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	<title>Fantastique Archives - Science infused site d&#039;actualités</title>
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	<title>Fantastique Archives - Science infused site d&#039;actualités</title>
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	<item>
		<title>Cinéma : &#8216;L&#8217;âme idéale&#8217; : quand le surnaturel murmure l&#8217;humain, en toute délicatesse</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Fabienne Blum]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 24 Dec 2025 17:55:12 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Critique cinématographique]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
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		<category><![CDATA[France]]></category>
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					<description><![CDATA[Alice Vial réinvente de façon pudique et lumineuse le film de fantômes. La résilience de l&#8217;héroïne fait vibrer bien au-delà]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h2 class="wp-block-heading"><em>Alice Vial réinvente de façon pudique et lumineuse le film de fantômes. La résilience de l&rsquo;héro<em>ïne fait vibrer bien au-delà du surnaturel avec humour, dérision et émotion finement dosés</em></em></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Synopsis : <em>« Elsa, 40 ans, célibataire, a renoncé aux histoires d’amour. Un don un peu spécial la garde à distance des autres : elle peut voir et parler aux morts. Pourtant un soir elle rencontre Oscar, un homme drôle et charmant, qui lui fait espérer à nouveau que tout est possible. Mais au moment où elle commence enfin à tomber amoureuse, Elsa réalise que leur histoire n’est pas aussi réelle que ce qu’elle pensait… »</em></p><div id="citiz-3476763516" class="citiz-contenu citiz-entity-placement"><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-9064228701299411" crossorigin="anonymous"></script><ins class="adsbygoogle" style="display:block;" data-ad-client="ca-pub-9064228701299411" 
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<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://www.allocine.fr/seance/film-300387/">Séances</a><em>« </em></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe title="L&#039;ÂME IDÉALE - Bande-annonce [Le 17 décembre au cinéma]" width="800" height="450" src="https://www.youtube.com/embed/xt053tHkvt4?feature=oembed&#038;enablejsapi=1&#038;origin=https://citizen4science.org" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Il faut parfois peu de choses pour ranimer un genre que l’on croyait balisé jusqu’à l’épuisement : une idée claire, une confiance absolue dans ses acteurs, et surtout le courage de la retenue. L’âme idéale appartient à cette catégorie rare de films qui n’élèvent jamais la voix mais dont l’écho persiste longtemps après la projection, comme un murmure intérieur. Annoncé comme une histoire de fantômes, le film prend d’emblée le contrepied des attentes : ni mélodrame lacrymal à la <em>Ghost</em>, ni thriller horrifique à la <em>Sixième Sens</em>r, il s’installe dans un entre-deux délicat, presque fragile, où le surnaturel n’est qu’un prétexte pour parler des vivants, de leurs manques, de leurs maladresses et de ce qu’ils tentent, tant bien que mal, de réparer. Ce qui frappe d’abord, c’est la pudeur du regard posé sur ses personnages et sur la situation elle-même : rien n’est surligné, aucune émotion n’est forcée, et c’est précisément cette discrétion qui rend le film profondément attachant. La première scène, d’une intensité remarquable, donne le ton avec une justesse qui désarme ; chargée d’émotion, elle constitue d&#8217;emblée un sommet du film, celui où tout se noue avec une évidence presque douloureuse. La suite se fait plus douce, moins frontale, certains diront moins forte en comparaison, mais jamais elle ne retombe, préférant une progression en nuances à l’escalade dramatique. Le pari est audacieux : maintenir l’attention et l’émotion sans effets spectaculaires, sans coups de théâtre appuyés, uniquement par le jeu, l’écriture et l’atmosphère, les gros plans. Et le pari est tenu. L’humour, souvent teinté de dérision, surgit là où on ne l’attend pas, non pour désamorcer l’émotion mais pour l’accompagner, la rendre plus humaine, plus respirable. On sourit, parfois on rit, puis l’instant d’après une phrase, un regard, une absence suffisent à serrer la gorge. Ce dosage délicat entre légèreté et gravité est l’une des grandes réussites du film. Les acteurs y sont pour beaucoup, tous remarquables, habités, d’une sincérité qui ne triche jamais. L’actrice principale, québécoise, irradie littéralement l’écran ; il y a chez elle une chaleur, une douceur naturelle, une manière d’accueillir l’émotion sans l’exhiber, qui réchauffe le cœur et ancre le film dans une humanité très