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	<title>Médias Archives - Science infused site d&#039;actualités</title>
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	<description>Éditeur C4S, association loi 1901</description>
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	<title>Médias Archives - Science infused site d&#039;actualités</title>
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	<item>
		<title>Gouvernance de l&#8217;IA : Anthropic propose un moratoire : entre débat confisqué et sanction américaine</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Fabienne Blum]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 14 Jun 2026 10:02:51 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Analyse]]></category>
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					<description><![CDATA[Le 5 juin 2026, l&#8217;Anthropic Institute publiait un texte appelant à un mécanisme mondial de coordination pour ralentir le développement]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h3 class="wp-block-heading"><em>Le 5 juin 2026, l&rsquo;Anthropic Institute publiait un texte appelant à un mécanisme mondial de coordination pour ralentir le développement de l&rsquo;IA de pointe. Une semaine plus tard, le 12 juin 2026, le gouvernement américain interdisait l&rsquo;utilisation à l&rsquo;étranger de deux modèles d&rsquo;IA de pointe de la firme. Un timing édifiant pour un sujet sur l&rsquo;intelligence artificielle dont le traitement médiatique interroge.</em></h3>



<h3 class="wp-block-heading">La proposition sérieuse d&rsquo;Anthropic</h3>



<p class="wp-block-paragraph"><br>Le texte <a href="https://www.anthropic.com/research/when-ai-builds-itself">« When AI builds itself »</a>, signé par Marina Favaro et Jack Clark, cofondateur de la firme et directeur de l&rsquo;Anthropic Institute, appelle à la création d&rsquo;un dispositif mondial permettant de ralentir ou de suspendre temporairement le développement de l&rsquo;IA de pointe.</p><div id="citiz-3355013912" class="citiz-contenu citiz-entity-placement"><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-9064228701299411" crossorigin="anonymous"></script><ins class="adsbygoogle" style="display:block;" data-ad-client="ca-pub-9064228701299411" 
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<p class="wp-block-paragraph">La proposition part d&rsquo;un constat factuel qu&rsquo;Anthropic étaye avec ses propres données internes, ce qui est remarquablement rare dans un secteur peu enclin à la transparence. En mai 2026, plus de 80 % du code intégré dans la base de code d&rsquo;Anthropic est rédigé par Claude. Avant le lancement de Claude Code en février 2025, cette proportion était quasi nulle. La durée des tâches que les modèles peuvent accomplir de manière autonome a doublé environ tous les quatre mois. Ce ne sont pas des projections sur des risques lointains, ce sont des données de production que la société publie sur ses propres outils.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le seuil critique identifié est celui de l&rsquo;auto-amélioration récursive, c&rsquo;est-à-dire le moment où les systèmes d&rsquo;IA deviendraient capables d&rsquo;entraîner et de concevoir leurs successeurs sans intervention humaine significative, « ce qui pourrait arriver plus tôt que la plupart des institutions ne sont prêtes », met en garde Anthropic. Face à ce risque, Anthropic ne préconise pas un arrêt unilatéral, qui ne ferait que changer le leader de la course, mais la création d&rsquo;un système de coordination mondiale permettant une pause concertée et vérifiable. L&rsquo;entreprise compare ce défi à celui des traités sur les armes nucléaires, tout en admettant une difficulté de taille : les cycles d&rsquo;entraînement des IA sont bien plus faciles à dissimuler que des silos de missiles.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h3 class="wp-block-heading">Asilomar 1975: quand les scientifiques ont eu le courage de s&rsquo;arrêter<br></h3>



<p class="wp-block-paragraph">La gouvernance scientifique a déjà su produire des garde-fous. Il existe un précédent historique direct, méconnu du grand public mais fondateur pour tout chercheur en éthique des sciences, la <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Conf%C3%A9rence_d'Asilomar_sur_l'ADN_recombinant">conférence d&rsquo;Asilomar de 1975</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En juillet 1974, Paul Berg et le comité qu&rsquo;il avait constitué demandèrent dans la revue <em>Science </em>un moratoire volontaire sur certaines expériences de génie génétique impliquant l&rsquo;ADN recombinant. Paul Berg avait envisagé d&rsquo;insérer dans une bactérie Escherichia coli un gène du virus SV40, connu comme cancérigène. Or E. coli est commune dans l&rsquo;environnement et dans notre tube digestif. Plutôt que de continuer, il a interrompu ses propres expériences et lancé un appel public à la communauté scientifique mondiale. La conférence d&rsquo;Asilomar de février 1975 a réuni 150 scientifiques, mais aussi des juristes et des journalistes. Elle a conclu à la nécessité d&rsquo;encadrer avec des lignes directrices strictes les travaux de recherche impliquant l&rsquo;ADN recombinant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce n&rsquo;était pas une posture morale. Ce n&rsquo;était pas de l&rsquo;hypocrisie. C&rsquo;était de la responsabilité scientifique exercée par des chercheurs qui, au sommet de leurs capacités et au coeur d&rsquo;une révolution technologique extraordinaire, ont choisi de s&rsquo;arrêter pour réfléchir avant d&rsquo;aller plus loin. En 2025, cinquante ans après Asilomar, une nouvelle conférence a tenté de reproduire cette démarche sur les biotechnologies combinées à l&rsquo;IA, sans réussir à produire une déclaration commune. Le précédent existe. La volonté collective de le reproduire, elle, s&rsquo;est érodée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La bioéthique a mis trente ans à construire ses cadres institutionnels : comités d&rsquo;éthique, conventions internationales, principes de Belmont, déclaration de Helsinki. Ces dispositifs ne sont pas parfaits, mais ils ont créé une culture de la responsabilité qui n&rsquo;existait pas avant eux. Personne n&rsquo;a accusé les pères fondateurs de la bioéthique d&rsquo;être incohérents parce qu&rsquo;ils continuaient à faire de la recherche tout en appelant à l&rsquo;encadrer. En 2018, le premier bébé génétiquement modifié est né en Chine dans l&rsquo;indifférence générale, avant que la communauté scientifique ne réagisse dans l&rsquo;urgence. C&rsquo;est ce qui arrive quand la gouvernance arrive après les faits plutôt qu&rsquo;avant.</p>



<h3 class="wp-block-heading">La confusion entre sincérité d&rsquo;un acteur et pertinence d&rsquo;une question<br></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Que les dirigeants d&rsquo;Anthropic aient des intérêts commerciaux dans l&rsquo;issue du débat sur la régulation de l&rsquo;IA, c&rsquo;est une évidence. Mais cela n&rsquo;invalide pas les questions posées sur l&rsquo;auto-amélioration récursive, pas plus que les intérêts de Paul Berg dans la recherche génétique n&rsquo;invalidaient ses interrogations sur les risques des bactéries modifiées. L&rsquo;éthique et la gouvernance des technologies ne sont pas des postures morales réservées aux acteurs purs de tout intérêt. Elles sont précisément les dispositifs que les sociétés construisent pour encadrer des acteurs qui, par définition, ont des intérêts dans ce qu&rsquo;ils font.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La comparaison avec Elon Musk, qui a signé une pétition pour la pause de l&rsquo;IA en 2023 avant d&rsquo;accélérer avec xAI, a été faite, mais c&rsquo;est une fausse équivalence. Anthropic est fondée depuis 2021 sur un corpus de recherche en sécurité de l&rsquo;IA publié et vérifiable, dont Christopher Olah, l&rsquo;un de ses cofondateurs, est l&rsquo;un des chercheurs en interprétabilité les plus cités au monde. Mettre les deux sur le même plan, c&rsquo;est de l&rsquo;amalgame rhétorique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Réduire tout appel à la gouvernance à une forme d&rsquo;hypocrisie a un effet précis et documenté. Il rend impossible tout débat sérieux sur les risques, en transformant systématiquement la question « faut-il encadrer ? » en question « qui a le droit moral de l&rsquo;encadrer ? ». La seconde question est insoluble par définition, puisqu&rsquo;aucun acteur n&rsquo;est jamais parfaitement désintéressé. C&rsquo;est exactement son but. Et il est particulièrement commode pour ceux qui ont un intérêt commercial direct dans le fait que le développement de l&rsquo;IA continue sans contrainte, sans toujours le déclarer.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Couverture médiatique : le fond évacué au profit du procès en hypocrisie<br></h3>



<p class="wp-block-paragraph">La couverture médiatique française de cette proposition illustre ce mécanisme à l&rsquo;oeuvre. Silicon.fr a relevé qu&rsquo;Anthropic se trouve dans une position préboursière favorable, avec des revenus annualisés en passe d&rsquo;atteindre 50 milliards de dollars d&rsquo;ici fin juin 2026, contre 9 milliards seulement fin 2025, et que « un moratoire mondial reviendrait en pratique à cristalliser les positions acquises. » MacGeneration note un « double discours » entre ce qu&rsquo;Anthropic fait et ce qu&rsquo;elle propose. Europe 1 évoque une stratégie de « marketing de la peur. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces angles sont légitimes. Mais ils ont un point commun : aucun ne traite sérieusement la question de l&rsquo;auto-amélioration récursive, aucun ne cite les données publiées par Anthropic sur ses propres modèles, aucun n&rsquo;interroge un chercheur en sécurité de l&rsquo;IA sur la plausibilité du seuil critique décrit. Bref, aucun n&rsquo;aborde le problème de fond. Le procès en hypocrisie est plus facile à écrire en une heure que l&rsquo;analyse d&rsquo;un document technique de vingt pages&#8230;</p>



