse science pour soutenir leurs positions.

Si la science semble trop belle pour être vraie ou trop farfelue pour être réelle, ou si elle soutient de manière très commode une cause controversée, il est préférable de vérifier sa véracité.

Voici six conseils pour vous aider à détecter la fausse science.


Conseil 1 : Recherchez le sceau d’approbation de l’examen par les pairs

Les scientifiques s’appuient sur des articles de journaux pour partager leurs résultats scientifiques. Ils permettent au monde entier de savoir quelles recherches ont été effectuées et comment.

Lorsque les chercheurs sont sûrs de leurs résultats, ils rédigent un manuscrit et l’envoient à une revue. Les rédacteurs en chef transmettent les manuscrits soumis à au moins deux examinateurs externes spécialisés sur le sujet. Ces examinateurs peuvent suggérer que le manuscrit soit rejeté, publié tel quel ou renvoyé aux scientifiques pour de nouvelles expériences. Ce processus est appelé ” évaluation par les pairs “.

Les recherches publiées dans des revues à comité de lecture ont fait l’objet d’un contrôle de qualité rigoureux par des experts. Chaque année, quelque
2 800 revues à comité de lecture publient environ 1,8 million d’articles scientifiques. Le corpus de connaissances scientifiques est en constante évolution et mis à jour, mais vous pouvez être sûr que la science décrite par ces revues est solide. Les politiques de rétractation permettent de corriger le dossier si des erreurs sont découvertes après la publication.

“Revu par les pairs” (peer-reviewed) signifie que d’autres experts scientifiques ont vérifié l’étude à la recherche de tout problème avant publication

L’examen par les pairs prend des mois. Pour accélérer la diffusion, les scientifiques publient parfois leurs articles de recherche sur ce que l’on appelle un serveur de preprint. Ces serveurs portent souvent le nom de “RXiv” (prononcé “archive”) : MedRXiv, BioRXiv, etc. Ces articles n’ont pas été examinés par des pairs et ne sont donc pas validés par d’autres scientifiques. Les prépublications permettent à d’autres scientifiques d’évaluer et d’utiliser plus rapidement les recherches comme éléments de base de leurs propres travaux.

Depuis combien de temps ce travail se trouve-t-il sur le serveur de preprint ? Si cela fait des mois et qu’il n’a pas encore été publié dans la littérature évaluée par les pairs, soyez très sceptique. Les scientifiques qui ont soumis le preprint appartiennent-ils à une institution réputée ? Au cours de la crise de la COVID-19, alors que les chercheurs s’efforcent de comprendre un nouveau virus dangereux et s’empressent de mettre au point des traitements susceptibles de sauver des vies, les serveurs de preprint ont été jonchés de données scientifiques immatures et non prouvées. Des normes de recherche rigoureuses ont été sacrifiées au profit de la rapidité.

Un dernier avertissement : Soyez attentifs aux recherches publiées dans ce que l’on appelle des revues prédatrices. Elles n’évaluent pas les manuscrits par des pairs et font payer les auteurs pour les publier. Les articles publiés dans l’une des milliers de revues prédatrices connues doivent être traités avec beaucoup de scepticisme.


Conseil n° 2 : cherchez vos propres angles morts

Méfiez-vous des biais de votre propre pensée qui pourraient vous prédisposer à tomber dans le panneau d’une fausse nouvelle scientifique.

Les gens accordent à leurs propres souvenirs et expériences plus de crédit qu’ils ne le méritent, ce qui rend difficile l’acceptation de nouvelles idées et théories. Les psychologues appellent cette bizarrerie le biais de disponibilité. Il s’agit d’un raccourci intégré utile lorsque vous devez prendre des décisions rapides et que vous n’avez pas le temps de faire une analyse critique d’un grand nombre de données, mais il nuit à vos capacités de vérification des faits.

Dans la lutte pour attirer l’attention, les déclarations sensationnelles l’emportent sur des faits peu excitants, mais plus probables. La tendance à surestimer la probabilité d’événements frappants s’appelle le biais de saillance. Il conduit les gens à croire, à tort, des résultats trop médiatisés et à faire confiance à des politiciens confiants plutôt qu’à des scientifiques prudents.

