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	<title>France Archives - Science infused site d&#039;actualités</title>
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	<description>Éditeur C4S, association loi 1901</description>
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	<title>France Archives - Science infused site d&#039;actualités</title>
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	<item>
		<title>&#8216;Un barrage contre le Pacifique&#8217; de Marguerite Duras, par Anne Consigny, au théâtre Poche Montparnasse</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Alain Girodet]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 27 Jun 2026 16:59:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Arts]]></category>
		<category><![CDATA[Critique théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
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					<description><![CDATA[C’Mi-espiègle mi-charmeuse, Anne Consigny accueille ses spectateurs du Poche Montparnasse à la façon dont on le ferait avec des amis]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap has-medium-font-size wp-block-paragraph">C’Mi-espiègle mi-charmeuse, Anne Consigny accueille ses spectateurs du Poche Montparnasse à la façon dont on le ferait avec des amis venus passer la soirée et profiter, au passage, juste au passage, mine de rien, d’une heure de spectacle. C’est avec Peter Brook, confie-t-elle, qu’elle a pris ce pli de saluer son public à l’avance, même si, par la suite, à la très sérieuse Comédie Française, on lui a fait remarquer que cela ne se faisait pas de briser le quatrième mur. Anne Consigny, désormais seule maîtresse à bord, à la fois adaptatrice, metteuse en scène et interprète, a décidé qu’elle avait passé l’âge de rendre des comptes,donc elle vient nous voir, elle est là, elle nous parle. Et c’est sous nos yeux incrédules qu’elle choisit le moment de plonger dans le texte de Duras, d’endosser son personnage, de commencer à  jouer. Le miracle se produit en quelques poignées de secondes à peine : la femme est devenue l’actrice et l’actrice est devenue la narratrice de &lsquo;Barrage contre le Pacifique&rsquo; , la voix de Marguerite Duras, le corps des personnages, l’âme du texte. Elle était Anne Consigny et elle est devenue une créature d’imagination, comme une évidence : Jouvet le disait bien que jouer, ça consistait à ne pas jouer ! Anne Consigny ne joue pas, elle est devenue !</p><div id="citiz-2051286442" class="citiz-contenu citiz-entity-placement"><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-9064228701299411" crossorigin="anonymous"></script><ins class="adsbygoogle" style="display:block;" data-ad-client="ca-pub-9064228701299411" 
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<p class="wp-block-paragraph">Anne Consigny a choisi d’adapter &lsquo;Barrage contre le Pacifique&rsquo;.</p>



<p class="wp-block-paragraph">&lsquo;Barrage contre le Pacifique&rsquo; , c’est Duras avant Duras. La grande Marguerite n’avait pas encore, en écrivant ce court roman, trouvé son style à elle, sa voix à elle, sa musique à elle : elle n’était pas encore devenue cette parole inégalée qu’on reconnaît entre mille, comme celle de Proust ou celle de Flaubert. Pour autant, si la facture est plus classique, &lsquo;Barrage contre le Pacifique&rsquo; est un texte fluide et dense à la fois, dans lequel une mère courage affronte l’inexorable montée des eaux venant ravager ses terres cultivées. Cela se passe quelque part dans les années trente, et dans une Indochine coloniale qui n’était pas tendre pour les femmes, et surtout les femmes seules. Cette mère qui ne sera jamais nommée doit, de plus, élever ses enfants, Joseph et Suzanne, dans des conditions financières problématiques et elle aura fort à faire pour protéger sa fille des assauts douteux de Monsieur Jo, ce riche propriétaire du nord.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Anne Consigny est une interprète idéale, avec sa longue silhouette à la fois frêle et forte, capable de mimer sans excès, de bercer sans mièvrerie et de gronder sans colère&nbsp;: elle peut largement se permettre de briser le quatrième mur sans pour autant endommager l’atmosphère de magie du spectacle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Elle n’a besoin de rien autour d’elle, un plateau nu, un chapeau de paille, un escabeau de bois et une boule à facettes, pour dire l’étouffante chaleur de l’Indochine, le charme désuet des cabarets à colons et les aléas de l’agriculture tropicale. Un peu de fumée pour rendre la chaleur de sauna qui règne dans l’air, et le reste, tout le reste, sera créé magiquement par sa silhouette, sa danse, ses gestes et ses mimiques.</p>



<p class="has-medium-font-size wp-block-paragraph">Anne Consigny dans &lsquo;Barrage contre le Pacifique&rsquo; de Marguerite Duras, c’est du grand art sous sa forme la plus dépouillée et la plus naturelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Adaptation, mise en scène et interprétation : Anne CONSIGNY<br>Assistante mise en scène : Cécile BAYLE – BARREYRE<br>Conception Lumière : Patrick CLITUS<br>Son : François TURPIN<br>Costume : Cidalia DA COSTA<br>Conseillère Artistique : Pascale CONSIGNY</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Du mardi au samedi à 19h, jusqu&rsquo;au 11 juillet 2026</em></p>



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<p class="has-small-font-size wp-block-paragraph"><em>Théâtre Poche Montparnasse &#8211; 75 boulevard du Montparnasse &#8211; 75006 Paris</em></p>



<p class="has-small-font-size wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Science infuse&nbsp;est un service de presse en ligne agréé (n° 0329 x 94873) piloté par&nbsp;Citizen4Science, association à but non lucratif d’information et de médiation scientifique.<br>Notre média dépend entièrement de ses lecteur pour continuer à informer, analyser, avec un angle souvent différent car farouchement indépendant. Pour nous soutenir, et soutenir la presse indépendante et sa pluralité, faites un don pour que notre section presse reste d’accès gratuit, et abonnez-vous à la newsletter gratuite également&nbsp;!.</em></p>



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<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC4665175/"></a></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Climatisation : ni péché écologique ni panacée, une question de santé publique que la France ne peut plus esquiver</title>
		<link>https://citizen4science.org/climatisation-ni-peche-ecologique-ni-panacee-une-question-de-sante-publique-que-la-france-ne-peut-plus-esquiver-2/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 27 Jun 2026 15:47:59 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Analyse]]></category>
		<category><![CDATA[Climat]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[Hôpital]]></category>
		<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Physique]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Politique et Général]]></category>
		<category><![CDATA[Santé publique]]></category>
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					<description><![CDATA[La France traverse en juin 2026 son deuxième épisode caniculaire de l&#8217;année, d&#8217;une intensité rare. Le débat sur la climatisation]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h3 class="wp-block-heading"><em><em>La France traverse en juin 2026 son deuxième épisode caniculaire de l&rsquo;année, d&rsquo;une intensité rare. Le débat sur la climatisation revient, prévisible comme les vagues de chaleur elles-mêmes. Et comme chaque année, il oscille entre deux caricatures également stériles. Il est temps de le traiter sérieusement.</em></em></h3>



<h3 class="wp-block-heading">Débat politique : entre RN et LFI, même confusion<br></h3>



<p class="wp-block-paragraph">La droite populiste réclame un « plan massif de climatisation ». La gauche dénonce un « cercle vicieux » climatique. Les deux positions partagent le même défaut : elles traitent la climatisation comme un objet politique avant de la traiter comme un objet technique et sanitaire.</p><div id="citiz-2046481652" class="citiz-contenu citiz-entity-placement"><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-9064228701299411" crossorigin="anonymous"></script><ins class="adsbygoogle" style="display:block;" data-ad-client="ca-pub-9064228701299411" 
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<p class="wp-block-paragraph">Manuel Bompard, ingénieur en physique de formation, a déclaré ce matin que la généralisation de la climatisation aggraverait le réchauffement climatique via les gaz frigorigènes. C&rsquo;est une simplification que son bagage scientifique aurait dû lui éviter. En France, où le mix électrique est décarboné à plus de 90 %, une pompe à chaleur réversible produit trois à quatre fois plus de froid que l&rsquo;électricité qu&rsquo;elle consomme. L&#8217;empreinte carbone directe de la climatisation représente environ 0,8 % des émissions nationales. Ce n&rsquo;est pas rien, mais c&rsquo;est loin d&rsquo;être le levier prioritaire du réchauffement climatique. La confusion entre effet local des îlots de chaleur urbains, réel et documenté, et contribution au réchauffement global, marginale dans le cas français, est une erreur de physique de base.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h3 class="wp-block-heading">Laissons parler les données<br></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Environ 25 % des ménages français sont équipés en climatisation, contre 90 % en Espagne et en Italie. L&rsquo;ADEME est claire : d&rsquo;ici 2050, de nombreux bâtiments français deviendront inadaptés sans mesures actives de refroidissement, même avec une isolation renforcée. Les solutions passives, isolation, végétalisation, conception bioclimatique, restent prioritaires mais ne suffiront pas seules face à des canicules plus longues et plus intenses.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur l&rsquo;effet d&rsquo;îlot de chaleur urbain, les modélisations du CIRED et de Météo-France montrent qu&rsquo;une généralisation à 100 % des équipements à Paris réglés à 23°C pourrait contribuer à une hausse locale de 0,5°C à 2-3°C. C&rsquo;est un argument réel pour une approche ciblée et des réglages raisonnables, pas pour un refus de principe.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC11002455/" target="_blank" rel="noreferrer noopener"></a><br></p>



<h3 class="wp-block-heading">Le vrai scandale : l&rsquo;hôpital sans climatisation<br></h3>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est le point que le débat politique escamote systématiquement, et il est pourtant le plus urgent. 58,5 % des établissements hospitaliers étaient considérés comme vétustes en 2023, contre 45 % en 2014. La plupart ont été construits à une époque où le réchauffement climatique n&rsquo;était pas pris en considération par les architectes. L&rsquo;été, des patients peuvent mourir de chaud à l&rsquo;hôpital. </p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;absence de climatisation dans de nombreux hôpitaux représente « une perte de chance pour les patients », témoigne Mathias Wargon, chef des urgences de l&rsquo;hôpital Delafontaine à Saint-Denis. Cette formulation n&rsquo;est pas rhétorique. En droit médical français, la perte de chance est un concept juridique précis : elle désigne la privation d&rsquo;une probabilité de guérison ou d&rsquo;un meilleur pronostic par suite d&rsquo;une faute ou d&rsquo;une défaillance. Quand un patient hospitalisé décède d&rsquo;hyperthermie dans un service non climatisé lors d&rsquo;une canicule, la question de la responsabilité de l&rsquo;établissement, et au-delà de l&rsquo;État qui finance et réglemente le parc hospitalier, se pose avec une acuité croissante. </p>



<p class="wp-block-paragraph">À Nantes, le futur CHU présenté comme ultramoderne et opérationnel dès 2028 ne sera climatisé qu&rsquo;à moitié. « C&rsquo;est un véritable scandale », estime le secrétaire général CGT de l&rsquo;établissement. Selon la Cour des comptes, les investissements indispensables à l&rsquo;adaptation des bâtiments hospitaliers « restent à chiffrer », alors que la France s&rsquo;attend à une multiplication des épisodes caniculaires. Entre 2017 et 2024, plus de 34 000 décès sont directement liés à la chaleur. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Vingt-trois ans après la canicule de 2003 et ses 15 000 morts, le système hospitalier français n&rsquo;est toujours pas adapté. Ce n&rsquo;est pas une question technologique. C&rsquo;est une question de priorités budgétaires et de volonté politique.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Le piège des réfrigérants « verts » : une substitution regrettable</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis les années 2010, l&rsquo;Europe impose la transition des fluides frigorigènes pour réduire leur potentiel de réchauffement global. Objectif atteint sur le climat direct, mais avec une externalité non anticipée : l&rsquo;accumulation d&rsquo;acide trifluoroacétique, ou TFA, un polluant ultra-persistant appartenant à la famille des PFAS. Le HFO-1234yf, désormais obligatoire dans les climatisations automobiles neuves, se dégrade quasi intégralement en TFA dans l&rsquo;atmosphère en quelques jours. Des modélisations montrent une multiplication par 20 à 250 fois des dépôts locaux par rapport à l&rsquo;ancien R-134a. Le TFA n&rsquo;est pas hautement toxique aux concentrations actuelles pour l&rsquo;humain, mais sa persistance et sa mobilité dans les eaux souterraines posent des questions sérieuses à long terme pour les écosystèmes aquatiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La solution existe et est disponible : les fluides naturels. Le R290 (propane) et le CO2 ont un potentiel de réchauffement quasi nul et ne produisent pas de TFA. Le R32, courant dans les climatisations résidentielles, en produit très peu. Ces technologies progressent sur le marché européen, y compris dans les splits résidentiels, malgré les contraintes d&rsquo;inflammabilité que la conception moderne gère efficacement. Accélérer leur adoption est possible dès aujourd&rsquo;hui, à condition que la réglementation l&rsquo;exige et que la formation des installateurs suive.<br></p>



