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	<title>Expertise Archives - Science infused site d&#039;actualités</title>
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	<title>Expertise Archives - Science infused site d&#039;actualités</title>
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		<title>Journalisme scientifique et récits marketing : des liaisons dangereuses illustrées par un étude de cas</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Fabienne Blum]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 02 May 2026 12:19:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Analyse]]></category>
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					<description><![CDATA[L&#8217;hebdomadaire L&#8217;Express vient de consacrer un article enthousiaste à des travaux de recherche sérieux, les présentant comme un « changement de]]></description>
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<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h2 class="wp-block-heading"><em>L&rsquo;hebdomadaire L&rsquo;Express vient de consacrer un article enthousiaste à des travaux de recherche sérieux, les présentant comme un « changement de paradigme » pour le combat contre le cancer et menés par un chercheur « baroque » à contre-tendance. Un exemple particulièrement éclairant de déformation narrative de l&rsquo;information scientifique</em></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La tendance est inquiétante, sans être pour autant nouvelle. C&rsquo;est un article de L&rsquo;Express datée du 28 mars dernier qui a attiré notre attention. L&rsquo;article est payant, mais le peu qui est lisible sur internet a de quoi émoustiller : on y parle de « projet à front renversé », par un chercheur au « CV baroque » n&rsquo;est « ni oncologue ni épidémiologiste », « ny connaît pas grand chose aux tumeurs » mais il va peut-être bien « modeler quelques-unes des futures révolutions en cancérologie ».</p><div id="citiz-1127332059" class="citiz-contenu citiz-entity-placement"><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-9064228701299411" crossorigin="anonymous"></script><ins class="adsbygoogle" style="display:block;" data-ad-client="ca-pub-9064228701299411" 
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<p class="wp-block-paragraph">On aurait donc un chercheur qui décroche une bourse prestigieuse pour mener des recherches à contre-pied de la recherche normale hors de son domaine d&rsquo;expertise ? Scandale ou génie ? Il nous faut nous procurer cet article. Au kiosque à journeaux, L&rsquo;Express est arrivé à ses fins, nous extirpant quelques euros. Nous nous préparons donc à lire un article de révolution scientifique par un scientifique révolutionnaire. Nous allons être surpris. Mais dans quel sens ?</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h3 class="wp-block-heading">De la vraie science, un récit inventé</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Nous analysons souvent dans nos colonnes l&rsquo;information et la désinformation en science et santé. Cette dernière est parfois grossière, ce qui a l&rsquo;intérêt de la rendre facilement identifiable.  On peut citer dans nos sujets récents les blogs « techno-enthousiastes » à base d&rsquo;annonces spectaculaires reprenant ce qui buzz sur les réseaux sociaux, des promesses excessives sur résultats scientifiques préliminaires, qui donne l&rsquo;image d&rsquo;une science faite d&rsquo;une succession de ruptures spectaculaires permanentes.  Ces formats sensationnalistes sont relativement faciles à identifier. Ils exagèrent, ils dramatisent, politisent souvent, et leur façon de rouler des mécanique finit généralement par se voir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une forme plus subtile de déformation et d&rsquo;exploitation narrative de la science existe. Elle ne repose pas sur l&rsquo;invention et l&rsquo;extrapolation à outrance de résultats, mais sur une transformation plus profonde du récit scientifique lui-même : construire, autour de recherches parfaitement solides, une histoire inventée de changement de paradigme dans la manière dont fonctionne la recherche biomédicale, comme si certaines approches constituaient des renversements méthodologiques alors qu&rsquo;elles relèvent de continuités anciennes et parfaitement établies.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://www.lexpress.fr/sciences-sante/cancer-paul-bastard-25-millions-de-dollars-pour-renverser-le-combat-contre-les-tumeurs-FU5B3PRXAJE7NJBYOECZEMTOSI/">L&rsquo;article publié par L&rsquo;Express le 28 mars 2026</a> autour du projet ATLAS coordonné par le Dr Paul Bastard, en fournit une illustration particulièrement éclairante sur ses mécanismes. Le projet vient d&rsquo;obtenir un financement de 25 millions de dollars dans le cadre de Cancer Grand Challenges, initiative portée notamment par Cancer Research UK et le National Cancer Institute. Les travaux sont sérieux, le financement est prestigieux, la question scientifique est pertinente. Le problème n&rsquo;est pas la science, mais la construction d&rsquo;un récit qui en déforme des aspects notables.<br></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h3 class="wp-block-heading">Les règles du journalisme : savoir analyser les sources</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Nous aurions pu placer ce paragraphe ultérieurement, mais autant le dire tout de suite parce c&rsquo;est clé : La règle cardinale du journalisme, scientifique ou autre, est simple : savoir analyser la nature et la fiabilité des sources, privilégier les sources primaires. Le Conseil de Déontologie Journalistique et de Médiation (CDJM) le rappelle explicitement dans sa <a href="http://cdjm.org/le-traitement-des-questions-scientifiques">recommandation sur le traitement journalistique des questions scientifiques</a> : Il est essentiel de privilégier les publications originelles plutôt que les communiqués de presse et les briefings des communicants. L&rsquo;exigence est la même dans le code d&rsquo;éthique de la <a href="http://spj.org">Society of Professional Journalists</a> , référence mondiale depuis 1973 : utiliser les sources originales chaque fois que possible, vérifier l&rsquo;information avant publication, et ne jamais laisser la vitesse de publication prendre le pas sur l&rsquo;exactitude des faits. Les standards internationaux du journalisme scientifique, ou tout simplement la charte de Munich  sont plus directs encore : les communiqués de presse sont des documents de marketing et le journaliste n&rsquo;est pas un publicitaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour le sujet en question, quelle est la source ? S&rsquo;agissant d&rsquo;une bourse de recherche, elle se trouve sur le site de Cancer Grand Challenges, accessible au public. L&rsquo;organisme explique ce qu&rsquo;il finance avec cette bourse et la justification de son attribution. On nous y explique que si de nombreuses études se concentrent sur les causes actives du cancer, et qu&rsquo;il est « également nécessaire » de comprendre comment les réponses naturelles de l&rsquo;organisme peuvent empêcher son développement. Ce « également » est essentiel : il exprime une complémentarité, pas une inversion, pas une rupture, pas un changement de paradigme. Nulle part est-il question de changement de paradigme pour le projet choisi. Elle décrit en fait un projet ambitieux par son envergure, explorant le rôle possible d&rsquo;auto-anticorps modulateurs d&rsquo;immunité dans les mécanismes de résistance au cancer. Un projet important, prometteur, mais inscrit dans les continuités classiques de l&rsquo;immunologie translationnelle en oncologie.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Ce que l&rsquo;article affirme à la place, et l&rsquo;erreur factuelle<br></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le contraste avec le traitement de L&rsquo;Express est saisissant. Le titre évoque une lutte « à front renversé », le chapô parle de « contre-pied », le texte multiplie les références à une démarche « hors des clous », « impertinente », « renversant les paradigmes ». L&rsquo;article affirme par ailleurs que le financement obtenu relèverait d&rsquo;une bourse examinant « uniquement les projets de rupture ». Cette formulation est factuellement contestable. Le programme Cancer Grand Challenges finance des projets ambitieux, interdisciplinaires et à fort potentiel, sélectionnés pour leur capacité à répondre à des défis scientifiques complexes identifiés par un comité international, parmi dix-huit défis médicaux actifs allant des tumeurs pédiatriques aux inégalités face au cancer. Il ne se définit nulle part comme un mécanisme exclusivement réservé à des changements de paradigme. La nuance est décisive : un projet peut être ambitieux pour son impact en santé publique, sans constituer un renversement méthodologique, et confondre ambition scientifique et rupture conceptuelle déforme la nature même de la recherche. Le CDJM est sans ambiguïté sur ce point : il importe, sur les questions scientifiques, d&rsquo;être particulièrement attentif à ce que titraille, chapô et annonces d&rsquo;un sujet n&rsquo;en altèrent pas le sens ou la portée.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Un parcours « baroque » ou cohérent ?</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le storytelling de l&rsquo;article a été posé. Mais il va être enjolivé, tant qu&rsquo;à faire, par la présentation d&rsquo;un chercheur, totalement « profane » en oncologie. On peut imaginer dans l&rsquo;esprit du lecteur que se forme alors l&rsquo;idée du génie, qui débarque dans un domaine médical complexe sans la moindre formation ou expertise dans le domaine. C&rsquo;est fâcheux pour l&rsquo;image de la science, basée sur l&rsquo;expertise en la matière.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors, qu&rsquo;en est-il ?  Sans surprise, cette présentation ne résiste pas à l&rsquo;examen. Paul Bastard est médecin pédiatre, formé à Paris et Madrid, ayant suivi un master à l&rsquo;Université Rockefeller de New York avant de revenir en résidence d&rsquo;immunologie pédiatrique et de soutenir une thèse. Ses recherches portent sur les déterminants génétiques et immunologiques des maladies virales graves, notamment les causes et conséquences des auto-anticorps dirigés contre les interférons de type I. Ce parcours n&rsquo;a rien de marginal : il est précisément situé à l&rsquo;intersection de l&rsquo;immunologie fondamentale et de l&rsquo;immunopathologie clinique, dans des institutions académiques de tout premier rang mondial.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Or l&rsquo;immunologie constitue aujourd&rsquo;hui l&rsquo;un des piliers centraux de la recherche oncologique contemporaine. L&rsquo;immuno-oncologie, qui intègre des approches conçues pour renforcer ou réactiver la capacité du système immunitaire à lutter contre le cancer, a connu une transformation majeure récompensée par le prix Nobel de médecine 2018. Des milliers d&rsquo;immunologistes travaillent aujourd&rsquo;hui sur le cancer dans le monde entier. Présenter un immunologiste spécialiste des auto-anticorps qui s&rsquo;attaque à une question d&rsquo;oncologie comme profane du domaine relève moins de l&rsquo;analyse scientifique que de la scénarisation journalistique assez trompeuse, quand on sait que nombre de médicaments oncologiques de dernière génération sont des médicaments biologiques, précisément des &#8230; anticorps humanisés. L&rsquo;éducation du public à ces disciplines scientifiques et leur présentation erronée comme s&rsquo;il s&rsquo;agissait de silos, en prend donc un sérieux coup.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La figure du « génie outsider » est un ressort narratif classique. Elle fonctionne bien. Mais elle déforme ici la réalité. D&rsquo;ailleurs, le CDJM met en garde contre ce biais en lien avec l&rsquo;expertise ou la non-expertise : vérifier la valeur d&rsquo;un expert auprès de ses pairs, en particulier quand sa position détonne, et ne pas considérer que le statut social ou la renommée d&rsquo;un scientifique en font automatiquement un porteur de vérité scientifique. Mais aussi l&rsquo;inverse, et c&rsquo;est ce qui nous intéresse dans notre cas pratique : ne pas construire un récit de rupture sur la prétendue marginalité d&rsquo;un chercheur qui n&rsquo;est en réalité pas marginal.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h3 class="wp-block-heading">Une rupture historiquement imaginaire<br></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le cœur du récit repose sur une opposition : la recherche se serait historiquement concentrée sur les causes du cancer, tandis que le projet adopterait une approche « inverse » centrée sur les mécanismes de résistance. Cette opposition est historiquement inexacte. On joue ici d&rsquo;un biais cognitif classique : le faux dilemme. Faire croire que la recherche scientifique est centrée sur un aspect technique alors qu&rsquo;elle est multfactorielle et désormais translationnelle.  L&rsquo;étude des personnes exposés mais non malades, des trajectoires atypiques, des résistances naturelles et des facteurs protecteurs est constitutive de l&rsquo;épidémiologie, de l&rsquo;immunologie et de la médecine expérimentale depuis des décennies. La pandémie de Covid-19 en a fourni une illustration récente et frappante : l&rsquo;analyse de clusters familiaux où certains individus restaient indemnes malgré une exposition comparable a conduit à l&rsquo;identification de déterminants immunologiques et génétiques spécifiques. C&rsquo;est une logique que les membres de l&rsquo;équipe ATLAS ont eux-mêmes appliquée en découvrant le lien entre auto-anticorps et sévérité du Covid-19. Cette démarche n&rsquo;a rien de nouveau. Elle appartient au socle classique de la recherche scientifique. Présenter cette continuité comme un « pari inverse » revient à fabriquer artificiellement de la nouveauté là où il n&rsquo;y a qu&rsquo;un approfondissement légitime et parfaitement attendu. <a href="https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/dossiers/DLR5L17N53359" target="_blank" rel="noreferrer noopener"></a></p>



<h3 class="wp-block-heading">D&rsquo;où vient ce récit déformant ? Circulation mimétique et amplification d&rsquo;un briefing institutionnel</h3>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est ici que le dossier devient particulièrement instructif, parce que nous avons pu idenifier la source du récit marketing de L&rsquo;Express. Nous l&rsquo;avons vu, le cadrage de rupture n&rsquo;est pas donné par l&rsquo;organisme prestigieux qui a analysé les travaux de recherche et décidé de les financer par une bourse. Pour autant, ce n&rsquo;est pas une invention de L&rsquo;Express. Le storytelling marketing apparaît dans certaines communications institutionnelles intermédiaires : des formulations évoquant une approche « inverse » ou un « changement de paradigme » circulent dans des supports de valorisation académique, comme la communication officielle de l&rsquo;Université Paris Cité qui titre « Un changement de paradigme en oncologie ». Paris Cité n&rsquo;a rien inventé non plus, elle reprend en fait mot pour mot le paragraphe d&rsquo;une communication institutionnelle de l&rsquo;Institut Imagine auquel est affilié le Dr Bastard : « Un changement de paradigme en oncologie &#8211; Traditionnellement, la recherche s&rsquo;est concentrée sur l&rsquo;identification des facteurs qui favorisent l&rsquo;apparition des tumeurs. L&rsquo;équipe ATLAS fait le pari inverse : étudier les barrières qui s’opposent à leur développement sur une recherche ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Chaque mot de cette phrase mérite examen, car c&rsquo;est elle qui a fourni à L&rsquo;Express son titre, son chapô et l&rsquo;ensemble de son lexique de rupture.</p>



<p class="wp-block-paragraph">« Traditionnellement » est le premier signal d&rsquo;alarme, et le plus profond. En science, ce mot est presque une contradiction dans les termes. La recherche scientifique, y compris méthodes  ne fonctionne pas par tradition : elle fonctionne par accumulation de preuves, révision permanente des hypothèses et méthodologies, et remise en question constante des résultats antérieurs. Ce qui est vrai aujourd&rsquo;hui peut être infirmé demain. Ce qui semblait établi peut être nuancé par une nouvelle étude, évoluer au gré d&rsquo;une nouvelle méthodologie en raisons des limites de la précédente. La tradition, au sens de pratique reconduite par habitude ou convention, est précisément ce contre quoi la méthode scientifique est construite. Dire que la recherche a « traditionnellement » procédé d&rsquo;une certaine façon, c&rsquo;est donc appliquer à la science un concept qui lui est étranger, et qui sert ici un seul objectif : construire artificiellement un avant figé pour mieux faire briller un après innovant. Ce mot devrait toujours déclencher une question réflexe : traditionnel par rapport à quoi, sur quelle période, avec quelles sources à l&rsquo;appui ? Ici, il n&rsquo;est suivi d&rsquo;aucune de ces précisions, parce que son rôle n&rsquo;est pas descriptif : il est narratif. « Fait le pari » est plus révélateur encore. Une hypothèse de recherche n&rsquo;est pas un pari : c&rsquo;est une proposition fondée sur  des observations préliminaires, des données existantes, une logique théorique cohérente. L&rsquo;éthique de la recherche  médicale veut d&rsquo;ailleurs que tout projet de recherche soit justifié. Présenter un chercheur comme un parieur est dès lors problématique. Ce mot appartient au registre de la communication, pas à celui de la science. « L&rsquo;approche inverse », enfin, est le nœud logique de toute la phrase : elle transforme un continuum de recherche en dichotomie, une complémentarité en opposition radicale. C&rsquo;est ce terme qui a possiblement donné la paraphrase  « à front renversé » et « contre-pied » de L&rsquo;Express, et l&rsquo;ensemble du lexique de rupture de l&rsquo;article de leur article. La chaîne causale est limpide : l&rsquo;institution écrit « approche inverse », le journaliste lit « renversement », le lecteur reçoit « révolution ». Chaque maillon amplifie légèrement le précédent. La communication institutionnelle valorise, positionne, séduit. C&rsquo;est un récit pour vendre ce que le journalisme n&rsquo;est pas.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Le contraste saisissant du traitement journalistique international</h3>



<p class="wp-block-paragraph">La comparaison avec la presse anglo-saxonne est particulièrement éclairante, parce qu&rsquo;elle démontre que le récit marketing de rupture est une création française. Cancer Research UK décrit ATLAS comme un projet dont les travaux « ont le potentiel de changer notre compréhension du rôle du système immunitaire dans le cancer. » Pharmaphorum résume sobrement : l&rsquo;équipe « examinera ce qu&rsquo;on peut apprendre de personnes qui ne développent pas de cancer malgré des habitudes à risque. » UT Southwestern écrit que l&rsquo;équipe « cherchera à identifier les mécanismes biologiques sous-jacents à la résistance aux tumeurs. » Pas un seul « paradigme », pas un seul « renversement », pas un seul « contre-pied » dans l&rsquo;ensemble de la couverture institutionnelle et journalistique anglophone, et pour cause.  Evidemment, c&rsquo;est moins vendeur pour le grand public. C&rsquo;est le cours ordinaire des choses en science, et « la science, c&rsquo;est long » (Emmanuelle Charpentier, prix Nobel de chimie).<a href="https://42mag.fr/2026/04/senat-adopte-une-proposition-de-loi-contre-le-pillage-des-contenus-culturels-par-lia/" target="_blank" rel="noreferrer noopener"></a></p>



