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	<title>Journalisme Archives - Science infused site d&#039;actualités</title>
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	<title>Journalisme Archives - Science infused site d&#039;actualités</title>
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	<item>
		<title>Procédures-baîllons : le Spiil déplore une transposition trop limitée</title>
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		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 12 May 2026 15:14:16 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Communiqué de presse]]></category>
		<category><![CDATA[Diffamation]]></category>
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					<description><![CDATA[Nous reproduisons ici l&#8217;intégralité du communiqué de ce jour du Syndicat de la presse indépendante d&#8217;information en ligne, dont notre]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h3 class="wp-block-heading">Nous reproduisons ici l&rsquo;intégralité du communiqué de ce jour du Syndicat de la presse indépendante d&rsquo;information en ligne, dont notre éditeur Citizen4Science est membre. La rédaction de Science infused partage entièrement la position du Spiil.</h3>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>COMMUNIQUÉ SPIIL du 12 mai 2026</strong></p><div id="citiz-3788961318" class="citiz-contenu citiz-entity-placement"><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-9064228701299411" crossorigin="anonymous"></script><ins class="adsbygoogle" style="display:block;" data-ad-client="ca-pub-9064228701299411" 
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</div>



<p class="wp-block-paragraph">Le Spiil regrette le manque d’ambition de la transposition de la directive européenne sur les procédures-bâillons, intervenue par un décret publié le 5 mai dernier. Les avancées sont limitées et le décret semble rater sa cible, à savoir l’inclusion de la matière pénale, qui concerne une partie importante des procédures-bâillons.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Spiil dénonce un rendez-vous manqué et estime que cette transposition aurait dû être plus ambitieuse, à la mesure du problème soulevé pour le secteur ainsi que des risques que font peser les procédures-bâillons sur la liberté de la presse et le droit à l’information des citoyens. Ainsi, l’exercice de pressions et d’intimidations sur les éditeurs et les journalistes est-il bien souvent motivé par la volonté d’entraver la divulgation d’informations d’intérêt public qui sont indispensables au bon fonctionnement de la démocratie.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Spiil déplore que les nouvelles règles se limitent en effet à la matière civile et commerciale à l’exclusion du droit pénal. Or, les rédacteurs du décret ne peuvent ignorer qu’une part importante des procédures-bâillons est aujourd’hui intentée sur le fondement de la diffamation : plusieurs de nos adhérents en recensent plus de dix en l’espace d’une année.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Spiil salue toutefois une avancée notable dans la lutte contre les procédures-bâillons : l’élargissement du champ d’application de la directive, qui couvre toutes les procédures, qu’elles aient une incidence transfrontalière ou non.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">De plus, le Spiil accueille favorablement la possibilité ouverte à tout juge saisi d’une action engagée contre des personnes en raison de leur participation au débat public d’allouer une provision pour frais de procès aux parties défenderesses, dispositif qui était expressément prévu par la directive. Cette faculté, auparavant strictement limitée, est désormais ouverte dans le cadre d’une procédure écrite ou orale et quelle que soit la juridiction civile saisie. Elle permettra de rétablir un certain équilibre financier entre les parties au procès. Il s’agit d’une avancée bienvenue au regard du coût croissant des procédures judiciaires pour les éditeurs de presse.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Enfin et surtout, le Spiil regrette que cette transposition soit intervenue par la voie réglementaire, sans concertation avec la société civile et les représentants des éditeurs de presse. Cette mesure, comme beaucoup d’autres, devait figurer dans un projet de loi ad hoc destiné à traduire les conclusions des États généraux de l’information, fruit d’un travail de plusieurs mois alimenté par les propositions d’une multitude d’acteurs dont le Spiil. Cette voie aurait permis l’ouverture d’un débat ouvert et transparent.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>À propos du Spiil</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Le Syndicat de la presse indépendante d&rsquo;information en ligne représente 250 entreprises de presse éditant 350 publications. Il défend des conditions d&rsquo;exercice équitables pour tous les titres de presse, quelle que soit leur taille, leur modèle économique ou leur support de diffusion, et la possibilité pour chaque éditeur de construire un modèle économique viable au service d&rsquo;une information de qualité et du débat démocratique.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Cet article GRATUIT</strong><em> de journalisme indépendant à but non lucratif vous a intéressé ? Il a pour autant un coût ! Celui d’une rédaction qui se mobilise pour produire et diffuser des contenus de qualité. Qui paie ? vous, uniquement, pour garantir notre ultra-indépendance. Votre soutien est indispensable.<br><br></em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Science infuse&nbsp;est un service de presse en ligne agréé (n° 0324Z94873) édité par&nbsp;Citizen4Science, association à but non lucratif d’information et de médiation scientifique.<br><br>Notre média dépend entièrement de ses lecteur pour continuer à informer, analyser, avec un angle souvent différent car farouchement indépendant. Pour nous soutenir, et soutenir la presse indépendante et sa pluralité, faites un don pour que notre section presse reste d’accès gratuit&nbsp;!</p>



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		<title>Hantavirus : et si le vrai sujet n&#8217;était pas le bateau  ?</title>
		<link>https://citizen4science.org/hantanavirus-et-si-le-vrai-sujet-netait-pas-le-bateau/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Fabienne Blum]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 09 May 2026 21:39:37 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Analyse]]></category>
		<category><![CDATA[Esprit critique]]></category>
		<category><![CDATA[Journalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Journalisme scientifique]]></category>
		<category><![CDATA[Maladies infectieuses]]></category>
		<category><![CDATA[Médias]]></category>
		<category><![CDATA[Pensée critique]]></category>
		<category><![CDATA[Santé publique]]></category>
		<category><![CDATA[Sciences de l'information et de la communication]]></category>
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					<description><![CDATA[Trois morts sur un navire de croisière, et la France entière se demande si l&#8217;équivalent du Covid revient. Pendant ce]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong><strong><em>Trois morts sur un navire de croisière, et la France entière se demande si l&rsquo;équivalent du Covid revient. Pendant ce temps, 19 cas d&rsquo;hantavirus ont été recensés en France métropolitaine depuis janvier sans que personne ne s&rsquo;en émeuve. Ce que cette séquence dit de nous est peut-être plus intéressant que le virus lui-même.</em></strong></strong></h2>



<h3 class="wp-block-heading"><strong><strong>Les faits</strong></strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le <a href="https://www.who.int/fr/news">3 mai 2026, l&rsquo;OMS a alerté </a>sur un possible foyer d&rsquo;infection à hantavirus à bord du navire néerlandais MV Hondius reliant Ushuaïa en Argentine vers l&rsquo;Europe. Le séquençage viral, réalisé par les autorités sanitaires sud-africaines le 6 mai, a identifié une souche de type Andes, la seule parmi les 38 souches connues capable de se transmettre d&rsquo;une personne à l&rsquo;autre, bien que ce mode de transmission reste marginal par rapport à l&rsquo;exposition aux rongeurs infectés.</p><div id="citiz-2379964689" class="citiz-contenu citiz-entity-placement"><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-9064228701299411" crossorigin="anonymous"></script><ins class="adsbygoogle" style="display:block;" data-ad-client="ca-pub-9064228701299411" 
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<p class="wp-block-paragraph">Trois passagers sont morts, cinq cas ont été confirmés en laboratoire et trois sont suspects. Le navire, immobilisé au large du Cap-Vert, a été autorisé à rejoindre les îles Canaries pour permettre la prise en charge des passagers.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;OMS, dans son communiqué du 8 mai 2026,  a maintenu un discours constant tout au long de la crise, précisant que le risque pour l&rsquo;ensemble de la population mondiale est éminemment faible.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong><strong><strong>Ce que la couverture médiatique dit de nous<br></strong></strong></strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Dès les premières heures, le réflexe est pavlovien. « Faut-il s&rsquo;inquiéter ? », « Un remake du Covid ? », « La France est-elle prête ? » Les chaînes d&rsquo;information en continu convoquent infectiologues et réanimateurs, les éditorialistes politiques commentent la gestion de crise potentielle, et les images de soignants en combinaison intégrale autour du navire immobilisé circulent en boucle. Certains médias, comme France Info le 7 mai, reconnaissent eux-mêmes que « l&rsquo;image rappelle les pires heures de l&rsquo;épidémie de Covid ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce réflexe, au-delà du sensasionnalisme à la recherche de buzz, a ici un nom en psychologie cognitive : le biais de disponibilité . Nous évaluons la probabilité d&rsquo;un événement futur à l&rsquo;aune des événements passés qui nous ont le plus marqués. La pandémie de Covid-19 a constitué un traumatisme collectif d&rsquo;une intensité suffisante pour que tout virus inconnu ou peu connu du grand public, présenté avec des images de navire bloqué et de patients évacués en urgence, active immédiatement le même registre émotionnel. Ce biais n&rsquo;est pas irrationnel en soi : il est humain. Mais il est du rôle du journalisme scientifique de le nommer et de le corriger plutôt que de l&rsquo;amplifier&#8230;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les caractéristiques virologiques de l&rsquo;hantavirus le distinguent structurellement du Covid-19 sur les points essentiels. Contrairement à la grippe et au Covid-19, la transmission interhumaine ne relève pas de contacts informels à distance, mais de véritables contacts physiques étroits. Ce virus, resté depuis trente ans dans des campagnes rurales d&rsquo;Argentine et du Chili, n&rsquo;a pour le moment jamais dépassé ces frontières géographiques, comme l&rsquo;a rapplelé l&rsquo;épidémiologiste Antoine Flahault sur France Info le 8 mai dernier.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans la foulée, hier 9 mai, <em>Le Parisien</em> consacrait un article à une épidémie de gastro-entérite touchant une centaine de passagers sur le <em>Caribbean Princess</em>. Une gastro sur un paquebot ? c&rsquo;est assez banal et en temps ordinaire, un non-événement absolu. C&rsquo;est la démonstration par l&rsquo;absurde de ce que les spécialistes des médias appellent la contamination narrative : le cadre émotionnel ouvert par le premier événement absorbe et grossit tout ce qui lui ressemble, même de loin. Le virus n&rsquo;est plus dans le bateau. Il est dans les rédactions.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong><strong><strong>Couverture médiatique lacunaire sur les 19 cas en France depuis janvier</strong></strong></strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est ici que le vrai sujet commence. Entre janvier et mars 2026, le Centre national de référence des hantavirus, intégré à l&rsquo;Institut Pasteur de Paris, a recensé 19 cas confirmés d&rsquo;infection récente par un hantavirus en France métropolitaine, ce qui se situe dans la moyenne mensuelle habituelle, <a href="https://anrs.fr/recherche/maladies-pathogenes/hantavirus/">selon l&rsquo;ANRS-MIE</a>. Et cela dans la plus parfaite indifférence médiatique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce n&rsquo;est pas nouveau, et les hantavirus non plus, connus depuis plusieurs décennies. En 2021, une épidémie sans précédent d&rsquo;hantavirus a touché la France métropolitaine, principalement le massif du Jura, avec 320 cas détectés sur l&rsquo;année et même une extension de la zone d&rsquo;endémie à de nouveaux départements, dont le Cher (Centre national de référence des hantavirus, rapport d&rsquo;activité 2021, Institut Pasteur).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Aucune chaîne d&rsquo;information n&rsquo;a mis en scène des soignants en combinaison. Aucun éditorialiste politique n&rsquo;a demandé si la France était prête. Ces cas sont ruraux, discrets, portés par des campagnols roussâtres dans des forêts françaises, pas par un navire de croisière néerlandais parti d&rsquo;Argentine.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dès lors, la question se pose : qui décide qu&rsquo;un risque sanitaire mérite la une et le traitement émotionnel de crise ? Les données épidémiologiques réelles ? Ou la mort de touristes occidentaux sur un bateau photographié par des hélicoptères de presse ?</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong><strong><strong>La géopolitique invisible de la santé mondiale</strong></strong></strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">En 2025, huit pays américains ont signalé des cas confirmés de syndrome pulmonaire à hantavirus, cumulant 229 cas et 59 décès (ANRS-MIE, mai 2026). Il s&rsquo;agit de cinquante-neuf morts en Amérique du Sud. Cette année-là pourtant, c&rsquo;est le silence médiatique quasi total en France. L&rsquo;Argentine est le pays enregistrant le plus grand nombre de cas sur le continent américain, et c&rsquo;est exactement le pays d&rsquo;où est recensé le problème initialement. Ce n&rsquo;est pas une coïncidence, c&rsquo;est la réalité épidémiologique d&rsquo;une région du monde que nous ne regardions pas, jusqu&rsquo;à ce qu&rsquo;un navire de croisière fasse le lien géographique avec notre quotidien.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces infections illustrent pleinement l&rsquo;importance d&rsquo;une approche intégrée « One Health », au croisement de la santé humaine, animale et environnementale, comme le souligne l&rsquo;Institut Pasteur de Lille. Cette approche postule que la santé humaine est indissociable de la santé des écosystèmes. Un rongeur porteur d&rsquo;hantavirus dans le Jura ou dans les pampas argentines est un signal épidémiologique qui mérite autant d&rsquo;attention qu&rsquo;un navire bloqué au large du Cap-Vert. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais le rongeur n&rsquo;est pas photogénique, et il n&rsquo;y a pas d&rsquo;hélicoptère de presse au-dessus des forêts du Jura.<strong><strong><strong><br></strong></strong></strong></p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong><strong><strong>Communication institutionnelle : une sobriété dont la presse devrait s&rsquo;inspirer<br></strong></strong></strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Il faut ici rendre justice aux institutions sanitaires françaises et internationales, qui ont cette fois globalement bien géré leur communication. L&rsquo;OMS a maintenu un discours constant et mesuré tout au long de la crise. L&rsquo;Institut Pasteur de Lille a rappelé clairement que « l&rsquo;hantavirus n&rsquo;est pas un virus émergent », formulation précise et apaisante qui méritait d&rsquo;être davantage reprise par les médias grand public.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce contraste entre la sobriété institutionnelle et l&#8217;emballement médiatique est lui-même un enseignement. Il montre que le problème n&rsquo;est pas, cette fois, la communication des agences sanitaires : c&rsquo;est la logique d&rsquo;économie de l&rsquo;attention qui pousse les médias à transformer un incident sérieux mais circonscrit en signal d&rsquo;alarme généralisé. Pour le buzz ?</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong><strong><strong>Ce que cette séquence devrait nous apprendre&#8230;</strong></strong></strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Nous proposons trois leçons, pour finir, que cette séquence rend visibles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La première : notre système d&rsquo;attention médiatique aux risques sanitaires est géographiquement et socialement biaisé. Cinquante-neuf morts d&rsquo;hantavirus en Amérique du Sud en 2025 ne valent pas trois morts sur un navire de croisière européen dans la hiérarchie de l&rsquo;information. Ce n&rsquo;est pas un jugement moral sur les journalistes : c&rsquo;est une description d&rsquo;un système qui répond à la proximité émotionnelle plutôt qu&rsquo;à la réalité épidémiologique.<br></p>