Un biais de confirmation peut également être à l’œuvre. Les gens ont tendance à accorder du crédit aux nouvelles qui correspondent à leurs croyances existantes. Cette tendance aide les négationnistes du changement climatique et les partisans de l’anti-vaccin à croire en leur cause malgré le consensus scientifique qui s’y oppose.

Les pourvoyeurs de fake news connaissent les faiblesses de l’esprit humain et tentent de tirer parti de ces biais naturels. Une formation peut vous aider à reconnaître et à surmonter vos propres biais cognitifs.


Conseil n° 3 : corrélation n’est pas causalité

Ce n’est pas parce que vous pouvez voir une relation entre deux choses que l’une cause l’autre.

Même si les enquêtes révèlent que les personnes qui vivent plus longtemps boivent plus de vin rouge, cela ne signifie pas qu’une consommation quotidienne prolongera votre espérance de vie. Il se peut simplement que les buveurs de vin rouge soient plus riches et bénéficient de meilleurs soins de santé, par exemple. Surveillez cette erreur dans l’actualité sur la nutrition.

Ce qui fonctionne bien chez les rongeurs peut ne pas fonctionner du tout chez vous

Conseil 4 : Qui étaient les sujets de l’étude ?

Si une étude impliquait des sujets humains, vérifiez si elle était contrôlée par placebo. Cela signifie que certains participants sont désignés au hasard pour recevoir le traitement – comme un nouveau vaccin – et que d’autres reçoivent une version factice qu’ils peuvent croient réelle, le placebo. De cette façon, les chercheurs peuvent déterminer si l’effet observé est dû au médicament testé.

Les meilleurs essais sont également menés en double aveugle : Pour éliminer tout parti pris ou idée préconçue, ni les chercheurs ni les volontaires ne savent qui reçoit le médicament actif ou le placebo.

La taille de l’essai est également importante. Lorsqu’un plus grand nombre de patients sont recrutés, les chercheurs peuvent identifier plus rapidement les problèmes de sécurité et les effets bénéfiques, et les différences entre les sous-groupes sont plus évidentes. Les essais cliniques peuvent porter sur des milliers de sujets, mais certaines études scientifiques impliquant des personnes sont beaucoup plus petites ; elles doivent expliquer comment elles ont obtenu la confiance statistique qu’elles prétendent présenter.

Vérifiez que toute recherche sur la santé a réellement été menée sur des personnes. Ce n’est pas parce qu’un médicament est efficace sur des rats ou des souris qu’il le sera pour vous.


Conseil n° 5 : la science n’a pas besoin de “camps”.

Si un débat politique nécessite deux camps opposés, ce n’est pas le cas d’un consensus scientifique. Lorsque les médias interprètent que l’objectivité signifie temps équivalent, cela nuit à la science.


Conseil n° 6 : Il se peut qu’un rapport clair et honnête ne soit pas l’objectif

Pour attirer l’attention de leur public, les émissions matinales et les talk-shows ont besoin de quelque chose d’excitant et de nouveau ; l’exactitude peut être moins prioritaire. De nombreux journalistes scientifiques font de leur mieux pour couvrir avec précision les nouvelles recherches et découvertes, mais beaucoup de médias scientifiques sont plus considérés comme divertissants qu’éducatifs. Dr Oz, Dr Phil et Dr Drew ne devraient pas être vos sources médicales privilégiées.

Méfiez-vous des procédures et produits médicaux qui semblent trop beaux pour être vrais. Soyez sceptique en ce qui concerne les témoignages. Pensez aux motivations des principaux acteurs et à ceux qui ont intérêt à gagner de l’argent.

Si vous restez méfiant(e) concernant des informations diffusées par les médias, assurez-vous qu’elles reflètent les résultats réels de la recherche en lisant l’article lui-même.

Traduit par Citizen4Science, article original paru dans The Conversation, lien vers l’article original : https://theconversation.com/6-tips-to-help-you-detect-fake-science-news-153708

Les bactéries “brassent” leur génétique pour développer une résistance aux antibiotiques à la demande

Par Célia Souque @Celia_Sqe, Chercheuse postdoctorale, Microbiologie, Université d’Oxford – membre de Citizen4Science

Pour stopper la résistance aux antibiotiques, les scientifiques ont besoin de savoir comment les bactéries deviennent résistantes.