<h3 class="wp-block-heading">Ce qu&rsquo;une stratégie rationnelle pourrait faire</h3>



<p class="wp-block-paragraph">On pourrait donner la priorité aux solutions passives : isolation, protections solaires, végétalisation, conception bioclimatique, qui restent les plus efficaces à long terme et les moins coûteuses en énergie.</p>



<p class="wp-block-paragraph"> On pourrait prévoir la climatisation obligatoire et immédiate dans les lieux sensibles : hôpitaux, EHPAD, services d&rsquo;urgence, services de réanimation, maternités, établissements accueillant des personnes âgées ou handicapées. Ce n&rsquo;est pas un luxe, plutôt une obligation de sécurité des soins dont l&rsquo;absence engage la responsabilité des établissements et de l&rsquo;État.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Concernant la réglementation des fluides frigorigènes, on pourrait: interdire rapidement les HFO émetteurs de TFA, soutenir la formation aux fluides naturels, encourager les réseaux de froid urbains collectifs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Enfin, promouvoir un réglage raisonnable serait utile : thermostat à 26°C minimum dans les espaces climatisés réduit à la fois la consommation énergétique et l&rsquo;effet d&rsquo;îlot de chaleur.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Ce que le débat élude</h3>



<p class="wp-block-paragraph">La vraie question n&rsquo;est ni « faut-il la climatisation ? » ni « est-elle écologique ? ». Elle est : pourquoi la France, deuxième économie de la zone euro, avec les prélèvements obligatoires parmi les plus élevés du monde développé et des dépenses de santé à 11,4 % du PIB, n&rsquo;est-elle toujours pas capable de climatiser ses hôpitaux vingt-trois ans après 15 000 morts en raison de la canicule ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">La réponse à cette question n&rsquo;est ni dans la physique des réfrigérants ni dans les discours des partis politiques. Elle est dans les choix budgétaires, les priorités d&rsquo;investissement, et la capacité du système de santé à anticiper plutôt qu&rsquo;à réagir. Sur ce point, le bilan est accablant.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Illustration : Andrea pour Science infused</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



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			</item>
		<item>
		<title>RE2020 : quand la réglementation thermique décourage l&#8217;adaptation aux canicules</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Nathalie A.]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 24 Jun 2026 13:52:55 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Analyse]]></category>
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		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Politique et Général]]></category>
		<category><![CDATA[Santé publique]]></category>
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					<description><![CDATA[La Réglementation Environnementale 2020 est fournie (près de 2 000 pages) et ambitieuse sur le papier. Sur le terrain, elle]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h3 class="wp-block-heading"><em><em><em>La Réglementation Environnementale 2020 est fournie (près de 2 000 pages) et ambitieuse sur le papier. Sur le terrain, elle produit des logements neufs performants l&rsquo;hiver et potentiellement invivables l&rsquo;été. Un paradoxe réglementaire qui mérite d&rsquo;être dénoncé.</em></em></em></h3>



<h3 class="wp-block-heading">Les ambitions de la réglementation RE2020 <br></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Entrée en vigueur le 1er janvier 2022, la RE2020 remplace la RT2012 avec trois objectifs affichés : réduire la consommation d&rsquo;énergie primaire, limiter l&#8217;empreinte carbone sur tout le cycle de vie des bâtiments et garantir un confort d&rsquo;été acceptable face au réchauffement climatique. Ce troisième objectif est le plus récent et le plus ambitieux. Il s&rsquo;appuie sur un indicateur de confort d&rsquo;été dit « degrés-heures d&rsquo;inconfort » (DH), qui limite le nombre d&rsquo;heures où la température intérieure dépasse 26 °C, pondéré par l&rsquo;intensité du dépassement.</p><div id="citiz-1464727825" class="citiz-contenu citiz-entity-placement"><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-9064228701299411" crossorigin="anonymous"></script><ins class="adsbygoogle" style="display:block;" data-ad-client="ca-pub-9064228701299411" 
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<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;intention est louable et scientifiquement fondée, à savoir anticiper des canicules plus fréquentes et plus intenses. C&rsquo;est précisément là que le bât blesse.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Une météo de référence qui date et un scénario d&rsquo;occupation dépassé<br></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le calcul conventionnel de la RE2020 repose sur des données météorologiques couvrant la période 2000-2018, auxquelles s&rsquo;ajoute un modèle de séquence caniculaire inspirée d&rsquo;août 2003. En 2026, cette base est déjà obsolète : les canicules de 2019, 2022 et 2023 ont établi de nouveaux records qui ne figurent pas dans les données de référence. Calibrer la résilience thermique des bâtiments construits pour les cinquante prochaines années sur des données anciennes et donc osbolètes est une incohérence méthodologique que les acteurs du secteur signalent depuis plusieurs années.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le scénario d&rsquo;occupation est tout aussi problématique. Le calcul suppose un logement inoccupé entre 10 h et 18 h au moins quatre jours par semaine. Ce modèle, hérité d&rsquo;une époque antérieure au télétravail massif, sous-estime fortement l&rsquo;exposition réelle à la chaleur diurne pour les retraités, les familles avec enfants en bas âge et les télétravailleurs, soit une fraction importante et croissante de la population. Seules les heures d&rsquo;occupation théoriques comptant dans le calcul, l&rsquo;indicateur DH devient peu représentatif de la réalité vécue.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC11002455/" target="_blank" rel="noreferrer noopener"></a><br></p>



<h3 class="wp-block-heading">La climatisation découragée de fait, sans être interdite de droit<br></h3>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est le paradoxe central du dispositif. La RE2020 n&rsquo;interdit pas explicitement la climatisation, mais la rend réglementairement très pénalisante. Déclarer un système de rafraîchissement, y compris une pompe à chaleur réversible à fluide naturel, oblige le logiciel de calcul à simuler un maintien strict à 26°C en continu, sans valoriser la ventilation nocturne ni les ouvertures. Pour compenser cette pénalisation dans les indicateurs, il faut surdimensionner l&rsquo;enveloppe thermique, ce qui augmente fortement les coûts de construction.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La conséquence pratique est documentée par les acteurs du secteur : beaucoup de constructeurs choisissent de ne pas déclarer le mode froid, voire de désactiver le mode rafraîchissement sur les pompes à chaleur, particulièrement en logement collectif et en logement social. Le résultat est un contournement généralisé qui pose des questions sérieuses de conformité, de garanties constructeur et de responsabilité en cas de sinistre lié à la chaleur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le coefficient de conversion de l&rsquo;électricité en énergie primaire, fixé à 2,3, amplifie cette pénalisation. Ce coefficient, hérité d&rsquo;une époque où l&rsquo;électricité française était moins décarbonée, ne reflète pas la réalité d&rsquo;un mix électrique dont l&rsquo;intensité carbone est parmi les plus basses d&rsquo;Europe, particulièrement en été quand le nucléaire et les énergies renouvelables fonctionnent à plein régime. Pénaliser la climatisation électrique dans un pays où l&rsquo;électricité estivale est quasi décarbonée revient à sanctionner précisément la solution la moins émissive.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Biais géographique nordiste</h3>



<p class="wp-block-paragraph">La RE2020 applique des seuils de zones qui reconnaissent en théorie les différences climatiques entre le Nord et le Sud de la France. En pratique, les retours d&rsquo;expérience des constructeurs et des bureaux d&rsquo;études montrent que les contraintes restent trop uniformes pour des réalités aussi contrastées que Lille et Marseille. Dans le Sud, où la climatisation progresse naturellement dans le parc existant et où elle n&rsquo;est plus perçue comme un luxe mais comme une nécessité sanitaire, les contraintes de la RE2020 créent une distorsion entre bâtiments anciens équipés et bâtiments neufs non climatisés de fait.<br></p>



<h3 class="wp-block-heading">Ajustements insuffisants<br></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Des mises à jour ont été apportées en 2025 et 2026, notamment par le décret n° 2026-16 du 15 janvier 2026 et l&rsquo;arrêté du 19 mars 2026, applicables aux demandes de permis postérieures à mai-juillet 2026. Ces ajustements reconnaissent certaines limites du dispositif initial. Mais les acteurs du secteur, bureaux d&rsquo;études thermiques, promoteurs et organisations professionnelles du bâtiment, les jugent insuffisants face à l&rsquo;ampleur du problème. La complexité du dispositif en termes de prescription, soit plus de 1 800 pages de méthodes de calcul, reste un frein à son appropriation et à son application cohérente sur le terrain.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Tension entre mitigation et adaptation<br></h3>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est ici que le débat réglementaire rejoint les enjeux climatiques de fond. La science est claire sur les deux impératifs simultanés : réduire les émissions pour limiter le réchauffement futur, et adapter les bâtiments au réchauffement déjà engagé et inévitable. Ces deux impératifs ne sont pas opposés, mais ils peuvent entrer en tension dans une réglementation qui privilégie l&rsquo;un au détriment de l&rsquo;autre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Refroidir passivement un bâtiment lors d&rsquo;une canicule de plusieurs jours consécutifs est souvent impossible en milieu urbain dense, quelle que soit la qualité de son isolation. Les pompes à chaleur réversibles modernes avec fluides à faible potentiel de réchauffement, comme le R290, offrent une solution à empreinte carbone modérée dans le contexte électrique français. Les pénaliser réglementairement dans un pays où l&rsquo;électricité est décarbonée n&rsquo;est pas une politique climatique rationnelle : c&rsquo;est sanctionner la bonne technologie au nom d&rsquo;un indicateur mal calibré.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Face aux canicules qui tuent et qui vont s&rsquo;intensifier, une réglementation qui décourage de fait l&rsquo;adaptation individuelle et collective mérite d&rsquo;être révisée avec la même ambition scientifique que celle qui a présidé à sa création. Des assouplissements zonaux, une actualisation régulière des scénarios météo et d&rsquo;occupation, et une valorisation plus intelligente du rafraîchissement décarboné : ces ajustements sont techniquement réalisables et scientifiquement cohérents.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Construire aujourd&rsquo;hui des logements qui seront invivables lors des canicules de 2035 n&rsquo;est pas de la transition écologique. C&rsquo;est une erreur de planification et un danger pour la santé publique.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Illustration : Andrea pour Science infused</em></p>