<p class="wp-block-paragraph">La deuxième : l&rsquo;approche <em>One Health</em>, qui consiste à surveiller en continu les signaux faibles à l&rsquo;interface entre la faune sauvage et la santé humaine, est précisément ce qui permet de ne pas être surpris. L&rsquo;ANRS-MIE soutient actuellement un projet de recherche intitulé TRANSVI, visant à caractériser les chaînes de transmission des hantavirus entre faune sauvage et humain dans la péninsule du Yucatan au Mexique. Ce type de recherche de fond, invisible et peu spectaculaire, est infiniment plus utile à la préparation aux pandémies qu&rsquo;une semaine de couverture en continu d&rsquo;un navire immobilisé.<br></p>



<p class="wp-block-paragraph">La troisième, enfin : le biais de disponibilité post-Covid est désormais un facteur de risque communicationnel à part entière. Il amplifie les signaux faibles en signaux forts, épuise l&rsquo;attention publique sur des événements circonscrits, et risque, à terme, de produire l&rsquo;effet inverse : une indifférence réelle face au prochain signal qui, lui, méritera vraiment l&rsquo;alarme. Former le public à distinguer un incident sérieux d&rsquo;une menace pandémique est aussi urgent que de surveiller les rongeurs du Jura. Les deux, d&rsquo;ailleurs, relèvent du même impératif : regarder la réalité telle qu&rsquo;elle est, pas telle qu&rsquo;on a peur qu&rsquo;elle soit.<br><strong><strong><strong><br></strong></strong></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><br><br><br><em>Illustration d&rsquo;en-tête : Andrea pour Science infused </em></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



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		<item>
		<title>Journalisme scientifique et récits marketing : des liaisons dangereuses illustrées par un étude de cas</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Fabienne Blum]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 02 May 2026 12:19:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Analyse]]></category>
		<category><![CDATA[Communication scientifique]]></category>
		<category><![CDATA[Déontologie]]></category>
		<category><![CDATA[Désinformation]]></category>
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					<description><![CDATA[L&#8217;hebdomadaire L&#8217;Express vient de consacrer un article enthousiaste à des travaux de recherche sérieux, les présentant comme un « changement de]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h2 class="wp-block-heading"><em>L&rsquo;hebdomadaire L&rsquo;Express vient de consacrer un article enthousiaste à des travaux de recherche sérieux, les présentant comme un « changement de paradigme » pour le combat contre le cancer et menés par un chercheur « baroque » à contre-tendance. Un exemple particulièrement éclairant de déformation narrative de l&rsquo;information scientifique</em></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La tendance est inquiétante, sans être pour autant nouvelle. C&rsquo;est un article de L&rsquo;Express datée du 28 mars dernier qui a attiré notre attention. L&rsquo;article est payant, mais le peu qui est lisible sur internet a de quoi émoustiller : on y parle de « projet à front renversé », par un chercheur au « CV baroque » n&rsquo;est « ni oncologue ni épidémiologiste », « ny connaît pas grand chose aux tumeurs » mais il va peut-être bien « modeler quelques-unes des futures révolutions en cancérologie ».</p><div id="citiz-650339955" class="citiz-contenu citiz-entity-placement"><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-9064228701299411" crossorigin="anonymous"></script><ins class="adsbygoogle" style="display:block;" data-ad-client="ca-pub-9064228701299411" 
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<p class="wp-block-paragraph">On aurait donc un chercheur qui décroche une bourse prestigieuse pour mener des recherches à contre-pied de la recherche normale hors de son domaine d&rsquo;expertise ? Scandale ou génie ? Il nous faut nous procurer cet article. Au kiosque à journeaux, L&rsquo;Express est arrivé à ses fins, nous extirpant quelques euros. Nous nous préparons donc à lire un article de révolution scientifique par un scientifique révolutionnaire. Nous allons être surpris. Mais dans quel sens ?</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h3 class="wp-block-heading">De la vraie science, un récit inventé</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Nous analysons souvent dans nos colonnes l&rsquo;information et la désinformation en science et santé. Cette dernière est parfois grossière, ce qui a l&rsquo;intérêt de la rendre facilement identifiable.  On peut citer dans nos sujets récents les blogs « techno-enthousiastes » à base d&rsquo;annonces spectaculaires reprenant ce qui buzz sur les réseaux sociaux, des promesses excessives sur résultats scientifiques préliminaires, qui donne l&rsquo;image d&rsquo;une science faite d&rsquo;une succession de ruptures spectaculaires permanentes.  Ces formats sensationnalistes sont relativement faciles à identifier. Ils exagèrent, ils dramatisent, politisent souvent, et leur façon de rouler des mécanique finit généralement par se voir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une forme plus subtile de déformation et d&rsquo;exploitation narrative de la science existe. Elle ne repose pas sur l&rsquo;invention et l&rsquo;extrapolation à outrance de résultats, mais sur une transformation plus profonde du récit scientifique lui-même : construire, autour de recherches parfaitement solides, une histoire inventée de changement de paradigme dans la manière dont fonctionne la recherche biomédicale, comme si certaines approches constituaient des renversements méthodologiques alors qu&rsquo;elles relèvent de continuités anciennes et parfaitement établies.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://www.lexpress.fr/sciences-sante/cancer-paul-bastard-25-millions-de-dollars-pour-renverser-le-combat-contre-les-tumeurs-FU5B3PRXAJE7NJBYOECZEMTOSI/">L&rsquo;article publié par L&rsquo;Express le 28 mars 2026</a> autour du projet ATLAS coordonné par le Dr Paul Bastard, en fournit une illustration particulièrement éclairante sur ses mécanismes. Le projet vient d&rsquo;obtenir un financement de 25 millions de dollars dans le cadre de Cancer Grand Challenges, initiative portée notamment par Cancer Research UK et le National Cancer Institute. Les travaux sont sérieux, le financement est prestigieux, la question scientifique est pertinente. Le problème n&rsquo;est pas la science, mais la construction d&rsquo;un récit qui en déforme des aspects notables.<br></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h3 class="wp-block-heading">Les règles du journalisme : savoir analyser les sources</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Nous aurions pu placer ce paragraphe ultérieurement, mais autant le dire tout de suite parce c&rsquo;est clé : La règle cardinale du journalisme, scientifique ou autre, est simple : savoir analyser la nature et la fiabilité des sources, privilégier les sources primaires. Le Conseil de Déontologie Journalistique et de Médiation (CDJM) le rappelle explicitement dans sa <a href="http://cdjm.org/le-traitement-des-questions-scientifiques">recommandation sur le traitement journalistique des questions scientifiques</a> : Il est essentiel de privilégier les publications originelles plutôt que les communiqués de presse et les briefings des communicants. L&rsquo;exigence est la même dans le code d&rsquo;éthique de la <a href="http://spj.org">Society of Professional Journalists</a> , référence mondiale depuis 1973 : utiliser les sources originales chaque fois que possible, vérifier l&rsquo;information avant publication, et ne jamais laisser la vitesse de publication prendre le pas sur l&rsquo;exactitude des faits. Les standards internationaux du journalisme scientifique, ou tout simplement la charte de Munich  sont plus directs encore : les communiqués de presse sont des documents de marketing et le journaliste n&rsquo;est pas un publicitaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour le sujet en question, quelle est la source ? S&rsquo;agissant d&rsquo;une bourse de recherche, elle se trouve sur le site de Cancer Grand Challenges, accessible au public. L&rsquo;organisme explique ce qu&rsquo;il finance avec cette bourse et la justification de son attribution. On nous y explique que si de nombreuses études se concentrent sur les causes actives du cancer, et qu&rsquo;il est « également nécessaire » de comprendre comment les réponses naturelles de l&rsquo;organisme peuvent empêcher son développement. Ce « également » est essentiel : il exprime une complémentarité, pas une inversion, pas une rupture, pas un changement de paradigme. Nulle part est-il question de changement de paradigme pour le projet choisi. Elle décrit en fait un projet ambitieux par son envergure, explorant le rôle possible d&rsquo;auto-anticorps modulateurs d&rsquo;immunité dans les mécanismes de résistance au cancer. Un projet important, prometteur, mais inscrit dans les continuités classiques de l&rsquo;immunologie translationnelle en oncologie.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Ce que l&rsquo;article affirme à la place, et l&rsquo;erreur factuelle<br></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le contraste avec le traitement de L&rsquo;Express est saisissant. Le titre évoque une lutte « à front renversé », le chapô parle de « contre-pied », le texte multiplie les références à une démarche « hors des clous », « impertinente », « renversant les paradigmes ». L&rsquo;article affirme par ailleurs que le financement obtenu relèverait d&rsquo;une bourse examinant « uniquement les projets de rupture ». Cette formulation est factuellement contestable. Le programme Cancer Grand Challenges finance des projets ambitieux, interdisciplinaires et à fort potentiel, sélectionnés pour leur capacité à répondre à des défis scientifiques complexes identifiés par un comité international, parmi dix-huit défis médicaux actifs allant des tumeurs pédiatriques aux inégalités face au cancer. Il ne se définit nulle part comme un mécanisme exclusivement réservé à des changements de paradigme. La nuance est décisive : un projet peut être ambitieux pour son impact en santé publique, sans constituer un renversement méthodologique, et confondre ambition scientifique et rupture conceptuelle déforme la nature même de la recherche. Le CDJM est sans ambiguïté sur ce point : il importe, sur les questions scientifiques, d&rsquo;être particulièrement attentif à ce que titraille, chapô et annonces d&rsquo;un sujet n&rsquo;en altèrent pas le sens ou la portée.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Un parcours « baroque » ou cohérent ?</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le storytelling de l&rsquo;article a été posé. Mais il va être enjolivé, tant qu&rsquo;à faire, par la présentation d&rsquo;un chercheur, totalement « profane » en oncologie. On peut imaginer dans l&rsquo;esprit du lecteur que se forme alors l&rsquo;idée du génie, qui débarque dans un domaine médical complexe sans la moindre formation ou expertise dans le domaine. C&rsquo;est fâcheux pour l&rsquo;image de la science, basée sur l&rsquo;expertise en la matière.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors, qu&rsquo;en est-il ?  Sans surprise, cette présentation ne résiste pas à l&rsquo;examen. Paul Bastard est médecin pédiatre, formé à Paris et Madrid, ayant suivi un master à l&rsquo;Université Rockefeller de New York avant de revenir en résidence d&rsquo;immunologie pédiatrique et de soutenir une thèse. Ses recherches portent sur les déterminants génétiques et immunologiques des maladies virales graves, notamment les causes et conséquences des auto-anticorps dirigés contre les interférons de type I. Ce parcours n&rsquo;a rien de marginal : il est précisément situé à l&rsquo;intersection de l&rsquo;immunologie fondamentale et de l&rsquo;immunopathologie clinique, dans des institutions académiques de tout premier rang mondial.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Or l&rsquo;immunologie constitue aujourd&rsquo;hui l&rsquo;un des piliers centraux de la recherche oncologique contemporaine. L&rsquo;immuno-oncologie, qui intègre des approches conçues pour renforcer ou réactiver la capacité du système immunitaire à lutter contre le cancer, a connu une transformation majeure récompensée par le prix Nobel de médecine 2018. Des milliers d&rsquo;immunologistes travaillent aujourd&rsquo;hui sur le cancer dans le monde entier. Présenter un immunologiste spécialiste des auto-anticorps qui s&rsquo;attaque à une question d&rsquo;oncologie comme profane du domaine relève moins de l&rsquo;analyse scientifique que de la scénarisation journalistique assez trompeuse, quand on sait que nombre de médicaments oncologiques de dernière génération sont des médicaments biologiques, précisément des &#8230; anticorps humanisés. L&rsquo;éducation du public à ces disciplines scientifiques et leur présentation erronée comme s&rsquo;il s&rsquo;agissait de silos, en prend donc un sérieux coup.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La figure du « génie outsider » est un ressort narratif classique. Elle fonctionne bien. Mais elle déforme ici la réalité. D&rsquo;ailleurs, le CDJM met en garde contre ce biais en lien avec l&rsquo;expertise ou la non-expertise : vérifier la valeur d&rsquo;un expert auprès de ses pairs, en particulier quand sa position détonne, et ne pas considérer que le statut social ou la renommée d&rsquo;un scientifique en font automatiquement un porteur de vérité scientifique. Mais aussi l&rsquo;inverse, et c&rsquo;est ce qui nous intéresse dans notre cas pratique : ne pas construire un récit de rupture sur la prétendue marginalité d&rsquo;un chercheur qui n&rsquo;est en réalité pas marginal.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h3 class="wp-block-heading">Une rupture historiquement imaginaire<br></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le cœur du récit repose sur une opposition : la recherche se serait historiquement concentrée sur les causes du cancer, tandis que le projet adopterait une approche « inverse » centrée sur les mécanismes de résistance. Cette opposition est historiquement inexacte. On joue ici d&rsquo;un biais cognitif classique : le faux dilemme. Faire croire que la recherche scientifique est centrée sur un aspect technique alors qu&rsquo;elle est multfactorielle et désormais translationnelle.  L&rsquo;étude des personnes exposés mais non malades, des trajectoires atypiques, des résistances naturelles et des facteurs protecteurs est constitutive de l&rsquo;épidémiologie, de l&rsquo;immunologie et de la médecine expérimentale depuis des décennies. La pandémie de Covid-19 en a fourni une illustration récente et frappante : l&rsquo;analyse de clusters familiaux où certains individus restaient indemnes malgré une exposition comparable a conduit à l&rsquo;identification de déterminants immunologiques et génétiques spécifiques. C&rsquo;est une logique que les membres de l&rsquo;équipe ATLAS ont eux-mêmes appliquée en découvrant le lien entre auto-anticorps et sévérité du Covid-19. Cette démarche n&rsquo;a rien de nouveau. Elle appartient au socle classique de la recherche scientifique. Présenter cette continuité comme un « pari inverse » revient à fabriquer artificiellement de la nouveauté là où il n&rsquo;y a qu&rsquo;un approfondissement légitime et parfaitement attendu. <a href="https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/dossiers/DLR5L17N53359" target="_blank" rel="noreferrer noopener"></a></p>