concrète. Jonathan Cohen, que l’on connaît surtout pour sa drôlerie, conserve ce sens du timing et de l’ironie dans un registre plus dramatique, prouvant que l’humour peut être une arme précieuse face à la douleur, et que le passage d’un ton à l’autre, lorsqu’il est maîtrisé, enrichit le personnage au lieu de le diluer. Le choix assumé de se passer d’effets spéciaux renforce encore cette impression de sincérité : ici, rien ne vient distraire de l’essentiel, la mise en scène privilégie les corps, les visages, l&rsquo;environnement urbain (Le Havre) ou maritime. Enfin, il faut saluer le thème musical, véritable colonne vertébrale émotionnelle du film, à la fois lyrique et électronique, capable d’élever les images sans jamais les écraser. Aux commandes, ou plus précisément aux claviers : Olivier Marguerit, membre de l&rsquo;excellent, mais bien trop rare groupe <em>Syd Matters</em>. <em>L’âme idéale</em> ne cherche pas à révolutionner le cinéma par la surenchère, mais par la justesse, et c’est sans doute pour cela qu’il touche si profondément : parce qu’il nous parle d’âmes sans bruit, et qu’il le fait avec une délicatesse rare.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2025/12/image-5.png"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="526" height="110" src="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2025/12/image-5.png" alt="" class="wp-image-17573" style="width:241px;height:auto" srcset="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2025/12/image-5.png 526w, https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2025/12/image-5-300x63.png 300w" sizes="(max-width: 526px) 100vw, 526px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph">&lsquo;L&rsquo;âme idéale&rsquo;<em>d&rsquo;Alice Vial&rsquo; avec </em>Magalie Lépine-Blondeau, Jonathan Cohen, Florence Janas, Anne Benoît, Jean-Christophe Folly<br><em>durée 1h38 </em><br><em>Sortie 17 décembre 2025</em></p>



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			</item>
		<item>
		<title>« Immersion en médiation » épisode 1 &#8211; Cinéma : « 7 años », un film de Roger Gual</title>
		<link>https://citizen4science.org/immersion-en-mediation-episode-1-cinema-7-anos-un-film-de-roger-gual/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Fabienne Blum]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 13 Apr 2025 09:52:16 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Critique cinématographique]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
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		<category><![CDATA[Fantastique]]></category>
		<category><![CDATA[Médiation]]></category>
		<category><![CDATA[Netflix]]></category>
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					<description><![CDATA[Une fois n&#8217;est pas coutume, nous inaugurons avec une critique cinématographique une série d&#8217;articles consacrée à une discipline qui gagne]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading">Une fois n&rsquo;est pas coutume, nous inaugurons avec une critique cinématographique une série d&rsquo;articles consacrée à une discipline qui gagne à être connue et pratiquée : la médiation</h2>



<h3 class="wp-block-heading">Introduction à notre saga <em>Immersion en médiation</em></h3>



<p class="wp-block-paragraph">En 2023, Éric Dupond-Moretti, garde des Sceaux, lance la « <em>politique de l’amiable</em>« , une réforme visant à désengorger les tribunaux via ce que l&rsquo;on appelle les <em>Modes Alternatifs de Règlement des Différends</em> (MARD). L&rsquo;alternative, c&rsquo;est d&rsquo;éviter d&rsquo;aller nécessairement jusqu&rsquo;au bout d&rsquo;un procès en engageant un médiation. Au cœur du dispositif, elle permet aux parties en conflit, accompagnées d’un médiateur impartial, de tenter de résoudre leurs différends par le dialogue. Ce facilitateur neutre apaise les tensions et favorise une solution coconstruite entre les parties , incarnant une justice participative. D&rsquo;un point de vue pratique pour la justice, l’ambition est de diviser par deux les délais des procédures civiles d’ici 2027. À l&rsquo;occasion de notre propre plongée éducative dans la médiation, nous partagerons dans cette série thématique quelques réflexions au fil de notre parcours de formation.</p><div id="citiz-90864710" class="citiz-contenu citiz-entity-placement"><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-9064228701299411" crossorigin="anonymous"></script><ins class="adsbygoogle" style="display:block;" data-ad-client="ca-pub-9064228701299411" 