<h3 class="wp-block-heading">Reconnaître la tension dans la proposition </h3>



<p class="wp-block-paragraph">Une entreprise valorisée à près de 1 000 milliards de dollars, dont les revenus quintuplent en six mois, et qui appelle à un moratoire mondial, se trouve dans une position structurellement ambiguë. L&rsquo;histoire des grandes industries montre que les leaders établis ont parfois appelé à la régulation précisément parce qu&rsquo;elle consolide leur avance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La vérifiabilité d&rsquo;un tel moratoire reste également un problème ouvert qu&rsquo;Anthropic reconnaît lui-même. Laa question géopolitique est sérieuse. Il faut être honnête en reconnaissant qu&rsquo;une coordination effective avec la Chine sur ce sujet, dans le contexte de rivalité technologique actuel, relève effectivement de la gageure. Cela n&#8217;empêche de mettre la proposition sur la table. </p>



<h3 class="wp-block-heading">La vraie question que le débat évite</h3>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;expérience de la bioéthique enseigne quelque chose d&rsquo;essentiel : les cadres de gouvernance des technologies ne se construisent pas après les crises. Ils se construisent avant, dans des fenêtres d&rsquo;opportunité étroites où les acteurs du secteur, la société civile, les juristes et les philosophes peuvent encore délibérer sans urgence. Asilomar a fonctionné parce que les chercheurs les plus avancés ont eu le courage de s&rsquo;arrêter avant que le problème ne se matérialise. C&rsquo;est cette fenêtre qu&rsquo;Anthropic dit vouloir rouvrir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le texte conclut en écrivant que « la fenêtre pour examiner ces questions ensemble est ouverte, et les personnes extérieures aux entreprises d&rsquo;IA devraient être impliquées dans cette délibération. » C&rsquo;est précisément la phrase que la plupart des articles n&rsquo;ont pas citée. Ce débat ne peut pas être sérieusement conduit par les seuls acteurs économiques qui ont intérêt dans son issue, quelle que soit la direction dans laquelle cet intérêt les pousse. Il ne peut pas non plus être confisqué par des commentateurs qui traitent une question de gouvernance technologique comme un feuilleton de rivalités industrielles, avec ou sans conflits d&rsquo;intérêts déclarés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les décisions sur le rythme de développement de l&rsquo;IA sont parmi les plus importantes que nos sociétés auront à prendre dans les prochaines années. Qualifier ceux qui demandent à s&rsquo;arrêter pour réfléchir de « tartuffes » est une façon commode de ne pas avoir à répondre à leurs arguments. C&rsquo;est aussi, historiquement, une façon d&rsquo;arriver trop tard.</p>



<h3 class="wp-block-heading">L&rsquo;événement du 12 juin : quand la théorie devient réalité en une semaine</h3>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC11002455/" target="_blank" rel="noreferrer noopener"></a>Avant-hier,12 juin 2026, soit une semaine après la parution de la proposition de moratoire, le gouvernement américain a suspendu l&rsquo;accès aux deux modèles d&rsquo;IA les plus avancés d&rsquo;Anthropic pour tous les ressortissants étrangers dans le monde.. Le timing est édifiant.<br>Cette décision illustre précisément ce qu&rsquo;Anthropic disait dans son document sur le moratoire, à savoir que nos institutions ne sont pas prêtes. Une directive imposée sans détails sur les raisons de sécurité nationale, sans procédure transparente, sans processus d&rsquo;appel clairement défini, qui force la désactivation d&rsquo;un modèle pour des centaines de millions d&rsquo;utilisateurs en quelques heures. C&rsquo;est exactement l&rsquo;absence de cadre que dénonçait Anthropic. Non pas pour protéger ses positions commerciales, mais parce qu&rsquo;une telle absence de cadre produit précisément ce genre de décision opaque et brutale.<br></p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;entreprise se plie à la directive légale. Mais elle la <a href="https://www.anthropic.com/news/fable-mythos-access">conteste publiquement et frontalement</a>, point par point.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La raison invoquée par le gouvernement américain est la découverte d&rsquo;une méthode de contournement des garde-fous de Fable 5, un « jailbreak » permettant d&rsquo;identifier des vulnérabilités logicielles. Anthropic répond avec des faits précis : le jailbreak en question est étroit et non universel, les vulnérabilités qu&rsquo;il révèle sont déjà accessibles via d&rsquo;autres modèles publics, notamment GPT-5.5 d&rsquo;OpenAI, et elles sont utilisées quotidiennement par les professionnels de la cybersécurité défensive. L&rsquo;entreprise a travaillé pendant des semaines avec le gouvernement américain, le UK AISI et des organisations tierces indépendantes pour tester les garde-fous de Fable 5 pendant des milliers d&rsquo;heures. Ces tests ont montré que ses garde-fous sont « substantiellement plus efficaces que ceux de tout modèle précédemment déployé. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">La conclusion d&rsquo;Anthropic est sans équivoque : « Si ce standard était appliqué à l&rsquo;ensemble de l&rsquo;industrie, nous pensons que cela stopperait essentiellement tout déploiement de nouveaux modèles pour tous les fournisseurs de modèles frontière. » Et elle ajoute : « Cette action n&rsquo;adhère pas aux principes de transparence, d&rsquo;équité, de clarté et d&rsquo;ancrage dans les faits techniques que nous avons publiquement défendus. »</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h3 class="wp-block-heading">Asilomar revisitée : la gouvernance des technologies de rupture n&rsquo;attend pas<br></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui s&rsquo;est passé le 12 juin 2026 est l&rsquo;opposé exact d&rsquo;Asilomar : une décision prise dans l&rsquo;urgence, sans processus délibératif, sans transparence sur les raisons techniques, sans cadre préétabli. C&rsquo;est ce qui arrive quand la gouvernance arrive après les faits plutôt qu&rsquo;avant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La bioéthique a mis trente ans à construire ses comités d&rsquo;éthique, ses conventions internationales, ses principes de Belmont et sa déclaration de Helsinki. Ces dispositifs ne sont pas parfaits, mais ils ont créé une culture de la responsabilité et des procédures qui permettent de prendre des décisions difficiles dans un cadre légitime. L&rsquo;IA n&rsquo;a pas encore ces cadres. Et la directive du 12 juin montre ce que leur absence produit.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Cet événement va-t-il recentrer le débat sur les questions pertinentes ?</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Les commentateurs qui réduisent les appels à la gouvernance de l&rsquo;IA à de la posture morale ont maintenant sous les yeux la démonstration de ce que l&rsquo;absence de gouvernance produit concrètement : une décision gouvernementale opaque, imposée en urgence, sans procédure transparente, qui force la désactivation d&rsquo;un service pour des centaines de millions d&rsquo;utilisateurs dans le monde entier.<br></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ainsi, le vrai débat n&rsquo;est pas entre ceux qui veulent freiner l&rsquo;IA et ceux qui veulent la laisser se developper librement. Ce clivage est une caricature. Le vrai débat est entre ceux qui pensent que les décisions sur les technologies les plus puissantes jamais développées peuvent être prises de manière opaque, rapide et unilatérale, et ceux qui pensent qu&rsquo;elles devraient être prises dans des cadres transparents, délibératifs et légitimes, associant les acteurs du secteur, la société civile, les juristes et les citoyens.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Anthropic vient de se retrouver du mauvais côté d&rsquo;une décision opaque, et elle le déplore. On pourra relire avec intérêt, à la lumière de ce qui vient de se passer, sa <a href="https://www.anthropic.com/policy-on-the-ai-exponential">Politique relative à  l&rsquo;IA exponentielle</a>.<br></p>



<p class="wp-block-paragraph"><br></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Illustration : </em>logos appartenant à Anthropic</p>



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		<title>Cadmium dans les engrais : une polémique qui en dit long sur notre rapport à la science et au principe de précaution</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Nathalie A.]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 06 Jun 2026 13:17:24 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Agriculture]]></category>
		<category><![CDATA[Analyse]]></category>
		<category><![CDATA[Économie]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[Juridique]]></category>
		<category><![CDATA[Médias]]></category>
		<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Santé publique]]></category>
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					<description><![CDATA[Le 3 juin 2026, l&#8217;Assemblée nationale a adopté à l&#8217;écrasante majorité une proposition de loi divisant par 4,5 le seuil]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h3 class="wp-block-heading"><em><em>Le 3 juin 2026, l&rsquo;Assemblée nationale a adopté à l&rsquo;écrasante majorité une proposition de loi divisant par 4,5 le seuil de cadmium autorisé dans les engrais phosphatés. Contre l&rsquo;avis du gouvernement, qui voulait attendre 2038 pour atteindre le même objectif. Quinze ans après les premières alertes de l&rsquo;ANSES et un corpus de données scientifiques accablant sur ce métal lourd toxique</em></em></h3>