<h3 class="wp-block-heading">D&rsquo;où vient ce récit déformant ? Circulation mimétique et amplification d&rsquo;un briefing institutionnel</h3>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est ici que le dossier devient particulièrement instructif, parce que nous avons pu idenifier la source du récit marketing de L&rsquo;Express. Nous l&rsquo;avons vu, le cadrage de rupture n&rsquo;est pas donné par l&rsquo;organisme prestigieux qui a analysé les travaux de recherche et décidé de les financer par une bourse. Pour autant, ce n&rsquo;est pas une invention de L&rsquo;Express. Le storytelling marketing apparaît dans certaines communications institutionnelles intermédiaires : des formulations évoquant une approche « inverse » ou un « changement de paradigme » circulent dans des supports de valorisation académique, comme la communication officielle de l&rsquo;Université Paris Cité qui titre « Un changement de paradigme en oncologie ». Paris Cité n&rsquo;a rien inventé non plus, elle reprend en fait mot pour mot le paragraphe d&rsquo;une communication institutionnelle de l&rsquo;Institut Imagine auquel est affilié le Dr Bastard : « Un changement de paradigme en oncologie &#8211; Traditionnellement, la recherche s&rsquo;est concentrée sur l&rsquo;identification des facteurs qui favorisent l&rsquo;apparition des tumeurs. L&rsquo;équipe ATLAS fait le pari inverse : étudier les barrières qui s’opposent à leur développement sur une recherche ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Chaque mot de cette phrase mérite examen, car c&rsquo;est elle qui a fourni à L&rsquo;Express son titre, son chapô et l&rsquo;ensemble de son lexique de rupture.</p>



<p class="wp-block-paragraph">« Traditionnellement » est le premier signal d&rsquo;alarme, et le plus profond. En science, ce mot est presque une contradiction dans les termes. La recherche scientifique, y compris méthodes  ne fonctionne pas par tradition : elle fonctionne par accumulation de preuves, révision permanente des hypothèses et méthodologies, et remise en question constante des résultats antérieurs. Ce qui est vrai aujourd&rsquo;hui peut être infirmé demain. Ce qui semblait établi peut être nuancé par une nouvelle étude, évoluer au gré d&rsquo;une nouvelle méthodologie en raisons des limites de la précédente. La tradition, au sens de pratique reconduite par habitude ou convention, est précisément ce contre quoi la méthode scientifique est construite. Dire que la recherche a « traditionnellement » procédé d&rsquo;une certaine façon, c&rsquo;est donc appliquer à la science un concept qui lui est étranger, et qui sert ici un seul objectif : construire artificiellement un avant figé pour mieux faire briller un après innovant. Ce mot devrait toujours déclencher une question réflexe : traditionnel par rapport à quoi, sur quelle période, avec quelles sources à l&rsquo;appui ? Ici, il n&rsquo;est suivi d&rsquo;aucune de ces précisions, parce que son rôle n&rsquo;est pas descriptif : il est narratif. « Fait le pari » est plus révélateur encore. Une hypothèse de recherche n&rsquo;est pas un pari : c&rsquo;est une proposition fondée sur  des observations préliminaires, des données existantes, une logique théorique cohérente. L&rsquo;éthique de la recherche  médicale veut d&rsquo;ailleurs que tout projet de recherche soit justifié. Présenter un chercheur comme un parieur est dès lors problématique. Ce mot appartient au registre de la communication, pas à celui de la science. « L&rsquo;approche inverse », enfin, est le nœud logique de toute la phrase : elle transforme un continuum de recherche en dichotomie, une complémentarité en opposition radicale. C&rsquo;est ce terme qui a possiblement donné la paraphrase  « à front renversé » et « contre-pied » de L&rsquo;Express, et l&rsquo;ensemble du lexique de rupture de l&rsquo;article de leur article. La chaîne causale est limpide : l&rsquo;institution écrit « approche inverse », le journaliste lit « renversement », le lecteur reçoit « révolution ». Chaque maillon amplifie légèrement le précédent. La communication institutionnelle valorise, positionne, séduit. C&rsquo;est un récit pour vendre ce que le journalisme n&rsquo;est pas.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Le contraste saisissant du traitement journalistique international</h3>



<p class="wp-block-paragraph">La comparaison avec la presse anglo-saxonne est particulièrement éclairante, parce qu&rsquo;elle démontre que le récit marketing de rupture est une création française. Cancer Research UK décrit ATLAS comme un projet dont les travaux « ont le potentiel de changer notre compréhension du rôle du système immunitaire dans le cancer. » Pharmaphorum résume sobrement : l&rsquo;équipe « examinera ce qu&rsquo;on peut apprendre de personnes qui ne développent pas de cancer malgré des habitudes à risque. » UT Southwestern écrit que l&rsquo;équipe « cherchera à identifier les mécanismes biologiques sous-jacents à la résistance aux tumeurs. » Pas un seul « paradigme », pas un seul « renversement », pas un seul « contre-pied » dans l&rsquo;ensemble de la couverture institutionnelle et journalistique anglophone, et pour cause.  Evidemment, c&rsquo;est moins vendeur pour le grand public. C&rsquo;est le cours ordinaire des choses en science, et « la science, c&rsquo;est long » (Emmanuelle Charpentier, prix Nobel de chimie).<a href="https://42mag.fr/2026/04/senat-adopte-une-proposition-de-loi-contre-le-pillage-des-contenus-culturels-par-lia/" target="_blank" rel="noreferrer noopener"></a></p>



<h3 class="wp-block-heading">Une déformation narrative qui questionne d&rsquo;un point de vue déontologique mais aussi éthique</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Il n&rsquo;y a ici aucune falsification. Les données sont réelles, les financements existent, le projet est scientifiquement solide. Mais l&rsquo;histoire racontée les déforment, parce qu&rsquo;elle transforme une continuité scientifique en rupture spectaculaire, qu&rsquo;elle substitue une dramaturgie de l&rsquo;innovation à une description rigoureuse de la méthode, parce qu&rsquo;elle remplace l&rsquo;analyse journalistique critique des sources par la reprise amplifiée d&rsquo;un récit marketing nstitutionnel. Le CDJM nomme précisément ce risque en matière médicale ;  il est éthique : veiller à ne pas créer d&rsquo;espoirs non fondés chez des personnes atteintes de maladies graves, et rendre compte avec prudence des recherches et découvertes médicales annoncées par des chercheurs, qui ont rarement un impact immédiat sur l&rsquo;amélioration des traitements. Ce principe s&rsquo;applique avec une force redoublée lorsque la découverte est présentée non seulement comme prometteuse, mais comme révolutionnaire. <a href="https://www.seban-associes.avocat.fr/proposition-de-loi-darcos-instauration-dune-presomption-dexploitation-des-contenus-culturels-par-les-fournisseurs-dintelligence-artificielle/" target="_blank" rel="noreferrer noopener"></a></p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://42mag.fr/2026/04/senat-adopte-une-proposition-de-loi-contre-le-pillage-des-contenus-culturels-par-lia/" target="_blank" rel="noreferrer noopener"></a></p>



<h3 class="wp-block-heading">Former au journalisme scientifique est aussi urgent que de former les citoyens à la démarche scientifique </h3>



<p class="wp-block-paragraph">Ce cas dépasse largement un article particulier. Il révèle une faiblesse structurelle du journalisme scientifique français : l&rsquo;insuffisante qualification des sources et la trop grande perméabilité aux récits de valorisation institutionnelle. </p>



<p class="wp-block-paragraph">On a l&rsquo;habitude, à juste titre, d&rsquo;insister sur la nécessité d&rsquo;éduquer le grand public à l&rsquo;esprit critique et à la science, et à lutter contre la désinformation en santé.<br>Mais cette exigence doit s&rsquo;appliquer avec la même force aux professionnels chargés de transmettre l&rsquo;information scientifique. Former les journalistes à distinguer une source objective d&rsquo;un communiqué de presse de valorisation, à identifier les glissements narratifs entre niveaux institutionnels, à repérer les reformulations promotionnelles qui circulent d&rsquo;une institution à l&rsquo;autre avant d&rsquo;atterrir dans la presse grand public : voilà un chantier important.  Car une société ne peut développer une culture scientifique solide si l&rsquo;information censée la transmettre se transforme en récit marketing qui malmène la réalité scientifique. En France, sur ce second chantier, il reste beaucoup de chemin à faire. La science n&rsquo;a pas besoin d&rsquo;être scénarisée de façon spectaculaire pour être passionnante. Elle demande d&rsquo;être lue, comprise, contextualisée, puis racontée avec exactitude. C&rsquo;est précisément à cette condition que le journalisme scientifique demeure du journalisme, et non le relais de communications marketing.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Illustration d&rsquo;en-tête : Andrea pour Science infused</em></p>



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		<title>« Cancer Backlash » ou opération Bashing ? Quand la contre-offensive au nom de la science devient tentative de bâillon d&#8217;opinion</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Fabienne Blum]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 06 Mar 2026 14:47:29 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Deux textes d’opinion publiés en février 2026, à savoir une chronique dans Le Monde et une tribune présentée comme «]]></description>
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<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h3 class="wp-block-heading"><br>Deux textes d’opinion publiés en février 2026, à savoir une chronique dans Le Monde et une tribune présentée comme « droit de réponse » sur le blog Atlantico, mobilisent les mêmes données épidémiologiques pour défendre des thèses opposées sur les causes du cancer. Cet affrontement révèle comment la vérification des faits (factchecking) peut se transformer en outil de polarisation idéologique et finir par détruire sa propre crédibilité et la confiance en la science.</h3>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/02/22/la-rhetorique-du-cancer-backlash-presente-de-nombreuses-analogies-avec-le-climatoscepticisme_6667771_3232.html">La chronique du journal <em>Le Monde</em> </a>intitulée « La rhétorique du cancer backlash présente de nombreuses analogies avec le climatoscepticisme » datée du 22 février 2026 et la <a href="https://atlantico.fr/article/decryptage/la-fabrique-de-la-peur-contre-le-cancer-backlash-le-doute-scientifique-oublie-jacques-robert-jerome-barriere">tribune de contre-attaque sur le blog Atlantico</a> intituée « La fabrique de la peur contre le cancer backlash » le 24 février 2026 partagent les mêmes références de Santé publique France (2015) mais les encadrent dans des récits antagonistes. La première dénonce une rhétorique qui minimiserait les déterminants environnementaux au profit d’une focalisation sur tabac, alcool et hasard, d&rsquo;où « backlash » dans le sens risque de « retour de bâton » ; la seconde accuse cette alerte d’être une « fabrique de la peur » militante qui efface les ordres de grandeur établis. Cette symétrie rhétorique illustre un phénomène plus large : quand le militantisme s’empare du fact-checking, il le vide de sa substance méthodologique et le rend inopérant pour le débat public.</p><div id="citiz-3458009132" class="citiz-contenu citiz-entity-placement"><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-9064228701299411" crossorigin="anonymous"></script><ins class="adsbygoogle" style="display:block;" data-ad-client="ca-pub-9064228701299411" 
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<p class="wp-block-paragraph">Précisons-le en préambule : ici et comme souvent dans nos colonnes, nous nous intéressons plus aux contenus qu&rsquo;aux contenants, esprit critique oblige. Ainsi dans notre affaire, nous ne citerons même pas les auteurs, mais il est intéressant de noter qu&rsquo;ils ont en commun un fort militantisme : l&rsquo;auteur de la chronique est un journaliste professionnel engagé, qui a ses bêtes noires notamment les industries pharmaceutique et agro-chimique. Les auteur principal du texte de blog sont deux cancérologue dont l&rsquo;un militant sur les réseaux sociaux.</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<h2 class="wp-block-heading">Quand l&rsquo;attaque lourde se fait passer abusivement pour droit de réponse </h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le droit de réponse, prévu par l’article 13 de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse, est un mécanisme judridique, précis et limité. Il permet à toute personne nommée ou désignée dans un écrit périodique de faire insérer une rectification courte, factuelle et non abusive, visant à rétablir des faits précis qui portent atteinte à son honneur ou à sa considération. La réponse doit être proportionnée à la mise en cause, polie, non injurieuse et ne pas attaquer des tiers. Le directeur de publication est tenu de l&rsquo;insérer à la même place et en mêmes caractères que l’article initial, sous peine d’amende et de dommages-intérêts. </p>