<h3 class="wp-block-heading">Une déformation narrative qui questionne d&rsquo;un point de vue déontologique mais aussi éthique</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Il n&rsquo;y a ici aucune falsification. Les données sont réelles, les financements existent, le projet est scientifiquement solide. Mais l&rsquo;histoire racontée les déforment, parce qu&rsquo;elle transforme une continuité scientifique en rupture spectaculaire, qu&rsquo;elle substitue une dramaturgie de l&rsquo;innovation à une description rigoureuse de la méthode, parce qu&rsquo;elle remplace l&rsquo;analyse journalistique critique des sources par la reprise amplifiée d&rsquo;un récit marketing nstitutionnel. Le CDJM nomme précisément ce risque en matière médicale ;  il est éthique : veiller à ne pas créer d&rsquo;espoirs non fondés chez des personnes atteintes de maladies graves, et rendre compte avec prudence des recherches et découvertes médicales annoncées par des chercheurs, qui ont rarement un impact immédiat sur l&rsquo;amélioration des traitements. Ce principe s&rsquo;applique avec une force redoublée lorsque la découverte est présentée non seulement comme prometteuse, mais comme révolutionnaire. <a href="https://www.seban-associes.avocat.fr/proposition-de-loi-darcos-instauration-dune-presomption-dexploitation-des-contenus-culturels-par-les-fournisseurs-dintelligence-artificielle/" target="_blank" rel="noreferrer noopener"></a></p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://42mag.fr/2026/04/senat-adopte-une-proposition-de-loi-contre-le-pillage-des-contenus-culturels-par-lia/" target="_blank" rel="noreferrer noopener"></a></p>



<h3 class="wp-block-heading">Former au journalisme scientifique est aussi urgent que de former les citoyens à la démarche scientifique </h3>



<p class="wp-block-paragraph">Ce cas dépasse largement un article particulier. Il révèle une faiblesse structurelle du journalisme scientifique français : l&rsquo;insuffisante qualification des sources et la trop grande perméabilité aux récits de valorisation institutionnelle. </p>



<p class="wp-block-paragraph">On a l&rsquo;habitude, à juste titre, d&rsquo;insister sur la nécessité d&rsquo;éduquer le grand public à l&rsquo;esprit critique et à la science, et à lutter contre la désinformation en santé.<br>Mais cette exigence doit s&rsquo;appliquer avec la même force aux professionnels chargés de transmettre l&rsquo;information scientifique. Former les journalistes à distinguer une source objective d&rsquo;un communiqué de presse de valorisation, à identifier les glissements narratifs entre niveaux institutionnels, à repérer les reformulations promotionnelles qui circulent d&rsquo;une institution à l&rsquo;autre avant d&rsquo;atterrir dans la presse grand public : voilà un chantier important.  Car une société ne peut développer une culture scientifique solide si l&rsquo;information censée la transmettre se transforme en récit marketing qui malmène la réalité scientifique. En France, sur ce second chantier, il reste beaucoup de chemin à faire. La science n&rsquo;a pas besoin d&rsquo;être scénarisée de façon spectaculaire pour être passionnante. Elle demande d&rsquo;être lue, comprise, contextualisée, puis racontée avec exactitude. C&rsquo;est précisément à cette condition que le journalisme scientifique demeure du journalisme, et non le relais de communications marketing.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Illustration d&rsquo;en-tête : Andrea pour Science infused</em></p>



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<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Expertise et désinformation en santé : une tribune des agences sanitaires floue qui esquive l&#8217;essentiel</title>
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		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 29 Apr 2026 20:00:25 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Les principaux dirigeants des agences sanitaires françaises (ANSM, HAS, Santé publique France, ANSES) publient dans Le Monde une tribune collective]]></description>
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<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h2 class="wp-block-heading">Les principaux dirigeants des agences sanitaires françaises (ANSM, HAS, Santé publique France, ANSES) publient dans Le Monde une tribune collective pour défendre l’expertise scientifique face à la  désinformation. Derrière les appels au pluralisme et à la confiance, ce texte reste étonnamment superficiel et révèle surtout une difficulté persistante des institutions à pratiquer l’autocritique.</h2>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://www.lemonde.fr/sciences/article/2026/04/14/toute-decredibilisation-de-l-expertise-scientifique-alimente-la-defiance_6679916_1650684.html">La tribune datée du 14 avril</a> publiée dans Le Monde rappelle que les décisions de santé publique reposent sur des évaluations collégiales et transparentes. Elle insiste sur le pluralisme comme vertu scientifique et sur la nécessité de protéger les experts. Ces points sont justes, mais ils sont présentés de manière abstraite, sans jamais entrer dans le concret des mécanismes qui produisent ou fragilisent réellement l’expertise. On peine à savoir à qui s’adresse ce texte : aux citoyens ? aux scientifiques ? aux décideurs politiques ? Il pourrait tout aussi bien avoir été écrit par un citoyen lambda inquiet, tant il reste flou et généraliste.</p><div id="citiz-3614707353" class="citiz-contenu citiz-entity-placement"><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-9064228701299411" crossorigin="anonymous"></script><ins class="adsbygoogle" style="display:block;" data-ad-client="ca-pub-9064228701299411" 
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<p class="wp-block-paragraph"><br></p>



<h3 class="wp-block-heading">Le « pluralisme » en science invoqué, mais le consensus scientifique passé sous silence</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Les auteurs soulignent à juste titre que le pluralisme fait partie de la démarche scientifique. Mais ils omettent d&rsquo;expliquer un élément central que tout lecteur non initié ignore : en science, le pluralisme n&rsquo;est pas une fin en soi. Il sert à construire, par confrontation rigoureuse des hypothèses et des données, un consensus, certes temporaire, mais qui permet d&rsquo;avancer, de prendre des décisions collectives et de faire à l&rsquo;instant T état des données de la science.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lorsque ce consensus évolue, comme cela s&rsquo;est produit à plusieurs reprises à rythme rapde pendant la pandémie de Covid-19, les institutions ont régulièrement présenté ces révisions comme de simples ajustements techniques plutôt que comme les corrections normales et saines qu&rsquo;elles étaient. Cette façon de gommer les débats internes renforce chez une partie du public le sentiment que l&rsquo;expertise est monolithique, et donc suspecte dès qu&rsquo;elle change d&rsquo;avis. Les désinformateurs, critiqués par ces mêmes institutions, en on fait leur lit.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Comment demander aux citoyens de faire confiance au processus scientifique sans jamais leur expliquer en quoi ce processus consiste ?</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h3 class="wp-block-heading">Une responsabilité externalisée, une rhétorique de victimisation<br></h3>



<p class="wp-block-paragraph">La tribune attribue presque exclusivement la perte de confiance à la désinformation extérieure et aux attaques personnelles contre les experts. Cette lecture n&rsquo;est non seulement incomplète. Elle apparaît potentiellement même, contre-productive. Elle est extremement proche du raisonnement et de la rhétorique du rapport institutionnel <em>Désinformation en santé</em> que nous avons eu largement l&rsquo;occasion de critiquer. Ce n&rsquo;est sans doute pas un hasard.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La défiance naît aussi, et peut-être d&rsquo;abord, des failles internes du système : communications publiques trop affirmatives sur des sujets encore incertains, délais dans la reconnaissance de certains signaux de sécurité, disqualification trop rapide de critiques argumentées venues de scientifiques qualifiés extérieurs aux cercles médiatico-institutionnels.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En adoptant une rhétorique où les experts institutionnels ou académiques apparaissent perpétuellement assiégés et jamais responsables, les auteurs reproduisent exactement les codes qu&rsquo;ils dénoncent sur les réseaux sociaux : le camp des bons contre le camp des mauvais, la victimisation comme posture, l&rsquo;introspection absente. Nos colonnes l&rsquo;ont déjà documenté : ce mimétisme est l&rsquo;un des moteurs les plus puissants de la polarisation sanitaire en France.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Vers une expertise plus crédible : ce que cela implique concrètement<br></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Une véritable défense de l&rsquo;expertise ne passe pas par des tribunes dans Le Monde. Elle passe par des actes. Cela suppose, en premier lieu, d&rsquo;accepter publiquement que l&rsquo;expertise produite par les agences n&rsquo;est jamais parfaite : qu&rsquo;elle est le produit d&rsquo;un processus humain, institutionnel, parfois contraint par des calendriers politiques ou des pressions budgétaires. Cela suppose ensuite de nommer les incertitudes réelles au moment où elles existent, plutôt que de les minimiser dans les communications publiques et de les reconnaître six mois plus tard quand l&rsquo;opinion a déjà tranché. Cela suppose enfin de traiter les conflits d&rsquo;intérêts non pas comme une formalité déclarative mais comme une exigence de conception : qui participe à l&rsquo;expertise, selon quels critères, avec quelle diversité de points de vue ? L&rsquo;Espagne vient de montrer, avec le rapport de son agence du médicament sur l&rsquo;homéopathie, ce que « dire la vérité clairement aux citoyens » signifie concrètement. Nous dédions un article très prochainement à cette communication ibérique en santé. Ce n&rsquo;est pas hors de portée.</p>



<h3 class="wp-block-heading">La confiance ne se décrète pas<br></h3>



<p class="wp-block-paragraph">La tribune des dirigeants d&rsquo;agences sanitaires françaises est en fait révélatrice d&rsquo;un malaise plus large et plus ancien. Tant que les institutions sanitaires françaises continueront à se poser en victimes sans pratiquer une introspection rigoureuse sur leurs propres pratiques de communication, elles contribueront elles-mêmes à la défiance qu&rsquo;elles déplorent. La crise de l&rsquo;expertise sanitaire n&rsquo;est pas seulement une attaque extérieure contre la science. Elle est aussi le symptôme d&rsquo;un système qui doit se réformer s&rsquo;il veut retrouver sa légitimité auprès des citoyens.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La confiance ne se décrète pas. Elle se reconquiert par la rigueur, la transparence et l&rsquo;honnêteté intellectuelle, y compris, et peut-être surtout, lorsqu&rsquo;il s&rsquo;agit de reconnaître ses propres erreurs.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">Face à cette obstination politique, le regard incisif et humoristique de <a href="http://&lt;!-- wp:html --&gt; https://www.facebook.com/watch/?v=750090884728181 &lt;!-- /wp:html --&gt;">Nicole Ferroni fait mouche. Dans son sketch viral,</a> elle met en scène le retour du « nouvel album Loi Duplomb 2 », comme si rien n’avait changé. </p>



<p class="wp-block-paragraph">« L’erreur est humaine, mais persévérer… « , lance-t-elle avec justesse. Ce clin d’œil citoyen rappelle utilement qu’il ne suffit pas de revenir à la charge pour avoir raison face aux faits et à l’exigence de précaution.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Illustration d&rsquo;en-tête : Andrea pour Science infused</em></p>



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<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2022/04/jaimelinfo.png"></a></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<item>
		<title>Rôle de médiateur des experts de justice : Alain Vanzo, premier président de la cour d’appel de Bourges, livre une analyse de l’abrogation de l’article 240 du Code de procédure civile</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Fabienne Blum]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 26 Mar 2026 19:42:34 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Analyse]]></category>
		<category><![CDATA[Bourges]]></category>
		<category><![CDATA[Cher]]></category>
		<category><![CDATA[Droit]]></category>
		<category><![CDATA[Expert]]></category>
		<category><![CDATA[Expertise]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[Justice]]></category>
		<category><![CDATA[Médiation]]></category>
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					<description><![CDATA[Le 24 mars 2026, à l’occasion  de l’assemblée générale annuelle de la Compagnie des experts de justice de la cour]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong><strong>Le 24 mars 2026, à l’occasion  de l’assemblée générale annuelle de la Compagnie des experts de justice de la cour d’appel de Bourges (CEJB), le premier président de la Cour d’appel de Bourges est intervenu pour proposer une synthèse claire et nuancée des conséquences de la réforme des modes amiables de résolution des différends (MARD) introduite par le décret n° 2025-660 du 18 juillet 2025, applicable depuis le 1er septembre 2025. Cette intervention, très attendue par les experts de la CEJB, a permis d’éclairer une évolution majeure du droit processuel civil qui modifie en profondeur le rôle traditionnel de l’expert judiciaire.</strong></strong></h2>