La résistance aux antibiotiques, c’est-à-dire la capacité des bactéries novices à survivre au traitement par antibiotiques, est une menace croissante. Elle rend plus difficile le traitement d’infections potentiellement mortelles, comme la tuberculose, le SARM (Staphylococcus aureus résistant à la méthicilline) et la gonorrhée, et augmente les risques liés à des interventions chirurgicales, même mineures.

Pour résoudre le problème de la résistance aux antibiotiques, les chercheurs doivent d’abord comprendre comment empêcher la résistance de se manifester. Une étude récente que j’ai menée avec des collègues de l’université d’Oxford a permis de mieux comprendre ce phénomène en montrant que les bactéries peuvent réorganiser intelligemment leur génétique afin d’échapper aux effets d’un antibiotique.

Les bactéries ont plusieurs façons de développer une résistance. Elles peuvent muter pour empêcher les antibiotiques de les cibler, ce qui peut se faire en modifiant les protéines de la cellule où agissent les antibiotiques. Elles peuvent également acquérir des gènes qui les aident à produire des molécules destructrices d’antibiotiques, appelées enzymes.

Cependant, toutes ces stratégies ont un coût pour les bactéries résistantes. La production d’enzymes de résistance nécessite beaucoup d’énergie. Les protéines modifiées ne peuvent pas non plus être aussi efficaces qu’auparavant. Ces deux facteurs entravent lourdement les bactéries et font qu’elles se reproduisent plus lentement en l’absence d’antibiotiques. Les bactéries résistantes perdent ainsi la compétition contre les autres bactéries pour les précieux nutriments et ressources, ce qui menace leur survie.

Le coût de la résistance aux antibiotiques. Célia Souque

Mais les bactéries résistantes ont trouvé un moyen de devenir résistantes aux antibiotiques tout en limitant les coûts qui y sont associés. Ma récente étude a montré comment l’un de ces mécanismes, impliquant ce que l’on appelle un intégron, offre aux bactéries un potentiel incroyable pour acquérir des niveaux élevés de résistance tout en réduisant son coût énergétique. Il est donc plus facile pour les bactéries résistantes aux antibiotiques de survivre, et de prospérer.

Les intégrons sont des morceaux d’ADN, uniques aux bactéries, qui permettent à celles-ci de stocker des gènes acquis auprès d’autres bactéries résistantes. Ces gènes de résistance sont alignés l’un après l’autre dans le génome de la bactérie, formant des “réseaux”. La position des gènes dans la matrice a un impact important sur les niveaux de résistance de la bactérie.

Les gènes présents vers le début de la matrice sont fortement exprimés (ce qui signifie qu’ils sont utilisés de façon active) et offrent des niveaux de résistance élevés. Les gènes situés à l’arrière sont maintenus silencieux et peuvent être conservés à faible coût, ce qui réduit leur impact sur la bactérie.

Comment les intégrons fonctionnent.

De plus, les intégrons sont dotés d’une astuce fantastique : une enzyme, appelée intégrase, qui permet aux bactéries de couper et de déplacer les gènes dans le réseau lorsque les bactéries sont en danger. On pense que l’intégrase donne aux bactéries la capacité de “mélanger” l’ordre de leurs gènes, ce qui leur permet de moduler leur niveau de résistance à la demande. Notre étude est la première à vérifier cette hypothèse.

Pour voir dans quelle mesure les intégrons peuvent être utiles aux bactéries, nous avons construit en laboratoire des intégrons personnalisés contenant un gène de résistance pertinent en dernière position. Certains d’entre eux étaient dotés d’une enzyme intégrase présentant un dysfonctionnment, ce qui les empêchait de déplacer leurs gènes. Cela nous a permis de mesurer l’impact du brassage des gènes sur la résistance aux antibiotiques.

Nous avons ensuite utilisé une approche appelée “évolution expérimentale”, dans laquelle nous avons soumis les bactéries à des doses croissantes d’antibiotiques et observé leur durée de survie. Cette technique nous a permis de mesurer directement la capacité des bactéries à développer leur résistance.