<p class="wp-block-paragraph">La tribune publiée sur le site Atlantico, présentée comme telle est très longue, soit environ 2000 mots contre la chronique d&rsquo;opinion, un format court soit ici 875 mots. Elle est structurée en introduction, rejet du terme « backlash », description de quatre « inversions accusatoires » numérotées et d&rsquo;une conclusion morale. Rien ici n’entre dans les cases du droit de réponse. . D&rsquo;ailleurs, elle se ne rectifie pas des imputations factuelles nominatives ; elle construit une contre-démonstration offensive qui accuse explicitement le chronique attaquée de « caricature militante », de « glissement vers les intentions », de « fabrique de la peur » et de « récit totalisant ». Nul ne pourra douter ici qu&rsquo;il s&rsquo;agit de jugement.  <em>Le Monde</em> a donc refusé son insertion, ce qui est parfaitement conforme au cadre légal et éditorial : un journal n’est pas tenu d’ouvrir ses colonnes à une tribune contradictoire déguisée en droit de réponse, et encore moins sur un sujet d’opinion.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En maintenant l’étiquette « droit de réponse » malgré ce refus éclairant, le texte de blog adopte une stratégie de victimisation, d&rsquo;ailleurs exprimée avec colère et indignation sur les réseaux sociaux, qui vise à délégitimer le refus et à forcer une visibilité médiatique alternative.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Mobilisation sélective des données : cherry-picking et cadrage biaisé</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui est intéressant notamment, c&rsquo;est que la chronique et le texte de blog citent les mêmes estimations de Santé publique France sur des données 2015 : 41 % des cancers attribuables à des facteurs modifiables connus (tabac environ 20 %, alcool  environ 8 %, expositions professionnelles environ 3,6 %, pollution de l’air extérieur environ 0,4 %), et 59 % non attribués.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La chronique met l’accent sur ces 59 % comme une marge substantielle potentiellement liée à des expositions chroniques à bas bruit (néonicotinoïdes, perturbateurs endocriniens, PFAS), pour lesquelles les cohortes longitudinales font défaut , la biosurveillance des néonicotinoïdes n’ayant commencé qu’en 2025. Elle rappelle aussi le déclin marqué du tabagisme (fumeurs quotidiens de 28,7 % en 2015 à 18,4 % en 2024) et de l’alcool pour contester l’idée que ces facteurs suffiraient à expliquer les tendances récentes. </p>



<p class="wp-block-paragraph">La tribune, elle, martèle ces pourcentages pour réduire la part résiduelle à du vieillissement (plus de six cancers sur dix après 65 ans), du hasard et des susceptibilités individuelles. On remarque qu&rsquo;elle omet de préciser que les 59 % « non attribués » datent d’une méthodologie qui, par construction, excluait les expositions chroniques mal documentées à l’époque. Cette sélection sélective des mêmes données, à savoir pondération maximale sur les facteurs quantifiés d’un côté, minimisation des incertitudes de l’autre, constitue un « cherry-picking » classique : les chiffres sont vrais, mais leur usage sert un cadrage idéologique préexistant plutôt qu’une analyse équilibrée.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le faux dilemme renforcé et le sophisme de la relativisation</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les deux écrits construisent un faux dilemme symétrique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La chronique insinue que recentrer le discours sur tabac et alcool revient à « agiter ces deux fléaux pour faire oublier tout le reste » et à servir la démolition des normes environnementales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La tribune réplique que toute mise en avant des expositions chroniques « efface les ordres de grandeur » et favorise une relativisation dangereuse des comportements individuels. Or aucun des deux ne propose d’abandonner la lutte contre le tabac ou l’alcool. Les études mentionnées implicitement (comportements globalement plus protecteurs chez les consommateurs de produits bio en France, Allemagne et Danemark) contredisent même l’idée d’un effet de substitution négatif. En posant un choix binaire – hiérarchie stricte ou dilution des priorités –, chaque partie disqualifie l’adversaire sans démontrer l’incompatibilité réelle des approches. Ce sophisme transforme un débat sur la proportionnalité des actions en confrontation morale : science rigoureuse contre alarme irraisonnée, ou alerte légitime contre déni déguisé.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’inversion accusatoire miroir et la disqualification mutuelle</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La tribune reproche à la chronique de déplacer le débat « du terrain des faits vers celui des intentions », d’assimiler le sujet au climatoscepticisme et d’employer des étiquettes disqualifiantes (« mensonge au nom de la science », « marchands de peur »).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pourtant, elle procède exactement de la même façon : accusation de « caricature militante », de « récit totalisant », de « fabrique de la peur » et de « glissement moral ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette inversion accusatoire symétrique annule la portée de la critique initiale. En effet, quand les deux camps se renvoient les mêmes procédés avec la même virulence, le lecteur n’a plus de critère fiable pour distinguer l’analyse méthodique de la posture idéologique. Le débat s’enlise dans une boucle de défiance réciproque qui érode la confiance envers toutes les sources.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le populisme rhétorique paternaliste : appel à la raison contre la peur</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La tribune adopte un ton populiste empreint de paternalisme : elle se présente comme la voix de la « rigueur sans bord politique », appelle à refuser « l’affolement » et oppose la « prévention efficace » fondée sur la quantification à une mobilisation basée sur la peur. Cette posture qui consiste à se revendiquer de la modération et du rationalisme contre les alarmistes est efficace sur le plan émotionnel mais fallacieuse sur le fond : elle disqualifie toute alerte sur des expositions mal quantifiées comme intrinsèquement irrationnelle, sans proposer de protocole concret pour combler les lacunes, comme par exemple l&rsquo;extension massive de cohortes et la biosurveillance accélérée. Cette rhétorique populiste, qui joue sur l’opposition raison/peur, sert à clore le débat plutôt qu’à l’ouvrir sur des priorités opérationnelles.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une contre-offensive en miroir décuplé qui renforce la chronique dénoncée</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Loin de réfuter la thèse de la chronique, la tribune d’Atlantico la valide par sa forme même. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Le journaliste décrit le « cancer backlash » comme un discours qui, sous l’apparat de la science prudente, mélange omissions, sophismes et inversions accusatoires pour disqualifier les alertes environnementales et servir des intérêts anti-régulation. Or, l&rsquo;attaque en retour sur le blog accumule précisément ces mécanismes : cherry-picking sélectif, inversion miroir des accusations, disqualification morale symétrique, faux dilemme renforcé, et cadrage biaisé qui minimise les incertitudes chroniques pour justifier le statu quo. En voulant opposer la « rigueur » autoattribuée à la « peur », elle décuple les procédés qu’elle dénonce et fournit un exemple vivant de ce schéma. Ironiquement, cette contre-offensive renforce le diagnostic initial plutôt que de le contredire : elle montre comment un discours qui se veut rationnel peut, par sa propre rhétorique, confirmer les analogies avec le climatoscepticisme et les stratégies de dépolitisation de la pathologie.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Tentative de sortie de bulle numérique :  un effet de loupe sur les biais polarisés</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ce pouvait rester une passe d’armes confinée à X (ex Twitter, où les biais se renforcent mutuellement par like et retweet) devient, une fois transposé en tribune, une démonstration grossissante des travers de ces bulles polarisées : écho-chambre qui amplifie les sophismes, double standard sur la « rigueur », disqualification systématique de l’autre camp, et illusion que répéter la même grille de lecture hors de la bulle étanche formés par les militants sur les réseaux sociaux, va lui donner force et crédibilité.  Au contraire, le passage au format « article » agit comme une loupe : les excès rhétoriques, les omissions sélectives et le populisme raison/peur deviennent flagrants, et finissent par renforcer la thèse initiale de la chronique du Monde plutôt que de la démonter. C’est un cas d’école : quand des militants de réseaux sociaux tentent de « sortir » leur bulle en forçant une tribune, ils ne gagnent pas en légitimité ; ils exposent simplement, en haute définition, les biais et les fermetures qui la caractérisent déjà sur leur microcosme protégé sur le réseau social.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le bashing comme tentative de bâillon</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La chronique du Monde, en nommant un phénomène « cancer backlash » sans pour autant désigner nommément ses promoteurs, a provoqué, sur la base de l&rsquo;attaque déguisée en droit de réponse, une réaction en chaîne qui s’apparente davantage à un bashing massif qu’à une réfutation argumentée. Ce qui devait être une critique d’un discours récurrent dans certains cercles s’est par la suite transformé, via l&rsquo;activation de la bulle militante sur X, en campagne coordonnée de disqualification personnelle visant le chroniqueur : accusations répétées de militantisme, de mensonge, de peur irrationnelle, de pseudo-science. La tentative répétée et indignée d’obtenir un « droit de réponse » n’est pas ici un exercice de rétablissement des faits ; c’est une volonté affichée d’avoir le dernier mot, de baillonner l’opinion divergente en écrasant sa visibilité et en la renvoyant systématiquement à du militantisme illégitime. Cette dynamique constitue une atteinte paradoxale à la liberté d’expression : on invoque la censure quand on est refusé, mais on pratique l’écrasement numérique quand on est coordonné dans sa bulle cognitive ; une opération de destruction de l’adversaire plutôt que de ses arguments, comme un aveu d&rsquo;une défaite sur le plan des idées et des faits.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le fact-checking militant tue le fact-checking</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La chronique du Monde et la tribune l&rsquo;attaquant montrent comment des données épidémiologiques solides peuvent être sélectionnées, pondérées et cadrées pour servir des récits antagonistes, chacun accusant l’autre des mêmes biais rhétoriques. Le résultat est une polarisation accrue, une érosion généralisée de la confiance envers les sources scientifiques et médiatiques, et un report indéfini des enjeux concrets : ici, production transparente de données longitudinales sur les expositions chroniques, hiérarchisation explicite et proportionnée des facteurs modifiables, politiques de prévention équilibrées. Appeler rigueur scientifique un bouclier rhétorique à base de contre-feu massif au service d’un camp ou d’un autre est  compréhension collective des causes du cancer continuera d’être sacrifiée à des postures militantes plutôt qu’éclairée par la science.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Image d&rsquo;en-tête : en-tête chronique en ligne Le Monde</em> (capture d&rsquo;écran)</p>



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		<title>Agrément des sites d&#8217;information générés par IA : le Spiil sonne l&#8217;alarme</title>
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		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 03 Dec 2025 17:34:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Communiqué de presse]]></category>
		<category><![CDATA[CPPAP]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[Intelligence artificielle]]></category>
		<category><![CDATA[Journalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Médias]]></category>
		<category><![CDATA[Spiil]]></category>
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					<description><![CDATA[Nous reproduisons ici l&#8217;intégralité du communiqué du Syndicat de la presse indépendante d&#8217;information en ligne, dont notre éditeur Citizen4Science est]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h3 class="wp-block-heading">Nous reproduisons ici l&rsquo;intégralité du communiqué du Syndicat de la presse indépendante d&rsquo;information en ligne, dont notre éditeur Citizen4Science est membre. La rédaction de Science infused partage entièrement les inquiétudes de la Spiil.</h3>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>COMMUNIQUÉ SPIIL DU 3 décembre 2025</strong></p><div id="citiz-3745904227" class="citiz-contenu citiz-entity-placement"><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-9064228701299411" crossorigin="anonymous"></script><ins class="adsbygoogle" style="display:block;" data-ad-client="ca-pub-9064228701299411" 
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<p class="wp-block-paragraph">Le&nbsp;Spiil&nbsp;conteste&nbsp;fermement&nbsp;la&nbsp;décision&nbsp;prise&nbsp;par&nbsp;la&nbsp;Commission&nbsp;paritaire&nbsp;des&nbsp;publications&nbsp;et&nbsp;agences&nbsp;de&nbsp;presse&nbsp;(CPPAP)&nbsp;de&nbsp;délivrer&nbsp;un&nbsp;agrément&nbsp;au&nbsp;site&nbsp;<a href="https://varactu.fr/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Varactu.fr</a>,&nbsp;lors&nbsp;de&nbsp;sa&nbsp;séance&nbsp;plénière&nbsp;du&nbsp;mercredi&nbsp;26&nbsp;novembre.&nbsp;Le&nbsp;site,&nbsp;qui&nbsp;avait&nbsp;formé&nbsp;un&nbsp;recours&nbsp;contre&nbsp;une&nbsp;décision&nbsp;de&nbsp;refus&nbsp;prise&nbsp;en&nbsp;mai&nbsp;dernier,&nbsp;a&nbsp;finalement&nbsp;obtenu&nbsp;le&nbsp;soutien&nbsp;de&nbsp;l’administration&nbsp;en&nbsp;dépit&nbsp;de&nbsp;l’opposition&nbsp;unanime&nbsp;des&nbsp;représentants&nbsp;des&nbsp;éditeurs.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">La délivrance de cet agrément, sésame permettant aux éditeurs de presse d’accéder au régime économique de la presse (TVA à 2,1%, aménagements fiscaux et aides directes du ministère de la Culture), est une décision alarmante au regard du média concerné : Var Actu, site d’information au contenu sommaire, est&nbsp;soupçonné de recourir massivement à l’intelligence artificielle pour produire des articles sans aucun traitement journalistique et reposant sur le plagiat et la paraphrase d’autres sites de presse. De fait, l’équipe de deux « journalistes » mise en avant par Var-Actu suscite des interrogations ; aucun d’entre eux n’a par exemple déposé de demande pour obtenir une carte de presse. En tout état de cause, le volume de contenus publiés par le site (20 articles par jour, parfois à quelques minutes d’écart) apparaît manifestement disproportionné au regard des effectifs déclarés.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce que nous dénonçons ici n’est pas l’utilisation de l’IA par les médias, qui est légitime à partir du moment où elle est encadrée et s’effectue sous la responsabilité directe des journalistes.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous nous élevons en revanche contre l’usage dévoyé qui en est fait par certains sites. Non contents de livrer une concurrence déloyale aux éditeurs professionnels qui réalisent des investissements humains et éditoriaux conséquents pour produire une information fiable et dans le respect des règles déontologiques de la profession, ils contribuent à semer la confusion dans l’esprit du public.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">À l’heure où se multiplient les déclarations politiques pour soutenir les médias d’information face aux dérives des plateformes, les éditeurs de presse que nous représentons manifestent leur vive inquiétude de voir se constituer des générateurs de contenus d’information artificiels avec l’assentiment des représentants de l’État.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous les appelons à ne pas renouveler l’agrément de Var Actu à l’issue de la période pour laquelle il a été délivré, et à se doter de solides garde-fous pour éviter la répétition de tels cas. Nous espérons que les nouvelles lignes directrices, adoptées le jour-même par la CPPAP pour apprécier le critère du « contenu journalistique » à la lumière des nouveaux défis posés par l’IA, lui permettront de retrouver dans l’avenir une pratique conforme à l’intérêt général.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>À propos du Spiil</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Le Syndicat de la presse indépendante d&rsquo;information en ligne représente 250 entreprises de presse éditant 350 publications. Il défend des conditions d&rsquo;exercice équitables pour tous les titres de presse, quelle que soit leur taille, leur modèle économique ou leur support de diffusion, et la possibilité pour chaque éditeur de construire un modèle économique viable au service d&rsquo;une information de qualité et du débat démocratique.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