<h3 class="wp-block-heading"><strong><strong>Le contexte historique de l’interdiction et son évolution progressive</strong></strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Avant la réforme, l’article 240 du Code de procédure civile interdisait explicitement au juge de confier à un technicien, et donc à un expert judiciaire, une mission de conciliation des parties. Cette disposition, héritée de la refonte du Code de procédure civile dans les années 1970 et renforcée par un décret de 1996 qui rendait incompatible la fonction de médiateur avec celle de mesure d’instruction dans une même instance, visait à préserver la neutralité et l’impartialité de l’expert. Sa mission devait se limiter strictement à l’éclairage technique sur des questions de fait, conformément à l’article 230 du Code de procédure civile. Malgré cette interdiction légale, la pratique des magistrats, experts et avocats avait progressivement développé des mécanismes permettant un rapprochement amiable. On citait notamment la désignation conjointe, dans une même ordonnance de référé, d’un expert et d’un médiateur distincts. Parallèlement, le droit administratif avait ouvert la voie depuis les années 2000 : le Conseil d’État avait admis le cumul des fonctions de constatation et de négociation pour l’expert, puis le Code de justice administrative avait été modifié en 2010 et 2016 pour permettre explicitement à l’expert de concilier ou de négocier les parties. Le décret de juillet 2025 marque une étape décisive en érigeant la culture de l’amiable au rang de véritable politique publique et même de principe directeur du procès. Il abroge l’article 240 du Code de procédure civile ainsi que les dispositions qui empêchaient un médiateur d’être commis à une mesure d’instruction. Cependant, comme l’a relevé Alain Vanzo, les rédacteurs n’ont pas prévu expressément la possibilité de désigner l’expert comme médiateur ou de lui confier une mission de conciliation. C’est la circulaire d’application du 19 juillet 2025 qui apporte les indications pratiques les plus utiles, même si elle ne possède pas de valeur réglementaire contraignante.</p><div id="citiz-2078919598" class="citiz-contenu citiz-entity-placement"><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-9064228701299411" crossorigin="anonymous"></script><ins class="adsbygoogle" style="display:block;" data-ad-client="ca-pub-9064228701299411" 
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<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong><strong>Les trois hypothèses pratiques ouvertes par la circulaire</strong></strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">La circulaire identifie trois scénarios principaux qui peuvent se présenter au cours ou à l’issue des opérations d’expertise. Dans la première hypothèse, les parties décident, pendant les opérations d’expertise, après la remise d’un pré-rapport ou à leur issue, de recourir à une médiation conventionnelle et désignent l’expert comme médiateur. Dans ce cas, il convient d’appliquer intégralement les règles de la médiation conventionnelle. Dans la seconde hypothèse, l’expert est désigné comme médiateur par le juge lui-même ; les règles de la médiation judiciaire s’appliquent alors. Dans la troisième hypothèse, l’expert, sans être formellement désigné médiateur, concilie les parties selon un processus non strictement réglementé par le Code de procédure civile. Les parties disposent alors d’une plus grande liberté pour parvenir à un accord, qui pourra être homologué s’il répond aux exigences du nouvel article 1541-1 du Code de procédure civile. Lorsque l’expert agit en qualité de médiateur, il doit satisfaire aux conditions de l’article 1530-3 du Code de procédure civile : absence de condamnation, honorabilité, formation ou expérience adaptée à la pratique de la médiation, garantie d’indépendance, et, pour la médiation judiciaire, les qualifications supplémentaires requises. L’inscription sur une liste de médiateurs n’est pas obligatoire ; elle sert seulement d’information aux juges. L’expert-médiateur doit en outre accomplir sa mission avec impartialité, diligence et compétence, comme le rappelle expressément la circulaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong><strong>Les arguments en faveur de la réforme</strong></strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Alain Vanzo a souligné plusieurs atouts de cette évolution. Les experts judiciaires sont déjà soumis à des obligations déontologiques fortes : conscience, objectivité, impartialité (article 237) et diligence, compétence (article 230), qui les rapprochent du profil des médiateurs. Dans la pratique, l’expertise constitue souvent un moment privilégié de rapprochement des parties : une fois les points techniques éclaircis, une partie importante du chemin vers une solution amiable est accomplie. Près de 80 % des expertises en référé ne donnent d’ailleurs pas lieu à une saisine au fond .Associer, au sein d’une même procédure, l’éclairage technique de l’expertise et l’accompagnement vers une solution amiable pourrait permettre de réduire sensiblement les délais et les coûts du contentieux, au bénéfice de toutes les parties.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong><strong>Les réserves et les risques mis en évidence</strong></strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Malgré ces avantages, le premier président s’est montré particulièrement réservé sur le cumul, dans une même affaire, des fonctions d’expert et de médiateur. Il a insisté sur la distinction fondamentale des objectifs : l’expert recherche la vérité technique tandis que le médiateur doit rester neutre, indépendant et impartial, en aidant les parties à parvenir elles-mêmes à une solution sans leur proposer d’éclairage technique ou juridique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce cumul peut créer une confusion des rôles et porter atteinte à l’impartialité, tant objective que subjective ou d’apparence. Si les conclusions techniques de l’expert sont contestées par une partie, cela risque de compliquer fortement son rôle de facilitateur dans la phase amiable.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un problème crucial réside dans la contradiction entre les principes régissant les deux missions. L’expertise repose sur le principe du contradictoire dans toutes ses phases, tandis que la médiation est gouvernée par la confidentialité (article 1528-3 du Code de procédure civile). Les échanges confidentiels intervenus pendant la médiation ne peuvent pas influencer le rapport d’expertise ni y être mentionnés, sauf accord contraire des parties. Cette exigence impose à l’expert-médiateur une rigueur déontologique exceptionnelle et peut s’avérer particulièrement délicate à mettre en œuvre, comme l’illustre la doctrine en droit administratif qui qualifie parfois cette articulation de « quasi schizophrénique ».D’autres points de vigilance ont été soulignés. La réforme pose la question de la formation des experts qui souhaitent exercer comme médiateurs : ils devront justifier d’une formation ou d’une expérience adaptée, ce qui pourrait entraîner une différenciation entre experts classiques et experts-médiateurs certifiés. La responsabilité civile de l’expert et la couverture assurantielle de ces nouvelles missions devront également être examinées avec soin ; des garanties supplémentaires pourraient s’avérer nécessaires.&nbsp; Enfin, l’homologation judiciaire d’un accord n’est pas automatique. Seul un accord constituant une véritable transaction au sens de l’article 2044 du Code civil, &nbsp;comportant des concessions réciproques, pourra généralement être homologué dans les conditions prévues. Un simple rapprochement sans concessions mutuelles risque de ne pas remplir ces conditions, constituant un piège pratique important.&nbsp;</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong><strong>Temps d’échange et témoignages d’experts</strong></strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Plusieurs experts de la CEJB ont enrichi le débat par leurs retours d’expérience. L’un d’eux, désigné par le tribunal de Nevers pour cumuler expertise et médiation dans un dossier familial très conflictuel portant sur la valorisation de parts sociales d’un gaec (enjeu d’environ 2,5 millions d’euros), a décrit une mission intense : deux journées complètes sur site, de longues discussions, une tentative de médiation qui n’a pas abouti mais qui a tout de même permis d’amorcer un dialogue. L’expert n’a pas ressenti d’incompatibilité personnelle, même si le dossier est resté extrêmement tendu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">D’autres intervenants ont insisté sur la différence fondamentale entre médiation formelle et simple rapprochement ou conciliation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un expert a expliqué qu’il réfléchissait depuis une dizaine d’années à l’articulation des deux missions sans avoir trouvé de solution pleinement satisfaisante, en raison notamment de la confidentialité et de la relation particulière que le médiateur entretient avec les parties.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Plusieurs experts, pour certains également médiateurs judiciaires, ont rappelé que le rapprochement informel existe déjà depuis longtemps dans la pratique, particulièrement dans les litiges techniques de faible enjeu (bâtiment, automobile, voisinage), et qu’il produit souvent des effets positifs même en cas d’échec formel de la médiation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le rôle des avocats a été unanimement souligné comme essentiel : ils peuvent interrompre l’expertise pour discuter, reformuler, ou orienter vers une médiation distincte lorsque cela paraît plus adapté. L’importance des notes de synthèse ou préanalyses précoces a également été mise en avant pour saisir les opportunités d’accord sans figer les positions trop tôt.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong><strong>La position équilibrée d’Alain Vanzo</strong></strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Pour le Premier Président de la Cour d’appel de Bourges, la prudence s’impose. Il se montre très réservé sur la désignation d’un même expert comme médiateur dans une affaire, en raison des risques d’atteinte à l’impartialité et des difficultés pratiques liées à la contradiction entre confidentialité et contradictoire. En revanche, il estime souhaitable que l’expert, au moment le plus opportun – par exemple après la remise d’un pré-rapport –, puisse inviter les parties à se rapprocher et faciliter une conciliation simple. Les risques y sont nettement moindres que dans une médiation formelle. Il a rappelé avec force que l’expertise reste avant tout une mission technique au service du juge. La possibilité de conciliation doit demeurer une faculté, non un objectif premier, afin de préserver la dynamique contradictoire et l’impartialité de l’expert.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong><strong><strong>Perspectives et recommandations</strong></strong></strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Cette réforme transforme potentiellement le profil de l’expert judiciaire, qui pourrait évoluer vers un rôle de facilitateur alliant compétences techniques pointues et aptitudes relationnelles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les juges adapteront-ils leurs ordonnances en intégrant explicitement cette possibilité ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les avocats encourageront-ils activement cette nouvelle faculté ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les experts investiront-ils dans des formations complémentaires ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Autant de questions que l’avenir permettra de trancher.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Alain Vanzo a appelé les experts &nbsp;à observer attentivement les retours d’expérience des praticiens dans les prochains mois et à approfondir la réflexion, notamment lors de futures journées de formation organisées par la Compagnie des experts de justice. Il a insisté sur la nécessité d’agir avec prudence, sans dévier des principes fondamentaux d’impartialité et de contradictoire qui fondent la mission de l’expert judiciaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette intervention riche, équilibrée et empreinte d’une grande lucidité reflète la volonté de la cour d’appel de Bourges d’accompagner sereinement cette évolution majeure de la justice civile.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En plaçant l’amiable au cœur des pratiques tout en préservant les exigences essentielles de l’expertise, elle contribue à une justice plus efficace, plus apaisée et mieux adaptée aux attentes des justiciables. Les experts de justice du ressort sont désormais invités à s’approprier ce nouveau cadre avec discernement et professionnalisme.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Image d&rsquo;en-tête : Cour d&rsquo;appel de Bourges, photo issue du site </em></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



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		<title>« Immersion en médiation » épisode 4 &#8211; Le juge, nouvel architecte de l&#8217;amiable</title>
		<link>https://citizen4science.org/immersion-en-mediation-episode-4-le-juge-nouvel-architecte-de-lamiable/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Fabienne Blum]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 22 Mar 2026 22:12:38 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Analyse]]></category>
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		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[Justice]]></category>
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					<description><![CDATA[La justice civile française vit une transformation silencieuse mais profonde. Au 117ᵉ Café de la médiation (Ifomene), le magistrat Fabrice]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La justice civile française vit une transformation silencieuse mais profonde. Au 117ᵉ Café de la médiation (Ifomene), le magistrat Fabrice Vert a dévoilé les contours d’un paysage judiciaire où le juge devient un acteur central de la résolution amiable des litiges.</strong></h2>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Un tournant institutionnel assumé</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis plusieurs années, les modes amiables ne sont plus un simple supplément d’âme réservé à quelques magistrats convaincus. Ils constituent désormais une politique publique à part entière, structurée, assumée et pilotée. Fabrice Vert l’a rappelé avec force : la médiation n’est plus une initiative isolée, mais un axe stratégique inscrit dans les priorités du ministère de la Justice. Le décret du 18 juillet 2025, qui recodifie l’ensemble des dispositifs amiables, marque un basculement majeur en érigeant l’instruction conventionnelle en principe. Le juge civil n’est plus seulement celui qui tranche ; il devient celui qui oriente, accompagne et choisit, avec les parties et leurs avocats, la voie la plus pertinente pour résoudre un litige.</p><div id="citiz-2848532996" class="citiz-contenu citiz-entity-placement"><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-9064228701299411" crossorigin="anonymous"></script><ins class="adsbygoogle" style="display:block;" data-ad-client="ca-pub-9064228701299411" 
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<p class="wp-block-paragraph">Cette évolution s’incarne également dans la création, en 2026, d’un magistrat référent de l’amiable dans chaque tribunal et chaque cour d’appel. À Paris, une conférence régionale de l’amiable a été installée pour coordonner les pratiques et structurer une gouvernance commune entre magistrats, avocats, conciliateurs et médiateurs. L’amiable n’est plus un geste isolé : il devient une architecture institutionnelle.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Un office du juge profondément redéfini</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">La réécriture de l’article 21 du Code de procédure civile constitue l’un des changements les plus significatifs de la réforme. Le juge doit désormais déterminer, avec les avocats et les parties, le meilleur mode de résolution du litige. Ce principe de coopération, associé à celui de proportionnalité procédurale, impose une nouvelle manière de concevoir la justice civile. Il ne s’agit plus de dérouler mécaniquement une procédure, mais d’adapter la réponse judiciaire à la nature du conflit, à son intensité humaine et à son enjeu économique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans la pratique, cette transformation se traduit par un travail d’analyse dès l’assignation. Le magistrat examine les éléments du dossier pour repérer les indices d’une possible orientation amiable. Fabrice Vert regrette d’ailleurs la disparition de l’obligation, instaurée en 2015, d’indiquer les diligences amiables déjà tentées, un outil précieux pour anticiper l’éligibilité d’un litige à la médiation ou à la conciliation. En procédure orale, le dialogue direct avec les avocats facilite l’exploration des options. En procédure écrite, l’exercice est plus délicat et nécessite un échange structuré avec les conseils.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>L’audience de règlement amiable, une innovation exigeante</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Parmi les outils introduits par la réforme, l’audience de règlement amiable occupe une place singulière. Confiée à un juge spécialement formé, elle repose sur une méthode structurée qui combine confrontation équilibrée des points de vue, exploration des besoins et des intérêts, et clarification des principes juridiques applicables. Le juge peut y donner les grandes lignes du droit, ce que ne fait pas un médiateur, et son autorité naturelle peut faciliter la pacification des échanges.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais cette innovation a un coût : elle est extrêmement chronophage. Une seule séance dure au minimum quatre heures, souvent suivie de réunions supplémentaires. Fabrice Vert en tire une conclusion claire : les juges ne pourront jamais absorber tous les dossiers. L’audience de règlement amiable ne remplace donc pas la médiation ; elle la complète. Elle s’adresse aux litiges les plus complexes, ceux où la solution en droit serait insatisfaisante pour tous, ou encore aux conflits à forte intensité émotionnelle.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Médiation, conciliation, ARA : une articulation subtile</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">L’un des moments les plus éclairants du webinaire concerne la manière dont un juge choisit entre les différents modes amiables. Fabrice Vert insiste sur le fait qu’il n’existe pas de grille scientifique. L’orientation repose sur une appréciation pragmatique, nourrie par l’expérience et la connaissance des acteurs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La médiation s’impose lorsque les parties peuvent financer un médiateur ou lorsqu’une expertise sectorielle est nécessaire. Elle fonctionne particulièrement bien lorsque les avocats s’accordent sur un nom, un facteur de réussite presque systématique. La conciliation, quant à elle, est privilégiée pour les litiges à faible enjeu financier, pour les parties disposant de moyens limités ou lorsque la situation nécessite un tiers plus directif. L’audience de règlement amiable, elle, est réservée aux dossiers les plus sensibles, ceux où l’intervention d’un juge peut apporter une plus-value décisive.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette articulation repose aussi sur la connaissance fine des professionnels. Le magistrat encourage les médiateurs à se faire connaître, à participer aux rencontres, à publier, à écrire aux juridictions. La réputation joue un rôle déterminant dans les désignations.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>L’injonction de rencontrer un médiateur, un levier discret mais puissant</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le décret du 18 juillet introduit un outil simple mais redoutablement efficace : l’injonction de rencontrer un médiateur ou un conciliateur. Elle ne contraint pas à entrer en médiation, mais oblige les parties à s’informer. Dans les faits, elle agit comme un déclencheur psychologique. De nombreux avocats s’en servent pour convaincre un client réticent d’explorer la voie amiable. Les résultats sont tangibles : en référé, Fabrice Vert a vu le nombre de délibérés passer de vingt-sept à douze grâce aux médiations et conciliations initiées par injonction.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Les avocats, partenaires indispensables de la transformation</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Aucun mode amiable ne peut fonctionner sans l’adhésion des avocats. Le magistrat le répète avec insistance : sans les avocats, pas de médiation. Or certains hésitent encore à proposer une médiation, par crainte d’être perçus comme faibles ou défaitistes par leurs clients. Pour lever ces freins, les juridictions multiplient les formations, notamment à l’École de formation du barreau. Les juges sensibilisent systématiquement les avocats en audience et les incitent à proposer des médiateurs. La culture évolue, lentement mais sûrement.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong><strong>Les défis à venir : structurer, professionnaliser, sécuriser</strong></strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Si la dynamique est lancée, de nombreux chantiers restent ouverts. Le Comité national de la médiation, dont les recommandations sont attendues en 2026, travaille sur plusieurs axes structurants : un code de déontologie du médiateur reconnu par le ministère, la définition d’une formation qualifiante, des incitations fiscales pour encourager les accords amiables, des outils statistiques fiables et l’intégration de l’amiable dans les ordonnances de roulement des tribunaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À cela s’ajoute une évolution majeure : la possibilité pour un expert judiciaire de mener une mission de conciliation, et la reconnaissance du technicien conventionnel, dont le rapport aura la même valeur qu’un rapport d’expert. Cette hybridation entre expertise et amiable ouvre des perspectives nouvelles, notamment dans les litiges techniques.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><strong>Vers une justice plus humaine</strong></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Au fil du webinaire, une conviction se dessine : l’amiable n’est pas un gadget procédural, mais une réponse politique, sociale et humaine à une justice saturée et parfois déshumanisée. Fabrice Vert le dit avec simplicité : la médiation est un moment d’humanité dans des procédures souvent kafkaïennes. Le chemin reste long, mais la direction est claire. Le juge devient un architecte de la paix judiciaire, un facilitateur, un garant de l’équilibre. Les avocats, médiateurs et conciliateurs sont appelés à travailler ensemble, dans une logique de coopération. La justice amiable n’est plus une alternative : elle est en train de devenir une norme culturelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Image d&rsquo;en-tête : Tingey Injury Law Firm</em></p>



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		<title>Édition scientifique : L&#8217;IA en passe de remplacer la relecture par les pairs</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Fabienne Blum]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 03 Nov 2025 13:07:05 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Analyse]]></category>
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					<description><![CDATA[L’intelligence artificielle transforme aussi la publication scientifique. Le secteur est en ébullition et à l&#8217;instar de la traduction, les experts]]></description>
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<h2 class="wp-block-heading">L’intelligence artificielle transforme aussi la publication scientifique. Le secteur est en ébullition et à l&rsquo;instar de la traduction, les experts seront bientôt relégués au statut de relecteurs&#8230; du travail de l&rsquo;IA</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’intelligence artificielle s’impose comme un catalyseur majeur dans la publication scientifique, en restructurant profondément le processus de relecture par les pairs (« <em>peer review</em> » dans le jargon) vers un modèle hybride. À l’image de la <a href="https://citizen4science.org/intelligence-artificielle-et-traduction-quel-impact-sur-la-profession/">traduction professionnelle,</a> qui a été profondément remaniée et souvent dévastée par les outils automatisés au cours de la dernière décennie, la relecture délègue désormais le traitement massif des soumissions à l’intelligence artificielle, tandis que l’expertise humaine se concentre sur la validation du travail de l&rsquo;IA. Cette analogie avec la traduction dans la chaîne de l&rsquo;édition n’est pas fortuite : elle illustre comment un métier autrefois artisanal (dans le bon sens du terme) et profondément humain, fondé sur la maîtrise et l&rsquo;expertise en la matière ici linguistique et culturelle, a été bouleversé par l’automatisation et le <em>deep learning</em>, pavant la voie à une hybridation où l’humain corrige et affine les sorties de la machine, souvent au prix d’une précarisation généralisée du métier.</p><div id="citiz-705640517" class="citiz-contenu citiz-entity-placement"><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-9064228701299411" crossorigin="anonymous"></script><ins class="adsbygoogle" style="display:block;" data-ad-client="ca-pub-9064228701299411" 
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<h3 class="wp-block-heading">La crise structurelle du système traditionnel de relecture</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le cadre de relecture par les pairs, instauré au XVIIe siècle pour garantir la robustesse des découvertes scientifiques, traverse une période de tension extrême. En 2025, le volume annuel de publications dépasse les cinq millions d’articles, contre seulement 1,8 million en 2010, selon les analyses du <em>Peer Review Congress</em>. Cette croissance exponentielle, alimentée par l’essor de l’accès ouvert et les pressions institutionnelles du « <em>publish or perish</em> » (publier ou périr) allonge les délais de traitement jusqu’à douze mois et crée un déséquilibre flagrant parmi les relecteurs bénévoles :20 % d’entre eux assument 80 % des évaluations. Parallèlement, <a href="https://citizen4science.org/fraude-a-la-publication-scientifique-le-cas-des-paper-mills-et-autres-moulins-a-articles-revues-et-citations/">les « <em>paper mills</em>« , usines à faux articles</a>, souvent générés par intelligence artificielle, contaminent jusqu’à 20 % des soumissions dans des domaines comme la biomédecine ou l’intelligence artificielle. Face à cette avalanche, l’IA apporte une réponse concrète avec des plateformes telles que <em>STM Integrity Hub</em>, qui analysent plus de 70 indicateurs pour détecter le plagiat, les altérations d’images et les anomalies statistiques. Chez des éditeurs comme <em>PLOS</em> ou <em>Springer Nature</em>, ces systèmes automatisés génèrent déjà 40 % des rejets au stade initial, réduisant de moitié les temps de réponse. D’ici 2028, les projections estiment que 70 à 80 % des contrôles préliminaires seront algorithmiques, libérant ainsi les experts pour des analyses plus subtiles.<br>Le parallèle avec la traduction professionnelle est particulièrement éclairant : depuis l’arrivée de <em>DeepL</em> et <em>Google Translate</em>, les traducteurs se consacrent essentiellement à la correction finale, avec une augmentation de 300 % de ces tâches depuis 2020. La relecture scientifique empruntera la même voie, en formant des spécialistes à affiner les modèles d’intelligence artificielle sur des ensembles de données dédiés, afin d’éviter les erreurs graves en médecine ou en physique. Mais à quel coût social pour les experts bénévoles actuels ?</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h3 class="wp-block-heading">Les pionniers du NEJM : une hybridation prudente entre automatisation et discernement humain</h3>