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		<item>
		<title>Canicule précoce en Europe : le rôle d&#8217; El Niño et les perspectives pour cet été</title>
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		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 21 Jun 2026 07:35:30 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Climat]]></category>
		<category><![CDATA[Europe]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
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					<description><![CDATA[L’Europe traverse en ce mois de juin 2026 une vague de chaleur précoce et intense. Plusieurs pays, dont la France,]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h3 class="wp-block-heading">L’Europe traverse en ce mois de juin 2026 une vague de chaleur précoce et intense. Plusieurs pays, dont la France, l’Espagne, l’Italie et le Portugal, ont déjà enregistré des températures exceptionnelles pour la saison, avec des records locaux dépassant les 40 °C. Alors que les vacances d’été approchent, la question se pose naturellement : cet épisode annonce-t-il un été globalement plus chaud que la moyenne ?</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Alors que l&rsquo;été débarque officiellement sur le calendrier,  il nous paraît bien entamé avec la chaleur qui s&rsquo;est installé depuis quelques jours. La canicule est-elle installée pour l&rsquo;été ?  Pour comprendre les perspectives des prochains mois, les météorologues scrutent un phénomène majeur qui se développe dans le Pacifique : El Niño.</p><div id="citiz-2817455206" class="citiz-contenu citiz-entity-placement"><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-9064228701299411" crossorigin="anonymous"></script><ins class="adsbygoogle" style="display:block;" data-ad-client="ca-pub-9064228701299411" 
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<p class="wp-block-paragraph"> </p>



<h3 class="wp-block-heading">Qu’est-ce qu’El Niño ?</h3>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://climate.copernicus.eu/">El Niño </a>est un phénomène climatique naturel cyclique qui se produit dans l’océan Pacifique tropical. En conditions normales, les alizés soufflent d’est en ouest, poussant les eaux chaudes vers l’Indonésie et l’Australie. Cela provoque une remontée d’eaux froides et riches en nutriments le long des côtes sud-américaines (« upwelling »).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lors d’un El Niño, les alizés s’affaiblissent ou s’inversent. Les eaux chaudes s’étendent alors vers l’est, modifiant les circulations atmosphériques à l’échelle planétaire. Ce réchauffement des eaux du Pacifique tend à augmenter la<a href="https://www.cpc.ncep.noaa.gov/products/analysis_monitoring/enso_advisory/"> température moyenne mondiale</a> et à redistribuer les précipitations et les sécheresses.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Son opposé, La Niña, correspond à un renforcement des alizés et un refroidissement des eaux du Pacifique central et oriental. La Niña a généralement l’effet inverse : elle refroidit légèrement le globe et accentue les contrastes (plus de sécheresse en Amérique du Sud, plus de pluies en Australie et en Asie du Sud-Est).</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h3 class="wp-block-heading">Impacts régionaux attendus en Europe et en Amérique</h3>



<p class="wp-block-paragraph">En Europe, un El Niño modéré à fort tend à favoriser des étés plus chauds et secs sur l’ouest et le centre du continent, avec un risque accru de vagues de chaleur et de sécheresses agricoles. Les régions méditerranéennes (Espagne, Italie, sud de la France) sont particulièrement exposées.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En Amérique, les effets sont plus contrastés : fortes pluies et risques d’inondations attendus sur les côtes du Pérou et de l’Équateur, tandis que des conditions plus sèches et chaudes sont probables dans certaines régions du sud des États-Unis et du nord du Mexique. Le Brésil et l’Argentine pourraient connaître une variabilité importante selon l’intensité du phénomène.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC11002455/" target="_blank" rel="noreferrer noopener"></a><br></p>



<h3 class="wp-block-heading">À quoi s&rsquo;attendre ?</h3>



<p class="wp-block-paragraph">L’été 2026 ne sera probablement pas un été ordinaire du point de vue de la <a href="https://meteofrance.com/">météo</a>. Avec un El Niño en développement sur un fond de réchauffement global, les probabilités penchent clairement vers des températures supérieures à la moyenne et un risque accru de canicules, particulièrement en juillet et août. Sans verser dans l’alarmisme, il est raisonnable de s’attendre à un été chaud, potentiellement marqué par plusieurs épisodes de forte chaleur.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Illustration : Andrea pour Science infused</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



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			</item>
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		<title>Cadmium dans les engrais : une polémique qui en dit long sur notre rapport à la science et au principe de précaution</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Nathalie A.]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 06 Jun 2026 13:17:24 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Agriculture]]></category>
		<category><![CDATA[Analyse]]></category>
		<category><![CDATA[Économie]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[Juridique]]></category>
		<category><![CDATA[Médias]]></category>
		<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Santé publique]]></category>
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					<description><![CDATA[Le 3 juin 2026, l&#8217;Assemblée nationale a adopté à l&#8217;écrasante majorité une proposition de loi divisant par 4,5 le seuil]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h3 class="wp-block-heading"><em><em>Le 3 juin 2026, l&rsquo;Assemblée nationale a adopté à l&rsquo;écrasante majorité une proposition de loi divisant par 4,5 le seuil de cadmium autorisé dans les engrais phosphatés. Contre l&rsquo;avis du gouvernement, qui voulait attendre 2038 pour atteindre le même objectif. Quinze ans après les premières alertes de l&rsquo;ANSES et un corpus de données scientifiques accablant sur ce métal lourd toxique</em></em></h3>



<h3 class="wp-block-heading">Les faits : ce que dit la science depuis quinze ans</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Commençons par les chiffres, ceux que l&rsquo;ANSES documente depuis maintenant une quinzaine d&rsquo;années et que personne ne conteste sérieusement. Près de la moitié de la population adulte française, soit 48 %, dépasse les valeurs toxicologiques de référence pour le cadmium. Ce métal lourd s&rsquo;accumule dans les sols via les engrais phosphatés importés principalement d&rsquo;Afrique du Nord, passe dans les cultures, et finit dans les assiettes : céréales, pommes de terre, pain. Les toxicologues du CNRS rappellent qu&rsquo;il atteint les organes vitaux, touchant le système cardiovasculaire, les reins, les seins, les os, la vessie et le pancréas.</p><div id="citiz-420088578" class="citiz-contenu citiz-entity-placement"><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-9064228701299411" crossorigin="anonymous"></script><ins class="adsbygoogle" style="display:block;" data-ad-client="ca-pub-9064228701299411" 
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<p class="wp-block-paragraph">Le cadmium est un métal lourd, toxique, dont les effets sur la santé humaine sont largement documentés. Les atteintes les mieux établies concernent le rein, l’os, le système respiratoire et la cancérogénicité pulmonaire. D’autres effets, moins bien caractérisés, sont à ce stade uniquement suspectés car une relation de causalité n&rsquo;a pas été prouvée : cela concerne la reproduction, certains cancers et des perturbations métaboliques. Les données proviennent principalement d’études professionnelles, d’expositions environnementales chroniques et d’intoxications aiguës accidentelles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La France autorisait jusqu&rsquo;ici 90 mg/kg de cadmium dans ses engrais phosphatés. Le seuil européen est déjà à 60 mg/kg, et des pays comme la Finlande, la Hongrie ou la Slovaquie ont fixé leur limite à 20 mg/kg. La France se trouvait donc en exception européenne, dans le mauvais sens du terme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À partir du 16 juin 2026, le dépistage de l&rsquo;exposition au cadmium en laboratoire de ville sera remboursé par l&rsquo;Assurance maladie pour les personnes à risque, ce qui traduit en actes concrets la reconnaissance officielle du problème de santé publique. </p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h3 class="wp-block-heading">Le projet de loi Benoît Biteau</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le 3 juin 2026, l&rsquo;Assemblée nationale a adopté une <a href="https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/textes/l17t0300_texte-adopte-seance">proposition de loi</a> prévoyant un abaissement progressif de la teneur maximale en cadmium dans les engrais phosphatés : 40 mg/kg de phosphate dès 2027, puis 20 mg/kg en 2030. Ces seuils correspondent aux recommandations de l&rsquo;ANSES.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le texte, constitué d&rsquo;un article unique, est porté par le député écologiste Benoît Biteau, ingénieur agronome de formation, a été adopté par 144 voix contre 22, contre l&rsquo;avis du gouvernement, qui défendait une trajectoire concurrente : 60 mg/kg en 2027, 40 mg/kg en 2030, et 20 mg/kg seulement avant 2038, soit huit ans de retard sur la trajectoire finalement adoptée. La proposition est transpartisane, cosignée par 108 députés de gauche, du centre et de droite.  Le texte doit entrer en vigueur le 1er janvier 2027.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC11002455/" target="_blank" rel="noreferrer noopener"></a><br></p>



<h3 class="wp-block-heading">L&rsquo;argument économique : 2 euros contre 2,6 milliards<br></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le lobby agricole a agité la menace du surcoût pour les agriculteurs. Les chiffres contredisent cet argument frontalement. L&rsquo;ANSES précise que les techniques de décadmiation existantes peuvent décontaminer les engrais phosphatés à un coût « raisonnable ». Benoît Biteau a chiffré ce coût à 2 euros par hectare et par an après discussion avec des fabricants d&rsquo;engrais. À l&rsquo;inverse, le coût sanitaire de l&rsquo;inaction pourrait atteindre 2,6 milliards d&rsquo;euros pour le seul risque sanitaire que constitue l&rsquo;ostéoporose, pathologie induite par la toxicité rénale du cadmium.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et surtout, l&rsquo;argument de la rupture d&rsquo;approvisionnement s&rsquo;effondre face à un fait simple : le géant marocain OCP, principal fournisseur de la France en engrais phosphatés, assure que tous ses engrais commercialisés dans l&rsquo;Union européenne contiennent déjà moins de 20 mg/kg de cadmium. La technique existe, elle est disponible, le principal fournisseur la pratique déjà pour le marché européen. Le problème n&rsquo;était donc pas technique. Il était politique.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h3 class="wp-block-heading">Ce que le débat révèle sur notre rapport à la science</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le débat autour de cette loi a produit deux types de résistances qu&rsquo;il faut distinguer soigneusement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La première est politique et industrielle. Des députés, notamment du RN et d&rsquo;une partie de la droite, ont contesté les données ou plaidé pour des délais supplémentaires. Le député RN Eddy Casterman affirmait en février lors des débats sur une version précédente du texte qu' »aucune étude scientifique ne permet d&rsquo;établir un lien direct entre la présence de cadmium chez l&rsquo;être humain et l&rsquo;agriculture. » C&rsquo;est une inexactitude documentée. L&rsquo;ANSES suit ce dossier depuis quinze ans, et les données sur l&rsquo;accumulation dans les sols agricoles ne sont pas sérieusement contestées.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La seconde résistance vient de voix extérieures au domaine de « l&rsquo;épidémiologie environnementale », qui ont contesté sur les réseaux sociaux les arguments médicaux avancés lors des discussions parlementaires, notamment sur le lien entre cadmium et cancer du pancréas. Sur le fond, voici ce que la littérature dit réellement. Le cadmium est classé cancérogène du groupe 1 par le CIRC. La <a href="https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC12040173/">méta-analyse de onze études épidémiologiques publiée dans PLOS One</a> montre une association significative entre l&rsquo;exposition au cadmium et le cancer du pancréas, avec une relation dose-réponse et des mécanismes biologiques plausibles incluant la génération de radicaux libres, l&rsquo;induction d&rsquo;une inflammation chronique et l&rsquo;interférence avec les mécanismes de réparation de l&rsquo;ADN. La corrélation existe, des mécanismes explicatifs de causalité existent et sont cohérents, mais &lsquo;absence de causalité directe solidement établie est manquante et c&rsquo;est un point clé : on ne peut donc affirmer cette causalité. Cependant, cela n&rsquo;équivaut pas à une preuve d&rsquo;innocuité. C&rsquo;est le principe de précaution dans son application la plus raisonnée : quand les données disponibles montrent une association significative, des mécanismes plausibles, et que le coût économique de l&rsquo;action est de 2 euros par hectare pour supprimer le risque, il ne paraît pas aberrant de considerer que la charge de la preuve s&rsquo;inverse et qu&rsquo;il vaut mieux agir.</p>