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<p class="wp-block-paragraph">Synopsis <em>7 años</em>: <em>« Loyautés et cruautés se révèlent lors d&rsquo;une soirée tendue où quatre partenaires en affaires doivent déterminer lequel va payer pour le crime qu&rsquo;ils ont commis ensemble »</em></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="7 años | Película original española | Tráiler oficial | Netflix España" width="800" height="450" src="https://www.youtube.com/embed/Kv2Ai_bhNzk?feature=oembed&#038;enablejsapi=1&#038;origin=https://citizen4science.org" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Ce film de 2016 est une production Netflix originale. À l&rsquo;heure de cette critique, il est toujours possible de visionner le film sur la plateforme de streaming. Dans ce thriller, quatre amis associés à la tête de leur entreprise négocient sous haute tension. Pas avec des clients, mais entre eux. Ce huis clos psychologique, mêlant compromis et vérités brutales, reflète bien les dynamiques de la médiation et l&rsquo;attitude du médiateur. Si un professeur de médiation ne nous avait pas invités à visionner <em>7 años</em>, notre critique aurait possiblement éludé le personnage du médiateur, qui peut passer comme complètement annexe et créé par la réalisation pour <em>faciliter</em> la transition entre les scènes, le  reléguant  à un rôle secondaire, presque effacé face au drame des quatre associés. On n&rsquo;aurait vu qu&rsquo;un thriller psychologique efficace servi par quatre acteurs face à leurs trahisons et dilemmes. On aurait peut-être moins prêté attention à la mécanique de la médiation, qui est effectivement de <em>faciliter</em>, la résolution d&rsquo;un conflit mais ici aussi la réalisation cinématographique. Avec le leitmotiv de la médiation, guidés par cet angle, nous avons scruté le film à travers le prisme de l’immersion en médiation, scrutant chaque mot et  chaque geste de Luis, le médiateur. <em>7 años</em> devient alors une étude fascinante des tensions et moyens de les atténuer, et des principes de la négociation. <br>Luis, médiateur professionnel, est embauché dans l&rsquo;urgence par les quatre associés pour les guider dans une décision cruciale : choisir l&rsquo;un deux pour endosser la responsabilité d’un détournement de fonds qu&rsquo;ils ont commis. Le but est d&rsquo;éviter  la prison aux autres et de sauver la boîte. Ce drame, porté par un casting solide , excelle dans sa tension croissante et son exploration des failles humaines. Le scénario, resserré sur une unique soirée, dissèque les dynamiques de pouvoir, les trahisons et les compromis, tandis que la mise en scène minimaliste amplifie l’intensité des échanges. On découvre combien les relations sont basées sur un équilibre où chacun y trouve son compte,  qui peut peuvent basculer à tout moment. Dès lors, les masques tombent,  chacun travaillant ici à sauver sa peau en tentant de se disculper ou en « chargeant » l&rsquo;autre. Rancœurs, rancunes, secrets plus ou moins bien gardés seront révélés à rythme rapide.<br>Que fait Luis dans cette situation inextricable ? Face à la tension croissante, il garde une posture neutre, lançant le débat tout en s’effaçant progressivement pour laisser les parties s’exprimer. Ses interventions rares mais ciblées recentrent les échanges sur l’objectif pour tenter d&rsquo;éviter les dérives personnelles. Il respecte les principes de la médiation : impartialité, confidentialité, volontariat  en n’imposant pas de solution et en garantissant un cadre équitable. Cependant, la pression du contexte et les émotions exacerbées des protagonistes mettent son rôle à rude épreuve. Luis s’en sort en maintenant le processus jusqu’à une résolution, bien que tendue, illustrant la complexité d’une médiation à enjeux forts et sous contrainte de temps. On a noté néanmoins ce qui nous semble être une entorse aux principes de la médiation :  lorsque l’un des protagonistes demande à Luis ce qu&rsquo;il accepterait lui-même 30 millions pour passer 7 ans en prison, il finit par répondre, poussé à le faire malgré sa réticence initiale. Un médiateur ne doit-il pas rester strictement impartial et s’abstenir de s’impliquer personnellement dans le conflit, même à titre illustratif ? En répondant qu&rsquo;il accepterait de le faire pour beaucoup moins que cette somme, Luis a peut-être franchi la ligne rouge même s&rsquo;il répète ensuite à nouveau qu&rsquo;ici il n&rsquo;est pas concerné et que chacun doit juger de « sa part » acceptable dans la négociation. Son opinion peut influencer la dynamique ou être perçue comme un jugement sur les choix des parties, ici une offre évaluée par l&rsquo;une des parties. Le protagoniste semble d&rsquo;ailleurs faire grand cas de la réponse qu&rsquo;il a sollicitée auprès du médiateur puisqu&rsquo;on le voit réfléchir intensément.  Cette dérive, bien que mineure dans le film, illustre une limite, qui explique d&rsquo;ailleurs peut-être pourquoi le scénario l&rsquo;inclut : sous pression, même un médiateur expérimenté peut être tenté de sortir de son cadre. Dans le contexte dramatique du film, cette réponse sert probablement à humaniser Luis et à intensifier le huis clos psychologique. <em>7 años</em> s&rsquo;avère une réflexion captivante sur la négociation et la morale, écho pertinent à la « politique de l’amiable » française visant à promouvoir la médiation. Son format court  (1h17) en fait un exercice efficace. Un film à voir pour son intensité et ses questionnements éthiques&#8230; sous le prisme de la médiation ou non.</p>