<p class="wp-block-paragraph">La prestigieuse revue <em>New England Journal of Medicine</em> (NEJM) illustre parfaitement cette évolution mesurée et contrôlée. Grâce à sa branche <em>NEJM AI</em> et au programme « <em>AI Fast Track</em>« , des modèles comme ChatGPT-5 et Gemini Pro examinent les essais cliniques pour identifier les biais statistiques, les échantillons défaillants ou les faiblesses méthodologiques. Ces outils surpassent souvent les relecteurs humains sur les aspects techniques purs, en débusquant des incohérences jusque-là passées inaperçues. Cependant, la politique éditoriale reste inflexible : chaque manuscrit exige l’intervention d’au moins deux experts externes et d’un statisticien, avec une interdiction formelle de l’intelligence artificielle pour les décisions finales. Cette approche hybride préserve le jugement contextuel et éthique, essentiel pour évaluer l’innovation ou les implications sociétales. Chez PLOS, les rejets initiaux ont explosé à 40 % grâce à ces audits numériques. Ces initiatives démontrent que l’intelligence artificielle excelle dans la gestion du volume, mais qu’elle bute sur les subtilités culturelles ou les avancées disruptives. Dans les deux à trois prochaines années, un déploiement élargi de ces voies rapides démocratisera l’accès à la publication pour les chercheurs des pays en développement, souvent pénalisés par les barrières linguistiques. Des traductions automatisées, corrigées par des spécialistes, renforceront cette inclusivité, à l’instar des traducteurs formés sur des corpus massifs pour perfectionner les algorithmes, une inclusivité qui masque souvent une exploitation accrue des travailleurs précaires.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Frontiers et son assistant AIRA : une intégration fluide au service de l’efficacité</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Frontiers, leader de l’accès ouvert (<em>open science</em> dans le jargon), a déployé dès 2020 l’<em>Artificial Intelligence Review Assistant</em> (AIRA), qui effectue plus de quarante vérifications en un instant : détection de plagiat, conflits d’intérêts, images falsifiées. Couplé à <em>Papermill Alarm</em>, il identifie quinze signes de fraude, divisant par deux les délais de traitement. Cet assistant prépare le terrain pour un réseau de cent mille relecteurs humains qui rendent les verdicts définitifs. D’ici 2027, il orchestrera un appariement prédictif en temps réel entre manuscrits et relecteurs, favorisant une plus grande diversité grâce à des traductions corrigées. Ce modèle rappelle les agences éditoriales comme <em>TransPerfect</em> (voire paragraphe dédié ci-dessous), chez laquelle 90 % des flux professionnels passent désormais par l&rsquo;humain essentiellement pour de la correction, générant des emplois spécialisés pour valider l’intelligence artificielle, mais des emplois souvent sous-payés et instables.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h3 class="wp-block-heading">Elsevier et Aries Systems : une infrastructure évolutive pour préserver l’intégrité</h3>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;éditeur<em> Elsevier</em>, qui gère plus de cinq mille revues, intègre l’intelligence artificielle dans <em>Aries Systems</em> et <em>Editorial Manager</em> pour un filtrage avancé : analyse de similarités textuelles, détection de biais et collaboration avec <em>STM Hub</em> contre les usines à faux articles. Traitant onze mille soumissions par jour, ces outils allègent 70 % de la charge initiale. <em>ScienceDirect</em> produit des synthèses de littérature, mais la relecture demeure strictement humaine, excluant toute autonomie algorithmique. Cette forteresse hybride repose sur un affinement renforcé pour des disciplines objectives comme la chimie, via des ensembles de données certifiés. Le marché de l’édition scientifique, évalué à 19 milliards de dollars, voit l’intelligence artificielle capter 15 % de la croissance annuelle, avec des concurrents comme <em>Scholastica</em> ou <em>Morressier</em>. Cette croissance qui profite avant tout aux géants au détriment des petits acteurs et des experts indépendants.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h3 class="wp-block-heading">Côté prestataires d&rsquo;IA : l&rsquo;exemple de l&rsquo;indien Cactus Communications</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Fondée en 2002 à Mumbai, Cactus Communications rassemble plus de 3 000 experts en édition, traduction et intelligence artificielle à travers<em> Paperpa</em>l et <em>Editage</em>. L’entreprise s’est développée à l’international, avec des bureaux en Asie, en Europe et en Amérique, au service des chercheurs, éditeurs et sociétés savantes. Son réseau excède mille spécialistes par discipline, proposant des services hybrides comme <em>Paperpal Preflight</em> for <em>Editorial Desk</em>, intégré chez <em>Taylor &amp; Francis</em>, <em>Frontiers</em> ou <em>Aries Systems</em>, pour un filtrage algorithmique suivi de validation humaine. Cactus brille par son plaidoyer actif, en co-organisant des conférences et en façonnant les normes. En 2025, Editage coparraine la <em>Peer Review Weeks</em>, dont l&rsquo;édition 2025 a eu lieu en septembre dernier, avec l’Association européenne des éditeurs scientifiques, sous le thème « <em>Repenser la relecture à l’ère de l’intelligence artificielle ». </em> Roohi Ghosh, co-présidente du comité, plaide pour un partenariat humain-algorithme responsable d’ici 2030.<br>Cactus anime des débats comme l’<em>Ideathon</em> sur les solutions intelligentes, explorant l’appariement de relecteurs et les incitations. À la <em>Society for Scholarly Publishing</em> 2025 à Baltimore, son équipe dirige des sessions sur les flux éditoriaux intelligents et a remporté un prix. Des partenariats avec <em>SPIE</em> pour des formations en optique ou avec <em>STM</em> pour l’intégrité amplifient son impact.<br>Dans quelques jours en novembre 2025, Cactus réunira à Washington DC des leaders pour « <em>Réinventer l’édition avec la collaboration humain-intelligence artificielle</em> » dans le but de dissiper les appréhensions. Membre de STM depuis 2024, Cactus diffuse via blogs et webinaires l’hybridation. Sur LinkedIn, elle recrute des relecteurs et autres annotateurs indépendantspour corriger les données issus de l&rsquo;IA. Ce plaidoyer accélère  l’adoption de l’intelligence artificielle soi-disant sans sacrifice humain, mais c&rsquo;est une apparence car il masque souvent une dévalorisation du travail d&rsquo;expert.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Écosystème des prestataires d’intelligence artificielle : concurrence et alliances collectives</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà de Cactus, un marché dynamique propulse l’intelligence artificielle dans l’édition. <em>STM Integrity Hub</em>, coalition de 35 éditeurs, déploie <em>Papermill Alarm</em> avec 70 signaux partagés entre revues. <em>Clear Skies </em>attribue des notations de risque. Ces alliances échangent des ensembles de données anti-fraude. <em>Aries</em> intègre <em>Preflight</em> pour accélérer les rejets initiaux ; <em>Frontiers</em> associe son assistant à <em>Clear Skies</em> et <em>Cactus</em>. <em>Elsevier</em> domine via <em>Editorial Manager</em> mais coopère avec <em>STM</em>. Le secteur, valorisé à 19 milliards, bénéficie de 15 % de croissance liée à l’intelligence artificielle, avec <em>Morressier</em> ou <em>Scholastica</em>. Les offres d’emploi abondent : annotateurs chez Elsevier, affinement chez STM pour les sciences exactes ,des postes qui promettent l’innovation au pris de la précarisation des experts.</p>



<h3 class="wp-block-heading">TransPerfect : le prédateur qui a décimé la traduction, comme un avertissement pour la relecture scientifique</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Pour bien comprendre le destin probable de la relecture scientifique par les pairs, il faut se pencher sur l’histoirede TransPerfect, cette entreprise new-yorkaise fondée en 1992 par Phil Shawe et Liz Elting. Elle s’est imposée comme un prédateur impitoyable dans le monde de la traduction, avec un chiffre d’affaires dépassant le milliard de dollars. TransPerfect a été l’un des pionniers à exploiter massivement la traduction automatique neuronale dès les années 2010, intégrant des outils comme <em>Google Translate</em> et des moteurs propriétaires pour inonder le marché de traductions low-cost. Ce virage agressif a littéralement saccagé le métier : les tarifs par mot ont chuté de cinquante pour cent en une décennie, plongeant des milliers de traducteurs indépendants dans la précarité, les forçant à accepter des contrats ubérisés ou à quitter la profession. Des associations comme l’<em>American Translators Association </em>ont fustigé cette dévalorisation brutale, où la qualité humaine n’était plus qu’un luxe réservé aux clients fortunés, tandis que les erreurs culturelles et contextuelles proliféraient dans les traductions automatisées bon marché. TransPerfect, avec son modèle vorace, a externalisé massivement vers des pays à bas coûts, exploitant une main-d’œuvre sous-payée pour « p<em>ost-éditer</em> »  les sorties de ses machines d&rsquo;IA ; un euphémisme pour un travail ingrat de correction à la chaîne. Aujourd’hui, 90 % de ses projets passent par l&rsquo;édition post-machine, créant soi-disant 50 000 emplois spécialisés, mais en réalité des postes précaires, sans sécurité sociale ni reconnaissance syndicale, où les linguistes sont réduits à des correcteurs anonymes au service des algorithmes. L’entreprise fles forme via des plateformes internes, en les rémunérant au lance-pierre pour affiner les modèles sur des corpus propriétaires, enrichissant ainsi les actionnaires au détriment des créateurs. Ce modèle a conquis des géants comme Netflix en réduisant les délais, mais au prix d’une érosion éthique : pertes d’emplois massives, burnout généralisé et une qualité globale en berne pour les contenus non critiques. Appliqué à la relecture scientifique, TransPerfect sonne comme un avertissement : l’automatisation promet l’efficacité, mais risque de transformer les experts bénévoles en <em>gig workers</em> exploités, validant les analyses IA sur l’éthique et l’innovation pour un salaire de misère, tout en amplifiant les inégalités et les biais. TransPerfect n’a pas reconstruit le métier ; il l’a pillé pour mieux le monétiser, un scénario que la science doit éviter, mais cela paraît bien ardu.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Défis persistants : fraudes évolutives, biais algorithmiques et garde-fous éthiques impératifs</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Les défis de l’intelligence artificielle dans la relecture par les pairs sont profonds et touchent au cœur de l’intégrité scientifique. Les usines à faux articles (papermills) ont évolué, utilisant des modèles génératifs pour créer non seulement des textes falsifiés, mais aussi de faux rapports de relecture, infectant jusqu&rsquo;à près de 20 % des soumissions dans les conférences sur l’intelligence artificielle. Ces tromperies sophistiquées échappent souvent aux détecteurs, en mimant le style académique avec une précision troublante, sapant la confiance dans les publications. De plus, les biais algorithmiques représentent un danger systémique : des ensembles de données d’entraînement peu diversifiés pourraient accentuer les inégalités, privilégiant les travaux en anglais ou issus d’institutions occidentales, au détriment des perspectives émergentes du Sud global. Des études récentes indiquent que 20 % des rejets automatisés pourraient être fautifs pour cette raison, compromettant l’objectivité. Éthiquement, l’opacité des algorithmes pose la question de la responsabilité : qui répond d’une erreur mortelle sur une notice d&rsquo;utilisation d&rsquo;un médicament ou d&rsquo;un dispositif médical, ou la validation d&rsquo;un essai clinique biaisé voire à base de données fabriquées, la machine ou l’éditeur ? Les<em> National Institutes of Health</em> et le <em>Committee on Publication Ethics</em> bannissent l’intelligence artificielle pure pour les relectures, imposant des déclarations complètes et des audits indépendants. La contre-attaque s’articule autour de l’affinement par des experts humains, qui corrigent les modèles sur des corpus validés, et de régulations naissantes. Des propositions pour une loi sur la relecture intelligente aux États-Unis exigeraient des certifications éthiques et des tests de robustesse. <em>Cactus</em> et <em>STM</em> forment via guides et séminaires, en insistant sur la transparence. Ces mesures de sauvegarde peuvent transformer les risques en atouts : une intelligence artificielle auditée détecterait mieux les fraudes subtiles. Sans eux, la crédibilité s’effondrerait. L’hybridation pourrait ainsi renforcer la résilience&#8230; à condition de ne pas répéter les erreurs du secteur de la traduction.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Perspectives : une généralisation hybride sans disparition de l’humain</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Un horizon de deux à trois ans pour une massification de l’intelligence artificielle dans la relecture s’avère pertinent, comme le prouvent les avancées en cours et les projections du secteur. Ce mois-ci des outils comme l’assistant de Frontiers seront enrichis avec <em>Papermill Alarm</em> et <em>Preflight</em>, détectant les fraudes en routine, tandis que <em>PLOS</em> voit ses rejets initiaux algorithmiques atteindre 40 %. <em>STM Integrity Hub</em>, réunissant trente-cinq éditeurs, intègre des détecteurs de texte artificiel dès cette année, avec des groupes de travail visant une couverture inter-revues d’ici 2027-2028. Le <em>New England Journal of Medicine</em> rend des décisions en une semaine via son voie rapide, et<em> Springer Nature</em> a partagé son outil <em>Geppetto </em>au Hub en avril 2025. La Semaine de la relecture 2025 promeut un hybride responsable, Roohi Ghosh anticipant un filtrage dominant par intelligence artificielle dès la fin de la décennie. Le marché projette 70 % du triage algorithmique d’ici 2027-2028, extrapolation de pilotes en expansion et d’études du <em>Peer Review Congress</em>.<br>La disparition complète des relecteurs humains reste improbable avant une décennie, l’intelligence artificielle brillant dans le volume mais faillant à l’éthique ou à l’innovation. Comme pour la traduction, , la relecture scientifique par les pairs deviendra un métier hybride : experts affinant et auditant les modèles. Il faut tabler sur des régulations à définir qui ancreront l’humain au centre, pour une science fiable et des experts humains non dévalorisés ou précarisés. Un vœu pieu ?</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Illustration d&rsquo;en-tête : Andrea pour Science infused</em></p>



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		<title>« Immersion en médiation » épisode 3 &#8211; L&#8217;expert judiciaire désormais médiateur</title>
		<link>https://citizen4science.org/immersion-en-mediation-episode-3-lexpert-judiciaire-desormais-mediateur/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Fabienne Blum]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 28 Sep 2025 11:44:15 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Analyse]]></category>
		<category><![CDATA[Droit]]></category>
		<category><![CDATA[Expert]]></category>
		<category><![CDATA[Expertise]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
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					<description><![CDATA[Le décret n° 2025-660 du 18 juillet 2025 marque un pivot dans la procédure civile française, en posant l&#8217;instruction conventionnelle]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h2 class="wp-block-heading">Le décret n° 2025-660 du 18 juillet 2025 marque un pivot dans la procédure civile française, en posant l&rsquo;instruction conventionnelle comme règle et en intégrant les modes amiables de résolution des différends (MARL) au quotidien judiciaire. Les experts judiciaires, libérés de l&rsquo;interdiction de concilier, peuvent désormais faciliter des accords. Effective depuis le 1er septembre 2025, cette réforme pourrait déjudiciariser 20 à 30 % des litiges civils d&rsquo;ici 2030, selon le Conseil national des barreaux (CNB), en rendant la justice plus collaborative, accessible et centrée sur le dialogue.</h2>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2025/09/image-25.png"><img loading="lazy" decoding="async" width="752" height="1024" src="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2025/09/image-25-752x1024.png" alt="" class="wp-image-17345" srcset="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2025/09/image-25-752x1024.png 752w, https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2025/09/image-25-220x300.png 220w, https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2025/09/image-25-768x1046.png 768w, https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2025/09/image-25.png 946w" sizes="auto, (max-width: 752px) 100vw, 752px" /></a></figure>