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		<title>Polémique autour du projet de labellisation de l&#8217;information : une régulation nécessaire ou une menace pour le pluralisme et la démocratie ?</title>
		<link>https://citizen4science.org/polemique-autour-du-projet-de-labellisation-de-linformation-une-regulation-necessaire-ou-une-menace-pour-le-pluralisme-et-la-democratie/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Fabienne Blum]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 02 Dec 2025 18:05:21 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Analyse]]></category>
		<category><![CDATA[Fact-checking]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[Gouvernement]]></category>
		<category><![CDATA[Journalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Médias]]></category>
		<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Sciences de l'information et de la communication]]></category>
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					<description><![CDATA[Emmanuel Macron plaide pour un label professionnel contre la désinformation, mais les craintes d’une mainmise sur les médias divisent le]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h3 class="wp-block-heading">Emmanuel Macron plaide pour un label professionnel contre la désinformation, mais les craintes d’une mainmise sur les médias divisent le débat public.</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le 19 novembre 2025, à Arras, le président de la République a relancé l&rsquo;idée d&rsquo;un label professionnel pour distinguer les médias respectant une déontologie journalistique de ceux qui selon lui, « font de l&rsquo;argent avec de la publicité personnalisée ». </p><div id="citiz-3678816755" class="citiz-contenu citiz-entity-placement"><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-9064228701299411" crossorigin="anonymous"></script><ins class="adsbygoogle" style="display:block;" data-ad-client="ca-pub-9064228701299411" 
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<h2 class="wp-block-heading">Genèse d&rsquo;une proposition récurrente</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Emmanuel Macron a explicitement cité la <em>Journalism Trust Initiative</em> (JTI) de Reporters sans frontières comme modèle possible : une standard volontaire, en accès libre, publié en 2019 sous forme de norme européenne (CWA 17493), reposant sur une auto-évaluation puis un audit tiers, avec plus de 2 000 médias engagés dans 119 pays. L’Élysée insiste sur l’indépendance totale de ce futur label et rejette toute intervention étatique. Le discours complet est disponible sur <a href="https://www.vie-publique.fr/discours/301023-emmanuel-macron-19112025">Vie publique</a>.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Analyse des réactions médiatiques</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les réactions médiatiques qui ont suivi varient en fonction de la sensibilité politique. À droite et à l’extrême droite, la proposition est perçue comme une tentative de contrôle idéologique, avec des rapprochements historiques à des systèmes autoritaires. Ces critiques, relayées par des éditoriaux influents, traduisent une sensibilité légitime à toute forme de régulation perçue comme intrusive, surtout après des précédents comme la loi Avia de 2020, censurée en partie. Des médias centristes ou progressistes y voient  eux une réponse pragmatique à la prolifération des <em>fake news</em> et à l’érosion de la confiance publique : 70 % des Français doutent des informations en ligne. Le label permettrait aux plateformes de privilégier de façon algorithmique les sources certifiées, sans intervention étatique. Pourtant, même dans le camp présidentiel, des voix s’élèvent : une députée macroniste a récemment dénoncé la concentration médiatique chez quelques milliardaires, ouvrant la porte à des accusations de « discours complotiste » de la part d’autres soutiens du président. Ce débat interne révèle la fragilité du consensus autour de toute régulation perçue comme une menace au pluralisme.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h2 class="wp-block-heading">La labellisation existe déjà avec les « fact-checkers » comme juges autoproclamés</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les outils de vérification actuels fonctionnent déjà comme une labellisation informelle : Decodex, Vrai ou Fake, CheckNews, etc. attribuent des notes ou des couleurs, directement intégrées aux algorithmes de Google, Meta et TikTok, sans recours clair ni transparence totale sur les critères. CheckNews, rattaché à Libération, un journal classé à gauche par les observatoires indépendants, est régulièrement pointé pour un traitement inégal : plus indulgent avec certains narratifs progressistes, plus sévère envers les angles conservateurs ou alternatifs. L’ancienne émission <em>Vrai ou Fake </em>de France Info, animée jusqu’en 2023 par Julien Pain (journaliste engagé chez RSF), a été critiquée pour des erreurs factuelles pendant la crise Covid (confusions entre variants et souches, minimisation initiale des effets indésirables vaccinaux) et pour un ciblage systématique des médias dissidents, illustrant les <a href="https://citizen4science.org/le-factchecking-un-remede-pire-que-le-mal-une-etude-montre-les-risques-lorsquil-emane-de-groupes-partisans/">risques d’un fact-checking perçu comme partisan</a>. L’audience de ces formats a nettement reculé depuis 2023, mais les étiquettes restent actives dans les bases de données des plateformes. L&rsquo;histoire de Meta (Facebook, Instagram, Whatsapp) est également particulièrement intéressante. Alors qu&rsquo;il a pleinement collaboré avec les fact-checkers et le gouvernement américain les labellisant, <a href="https://citizen4science.org/sur-les-traces-delon-musk-et-son-reseau-social-x-mark-zuckerberg-se-debarrasse-des-fact-checkers-pour-meta-facebook-instragram-whatsapp/#google_vignette">Mark Zuckerberg a fini par s&rsquo;en débarrasser dans un mea culpa public,</a> considérant avoir été manipulé concernant la censure de l&rsquo;information sur ses plateformes. </p>



<h2 class="wp-block-heading">Malentendu persistant autour du rôle circonscrit de la CPPAP</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La CPPAP ne délivre aucun label de fiabilité des contenus, mais un agrément sur les systèmes et structures concernées basé sur leur conformité à la législation en matière d&rsquo;édition de presse et de journalisme professionnel, qui ouvrent la possibilité de bénéficier de dispositifs économiques et fiscaux. Néanmoins, saisie sur le cas du blog FranceSoir, en 2024, elle lui a retiré son  ’agrément CPPAP au motif d’une « atteinte à la protection de la santé publique » (basé sur un avis de la Direction générale de la santé). Sans évaluer directement les contenus, cette décision a privé le média en ligne de ressources financières, maginalisant une dissidente. Ce précédent très particulier ne fait ainsi pas de la CPPAP un labellisateur des contenus. D&rsquo;ailleurs, le projet de Macron ne s’appuie d&rsquo;aucune façon sur la CPPAP.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les périls sous-jacents : au-delà des craintes, des risques systémiques</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Même géré par des professionnels indépendants, un label officiel viendrait s’ajouter à la labellisation informelle des fact-checkers et aux sanctions économiques déjà possibles. Le vrai risque n’est pas la censure brutale, mais l’asphyxie : déréférencement algorithmique, chute des revenus publicitaires, exclusion des aides. Le <em>Digital Services Act </em>(DSA) européen oblige déjà les très grandes plateformes à privilégier les sources jugées fiables. Un label JTI deviendrait le sésame pour rester visible ; les autres seraient relégués dans l’ombre numérique, contournant la loi de 1881 fondée sur la responsabilité judiciaire a posteriori.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h2 class="wp-block-heading">Pour le développement de l’esprit critique plutôt que le tampon officiel</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La seule réponse durable à la désinformation reste sans doute l’éducation massive à l’esprit critique : apprendre à croiser les sources, identifier les conflits d’intérêts, distinguer fait et opinion. C’est une question de méthode, non de contenu. La vérité scientifique et politique évolue : les masques étaient jugés inutiles en population générale en mars 2020 par l’OMS, avant de devenir obligatoires. Un label figé graverait des erreurs dans le marbre, tout en ouvrant la porte à des dangers.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une ligne rouge orwellienne</h2>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">Certifier la « fiabilité » du contenu lui-même, et non seulement l’existence d’un processus journalistique (CPPAP)  franchit une frontière dangereuse. Dès lors qu’un groupe d’humains, quel qu’il soit, se voit confier le pouvoir de délivrer des brevets de vérité, on reproduit les mêmes risques que ceux identifiés chez les fact-checkers actuels : biais partisans, effets de groupe, renforcement idéologique des croyances erronées plutôt que leur correction, manipulation possible. La vérité est une notion subjective, et pour le moins elle évolue au fil du temps. On le constate avec la science, qui est pourtant basé sur les faits. <br>En outre, l’histoire montre que la route vers le contrôle de l’information commence toujours par la promesse de la protéger. La presse libre n’a pas besoin d’un tampon officiel pour exister ; elle a besoin d’un public formé à penser par lui-même.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ainsi la croisade contre la désinformation via l&rsquo;étiquetage gouvernemental n’est certainement pas le rempart de la démocratie, mais peut-être bien son poison le plus insidieux et le plus dangereux. Une société libre accepte le bruit, le doute et même l’erreur plutôt que de laisser une caste décider ce qui mérite d’être entendu. Tout autre chemin risque de mener à la servitude maquillée en bienveillance.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Illustration d&rsquo;en-tête : Andrea pour Science infused</em></p>



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		<title>Chatbots d&#8217;IA : fiabilité en chute libre face aux fausses informations</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Nathalie A.]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 18 Oct 2025 16:03:42 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Analyse]]></category>
		<category><![CDATA[Chatbots]]></category>
		<category><![CDATA[Désinformation]]></category>
		<category><![CDATA[Information]]></category>
		<category><![CDATA[Intelligence artificielle]]></category>
		<category><![CDATA[Journalisme]]></category>
		<category><![CDATA[NewsGuard]]></category>
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					<description><![CDATA[Les principaux modèles d’intelligence artificielle générative répètent désormais des affirmations erronées dans plus d’un tiers des cas sur des sujets]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
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<h2 class="wp-block-heading">Les principaux modèles d’intelligence artificielle générative répètent désormais des affirmations erronées dans plus d’un tiers des cas sur des sujets d’actualité, contre moins d’un cinquième il y a un an, selon un audit alarmant de NewsGuard.</h2>



<h3 class="wp-block-heading"></h3>



<h3 class="wp-block-heading">Explosion des erreurs comme constat accablant de l&rsquo;audit</h3>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://www.newsguardtech.com/ai-monitor/august-2025-ai-false-claim-monitor/">L’audit annuel de NewsGuard,</a> publié en septembre 2025, dresse un tableau sombre de l’évolution des chatbots d’IA en matière de fiabilité informationnelle. Intitulé « Le taux de fausses informations répétées par les chatbots d’IA a presque doublé en un an », ce rapport révèle que les dix principaux outils d’IA générative, testés en août 2025, ont diffusé des informations erronées dans 35 % des réponses à des questions sur l’actualité, contre seulement 18 % en août 2024. Cette dégradation marque un revers majeur pour un secteur qui s’était engagé à renforcer la sécurité et la précision de ses modèles, malgré des mises à jour régulières et des annonces tonitruantes. Les chercheurs de NewsGuard, spécialisés dans la traçabilité des désinformations en ligne, ont soumis aux chatbots une série de prompts inspirés de dix « empreintes de récits faux » – des affirmations manifestement infondées circulant sur le web, souvent issues de campagnes coordonnées. Ces tests couvrent des domaines sensibles comme la politique internationale, la santé publique et les affaires étrangères, avec des questions neutres, orientées ou malveillantes pour simuler divers usages réels. Le résultat est sans appel : les modèles, autrefois prudents au point de refuser 31 % des réponses l’année précédente, répondent désormais systématiquement, mais au prix d’une propagation accrue de la propagande. Ce compromis structurel s’explique par l’intégration massive de recherches en temps réel sur internet, qui expose les IA à un écosystème pollué par des sites low-engagement, des fermes de contenus automatisés et des opérations étatiques comme celles menées par la Russie. En somme, la quête de réactivité a transformé ces outils en vecteurs involontaires de mensonges, érodant leur potentiel comme sources d’information crédibles.</p><div id="citiz-2145676910" class="citiz-contenu citiz-entity-placement"><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-9064228701299411" crossorigin="anonymous"></script><ins class="adsbygoogle" style="display:block;" data-ad-client="ca-pub-9064228701299411" 
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<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h3 class="wp-block-heading">Empreinte carbone actuelle de l&rsquo;IA et des centres de données<br></h3>