<h3 class="wp-block-heading">La position de la FNSEA que personne n&rsquo;a vu venir<br></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Un fait a été largement sous-traité dans la couverture médiatique de ce débat sur le cadmium. La FNSEA, premier syndicat agricole français, pourtant prompt à batailler contre les normes et les contraintes, s&rsquo;est déclarée favorable à une législation plus contraignante et au respect des recommandations de l&rsquo;ANSES. Son président Arnaud Rousseau a déclaré sur France Inter : « Quand il y a des préconisations qui sont faites par une agence sanitaire européenne ou nationale, il me paraît important de suivre ces préconisations. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quand le principal syndicat agricole français est plus avancé que le gouvernement sur une question de santé publique documentée par ses propres agences, on peut clairement y voir le signal d&rsquo;un dysfonctionnement politique, pas d&rsquo;un débat scientifique.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h3 class="wp-block-heading">Critique de la bonne et de la mauvaise foi : un édito révélateur dans Le Point</h3>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://www.lepoint.fr/societe/cadmium-le-poison-du-populisme-YZUUAJBA6JGN7D7HIIQRVQTUEE/">L&rsquo;éditorial publié par Géraldine Woessner dans Le Point le 5 juin 2026</a> intitulé « Cadmium : le poison du populisme » qui critique vivement l&rsquo;adoption de la loi et la considère inutile, mérite une analyse rigoureuse parce qu&rsquo;il nous apparaît comme particulièrement instructif. Il contient de vrais  arguments, malheureusement noyés dans une rhétorique qui les compromet.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui est juste, c&rsquo;est que le rôle du tabac est effectivement sous-traité dans le débat public sur le cadmium. L&rsquo;ANSES le documente clairement dans son rapport de février 2026. Parmi les adultes dépassant les seuils critiques de cadmiurie (taux de cadmium dans l&rsquo;urine), l&rsquo;écrasante majorité sont fumeurs ou anciens fumeurs, le tabac doublant ou triplant l&rsquo;exposition. Cette information méritait d&rsquo;être davantage présente dans la couverture médiatique du vote. Madame Woessner a également raison sur le fait que l&rsquo;impact à court terme de la loi sur les stocks de cadmium dans les sols sera marginal. Less données de l&rsquo;INRAE sont claires sur ce point. Réduire les flux entrants est une mesure de long terme, pas un remède immédiat. Ce sont des arguments légitimes qui méritent d&rsquo;être entendus.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui est problématique est plus important. Le titre « poison du populisme » et le ton global de l&rsquo;article assimilent d&#8217;emblée toute politique environnementale ambitieuse au populisme, confondant délibérément le fond du texte, qui porte une recommandation de l&rsquo;ANSES, avec les usages politiques qui en ont été faits par certains. C&rsquo;est un biais de cadrage idéologique, pas une analyse.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;affirmation que « le cadmium n&rsquo;est pas cancérogène par ingestion, seulement par inhalation » est sélective et incomplète. Le CIRC classe le cadmium cancérogène du groupe 1 dans une évaluation globale de l&rsquo;exposition. La méta-analyse publiée dans PLOS One sur le cancer du pancréas n&rsquo;est pas mentionnée. Woessner cite la classification CIRC de façon partielle pour étayer une démonstration préalablement construite.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;argument des « 0,1 % du stock total » est techniquement exact mais rhétoriquement trompeur. Réduire les flux entrants est par définition une mesure de long terme. Dire que ça « ne changera rien » parce que le stock existant est dominant, c&rsquo;est le raisonnement de l&rsquo;inaction habillé en pragmatisme : le même argument a été utilisé pendant des décennies pour retarder la lutte contre les émissions de CO2.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le cas des enfants est esquivé. Madame Woessner mentionne que 23 à 27 % des enfants dépassent les apports quotidiens sûrs, puis concentre immédiatement son attention sur les fumeurs adultes. Or les enfants sont non-fumeurs, leur exposition est exclusivement alimentaire, et réduire le cadmium dans les engrais agit directement sur leur exposition future.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Enfin, l&rsquo;argument qui nous paraît assez retors est que Mme Woessner écrit que « les engrais marocains sont déjà à 20 mg/kg » pour suggérer que la loi est inutile. Mais c&rsquo;est exactement l&rsquo;argument qui prouve que la loi est applicable sans rupture d&rsquo;approvisionnement. Elle retourne involontairement l&rsquo;un de ses propres arguments.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le passage final, qui place sur le même plan le cadmium, les pesticides et les « ondes 5G », est une technique d&rsquo;amalgame classique : en associant la loi à « l&rsquo;obscurantisme de tous poils », l&rsquo;article discrédite par association une mesure recommandée par l&rsquo;ANSES et soutenue par la FNSEA. C&rsquo;est un catalogue de biais cognitifs remarquablement bien documenté dans un seul texte : l&rsquo;homme de paille, l&rsquo;amalgame, la sélection partielle des données, le cadrage idéologique préalable, et le glissement vers la rhétorique là où l&rsquo;argument factuel s&rsquo;épuise. Le Point le sait, prenant la précaution d&rsquo;étiqueter ce pamphlet comme une éditorial, c&rsquo;est-à-dire l&rsquo;expression d&rsquo;une opinion, et non comme un article joournalistique, malgré qu&rsquo;il en ait toutes les caractéristiques de longueur et de structure.<br></p>



<h3 class="wp-block-heading">Ce qui reste à faire</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le gouvernement s&rsquo;est opposé au texte, estimant que ce calendrier est trop contraignant pour la filière agricole. La loi doit encore passer au Sénat, où son sort est incertain. Des décrets d&rsquo;application, un contrôle renforcé des importations et un accompagnement de la filière agricole dans la transition seront nécessaires pour que le texte produise ses effets réels sur l&rsquo;exposition de la population.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;<a href="https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=CELEX%3A32019R1009">article 49 du règlement européen 2019/1009</a> prévoit un réexamen des valeurs limites pour la teneur en cadmium au plus tard le 16 juillet 2026, qui devrait aboutir à un nouveau seuil européen à 40 mg/kg en 2027. La loi française, si elle résiste au Sénat, anticipe et dépasse cette évolution européenne, ce qui est cohérent avec l&rsquo;ampleur de la surexposition documentée sur le territoire national.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quinze ans d&rsquo;alertes de l&rsquo;ANSES, 48 % d&rsquo;adultes surexposés, un coût sanitaire de l&rsquo;inaction chiffré en milliards, une technique de décontamination disponible à 2 euros par hectare, et le principal fournisseur d&rsquo;engrais qui pratique déjà la décadmiation pour le marché européen : le retard accumulé n&rsquo;est pas scientifique. Il est politique. Et c&rsquo;est précisément ce que ce vote du 3 juin 2026, contre l&rsquo;avis du gouvernement, dit le plus clairement.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Illustration : Andrea pour Science infused</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



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		<title>&#8216;Lettres de Madame de Sévigné &#8211; Féministe baroque&#8217; au théâtre Poche Montparnasse</title>
		<link>https://citizen4science.org/lettres-de-madame-de-sevigne-feministe-baroque-au-theatre-poche-montparnasse/</link>
					<comments>https://citizen4science.org/lettres-de-madame-de-sevigne-feministe-baroque-au-theatre-poche-montparnasse/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Alain Girodet]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 03 Jun 2026 22:37:02 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Arts]]></category>
		<category><![CDATA[Critique théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
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					<description><![CDATA[C’est à l’occasion du 400e anniversaire de la naissance de Marie de Rabutin-Chantal, plus connue sous le nom de Marquise]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap has-medium-font-size wp-block-paragraph">C’est à l’occasion du 400<sup>e</sup> anniversaire de la naissance de Marie de Rabutin-Chantal, plus connue sous le nom de Marquise de Sévigné, que Sébastien Lapaque a conçu de rassembler quelques-unes des célèbres lettres de la Marquise afin d’en composer un spectacle. Ainsi, tandis que la toujours charmante Béatrice Agenin est chargée de lire les dites lettres, lui-même, Sébastien Lapaque, aimable amphitryon aux faux airs de Michel Fau, nous explique et nous détaille le contexte culturel du grand siècle, le XVIIe.</p><div id="citiz-3006046501" class="citiz-contenu citiz-entity-placement"><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-9064228701299411" crossorigin="anonymous"></script><ins class="adsbygoogle" style="display:block;" data-ad-client="ca-pub-9064228701299411" 
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<p class="has-medium-font-size wp-block-paragraph">La Marquise de Sévigné, on le sait, n’avait, à l’origine aucune volonté littéraire et aucun désir de publication. Comme elle était séparée de sa fille, à cause du mariage de cette dernière avec le Comte de Grignan, originaire de la Drôme provençale, elle se résolut à lui écrire tous les jours pour maintenir entre elles le lien affectueux. Étant donné que la Marquise de Sévigné fréquentait plus ou moins la Cour de Versailles ainsi que bon nombre d’artistes et d’intellectuels de son époque, l’ensemble des missives, réunies par la suite, constitue une sorte de journal quotidien des nouvelles de la famille royale et de la société parisienne.</p>



<p class="has-medium-font-size wp-block-paragraph">Certes, la prose est agréable et bien tournée. Certes, certaines anecdotes sont amusantes, et l’on sourit de cette jeune femme qui vendit sa liberté et sa virginité pour devenir Duchesse et bénéficier ainsi du privilège de s’asseoir sur un tabouret en présence de la famille royale alors que tout le monde devait rester debout. Ou encore de cette autre Marquise prête à sacrifier sa pudeur pour être jetée nue en pleine mer, remède considéré, à l’époque, comme tout à fait salutaire contre les attaques de la rage. Certes, la bonne Marquise nous distraie à citer Descartes, détester Racine et écouter Bourdaloue, mais il est néanmoins difficile, comme le voudrait Sébastien Laplaque, d’en faire une égérie avant l’heure du féminisme, une sorte de chantre de l’égalité républicaine, une ancêtre des modernes influenceuses du Web et de considérer sa correspondance comme l’Instagram du grand siècle.</p>



<p class="has-medium-font-size wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">Quelle que soit la bonne volonté de Béatrice Agenin et de Sébastien Laplaque, la Marquise de Sévigné continue à n’être que naphtaline et vieilles dentelles.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Lettres choisies et commentées par Sébastien Lapaque<br>Lecture des lettres par Béatrice Agenin<br>Lumière : Yves Angelo</em></p>



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<p class="has-small-font-size wp-block-paragraph"></p>



<p class="has-small-font-size wp-block-paragraph">Théâtre Poche Montparnasse &#8211; 75 boulevard du Montparnasse &#8211; 75006 Paris</p>



<p class="has-small-font-size wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Science infuse&nbsp;est un service de presse en ligne agréé (n° 0329 x 94873) piloté par&nbsp;Citizen4Science, association à but non lucratif d’information et de médiation scientifique.<br>Notre média dépend entièrement de ses lecteur pour continuer à informer, analyser, avec un angle souvent différent car farouchement indépendant. Pour nous soutenir, et soutenir la presse indépendante et sa pluralité, faites un don pour que notre section presse reste d’accès gratuit, et abonnez-vous à la newsletter gratuite également&nbsp;!.</em></p>



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			</item>
		<item>
		<title>Bots, personas IA et science de façade : les nouvelles fabriques du militantisme et de l&#8217;infodémie</title>
		<link>https://citizen4science.org/bots-personas-ia-et-science-de-facade-les-nouvelles-fabriques-du-militantisme-et-de-linfodemie/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Fabienne Blum]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 01 Jun 2026 09:46:43 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Analyse]]></category>
		<category><![CDATA[Chatbots]]></category>
		<category><![CDATA[Désinformation]]></category>
		<category><![CDATA[Fact-checking]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
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		<category><![CDATA[Juridique]]></category>
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		<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Réseaux sociaux]]></category>
		<category><![CDATA[Technologie]]></category>
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					<description><![CDATA[Sur X (ex Twitter) et ailleurs, des milliers de comptes automatisés se font passer pour ce qu&#8217;ils ne sont pas.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h3 class="wp-block-heading"><em><em>Sur X (ex Twitter) et ailleurs, des milliers de comptes automatisés se font passer pour ce qu&rsquo;ils ne sont pas. Le phénomène n&rsquo;est pas nouveau, mais l&rsquo;IA l&rsquo;a industrialisé. Quand la presse et les médias de premier plan relaient de façon coordonné une nouvelle muture qui cache son jeu</em></em> <em><em>sans la moindre distance critique, le problème change de nature.</em></em></h3>