<h3 class="wp-block-heading">Décret du 18 juillet 2025 : un socle pour une procédure civile réinventée</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Publié le 18 juillet 2025 et applicable dès le 1er septembre, le décret n° 2025-660 réorganise le Code de procédure civile (CPC) en unifiant les règles des MARL dans un titre dédié et en érigeant l&rsquo;instruction conventionnelle en principe directeur. Face à l&rsquo;engorgement des tribunaux, qui traitent plus de 2,5 millions d&rsquo;affaires civiles par an, cette réforme rend l&rsquo;instruction judiciaire subsidiaire, privilégiant les accords entre parties pour organiser les mesures d&rsquo;instruction, dont les expertises. Les articles 127 et suivants du CPC sont modifiés pour permettre aux justiciables et avocats de piloter le dossier sous supervision judiciaire, avec la désignation d&rsquo;un « technicien » – souvent un expert – de manière conventionnelle, sans recours immédiat au juge.</p><div id="citiz-3219735580" class="citiz-contenu citiz-entity-placement"><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-9064228701299411" crossorigin="anonymous"></script><ins class="adsbygoogle" style="display:block;" data-ad-client="ca-pub-9064228701299411" 
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<p class="wp-block-paragraph">Cette restructuration, issue des travaux d&rsquo;une commission sur la réforme civile de 2023, s&rsquo;inspire de modèles européens comme le Royaume-Uni, où les approches amiables ont réduit de 25 % les affaires civiles. En France, elle pourrait élever à 40 % la proportion de différends résolus sans audience, générant des économies et accélérant les délais actuels de 18 mois pour une expertise. Prospectivement, cela anticipe une justice proactive, où les MARL deviennent la norme, libérant les magistrats pour des enjeux sociétaux complexes comme les litiges environnementaux ou numériques.</p>



<h3 class="wp-block-heading">L&rsquo;évolution du rôle de l&rsquo;expert : de la neutralité à la facilitation optionnelle</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Traditionnellement, l&rsquo;expert judiciaire se limitait à un éclairage technique impartial, interdit de concilier par l&rsquo;article 240 du CPC depuis 1972, pour éviter toute apparence de biais. Le décret de 2025 abroge cette prohibition, autorisant l&rsquo;expert à proposer des solutions amiables, à rédiger des accords ou à orienter vers une médiation, transformant son rôle en un hybride technique et relationnel. Cependant, cette extension est facultative : l&rsquo;expert n&rsquo;est pas contraint d&rsquo;exercer ces fonctions conciliatrices dans ses missions. Il peut choisir de s&rsquo;en tenir à un rapport objectif, laissant la négociation aux parties ou au juge, particulièrement dans des cas sensibles où l&rsquo;impartialité prime.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette liberté préserve l&rsquo;essence du métier tout en ouvrant des voies nouvelles. Dans l&rsquo;immobilier ou la santé, où les expertises pèsent 30 % des dossiers, un expert pourrait diagnostiquer un vice et, s&rsquo;il le souhaite, faciliter un règlement partagé, évitant un procès. Prospectivement, cette option pourrait multiplier par deux les interventions amiables, réduisant les récidives de 50 % dans certains secteurs selon des modélisations du ministère de la Justice. Elle humanise la justice, passant de confrontations à des dialogues, mais pose des défis éthiques : sans garde-fous, comme l&rsquo;homologation judiciaire des accords, des conflits d&rsquo;intérêts pourraient émerger.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Modifications de l&rsquo;accès et de la formation : vers une expertise hybride avec chevauchements contrôlés</h3>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;accès à la fonction d&rsquo;expert judiciaire, régi par des listes annuelles des cours d&rsquo;appel, a été renforcé par un décret de 2023 exigeant une expérience minimale et une formation continue pour garantir la qualité des rapports. Le décret de 2025 ajoute une couche : pour ceux optant pour la conciliation, une formation à la médiation d&rsquo;au moins 40 heures est obligatoire, certifiée par des organismes agréés comme l&rsquo;Institut de médiation et d&rsquo;arbitrage. Cette exigence, applicable aux nouveaux inscrits et avec un délai jusqu&rsquo;en 2026 pour les actuels, n&rsquo;impose pas la formation à tous, mais seulement à ceux choisissant ce rôle élargi, évitant une surcharge pour les « puristes » techniques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un aspect pertinent émerge avec les chevauchements entre experts judiciaires et médiateurs : en France, certains professionnels sont inscrits sur les deux listes auprès des cours d&rsquo;appel – listes d&rsquo;experts pour les avis techniques, et listes de médiateurs pour la facilitation d&rsquo;accords volontaires, comme prévu par le décret de 2017 sur les médiateurs. Ce double enregistrement, géré par des entités comme la Compagnie nationale des experts de justice médiateurs (CNEJM), reflète une complémentarité : l&rsquo;expert apporte son savoir-faire technique à la médiation, mais les rôles diffèrent fondamentalement. L&rsquo;expert évalue et rapporte, tandis que le médiateur neutre guide sans décider, avec des garanties d&rsquo;impartialité strictes pour éviter les confusions. Avec la réforme, ce chevauchement pourrait s&rsquo;intensifier, créant des « experts-médiateurs » hybrides, mais des risques existent, comme un « mariage risqué » soulignant des tensions éthiques si le même individu alterne rôles dans une affaire. Prospectivement, cela pourrait professionnaliser les MARL, avec 5 000 experts formés d&rsquo;ici 2028, mais nécessite des protocoles clairs pour distinguer les missions et prévenir les abus.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Réactions des acteurs : soutien et vigilance pour une mise en œuvre équilibrée</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Les retours des professionnels, via le CNB et l&rsquo;Union syndicale des magistrats (USM), sont globalement positifs : le CNB voit des « opportunités » pour des expertises conventionnelles innovantes, tandis que l&rsquo;USM parle d&rsquo;une « révolution de l&rsquo;office du juge civil », transformant le magistrat en facilitateur. Les médiateurs, dans leur position du 10 septembre 2025, approuvent l&rsquo;encadrement de la médiation mais alertent sur la nécessité de distinctions claires entre rôles pour éviter les confusions. Des réserves émergent sur les inégalités : sans aide juridique renforcée, les parties modestes pourraient être désavantagées dans les négociations conventionnelles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Prospectivement, ces réactions appellent à une sensibilisation accrue, via des campagnes publiques, et un suivi annuel pour ajuster le décret, comme proposé par la commission de réflexion sur l&rsquo;expertise. Dans un horizon européen, la France pourrait exporter ce modèle hybride, influençant des directives sur les MARL.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Formation à la médiation : un levier pour une expertise éthique et prospective</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Bien que facultative pour la conciliation, la formation à la médiation devient un atout stratégique : elle équipe les experts pour intégrer l&#8217;empathie à l&rsquo;analyse, facilitant des accords durables dans des litiges comme les divorces ou commerciaux. Éthiquement, elle protège contre les biais, avec l&rsquo;homologation judiciaire comme garde-fou. Prospectivement, elle pourrait forger un corps d&rsquo;experts hybrides, alignés sur le plan Justice 2023-2027, réduisant les coûts sociétaux des conflits prolongés.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h4 class="wp-block-heading">Pour une justice apaisée, avec des défis à surmonter</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Cette réforme de l&rsquo;expertise judiciaire, ajoutant une corde médiatrice à leur arc, promeut l&rsquo;amiable maximal permettant d&rsquo;alléger les tribunaux et de valoriser les experts comme pivots du dialogue. Elle pourrait inspirer, mais son succès dépend d&rsquo;une appropriation inclusive moyennant une formation solide à la médiation. À terme, elle envisage une société moins litigieuse, où la justice anticipe plutôt que répare, pour un système plus efficace à l&rsquo;horizon 2030.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Image d&rsquo;en-tête : Katrin Bolovtsova</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



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		<title>Éditorial &#8211; 15/04/2025</title>
		<link>https://citizen4science.org/editorial-15-04-2025/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Fabienne Blum]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 15 Apr 2025 12:41:46 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[#MeeToo]]></category>
		<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Criminologie]]></category>
		<category><![CDATA[Editorial]]></category>
		<category><![CDATA[Expertise]]></category>
		<category><![CDATA[Science]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[Science face aux médias et à la justice : de l’ombre à la vérité sur le meurtre de Marie Trintignant]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h1 class="wp-block-heading">Science face aux médias et à la justice : de l’ombre à la vérité sur le meurtre de Marie Trintignant perpétré par Bertrand Cantat</h1>



<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">LL documentaire &lsquo;<em>De rockstar à tueur : le cas Cantat</em>&lsquo;, disponible sur Netflix, ravive le souvenir douloureux du meurtre de la comédienne Marie Trintignant en 2003 par l’ex-leader du groupe de rock français Noir Désir. Si le mouvement #MeToo a transformé notre compréhension des violences conjugales, c’est avant tout l’expertise médico-légale qui a permis de démonter la thèse de l’accident défendue par Betrand Cantat, révélant la brutalité et l&rsquo;horreur de ce féminicide. Mais au-delà de la science, le traitement médiatique et les décisions judiciaires ont complexifié, voire entravé, la quête de justice. À l’époque, l’autopsie de Marie Trintignant constitue un tournant. Dix-neuf coups, principalement au visage maintenu à terre par le genou comprimant au sol le cou de la victime, fractures nasales, œdème cérébral : les conclusions des médecins légistes, détaillées dans le documentaire, pulvérisent le récit de Cantat, qui évoque une dispute, des « <em>gifles</em> » et une chute accidentelle contre un radiateur, scénario inventée qu&rsquo;il a maintenu avec aplomb lors de la reconstitution. Ces preuves scientifiques, froides et irréfutables, établissent une violence extrême, incompatible avec un dérapage. Sans elles, la vérité aurait pu sombrer dans l’ambiguïté des témoignages ou la célébrité de l’accusé, mais aussi le traitement médiatique qui a substitué la vraie victime, au profit de celle plus vendeuse d&rsquo;un héros victime de ses pulsions. Le film montre ainsi comment l’expertise médico-légale, en posant des faits incontestables, a forcé la reconnaissance d’un meurtre, même face à une société encore réticente à nommer les féminicides. Les médias de l’époque ont souvent brouillé les pistes. Une partie de la presse, fascinée par le charisme de Cantat, a surfé sur la rhétorique du « <em>crime passionnel</em>« . On dépeignait un artiste torturé, victime de son amour dévorant, presque romantique dans sa tragédie. Marie Trintignant, elle, disparaissait derrière ce récit, réduite à un rôle secondaire dans une histoire centrée sur son bourreau. Ce cadrage, largement critiqué dans le documentaire, a non seulement minimisé la gravité des faits, mais aussi influencé l’opinion publique, préparant le terrain à une indulgence judiciaire problématique. Car la justice, elle aussi, a failli. Condamné à huit ans de prison alors qu&rsquo;il en risquait quinze, Bertrand Cantat n’en purge que quatre, libéré en 2007 par le juge des peines. En avril 2025, ce dernier, dans une rare prise de parole médiatique, a exprimé ses regrets, admettant que sa décision, influencée par le contexte et la pression publique, avait été une erreur. Le documentaire souligne l’ampleur de cette clémence : pour un crime d’une telle violence, une peine de quinze ans aurait été plus conforme à la gravité des faits. Cette libération prématurée a choqué, ravivant la douleur de la famille Trintignant et envoyant un message troublant sur la valeur accordée à la vie des femmes victimes de violences. Cette indulgence, conjuguée au traitement médiatique, a contribué à une forme d’effacement de la victime, laissant Cantat reprendre une carrière en toute indécence. Le mouvement  #MeToo a depuis permis de nommer ces dérives, de déconstruire les mythes du crime passionnel et d’exiger des comptes. Mais sans l’expertise médico-légale, la vérité aurait pu être engloutie par les récits romancés et les silences complices, comme l&rsquo;omerta fomentée par les membres du groupe Noir Désir dans laquelle a été happée l&rsquo;ex-femme de Cantat, elle-même victime de ses violences de longue date, qui finit par se suicider.  « <em>De rockstar à tueur ! le cas Cantat » </em> ne se contente pas de retracer un drame : il expose les rouages d’une affaire où la science a tenu tête aux biais culturels et médiatiques ainsi qu&rsquo;à l&rsquo;omerta. En 2025, il nous rappelle que la justice se doit de reposer sur des faits, et que l’expertise médico-légale peut s&rsquo;avérer un rempart contre l’oubli des victimes. Pour Marie Trintignant, elle a permis de nommer l’horreur.</p><div id="citiz-2907463936" class="citiz-contenu citiz-entity-placement"><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-9064228701299411" crossorigin="anonymous"></script><ins class="adsbygoogle" style="display:block;" data-ad-client="ca-pub-9064228701299411" 
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<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph"></p>



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<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph"></p>



<figure class="wp-block-image size-full"><a href="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2025/04/image-37.png"><img loading="lazy" decoding="async" width="343" height="394" src="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2025/04/image-37.png" alt="" class="wp-image-16607" srcset="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2025/04/image-37.png 343w, https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2025/04/image-37-261x300.png 261w" sizes="auto, (max-width: 343px) 100vw, 343px" /></a><figcaption class="wp-element-caption"><em>Une de Paris Match  n° 2828 7 Août 2023 </em></figcaption></figure>



<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Image d&rsquo;en-tête : Marie Trintignant &#8211; capture d&rsquo;image du documentaire Netflix<br></em><br></p>



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		<item>
		<title>« Médiation linguistique » : un concept nouveau pour confirmer que la traduction est l&#8217;art de la connexion et de la médiation</title>
		<link>https://citizen4science.org/mediation-linguistique-un-concept-nouveau-pour-confirmer-que-la-traduction-est-lart-de-la-connexion-et-de-la-mediation/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Fabienne Blum]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 02 Apr 2025 14:30:15 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Expert]]></category>
		<category><![CDATA[Expertise]]></category>
		<category><![CDATA[Linguistique]]></category>
		<category><![CDATA[Médiation]]></category>
		<category><![CDATA[Traduction]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://citizen4science.org/?p=16478</guid>

					<description><![CDATA[Médiation linguistique, traduction-médiation, traducteur-médiateur&#8230;. des termes apparus récemment en lien avec les politiques migratoires, qui rappellent l&#8217;essence même d&#8217;une traduction]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading">Médiation linguistique, traduction-médiation, traducteur-médiateur&#8230;. des termes apparus récemment en lien avec les politiques migratoires,  qui rappellent l&rsquo;essence même d&rsquo;une traduction de qualité</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans un monde globalisé où les échanges transcendent les frontières, la traduction ne se résume plus à un transfert de mots. Elle exige de saisir des cultures, des contextes et des intentions, voire plus techniquement, des normes et des régulations. La médiation linguistique transforme le traducteur en passeur de sens, voire d&rsquo;exigences. La médiation linguistique est-elle dès lors un concept nouveau, une catégorie à part, ou simplement ce que tout bon professionnel de la traduction fait déjà ? Plongée dans un métier où les mots ne suffisent certainement pas.</p><div id="citiz-1364841533" class="citiz-contenu citiz-entity-placement"><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-9064228701299411" crossorigin="anonymous"></script><ins class="adsbygoogle" style="display:block;" data-ad-client="ca-pub-9064228701299411" 
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<h3 class="wp-block-heading">Origine du concept</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le concept de médiation linguistique commence à se structurer dans les années 1990 et 2000, en parallèle avec l’évolution des politiques migratoires et des approches éducatives en Europe. Il trouve une formalisation notable dans le Cadre européen commun de référence pour les langues (CECRL), publié en 2001 par le Conseil de l’Europe. Le CECRL introduit la médiation comme une compétence langagière clé, définie comme une activité permettant de reformuler, traduire ou interpréter un message pour faciliter la communication entre des parties qui ne partagent pas la même langue ou le même registre culturel. Cette définition met l’accent sur la médiation comme un outil pour surmonter les barrières linguistiques et culturelles, en particulier dans des contextes où des individus doivent interagir avec des systèmes ou des interlocuteurs qu’ils ne maîtrisent pas encore pleinement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On s&rsquo;en doute cependant : la pratique de la médiation linguistique est bien plus ancienne et informelle. Historiquement, dans les contextes de migration ou de contact entre cultures, des individus bilingues ou multilingues ont toujours joué un rôle d’intermédiaire. Par exemple, dans les empires coloniaux ou lors des grandes vagues migratoires du 19e et 20e siècles, des membres de communautés migrantes, souvent des enfants ou des personnes ayant acquis la langue du pays d’accueil, servaient de traducteurs informels pour leurs familles ou leurs pairs. Ce rôle, bien que non formalisé, préfigure ce qu’on appelle aujourd’hui la médiation linguistique.</p>



<h3 class="wp-block-heading">En Europe : l&rsquo;intégration des migrants comme catalyseur</h3>