<h3 class="wp-block-heading">Les faits : ce que dit la science depuis quinze ans</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Commençons par les chiffres, ceux que l&rsquo;ANSES documente depuis maintenant une quinzaine d&rsquo;années et que personne ne conteste sérieusement. Près de la moitié de la population adulte française, soit 48 %, dépasse les valeurs toxicologiques de référence pour le cadmium. Ce métal lourd s&rsquo;accumule dans les sols via les engrais phosphatés importés principalement d&rsquo;Afrique du Nord, passe dans les cultures, et finit dans les assiettes : céréales, pommes de terre, pain. Les toxicologues du CNRS rappellent qu&rsquo;il atteint les organes vitaux, touchant le système cardiovasculaire, les reins, les seins, les os, la vessie et le pancréas.</p><div id="citiz-3355013912" class="citiz-contenu citiz-entity-placement"><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-9064228701299411" crossorigin="anonymous"></script><ins class="adsbygoogle" style="display:block;" data-ad-client="ca-pub-9064228701299411" 
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<p class="wp-block-paragraph">Le cadmium est un métal lourd, toxique, dont les effets sur la santé humaine sont largement documentés. Les atteintes les mieux établies concernent le rein, l’os, le système respiratoire et la cancérogénicité pulmonaire. D’autres effets, moins bien caractérisés, sont à ce stade uniquement suspectés car une relation de causalité n&rsquo;a pas été prouvée : cela concerne la reproduction, certains cancers et des perturbations métaboliques. Les données proviennent principalement d’études professionnelles, d’expositions environnementales chroniques et d’intoxications aiguës accidentelles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La France autorisait jusqu&rsquo;ici 90 mg/kg de cadmium dans ses engrais phosphatés. Le seuil européen est déjà à 60 mg/kg, et des pays comme la Finlande, la Hongrie ou la Slovaquie ont fixé leur limite à 20 mg/kg. La France se trouvait donc en exception européenne, dans le mauvais sens du terme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À partir du 16 juin 2026, le dépistage de l&rsquo;exposition au cadmium en laboratoire de ville sera remboursé par l&rsquo;Assurance maladie pour les personnes à risque, ce qui traduit en actes concrets la reconnaissance officielle du problème de santé publique. </p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h3 class="wp-block-heading">Le projet de loi Benoît Biteau</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le 3 juin 2026, l&rsquo;Assemblée nationale a adopté une <a href="https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/textes/l17t0300_texte-adopte-seance">proposition de loi</a> prévoyant un abaissement progressif de la teneur maximale en cadmium dans les engrais phosphatés : 40 mg/kg de phosphate dès 2027, puis 20 mg/kg en 2030. Ces seuils correspondent aux recommandations de l&rsquo;ANSES.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le texte, constitué d&rsquo;un article unique, est porté par le député écologiste Benoît Biteau, ingénieur agronome de formation, a été adopté par 144 voix contre 22, contre l&rsquo;avis du gouvernement, qui défendait une trajectoire concurrente : 60 mg/kg en 2027, 40 mg/kg en 2030, et 20 mg/kg seulement avant 2038, soit huit ans de retard sur la trajectoire finalement adoptée. La proposition est transpartisane, cosignée par 108 députés de gauche, du centre et de droite.  Le texte doit entrer en vigueur le 1er janvier 2027.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC11002455/" target="_blank" rel="noreferrer noopener"></a><br></p>



<h3 class="wp-block-heading">L&rsquo;argument économique : 2 euros contre 2,6 milliards<br></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le lobby agricole a agité la menace du surcoût pour les agriculteurs. Les chiffres contredisent cet argument frontalement. L&rsquo;ANSES précise que les techniques de décadmiation existantes peuvent décontaminer les engrais phosphatés à un coût « raisonnable ». Benoît Biteau a chiffré ce coût à 2 euros par hectare et par an après discussion avec des fabricants d&rsquo;engrais. À l&rsquo;inverse, le coût sanitaire de l&rsquo;inaction pourrait atteindre 2,6 milliards d&rsquo;euros pour le seul risque sanitaire que constitue l&rsquo;ostéoporose, pathologie induite par la toxicité rénale du cadmium.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et surtout, l&rsquo;argument de la rupture d&rsquo;approvisionnement s&rsquo;effondre face à un fait simple : le géant marocain OCP, principal fournisseur de la France en engrais phosphatés, assure que tous ses engrais commercialisés dans l&rsquo;Union européenne contiennent déjà moins de 20 mg/kg de cadmium. La technique existe, elle est disponible, le principal fournisseur la pratique déjà pour le marché européen. Le problème n&rsquo;était donc pas technique. Il était politique.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h3 class="wp-block-heading">Ce que le débat révèle sur notre rapport à la science</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le débat autour de cette loi a produit deux types de résistances qu&rsquo;il faut distinguer soigneusement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La première est politique et industrielle. Des députés, notamment du RN et d&rsquo;une partie de la droite, ont contesté les données ou plaidé pour des délais supplémentaires. Le député RN Eddy Casterman affirmait en février lors des débats sur une version précédente du texte qu' »aucune étude scientifique ne permet d&rsquo;établir un lien direct entre la présence de cadmium chez l&rsquo;être humain et l&rsquo;agriculture. » C&rsquo;est une inexactitude documentée. L&rsquo;ANSES suit ce dossier depuis quinze ans, et les données sur l&rsquo;accumulation dans les sols agricoles ne sont pas sérieusement contestées.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La seconde résistance vient de voix extérieures au domaine de « l&rsquo;épidémiologie environnementale », qui ont contesté sur les réseaux sociaux les arguments médicaux avancés lors des discussions parlementaires, notamment sur le lien entre cadmium et cancer du pancréas. Sur le fond, voici ce que la littérature dit réellement. Le cadmium est classé cancérogène du groupe 1 par le CIRC. La <a href="https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC12040173/">méta-analyse de onze études épidémiologiques publiée dans PLOS One</a> montre une association significative entre l&rsquo;exposition au cadmium et le cancer du pancréas, avec une relation dose-réponse et des mécanismes biologiques plausibles incluant la génération de radicaux libres, l&rsquo;induction d&rsquo;une inflammation chronique et l&rsquo;interférence avec les mécanismes de réparation de l&rsquo;ADN. La corrélation existe, des mécanismes explicatifs de causalité existent et sont cohérents, mais &lsquo;absence de causalité directe solidement établie est manquante et c&rsquo;est un point clé : on ne peut donc affirmer cette causalité. Cependant, cela n&rsquo;équivaut pas à une preuve d&rsquo;innocuité. C&rsquo;est le principe de précaution dans son application la plus raisonnée : quand les données disponibles montrent une association significative, des mécanismes plausibles, et que le coût économique de l&rsquo;action est de 2 euros par hectare pour supprimer le risque, il ne paraît pas aberrant de considerer que la charge de la preuve s&rsquo;inverse et qu&rsquo;il vaut mieux agir.</p>



<h3 class="wp-block-heading">La position de la FNSEA que personne n&rsquo;a vu venir<br></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Un fait a été largement sous-traité dans la couverture médiatique de ce débat sur le cadmium. La FNSEA, premier syndicat agricole français, pourtant prompt à batailler contre les normes et les contraintes, s&rsquo;est déclarée favorable à une législation plus contraignante et au respect des recommandations de l&rsquo;ANSES. Son président Arnaud Rousseau a déclaré sur France Inter : « Quand il y a des préconisations qui sont faites par une agence sanitaire européenne ou nationale, il me paraît important de suivre ces préconisations. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quand le principal syndicat agricole français est plus avancé que le gouvernement sur une question de santé publique documentée par ses propres agences, on peut clairement y voir le signal d&rsquo;un dysfonctionnement politique, pas d&rsquo;un débat scientifique.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h3 class="wp-block-heading">Critique de la bonne et de la mauvaise foi : un édito révélateur dans Le Point</h3>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://www.lepoint.fr/societe/cadmium-le-poison-du-populisme-YZUUAJBA6JGN7D7HIIQRVQTUEE/">L&rsquo;éditorial publié par Géraldine Woessner dans Le Point le 5 juin 2026</a> intitulé « Cadmium : le poison du populisme » qui critique vivement l&rsquo;adoption de la loi et la considère inutile, mérite une analyse rigoureuse parce qu&rsquo;il nous apparaît comme particulièrement instructif. Il contient de vrais  arguments, malheureusement noyés dans une rhétorique qui les compromet.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui est juste, c&rsquo;est que le rôle du tabac est effectivement sous-traité dans le débat public sur le cadmium. L&rsquo;ANSES le documente clairement dans son rapport de février 2026. Parmi les adultes dépassant les seuils critiques de cadmiurie (taux de cadmium dans l&rsquo;urine), l&rsquo;écrasante majorité sont fumeurs ou anciens fumeurs, le tabac doublant ou triplant l&rsquo;exposition. Cette information méritait d&rsquo;être davantage présente dans la couverture médiatique du vote. Madame Woessner a également raison sur le fait que l&rsquo;impact à court terme de la loi sur les stocks de cadmium dans les sols sera marginal. Less données de l&rsquo;INRAE sont claires sur ce point. Réduire les flux entrants est une mesure de long terme, pas un remède immédiat. Ce sont des arguments légitimes qui méritent d&rsquo;être entendus.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui est problématique est plus important. Le titre « poison du populisme » et le ton global de l&rsquo;article assimilent d&#8217;emblée toute politique environnementale ambitieuse au populisme, confondant délibérément le fond du texte, qui porte une recommandation de l&rsquo;ANSES, avec les usages politiques qui en ont été faits par certains. C&rsquo;est un biais de cadrage idéologique, pas une analyse.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;affirmation que « le cadmium n&rsquo;est pas cancérogène par ingestion, seulement par inhalation » est sélective et incomplète. Le CIRC classe le cadmium cancérogène du groupe 1 dans une évaluation globale de l&rsquo;exposition. La méta-analyse publiée dans PLOS One sur le cancer du pancréas n&rsquo;est pas mentionnée. Woessner cite la classification CIRC de façon partielle pour étayer une démonstration préalablement construite.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;argument des « 0,1 % du stock total » est techniquement exact mais rhétoriquement trompeur. Réduire les flux entrants est par définition une mesure de long terme. Dire que ça « ne changera rien » parce que le stock existant est dominant, c&rsquo;est le raisonnement de l&rsquo;inaction habillé en pragmatisme : le même argument a été utilisé pendant des décennies pour retarder la lutte contre les émissions de CO2.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le cas des enfants est esquivé. Madame Woessner mentionne que 23 à 27 % des enfants dépassent les apports quotidiens sûrs, puis concentre immédiatement son attention sur les fumeurs adultes. Or les enfants sont non-fumeurs, leur exposition est exclusivement alimentaire, et réduire le cadmium dans les engrais agit directement sur leur exposition future.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Enfin, l&rsquo;argument qui nous paraît assez retors est que Mme Woessner écrit que « les engrais marocains sont déjà à 20 mg/kg » pour suggérer que la loi est inutile. Mais c&rsquo;est exactement l&rsquo;argument qui prouve que la loi est applicable sans rupture d&rsquo;approvisionnement. Elle retourne involontairement l&rsquo;un de ses propres arguments.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le passage final, qui place sur le même plan le cadmium, les pesticides et les « ondes 5G », est une technique d&rsquo;amalgame classique : en associant la loi à « l&rsquo;obscurantisme de tous poils », l&rsquo;article discrédite par association une mesure recommandée par l&rsquo;ANSES et soutenue par la FNSEA. C&rsquo;est un catalogue de biais cognitifs remarquablement bien documenté dans un seul texte : l&rsquo;homme de paille, l&rsquo;amalgame, la sélection partielle des données, le cadrage idéologique préalable, et le glissement vers la rhétorique là où l&rsquo;argument factuel s&rsquo;épuise. Le Point le sait, prenant la précaution d&rsquo;étiqueter ce pamphlet comme une éditorial, c&rsquo;est-à-dire l&rsquo;expression d&rsquo;une opinion, et non comme un article joournalistique, malgré qu&rsquo;il en ait toutes les caractéristiques de longueur et de structure.<br></p>