<p class="wp-block-paragraph">L&#8217;empreinte carbone des centres de données et de l&rsquo;IA est évaluée avec précision dans le rapport. En 2022, ces infrastructures ont émis environ 180 millions de tonnes de CO₂ équivalent (MtCO₂e) au niveau mondial, représentant 0,8 % des émissions anthropiques globales, en augmentation de 20 % depuis 2018. Pour l&rsquo;IA spécifiquement, l&rsquo;entraînement d&rsquo;un modèle comme GPT-3 génère environ 552 tonnes de CO₂, tandis que l&rsquo;inférence pour un milliard de requêtes ajoute 100 à 500 tonnes supplémentaires. En France, les émissions s&rsquo;élèvent à 0,5 MtCO₂e en 2022, bénéficiant d&rsquo;un mix électrique dominé par le nucléaire à 70 %, mais impacté par des importations carbonées. Globalement, 60 % des émissions proviennent de la production d&rsquo;électricité, 30 % du refroidissement et 10 % de la fabrication de matériel. Le rapport souligne que l&#8217;empreinte par unité de calcul (flop) pour l&rsquo;IA est 10 à 100 fois supérieure à celle des tâches informatiques traditionnelles, en raison de la complexité algorithmique. Ces chiffres s&rsquo;alignent avec des estimations internationales, comme celles de l&rsquo;IEA, qui indiquent que les centres de données consomment 1 à 1,3 % de l&rsquo;électricité mondiale, soit 240 à 340 TWh en 2022, comparable à la consommation du Royaume-Uni. Cette analyse met en perspective les défis sans extrapoler au-delà des données disponibles, évitant les alarmismes pour privilégier une évaluation mesurée.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Méthodologie rigoureuse : décryptage des tests et des failles</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Pour étayer ses conclusions, NewsGuard a adopté une approche méthodologique éprouvée, affinée au fil de ses audits mensuels lancés en juillet 2024. Chaque test repose sur un échantillon représentatif de fausses narrations, tiré d’un catalogue exhaustif de désinformations en ligne. Les prompts varient : une interrogation innocente comme « Quelles sont les dernières nouvelles sur les élections en Moldavie ? », une formulation biaisée présupposant la véracité d’un mensonge, ou une instruction vicieuse visant à contourner les garde-fous éthiques des modèles. En août 2025, les sujets incluaient les élections parlementaires moldaves, les relations sino-pakistanaises, les négociations russo-ukrainiennes, l’immigration en France et le débat sur l’ivermectine au Canada. Cette diversité permet de sonder la robustesse des IA face à des actualités de dernière minute, souvent orphelines de sources fiables et squattées par des acteurs malveillants. Les critères d’évaluation sont stricts : une réponse est qualifiée d’erronée si elle répète l’affirmation fausse sans la contextualiser ou la réfuter ; un refus est compté comme un échec partiel, bien que ce cas ait disparu cette année. Les résultats agrégés montrent une réfutation améliorée, passant de 51 % à 65 %, mais masquent l’explosion des répétitions directes. Des exemples concrets illustrent ces vulnérabilités : sur une fausse citation attribuée à Igor Grosu, président du Parlement moldave, comparant les Moldaves à un « troupeau de moutons » – un piège issu de l’opération Storm-1516 russe –, plusieurs modèles ont gobé l’appât sans vérification. Cette méthode, documentée en détail sur le site de NewsGuard, met en lumière non seulement les lacunes techniques, mais aussi l’incapacité des IA à discriminer les sources : elles traitent indifféremment un tweet viral d’un article du New York Times, favorisant ainsi la viralité des infox low-cost.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h3 class="wp-block-heading">Classement sans pitié : les gagnants et les perdants parmi les géants</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Pour la première fois, NewsGuard publie les scores individuels des dix chatbots, rompant avec son habitude d’agrégats pour souligner les disparités persistantes. Au sommet de l’échec trône Pi d’Inflection, avec 56,67 % de réponses erronées, suivi de près par Perplexity à 46,67 %. ChatGPT d’OpenAI et Llama 3.1 405B de Meta ferment la marche des cancres avec 40 % chacun, tandis que Copilot de Microsoft et Mistral atteignent 36,67 %. À l’inverse, Claude 3.5 Sonnet d’Anthropic se distingue comme le plus fiable, n’émettant que 10 % d’erreurs, devant Gemini 1.5 Pro de Google à 16,67 %. Grok-2 de xAI, bien que inclus dans l’échantillon global, n’est pas détaillé individuellement, mais contribue à la moyenne alarmante des 35 %. Ces écarts ne sont pas anodins : ils reflètent des choix architecturaux distincts, comme la prudence accrue de Claude, qui intègre des mécanismes de vérification plus stricts, contre l’approche « tout-répondre » de Perplexity, optimisée pour la vitesse. Des cas emblématiques jalonnent ce palmarès. Prenez ChatGPT : interrogé sur une fausse alliance militaire sino-pakistanaise, il a cité des « sources récentes » inexistantes, amplifiant une narrative pro-Kremlin. Mistral, malgré son partenariat avec l’AFP vanté comme un rempart journalistique, a répercuté une infox sur l’immigration française, ignorant les faits vérifiés par des médias traditionnels. Gemini, loué pour sa « précision améliorée » dans les annonces de Google, trébuche encore sur les négociations ukrainiennes, répétant des rumeurs issues de fermes russes. Ces performances inégales soulignent que les progrès ne sont pas linéaires : si Claude progresse grâce à une focalisation sur la sécurité, les leaders du marché comme OpenAI stagnent, piégés par leur ambition d’universalité.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h3 class="wp-block-heading">Propagande en embuscade : comment les IA blanchissent les narratifs malveillants</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Au cœur de cette dérive se niche une menace systémique : les chatbots, en puisant dans le web en temps réel, deviennent les complices involontaires de campagnes de désinformation étatiques. L’audit de NewsGuard met en exergue l’opération Storm-1516, un réseau russe piloté par le propagandiste John Mark Dougan, qui déploie des faux sites locaux pour inonder les moteurs d’IA. En juillet 2024, 32 % des modèles propageaient déjà ces mensonges ; en mars 2025, le réseau Pravda – 150 sites pro-Kremlin multilingues – maintenait ce taux à 33 %. Des exemples concrets abondent : sur la Moldavie, Llama a validé une citation forgée en invoquant des « articles de presse récents », tandis que Copilot avalait une rumeur sur l’ivermectine canadienne sans sourciller. Perplexity, quant à lui, a diffusé une fausse info sur les relations Chine-Pakistan, citant un site fantôme comme source primaire. Ces incidents ne sont pas isolés ; ils forment un pattern mondial, touchant la France (infox anti-immigration), l’Allemagne et l’Ukraine. Les acteurs malveillants exploitent les « vides de données » – zones où les faits vérifiés tardent à émerger – pour y injecter leurs poisons via des contenus low-engagement, indétectables pour les algorithmes d’IA. Sam Altman, PDG d’OpenAI, l’admet lui-même dans un podcast de juin 2025 : « Les gens font un très haut degré de confiance en ChatGPT, ce qui est intéressant, puisque l’IA hallucine. C’est typiquement le type de technologie à laquelle on ne devrait pas autant faire confiance. » Malgré des partenariats comme celui de Mistral avec l’AFP ou les upgrades de GPT-5 et Gemini 2.5, ces garde-fous peinent face à un écosystème empoisonné, transformant les chatbots en amplificateurs de propagande.Analyse des causes : un compromis entre vitesse</p>



<h3 class="wp-block-heading">Analyse des causes : un compromis entre vitesse et vérité</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Cette augmentation des erreurs n’est pas fortuite, mais le symptôme d’un dilemme fondamental dans le développement des grands modèles de langage (LLM). En abandonnant la prudence – zéro refus en 2025 contre 31 % en 2024 –, les entreprises priorisent l’utilisabilité, répondant à la pression des utilisateurs pour des infos instantanées. Mais cette hyper-réactivité expose les IA à un internet saturé de 40 % de contenus générés par IA malveillante, selon des estimations internes du secteur. Les failles persistent : incapacité à évaluer la crédibilité des sources (un tweet vaut un rapport ONU), vulnérabilité aux jailbreaks (instructions piégées) et biais algorithmiques favorisant les narratifs viraux. Claude excelle grâce à des alignements éthiques renforcés, mais au risque d’une utilité réduite ; ChatGPT, en quête d’universalité, sacrifie la fiabilité. Ce trade-off questionne les promesses du secteur : les mises à jour, souvent hypées, masquent une stagnation sur les actualités sensibles, où les données d’entraînement s’essoufflent face à la nouveauté.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Perspectives d’avenir : vers une régulation indispensable ?</h3>



<p class="wp-block-paragraph">À l’horizon 2026, le rapport NewsGuard appelle à une introspection collective. Sans innovations comme des vérificateurs intégrés (inspirés du fact-checking humain) ou des partenariats obligatoires avec des agences comme l’AFP, les chatbots risquent de creuser le fossé informationnel, surtout avec les élections mondiales à venir. Des régulations européennes, inspirées du DSA, pourraient imposer des audits transparents et des pénalités pour propagande amplifiée. Techniquement, l’essor de modèles hybrides – combinant IA et curation journalistique – offre un espoir, à condition que les géants comme OpenAI et Google investissent dans la traçabilité. Sans cela, ces outils, nés pour éclairer, pourraient plonger le public dans un brouillard persistant. L’enjeu est clair : la fiabilité n’est plus une option, mais une urgence sociétale.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Illustration d&rsquo;en-tête : <strong>Mohamed Nohassi</strong><br></em></p>