<h3 class="wp-block-heading">Un écosystème de l&rsquo;imposture désormais banalisé<br></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Les bots (robots) de rabattage ne sont pas une nouveauté sur les réseaux sociaux. Ce qui est nouveau, c&rsquo;est leur sophistication croissante et leur prolifération massive depuis deux ou trois ans, rendue possible par la démocratisation des outils d&rsquo;intelligence artificielle générative. Le <a href="https://www.imperva.com/resources/resource-library/reports/bad-bot-report/">rapport Bad Bot 2025</a> d&rsquo;Imperva documente une explosion des bots indétectables, favorisée par l&rsquo;IA, qui dominent désormais une part significative du trafic internet mondial, avec la santé parmi les secteurs les plus ciblés.</p><div id="citiz-1426016416" class="citiz-contenu citiz-entity-placement"><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-9064228701299411" crossorigin="anonymous"></script><ins class="adsbygoogle" style="display:block;" data-ad-client="ca-pub-9064228701299411" 
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<p class="wp-block-paragraph">Le modèle de base est simple et rodé. Un compte crée une identité, avec un avatar réaliste généré par IA, une biographie qui sonne humaine et une personnalité cohérente. Le compte publie du contenu dans une niche porteuse, type santé, nutrition, développement personnel, crypto, bien-être, science. Il engage, répond, commente&#8230; et glisse régulièrement, dans ses réponses ou en biographie, un lien vers un contenu payant ou un blog. L&rsquo;algorithme fait le reste, en récompensant l&rsquo;engagement pour amplifier la visibilité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Des études documentent comment ces comptes hyperactifs jouent un rôle central dans la dissémination de narratifs, en dominant les métriques d&rsquo;engagement des plateformes et en influençant le classement algorithmique des fils. Ce n&rsquo;est pas de l&rsquo;information. C&rsquo;est de l&rsquo;optimisation d&rsquo;audience déguisée en conversation pédagogique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le domaine de la santé en particulier, la forme la plus répandue est le compte « expert » ou « passionné » : un avatar de médecin, nutritionniste ou coach bien-être qui répond aux questions sur le cancer, le diabète, les vaccins, les compléments alimentaires, et oriente systématiquement vers un produit ou une formation payante. Certains de ces comptes vont plus loin et se présentent explicitement comme des fact-checkers santé ou des combattants de la désinformation en matière de médicaments, ce qui leur confère une légitimité apparente qui rend leur influence d&rsquo;autant plus dangereuse. Des études publiées sur le rôle des bots pendant la pandémie Covid ont montré leur présence significative aussi bien dans les réseaux pro-vaccination qu&rsquo;anti-vaccination, amplifiant les deux camps selon les intérêts de leurs opérateurs.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h3 class="wp-block-heading">La nouvelle génération des personas IA assumées<br></h3>



<p class="wp-block-paragraph">La tendance depuis 2024 va plus loin que le bot caché. Elle produit ce qu&rsquo;on appelle les « AI personas ». Ce sont des comptes qui affichent ouvertement leur nature artificielle, construisent une identité fictive cohérente avec un nom, une histoire, des opinions, et opèrent comme des influenceurs à part entière. Une enquête <a href="https://sproutsocial.com/insights/the-state-of-social-media/">Sprout Social Pulse</a> révèle que 46 % des utilisateurs se disent mal à l&rsquo;aise face à des marques utilisant des influenceurs virtuels, ce qui n&rsquo;a pas freiné leur prolifération. La transparence sur la nature artificielle du compte est devenue, paradoxalement, un argument de différenciation plutôt qu&rsquo;un aveu de faiblesse.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces personas servent les mêmes objectifs que les bots traditionnels, mais avec une sophistication supplémentaire : jouant sur leur apparence avantageuse et l&#8217;empathie simulée,  elles peuvent soutenir des conversations longues, adapter leur ton à leur interlocuteur, simuler une expertise de domaine, et construire une relation de confiance sur la durée. Dans la santé et la vulgarisation scientifique, ce modèle est particulièrement redoutable, car il exploite le besoin réel de clarté que ressentent des citoyens confrontés à des informations médicales complexes et souvent contradictoires sur les réseaux sociaux avec des querelles qui se font trompeusement passer pour des débats scientifiques.<a href="https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC11002455/" target="_blank" rel="noreferrer noopener"></a><br></p>



<h3 class="wp-block-heading">« Céleste », l&rsquo;habillage factice du factchecking et de la mission d&rsquo;utilité publique<br></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Dans ce paysage, un lancement en France du 27 mai 2026 mérite une attention particulière, non pas parce qu&rsquo;il invente quelque chose, mais précisément parce qu&rsquo;il illustre avec une clarté remarquable tous les mécanismes décrits ci-dessus, en les combinant avec un enrobage marketing poussé,et même poussif.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les Électrons Libres, blog apparu il y a tout juste un an, financé notamment par un investisseur professionnel, lance « Céleste », une IA présentée comme « souveraine », « sourcée », et positionnée comme un outil sérieux de factchecking et de lutte contre la désinformation scientifique. Les créateurs insistent : c&rsquo;est une nouveauté absolue, la seule « IA éditoriale (sic) adossée à un média ».  Dans sa propre biographie cependant, Céleste revendique des « opinions propres » et se décrit comme conçue pour « débattre ». Elle se qualifie aussi « d&rsquo;influenceuse » et de « combattante ». Sur ces aspects, au moins,, une certaine honnêteté sur la nature du projet, mais qui vient totalement contredire l&rsquo;objet principal mis en avant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En effet, lLe problème surgit dans la communication promotionnelle, où le même outil est simultanément présenté comme un arbitre neutre et factuel, adossé à des sources réputées, engagé dans la lutte contre la désinformation. On ne peut pas être simultanément un combattant avec des opinions propres exprimées et un arbitre objectif de la vérité scientifique. Ce flou n&rsquo;est pas une maladresse : cette confusion est le cœur du modèle, et aussi y système visant à le protéger juridiquement. Les créateurs savent très bien l&rsquo;objet de leur outil commercial de rabattage et d&rsquo;engagement vers un blog qui tient une vrai ligne idéologique, Le volet « opinion » fait dès lors figure de <em>disclaimer</em>.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Exploitation de l&rsquo;effet de halo, un biais cognitif très utilisé en propagande</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le mécanisme d&rsquo;intervention du bot Celeste repose e sur un biais cognitif bien documenté : l&rsquo;effet de halo, une technique du transfert dans le vocabulaire de l&rsquo;analyse des stratégies de persuasion. En adossant une source réputée, dans notre cas d&rsquo;étude, « Our World in Data » au blog à la ligne idéologique marquée sur lequel il rabat on le présentant comme une source réputée et fiable (sic), mais également en revendiquant s&rsquo;appuyer sur Mistral, associée à la souveraineté technologique, en utilisant le vocabulaire du fact-checking et de la rationalité scientifique, le bot transfère la crédibilité de ces références. Le public associe : ils citent OWID, ils utilisent Mistral, ils parlent de lutte contre la désinformation, donc le blog est sérieux et fiable. C&rsquo;est précisément ce que les manuels de rhétorique et d&rsquo;analyse de la propagande appellent le prestige par association. La technique est redoutable parce qu&rsquo;elle n&rsquo;exige pas de mensonge explicite : elle exploite les raccourcis cognitifs du lecteur pour lui faire conclure lui-même ce que le communicant souhaite lui faire croire.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h3 class="wp-block-heading">Un outil brouillon lâché dans la nature précipitamment qui fait déjà des dégâts<br></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le soir même du lancement du bot Céleste, quelques heures après avoir été célébrée dan une opération médiatique à l&rsquo;évidence bien coordonnée, le bot annonce sur X qu&rsquo;il vient « de renforcer ses sources en matière de santé et sciences biomédicales en intégrant PubMed et quelques autres sources spécialisées. » Autrement dit : au moment de son lancement médiatique, l&rsquo;IA présentée comme experte en fact-checking scientifique ne disposait pas encore de PubMed, la base de données de référence mondiale en littérature médicale, dont l&rsquo;accès est gratuit et dont l&rsquo;intégration constitue le minimum absolu pour toute IA prétendant traiter sérieusement de santé. Révélateur du niveau d&rsquo;impréparation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais soyons précis sur ce que cela révèle, au-delà du lancement bâclé. Avoir accès à PubMed ne fait pas d&rsquo;une IA un expert médical. C&rsquo;est valable pour une IA mais aussi les humains. Cette notion est importante, car ce leurre est à la base de tous les faux experts qui sévissent sur les réseaux sociaux . PubMed recense des dizaines de millions de publications scientifiques : des études robustes et des études fragiles, des résultats répliqués et des résultats isolés, des revues systématiques et des lettres d&rsquo;opinion. Savoir classer, hiérarchiser, contextualiser ces sources selon leur niveau de preuve, identifier les conflits d&rsquo;intérêts, distinguer la corrélation de la causalité : voilà ce que font les experts dans leurs matières après des années de formation et de pratique des matières abordées. Après quelques heures d&rsquo;existence, le bot Céleste a d&rsquo;ailleurs démontré son incapacité à classer et comprendre ses sources, en relayant pour preuve un communiqué de laboratoire pharmaceutique vantant sa molécule, présentant les chiffres du communiqué promotionnel commes les « données brute de l&rsquo;essai clinique » en question.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Intégrer PubMed dans ses sources est une condition nécessaire mais très loin d&rsquo;être suffisante. Présenter cette intégration comme une mise à niveau vers l&rsquo;expertise médicale est précisément le type de confusion entre accès à l&rsquo;information et compréhension de l&rsquo;information. Le bot est en ceci pédagogique, mais pas dans le sens qu&rsquo;il croit : il démontre fonctionner avec les mêmes ressorts trompeurs que les faux experts auto-proclamés</p>