<h3 class="wp-block-heading">Ce qui reste à faire</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le gouvernement s&rsquo;est opposé au texte, estimant que ce calendrier est trop contraignant pour la filière agricole. La loi doit encore passer au Sénat, où son sort est incertain. Des décrets d&rsquo;application, un contrôle renforcé des importations et un accompagnement de la filière agricole dans la transition seront nécessaires pour que le texte produise ses effets réels sur l&rsquo;exposition de la population.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;<a href="https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=CELEX%3A32019R1009">article 49 du règlement européen 2019/1009</a> prévoit un réexamen des valeurs limites pour la teneur en cadmium au plus tard le 16 juillet 2026, qui devrait aboutir à un nouveau seuil européen à 40 mg/kg en 2027. La loi française, si elle résiste au Sénat, anticipe et dépasse cette évolution européenne, ce qui est cohérent avec l&rsquo;ampleur de la surexposition documentée sur le territoire national.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quinze ans d&rsquo;alertes de l&rsquo;ANSES, 48 % d&rsquo;adultes surexposés, un coût sanitaire de l&rsquo;inaction chiffré en milliards, une technique de décontamination disponible à 2 euros par hectare, et le principal fournisseur d&rsquo;engrais qui pratique déjà la décadmiation pour le marché européen : le retard accumulé n&rsquo;est pas scientifique. Il est politique. Et c&rsquo;est précisément ce que ce vote du 3 juin 2026, contre l&rsquo;avis du gouvernement, dit le plus clairement.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Illustration : Andrea pour Science infused</em></p>



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		<title>Bots, personas IA et science de façade : les nouvelles fabriques du militantisme et de l&#8217;infodémie</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Fabienne Blum]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 01 Jun 2026 09:46:43 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Analyse]]></category>
		<category><![CDATA[Chatbots]]></category>
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					<description><![CDATA[Sur X (ex Twitter) et ailleurs, des milliers de comptes automatisés se font passer pour ce qu&#8217;ils ne sont pas.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h3 class="wp-block-heading"><em><em>Sur X (ex Twitter) et ailleurs, des milliers de comptes automatisés se font passer pour ce qu&rsquo;ils ne sont pas. Le phénomène n&rsquo;est pas nouveau, mais l&rsquo;IA l&rsquo;a industrialisé. Quand la presse et les médias de premier plan relaient de façon coordonné une nouvelle muture qui cache son jeu</em></em> <em><em>sans la moindre distance critique, le problème change de nature.</em></em></h3>



<h3 class="wp-block-heading">Un écosystème de l&rsquo;imposture désormais banalisé<br></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Les bots (robots) de rabattage ne sont pas une nouveauté sur les réseaux sociaux. Ce qui est nouveau, c&rsquo;est leur sophistication croissante et leur prolifération massive depuis deux ou trois ans, rendue possible par la démocratisation des outils d&rsquo;intelligence artificielle générative. Le <a href="https://www.imperva.com/resources/resource-library/reports/bad-bot-report/">rapport Bad Bot 2025</a> d&rsquo;Imperva documente une explosion des bots indétectables, favorisée par l&rsquo;IA, qui dominent désormais une part significative du trafic internet mondial, avec la santé parmi les secteurs les plus ciblés.</p><div id="citiz-3355013912" class="citiz-contenu citiz-entity-placement"><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-9064228701299411" crossorigin="anonymous"></script><ins class="adsbygoogle" style="display:block;" data-ad-client="ca-pub-9064228701299411" 
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<p class="wp-block-paragraph">Le modèle de base est simple et rodé. Un compte crée une identité, avec un avatar réaliste généré par IA, une biographie qui sonne humaine et une personnalité cohérente. Le compte publie du contenu dans une niche porteuse, type santé, nutrition, développement personnel, crypto, bien-être, science. Il engage, répond, commente&#8230; et glisse régulièrement, dans ses réponses ou en biographie, un lien vers un contenu payant ou un blog. L&rsquo;algorithme fait le reste, en récompensant l&rsquo;engagement pour amplifier la visibilité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Des études documentent comment ces comptes hyperactifs jouent un rôle central dans la dissémination de narratifs, en dominant les métriques d&rsquo;engagement des plateformes et en influençant le classement algorithmique des fils. Ce n&rsquo;est pas de l&rsquo;information. C&rsquo;est de l&rsquo;optimisation d&rsquo;audience déguisée en conversation pédagogique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le domaine de la santé en particulier, la forme la plus répandue est le compte « expert » ou « passionné » : un avatar de médecin, nutritionniste ou coach bien-être qui répond aux questions sur le cancer, le diabète, les vaccins, les compléments alimentaires, et oriente systématiquement vers un produit ou une formation payante. Certains de ces comptes vont plus loin et se présentent explicitement comme des fact-checkers santé ou des combattants de la désinformation en matière de médicaments, ce qui leur confère une légitimité apparente qui rend leur influence d&rsquo;autant plus dangereuse. Des études publiées sur le rôle des bots pendant la pandémie Covid ont montré leur présence significative aussi bien dans les réseaux pro-vaccination qu&rsquo;anti-vaccination, amplifiant les deux camps selon les intérêts de leurs opérateurs.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h3 class="wp-block-heading">La nouvelle génération des personas IA assumées<br></h3>



<p class="wp-block-paragraph">La tendance depuis 2024 va plus loin que le bot caché. Elle produit ce qu&rsquo;on appelle les « AI personas ». Ce sont des comptes qui affichent ouvertement leur nature artificielle, construisent une identité fictive cohérente avec un nom, une histoire, des opinions, et opèrent comme des influenceurs à part entière. Une enquête <a href="https://sproutsocial.com/insights/the-state-of-social-media/">Sprout Social Pulse</a> révèle que 46 % des utilisateurs se disent mal à l&rsquo;aise face à des marques utilisant des influenceurs virtuels, ce qui n&rsquo;a pas freiné leur prolifération. La transparence sur la nature artificielle du compte est devenue, paradoxalement, un argument de différenciation plutôt qu&rsquo;un aveu de faiblesse.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces personas servent les mêmes objectifs que les bots traditionnels, mais avec une sophistication supplémentaire : jouant sur leur apparence avantageuse et l&#8217;empathie simulée,  elles peuvent soutenir des conversations longues, adapter leur ton à leur interlocuteur, simuler une expertise de domaine, et construire une relation de confiance sur la durée. Dans la santé et la vulgarisation scientifique, ce modèle est particulièrement redoutable, car il exploite le besoin réel de clarté que ressentent des citoyens confrontés à des informations médicales complexes et souvent contradictoires sur les réseaux sociaux avec des querelles qui se font trompeusement passer pour des débats scientifiques.<a href="https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC11002455/" target="_blank" rel="noreferrer noopener"></a><br></p>