Exemple d’évolution expérimentale en action.

Nous avons montré que les bactéries qui pouvaient mélanger leurs gènes survivaient plus longtemps et développaient une résistance plus fréquemment que celles qui ne le pouvaient pas. Cela montre comment les intégrons peuvent aider les bactéries à développer des niveaux élevés de résistance aux antibiotiques en réponse à un traitement par antibiotiques.

Il est intéressant de noter que ce brassage est souvent lié à la perte des autres gènes de résistance présents dans la bactérie. En déplaçant les gènes pour devenir résistantes à l’antibiotique choisi, les bactéries ont perdu certains de leurs autres gènes de résistance, devenant ainsi sensibles à ces autres antibiotiques.

Nouvelles stratégies

Les résultats de notre étude fournissent des stratégies potentielles pour contrer les intégrons et leur rôle dans l’évolution de la résistance. Par exemple, les antibiotiques pourraient être associés à des médicaments capables d’inhiber l’enzyme intégrase afin de réduire le brassage des gènes. Les médicaments qui stoppent la “réponse SOS” de la bactérie – sa réaction de dernier recours aux antibiotiques – limiteraient également le brassage des intégrons. Les médicaments dits “anti-évolution”, qui ne tuent pas directement les bactéries mais aident à prévenir l’évolution de la résistance, sont actuellement un domaine de recherche actif.

Une autre solution consisterait à exploiter le brassage des intégrons pour favoriser la perte des gènes de résistance en passant par différents antibiotiques. Cela permettrait d’orienter l’évolution des bactéries de manière à les rendre sensibles à des antibiotiques auparavant inutilisables.

Les intégrons sont apparus il y a des millions d’années. Mais aujourd’hui, ils se sont révélés être un mécanisme unique permettant aux bactéries de s’adapter à l’utilisation des antibiotiques par l’homme et de développer une résistance à ces derniers.

Bien que les antibiotiques sauvent d’innombrables vies chaque année, ils doivent également être utilisés avec précaution pour éviter la propagation de bactéries et de maladies résistantes aux antibiotiques. Une meilleure compréhension de la manière dont les bactéries développent une résistance nous permettra d’améliorer la manière dont nous utilisons nos antibiotiques actuels, ainsi que ceux que nous développerons à l’avenir.

Traduit par Citizen4Science, article original paru dans The Conversation UK, lien vers l’article original : https://theconversation.com/bacteria-shuffle-their-genetics-around-to-develop-antibiotic-resistance-on-demand-156439

Des scientifiques inventent un test COVID-19 à domicile utilisant des capsules de machine à café

par Mark Lorch, professeur de communication scientifique et de chimie, Université de Hull

La transition vers le télétravail e n’est pas sans poser des problèmes à tout le monde, mais lorsque votre travail consiste à rechercher des applications biologiques des nanotechnologies, ces épreuves sont un peu plus compliquées que de jongler avec l’utilisation du haut débit du domicile. On pourrait donc s’attendre à ce que les recherches du chimiste organique Vittorio Saggiomo, du groupe Bionanotechnologie de l’Université et de la Recherche de Wageningen, aux Pays-Bas, s’arrêtent net.

Mais Saggiomo est du genre créatif et imaginatif, et il a commencé à se demander s’il ne pourrait pas utiliser des appareils ménagers courants pour lutter contre la COVID-19. Plus précisément, il s’est demandé s’il pourrait créer un test domestique bon marché et très sensible pour le virus. Et il s’avère que oui. Son équipe vient de publier son idée sur un serveur de pre-print, ChemArxiv. L’article doit encore être examiné par d’autres scientifiques.

À l’heure actuelle, il existe deux principaux types de tests pour le COVID-19 : le test PCR et le test de flux latéral ( lateral flow test, LFT). Le test PCR, qui constitue la norme, vérifie la présence du virus en détectant son matériel génétique, l’ARN. Mais un écouvillon contient des quantités infimes de matériel viral, qui doit donc être converti en ADN et amplifié avant de pouvoir être détecté. Pour ce faire, on utilise la “réaction en chaîne par polymérase”, qui est l’acronyme de PCR (polymerase chain reaction).