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<figure class="wp-block-image size-full"><a href="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2024/04/image-24.png"><img loading="lazy" decoding="async" width="280" height="64" src="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2024/04/image-24.png" alt="" class="wp-image-14577"/></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><em><strong>« 7 Años » </strong> de Roger Gual, avec Juana Acosta, Alex Brendermühl, Paco Léon, Juan Pablo Raba, Manuel Moron &#8211; Durée : 1h17- Sortie Netflix 2016</em></p>



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			</item>
		<item>
		<title>Cinéma : « Nosferatu » 2024 : Un vampire qui manque de sang neuf</title>
		<link>https://citizen4science.org/cinema-nosferatu-2024-un-vampire-qui-manque-de-sang-neuf/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Fabienne Blum]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 12 Jan 2025 23:59:23 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Critique cinématographique]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Fantastique]]></category>
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					<description><![CDATA[C&#8217;était certes un défi que d&#8217;adapter à nouveau cette fable gothique ; le réalisateur s&#8217;enferme dans l&#8217;esthétique ampoulée et statique,]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h2 class="wp-block-heading">C&rsquo;était certes un défi que d&rsquo;adapter à nouveau cette fable gothique ; le réalisateur s&rsquo;enferme dans l&rsquo;esthétique ampoulée et statique, et cela s&rsquo;avère soporifique</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Synopsis : <em>« Nosferatu est une fable gothique, l’histoire d’une obsession entre une jeune femme tourmentée et le terrifiant vampire qui s’en est épris, avec toute l’horreur qu’elle va répandre dans son sillage.. »</em></p><div id="citiz-3368249770" class="citiz-contenu citiz-entity-placement"><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-9064228701299411" crossorigin="anonymous"></script><ins class="adsbygoogle" style="display:block;" data-ad-client="ca-pub-9064228701299411" 
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<iframe loading="lazy" title="NOSFERATU - Bande annonce officielle VOST [Au cinéma le 25 décembre 2024]" width="800" height="450" src="https://www.youtube.com/embed/82NdlKtgArg?feature=oembed&#038;enablejsapi=1&#038;origin=https://citizen4science.org" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
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<p class="wp-block-paragraph">On y va vraiment curieux et bien disposé, en tant qu&rsquo;amateur de littérature sur le thème du vampire : d&rsquo;abord évidemment Bram Stoker et son merveilleux roman « Dracula » dont est issu le personnage de Nosferatu, et celle de la regrettée Anne Rice et sa fantastique, profonde et poétique saga de vampires qui démarre avec <em>Interview with the Vampire</em>, incroyablement adapté au cinéma par Neil Jordan ave l&rsquo;aide de l&rsquo;auteur en 1994 et un duo improbable et jamais renouvelé à ce jour: Tom Cruise et Brad Pitt. Il y aussi <em>Le bal des Vampires</em> de Polanski, parodique et jubilatoire. Avant tout cela, il y a le<em> Nosferatu </em>monument du genre horrifique, film muet de Friedrich Murnau (1922) et les incarnations de Dracula en noir et blanc par Bela Lugosi (1931) et Christopher Lee pour une série d&rsquo;une dizaine de films de1958 à 1973. N&rsquo;oublions pas non plus le <em>Dracula</em> de Francis Ford Coppola incarné par Gary Oldman (1994), insolite. Voilà pour nos références personnelles, qui ne cherchent pas à être exhaustives. Pour revenir à Nosferatu, Werner Herzog avait fait un remake du film monument horrifique de son compatriote Murnau : <em>Nosferatu, fantôme de la nuit</em> (1979) avec Klaus Kinski et Isabelle Adjani, un film oppressant qui ne s&rsquo;en sortait pas mal.