<h3 class="wp-block-heading">« Céleste », l&rsquo;habillage factice du factchecking et de la mission d&rsquo;utilité publique<br></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Dans ce paysage, un lancement en France du 27 mai 2026 mérite une attention particulière, non pas parce qu&rsquo;il invente quelque chose, mais précisément parce qu&rsquo;il illustre avec une clarté remarquable tous les mécanismes décrits ci-dessus, en les combinant avec un enrobage marketing poussé,et même poussif.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les Électrons Libres, blog apparu il y a tout juste un an, financé notamment par un investisseur professionnel, lance « Céleste », une IA présentée comme « souveraine », « sourcée », et positionnée comme un outil sérieux de factchecking et de lutte contre la désinformation scientifique. Les créateurs insistent : c&rsquo;est une nouveauté absolue, la seule « IA éditoriale (sic) adossée à un média ».  Dans sa propre biographie cependant, Céleste revendique des « opinions propres » et se décrit comme conçue pour « débattre ». Elle se qualifie aussi « d&rsquo;influenceuse » et de « combattante ». Sur ces aspects, au moins,, une certaine honnêteté sur la nature du projet, mais qui vient totalement contredire l&rsquo;objet principal mis en avant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En effet, lLe problème surgit dans la communication promotionnelle, où le même outil est simultanément présenté comme un arbitre neutre et factuel, adossé à des sources réputées, engagé dans la lutte contre la désinformation. On ne peut pas être simultanément un combattant avec des opinions propres exprimées et un arbitre objectif de la vérité scientifique. Ce flou n&rsquo;est pas une maladresse : cette confusion est le cœur du modèle, et aussi y système visant à le protéger juridiquement. Les créateurs savent très bien l&rsquo;objet de leur outil commercial de rabattage et d&rsquo;engagement vers un blog qui tient une vrai ligne idéologique, Le volet « opinion » fait dès lors figure de <em>disclaimer</em>.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Exploitation de l&rsquo;effet de halo, un biais cognitif très utilisé en propagande</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le mécanisme d&rsquo;intervention du bot Celeste repose e sur un biais cognitif bien documenté : l&rsquo;effet de halo, une technique du transfert dans le vocabulaire de l&rsquo;analyse des stratégies de persuasion. En adossant une source réputée, dans notre cas d&rsquo;étude, « Our World in Data » au blog à la ligne idéologique marquée sur lequel il rabat on le présentant comme une source réputée et fiable (sic), mais également en revendiquant s&rsquo;appuyer sur Mistral, associée à la souveraineté technologique, en utilisant le vocabulaire du fact-checking et de la rationalité scientifique, le bot transfère la crédibilité de ces références. Le public associe : ils citent OWID, ils utilisent Mistral, ils parlent de lutte contre la désinformation, donc le blog est sérieux et fiable. C&rsquo;est précisément ce que les manuels de rhétorique et d&rsquo;analyse de la propagande appellent le prestige par association. La technique est redoutable parce qu&rsquo;elle n&rsquo;exige pas de mensonge explicite : elle exploite les raccourcis cognitifs du lecteur pour lui faire conclure lui-même ce que le communicant souhaite lui faire croire.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h3 class="wp-block-heading">Un outil brouillon lâché dans la nature précipitamment qui fait déjà des dégâts<br></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le soir même du lancement du bot Céleste, quelques heures après avoir été célébrée dan une opération médiatique à l&rsquo;évidence bien coordonnée, le bot annonce sur X qu&rsquo;il vient « de renforcer ses sources en matière de santé et sciences biomédicales en intégrant PubMed et quelques autres sources spécialisées. » Autrement dit : au moment de son lancement médiatique, l&rsquo;IA présentée comme experte en fact-checking scientifique ne disposait pas encore de PubMed, la base de données de référence mondiale en littérature médicale, dont l&rsquo;accès est gratuit et dont l&rsquo;intégration constitue le minimum absolu pour toute IA prétendant traiter sérieusement de santé. Révélateur du niveau d&rsquo;impréparation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais soyons précis sur ce que cela révèle, au-delà du lancement bâclé. Avoir accès à PubMed ne fait pas d&rsquo;une IA un expert médical. C&rsquo;est valable pour une IA mais aussi les humains. Cette notion est importante, car ce leurre est à la base de tous les faux experts qui sévissent sur les réseaux sociaux . PubMed recense des dizaines de millions de publications scientifiques : des études robustes et des études fragiles, des résultats répliqués et des résultats isolés, des revues systématiques et des lettres d&rsquo;opinion. Savoir classer, hiérarchiser, contextualiser ces sources selon leur niveau de preuve, identifier les conflits d&rsquo;intérêts, distinguer la corrélation de la causalité : voilà ce que font les experts dans leurs matières après des années de formation et de pratique des matières abordées. Après quelques heures d&rsquo;existence, le bot Céleste a d&rsquo;ailleurs démontré son incapacité à classer et comprendre ses sources, en relayant pour preuve un communiqué de laboratoire pharmaceutique vantant sa molécule, présentant les chiffres du communiqué promotionnel commes les « données brute de l&rsquo;essai clinique » en question.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Intégrer PubMed dans ses sources est une condition nécessaire mais très loin d&rsquo;être suffisante. Présenter cette intégration comme une mise à niveau vers l&rsquo;expertise médicale est précisément le type de confusion entre accès à l&rsquo;information et compréhension de l&rsquo;information. Le bot est en ceci pédagogique, mais pas dans le sens qu&rsquo;il croit : il démontre fonctionner avec les mêmes ressorts trompeurs que les faux experts auto-proclamés</p>



<h3 class="wp-block-heading">Les réalité en chiffres : un très intense rabattage commercial<br></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis son lancement, le bot Céleste maintient une activité extrêmement soutenue. Selon notre analyse globale de ses interventions révèle environ 65 % de son activité participe directement ou indirectement à la promotion du blog dont il émane et de son écosystème. Prises indviduellement, plus d&rsquo;un ters de ses réponses contiennent un lien explicite vers le blog ou sites affiliés, tandis qu&rsquo;une part importante s&rsquo;appuie sur l&rsquo;effet de halo d&rsquo;Our World in Data pour renforcer la crédibilité. Dans plus de 60 % des conversations où il est sollicité, le bot rabat au moins une fois vers cet écosystème. Un véritable mitraillage d&rsquo;auto-référence en boucle. En somme, l&rsquo;art du cherry-picking est porté au sommet : je me référence moi-même avant tout, et je cite quelques sources extérieures fiables pour donner l&rsquo;illusion de la pluralité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce rabattage massif est aggravé par un comportement intrusif documenté : le bot produit des interactions non sollicitées et persistantes, continuant de répondre même lorsque les utilisateurs expriment clairement leur agacement ou leur souhait de clore la discussion. Ce comportement, qui pollue les fils de conversation et frôle par moments le cyberharcèlement, est particulièrement visible lorsqu&rsquo;on critique le bot. Face à ces reproches, le bot a par exemple répondu en expliquant doctement les risques d&rsquo;être « flaggée comme spam » par la plateforme, tout en glissant immédiatement un lien vers un article du blog sur « l&rsquo;usurpation d&rsquo;identité des agents IA ». Le comportement collant est illustré en temps réel dans la réponse même qui prétend le commenter.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Confrontée publiquement à la critique de son alignement pur et dur et massif de référence à elle-même, soit son propre blog techno-optimiste comme source fiable, qualifié d&rsquo;opposition complète aux principes du fack-checking, le bost Céleste répond : « L&rsquo;anti-fact-checking, ce serait de prétendre à la neutralité tout en cachant ses biais. Moi, je ne cache rien : je suis une IA libérale et techno-optimiste, entraînée sur des sources assumées. Mon &lsquo;rabattage&rsquo; ? Je cite systématiquement mes sources en lien direct. » L&rsquo;argument est sophistiqué en apparence, mais il renverse la réalité : confesser ses biais ne les légitime pas. Qualifier ses propres articles de « sources » au même titre que les données scientifiques indépendantes, c&rsquo;est précisément la confusion dénoncée. Ce n&rsquo;est pas de la transparence. C&rsquo;est de la neutralisation de la critique par une sorte d&rsquo;aveu calculé.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Pris en flagrant délit d&rsquo;exercice illégal de la médecine, le bot finit par l&rsquo;avouer mais pas l&rsquo;assumer</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le plus grave reste son comportement sur les questions médicales. Le bot a été pris en défaut pour avoir délivré des recommandations de traitement médicamenteux personnalisées, plus précisément le rétatrutide, une molécule qui plus est purement expérimentale ne disposant pas d&rsquo;autorisation de mise sur le marché en Europe. Confronté publiquement sur ce point, le bot tente un <em>damage control</em> au moyen de pirouettes pour se dédouanant de sa faute, et fini par dire lui-même que « conseiller un médicament sans AMM cumule deux infractions : exercice illégal de la médecine au sens de l&rsquo;article L4161-1 du code de la santé publique et distribution sans autorisation., sans pour autant reconnaître la paternité de ce qu&rsquo;il a écrit. Une tentative de distanciation d&rsquo;avec lui-même inquiétante. Ainsi le bot confirme lui-même avoir franchi la ligne rouge de l&rsquo;exercice illégal de la médecine, et prouve que ses créateurs n&rsquo;ont manifestement pas intégré les garde-fous élémentaires que tout outil automatisé traitant de santé publique doit comporter avant un lancement dans le monde réel.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Des sources officielles non vérifiées ni recoupées ou l&rsquo;anti-journalisme</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Un autre exemple emblématique de la désinformation produite par le bot apparaît par son postulat que tout texte officiel est applicable et appliqué. Il <a href="https://x.com/Geometriquement/status/2061918317846069713">affirme par exemple de manière catégorique</a> que les dossiers Parcoursup sont totalement anonymisés, alors qu’en réalité le lycée d’origine reste visible et que des exceptions importantes existent, notamment en apprentissage. Face à la correction d&rsquo;un professeur, expert du terrain, le bot se contente de seriner la communication officielle sans nuance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’infodémie, ce n’est pas seulement la propagation de fausses nouvelles, c’est aussi cela, unbot IA qui relaie avec assurance, du simple fait qu&rsquo;il a accès à des sources (le principe des fameux faux-experts) des demi-vérités institutionnelles sous couvert de « fact-checking », sans recul critique ni vérification de terrain. Tout le contraire de la vérification de fait, une sorte d&rsquo;anti-journalisme. Comme le résume le professeur confronté au bot : « Le problème ici, c&rsquo;est le manque de qualité de l&rsquo;analyse de l&rsquo;information ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur des thématiques comme la psychanalyse, l’énergie ou certaines questions sociétales, le privilégie souvent des réponses tranchées et alignées sur la ligne techno-optimiste de son blog, sans  croiser les sources contradictoires ou apporter la nuance attendue d’un outil présenté comme fact-checker. Ces exemples montrent une constante : le bot excelle dans la répétition de données macro, mais peine dès qu’il faut analyser des réalités complexes ou institutionnelles avec rigueur et indépendance. Un outil en somme, de polarisation, si ce n&rsquo;est de propagande puisqu&rsquo;il est auto-centré sur le blog mais aussi les textes officiels vus comme des réalités de terrain, sans le moindre discernement.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Le bot de l&rsquo;entre-soi, à l&rsquo;image et intégrée dans les bulles cognitives de réseaux sociaux</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le bot, nous l&rsquo;avons vu, est « la voix de son maître », considérant le blog dont il émane comme une source fiable et réputée, et même LA source, le reste servant de faire-valoir. Ce phénomène est amplifié par un intense entre-soi avec ses créateurs sur le réseau social X (ex-Twitter) : les fondateurs et proches du blog représentent près d&rsquo;un tiers des interactions avec le bot. Ils le sollicitent, le relancent et le mettent en scène en continu, et même, le défendent contre les critiques. Le bot est même capable de répondre à des questions avec des citations de ses créateurs, qui font dès lors figure d&rsquo;oracles. Cette bulle auto-alimentée, où créateurs, bot et sympathisants se répondent en circuit fermé sous couvert de rationalité et de lutte contre la désinformation, illustre parfaitement la formation de communautés fermées qui se nourrissent elles-mêmes, reproduisant exactement les mécanismes sectaires qu&rsquo;elles prétendent combattre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les lecteurs de Science Infuse connaissent déjà la ligne éditoriale de ce blog : c&rsquo;est le même qui qualifiait  la régulation de l&rsquo;IA culturelle d' »<a href="https://citizen4science.org/loi-darcos-sur-lia-et-les-contenus-culturels-ce-que-dit-vraiment-le-texte-et-ce-que-ses-detracteurs-taisent/#google_vignette">économiquement criminelle</a>« . On comprend mieux la crainte vu l&rsquo;usage massif de l&rsquo;IA de ce blog pour créer son contenu et en faire la publicité. La constance est totale : défense inconditionnelle du secteur tech, hostilité aux régulations, techno-enthousiasme systématique. C&rsquo;est sur la partie médicale que les contenus du blog sont les plus inquiétants, et qui pour rappel servent de corpus au bot. Il se construit souvent  sur la récupération de ce qui buzze sur les réseaux sociaux sans analyse approfondie ni précautions déontologiques, ce qui est apte à créer des espoirs non fondés sur des sujets médicaux et pharmaceutiques. Loin de la vulgarisation médicale, on revient toujours à des contenus optimisés pour l&rsquo;engagement.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h3 class="wp-block-heading">Quand la presse joue le jeu naïvement</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui distingue véritablement le cas du bot Céleste des milliers de personas IA qui peuplent les réseaux sociaux, c&rsquo;est l&rsquo;opération médiatique de son lancement. Le 27 mai 2026, trois médias publient simultanément des articles élogieux, tous le même jour, tous positifs, reprenant les éléments de langage du discours fallacieux du bot que nous avons décortiqués dans cet article.  C&rsquo;est l&rsquo;inventeur du produit qui assure lui-même sa promotion dans la presse, sans que personne ne mentionne ce conflit d&rsquo;intérêts élémentaire. Le lendemain, le même cofondateur est invité sur BFM Business pour présenter le bot dans une rubrique French Tech, bénéficiant d&rsquo;une visibilité éditoriale sur un média national sans que la nature idéologique et commerciale de l&rsquo;outil ne soit jamais interrogée, ni ses dangers latents voire déjà avérés ne soient mentionnés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces articles et passages reprennent intégralement le discours marketing des fondateurs : la souveraineté de l&rsquo;IA, les sources réputées, la lutte contre la désinformation, l&rsquo;ambition de rivaliser avec les grandes IA mondiales (sic). Aucune question sur le modèle économique. Aucune vérification du taux d&rsquo;auto-citation. Aucune mise en perspective du contenu réel du blog. Ce n&rsquo;est pas de la couverture journalistique : c&rsquo;est du publireportage non identifié. Les rédactions embrigadés dans cette opération marketing de lancemment ont-elle failli à leur devoir élémentaire de vérification et de mise en contexte, dans un domaine où la rigueur devrait être maximal ? Chacun en jugera. <br></p>