<p class="wp-block-paragraph">La médiation linguistique est profondément liée au phénomène de l’intégration des migrants, et son développement conceptuel coïncide avec un regain d’intérêt pour les questions d’intégration linguistique à partir des années 2000. Avec la diversification des flux migratoires en Europe, notamment après la chute du mur de Berlin en 1989 et les conflits des années 1990 (comme ceux des Balkans), les sociétés d’accueil ont été confrontées à une hétérogénéité linguistique croissante. Les migrants, souvent non francophones ou non anglophones selon les pays, devaient interagir avec des administrations, des services de santé, des écoles ou des employeurs dans des langues qu’ils ne maîtrisaient pas encore. Cela a mis en évidence le besoin d’un soutien linguistique et culturel pour faciliter leur insertion sociale et professionnelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Conseil de l’Europe, à travers des initiatives comme le programme Intégration Linguistique des Migrants Adultes (ILMA), a joué un rôle clé dans la promotion de la médiation linguistique comme outil d’intégration. Par exemple, un document de 2016 du Conseil de l’Europe souligne que la médiation est essentielle pour les migrants, car elle leur permet de surmonter des obstacles liés à des différences linguistiques, terminologiques ou culturelles, comme comprendre les démarches administratives ou les normes sociales du pays d’accueil. La médiation peut être formelle (via des interprètes professionnels ou des formations linguistiques) ou informelle (via des membres de la communauté migrante ou des bénévoles).</p>



<h3 class="wp-block-heading">En France, une impulsion de l&rsquo;État</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Dans notre pays,  la médiation linguistique s’inscrit depuis l&rsquo;émergence du concept dans une conception de l’intégration qui privilégie une relation directe entre l’État et l’individu, plutôt qu’un modèle communautariste. Depuis les années 2000, des dispositifs comme le Contrat d’Accueil et d’Intégration (CAI, devenu Contrat d’Intégration Républicaine en 2016) ont intégré des formations linguistiques et des actions de médiation pour aider les migrants à naviguer dans leur nouvel environnement. Des chercheurs, comme ceux réunis lors du colloque de l’Université d’Artois en 2008 sur Langue et Intégration socioprofessionnelle, ont également mis en lumière l’importance de la médiation pour répondre aux besoins spécifiques des migrants, notamment dans le milieu professionnel.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Au-delà des mots : un pont entre les mondes et les cultures</h3>



<p class="wp-block-paragraph">La médiation linguistique connecte des réalités. Un migrant face à un médecin dans un pays inconnu a besoin d’un traducteur qui adapte et reformule pour que le dialogue vive. Pour un texte, comme un contrat ou un article journalistique, le traducteur ajuste les concepts afin qu’ils parlent à une autre culture. Ce n’est pas juste de la fidélité au texte, mais une négociation du sens, en contexte de l&rsquo;univers et des références du destinataire ciblé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un texte vit dans un contexte. « <em>Il pleut des cordes</em> » devient absurde en anglais (« it rains ropes ») sans adaptation ; inversement, un Français rirait de « <em>It’s raining cats and dogs</em> » traduit par « <em>il pleut des chats et des chiens</em> ». Dans le domaine pharmaceutique, les pièges guettent tout autant : « <em>paracetamol</em>« , bien connu en Europe, est aussi « <em>acetaminophen</em> » en contexte américain, mais si un traducteur le traduit de façon littérale par « <em>acétaminophène</em> » en français, il perd son public ; personne en France à part les professionnels de santé ne comprennent ce terme, malgré sa technicité « chimiquement » correcte et le fait que les deux noms désignent exactement la même molécule. Dans des domaines spécialisés, cet art devient subtil. Le traducteur comprend les attentes du public et les normes locales. Autre exemple par mi de très nombreux dans le domaine médical : « <em>test</em> » se traduit en français selon le contexte : « test » ou analyse(s) ». Sans l&rsquo;expertise en la matière, le sens peut s’effondrer, ou bien être décrédibilisé ou avoir de graves conséquences, surtout en santé;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Pas une spécialité, juste le métier ?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Si la médiation linguistique semble une compétence distincte, elle n’est peut-être que l’essence du professionnalisme en traduction. Tout bon traducteur adapte sa traduction à la cible. Ajouter une couche de  « médiation » peut sembler artificiel : c’est simplement ce qui fait un traducteur digne de ce nom. D&rsquo;une façon générale, un médiateur linguistique doit être un bon « traducteur », car son rôle exige de transposer fidèlement un message d’une langue à une autre tout en l’adaptant au contexte culturel et aux besoins des interlocuteurs. Sans une maîtrise approfondie des langues et des nuances, et pour les sujets techniques, l&rsquo;expertise en la matière traduite,  il ne peut combler les écarts linguistiques et sociaux. Inversement, un traducteur professionnel est nécessairement un médiateur : il ne se contente pas de traduire mot à mot, mais ajuste les références culturelles voire réglementaires. Traduire, c’est déjà médier.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Image d&rsquo;en-tête : Andrea pour Science infused</em></p>



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		<title>Expertise et experts &#8211; épisode 6 : le patient peut-il être expert de sa maladie ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Fabienne Blum]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 11 Jan 2025 14:14:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Droit de la santé]]></category>
		<category><![CDATA[Esprit critique]]></category>
		<category><![CDATA[Éthique]]></category>
		<category><![CDATA[Expert]]></category>
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					<description><![CDATA[Cette question mérite dans notre série qui traite régulièrement du dévoiement de la notion et de la qualification d&#8217;expert ;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h3 class="wp-block-heading">Cette question mérite dans notre série qui traite régulièrement du dévoiement de la notion et de la qualification d&rsquo;expert ; deux phénomènes contribuent au risque dans le cas des patients et de leur maladie : les patients avec statut de « patient expert » dans certaines instances et les patients auto-proclamés experts sur internet</h3>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h2 class="wp-block-heading">Évolution de la relation patient-médecin</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les statuts respectifs du médecin et du patient ont bien évolué.  Au fil du temps et depuis le siècle dernier, le médecin descend de son piédestal de « grand sachant » qui assène le diagnostic au patient, dans les temps les plus reculés sans même expliquer sa « sentence ». Dans la droite ligne, nous avons eu plus tard la médecine paternaliste, le médecin faisant figure de patriarche, les patients faisant figures d&rsquo;enfants qui obéissent aux directives du médecin. Cet esprit perdure encore parfois, particulièrement en France ou le lobby médical est très puissant, assis sur des privilèges d&rsquo;antan qui s&rsquo;effritent  dans le monde moderne.</p><div id="citiz-4130432519" class="citiz-contenu citiz-entity-placement"><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-9064228701299411" crossorigin="anonymous"></script><ins class="adsbygoogle" style="display:block;" data-ad-client="ca-pub-9064228701299411" 
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<h2 class="wp-block-heading">Le cas de la recherche médicale avec la Déclaration d&rsquo;Helsinki</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La recherche médicale impliquant des patients, appelée recherche clinique, a elle aussi beaucoup changé pour se recentrer vers les patients et leurs droits et non uniquement les chercheurs et leurs problématiques propres. Au siècle dernier, le procès de Nuremberg après la Seconde guerre mondiale, a dévoilé les horreurs de l&rsquo;expérimentation  sur l&rsquo;homme dans les camps de concentration, menées par des médecins tortionnaires. Il a fait naître en 1964 la <a href="https://www.wma.net/wp-content/uploads/2024/05/DoH-Jun-1964_F.pdf">Déclaration D&rsquo;Helsinki</a>, adoptée lors de la 18e Assemblée médicale mondiale à Helsinki en Finlande.<br>Elle fixe des principes de respect des personnes se livrant aux expérimentations, la nécessité d&rsquo;une éthique fondée sur la nécessité de recherches utiles, avec une notion de bénéfices raisonnablement attendus obligatoire pour la finalité de la recherche et la prise en compte des risques encourus par les sujets. Elle fixe la règle de leur <em>consentement éclairé</em> préalable et obligatoire de toute personne qui se soumet à des expérimentations médicales. Cette déclaration a </p>



<h3 class="wp-block-heading">Mouture 2024 de la Déclaration d&rsquo;Helsinki</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le document a été révisé sept fois depuis lors, tenant compte de l&rsquo;évolution de la recherche médicale et de l&rsquo;évolution de la société. La mouture 2024 apporte à notre avis deux éléments remarquables. En lien direct avec notre sujet, le changement de vocable pour nommer les personnes qui se prêtent à la recherche médicale : jusqu&rsquo;ici on parlait de « patients » (et de « sujets » pour les volontaires sains). Désormais, la Déclaration d&rsquo;Helsinki parle de « participants ». Cette modification peut paraître symbolique, mais elle traduit bien la notion de participation plutôt de statut de patient soumis au médecin en charge de mener la recherche.  En se débarrassant de cette relation médecin-patient connoté de soumission du moins historiquement, on l&rsquo;a vu, on donne au patient le statut d&rsquo;acteur d&rsquo;une recherche participative. Il devient ainsi partenaire du médecin chercheur pour faire évoluer les connaissances scientifiques, dans une relation bien plus horizontale que verticale. D&rsquo;ailleurs, les protocoles de recherche clinique font désormais toujours état des devoirs (dans le cadre d&rsquo;une étude clinique) et des droits des participants, comme en ont également les médecins de recherche clinique. La science participative (<em>Citizen Science </em>en anglais) est ainsi revendiquée et les rôles de chacun en recherche rééquilibrés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;autre point de modification significatif ne sera que cité car non lié au présent sujet directement : il s&rsquo;agit d&rsquo;appuyer l&rsquo;importance pour la recherche et pour l&rsquo;éthique de pouvoir réutiliser les échantillons de matériel biologique prélevé auprès des participants pour la recherche future. Ainsi, si le participant y consent dans son consentement éclairé, ce matériel, soigneusement rendu anonyme pourra être réutilisé ultérieurement hors cadre de l&rsquo;étude en question. On comprend très bien la problématique : se limiter à « l&rsquo;usage unique » d&rsquo;un prélèvement biologique serait une certaine forme de gâchis, et donc contrevenant à l&rsquo;éthique de la recherche . Cette pratique est largement en vigueur depuis des années, la Déclaration d&rsquo;Helsinki vient donc entériner cette pratique sur le principe.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h2 class="wp-block-heading">Le « patient expert » dans les instances sanitaires</h2>



<p class="wp-block-paragraph">De fait, la voix des patients est de plus en plus écouté et comme pour la recherche médicale, ils deviennent de vrais participants qui sont partie prenante des débats dans la société civile, les autorités sanitaires et à l&rsquo;hôpital. La loi Kouchner sur le droit des malades a favorisé cette dynamique, tout comme les associations de patients. Elle participe de ce qu&rsquo;on appelle la démocratie sanitaire : la santé est un bien de l&rsquo;humanité, elle n&rsquo;appartient pas aux soignants. Les usagers du système de santé, dont les patients, sont donc de plus en plus représentés dans tous les mouvements et initiatives qui traitent de lui en tant qu&rsquo;individu et membre d&rsquo;une communauté de malades. Toutefois, nous voyons ici une erreur dans cette appellation de « patient expert ». Le patient n&rsquo;est pas l&rsquo;expert de sa maladie, il en est la victime évidemment, mais aussi le témoin. L&rsquo;expert est par principe indépendant. Or le témoin n&rsquo;est par définition pas indépendant. On connaît aussi la valeur du témoignage en science : elle est précieuse, mais biaisée. Il faut la prendre en tant que tel, c&rsquo;est une expérience personnelle, une expérience de vécu de la maladie. À ce titre, aussi intense et instructive soit-elle, on ne saurait la confondre avec une quelconque expertise de la maladie. En outre, le patient n&rsquo;est pas un professionnel de santé, il a l&rsquo;expérience de la vie avec sa maladie mais en aucun cas les compétences du professionnel de santé. Bien sûr, il peut acquérir de nombreuses connaissances techniques sur sa maladie, et il sera à ce titre, au fil du temps, expérimenté sur beaucoup d&rsquo;aspects de sa maladie ; mais toujours pas expert médical comme peut le faire croire une appellation d&rsquo;expert. Il est donc fâcheux de confondre expérience personnelle et expertise. On ne saurait trop conseiller aux instances et organisations concernées de revoir cette appellation,  en remplaçant « patient expert » par un autre terme, comme par exemple « patient partenaire », à savoir partenaire de toute initiative collaborative portant sur son statut de patient ou ayant trait à sa maladie. Il n&rsquo;y a là aucune minimisation du rôle précieux des patients mais le souhait de ne pas dévoyer la notion d&rsquo;expertise, avec tous le dangers que cela comporte.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le patient expert auto-proclamé</h2>



<p class="wp-block-paragraph"> Dévoyer un terminologie peut amener des dérives sur le concept qu&rsquo;elle porte et ici, en santé, une imposture porteuse de dangers. Au-delà de l&rsquo;appellation « patients experts » qui est attribué dans un cadre précis de collaboration à des initiatives officielles, les experts auto-proclamés en santé pullulent sur les réseaux sociaux. On a déjà eu l&rsquo;occasion d&rsquo;en parler dans des articles précédents de la série « Expertise &amp; Experts ». Une technique classique est le dévoiement du titre de docteur en sciences non médicales pour se faire passer pour un docteur qui soigne. Mais il existe aussi des patients qui se proclament, ou jouent les experts de leur maladie sur les réseaux sociaux. « C&rsquo;est moi le mieux placé pour en parler » justifient certains, ou bien « j&rsquo;en connais au moins voire plus que les médecins » pour en avoir consulté plusieurs. Et bien sûr, le sempiternel « j&rsquo;ai fait mes propres recherches » sur internet. Encore une fois, il est hors de question ici de minimiser l&rsquo;importance du vécu des patients. À l&rsquo;heure des déserts médicaux, qui conduit parfois à l&rsquo;errance médicale, il est clair que certains patients sont confrontés à un parcours long pour leur prise en charge, qui démultiplie l&rsquo;expérience. Encore une fois, ce n&rsquo;est pas une expertise, mais un vécu, une expérience, aussi intense soit-elle. Sur les réseaux sociaux, on voit ainsi des patients deviser sur leur maladie et donner des conseils « médicaux » sur la prise en charge médicale, les mécanismes de la maladie, les traitements, et bien d&rsquo;autres considérations encore d&rsquo;autre médical. La motivation peut être le besoin de reconnaissance mais parfois, il est aussi financier. Certains individus vont jusqu&rsquo;à monnayer leurs conseils et proposer des formations ou traitements.<br>L&rsquo;appellation d&rsquo;expert se doit donc d&rsquo;être protégée et utilisée à bon escient, afin de ne pas donner d&rsquo;outils supplémentaires à l&rsquo;imposture des faux experts, à la faveur d&rsquo;une appellation d&rsquo;expert erronée.  </p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Expertises revendiquées : Fabienne Blum est docteur en pharmacie et juriste en droit de la santé avec une longue expérience opérationnelle de recherche clinique, des Bonnes Pratiques Cliniques et de l&rsquo;Éthique de la recherche médicale en France, Europe et États-Unis.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Illustration d&rsquo;en-tête : Andrea pour Science infused</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h2 class="wp-block-heading">Pour aller plus loin&#8230;consultez notre série « Expertises &amp; Experts »</h2>



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		<title>Diagnostic médical : les médecins battus à plate couture par ChatGPT, révèle une étude scientifique récente ; elle montre également que les médecins ne savent pas exploiter l&#8217;IA quand elle est mise à leur service</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Nathalie A.]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 23 Nov 2024 21:45:42 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
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		<category><![CDATA[Mésusage]]></category>
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					<description><![CDATA[Les médecins voués à être remplacés par l&#8217;intelligence artificielle (IA) et ses robots conversationnels (« chatbots ») ? Sur leur compétence essentielle,]]></description>
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<h3 class="wp-block-heading">Les médecins voués à être remplacés par l&rsquo;intelligence artificielle (IA) et ses robots conversationnels (« chatbots ») ? Sur leur compétence essentielle, le diagnostic, une étude clinique originale donne de résultats sans appel malgré la petite taille de l&rsquo;échantillon : ChatGPT s&rsquo;est révélé bien plus fiable que les médecins humains sur les rapports de cas médicaux présentés au professionnel et à la machine d&rsquo;Open AI. Inquiétant aussi : les médecins ne s&rsquo;en sortent pas mieux quand l&rsquo;outil d&rsquo;IA est mis à leur service.</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Note introductive de la Rédaction : <em>Afin de ne pas en perdre une miette et à des fins éducatives sur la méthodologie de la recherche clinique, et pour ceux qui ont le goût du détail et de la littérature scientifique, nous vous proposons en exclusivité la traduction française complète (hors références) de l&rsquo;article scientifique (en anglais), résumé inclus, paru récemment dans la revue médicale JAMA Netw Open. Ces résultats font réfléchir sur le récent état des lieux mené par la Haute autorité de santé (HAS) concernant les erreurs de diagnostic des médecins français. Les auteurs de l&rsquo;étude e concluent-ils que l&rsquo;iA doit être incluse dans la pratique diagnostique pour les orienter ? Même pas, car, à la surprise de beaucoup, elle ne montre aucun performance diagnostique améliorée pour les médecins aidés par ChatGPT. Dans ces conditions, faut-il envisager un futur ou les médecins seront tout au plus les assistants des IA médicales ? La question est sérieus</em>e.</p><div id="citiz-1080159496" class="citiz-contenu citiz-entity-placement"><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-9064228701299411" crossorigin="anonymous"></script><ins class="adsbygoogle" style="display:block;" data-ad-client="ca-pub-9064228701299411" 
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<h2 class="wp-block-heading">Influence d&rsquo;un grand modèle de langage sur le raisonnement diagnostique &#8211; Essai clinique randomisé (titre original : « <em>Large Language Model Influence on Diagnostic ReasoningA Randomized Clinical Trial</em>« </h2>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Auteurs : </strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Ethan</strong>&nbsp;<strong>Goh</strong>,&nbsp;MBBS, MS (Stanford University); Robert&nbsp;Gallo,&nbsp;MD (VA Palo Alto Health Care System) ; Jason&nbsp;Hom,&nbsp;MD (Stanford University School of Medicine); et al</p>