<br>Le film de Robert Eggers commence sous les meilleurs auspices, de superbes costumes d&rsquo;époque et décors dans l&rsquo;Allemagne du 19e siècle, des lumières très travaillées, du sépia au gris et bleu glacial. Ce sont comme des tableaux naturalistes qui se succèdent, comme sorti d&rsquo;un vieux grimoire gothique et maléfique. Certaines images sont assurément frappantes, notamment celles du périple qui mènent le malheureux héros (Nicholas Hoult) à la rencontre du comte Orlok en Transylvanie. L&rsquo;attraction, purement picturale, s&rsquo;arrête là, dans la première demi-heure du film, pour faire place à une déception certaine : le vampire, trop putréfié et difforme et à la voix maquillée, ne nous laisse pas la chance de goûter au jeu de Bill Skarsgård qui l&rsquo;incarne ; voilà un souci qui est assez symbolique du reste. Le réalisateur tire trop sur la corde. Lily-Rose Depp est ainsi très théâtrale. Trop. Même si son jeu est sans fausse note, il en ressort au final, un personnage peu émouvant. WIllem Dafoe est excellent et son personnage intéressant, mais sous-exploité dans le scénario, on reste sur notre faim. Quant à Nicholas Hoult, il semble un peu perdu dans ces écueils et format tiré à quatre épingles, et son talent n&rsquo;est pas suffisant pour rattraper le reste et transformer l&rsquo;essai. Seule Emma Corrin qui joue le rôle de Anna Harding semble vraiment sortir du lot, avec une interprétation remarquable ; au point de penser si c&rsquo;est elle qui avait hérité du rôle de Depp, elle aurait pu sauver le film en partie. Une jeune actrice anglaise à suivre ! <br>À force de vouloir coller aux symboles du Nosferatu de Murnau et d&rsquo;autres films d&rsquo;épouvante, l&rsquo;histoire se disperse avec des personnages et des digressions superflues.<br>Au final, de l&rsquo;esthétique luxueuse sur papier glacé pour un scénario mal ficelé pour et un film qui se traîne en longueur. Sans jamais nous captiver ou susciter l&rsquo;émotion, le résultat est terne.</p>



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<figure class="wp-block-image size-full"><a href="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2024/03/image-52.png"><img loading="lazy" decoding="async" width="282" height="77" src="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2024/03/image-52.png" alt="" class="wp-image-14394"/></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><em><strong>« Nosferatu » </strong> de Robert Eggers, avec NIcholas Hoult, Lily-Rose Depp, Bill Skarsgard, Wilem Dafoe, Aaron Taylor-Jonhson, Emma Corrin &#8211; Durée : 2h12- Sortie : 25/12/2024</em></p>



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		<title>Cinéma : « Pauvres créatures » :  excentricité et prétention sur une mer de désolation</title>
		<link>https://citizen4science.org/cinema-pauvres-creatures-excentricite-et-pretention-sur-une-mer-de-desolation/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Fabienne Blum]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 04 Feb 2024 15:26:40 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[#MeeToo]]></category>
		<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
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					<description><![CDATA[Un film long, froid et malsain qui se veut intellectuel de Yórgos Lánthimos. Un réalisateur certes original et que la]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h3 class="wp-block-heading">Un film long, froid et malsain qui se veut intellectuel de Yórgos Lánthimos. Un réalisateur certes original et que la critique encense pour un film de mauvais goût déjà primé que l&rsquo;on ne vous incitera pas aller voir.</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le réalisateur et dramaturge grec, frais cinquantenaire, a le vent en poupe. Multi-primé au festival de Cannes (<em>Canine</em> et <em>The Lobster</em> notamment),  il y a eu ensuite <em>La favorite</em> (2018), film historico-satirique dans l&rsquo;Angleterre du 18e siècle, déjà avec Emma Stone, très bien accueilli aussi. Pauvres créatures ne va pas dépareiller dans ce bain d&rsquo;acclamation unanime, puisque le film a déjà reçu le<em> Lion d&rsquo;Or</em> à la <em>Mostra</em> de Venise 2023 et deux distinctions aux <em>Golden Globes</em> 2024 (film et meilleure actrice pour Emma Stone dans la catégorie<em> Film musical ou comédie</em>.</p><div id="citiz-677296037" class="citiz-contenu citiz-entity-placement"><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-9064228701299411" crossorigin="anonymous"></script><ins class="adsbygoogle" style="display:block;" data-ad-client="ca-pub-9064228701299411" 
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<p class="wp-block-paragraph">Avec ces succès, le réalisateur a droit pour ses films à des distributions prestigieuses. On n&rsquo;est pas en reste avec cette nouvelle production, mais cela n&rsquo;est hélas pas être suffisant pour  sauver le film.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Bella (Emma Stone) est une femme créée ou ramenée à la vie par un médecin farfelu ( Willem Dafoe) et promise au mariage avec l&rsquo;assistant du docteur (Ramy Youssef). Elle s&rsquo;enfuit avec un avocat (Mark Ruffalo) qui la séduit en lui promettant de découvrir le monde, et s&rsquo;ensuit un parcours initiatique de Bella à travers le monde.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="Pauvres Créatures - Première bande-annonce (VF) | Searchlight" width="800" height="450" src="https://www.youtube.com/embed/GmU79b1v2Gg?feature=oembed&#038;enablejsapi=1&#038;origin=https://citizen4science.org" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est une histoire du genre fantastique, un drame et un parcours initiatique. C&rsquo;est en partie un remake de Frankenstein : un savant fou, une créature humaine, une ambiance 19e siècle, &#8230; mais sans la finesse du modèle. On pourra y voir aussi des traces de L&rsquo;Île du Docteur Moreau, des ambiances visuelles déjantées type « La cité des enfants perdus » ou même « 20 000 lieues sous les mers ». </p>