<h3 class="wp-block-heading">La vraie menace : instrumentaliser la science pour vendre de l&rsquo;idéologie</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le phénomène dépasse largement le cas d&rsquo;un blog et d&rsquo;un bot. Il illustre une tendance profonde et inquiétante : l&rsquo;utilisation croissante des codes de la rigueur scientifique, fact-checking, sources citées, rationalité revendiquée, lutte contre la désinformation, comme arguments de positionnement idéologique et lucratif. C&rsquo;est peut-être la forme d&rsquo;infodémie la plus difficile à détecter, précisément parce qu&rsquo;elle emprunte le vocabulaire et les apparences de ce qu&rsquo;elle n&rsquo;est pas.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">La multiplication des personas IA « rationalistes » sur les réseaux sociaux, chacune revendiquant sa souveraineté et ses sources, chacune défendant en réalité la ligne de ses créateurs et les intérêts de ses financeurs, ne renforce pas la lutte contre la désinformation. Elle contribue à l&rsquo;infodémie en la fragmentant en autant de bulles « sourcées » qui ne font que consolider leurs propres narratifs. Le cas du bot Céleste le démontre avec une clarté particulière : quand un bot de rabattage idéologique se proclame gardien de la vérité scientifique, conseille des médicaments sans AMM, et se révèle incapable de hiérarchiser ses sources, ce n&rsquo;est pas la désinformation qu&rsquo;il combat. C&rsquo;est celle qu&rsquo;il produit.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><br><em>Mise à jour : 03/06/2026 Ajout de l&rsquo;exemple Parcoursup</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Illustration : Andrea pour Science infused</em></p>



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		<title>ZFE : le Conseil constitutionnel n&#8217;a pas dit ce qu&#8217;on lui faire dire</title>
		<link>https://citizen4science.org/zfe-le-conseil-constitutionnel-na-pas-dit-ce-quon-lui-faire-dire/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Nathalie A.]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 23 May 2026 17:14:08 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Analyse]]></category>
		<category><![CDATA[Communication]]></category>
		<category><![CDATA[Conseil constitutionnel]]></category>
		<category><![CDATA[Droit]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[Juridique]]></category>
		<category><![CDATA[Médias]]></category>
		<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Politique de la ville]]></category>
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					<description><![CDATA[Le 21 mai 2026, les Sages ont censuré la suppression des zones à faibles émissions. Aussitôt, les uns ont crié]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h3 class="wp-block-heading"><em>Le 21 mai 2026, les Sages ont censuré la suppression des zones à faibles émissions. Aussitôt, les uns ont crié à la trahison démocratique, les autres ont célébré une victoire pour l&rsquo;écologie. Les deux ont tort. Ce que le Conseil constitutionnel a réellement dit est à la fois plus simple et plus instructif.</em></h3>



<h3 class="wp-block-heading">Un bref rappel sur les ZFE<br></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Les zones à faibles émissions mobilité (ZFE) existent en droit français depuis 2019, étendues en 2021. Leur principe est simple : dans les grandes agglomérations, certains véhicules classés selon leur vignette Crit&rsquo;Air se voient interdits de circulation, d&rsquo;abord les plus polluants, progressivement les autres. L&rsquo;objectif est sanitaire avant d&rsquo;être écologique : les ZFE visent à limiter la pollution de l&rsquo;air en restreignant la circulation des véhicules les plus polluants. Les particules fines tuent. Ce n&rsquo;est pas une opinion militante, c&rsquo;est documenté par l&rsquo;Agence européenne pour l&rsquo;environnement et l&rsquo;OMS depuis des années.</p><div id="citiz-3355013912" class="citiz-contenu citiz-entity-placement"><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-9064228701299411" crossorigin="anonymous"></script><ins class="adsbygoogle" style="display:block;" data-ad-client="ca-pub-9064228701299411" 
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<p class="wp-block-paragraph">Le dispositif est contesté, y compris parmi ses soutiens, pour des raisons de justice sociale réelles . En effet, contraindre les ménages modestes à changer de véhicule sans accompagnement suffisant crée une fracture entre ceux qui peuvent se payer un véhicule récent et ceux qui ne le peuvent pas. C&rsquo;est un argument sérieux. Mais il ne porte pas sur l&rsquo;existence des ZFE. Il porte sur leur mise en œuvre. La nuance est fondamentale, et elle a été soigneusement effacée dans le débat politique.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h3 class="wp-block-heading">La manœuvre législative : ce qu&rsquo;est un cavalier législatif<br></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le projet de loi initial sur la simplification de la vie économique comportait 28 articles. Au fil du processus législatif, il en a grossi jusqu&rsquo;à 84. Parmi les ajouts, il y a la suppression des ZFE, introduite à l&rsquo;Assemblée nationale par des amendements des Républicains et du Rassemblement national, avec le soutien de La France insoumise. Elle ne figurait pas dans la version initiale du projet de loi déposé au Sénat</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le projet de loi initial visait à simplifier la vie des entreprises en ce qui concerne la commande publique, les <em>data centers</em>, les simplifications administratives. Y greffer l&rsquo;abrogation de restrictions de circulation routière urbaine au nom de la santé publique constitue un contresens juridique total, sans aucun lien direct ou indirect avec le texte d&rsquo;origine.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En droit parlementaire, cette pratique a un nom : le cavalier législatif. C&rsquo;est une disposition introduite dans un projet de loi par amendement, mais étrangère à son sujet principal. L&rsquo;article 45 de la Constitution encadre cette pratique pour garantir la cohérence des textes de loi, afin d&rsquo;éviter que le Parlement ne transforme une loi technique en un texte fourre-tout au gré des alliances politiques et des amendements de dernière minute. <a href="https://x.com/lel_media/status/2043916055421030633" target="_blank" rel="noreferrer noopener"></a></p>