<h2 class="wp-block-heading">Points clés </h2>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Question</strong> : L&rsquo;utilisation d&rsquo;un modèle de langage étendu (LLM) améliore-t-elle la performance du raisonnement diagnostique chez les médecins généralistes, de médecine interne ou de médecine d&rsquo;urgence par rapport aux ressources conventionnelles ?</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Résultats</strong> : Dans un essai clinique randomisé incluant 50 médecins, l&rsquo;utilisation d&rsquo;un LLM n&rsquo;a pas amélioré de manière significative la performance du raisonnement diagnostique par rapport à la disponibilité de ressources conventionnelles.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Signification :</strong> Dans cette étude, l&rsquo;utilisation d&rsquo;un LLM n&rsquo;a pas nécessairement amélioré le raisonnement diagnostique des médecins au-delà des ressources conventionnelles ; un développement supplémentaire est nécessaire pour intégrer efficacement les LLM dans la pratique clinique.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Résumé</h2>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Importance</strong> : Les grands modèles de langage (Large Language Models, LLMs) se sont révélés prometteurs dans leurs performances sur les examens de raisonnement médical à choix multiples et à questions ouvertes, mais on ne sait toujours pas si l&rsquo;utilisation de ces outils améliore le raisonnement diagnostique des médecins.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Conception, cadre et participants </strong>: Un essai clinique randomisé en simple aveugle a été mené du 29 novembre au 29 décembre 2023. Des médecins formés en médecine générale, médecine interne ou médecine d&rsquo;urgence ont été recrutés par vidéoconférence à distance et en personne dans plusieurs établissements médicaux universitaires.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Objectif </strong>: Évaluer l&rsquo;effet d&rsquo;un LLM sur le raisonnement diagnostique des médecins par comparaison avec les ressources conventionnelles.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Intervention</strong> : Les participants ont été randomisés [répartis au hasard, NDLR] pour accéder soit au LLM en plus des ressources diagnostiques conventionnelles, soit aux ressources conventionnelles uniquement, en fonction de leur stade de carrière. Les participants disposaient de 60 minutes pour examiner jusqu&rsquo;à 6 vignettes cliniques.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Résultats et mesures principau</strong>x : Le résultat principal était la performance sur une grille standardisée de performance diagnostique basée sur la précision du diagnostic différentiel, la pertinence des facteurs de soutien et d&rsquo;opposition, et les étapes suivantes de l&rsquo;évaluation diagnostique, validées et l&rsquo;objet d&rsquo;un score par un consensus d&rsquo;experts en aveugle. Les résultats secondaires comprenaient le temps passé par cas (en secondes) et la précision du diagnostic final. Toutes les analyses ont suivi le principe de l&rsquo;intention de traiter. Une analyse exploratoire secondaire a évalué la performance autonome du LLM en comparant les résultats primaires entre le groupe LLM seul et le groupe de ressources conventionnelles.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Résultats</strong> : Cinquante médecins (26 titulaires, 24 résidents ; années médianes de pratique, 3 [IQR (écart intercartile, NDLR), 2-8]) ont participé virtuellement ainsi qu&rsquo;à un site en personne. Le score médian de raisonnement diagnostique par cas était de 76&nbsp;% (IQR, 66%-87%) pour le groupe LLM et de 74&nbsp;% (IQR, 63&nbsp;%-84&nbsp;%) pour le groupe ressources conventionnelles uniquement, avec une différence ajustée de 2 points de pourcentage (IC à 95&nbsp;%, -4 à 8 points de pourcentage ; P = 0,60). Le temps médian passé par cas pour le groupe LLM était de 519 (IQR, 371-668) secondes, comparé à 565 (IQR, 456-788) secondes pour le groupe des ressources conventionnelles, avec une différence de temps de -82 (IC à 95&nbsp;%, -195 à 31 ; P = 0,20) secondes. Le LLM seul a obtenu 16 points de pourcentage (IC à 95&nbsp;%, 2-30 points de pourcentage ; P = 0,03) de plus que le groupe des ressources conventionnelles.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Conclusions et pertinence</strong> : Dans cet essai, la mise à disposition d&rsquo;un LLM aux médecins en tant qu&rsquo;aide au diagnostic n&rsquo;a pas amélioré de manière significative le raisonnement clinique par rapport aux ressources conventionnelles. Le LLM seul a démontré une performance supérieure à celle des deux groupes de médecins, ce qui indique la nécessité de développer la technologie et la main-d&rsquo;œuvre pour réaliser le potentiel de la collaboration entre les médecins et l&rsquo;intelligence artificielle dans la pratique clinique.</p>



<h2 class="wp-block-heading">INTRODUCTION</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les erreurs de diagnostic sont fréquentes, contribuent à causer un préjudice important aux patients et résultent d&rsquo;une combinaison de facteurs cognitifs et systémiques. Les interventions efficaces visant à améliorer la performance diagnostique et à réduire les erreurs diagnostiques nécessitent de se concentrer à la fois sur les facteurs systémiques et les facteurs cognitifs, souvent appelés raisonnement clinique. Les stratégies qui ont été avancées pour améliorer le raisonnement clinique comprennent une variété de pratiques éducatives, réflexives et d&rsquo;équipe, ainsi que des outils d&rsquo;aide à la décision clinique. L&rsquo;impact de ces interventions a été limité ; en outre les méthodes les plus utiles telles que la pratique réflexive sont difficiles à intégrer à grande échelle d&rsquo;un point de vue clinique. Les technologies d&rsquo;intelligence artificielle (IA) sont depuis longtemps considérées comme des outils prometteurs pour aider les médecins à raisonner en matière de diagnostic.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les grands modèles de langage (LLM), qui sont des systèmes d&rsquo;apprentissage machine qui produisent des réponses semblables à celles de l&rsquo;homme à partir du langage écrit, ont démontré leur capacité à résoudre des cas complexes, à faire preuve d&rsquo;un raisonnement clinique semblable à celui de l&rsquo;homme, à recueillir les antécédents des patients et à faire preuve d&rsquo;une communication empathique. En raison de leur nature généralisable, les LLM sont activement intégrés dans de nombreux environnements de soins médicaux. Malgré les performances impressionnantes de ces technologies émergentes dans les tâches d&rsquo;étalonnage, les intégrations actuelles des LLM nécessitent la participation humaine, le LLM augmentant plutôt que remplaçant l&rsquo;expertise et la supervision humaines. Pour comprendre les implications du déploiement de ces systèmes dans les soins aux patients avec une formation et une intégration limitées de la main-d&rsquo;œuvre, il faut des études sur les utilisateurs humains et informatiques avec des mesures plus riches du raisonnement diagnostique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous avons réalisé un essai clinique randomisé pour comparer la performance du raisonnement diagnostique des médecins utilisant un agent conversationnel ( <em>chatbot</em>)  du commerce LLM AI (ChatGPT Plus [GPT-4] ; OpenAI) par rapport aux ressources diagnostiques conventionnelles (par ex. UpToDate, Google). De nombreuses études sur les performances diagnostiques n&rsquo;évaluent que des mesures superficielles de la précision sans prêter attention à la qualité du processus diagnostique utilisé pour parvenir à ce diagnostic. Pour mieux évaluer la façon dont les nouveaux outils affectent le raisonnement des médecins, nous avons adapté la réflexion structurée &#8211; une mesure des facteurs contribuant à une décision diagnostique &#8211; comme un nouvel outil d&rsquo;évaluation du processus diagnostique.</p>



<h2 class="wp-block-heading">MÉTHODES</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Cette étude a été examinée et jugée exempte d&rsquo;approbation par les comités d&rsquo;examen institutionnels de l&rsquo;université de Stanford, du centre médical Beth Israel Deaconess et de l&rsquo;université de Virginie. Le consentement éclairé a été obtenu avant l&rsquo;inclusion et la randomisation. Les participants résidents se sont vus offrir 100 dollars et les participants titulaires se sont vus offrir jusqu&rsquo;à 200 dollars pour participer l&rsquo;étude. Cette étude suit les directives CONSORT (<em>Consolidated Standards of Reporting Trials</em>) pour les essais cliniques randomisés. Le protocole de l&rsquo;étude est disponible dans le <a href="https://cdn.jamanetwork.com/ama/content_public/journal/jamanetworkopen/939467/zoi241182supp1_prod_1729527081.363.pdf?Expires=1735230961&amp;Signature=HBO1aA-RZ4Fcfqyw4D8Z2HeCvGprjU5o7dRj1Fn480vb00TByWA4ZsyAVouaPMsQjodnYI2MPYjngqXBeFuALqoygn1YqORUb-X2Tcd2h-liNLDzcM93dXGvtWG2O3XCcQia73TZotZFoiSGDhqfF0QXXtryyqzJtbk2P3gtZsPu9d7vDiVviDBai8leU2f-EMdK7QjS7PuB1PcA0XQLxYkTWt77psuH9c77Br6MxtrGGCn~czj9Y-nXZmnoDF4DJ-vlG4igxCyjgpWL1osSVuo3mF8tpvKFwHYHdZwnvesFdykf6uc0F339Xnr7gT4XmcAPAAJth4bGcXF2q8yD4Q__&amp;Key-Pair-Id=APKAIE5G5CRDK6RD3PGA">supplément 1</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous avons recruté des médecins titulaires et résidents formés dans une spécialité médicale générale (médecine interne, médecine familiale ou médecine d&rsquo;urgence) par le biais de listes d&rsquo;adresses électroniques à l&rsquo;université de Stanford, au Beth Israel Deaconess Medical Center et à l&rsquo;université de Virginie. De petits groupes de participants ont été supervisés par des coordinateurs de l&rsquo;étude, soit à distance, soit dans un laboratoire informatique en personne. Les sessions ont duré une heure. Le flux des participants est décrit dans cette figure :</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2024/11/image-19.png"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="382" src="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2024/11/image-19-1024x382.png" alt="" class="wp-image-15887" srcset="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2024/11/image-19-1024x382.png 1024w, https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2024/11/image-19-300x112.png 300w, https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2024/11/image-19-768x286.png 768w, https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2024/11/image-19-1200x449.png 1200w, https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2024/11/image-19.png 1205w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"> Une itération visuelle est présentée dans cette figure :</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><a href="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2024/11/image-20.png"><img loading="lazy" decoding="async" width="1005" height="578" src="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2024/11/image-20.png" alt="" class="wp-image-15888" srcset="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2024/11/image-20.png 1005w, https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2024/11/image-20-300x173.png 300w, https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2024/11/image-20-768x442.png 768w" sizes="auto, (max-width: 1005px) 100vw, 1005px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h3 class="wp-block-heading">Vignettes cliniques</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Les vignettes cliniques ont été adaptées à partir d&rsquo;une étude historique qui a établi la norme pour l&rsquo;évaluation des systèmes de diagnostic informatisés. Tous les cas de cette étude étaient basés sur des patients réels et incluaient des informations disponibles lors de l&rsquo;évaluation diagnostique initiale, telles que les antécédents, l&rsquo;examen clinique et les résultats des analyses de laboratoire. Les cas n&rsquo;ont jamais été rendus publics afin de protéger la validité du matériel de test pour une utilisation future, et sont donc exclus des données de formation du LLM.</p>



<p class="wp-block-paragraph"> Nous avons utilisé la technique du groupe nominal pour sélectionner un échantillon de cas ; quatre médecins auteurs (E.G., J.A.C., A.P.J.O. et J.H.C.) se sont réunis pour se mettre d&rsquo;accord sur les directives de sélection des cas, y compris la préférence pour un large éventail de contextes pathologiques, en évitant les cas simplistes avec des diagnostics plausibles limités, et en excluant les cas excessivement rares.24 Chaque membre a examiné indépendamment au moins 50 des 105 cas disponibles pour identifier un minimum de 10 cas qui satisfont aux directives de sélection. Après les évaluations individuelles, le groupe s&rsquo;est réuni à nouveau pour parvenir à un consensus sur une liste de cas à examiner en priorité. Lors des tests pilotes, les participants ont complété un maximum de 6 cas en 1 heure, ce qui nous a permis de sélectionner 6 cas finaux pour cette étude. Les cas ont été édités pour moderniser les conventions de rapport des données de laboratoire et pour remplacer les phrases pathognomoniques (par exemple, <em>livedo reticularis</em>) par des descriptions générales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La précision du diagnostic différentiel est un critère d&rsquo;évaluation courant, mais limité, dans les études diagnostiques sur l&rsquo;aide à la décision clinique. Bien que nous ayons évalué la précision globale du diagnostic différentiel en tant que résultat secondaire, à l&rsquo;instar d&rsquo;études antérieures, les phénomènes complexes des interactions entre l&rsquo;homme et l&rsquo;ordinateur justifient des évaluations plus riches des compétences en matière de raisonnement diagnostique. Nous avons donc choisi de développer une évaluation à partir de la littérature sur le raisonnement clinique : la réflexion structurée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La réflexion structurée vise à améliorer le processus par lequel les médecins considèrent les diagnostics raisonnables et les caractéristiques cliniques qui soutiennent ou s&rsquo;opposent à leurs diagnostics, de la même manière que les médecins peuvent expliquer leur raisonnement dans la composante d&rsquo;évaluation et de planification des notes cliniques. Nous avons adapté une grille de réflexion structurée  avec des participants fournissant des réponses en texte libre sur leurs 3 principaux diagnostics différentiels, les facteurs dans le cas qui favorisent ou s&rsquo;opposent à chacun de leurs 3 diagnostics, leur diagnostic final le plus probable, et jusqu&rsquo;à 3 étapes suivantes (par ex., tests diagnostiques) qu&rsquo;ils utiliseraient pour poursuivre l&rsquo;évaluation du patient.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Évaluation des performances</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Nous nous sommes appuyés sur des études antérieures portant sur la réflexion structurée en évaluant la grille elle-même, et non pas seulement l&rsquo;exactitude du diagnostic final. Pour chaque cas, nous avons attribué jusqu&rsquo;à 1 point pour chaque diagnostic plausible. Les résultats étayant chaque diagnostic et les résultats s&rsquo;opposant au diagnostic ont également été notés en fonction de leur exactitude, avec 0 point pour les réponses incorrectes ou absentes, 1 point pour les réponses partiellement correctes et 2 points pour les réponses entièrement correctes. Le diagnostic final a été noté sur 2 points pour le diagnostic le plus correct et sur 1 point pour un diagnostic plausible ou un diagnostic correct qui n&rsquo;était pas assez précis par rapport au diagnostic final le plus correct. Les participants devaient ensuite décrire jusqu&rsquo;à trois étapes suivantes pour poursuivre l&rsquo;évaluation du patient, 0 point étant attribué pour une réponse incorrecte, 1 point pour une réponse partiellement correcte et 2 points pour une réponse totalement correcte. Si les diagnostics différentiels incorrects n&rsquo;ont pas été récompensés, le raisonnement approprié basé sur ces diagnostics n&rsquo;a pas été pénalisé. Les évaluateurs n&rsquo;ont pas été informés de l&rsquo;affectation des groupes de participants.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Conception de l&rsquo;étude</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Nous avons utilisé un modèle d&rsquo;étude randomisé en simple aveugle avec randomisation stratifiée. Les participants ont été répartis au hasard entre l&rsquo;utilisation de l&rsquo;interface LLM (groupe d&rsquo;intervention) et les ressources conventionnelles (groupe de contrôle). Ils ont eu accès à des comptes d&rsquo;étude pour le LLM et les transcriptions de leur utilisation ont été sauvegardées. Les deux groupes ont reçu l&rsquo;instruction d&rsquo;accéder à toutes les ressources conventionnelles qu&rsquo;ils utilisent normalement pour les soins cliniques, mais le groupe de contrôle a reçu l&rsquo;instruction explicite de ne pas utiliser les LLM. Les participants disposaient d&rsquo;une heure pour compléter autant de cas diagnostiques que possible, avec pour instruction de donner la priorité à la qualité de leurs réponses plutôt qu&rsquo;à la complétion de tous les cas.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;étude a été réalisée à l&rsquo;aide d&rsquo;un outil d&rsquo;enquête (Qualtrics), les cas étant présentés dans un ordre aléatoire pour chaque participant. Dans une analyse secondaire, nous avons inclus un groupe témoin utilisant uniquement le LLM pour répondre aux cas. En utilisant les principes établis de la conception des messages-guides, nous avons développé de manière itérative un message-guide 0-shot ; le même langage a été utilisé avec les questions de la vignette clinique pour chaque cas.27 Le médecin chercheur qui a entré les messages-guides dans le modèle n&rsquo;a pas modifié les réponses du modèle.  Ces invites ont été exécutées trois fois au cours de sessions distinctes, et les résultats de chaque exécution ont été inclus pour une évaluation en aveugle avec les résultats humains avant la levée de l&rsquo;aveugle ou l&rsquo;analyse des données.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Validation de l&rsquo;outil d&rsquo;évaluation</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Pour établir la validité, nous avons recueilli deux séries de données pilotes auprès de 13 participants qui n&rsquo;ont pas été inclus dans l&rsquo;étude finale. Au total, 65 cas ont été menés à bien, sur la base d&rsquo;un échantillonnage de plusieurs vignettes de cas, dont les 6 utilisées dans l&rsquo;étude finale. Les trois évaluateurs principaux (J.H, A.P.J.O. et A.R.), tous des médecins certifiés ayant de l&rsquo;expérience dans l&rsquo;évaluation du raisonnement clinique au niveau médical post-universitaire, ont noté ces cas indépendamment afin d&rsquo;évaluer la cohérence. Sur la base des commentaires itératifs des correcteurs et des participants pilotes, ainsi que de la concordance des correcteurs, les vignettes des cas étudiés ont été sélectionnées et les rubriques ont été affinées avant que les données ne soient collectées pour l&rsquo;étude finale. Après la collecte des données, chaque cas a été noté indépendamment par deux évaluateurs qui ne connaissaient pas le groupe de traitement assigné. Le désaccord entre les évaluateurs a été prédéfini comme une différence de plus de 10 % du score final. En cas de désaccord, les évaluateurs se sont réunis pour discuter des différences entre leurs évaluations et rechercher un consensus. Nous avons conçu la notation de manière à reconnaître intentionnellement l&rsquo;ambiguïté des processus de diagnostic, en autorisant de multiples variations des réponses correctes déterminées par le consensus des évaluateurs. La notation du diagnostic final a été évaluée par deux évaluateurs afin d&rsquo;obtenir un accord sur le résultat secondaire de la précision du diagnostic. Nous avons calculé une valeur pondérée de Cohen κ pour montrer la concordance de la notation et une valeur de Cronbach α pour déterminer la fiabilité interne de cette mesure.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Résultats de l&rsquo;étude</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Notre résultat principal était le score final en pourcentage pour toutes les composantes de l&rsquo;outil de réflexion structuré. Les résultats secondaires étaient le temps passé par cas (en secondes) et la précision du diagnostic final. Le diagnostic final a été traité comme un résultat ordinal avec 3 groupes (incorrect, partiellement correct et le plus correct). Étant donné que la différence entre la réponse la plus correcte et les réponses partiellement correctes peut ne pas être cliniquement significative, nous avons également analysé le résultat comme un résultat binaire (incorrect comparé à au moins partiellement correct).</p>