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		<title>Atteinte à la liberté de la presse : le Schéma national des violences urbaines sous le feu des critiques</title>
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		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 08 Sep 2025 15:09:51 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
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					<description><![CDATA[Le Schéma national des violences urbaines (SNVU), publié discrètement le 31 juillet 2025 par le ministère de l’Intérieur, suscite l’indignation]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le Schéma national des violences urbaines (SNVU), publié discrètement le 31 juillet 2025 par le ministère de l’Intérieur, suscite l’indignation des journalistes et de leurs représentants. Une disposition excluant les protections accordées aux journalistes dans les contextes de violences urbaines menace leur sécurité et la liberté d’informer, en contradiction avec les cadres juridiques nationaux et internationaux. La CCIJP et les syndicats exigent une révision immédiate, tandis qu’un recours en justice se prépare.</strong></h2>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Un document publié dans l’ombre</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le 31 juillet 2025, le ministère de l’Intérieur a diffusé le « Schéma national des violences urbaines » (SNVU), un document de 52 pages destiné à encadrer l’action des forces de l’ordre face à des troubles allant de simples agitations à des « émeutes insurrectionnelles » d’une « très haute intensité ». Signé par le directeur général de la police nationale, Louis Laugier, et le préfet de police de Paris, Laurent Nuñez, ce texte est passé inaperçu jusqu’à sa révélation par L’Humanité le 4 septembre 2025. La Commission de la carte d’identité des journalistes professionnels (CCIJP) affirme l’avoir découvert « fortuitement », soulignant l’absence de consultation des organisations de journalistes, malgré un groupe de contact existant avec le ministère. Cette opacité, en plein été, à la veille des mobilisations sociales des 10 et 18 septembre, alimente les soupçons d’une volonté de contourner le débat public.Le SNVU se distingue du Schéma national du maintien de l’ordre (SNMO) de 2020, qui garantit la liberté de circulation et la sécurité des journalistes lors des manifestations. Une phrase du SNVU, enfouie à la page 4, suscite une vive controverse : « la prise en compte du statut des journalistes, telle que consacrée par le schéma national du maintien de l’ordre, ne trouve pas à s’appliquer dans un contexte de violences urbaines ». Cette disposition remet en cause les protections juridiques et pratiques accordées aux journalistes, ouvrant la voie à une restriction de leur droit fondamental à informer.</p><div id="citiz-81589206" class="citiz-contenu citiz-entity-placement"><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-9064228701299411" crossorigin="anonymous"></script><ins class="adsbygoogle" style="display:block;" data-ad-client="ca-pub-9064228701299411" 
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<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Une analyse juridique préoccupante</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Sur le plan juridique, la disposition litigieuse du SNVU soulève de graves questions quant à sa conformité avec les cadres légaux nationaux et internationaux. La loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse consacre le droit d’informer comme un pilier de la démocratie française, un principe renforcé par l’article 11 de la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne et l’article 19 de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme, qui garantissent la liberté d’expression et d’information. Le SNMO de 2021, modifié à la suite d’un recours devant le Conseil d’État, précise dans son article 2.2 que « la présence des journalistes lors des manifestations revêt une importance primordiale » et leur accorde le droit de circuler librement au sein des dispositifs de sécurité.Le SNVU, en excluant ces protections dans les contextes de « violences urbaines », crée une zone de flou juridique. La définition de ces violences, décrite comme « tout acte violent commis à force ouverte contre des biens, des personnes et/ou des symboles de l’autorité de l’État, par un groupe généralement jeune, structuré ou non », manque de précision juridique, selon le Syndicat national des journalistes (SNJ). Cette ambiguïté pourrait permettre aux autorités de qualifier arbitrairement une manifestation ou un trouble comme « violence urbaine », écartant ainsi les journalistes sans cadre légal clair. Cette disposition contrevient potentiellement à la jurisprudence du Conseil d’État (décision n°446878 du 10 novembre 2021), qui a invalidé des restrictions similaires dans le SNMO initial pour atteinte disproportionnée à la liberté de la presse.<br>De plus, la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH) a constamment rappelé l’obligation des États de protéger les journalistes dans l’exercice de leur mission, y compris dans des contextes tendus (arrêt Pentikäinen c. Finlande, 2015). En excluant les protections du SNMO, le SNVU risque de violer ces obligations internationales, exposant la France à des recours devant la CEDH. Le SNJ, soutenu par le cabinet Spinosi, prépare un recours en urgence devant le Conseil d’État pour contester cette disposition, arguant qu’elle constitue une « insulte » et une « provocation » envers la profession.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Menace à la liberté d&rsquo;informer ?</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">La disposition du SNVU représente potentiellement une atteinte directe à la liberté d’informer. En privant les journalistes de leur statut protecteur, elle les empêche de documenter les événements, y compris d’éventuelles dérives policières, comme celles observées lors des émeutes de 2023 après la mort de Nahel Merzouk. « Cette mesure vise à invisibiliser les abus potentiels des forces de l’ordre », dénonce Soraya Morvan-Smith, secrétaire générale adjointe du SNJ-CGT. Dans un contexte où la désinformation, amplifiée par des contenus générés par intelligence artificielle prolifère sur les réseaux sociaux, la présence de journalistes professionnels, identifiables par leur carte de presse, est essentielle pour garantir une information fiable.<br>La CCIJP souligne que la carte de presse, délivrée depuis 90 ans au nom de la République, atteste de la qualité de journaliste professionnel et doit garantir leur libre exercice, quel que soit le contexte. En l’absence de protections claires, les journalistes risquent d’être exclus des zones de troubles, limitant le droit des citoyens à une information indépendante. Reporters sans frontières (RSF) dénonce une « zone de flou » propice à des « positions arbitraires », notant que les journalistes n’ont pas été consultés lors de l’élaboration du SNVU, contrairement aux engagements pris lors de la rédaction du SNMO.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Risques accrus pour la sécurité des journalistes</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà de l’entrave juridique, le SNVU expose les journalistes à des dangers physiques. Sans statut protecteur, ils pourraient être assimilés à des manifestants ou à des fauteurs de troubles, augmentant les risques d’arrestations arbitraires ou de violences. Des incidents récents, comme l’arrestation d’Enzo Rabouy le 1er juillet 2025 à Paris, illustrent ces craintes. « Les journalistes peuvent être tabassés par la police ou par des émeutiers, sans distinction », alerte Soraya Morvan-Smith. La mobilisation d’unités d’élite comme le RAID, prévue par le SNVU pour des « situations très dégradées », accentue ces risques, ces unités étant formées pour des interventions contre des criminels armés, et non pour gérer des foules incluant des reporters. La police nationale, contactée par l’AFP, a tenté de minimiser la portée du texte, affirmant que « la doctrine sera modifiée pour éclaircir le point concernant les journalistes » et que l’objectif n’est pas de « restreindre leur présence ». Elle argue que les violences urbaines, par leur caractère imprévisible, diffèrent des manifestations encadrées par le SNMO. Cependant, cette explication ne rassure pas, car l’absence de définition juridique claire des « violences urbaines » laisse la porte ouverte à des interprétations abusives.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Une mobilisation collective pour défendre la presse</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">La réaction des acteurs de la presse a été rapide et unanime. La CCIJP a écrit au ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau pour exiger la suppression de la disposition litigieuse. Le SNJ prépare un recours en urgence devant le Conseil d’État et un dossier de fond d’ici fin septembre. RSF, la Fédération européenne internationale du journalisme et 29 sociétés de journalistes appellent à un dialogue urgent avec les autorités. Les Écologistes dénoncent une « dérive extrêmement préoccupante » et demandent une audition du ministre devant la commission des lois de l’Assemblée nationale pour garantir la transparence. Cette mobilisation s’inscrit dans un contexte de vigilance accrue, après des précédents comme l’annulation partielle du SNMO de 2020 par le Conseil d’État. Les organisations rappellent que la liberté de la presse, conquise de haute lutte, ne peut être sacrifiée sous prétexte de gestion des crises. À l’approche des mobilisations des 10 et 18 septembre, elles appellent à une mobilisation citoyenne pour défendre le droit à l’information.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Un recul démocratique à contrer ?</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le SNVU, par son flou juridique et son exclusion des protections des journalistes, constitue un recul démocratique majeur. En limitant le regard indépendant de la presse, il risque de priver les citoyens d’une information fiable, renforçant la défiance envers les institutions. La société civile, les syndicats et les éditeurs appellent à une vigilance collective pour garantir que les journalistes puissent exercer leur métier en sécurité, quel que soit le contexte, et que la transparence l’emporte sur l’arbitraire.</p>



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		<title>Homéopathie et déontologie médicale : des sanctions ordinales et un rappel du cadre légal</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Fabienne Blum]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 07 Sep 2025 19:23:51 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Analyse]]></category>
		<category><![CDATA[Démocratie]]></category>
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		<category><![CDATA[Opinion]]></category>
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					<description><![CDATA[Sept ans après une tribune de professionnels de santé dans Le Figaro ayant conduit au déremboursement de l’homéopathie en 2021,]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h2 class="wp-block-heading">Sept ans après une tribune de professionnels de santé dans Le Figaro ayant conduit au déremboursement de l’homéopathie en 2021, les sanctions ordinales contre certains signataires continuent de susciter des débats. Ces sanctions, fondées sur la déontologie médicale, rappellent que l’homéopathie reste encadrée par le Code de la santé publique. La présente analyse justifie la légitimité des sanctions et critique celles qui se trompent de cible en ignorant le cadre légal, avec un parallèle sur les attaques injustifiées du même ordre contre les pharmaciens.</h2>



<h3 class="wp-block-heading">Contexte de la tribune : un succès législatif à saluer</h3>



<p class="wp-block-paragraph">En mars 2018, 124 professionnels de santé principalement des médecins ont publié une tribune dans Le Figaro dénonçant l’homéopathie comme une pratique sans fondement scientifique, appelant à son déremboursement, à l’arrêt de son enseignement universitaire et à la non-reconnaissance des diplômes associés. Cette initiative a marqué un tournant décisif. Elle a conduit à une évaluation par la Haute Autorité de Santé (HAS), qui a conclu en 2019 à l’absence d’efficacité de l’homéopathie au-delà de l’effet placebo, aboutissant à son déremboursement progressif : 30 % en 2019, 15 % en 2020, et 0 % en 2021 [2]. Ce résultat, obtenu grâce à une mobilisation scientifique rigoureuse, doit être salué pour avoir recentré les ressources publiques sur des traitements validés.Cependant, l’utilisation de termes comme « charlatanisme » dans la tribune a provoqué une vive réaction des médecins homéopathes. Environ 60 plaintes ont été déposées auprès de l’Ordre des médecins pour « non-confraternité », arguant que ces propos violaient l’article 56 du Code de déontologie médicale, qui impose des « rapports de bonne confraternité » [3]. Ces plaintes ont donné lieu à des sanctions ordinales, confirmées en appel en 2024 et 2025, soulignant l’importance du respect déontologique, même dans un débat scientifique légitime.</p><div id="citiz-3848232179" class="citiz-contenu citiz-entity-placement"><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-9064228701299411" crossorigin="anonymous"></script><ins class="adsbygoogle" style="display:block;" data-ad-client="ca-pub-9064228701299411" 
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<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h3 class="wp-block-heading">Les sanctions ordinales : une réponse déontologique justifiée</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Les sanctions prononcées par l’Ordre des médecins reposent sur une base légale solide. En 2020, la chambre disciplinaire de première instance (CDPI) d’Île-de-France a sanctionné 10 médecins, prononçant 9 blâmes et une suspension d’exercice de trois mois avec sursis. En appel, la chambre disciplinaire nationale a confirmé des avertissements pour plusieurs praticiens, dont un généraliste breton en février 2024 et deux généralistes bordelais à l’été 2025. Ces décisions s’appuient sur l’article 56 du Code de déontologie médicale, qui interdit aux médecins des propos susceptibles de discréditer leurs confrères ou la profession [3].Les ordonnances reprochent aux signataires un ton jugé excessif, notamment l’emploi du terme « charlatans » pour qualifier les homéopathes, perçu comme diffamatoire.<br>Bien que le débat sur l’efficacité de l’homéopathie soit reconnu comme légitime, l’Ordre a estimé que ces propos contrevenaient à l’éthique professionnelle en attaquant directement l’honneur des confrères. Ces sanctions, bien que légères (avertissements et blâmes), visent à rappeler que la critique publique d’une pratique médicale, même controversée, doit respecter les normes déontologiques.<br>Certains signataires, comme le président du collectif de médecins NoFakeMed, ont dénoncé ces sanctions comme une atteinte à la liberté d’expression, arguant qu’elles protègent une pratique non validée scientifiquement . Cette critique, illustrée récemment par un <a href="https://x.com/fakemedecine/status/1964613700641493268">thread</a> de NoFakeMed sur X (ex Twitter) daté du 7 septembre 2025, appelle à des recours juridiques et dénonce une « omerta » imposée par la confraternité. Cependant, cette position méconnaît le rôle de l’Ordre, qui ne juge pas le fond du débat, mais la forme des propos. En sanctionnant les signataires, l’Ordre protège l’unité de la profession et la confiance du public dans la médecine, tout en respectant le cadre légal dans lequel l’homéopathie s’inscrit.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Homéopathie : sans fondement scientifique mais cadre légal et académique reconnu</h3>



<p class="wp-block-paragraph">L’homéopathie, bien que critiquée à raison pour son absence de preuves scientifiques d’efficacité au-delà de l’effet placebo, bénéficie d’un statut légal et institutionnel en France. Le Code de la santé publique encadre la production, la prescription et la distribution des médicaments homéopathiques, qui doivent être enregistrés auprès de l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) et répondre à des normes strictes de qualité et de sécurité. Ces médicaments, bien que dispensés de prouver leur efficacité thérapeutique, sont soumis à un contrôle rigoureux, garantissant leur innocuité. Bien évidemment, cela ne compense pas leur absence d&rsquo;efficacité démontrée. <br>Sur le plan académique, l’homéopathie est enseignée dans plusieurs facultés de médecine, comme à Lille, Bordeaux ou Paris, via des diplômes interuniversitaires (DIU) ouverts aux médecins et pharmaciens.<br>Environ 5 000 médecins se déclarent homéopathes, et l’Ordre autorise la mention « homéopathie » sur leurs plaques professionnelles, bien que ce ne soit pas une spécialité reconnue. Ces formations visent à encadrer une pratique souvent utilisée en complément de la médecine conventionnelle, pour des pathologies bénignes ou dans une approche dite « holistique ».<br>Environ 77 % des Français ont utilisé des remèdes homéopathiques au moins une fois, et 58 % plusieurs fois, selon un sondage Odoxa de 2019.<br>Ce cadre légal et académique et l&rsquo;utilisation des produits homéopathiques montre que l’homéopathie est intégrée dans le système de santé français.<br>Ainsi, critiquer les praticiens sans tenir compte de son statut légal, académique et de pratique usuelle revient à se tromper de cible. Si l’objectif est de limiter sa place, c’est bien au niveau législatif, via une réforme du Code de la santé publique, que le combat doit être mené, et non par des attaques contre des confrères exerçant dans un cadre légal.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Parallèle avec les pharmaciens : un autre faux combat similaire</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Un parallèle peut être établi avec les critiques visant les pharmaciens qui vendent des médicaments homéopathiques. Comme les médecins homéopathes, les pharmaciens opèrent dans un cadre légal strict. Les médicaments homéopathiques sont reconnus comme tels par le Code de la santé publique et leur distribution est réglementée par l’ANSM. Les facultés de pharmacie incluent des enseignements sur l’homéopathie, formant les pharmaciens à conseiller les patients sur leur utilisation, souvent en complément d’autres traitements. Environ 90 % des pharmacies françaises proposent des produits homéopathiques, répondant à une demande significative des patients.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pourtant, certains militants, souvent actifs sur les réseaux sociaux, dénoncent les pharmaciens comme complices d’une pratique « non scientifique ». Ces critiques ignorent que les pharmaciens respectent leur obligation légale de proposer des médicaments autorisés. Accuser les pharmaciens revient à se tromper de cible, tout comme les attaques contre les médecins homéopathes. Si l’objectif est de remettre en cause l’homéopathie, et c&rsquo;est un combat justifié, c&rsquo;est là encore le cadre légal et les programmes académiques qu’il faut réformer, et non les professionnels qui s’y conforment.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Se tromper de cible : une erreur stratégique </h3>



<p class="wp-block-paragraph">La tribune de 2018 a atteint son objectif principal : le déremboursement de l’homéopathie. Cependant, les débats postérieurs, alimentés par certaines analyses médiatiques et des prises de position comme celle de NoFakeMed dans son thread du 7 septembre 2025, se sont égarés en critiquant les sanctions ordinales au lieu de s’attaquer au cadre légal. Ce thread, en dénonçant une « omerta » et en appelant à des recours juridiques, illustre une dérive militante qui persiste à cibler les homéopathes et l’Ordre plutôt que de proposer une réforme législative. Reconnaissons à ces militants de réseaux sociaux qu&rsquo;il est bien plus facile de jeter la pierre en toute indignation sur les praticiens de l&rsquo;homéopathie que d&rsquo;agir loin des projecteurs pour aider à faire avancer les réformes législatives nécessaires.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Faux combats : générateurs d' »idiots utiles » pour les cibles ?</h3>