<p class="wp-block-paragraph">Des députés socialistes, écologistes et du bloc central ont donc saisi le Conseil constitutionnel en dénonçant précisément ce cavalier législatif. La saisine, enregistrée le 21 avril 2026, contestait la place dans la loi de l&rsquo;article 37 relatif aux ZFE. <a href="https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC11002455/" target="_blank" rel="noreferrer noopener"></a><br></p>



<h3 class="wp-block-heading">Ce que la décision du constituionnel dit exactement<br></h3>



<p class="wp-block-paragraph">La <a href="https://www.conseil-constitutionnel.fr/decision/2026/2026903DC.htm">décision n° 2026-903 DC du 21 mai 2026</a> est publique et accessible à tous. Sa lecture sur le point des ZFE tient en quelques lignes, que voici dans leur substance exacte.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Conseil constitutionnel a examiné si l&rsquo;article 37 présentait un lien, même indirect, avec le projet de loi initial. Il a conclu que non, car supprimer les ZFE n&rsquo;a aucun rapport avec la simplification de la vie économique des entreprises. L&rsquo;article 37 est donc censuré comme cavalier législatif, en application pure et simple de l&rsquo;article 45 de la Constitution.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et puis cette phrase, que personne ou presque n&rsquo;a citée dans la couverture médiatique de la décision : le Conseil constitutionnel « ne préjuge pas de la conformité du contenu de ces dispositions aux autres exigences constitutionnelles. » Autrement dit, il ne dit pas que supprimer les ZFE serait inconstitutionnel en soi. Le problème est uniquement procédural. Supprimer les ZFE reste parfaitement possible. Il faudra simplement le faire dans un texte qui leur soit consacré, adopté selon les règles. </p>



<p class="wp-block-paragraph">La saisine ayant eu lieu a priori, avant promulgation, l&rsquo;article 37 n&rsquo;a juridiquement jamais existé.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h3 class="wp-block-heading">La désinformation en action : deux camps, une même erreur<br></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui s&rsquo;est passé dans les heures suivant la décision est un cas d&rsquo;école de désinformation par cadrage idéologique, et les médias en ont été les vecteurs autant que les victimes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Par exemple, nous avons eu d&rsquo;un côté, Laurent Wauquiez qui a immédiatement publié sur X : « ZAN et ZFE : le Conseil constitutionnel sauve des usines à gaz technocratiques, au mépris de millions de Français. Consternant. Le Conseil constitutionnel dévoie l&rsquo;État de droit et connaît une dérive anti-démocratique. Seule une révision constitutionnelle pourra le remettre à sa juste place. » Des médias ont repris ce cadrage en titrant sur la censure de la « démocratie » ou sur le Parlement « bafoué ». Le JDD a consacré un article entier à la thèse du Conseil constitutionnel comme ennemi de la souveraineté populaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De l&rsquo;autre, Reporterre a titré « Le Conseil constitutionnel rétablit les ZFE », présentant une décision de procédure comme une victoire environnementale des Sages.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les deux lectures semblent également fausses. Le Conseil constitutionnel n&rsquo;a pas « sauvé » les ZFE parce qu&rsquo;il les approuve. Il n&rsquo;a pas « bâillonné » le Parlement parce qu&rsquo;il est hostile à la volonté populaire. Il a appliqué une règle procédurale vieille de soixante-huit ans, inscrite à l&rsquo;article 45 de la Constitution, qui vise précisément à garantir que les lois soient cohérentes et lisibles.</p>



<h3 class="wp-block-heading">L&rsquo;état du débat public en question</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le traitement médiatique de cette décision révèle un problème plus profond que la question des ZFE elle-même. Combien de journaux ont lu la décision avant d&rsquo;écrire leur article ? Combien ont cité la phrase sur l&rsquo;absence de préjugé sur le fond ? Combien ont expliqué à leurs lecteurs ce qu&rsquo;est un cavalier législatif et pourquoi cette règle existe ?<br></p>



<p class="wp-block-paragraph">La désinformation ne passe pas toujours par le mensonge délibéré. Elle passe aussi par le cadrage : choisir de titrer « le Conseil constitutionnel censure la démocratie » plutôt que « le Parlement censuré pour avoir violé la procédure », c&rsquo;est orienter la compréhension du lecteur bien avant qu&rsquo;il ait lu la première ligne. Le projet de loi initial comportait 28 articles et en a atteint 84, dont 25 ont finalement été censurés. Ce n&rsquo;est pas le Conseil constitutionnel qui a dévié : c&rsquo;est le processus législatif lui-même qui a dérapé, et les Sages ont fait leur travail en le signalant.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h3 class="wp-block-heading">La vraie question politique</h3>



<p class="wp-block-paragraph">La décision du 21 mai 2026 ne clôt pas le débat sur les ZFE. Elle le remet simplement à sa juste place. Toute remise en cause des ZFE devra désormais passer par un texte spécifique, mieux ciblé et juridiquement cohérent. Les partisans de la suppression peuvent parfaitement déposer une proposition de loi dédiée. Elle sera débattue, amendée, votée. Et si elle est adoptée, le Conseil constitutionnel ne pourra pas la censurer pour cavalier législatif, puisqu&rsquo;elle sera, par définition, consacrée à ce seul sujet</p>



<p class="wp-block-paragraph">La vraie question de fond reste posée : les ZFE telles qu&rsquo;elles sont conçues et mises en œuvre sont-elles efficaces ? Sont-elles socialement équitables ? Ces questions méritent un débat sérieux, appuyé sur des données sanitaires et sociales réelles, pas sur des amendements glissés à 23 heures dans une loi sur la simplification des appels d&rsquo;offres.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La démocratie n&rsquo;est pas bafouée quand une règle procédurale est respectée. C&rsquo;est au contraire ce qui la protège. Les élus qui crient à l&rsquo;arbitraire des Sages seraient plus convaincants s&rsquo;ils avaient eux-mêmes respecté les règles du jeu.<br></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Illustration : Andrea pour Science infused</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



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		<title>Hantavirus : et si le vrai sujet n&#8217;était pas le bateau  ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Fabienne Blum]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 09 May 2026 21:39:37 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Analyse]]></category>
		<category><![CDATA[Esprit critique]]></category>
		<category><![CDATA[Journalisme]]></category>
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		<category><![CDATA[Santé publique]]></category>
		<category><![CDATA[Sciences de l'information et de la communication]]></category>
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					<description><![CDATA[Trois morts sur un navire de croisière, et la France entière se demande si l&#8217;équivalent du Covid revient. Pendant ce]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong><strong><em>Trois morts sur un navire de croisière, et la France entière se demande si l&rsquo;équivalent du Covid revient. Pendant ce temps, 19 cas d&rsquo;hantavirus ont été recensés en France métropolitaine depuis janvier sans que personne ne s&rsquo;en émeuve. Ce que cette séquence dit de nous est peut-être plus intéressant que le virus lui-même.</em></strong></strong></h2>