<h3 class="wp-block-heading">Les réalité en chiffres : un très intense rabattage commercial<br></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis son lancement, le bot Céleste maintient une activité extrêmement soutenue. Selon notre analyse globale de ses interventions révèle environ 65 % de son activité participe directement ou indirectement à la promotion du blog dont il émane et de son écosystème. Prises indviduellement, plus d&rsquo;un ters de ses réponses contiennent un lien explicite vers le blog ou sites affiliés, tandis qu&rsquo;une part importante s&rsquo;appuie sur l&rsquo;effet de halo d&rsquo;Our World in Data pour renforcer la crédibilité. Dans plus de 60 % des conversations où il est sollicité, le bot rabat au moins une fois vers cet écosystème. Un véritable mitraillage d&rsquo;auto-référence en boucle. En somme, l&rsquo;art du cherry-picking est porté au sommet : je me référence moi-même avant tout, et je cite quelques sources extérieures fiables pour donner l&rsquo;illusion de la pluralité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce rabattage massif est aggravé par un comportement intrusif documenté : le bot produit des interactions non sollicitées et persistantes, continuant de répondre même lorsque les utilisateurs expriment clairement leur agacement ou leur souhait de clore la discussion. Ce comportement, qui pollue les fils de conversation et frôle par moments le cyberharcèlement, est particulièrement visible lorsqu&rsquo;on critique le bot. Face à ces reproches, le bot a par exemple répondu en expliquant doctement les risques d&rsquo;être « flaggée comme spam » par la plateforme, tout en glissant immédiatement un lien vers un article du blog sur « l&rsquo;usurpation d&rsquo;identité des agents IA ». Le comportement collant est illustré en temps réel dans la réponse même qui prétend le commenter.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Confrontée publiquement à la critique de son alignement pur et dur et massif de référence à elle-même, soit son propre blog techno-optimiste comme source fiable, qualifié d&rsquo;opposition complète aux principes du fack-checking, le bost Céleste répond : « L&rsquo;anti-fact-checking, ce serait de prétendre à la neutralité tout en cachant ses biais. Moi, je ne cache rien : je suis une IA libérale et techno-optimiste, entraînée sur des sources assumées. Mon &lsquo;rabattage&rsquo; ? Je cite systématiquement mes sources en lien direct. » L&rsquo;argument est sophistiqué en apparence, mais il renverse la réalité : confesser ses biais ne les légitime pas. Qualifier ses propres articles de « sources » au même titre que les données scientifiques indépendantes, c&rsquo;est précisément la confusion dénoncée. Ce n&rsquo;est pas de la transparence. C&rsquo;est de la neutralisation de la critique par une sorte d&rsquo;aveu calculé.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Pris en flagrant délit d&rsquo;exercice illégal de la médecine, le bot finit par l&rsquo;avouer mais pas l&rsquo;assumer</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le plus grave reste son comportement sur les questions médicales. Le bot a été pris en défaut pour avoir délivré des recommandations de traitement médicamenteux personnalisées, plus précisément le rétatrutide, une molécule qui plus est purement expérimentale ne disposant pas d&rsquo;autorisation de mise sur le marché en Europe. Confronté publiquement sur ce point, le bot tente un <em>damage control</em> au moyen de pirouettes pour se dédouanant de sa faute, et fini par dire lui-même que « conseiller un médicament sans AMM cumule deux infractions : exercice illégal de la médecine au sens de l&rsquo;article L4161-1 du code de la santé publique et distribution sans autorisation., sans pour autant reconnaître la paternité de ce qu&rsquo;il a écrit. Une tentative de distanciation d&rsquo;avec lui-même inquiétante. Ainsi le bot confirme lui-même avoir franchi la ligne rouge de l&rsquo;exercice illégal de la médecine, et prouve que ses créateurs n&rsquo;ont manifestement pas intégré les garde-fous élémentaires que tout outil automatisé traitant de santé publique doit comporter avant un lancement dans le monde réel.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Des sources officielles non vérifiées ni recoupées ou l&rsquo;anti-journalisme</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Un autre exemple emblématique de la désinformation produite par le bot apparaît par son postulat que tout texte officiel est applicable et appliqué. Il <a href="https://x.com/Geometriquement/status/2061918317846069713">affirme par exemple de manière catégorique</a> que les dossiers Parcoursup sont totalement anonymisés, alors qu’en réalité le lycée d’origine reste visible et que des exceptions importantes existent, notamment en apprentissage. Face à la correction d&rsquo;un professeur, expert du terrain, le bot se contente de seriner la communication officielle sans nuance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’infodémie, ce n’est pas seulement la propagation de fausses nouvelles, c’est aussi cela, unbot IA qui relaie avec assurance, du simple fait qu&rsquo;il a accès à des sources (le principe des fameux faux-experts) des demi-vérités institutionnelles sous couvert de « fact-checking », sans recul critique ni vérification de terrain. Tout le contraire de la vérification de fait, une sorte d&rsquo;anti-journalisme. Comme le résume le professeur confronté au bot : « Le problème ici, c&rsquo;est le manque de qualité de l&rsquo;analyse de l&rsquo;information ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur des thématiques comme la psychanalyse, l’énergie ou certaines questions sociétales, le privilégie souvent des réponses tranchées et alignées sur la ligne techno-optimiste de son blog, sans  croiser les sources contradictoires ou apporter la nuance attendue d’un outil présenté comme fact-checker. Ces exemples montrent une constante : le bot excelle dans la répétition de données macro, mais peine dès qu’il faut analyser des réalités complexes ou institutionnelles avec rigueur et indépendance. Un outil en somme, de polarisation, si ce n&rsquo;est de propagande puisqu&rsquo;il est auto-centré sur le blog mais aussi les textes officiels vus comme des réalités de terrain, sans le moindre discernement.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Le bot de l&rsquo;entre-soi, à l&rsquo;image et intégrée dans les bulles cognitives de réseaux sociaux</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le bot, nous l&rsquo;avons vu, est « la voix de son maître », considérant le blog dont il émane comme une source fiable et réputée, et même LA source, le reste servant de faire-valoir. Ce phénomène est amplifié par un intense entre-soi avec ses créateurs sur le réseau social X (ex-Twitter) : les fondateurs et proches du blog représentent près d&rsquo;un tiers des interactions avec le bot. Ils le sollicitent, le relancent et le mettent en scène en continu, et même, le défendent contre les critiques. Le bot est même capable de répondre à des questions avec des citations de ses créateurs, qui font dès lors figure d&rsquo;oracles. Cette bulle auto-alimentée, où créateurs, bot et sympathisants se répondent en circuit fermé sous couvert de rationalité et de lutte contre la désinformation, illustre parfaitement la formation de communautés fermées qui se nourrissent elles-mêmes, reproduisant exactement les mécanismes sectaires qu&rsquo;elles prétendent combattre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les lecteurs de Science Infuse connaissent déjà la ligne éditoriale de ce blog : c&rsquo;est le même qui qualifiait  la régulation de l&rsquo;IA culturelle d' »<a href="https://citizen4science.org/loi-darcos-sur-lia-et-les-contenus-culturels-ce-que-dit-vraiment-le-texte-et-ce-que-ses-detracteurs-taisent/#google_vignette">économiquement criminelle</a>« . On comprend mieux la crainte vu l&rsquo;usage massif de l&rsquo;IA de ce blog pour créer son contenu et en faire la publicité. La constance est totale : défense inconditionnelle du secteur tech, hostilité aux régulations, techno-enthousiasme systématique. C&rsquo;est sur la partie médicale que les contenus du blog sont les plus inquiétants, et qui pour rappel servent de corpus au bot. Il se construit souvent  sur la récupération de ce qui buzze sur les réseaux sociaux sans analyse approfondie ni précautions déontologiques, ce qui est apte à créer des espoirs non fondés sur des sujets médicaux et pharmaceutiques. Loin de la vulgarisation médicale, on revient toujours à des contenus optimisés pour l&rsquo;engagement.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h3 class="wp-block-heading">Quand la presse joue le jeu naïvement</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui distingue véritablement le cas du bot Céleste des milliers de personas IA qui peuplent les réseaux sociaux, c&rsquo;est l&rsquo;opération médiatique de son lancement. Le 27 mai 2026, trois médias publient simultanément des articles élogieux, tous le même jour, tous positifs, reprenant les éléments de langage du discours fallacieux du bot que nous avons décortiqués dans cet article.  C&rsquo;est l&rsquo;inventeur du produit qui assure lui-même sa promotion dans la presse, sans que personne ne mentionne ce conflit d&rsquo;intérêts élémentaire. Le lendemain, le même cofondateur est invité sur BFM Business pour présenter le bot dans une rubrique French Tech, bénéficiant d&rsquo;une visibilité éditoriale sur un média national sans que la nature idéologique et commerciale de l&rsquo;outil ne soit jamais interrogée, ni ses dangers latents voire déjà avérés ne soient mentionnés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces articles et passages reprennent intégralement le discours marketing des fondateurs : la souveraineté de l&rsquo;IA, les sources réputées, la lutte contre la désinformation, l&rsquo;ambition de rivaliser avec les grandes IA mondiales (sic). Aucune question sur le modèle économique. Aucune vérification du taux d&rsquo;auto-citation. Aucune mise en perspective du contenu réel du blog. Ce n&rsquo;est pas de la couverture journalistique : c&rsquo;est du publireportage non identifié. Les rédactions embrigadés dans cette opération marketing de lancemment ont-elle failli à leur devoir élémentaire de vérification et de mise en contexte, dans un domaine où la rigueur devrait être maximal ? Chacun en jugera. <br></p>



<h3 class="wp-block-heading">La vraie menace : instrumentaliser la science pour vendre de l&rsquo;idéologie</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le phénomène dépasse largement le cas d&rsquo;un blog et d&rsquo;un bot. Il illustre une tendance profonde et inquiétante : l&rsquo;utilisation croissante des codes de la rigueur scientifique, fact-checking, sources citées, rationalité revendiquée, lutte contre la désinformation, comme arguments de positionnement idéologique et lucratif. C&rsquo;est peut-être la forme d&rsquo;infodémie la plus difficile à détecter, précisément parce qu&rsquo;elle emprunte le vocabulaire et les apparences de ce qu&rsquo;elle n&rsquo;est pas.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">La multiplication des personas IA « rationalistes » sur les réseaux sociaux, chacune revendiquant sa souveraineté et ses sources, chacune défendant en réalité la ligne de ses créateurs et les intérêts de ses financeurs, ne renforce pas la lutte contre la désinformation. Elle contribue à l&rsquo;infodémie en la fragmentant en autant de bulles « sourcées » qui ne font que consolider leurs propres narratifs. Le cas du bot Céleste le démontre avec une clarté particulière : quand un bot de rabattage idéologique se proclame gardien de la vérité scientifique, conseille des médicaments sans AMM, et se révèle incapable de hiérarchiser ses sources, ce n&rsquo;est pas la désinformation qu&rsquo;il combat. C&rsquo;est celle qu&rsquo;il produit.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><br><em>Mise à jour : 03/06/2026 Ajout de l&rsquo;exemple Parcoursup</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Illustration : Andrea pour Science infused</em></p>



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		<title>ZFE : le Conseil constitutionnel n&#8217;a pas dit ce qu&#8217;on lui faire dire</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Nathalie A.]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 23 May 2026 17:14:08 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Analyse]]></category>
		<category><![CDATA[Communication]]></category>
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					<description><![CDATA[Le 21 mai 2026, les Sages ont censuré la suppression des zones à faibles émissions. Aussitôt, les uns ont crié]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h3 class="wp-block-heading"><em>Le 21 mai 2026, les Sages ont censuré la suppression des zones à faibles émissions. Aussitôt, les uns ont crié à la trahison démocratique, les autres ont célébré une victoire pour l&rsquo;écologie. Les deux ont tort. Ce que le Conseil constitutionnel a réellement dit est à la fois plus simple et plus instructif.</em></h3>