<p class="wp-block-paragraph"> Il y a certes de la créativité dans les décors et ambiances, qui mélangent relents du passé, notes futuristes, et décors urbains (capitales Londres, Paris,&#8230;) très imagées. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a Emma Stone (oscarisée pour <em>La La Land</em>), dans une performance pour le moins inhabituelle, de ce personnage de Bella dont on a longtemps du mal à comprendre à partir de quoi ce monstre est créé, et dans quel but. Dans une coquille enfantine au début, sa découverte du monde va la faire évoluer. Elle est d&rsquo;abord froide et immature &#8211; comme le veut son personnage &#8211; et si au fil du temps elle évalue, elle ne convainc pas vraiment. L&rsquo;émotion ne passe tout simplement pas, même si la « performance » est d&rsquo;actrice est là.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le savant fou, Willem Dafoe, est lui aussi un monstre, d&rsquo;une nature apparemment différente car il affiche son vécu sur son visage lacéré de profondes cicatrices subies au nom de la science, qui tranche avec le visage lisse de Bella. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Et puis il y a Mark Ruffalo, l&rsquo;avocat séducteur et tentateur, libidineux, qui offre une prestation burlesque et drôle. C&rsquo;est lui ressort un peu du lot par son traitement généreux du rôle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pourtant, le résultat reste glacé et procure un malaise du fait de scènes glauques pleines de voyeurisme, parfois assez vulgaires. Elles n&rsquo;apportent rien à l&rsquo;histoire, la salissent tels des graffitis, elles font traîner l&rsquo;histoire en longueur. Il y a presqu&rsquo;une heure de trop au compteur de ce film. Après, certains diront que quand on n&rsquo;aime pas, on compte&#8230; ici le temps qui ne s&rsquo;écoule pas, on n&rsquo;est pas loin du supplice à force d&rsquo;attendre le dénouement libérateur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;Emma Stone est venue faire dans cette galère, elle qui sait être si expressive et chaleureuse ? Évidemment, elle connaît bien Yórgos Lánthimos, elle a déjà été son héroïne dans La favorite, et puis il lui a forcément demandé de ne pas l&rsquo;être, expressive et chaleureuse,  pour les besoins de son rôle, mais le résultat est franchement douloureux à regarder.  Le constat nous frappe du début à la fin : Emma n&rsquo;est pas touchante, comme le film. La sauce ne prend pas, on ne la voit jamais comme un enfant dans un corps d&rsquo;adulte (à ce titre, un modèle aurait été Valérie Lemercier à genoux dans la parodie de l&rsquo;École des fans par Les Nuls.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Enfin, il y a les messages, que beaucoup verront comme féministes, d&rsquo;émancipation de la femme, sujet traité de façon plus ou moins absconse mais qui semble vouloir véhiculer des messages forts de façon très prétentieuse. Le film se veut intello voire snob, il nous donne surtout un goût de kitch hypersaturé, écœurant.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Pauvres Créatures (titre original :</em>&lsquo;<em> </em>&lsquo;<em>Poor Things&rsquo;)&nbsp;<strong>de Yórgos Lánthimos avec Emma Stone, Willem Dafoe, Mark Ruffalo, Ramy Youssef, durée 2h21.</strong></em></p>



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		<title>Cinéma : « Le règne animal »,  l&#8217;émotion fantastique</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Fabienne Blum]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 22 Nov 2023 14:26:14 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Critique cinématographique]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Dystopie]]></category>
		<category><![CDATA[Fantastique]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[Science-Fiction]]></category>