Le processus implique des cycles répétés à travers une gamme de températures comprises entre 50 °C et 90 °C. À chaque cycle, la quantité d’ADN double, de sorte qu’après 30 cycles, plus d’un milliard de copies du matériel viral peuvent être créées à partir d’un seul brin de matériel de départ. Le matériel amplifié est ensuite détecté à l’aide de marqueurs fluorescents qui se fixent sur les séquences d’ADN viral.

La PCR est ainsi une technique très sensible, mais elle nécessite un matériel et un équipement spécialisés. C’est pourquoi les tests sont envoyés à un laboratoire, et 24 à 48 h sont nécessaires pour obtenir le résultat.

Le deuxième test courant est un test de flux latéral (lateral flow test, LFT). Ces tests fonctionnent en détectant des fragments d’enveloppes de protéines virales. Les bandes des LFT contiennent des anticorps qui se lient au virus. Ces anticorps sont marqués par de minuscules particules d’or, qui apparaissent en rouge, ce qui permet de les voir sur l’appareil de test. Les anticorps marqués s’accumulent sur des bandes distinctes sur le LFT, selon que le virus est présent ou non.

Les tests LFT sont rapides, bon marché et faciles à utiliser, ce qui les rend idéaux pour les tests communautaires et à domicile. Mais ils sont loin d’être aussi sensibles que les tests PCR ; ils ne peuvent identifier que les personnes présentant une charge virale élevée. Cela signifie que de nombreuses personnes infectées obtiendront un faux résultat négatif avec ces tests.

Les tests CoroNaspresso

Idéalement, nous avons besoin d’un test à domicile qui soit aussi facile à utiliser que les LFT mais aussi sensible que le test PCR. Un excellent candidat est une méthode appelée amplification isotherme médiée par les boucles (loop-mediated isothermal amplification, Lamp). Cette méthode fonctionne selon des principes très similaires à ceux de la PCR, en produisant des copies multiples du matériel génétique de départ, que l’on peut obtenir à partir d’un écouvillon. Elle présente aussi certains avantages clés.

Par exemple, elle peut être associée à une “lecture en couleur” très pratique. Lorsque la réaction de Lamp se produit, elle entraîne une augmentation de l’acidité de l’échantillon. Cela signifie que l’on peut ajouter une substance qui change de couleur en fonction de la valeur du pH dans le mélange réactionnel, fournissant ainsi une indication visuelle d’un résultat positif ou négatif. Un autre avantage est que les réactions de Lamp sont réalisées à une température fixe (environ 65 °C) au lieu de nécessiter un cycle constant à travers une gamme de températures.

Néanmoins, la réaction de Lamp nécessite toujours un contrôle précis de la température. Les systèmes de contrôle de la température, qu’il s’agisse d’une machine PCR, d’un instrument Lamp ou d’un four domestique, sont généralement réalisés à l’aide de thermostats électroniques. Cependant, la fabrication et l’expédition de nouveaux appareils électroniques spécialement conçus pour les tests de Lamp à domicile sont peu pratiques (surtout en pleine pandémie). M. Saggiomo a donc essayé de trouver un moyen de contourner ce problème. Il a découvert des substances appelées matériaux à changement de phase, qui absorbent l’énergie (la chaleur) lorsqu’ils fondent et maintiennent ainsi une température constante.

Après avoir trouvé une cire faite d’un tel matériau qui fondait exactement à la température requise, Saggiomo s’est attelé à la construction d’un dispositif pour loger les tubes de réaction de la lampe et les morceaux de cire. Ce dispositif devait ensuite être inséré dans un autre matériau qui pouvait être chauffé. Le boîtier parfait s’est avéré être sous son nez en préparant son café du matin : Les capsules de la machine à café Nespresso.

L’étape finale consistait à trouver le bon moyen de chauffer les capsules. Après avoir essayé le lave-vaisselle (ça marchait, mais les échantillons se perdaient), le four à micro-ondes (échec, car les tubes surchauffaient et les couvercles se détachaient) et des tasses remplies d’eau chaude (pas assez de contrôle de la température), Saggiomo a opté pour une simple casserole d’eau frémissante sur la cuisinière. Le dispositif “CoroNaspresso” ainsi obtenu, lorsqu’il a été testé par d’autres membres de l’équipe avec des écouvillons provenant de six personnes, a correctement identifié trois cas de COVID-19 (ceux-ci avaient une couleur différente de celle des tests négatifs).