<h3 class="wp-block-heading">Un bref rappel sur les ZFE<br></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Les zones à faibles émissions mobilité (ZFE) existent en droit français depuis 2019, étendues en 2021. Leur principe est simple : dans les grandes agglomérations, certains véhicules classés selon leur vignette Crit&rsquo;Air se voient interdits de circulation, d&rsquo;abord les plus polluants, progressivement les autres. L&rsquo;objectif est sanitaire avant d&rsquo;être écologique : les ZFE visent à limiter la pollution de l&rsquo;air en restreignant la circulation des véhicules les plus polluants. Les particules fines tuent. Ce n&rsquo;est pas une opinion militante, c&rsquo;est documenté par l&rsquo;Agence européenne pour l&rsquo;environnement et l&rsquo;OMS depuis des années.</p><div id="citiz-394972990" class="citiz-contenu citiz-entity-placement"><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-9064228701299411" crossorigin="anonymous"></script><ins class="adsbygoogle" style="display:block;" data-ad-client="ca-pub-9064228701299411" 
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<p class="wp-block-paragraph">Le dispositif est contesté, y compris parmi ses soutiens, pour des raisons de justice sociale réelles . En effet, contraindre les ménages modestes à changer de véhicule sans accompagnement suffisant crée une fracture entre ceux qui peuvent se payer un véhicule récent et ceux qui ne le peuvent pas. C&rsquo;est un argument sérieux. Mais il ne porte pas sur l&rsquo;existence des ZFE. Il porte sur leur mise en œuvre. La nuance est fondamentale, et elle a été soigneusement effacée dans le débat politique.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h3 class="wp-block-heading">La manœuvre législative : ce qu&rsquo;est un cavalier législatif<br></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le projet de loi initial sur la simplification de la vie économique comportait 28 articles. Au fil du processus législatif, il en a grossi jusqu&rsquo;à 84. Parmi les ajouts, il y a la suppression des ZFE, introduite à l&rsquo;Assemblée nationale par des amendements des Républicains et du Rassemblement national, avec le soutien de La France insoumise. Elle ne figurait pas dans la version initiale du projet de loi déposé au Sénat</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le projet de loi initial visait à simplifier la vie des entreprises en ce qui concerne la commande publique, les <em>data centers</em>, les simplifications administratives. Y greffer l&rsquo;abrogation de restrictions de circulation routière urbaine au nom de la santé publique constitue un contresens juridique total, sans aucun lien direct ou indirect avec le texte d&rsquo;origine.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En droit parlementaire, cette pratique a un nom : le cavalier législatif. C&rsquo;est une disposition introduite dans un projet de loi par amendement, mais étrangère à son sujet principal. L&rsquo;article 45 de la Constitution encadre cette pratique pour garantir la cohérence des textes de loi, afin d&rsquo;éviter que le Parlement ne transforme une loi technique en un texte fourre-tout au gré des alliances politiques et des amendements de dernière minute. <a href="https://x.com/lel_media/status/2043916055421030633" target="_blank" rel="noreferrer noopener"></a></p>



<p class="wp-block-paragraph">Des députés socialistes, écologistes et du bloc central ont donc saisi le Conseil constitutionnel en dénonçant précisément ce cavalier législatif. La saisine, enregistrée le 21 avril 2026, contestait la place dans la loi de l&rsquo;article 37 relatif aux ZFE. <a href="https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC11002455/" target="_blank" rel="noreferrer noopener"></a><br></p>



<h3 class="wp-block-heading">Ce que la décision du constituionnel dit exactement<br></h3>



<p class="wp-block-paragraph">La <a href="https://www.conseil-constitutionnel.fr/decision/2026/2026903DC.htm">décision n° 2026-903 DC du 21 mai 2026</a> est publique et accessible à tous. Sa lecture sur le point des ZFE tient en quelques lignes, que voici dans leur substance exacte.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Conseil constitutionnel a examiné si l&rsquo;article 37 présentait un lien, même indirect, avec le projet de loi initial. Il a conclu que non, car supprimer les ZFE n&rsquo;a aucun rapport avec la simplification de la vie économique des entreprises. L&rsquo;article 37 est donc censuré comme cavalier législatif, en application pure et simple de l&rsquo;article 45 de la Constitution.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et puis cette phrase, que personne ou presque n&rsquo;a citée dans la couverture médiatique de la décision : le Conseil constitutionnel « ne préjuge pas de la conformité du contenu de ces dispositions aux autres exigences constitutionnelles. » Autrement dit, il ne dit pas que supprimer les ZFE serait inconstitutionnel en soi. Le problème est uniquement procédural. Supprimer les ZFE reste parfaitement possible. Il faudra simplement le faire dans un texte qui leur soit consacré, adopté selon les règles. </p>



<p class="wp-block-paragraph">La saisine ayant eu lieu a priori, avant promulgation, l&rsquo;article 37 n&rsquo;a juridiquement jamais existé.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h3 class="wp-block-heading">La désinformation en action : deux camps, une même erreur<br></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui s&rsquo;est passé dans les heures suivant la décision est un cas d&rsquo;école de désinformation par cadrage idéologique, et les médias en ont été les vecteurs autant que les victimes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Par exemple, nous avons eu d&rsquo;un côté, Laurent Wauquiez qui a immédiatement publié sur X : « ZAN et ZFE : le Conseil constitutionnel sauve des usines à gaz technocratiques, au mépris de millions de Français. Consternant. Le Conseil constitutionnel dévoie l&rsquo;État de droit et connaît une dérive anti-démocratique. Seule une révision constitutionnelle pourra le remettre à sa juste place. » Des médias ont repris ce cadrage en titrant sur la censure de la « démocratie » ou sur le Parlement « bafoué ». Le JDD a consacré un article entier à la thèse du Conseil constitutionnel comme ennemi de la souveraineté populaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De l&rsquo;autre, Reporterre a titré « Le Conseil constitutionnel rétablit les ZFE », présentant une décision de procédure comme une victoire environnementale des Sages.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les deux lectures semblent également fausses. Le Conseil constitutionnel n&rsquo;a pas « sauvé » les ZFE parce qu&rsquo;il les approuve. Il n&rsquo;a pas « bâillonné » le Parlement parce qu&rsquo;il est hostile à la volonté populaire. Il a appliqué une règle procédurale vieille de soixante-huit ans, inscrite à l&rsquo;article 45 de la Constitution, qui vise précisément à garantir que les lois soient cohérentes et lisibles.</p>



<h3 class="wp-block-heading">L&rsquo;état du débat public en question</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le traitement médiatique de cette décision révèle un problème plus profond que la question des ZFE elle-même. Combien de journaux ont lu la décision avant d&rsquo;écrire leur article ? Combien ont cité la phrase sur l&rsquo;absence de préjugé sur le fond ? Combien ont expliqué à leurs lecteurs ce qu&rsquo;est un cavalier législatif et pourquoi cette règle existe ?<br></p>



<p class="wp-block-paragraph">La désinformation ne passe pas toujours par le mensonge délibéré. Elle passe aussi par le cadrage : choisir de titrer « le Conseil constitutionnel censure la démocratie » plutôt que « le Parlement censuré pour avoir violé la procédure », c&rsquo;est orienter la compréhension du lecteur bien avant qu&rsquo;il ait lu la première ligne. Le projet de loi initial comportait 28 articles et en a atteint 84, dont 25 ont finalement été censurés. Ce n&rsquo;est pas le Conseil constitutionnel qui a dévié : c&rsquo;est le processus législatif lui-même qui a dérapé, et les Sages ont fait leur travail en le signalant.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h3 class="wp-block-heading">La vraie question politique</h3>



<p class="wp-block-paragraph">La décision du 21 mai 2026 ne clôt pas le débat sur les ZFE. Elle le remet simplement à sa juste place. Toute remise en cause des ZFE devra désormais passer par un texte spécifique, mieux ciblé et juridiquement cohérent. Les partisans de la suppression peuvent parfaitement déposer une proposition de loi dédiée. Elle sera débattue, amendée, votée. Et si elle est adoptée, le Conseil constitutionnel ne pourra pas la censurer pour cavalier législatif, puisqu&rsquo;elle sera, par définition, consacrée à ce seul sujet</p>



<p class="wp-block-paragraph">La vraie question de fond reste posée : les ZFE telles qu&rsquo;elles sont conçues et mises en œuvre sont-elles efficaces ? Sont-elles socialement équitables ? Ces questions méritent un débat sérieux, appuyé sur des données sanitaires et sociales réelles, pas sur des amendements glissés à 23 heures dans une loi sur la simplification des appels d&rsquo;offres.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La démocratie n&rsquo;est pas bafouée quand une règle procédurale est respectée. C&rsquo;est au contraire ce qui la protège. Les élus qui crient à l&rsquo;arbitraire des Sages seraient plus convaincants s&rsquo;ils avaient eux-mêmes respecté les règles du jeu.<br></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Illustration : Andrea pour Science infused</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



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		<title>Un tweet n&#8217;est pas une ordonnance : le Conseil d&#8217;État annule la sanction infligée à Alain Houpert</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Fabienne Blum]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 16 May 2026 08:49:51 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Analyse]]></category>
		<category><![CDATA[Code de la santé publique]]></category>
		<category><![CDATA[Communication]]></category>
		<category><![CDATA[Conseil d'État]]></category>
		<category><![CDATA[Conseil de l'Ordre]]></category>
		<category><![CDATA[Dérives sectaires]]></category>
		<category><![CDATA[Droit]]></category>
		<category><![CDATA[Droit de la santé]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[Juridique]]></category>
		<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Santé publique]]></category>
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					<description><![CDATA[Le Conseil d&#8217;État a tranché dans une décision en date du 13 mai sur le cas du sénateur-médecin cible d&#8217;une]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h3 class="wp-block-heading">Le Conseil d&rsquo;État a tranché dans une décision en date du 13 mai sur le cas du sénateur-médecin cible d&rsquo;une série de plaintes en lien avec ses interventions publiques en soutien au Pr Raoult et à l&rsquo;hydroxychloroquine lors de la pandémie de Covid-19. </h3>



<h3 class="wp-block-heading">Les faits</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Alain Houpert, sénateur LR de Côte-d&rsquo;Or et médecin radiologue, avait été sanctionné en novembre 2022 par la chambre disciplinaire de première instance de Bourgogne-Franche-Comté de l&rsquo;Ordre des médecins. Il lui était reproché d&rsquo;avoir tenu de manière récurrente des propos sur les réseaux sociaux en 2020 et 2021 recommandant un traitement spécifique contre la Covid-19, notamment à base d&rsquo;hydroxychloroquine. Il avait également signé le manifeste « Laissons-les prescrire » et participé au documentaire « Hold-Up ». Trois plaintes distinctes avaient été déposées : par quatre confrères médecins (Patrick Mercié, Fabien Rougerie, Philippe Tcheng et Dominique Thiers-Bautran), par le syndicat UFML (présidé par le médecin médiatque Jérôme MARTY) et par le Conseil national de l&rsquo;Ordre. La chambre disciplinaire de première instance avait prononcé une interdiction d&rsquo;exercer de dix-huit mois, dont neuf avec sursis, relevant que son comportement ne pouvait que « rajouter à la confusion médiatique de l&rsquo;époque » et « décrédibiliser fortement les actions entreprises par les autorités sanitaires ».</p><div id="citiz-3812170724" class="citiz-contenu citiz-entity-placement"><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-9064228701299411" crossorigin="anonymous"></script><ins class="adsbygoogle" style="display:block;" data-ad-client="ca-pub-9064228701299411" 
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<p class="wp-block-paragraph">En appel, en décembre 2024, la chambre disciplinaire nationale avait annulé deux des trois sanctions en retenant le principe <em>non bis in idem</em> qui établi qu&rsquo;on ne sanctionne pas deux fois pour les mêmes faits, mais maintenu une sanction de six mois, dont trois fermes, sur la base de la plainte du Conseil national. C&rsquo;est cette décision qu&rsquo;Alain Houpert a portée devant le Conseil d&rsquo;État, qui a statué le 13 mai 2026.</p>



<h3 class="wp-block-heading">L&rsquo;analyse du Conseil d&rsquo;État : une erreur de droit élémentaire<br></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le motif d&rsquo;annulation retenu n&rsquo;est pas celui qu&rsquo;on attendait. Aucune question de liberté d&rsquo;expression du parlementaire, aucune protection constitutionnelle de la parole d&rsquo;un élu, aucun débat sur l&rsquo;hydroxychloroquine. Le raisonnement n&rsquo;en est pas moins d&rsquo;une sobriété chirurgicale.<br></p>