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					<description><![CDATA[Un film original présenté en ouverture dans la catégorie « Un certain regard » au festival de Cannes, plein de sensibilité, de]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h3 class="wp-block-heading">Un film original présenté en ouverture dans la catégorie « Un certain regard » au festival de Cannes, plein de sensibilité, de paraboles et de mélange des genres, interprété magistralement par le jeune Paul Kircher et Romain Duris</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Présenté au festival de Cannes 2023 en ouverture dans la sélection « <em>Un certain regard</em> » qui qualifie des films dont l&rsquo;approche est originale, il s&rsquo;agit du second long-métrage de Thomas Cailley, qui a connu un franc succès auprès du public et des professionnels (plusieurs Césars notamment) avec « <em>Les combattants</em> » il y a 10 ans. Ce dernier également été présenté au festival de Cannes, en 2014, pour la Quinzaine des réalisateurs. On y retrouve des thèmes du <em>Règne anima</em>l comme l&rsquo;instinct de survie, un monde peuplé de dangers un peu chaotique,  une relation forte entre les deux héros, le décor naturel de la région sud-ouest que connaît bien le réalisateur.</p><div id="citiz-3913731826" class="citiz-contenu citiz-entity-placement"><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-9064228701299411" crossorigin="anonymous"></script><ins class="adsbygoogle" style="display:block;" data-ad-client="ca-pub-9064228701299411" 
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<p class="wp-block-paragraph">Contrairement à son premier film,  l&rsquo;intrigue du film <em>Le Règne animal</em> n&rsquo;a pas germé dans l&rsquo;esprit du réalisateur même s&rsquo;il en est co-scénariste avec Pauline Munier. C&rsquo;est cette dernière, scénariste, qui en avait écrit le scénario lorsqu&rsquo;elle était étudiante à la <em>Fémis</em> (École nationale supérieure des métiers de l’image et du son), où elle a rencontré Thomas Cailley.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L&rsquo;intrigue</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Nous débarquons dans un monde dystopique où sévit une vague de mutations qui transforment les humains en animaux. François (Romain Duris) accompagné de  son fils Émile, 16 ans  (Paul Kircher) quittent la capitale pour s&rsquo;installer dans le sud-ouest. L&rsquo;objectif : partir à la recherche de sa femme qui s&rsquo;est enfuie, frappée par le mal mystérieux. Ce déménagement sera un véritable voyage initiatique pour les deux héros,  à de multiples titres.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="LE RÈGNE ANIMAL Bande Annonce (2023) Adèle Exarchopoulos, Romain Duris" width="800" height="450" src="https://www.youtube.com/embed/FghKN8z7qpA?feature=oembed&#038;enablejsapi=1&#038;origin=https://citizen4science.org" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h2 class="wp-block-heading">Mélange de genres, mutations en tous genres</h2>



<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph">Le film est étrange et intrigant dès la scène introductive au milieu d&rsquo;un bouchon de voitures. Il va nous falloir du temps pour comprendre pourquoi le père et son fils s&#8217;embarquent  vers le sud-ouest, la situation sanitaire inquiétante, et enfin comprendre que c&rsquo;est directement leur famille qui est touchée.  Les quêtes des protagonistes se combinent parfaitement  à l&rsquo;enquête des spectateurs pour comprendre les tenants et aboutissants de ce que l&rsquo;on nous présente. Le fantastique se mêle ainsi au thriller, haletant, et le suspens est  maintenu à divers titres tout au long du film.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les quêtes des personnages sont multiples. Ils cherchent Lana (respectivement femme et mère), mais ils se cherchent aussi eux-mêmes. D&rsquo;abord entre père et fils, tout au long du « voyage ». Pendant le film, on vivra simultanément la quête du père qui tente de renforcer le lien avec son fils, et celle du fils réciproquement.. Ils se cherchent dans la relation parent-enfant mais se cherchent aussi eux-mêmes,  leur raison d&rsquo;être. C&rsquo;est une quête existentielle, en plus de retrouver Lana. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Le genre fantastique est bien servi par le film truffé d&rsquo;hommes et de femmes en cours de mutation vers différentes espèces animales. Le travail de création artistique est important. Les effets spéciaux sont réussis, pas racoleurs mais impressionnant pour l&rsquo;inventivité et surtout, strictement au service du récit et des émotions, plutôt qu&rsquo;une débauche de technologie. Il y a aussi un mélange de volonté de faire côtoyer des effets spéciaux basés sur la recherche de réalisme pour la plupart des personnages mutants et d&rsquo;autres qui semblent plus « bricolés » : c&rsquo;est le cas pour un homme-oiseau dont on suit la transformation avancée. Les nouveaux attributs aviaires apparaissant sur son corps ressemblent manifestement à des prothèses,  et le font visiblement souffrir, qu&rsquo;il s&rsquo;agisse des ailes ou de la formation d&rsquo;un  bec.<br>On pense bien sûr à mille références littéraires et cinématographiques, avec par exemple  les thèmes populaires du loup-garou,  du vampire, et pour la science fiction à H.G. Wells et son<em> Île du Docteur Moreau</em> truffée d&rsquo;hommes-bêtes issus d&rsquo;expérimentations médicales. Bien plus proche encore :  <em>La Mouche</em> de David Cronenberg, l&rsquo;histoire d&rsquo;une effrayante mutation d&rsquo;un chercheur généticien (interprété par Jeff Goldblum) qui accidentellement va intégrer le génome de l&rsquo;insecte. Et évidemment, Spiderman et autres héros Marvel issus de croisements monstrueux avec des animaux ou des matières&#8230;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Mutations au propre et au figuré </h2>