<h3 class="wp-block-heading">Analyse statistique</h3>



<p class="wp-block-paragraph">La taille de l&rsquo;échantillon cible de 50 participants a été prédéfinie sur la base d&rsquo;une analyse de puissance utilisant deux ensembles de données de validation, notés avant l&rsquo;inscription à l&rsquo;étude. En utilisant le logiciel PASS 2023, version 23.0.2 (NCSS LLC), notre analyse de puissance a montré une puissance de plus de 80 % pour détecter une différence de score de 8 % avec 200 à 250 cas complétés (4 à 5 cas par participant) avec une valeur α bilatérale de 0,05. Nous avons utilisé un modèle à effets mixtes adapté aux plans randomisés en grappes, avec un coefficient de corrélation intraclasse allant de 0,05 à 0,15 et un écart-type de 16,2 %.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Toutes les analyses ont respecté le principe de l&rsquo;intention de traiter et ont été effectuées au niveau des cas, regroupés par participant. Des modèles linéaires à effets mixtes ont été appliqués pour évaluer la différence entre le résultat primaire de la performance diagnostique et le résultat secondaire du temps passé par cas traité, les hypothèses de normalité ayant été vérifiées. Des modèles à effets mixtes ordinaux et logistiques ont été utilisés pour comparer d&rsquo;autres résultats secondaires, y compris la précision du diagnostic final ordinal et binaire. Un effet aléatoire pour le participant a été inclus dans les modèles pour tenir compte de la corrélation potentielle entre les cas d&rsquo;un même participant. En outre, un effet aléatoire pour les cas a été inclus pour tenir compte de toute variabilité potentielle de la difficulté entre les cas. L&rsquo;erreur de type I (α) à l&rsquo;échelle de la famille a été contrôlée à 0,05 pour le résultat principal de la performance diagnostique considérée comme une variable continue. L&rsquo;analyse des résultats secondaires a été exploratoire sans ajustement pour les comparaisons multiples. Une analyse de sensibilité planifiée à l&rsquo;avance a évalué l&rsquo;effet de l&rsquo;inclusion de cas incomplets sur le résultat primaire. Des analyses de sous-groupes ont été réalisées en fonction du statut de formation et de l&rsquo;expérience avec le produit LLM utilisé. Dans une analyse secondaire, les cas complétés par le LLM seul ont été traités comme un troisième groupe, avec des cas regroupés dans une structure imbriquée de 3 tentatives sous la responsabilité d&rsquo;un seul participant. Ces cas ont été comparés à ceux de participants réels, chaque cas étant considéré comme une tentative unique sous la direction d&rsquo;un participant unique utilisant une structure imbriquée similaire. Toutes les analyses statistiques ont été réalisées à l&rsquo;aide de R, version 4.3.2 (<em>R Foundation for Statistical Computing</em>).</p>



<h3 class="wp-block-heading">Résultats</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Cinquante médecins agréés aux États-Unis ont été recrutés et ont participé (26 titulaires, 24 résidents) du 29 novembre au 29 décembre 2023 ; parmi eux, 39 (78 %) ont participé à des rencontres virtuelles et 11 (22 %) à des rencontres en personne. Le nombre médian d&rsquo;années de pratique était de 3 (IQR, 2-8).</p>



<h3 class="wp-block-heading">Résultat principal : performances en termes de diagnostic</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Au total, 244 cas ont été réalisés par tous les participants (125 cas dans le groupe LLM, 119 cas dans le groupe de contrôle). Le nombre médian de cas complétés par participant était de 5 (IQR, 4-6). L&rsquo;analyse des transcriptions a montré que 100 % (22 sur 22) des médecins randomisés pour utiliser le LLM l&rsquo;ont fait ; 3 transcriptions ont été perdues en raison de problèmes techniques et n&rsquo;ont pas été incluses. Le score médian par cas était de 76 % (IQR, 66 %-87 %) pour le groupe LLM et de 74 % (IQR, 63%-84%) pour le groupe de contrôle. Le modèle à effets mixtes a montré une différence de 2 points de pourcentage (IC à 95 %, -4 à 8 points de pourcentage ; P = 0.60) entre le groupe LLM et le groupe de contrôle. Une analyse de sensibilité incluant tous les cas, complets et incomplets, a montré un résultat similaire avec une différence de 2 points de pourcentage (IC à 95 %, -4 à 8 points de pourcentage ; P = 0.50) entre le groupe LLM et le groupe de contrôle. </p>



<h3 class="wp-block-heading">Résultats secondaires</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le temps médian passé par cas était de 519 (IQR, 371-668) secondes pour le groupe LLM et de 565 (IQR, 456-788) secondes pour le groupe de contrôle. Le modèle linéaire à effets mixtes a abouti à une différence ajustée de -82 secondes (IC à 95 %, -195 à 31 secondes ; P = 0.20).</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;exactitude du diagnostic final  utilisant l&rsquo;échelle ordinale a montré que le groupe d&rsquo;intervention LLM avait 1,4 fois plus de chances (IC à 95 %, 0,7-2,8 ; P = 0,39) d&rsquo;obtenir un diagnostic correct que le groupe de contrôle. Lors de l&rsquo;évaluation de la précision des diagnostics finaux, le fait de les traiter comme des variables binaires (correctes ou incorrectes) n&rsquo;a pas modifié qualitativement les résultats (rapport de cotes, 1,9 ; IC à 95 %, 0,9-4,0 ; P = 0,10).</p>



<p class="wp-block-paragraph"><br>Les analyses par sous-groupe étaient qualitativement similaires aux analyses pour l&rsquo;ensemble de la cohorte.</p>



<h3 class="wp-block-heading">LLM seul</h3>



<p class="wp-block-paragraph"><br>Dans les 3 essais du LLM seul, le score médian par cas était de 92 % (IQR, 82 % &#8211; 97 %). La comparaison du LLM seul avec le groupe de contrôle a révélé une différence de score absolu de 16 points de pourcentage (IC à 95 %, 2 à 30 points de pourcentage ; P = 0.03) en faveur du LLM seul.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Validation de l&rsquo;outil d&rsquo;évaluation</h3>



<p class="wp-block-paragraph"><br>La valeur pondérée de Cohen κ entre les trois évaluateurs était de 0,66, ce qui indique un accord substantiel dans la fourchette attendue pour les études de performance diagnostique.30 La valeur globale de Cronbach α était de 0,64. Les variances des sections individuelles de la grille de réflexion structurée sont présentées dans le tableau 5 du supplément 2. Après avoir supprimé le diagnostic final, qui présentait la variance la plus élevée, la valeur α de Cronbach était de 0,67.</p>



<h2 class="wp-block-heading">DISCUSSION</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Cet essai clinique randomisé a montré que l&rsquo;utilisation par les médecins d&rsquo;un agent conversationnel (<em>chatbot</em>) LLM disponible dans le commerce n&rsquo;a pas amélioré le raisonnement diagnostique sur des cas cliniques difficiles, bien que le LLM seul ait obtenu des résultats nettement supérieurs à ceux des médecins participants. Les résultats étaient similaires dans les sous-groupes de différents niveaux de formation et d&rsquo;expérience avec le chatbot. Ces résultats suggèrent que l&rsquo;accès seul aux LLM n&rsquo;améliorera pas le raisonnement diagnostique global des médecins dans la pratique. Ces résultats sont particulièrement pertinents à l&rsquo;heure où de nombreux systèmes de santé proposent des chatbots conformes à la loi sur la portabilité et la responsabilité de l&rsquo;assurance maladie (Health Insurance Portability and Accountability Act [spécifique aux États-Unis, NDLR]) que les médecins peuvent utiliser en milieu clinique, souvent sans aucune formation, voire avec une formation minimale sur l&rsquo;utilisation de ces outils.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nos données n&rsquo;ont pas confirmé de différences dans le temps consacré à la résolution des cas. Compte tenu de la grande variabilité observée dans le temps consacré à la résolution des cas, il serait nécessaire de mener de futures études avec des échantillons beaucoup plus importants pour évaluer si les médecins ayant l&rsquo;expérience de l&rsquo;utilisation des LLM consacrent moins de temps au raisonnement diagnostique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un résultat secondaire inattendu est que le LLM seul a été nettement plus performant que les deux groupes d&rsquo;humains, à l&rsquo;instar d&rsquo;étude récente avec une technologie LLM différente. Cela peut s&rsquo;expliquer par la sensibilité de la sortie LLM à la formulation de l&rsquo;invite. Il existe de nombreux cadres pour l&rsquo;invite des LLM et un consensus émergent sur les stratégies d&rsquo;invite, dont beaucoup se concentrent sur la fourniture de détails sur la tâche, le contexte et les instructions ; notre invite a été développée de manière itérative en utilisant ces cadres. La formation des cliniciens aux meilleures pratiques d&rsquo;incitation peut améliorer la performance des médecins avec les LLM. Par ailleurs, les organisations pourraient investir dans des messages-guides prédéfinis pour l&rsquo;aide à la décision diagnostique, intégrés dans les flux de travail cliniques et la documentation, ce qui permettrait une synergie entre les outils et les cliniciens. Des études antérieures sur les systèmes d&rsquo;IA montrent des effets disparates en fonction de l&rsquo;élément du processus de diagnostic dans lequel ils sont utilisés. Étant donné la nature conversationnelle des agents conversationnels (<em>chatbots</em>), des changements dans la manière dont le LLM interagit avec les humains, par ex., en signalant spécifiquement les caractéristiques qui ne correspondent pas au diagnostic différentiel, pourraient améliorer le diagnostic et la performance de réflexion.35,36 De manière plus générale, nous voyons une opportunité dans l&rsquo;examen délibéré et la refonte de l&rsquo;éducation médicale et des cadres de pratique qui s&rsquo;adaptent aux technologies émergentes perturbatrices et permettent la meilleure utilisation des ressources informatiques et humaines pour fournir des soins médicaux optimaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les résultats de cette étude ne doivent pas être interprétés comme indiquant que les LLM devraient être utilisés pour le diagnostic de manière autonome sans la supervision d&rsquo;un médecin. Les vignettes de cas cliniques ont été classées et résumées par des cliniciens humains, une approche pragmatique et courante pour isoler le processus de raisonnement diagnostique, mais cela ne tient pas compte des compétences dans de nombreux autres domaines importants pour le raisonnement clinique, y compris l&rsquo;entretien avec le patient et la collecte de données. En outre, cette étude était hors contexte, et la compréhension de l&rsquo;environnement clinique par les cliniciens est fondamentale pour une prise de décision de haute qualité. Bien que les premières études montrent que les LLM peuvent collecter et résumer efficacement les informations sur les patients, ces capacités doivent être étudiées de manière plus approfondie. En outre, l&rsquo;amélioration de la notation des rubriques représente ici un signal important du raisonnement clinique, mais des essais cliniques plus larges sont nécessaires pour évaluer les différences significatives dans l&rsquo;impact clinique en aval.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette étude a développé une mesure basée sur la réflexion structurée, inspirée par la recherche sur la cognition des médecins. La notation de l&rsquo;outil de réflexion structurée adapté en tant que résultat principal représente une nouvelle contribution de cette étude pour offrir un cadre d&rsquo;évaluation plus riche des compétences de raisonnement diagnostique. Cet outil d&rsquo;évaluation a démontré une concordance substantielle entre les évaluateurs et une fiabilité interne similaire ou supérieure à d&rsquo;autres mesures utilisées dans l&rsquo;évaluation du raisonnement.39-42 Cela fait progresser le domaine au-delà des premières recherches sur le LLM, qui se sont concentrées sur des repères ayant une utilité clinique limitée, tels que les banques de questions à choix multiples utilisées pour l&rsquo;obtention de la licence médicale ou les vignettes de cas curatées de maladies rarement vues en pratique clinique, telles que les conférences de cas cliniques pathologiques. Bien qu&rsquo;elles présentent des avantages évidents en termes de facilité de mesure, ces tâches ne correspondent pas au raisonnement clinique dans la pratique. Au fur et à mesure que la recherche en IA progresse et se rapproche de l&rsquo;intégration clinique, il deviendra encore plus important de mesurer de manière fiable la performance diagnostique en utilisant les méthodes d&rsquo;évaluation et métriques les plus réalistes et les plus pertinentes d&rsquo;un point de vue clinique.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Limites</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Cet essai a ses limites. Nous avons axé notre enquête sur un seul LLM, étant donné sa disponibilité commerciale et son intégration dans la pratique clinique. De multiples systèmes LLM alternatifs émergent rapidement, bien que celui étudié reste actuellement parmi les outils les plus performants pour les applications étudiées. Les participants ont eu accès au agents conversationnels (<em>chatbots</em>) sans formation explicite aux techniques d&rsquo;ingénierie rapide qui auraient pu améliorer la qualité de leurs interactions avec le système ; cependant, ceci reste conforme aux intégrations actuelles et nécessite donc cette évaluation représentative.15,17-19 En outre, même si tous les médecins du groupe LLM ont au moins essayé d&rsquo;utiliser le système sur la base des journaux de chat, ils n&rsquo;ont pas été forcés d&rsquo;utiliser le système d&rsquo;une manière cohérente. Il s&rsquo;agissait d&rsquo;une conception délibérée visant à mieux refléter une évaluation de l&rsquo;efficacité dans le cadre de la pratique clinique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Aucun échantillon de vignettes cliniques ne peut couvrir de manière exhaustive la variété des cas dans le domaine de la médecine. Notre étude a porté sur 6 cas qui pouvaient être traités en une seule session d&rsquo;étude tout en restant comparables aux pratiques courantes dans les examens cliniques structurés nationaux d&rsquo;autorisation et d&rsquo;objectifs, qui consistent à utiliser un échantillon restreint mais large de cas cliniques.6,46-49 Il ne s&rsquo;agit pas d&rsquo;évaluer de manière exhaustive les connaissances d&rsquo;un participant, mais plutôt d&rsquo;évaluer son raisonnement clinique général à travers un ensemble de cas. Pour optimiser l&rsquo;étendue de la couverture, nous avons délibérément choisi des cas qui représentent un échantillon large et pertinent de disciplines et un éventail de problèmes cliniques.</p>



<h3 class="wp-block-heading"></h3>



<h2 class="wp-block-heading">CONCLUSION</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La disponibilité d&rsquo;un LLM en tant qu&rsquo;aide au diagnostic n&rsquo;a pas amélioré la performance des médecins par rapport aux ressources conventionnelles dans un essai clinique randomisé sur le raisonnement diagnostique. <strong>Le LLM seul a surpassé les performances des médecins</strong> même lorsque le LLM était à leur disposition, ce qui indique qu&rsquo;un développement plus poussé des interactions homme-machine est nécessaire pour réaliser le potentiel de l&rsquo;IA dans les systèmes d&rsquo;aide à la décision clinique.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Note de la Rédaction : pour la commodité de lecture, les références bibiographiques et internes ont été retirées ; elles sont disponibles dans l&rsquo;<a href="https://jamanetwork.com/journals/jamanetworkopen/fullarticle/2825395?resultClick=1">article original</a>.</em></p>



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