Le test, y compris les capsules, la cire à changement de phase et les flacons dans lesquels insérer le matériel génétique, serait facile à produire par millions. Les gens pourraient ensuite prélever du matériel génétique chez eux et chauffer les capsules pour obtenir leurs résultats. Ces dispositifs sont également bon marché (environ 0,20 €), faciles à fabriquer, faciles à utiliser et largement recyclables. Peut-être verrons-nous bientôt les tests CoroNespresso dans nos foyers, mais ne les confondez pas avec vos dosettes de café habituelles.

Traduit de l’anglais par Citizen4Science, article original paru le 06/04/2021 dans The Conversation :
https://theconversation.com/scientists-invent-home-covid-19-test-using-coffee-machine-capsules-158082

Enfin une bonne nouvelle : la vaccination prévient la transmission de la COVID !

Par Mathieu Molimard, Professeur de Pharmacologie Président du CCM Pellegrin, Chef du Service de Pharmacologie Médicale, CHU Bordeaux – Membre fondateur de Citizen4Science

 

Fin février 2021
Les vaccins ont démontré leur bénéfice sur la prévention des formes symptomatiques.
Les vaccins
n’ont pas démontré leur effet sur la réduction de la transmission de la Covid.

Le vaccin par voie injectable induit des anticorps IgG et IgM et a priori pas d’anticorps IgA dans les secrétions.
L’absence de ces IgA sécrétoires peut-elle être à l’origine de la persistance du virus dans les secrétions et l’origine d’un portage asymptomatique ?

Il existe une possibilité un portage asymptomatique possible démontré après vaccination.

Pour des bactéries (coqueluche, méningite) car les bactéries peuvent survivre à la surface des cellules Pour des virus digestifs (poliomyélite)

Il n’y a aucun exemple d’absence de portage asymptomatique chronique (porteur sain) de virus après vaccination efficace pour des virus respiratoire.

Chez le vacciné le virus est -il repéré dès il rentre dans les cellules des voies aériennes pour s’y
multiplier ?

Sur un modèle animal de singe :

La vaccination permet d’éliminer des voies aériennes, en moins de 2 jours, le virus que l’on a inoculé par voie nasale.

Le vaccin mRNA-1273 de Moderna semble réduire de 2/3 le portage asymptomatique dès la première injection.

Cela doit être confirmé par une étude ad hoc et après la deuxième injection.

En vraie vie en Israël, l’efficacité du vaccin BNT162b2 mRNA de Pfizer pour prévenir l’infection asymptomatique est de 90 % (IC à 95 %, 83 à 94) 7 jours ou plus après la deuxième dose.

Pour le vaccin ChAdOx1 nCoV-19 d’AstraZeneca :

La dose standard du vaccin a réduit la positivité de la PCR de 67 % et, après la deuxième dose. Il réduirait le nombre d’individus infectés dans la population.

Cependant, pour les asymptomatiques spécifiquement, l’analyse n’a été faite que sur un sous-groupe avec un trop petit nombre de cas pour conclure sans risque.

Pour le vaccin Ad26.COV2.S de Janssen :

Une seule dose réduirait de 74 % la survenue d’une infection asymptomatique.

En population chez 39 156 patients asymptomatiques qui ont fait une PCR systématique, la vaccination a réduit de 80% la probabilité d’être positif après la deuxième dose.

La vaccination des personnes de plus de 75 ans a permis de réduire l’incidence la maladie et le taux de positivité dans cette tranche d’âge alors qu’elle augmente chez les autres.

On peut dire maintenant que non seulement les vaccins préviennent la survenue des formes symptomatiques

  • mais aussi qu’ils préviennent aussi les formes asymptomatiques
  • qu’ils cassent la dynamique de l’épidémie

ATTENTION !

Aucun vaccin n’est efficace à 100 %.

Tant que le nombre de cas n’aura pas diminué et qu’une grande proportion de la population n’aura pas été vaccinée….

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