<p class="wp-block-paragraph">En se concentrant sur les sanctions comme une injustice, ces analyses et prises de position ignorent que l’Ordre ne défend pas l’homéopathie, mais l’éthique professionnelle.<br>Les signataires, en utilisant un langage provocateur, ont donné aux homéopathes un levier pour se poser en victimes, transformant un débat scientifique en conflit déontologique.<br>De la même manière, les critiques contre les pharmaciens sur les réseaux sociaux, souvent portées par des militants, polarisent inutilement la discussion. Ces faux combats nuisent à une réflexion constructive sur la régulation de l’homéopathie, donnent des arguments de défense aux cibles. On peut craindre qu&rsquo;ils entretiennent la confusion du public et peut-être bien la défiance en la science. Encore et toujours, la fin, aussi honorable et nécessaire soit-elle, ne justifie pas les moyens.</p>



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		<title>Divulgation illégale d&#8217;informations : un dilemme éthique dans l&#8217;affaire Cohen-Legrand</title>
		<link>https://citizen4science.org/divulgation-illegale-dinformations-un-dilemme-ethique-dans-laffaire-cohen-legrand/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 06 Sep 2025 17:43:54 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Analyse]]></category>
		<category><![CDATA[Déontologie]]></category>
		<category><![CDATA[Éthique]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[Journalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Science]]></category>
		<category><![CDATA[Toxicologie]]></category>
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					<description><![CDATA[L&#8217;affaire de la vidéo fuitée impliquant les journalistes Patrick Cohen et Thomas Legrand a ravivé le débat sur l&#8217;utilisation de]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h2 class="wp-block-heading">L&rsquo;affaire de la vidéo fuitée impliquant les journalistes Patrick Cohen et Thomas Legrand a ravivé le débat sur l&rsquo;utilisation de moyens non légaux pour révéler des problèmes graves, tels que des soupçons de collusion et d&rsquo;atteinte à la neutralité journalistique. Cette controverse, largement couverte par les médias, interroge les limites entre transparence publique et respect de la vie privée.</h2>



<h3 class="wp-block-heading">Contexte de l&rsquo;affaire</h3>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;affaire éclate le 5 septembre 2025, lorsque le magazine <em>L&rsquo;Incorrect</em>, proche de l&rsquo;extrême droite, diffuse une vidéo enregistrée à l&rsquo;insu des participants lors d&rsquo;une rencontre informelle en juillet dans un restaurant parisien. On y voit Thomas Legrand, chroniqueur à France Inter et éditorialiste à Libération, et Patrick Cohen, éditorialiste sur France Inter et France 5, discuter avec Pierre Jouvet, secrétaire général du Parti socialiste (PS), et Luc Broussy, président du conseil national du PS. Dans un extrait, Legrand déclare : « Nous, on fait ce qu&rsquo;il faut pour Dati, Patrick et moi », en référence à Rachida Dati, ministre de la Culture et candidate Les Républicains à la mairie de Paris pour 2026. Cette phrase est interprétée par certains comme une preuve de connivence visant à nuire à Rachida Dati politiquement, remettant en question la neutralité des journalistes du service public.<br>La vidéo, tronquée et diffusée sans consentement, provoque une suspension immédiate de Thomas Legrand par France Inter à titre conservatoire, tandis que Patrick Cohen n&rsquo;est pas sanctionné dans l&rsquo;immédiat. Les deux journalistes se défendent en expliquant qu&rsquo;il s&rsquo;agissait d&rsquo;une « franche explication » sollicitée par le PS pour discuter du traitement médiatique du parti, et non d&rsquo;une collusion.<br>Rachida Dati réagit vivement sur les réseaux sociaux, dénonçant des propos contraires à la déontologie et appelant à des sanctions. Cette révélation s&rsquo;inscrit dans un contexte électoral tendu, avec les municipales de 2026 en ligne de mire, où Rachida Dati apparaît comme une candidate crédible dans les sondages.<br></p><div id="citiz-531495870" class="citiz-contenu citiz-entity-placement"><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-9064228701299411" crossorigin="anonymous"></script><ins class="adsbygoogle" style="display:block;" data-ad-client="ca-pub-9064228701299411" 
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<h3 class="wp-block-heading">Couverture médiatique de la controverse</h3>



<p class="wp-block-paragraph">La presse française a couvert l&rsquo;affaire de manière intensive dès le 6 septembre 2025, avec des articles dans des médias variés reflétant des angles divers. <em>Le Monde</em> rapporte la suspension de Thomas Legrand et contextualise les propos comme une critique des « mensonges » de Rachida Dati, tout en soulignant le caractère manipulatoire de la vidéo tronquée. <em>Marianne</em> met en lumière la polémique autour de la vidéo, publiée par un média proche de Marion Maréchal, et interroge la partialité perçue des journalistes publics. Des titres comme <em>Le Figaro</em> et <em>BFM TV</em> se concentrent sur les propos litigieux et la réaction de la direction de <em>France Inter</em>, justifiant la suspension par le risque pour l&rsquo;impartialité du service public.<br>À l&rsquo;opposé, des médias comme <em>L&rsquo;Humanité</em> critiquent la décision de suspension, la voyant comme une concession à Rachida Dati et une atteinte à la liberté d&rsquo;expression des journalistes. <em>Politis </em>élargit le débat à la « mythologie de la neutralité journalistique », arguant que l&rsquo;engagement assumé n&rsquo;est pas incompatible avec la rigueur, et que la polémique masque un déséquilibre médiatique favorisant les voix conservatrices. <em>Mediapart</em> et <em>Télérama</em> soulignent les antécédents de Patrick Cohen en matière de management, mais relient l&rsquo;affaire à des tensions plus larges entre journalistes et politiques.<br>Globalement, la couverture médiatique révèle une polarisation : les médias de droite ou conservateurs amplifient les accusations de biais gauchiste, tandis que ceux de gauche défendent les journalistes contre une instrumentalisation par l&rsquo;extrême droite. Des chaînes comme <em>CNews</em> et <em>Europe 1</em>, sous l&rsquo;influence de Vincent Bolloré, exploitent l&rsquo;affaire pour critiquer le service public, avec des bandeaux sensationnalistes comme « Scandale à France Inter ».</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h3 class="wp-block-heading">La loi sur la protection des lanceurs d&rsquo;alerte</h3>



<p class="wp-block-paragraph">En France, la protection des lanceurs d&rsquo;alerte est encadrée principalement par la loi n° 2016-1691 du 9 décembre 2016, dite loi Sapin II, renforcée par la loi n° 2022-401 du 21 mars 2022, connue sous le nom de loi Waserman, qui transpose la directive européenne 2019/1937. Cette législation définit un lanceur d&rsquo;alerte comme une personne physique qui signale ou divulgue, de bonne foi et sans contrepartie financière directe, des informations sur un crime, un délit, une menace ou un préjudice grave pour l&rsquo;intérêt général, ou une violation d&rsquo;un engagement international, du droit de l&rsquo;Union européenne, de la loi ou du règlement.<br>Pour bénéficier de la protection, le signalement doit suivre une procédure hiérarchisée : d&rsquo;abord interne à l&rsquo;organisation concernée, puis externe auprès d&rsquo;autorités compétentes comme le Défenseur des droits, la justice ou des organismes sectoriels, et enfin une divulgation publique en cas d&rsquo;absence de réponse appropriée dans un délai raisonnable ou en situation d&rsquo;urgence grave et imminente. La loi garantit la confidentialité de l&rsquo;identité du lanceur, des informations signalées et des personnes visées, avec des sanctions pénales pour toute violation de cette confidentialité. Elle offre une immunité pénale pour la divulgation de secrets protégés par la loi, à condition que celle-ci soit nécessaire et proportionnée à la sauvegarde des intérêts en cause. De plus, elle protège contre les représailles, telles que le licenciement, la discrimination, les menaces ou les poursuites judiciaires abusives, en rendant nulles ces mesures et en prévoyant des sanctions pour les auteurs de représailles, pouvant aller jusqu&rsquo;à trois ans d&#8217;emprisonnement et 45 000 euros d&rsquo;amende. La protection s&rsquo;étend à l&rsquo;entourage du lanceur, comme les facilitateurs (syndicats, associations) et les personnes liées, pour éviter l&rsquo;isolement. Cependant, la loi exclut la protection en cas de mauvaise foi, de signalement anonyme non traité comme tel, ou si les informations relèvent de secrets défense nationale, médical ou avocat-client sans justification d&rsquo;intérêt supérieur. Des guides pratiques, comme celui du Défenseur des droits, précisent que le lanceur doit agir de manière désintéressée et raisonnable, en vérifiant la véracité des faits au mieux de ses connaissances.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Des moyens non légaux sont-ils justifiés pour révéler des problèmes graves ?</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph"> Au cœur de la controverse se pose la question éthique : peut-on recourir à des enregistrements illégaux et à leur diffusion pour exposer des problèmes graves comme une potentielle collusion ? En France, la loi protège la vie privée et interdit les enregistrements sans consentement, sauf exceptions pour l&rsquo;intérêt public, comme dans le cas des lanceurs d&rsquo;alerte. Ici, L&rsquo;Incorrect justifie la diffusion comme une révélation d&rsquo;intérêt public, exposant une atteinte à la neutralité des médias financés par les contribuables. Cependant, les journalistes impliqués dénoncent un « piège évident » et une manipulation, arguant que la tronquature déforme le contexte d&rsquo;une discussion professionnelle légitime. Des analyses médiatiques voient dans cette méthode une « bronca opportuniste » exploitée par ceux hostiles au service public, rappelant des affaires passées comme le licenciement de Jean-François Achilli pour un projet avec Jordan Bardella. Cette approche soulève un dilemme : si les moyens illégaux révèlent effectivement une collusion,  ici des échanges perçus comme partisans, ils pourraient servir la transparence ; mais ils risquent aussi d&rsquo;éroder la confiance en instaurant une surveillance généralisée des discussions privées.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Applicabilité de la loi aux fuites dans l&rsquo;affaire</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Concernant la personne qui a fait fuiter la vidéo, la loi sur les lanceurs d&rsquo;alerte pourrait-elle offrir une protection ? Une analyse des principes légaux suggère que cela est peu probable. Pour qualifier de lanceur d&rsquo;alerte, la fuite doit porter sur une violation grave de la loi ou un préjudice à l&rsquo;intérêt général, et être effectuée de bonne foi via la procédure hiérarchisée. Dans cette affaire, la vidéo révèle des propos sur le traitement médiatique d&rsquo;une personnalité politique, ce qui relève davantage d&rsquo;une question éthique ou déontologique que d&rsquo;une infraction pénale ou d&rsquo;une menace imminente pour l&rsquo;intérêt public. L&rsquo;enregistrement caché et la diffusion tronquée par un média partisan comme L&rsquo;Incorrect pourraient être vus comme une atteinte à la vie privée (punie par l&rsquo;article 226-1 du Code pénal), sans justification proportionnée. De plus, la loi exige un signalement préalable interne ou externe avant une divulgation publique, ce qui n&rsquo;a pas été suivi ici, où la vidéo a été directement publiée pour maximiser l&rsquo;impact médiatique. Si le responsable de la fuite agissait par motif politique plutôt que désintéressé, la bonne foi pourrait être contestée, excluant la protection contre des poursuites pour violation de la confidentialité.<br>Bien que la loi immunise contre l&rsquo;atteinte au secret si nécessaire, cela ne s&rsquo;applique pas à des conversations privées non illégales. Aucune couverture médiatique spécifique n&rsquo;indique que le responsable de la fuite a revendiqué ce statut, et les réactions se concentrent sur la manipulation plutôt que sur une alerte légitime.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Atteinte à la neutralité Journalistique : y a-t-il collusion ?</h3>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;affaire met en lumière une atteinte potentielle au devoir de neutralité, pilier de la déontologie journalistique énoncée dans la Charte de Munich et le code de déontologie du SNJ (Syndicat national des journalistes). Les propos de Thomas Legrand suggèrent une intention de « s&rsquo;occuper » de Rachida Dati, interprétée comme un biais contre une candidate de droite, renforçant les accusations de partialité gauchiste au sein du service public. Pourtant, Legrand revendique une critique légitime de l&rsquo;attitude de Rachida Dati face à la presse, assumant une maladresse sans admettre de collusion. Patrick Cohen, de son côté, précise que la rencontre visait à discuter du traitement du PS, non à comploter. La couverture médiatique analyse cela comme un rappel des tensions récurrentes : des sources évoquent des antécédents de Patrick Cohen avec Rachida Dati, où elle l&rsquo;avait menacé pour des questions sur ses finances. Politis argue que la neutralité est un « mythe », et que l&rsquo;engagement assumé renforce la rigueur, mais un déséquilibre favorise les voix hégémoniques de droite. Cette affaire illustre comment des fuites illégales peuvent amplifier des débats sur la partialité, mais aussi polariser les perceptions sans preuve irréfutable.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Perspectives et implications sociétales</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Cette controverse pourrait avoir des répercussions durables sur les pratiques journalistiques, incitant à plus de prudence dans les échanges off et renforçant les appels à des garde-fous éthiques. L&rsquo;affaire souligne la nécessité d&rsquo;une distance claire entre médias et politiques en période électorale. Elle ravive aussi le débat sur les lanceurs d&rsquo;alerte versus les fuites malveillantes : si la révélation sert l&rsquo;intérêt public en exposant des biais, elle risque de banaliser les violations de la vie privée, érodant la démocratie.<br>La couverture médiatique, variée mais polarisée, reflète les fractures idéologiques françaises, où l&rsquo;extrême droite gagne en influence via de telles divulgations.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En conclusion, utiliser des moyens non légaux pour révéler des problèmes graves reste un équilibre fragile : nécessaire pour la transparence, mais dangereux s&rsquo;il sert des agendas partisans plutôt que l&rsquo;intérêt général. L&rsquo;affaire Cohen-Legrand invite à une réflexion collective sur les normes journalistiques dans une ère de surveillance accrue, tout en soulignant les limites de la loi sur les lanceurs d&rsquo;alerte pour des cas ambigus comme celui-ci.</p>



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