<p class="wp-block-paragraph">La mutation au propre, c&rsquo;est la mutation génétique, inévitable via cette épidémie qui transforme contre le volonté des victimes. Elle a pour conséquence la transformation physique des personnes touchées, et on va l&rsquo;explorer particulièrement avec cet homme-oiseau dont on va suivre la transformation physique et mentale torturée, alors qu&rsquo;il est tout investi pour apprendre à voler. Ces mutations surviennent en toute conscience pour leurs victimes et l&rsquo;on va assister tout au long du film à celle naissante d&rsquo;Émile. Elle est d&rsquo;autant plus touchante qu&rsquo;elle télescope sa mutation d&rsquo;adolescent en homme, la contrarie à jamais.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><br>Evidemment, on confronte au premier chef l&rsquo;humain civilisé et l&rsquo;animal instinctif. Cela nous fait nous interroger sur la relation entre l&rsquo;homme et la nature, ce que l&rsquo;humain fait de cette nature. De façon sous-jacente, le film traite de la problématique écologique, de notre relation avec l&rsquo;environnement, de l&rsquo;avenir de la planète. </p>



<p class="wp-block-paragraph">La nature est très présente et très puissante dans le film, avec les landes de Gascogne tour à tour lieu de recherche de François et Émile pour retrouver Lana,  refuge et terrain d&rsquo;apprentissage de l&rsquo;homme-oiseau, où il semble qu&rsquo;Émile finira, comme beaucoup d&rsquo;autres mutants. En effet une scène du film particulièrement forte nous montre une multitude d&rsquo;entre eux y vivant, parfois pourchassés par les hommes qui semblent  voir dans la grande forêt  un véritable terrain de chasse. L&rsquo;effroi gagne car si la transformation physique est là, les créatures ont gardé toute leur conscience humaine, rejetés pour cette faute : être différent.<br>Finalement se pose la question de la normalité. Elle est traitée de façon particulièrement  émotionnelle avec Émile, que l&rsquo;on voit subir puis accepter sa transformation inéluctable.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Performance magistrale</h2>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Le règne anima</em>l est un film à a fois fantastique et très intimiste, porté par son duo d&rsquo;acteurs Paul Kircher et Romain Duris. Ce dernier est un comédien rodé qui n&rsquo;a rien à prouver. Il est très crédible dans son rôle de père à la fois protecteur envers son fils avec qui il cherche à renforcer le lien. En même temps, il est détruit par l&rsquo;absence de sa femme. C&rsquo;est un vrai héros, déterminé et persévérant dans ses recherches pour la retrouver. Il est romanesque, prêt à tout. L&rsquo;acteur incarne parfaitement l&rsquo;homme tourmenté mais plein d&rsquo;humanité.<br>Paul Kircher, 21 ans, est quant à lui époustouflant dans un rôle qui est un véritable défi d&rsquo;acteur. Son jeu reste sobre d&rsquo;un bout à l&rsquo;autre et il parvient à nous faire vivre naturellement ses questionnements et sa transformation progressive vers l&rsquo;animal. L&rsquo;acteur dégage une puissance véritablement animale, qui déborde et la dernière partie du film  dans laquelle l&rsquo;appel de la nature où les comportements instinctifs prennent le dessus est impressionnant. On met bien évidemment cela sur le talent de l&rsquo;acteur, la transformation physique et les effets spéciaux restant minimalistes le concernant. On devine néanmoins un gros travail de préparation physique et comportementale pour susciter ce caractère animal si naturel  dans les postures, les mouvements, les mimiques et la voix.</p>



<p class="wp-block-paragraph">N&rsquo;oublions pas la bande-son, essentielle, qui rend le retour à la nature omniprésent, en plus d&rsquo;images superbes des landes de Gascogne dans des lieux qui semblent inaccessibles : musique, cris d&rsquo;animaux ou de mutants nous emportent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une réussite complète.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Le règne animal, un film de Thomas Cailley, avec Romain Duris, Paul Kircher, Adèle Exarchopoulos, Tom Mercier &#8211; Date de sortie : 4 octobre 2023 &#8211; Durée : 2h08</em></p>



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