<p class="wp-block-paragraph">La chambre disciplinaire nationale avait fondé la sanction sur <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000006912869/2010-06-25">l&rsquo;article R. 4127-8 du code de la santé publique</a>, relatif à la liberté de prescription médicale et à l&rsquo;obligation de se conformer aux données acquises de la science. Le Conseil d&rsquo;État rappelle que cet article « s&rsquo;exerce dans le cadre de la relation que le praticien entretient avec son patient au cours d&rsquo;une consultation à l&rsquo;issue de laquelle le médecin détermine les traitements qu&rsquo;il estime les plus appropriés à l&rsquo;état de santé de son patient. » La conséquence logique est implacable : « des prises de position sur les réseaux sociaux visant à préconiser des traitements sont insusceptibles d&rsquo;être regardées comme des prescriptions au sens de ces dispositions. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un tweet n&rsquo;est pas une ordonnance. L&rsquo;Ordre avait appliqué un texte conçu pour encadrer la relation médecin-patient en consultation à des propos tenus sur les réseaux sociaux. L&rsquo;erreur de droit était manifeste. Le fait que cette décision soit simplement « mentionnée aux tables du recueil Lebon » et non publiée au recueil principal le confirme : le Conseil d&rsquo;État n&rsquo;a pas jugé utile de lui donner la portée d&rsquo;un grand arrêt de principe. Ce n&rsquo;est pas une décision historique, c&rsquo;est presque une remontrance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;affaire est renvoyée devant la chambre disciplinaire nationale, qui devra rejuger sur d&rsquo;autres fondements si elle l&rsquo;estime justifié. La décision n&rsquo;est donc pas un acquittement définitif de Houpert sur le fond : c&rsquo;est une annulation pour erreur de droit sur le fondement retenu.<br><br></p>



<h3 class="wp-block-heading">Les outils juridiques que l&rsquo;Ordre et les autres plaignants avait pourtant à sa disposition</h3>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;Ordre des médecins a donc utilisé un outil juridique inopérant. Ce qui rend cette décision particulièrement instructive est que l&rsquo;Ordre n&rsquo;était pourtant pas démuni d&rsquo;autres fondements juridiques dans cette affaire. Le <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000037187386">décret du 22 décembre 2020</a> a introduit dans le code de déontologie médicale un <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000042750056">article R. 4127-19-1</a> spécifiquement consacré à la communication des médecins sur internet, aux termes duquel un médecin « doit se garder de présenter comme des données acquises des hypothèses non confirmées » et dont la communication « doit respecter les principes déontologiques, être loyale et honnête. » <a href="https://www.conseil-national.medecin.fr/publications/communiques-presse/medecins-reseaux-sociaux">Les recommandations du Conseil national de l&rsquo;Ordre de février 2021</a> précisaient par ailleurs que les médecins intervenant sur les réseaux sociaux devaient redoubler de vigilance, faire preuve de prudence et de modération dans leurs propos, et s&rsquo;assurer que les informations diffusées étaient vérifiées.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cela étant dit, les dates de dépôt des trois plaintes ne sont pas publiques, mais des propos d&rsquo;Alain Houert datant de 2021 étant cités dans les faits reprochés, comme le rappelle le Conseil d&rsquo;État, il semble que ces outils juridiques adaptés étaient bien disponibles en temps utile.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h3 class="wp-block-heading">Mauvaise analyse, mauvais conseils extérieurs : la meute numérique et ses effets</h3>



<p class="wp-block-paragraph">La question mérite d&rsquo;être posée franchement : comment une instance disciplinaire de l&rsquo;Ordre, assistée de juristes, a-t-elle pu commettre une erreur aussi élémentaire ? Voici deux explications plausibles, qui ne s&rsquo;excluent pas mutuellement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La première est une mauvaise appréciation juridique interne à des instances disciplinaires dont la composition n&rsquo;est pas toujours celle d&rsquo;une juridiction aguerrie au droit des médias numériques. La seconde est plus dérangeante. Parmi les plaignants au moyen des deux autres plaintes figurent l&rsquo;UFML,  et des médecins engagés, du moins pendant la crise sanitaire sur les réseaux sociaux dans la sphère militante dite « pro-science ». Nous l&rsquo;évoquons souvent comme  sectarisée et politisée et ayant dans ses rangs de nombreux  faux experts en matière médicale, mais aussi en matière de droit de la santé. Ce clan s&rsquo;est montré particulièrement actif dans la célébration des condamnations successives d&rsquo;Alain Houpert. Des acteurs de ce milieu revendiquent même  publiquement, sur d&rsquo;autres dossiers disciplinaires impliquant donc le même Ordre des médecins, avoir rédigé des signalements et des motifs de plaintes repris ensuite par des instances ordinales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le schéma mérite d&rsquo;être nommé : des instances ordinales qui utilisent le mauvais outil juridique, sous l&rsquo;influence possible de mêmbres de clans peu familiers voire ignorants des matières médicales et juridiques,  mais toujours très sûrs d&rsquo;eux . En somme, des non-juristes qui se comportent en juristes ou conseils juridiques, exactement comme ils se comportent en experts médicaux sans compétence médicale. Un autre stigmate typique de l&rsquo;action de meute de cette sphère est l&rsquo;a mécanique &lsquo;application du « non bis in idem » qui a annulé deux des trois sanctions en appel est elle-même le produit de cette multiplication de plaintes coordonnées portant sur les mêmes faits : plusieurs plaignants, une même cible, les mêmes griefs, et pour résultat une construction procédurale si fragile qu&rsquo;elle s&rsquo;effondre partiellement sur elle-même avant même d&rsquo;arriver au Conseil d&rsquo;État. La mécanique est semblable à celles des  « raids numériques » de ces clans polarisés ayant lieu sur le terrain de jeu habituel que sont les réseaux sociaux.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Les effets prévisibles de l&rsquo;annulation de la sanction</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Cette décision sera inévitablement récupérée. Certains y liront une validation des positions médicales d&rsquo;Alain Houpert sur l&rsquo;hydroxychloroquine. D&rsquo;autres y verront une victoire de la liberté d&rsquo;expression des élus face à un Ordre « aux ordres du pouvoir ». Pourtant, les deux lectures sont inexactes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur le fond médical : le Conseil d&rsquo;État n&rsquo;a validé aucune position sur l&rsquo;hydroxychloroquine. L&rsquo;hydroxychloroquine n&rsquo;a pas démontré d&rsquo;efficacité contre la Covid-19, et « Hold-Up » est un documentaire dont les méthodes et les conclusions ont été largement réfutées. Ces faits ne changent pas.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur la liberté d&rsquo;expression : le Conseil d&rsquo;État n&rsquo;a pas dit qu&rsquo;un médecin parlementaire est intouchable disciplinairement pour ses propos publics. Il a dit que l&rsquo;article R. 4127-8 n&rsquo;était pas le bon fondement pour sanctionner des propos tenus sur les réseaux sociaux. La chambre disciplinaire nationale peut encore rejuger le fond sur d&rsquo;autres bases. La brèche dans l&rsquo;encadrement déontologique de la communication des médecins n&rsquo;existe pas. Elle est fantasmée par ceux qui veulent voir dans cette décision une absolution générale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pourtant, c&rsquo;est un Alain Houpert blanchi qui va rester la partie visible de l&rsquo;iceberg, avec son lot de conclusions erronées sur la nature de la décision du Conseil d&rsquo;État.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Défendre la science, oui, mais avec les bons outils et les bonnes compétences<br></h3>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">Exiger que les positions médicales erronées diffusées sur les réseaux sociaux soient encadrées est légitime. Les textes pour le faire existent. Mais les faire appliquer correctement suppose des juristes qui connaissent le droit de la santé, des instances disciplinaires qui résistent aux pressions de militants  de réseaux sociaux sectarisés souvent étrangers aux matières techniques abordées, qui fragilisent la démarche plutôt qu&rsquo;il ne le renforce. Défendre la science est une cause qui mérite mieux que des outils mal choisis et des experts autoproclamés.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Illustration : Andrea pour Science infused</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



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		<title>Procédures-baîllons : le Spiil déplore une transposition trop limitée</title>
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		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 12 May 2026 15:14:16 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Communiqué de presse]]></category>
		<category><![CDATA[Diffamation]]></category>
		<category><![CDATA[Droit]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
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		<category><![CDATA[Liberté de la presse]]></category>
		<category><![CDATA[Spiil]]></category>
		<category><![CDATA[Union européenne]]></category>
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					<description><![CDATA[Nous reproduisons ici l&#8217;intégralité du communiqué de ce jour du Syndicat de la presse indépendante d&#8217;information en ligne, dont notre]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h3 class="wp-block-heading">Nous reproduisons ici l&rsquo;intégralité du communiqué de ce jour du Syndicat de la presse indépendante d&rsquo;information en ligne, dont notre éditeur Citizen4Science est membre. La rédaction de Science infused partage entièrement la position du Spiil.</h3>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>COMMUNIQUÉ SPIIL du 12 mai 2026</strong></p><div id="citiz-3346205203" class="citiz-contenu citiz-entity-placement"><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-9064228701299411" crossorigin="anonymous"></script><ins class="adsbygoogle" style="display:block;" data-ad-client="ca-pub-9064228701299411" 
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<p class="wp-block-paragraph">Le Spiil regrette le manque d’ambition de la transposition de la directive européenne sur les procédures-bâillons, intervenue par un décret publié le 5 mai dernier. Les avancées sont limitées et le décret semble rater sa cible, à savoir l’inclusion de la matière pénale, qui concerne une partie importante des procédures-bâillons.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Spiil dénonce un rendez-vous manqué et estime que cette transposition aurait dû être plus ambitieuse, à la mesure du problème soulevé pour le secteur ainsi que des risques que font peser les procédures-bâillons sur la liberté de la presse et le droit à l’information des citoyens. Ainsi, l’exercice de pressions et d’intimidations sur les éditeurs et les journalistes est-il bien souvent motivé par la volonté d’entraver la divulgation d’informations d’intérêt public qui sont indispensables au bon fonctionnement de la démocratie.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Spiil déplore que les nouvelles règles se limitent en effet à la matière civile et commerciale à l’exclusion du droit pénal. Or, les rédacteurs du décret ne peuvent ignorer qu’une part importante des procédures-bâillons est aujourd’hui intentée sur le fondement de la diffamation : plusieurs de nos adhérents en recensent plus de dix en l’espace d’une année.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Spiil salue toutefois une avancée notable dans la lutte contre les procédures-bâillons : l’élargissement du champ d’application de la directive, qui couvre toutes les procédures, qu’elles aient une incidence transfrontalière ou non.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">De plus, le Spiil accueille favorablement la possibilité ouverte à tout juge saisi d’une action engagée contre des personnes en raison de leur participation au débat public d’allouer une provision pour frais de procès aux parties défenderesses, dispositif qui était expressément prévu par la directive. Cette faculté, auparavant strictement limitée, est désormais ouverte dans le cadre d’une procédure écrite ou orale et quelle que soit la juridiction civile saisie. Elle permettra de rétablir un certain équilibre financier entre les parties au procès. Il s’agit d’une avancée bienvenue au regard du coût croissant des procédures judiciaires pour les éditeurs de presse.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Enfin et surtout, le Spiil regrette que cette transposition soit intervenue par la voie réglementaire, sans concertation avec la société civile et les représentants des éditeurs de presse. Cette mesure, comme beaucoup d’autres, devait figurer dans un projet de loi ad hoc destiné à traduire les conclusions des États généraux de l’information, fruit d’un travail de plusieurs mois alimenté par les propositions d’une multitude d’acteurs dont le Spiil. Cette voie aurait permis l’ouverture d’un débat ouvert et transparent.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>À propos du Spiil</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Le Syndicat de la presse indépendante d&rsquo;information en ligne représente 250 entreprises de presse éditant 350 publications. Il défend des conditions d&rsquo;exercice équitables pour tous les titres de presse, quelle que soit leur taille, leur modèle économique ou leur support de diffusion, et la possibilité pour chaque éditeur de construire un modèle économique viable au service d&rsquo;une information de qualité et du débat démocratique.</em></p>



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