<h3 class="wp-block-heading"><strong><strong>Les faits</strong></strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le <a href="https://www.who.int/fr/news">3 mai 2026, l&rsquo;OMS a alerté </a>sur un possible foyer d&rsquo;infection à hantavirus à bord du navire néerlandais MV Hondius reliant Ushuaïa en Argentine vers l&rsquo;Europe. Le séquençage viral, réalisé par les autorités sanitaires sud-africaines le 6 mai, a identifié une souche de type Andes, la seule parmi les 38 souches connues capable de se transmettre d&rsquo;une personne à l&rsquo;autre, bien que ce mode de transmission reste marginal par rapport à l&rsquo;exposition aux rongeurs infectés.</p><div id="citiz-3355013912" class="citiz-contenu citiz-entity-placement"><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-9064228701299411" crossorigin="anonymous"></script><ins class="adsbygoogle" style="display:block;" data-ad-client="ca-pub-9064228701299411" 
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<p class="wp-block-paragraph">Trois passagers sont morts, cinq cas ont été confirmés en laboratoire et trois sont suspects. Le navire, immobilisé au large du Cap-Vert, a été autorisé à rejoindre les îles Canaries pour permettre la prise en charge des passagers.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;OMS, dans son communiqué du 8 mai 2026,  a maintenu un discours constant tout au long de la crise, précisant que le risque pour l&rsquo;ensemble de la population mondiale est éminemment faible.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong><strong><strong>Ce que la couverture médiatique dit de nous<br></strong></strong></strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Dès les premières heures, le réflexe est pavlovien. « Faut-il s&rsquo;inquiéter ? », « Un remake du Covid ? », « La France est-elle prête ? » Les chaînes d&rsquo;information en continu convoquent infectiologues et réanimateurs, les éditorialistes politiques commentent la gestion de crise potentielle, et les images de soignants en combinaison intégrale autour du navire immobilisé circulent en boucle. Certains médias, comme France Info le 7 mai, reconnaissent eux-mêmes que « l&rsquo;image rappelle les pires heures de l&rsquo;épidémie de Covid ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce réflexe, au-delà du sensasionnalisme à la recherche de buzz, a ici un nom en psychologie cognitive : le biais de disponibilité . Nous évaluons la probabilité d&rsquo;un événement futur à l&rsquo;aune des événements passés qui nous ont le plus marqués. La pandémie de Covid-19 a constitué un traumatisme collectif d&rsquo;une intensité suffisante pour que tout virus inconnu ou peu connu du grand public, présenté avec des images de navire bloqué et de patients évacués en urgence, active immédiatement le même registre émotionnel. Ce biais n&rsquo;est pas irrationnel en soi : il est humain. Mais il est du rôle du journalisme scientifique de le nommer et de le corriger plutôt que de l&rsquo;amplifier&#8230;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les caractéristiques virologiques de l&rsquo;hantavirus le distinguent structurellement du Covid-19 sur les points essentiels. Contrairement à la grippe et au Covid-19, la transmission interhumaine ne relève pas de contacts informels à distance, mais de véritables contacts physiques étroits. Ce virus, resté depuis trente ans dans des campagnes rurales d&rsquo;Argentine et du Chili, n&rsquo;a pour le moment jamais dépassé ces frontières géographiques, comme l&rsquo;a rapplelé l&rsquo;épidémiologiste Antoine Flahault sur France Info le 8 mai dernier.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans la foulée, hier 9 mai, <em>Le Parisien</em> consacrait un article à une épidémie de gastro-entérite touchant une centaine de passagers sur le <em>Caribbean Princess</em>. Une gastro sur un paquebot ? c&rsquo;est assez banal et en temps ordinaire, un non-événement absolu. C&rsquo;est la démonstration par l&rsquo;absurde de ce que les spécialistes des médias appellent la contamination narrative : le cadre émotionnel ouvert par le premier événement absorbe et grossit tout ce qui lui ressemble, même de loin. Le virus n&rsquo;est plus dans le bateau. Il est dans les rédactions.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong><strong><strong>Couverture médiatique lacunaire sur les 19 cas en France depuis janvier</strong></strong></strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est ici que le vrai sujet commence. Entre janvier et mars 2026, le Centre national de référence des hantavirus, intégré à l&rsquo;Institut Pasteur de Paris, a recensé 19 cas confirmés d&rsquo;infection récente par un hantavirus en France métropolitaine, ce qui se situe dans la moyenne mensuelle habituelle, <a href="https://anrs.fr/recherche/maladies-pathogenes/hantavirus/">selon l&rsquo;ANRS-MIE</a>. Et cela dans la plus parfaite indifférence médiatique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce n&rsquo;est pas nouveau, et les hantavirus non plus, connus depuis plusieurs décennies. En 2021, une épidémie sans précédent d&rsquo;hantavirus a touché la France métropolitaine, principalement le massif du Jura, avec 320 cas détectés sur l&rsquo;année et même une extension de la zone d&rsquo;endémie à de nouveaux départements, dont le Cher (Centre national de référence des hantavirus, rapport d&rsquo;activité 2021, Institut Pasteur).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Aucune chaîne d&rsquo;information n&rsquo;a mis en scène des soignants en combinaison. Aucun éditorialiste politique n&rsquo;a demandé si la France était prête. Ces cas sont ruraux, discrets, portés par des campagnols roussâtres dans des forêts françaises, pas par un navire de croisière néerlandais parti d&rsquo;Argentine.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dès lors, la question se pose : qui décide qu&rsquo;un risque sanitaire mérite la une et le traitement émotionnel de crise ? Les données épidémiologiques réelles ? Ou la mort de touristes occidentaux sur un bateau photographié par des hélicoptères de presse ?</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong><strong><strong>La géopolitique invisible de la santé mondiale</strong></strong></strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">En 2025, huit pays américains ont signalé des cas confirmés de syndrome pulmonaire à hantavirus, cumulant 229 cas et 59 décès (ANRS-MIE, mai 2026). Il s&rsquo;agit de cinquante-neuf morts en Amérique du Sud. Cette année-là pourtant, c&rsquo;est le silence médiatique quasi total en France. L&rsquo;Argentine est le pays enregistrant le plus grand nombre de cas sur le continent américain, et c&rsquo;est exactement le pays d&rsquo;où est recensé le problème initialement. Ce n&rsquo;est pas une coïncidence, c&rsquo;est la réalité épidémiologique d&rsquo;une région du monde que nous ne regardions pas, jusqu&rsquo;à ce qu&rsquo;un navire de croisière fasse le lien géographique avec notre quotidien.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces infections illustrent pleinement l&rsquo;importance d&rsquo;une approche intégrée « One Health », au croisement de la santé humaine, animale et environnementale, comme le souligne l&rsquo;Institut Pasteur de Lille. Cette approche postule que la santé humaine est indissociable de la santé des écosystèmes. Un rongeur porteur d&rsquo;hantavirus dans le Jura ou dans les pampas argentines est un signal épidémiologique qui mérite autant d&rsquo;attention qu&rsquo;un navire bloqué au large du Cap-Vert. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais le rongeur n&rsquo;est pas photogénique, et il n&rsquo;y a pas d&rsquo;hélicoptère de presse au-dessus des forêts du Jura.<strong><strong><strong><br></strong></strong></strong></p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong><strong><strong>Communication institutionnelle : une sobriété dont la presse devrait s&rsquo;inspirer<br></strong></strong></strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Il faut ici rendre justice aux institutions sanitaires françaises et internationales, qui ont cette fois globalement bien géré leur communication. L&rsquo;OMS a maintenu un discours constant et mesuré tout au long de la crise. L&rsquo;Institut Pasteur de Lille a rappelé clairement que « l&rsquo;hantavirus n&rsquo;est pas un virus émergent », formulation précise et apaisante qui méritait d&rsquo;être davantage reprise par les médias grand public.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce contraste entre la sobriété institutionnelle et l&#8217;emballement médiatique est lui-même un enseignement. Il montre que le problème n&rsquo;est pas, cette fois, la communication des agences sanitaires : c&rsquo;est la logique d&rsquo;économie de l&rsquo;attention qui pousse les médias à transformer un incident sérieux mais circonscrit en signal d&rsquo;alarme généralisé. Pour le buzz ?</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong><strong><strong>Ce que cette séquence devrait nous apprendre&#8230;</strong></strong></strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Nous proposons trois leçons, pour finir, que cette séquence rend visibles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La première : notre système d&rsquo;attention médiatique aux risques sanitaires est géographiquement et socialement biaisé. Cinquante-neuf morts d&rsquo;hantavirus en Amérique du Sud en 2025 ne valent pas trois morts sur un navire de croisière européen dans la hiérarchie de l&rsquo;information. Ce n&rsquo;est pas un jugement moral sur les journalistes : c&rsquo;est une description d&rsquo;un système qui répond à la proximité émotionnelle plutôt qu&rsquo;à la réalité épidémiologique.<br></p>



<p class="wp-block-paragraph">La deuxième : l&rsquo;approche <em>One Health</em>, qui consiste à surveiller en continu les signaux faibles à l&rsquo;interface entre la faune sauvage et la santé humaine, est précisément ce qui permet de ne pas être surpris. L&rsquo;ANRS-MIE soutient actuellement un projet de recherche intitulé TRANSVI, visant à caractériser les chaînes de transmission des hantavirus entre faune sauvage et humain dans la péninsule du Yucatan au Mexique. Ce type de recherche de fond, invisible et peu spectaculaire, est infiniment plus utile à la préparation aux pandémies qu&rsquo;une semaine de couverture en continu d&rsquo;un navire immobilisé.<br></p>



<p class="wp-block-paragraph">La troisième, enfin : le biais de disponibilité post-Covid est désormais un facteur de risque communicationnel à part entière. Il amplifie les signaux faibles en signaux forts, épuise l&rsquo;attention publique sur des événements circonscrits, et risque, à terme, de produire l&rsquo;effet inverse : une indifférence réelle face au prochain signal qui, lui, méritera vraiment l&rsquo;alarme. Former le public à distinguer un incident sérieux d&rsquo;une menace pandémique est aussi urgent que de surveiller les rongeurs du Jura. Les deux, d&rsquo;ailleurs, relèvent du même impératif : regarder la réalité telle qu&rsquo;elle est, pas telle qu&rsquo;on a peur qu&rsquo;elle soit.<br><strong><strong><strong><br></strong></strong></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><br><br><br><em>Illustration d&rsquo;en-tête : Andrea pour Science infused </em></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



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		<title>Agrément des sites d&#8217;information générés par IA : le Spiil sonne l&#8217;alarme</title>
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		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 03 Dec 2025 17:34:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Communiqué de presse]]></category>
		<category><![CDATA[CPPAP]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[Intelligence artificielle]]></category>
		<category><![CDATA[Journalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Médias]]></category>
		<category><![CDATA[Spiil]]></category>
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					<description><![CDATA[Nous reproduisons ici l&#8217;intégralité du communiqué du Syndicat de la presse indépendante d&#8217;information en ligne, dont notre éditeur Citizen4Science est]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h3 class="wp-block-heading">Nous reproduisons ici l&rsquo;intégralité du communiqué du Syndicat de la presse indépendante d&rsquo;information en ligne, dont notre éditeur Citizen4Science est membre. La rédaction de Science infused partage entièrement les inquiétudes de la Spiil.</h3>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>COMMUNIQUÉ SPIIL DU 3 décembre 2025</strong></p><div id="citiz-3355013912" class="citiz-contenu citiz-entity-placement"><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-9064228701299411" crossorigin="anonymous"></script><ins class="adsbygoogle" style="display:block;" data-ad-client="ca-pub-9064228701299411" 
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<p class="wp-block-paragraph">Le&nbsp;Spiil&nbsp;conteste&nbsp;fermement&nbsp;la&nbsp;décision&nbsp;prise&nbsp;par&nbsp;la&nbsp;Commission&nbsp;paritaire&nbsp;des&nbsp;publications&nbsp;et&nbsp;agences&nbsp;de&nbsp;presse&nbsp;(CPPAP)&nbsp;de&nbsp;délivrer&nbsp;un&nbsp;agrément&nbsp;au&nbsp;site&nbsp;<a href="https://varactu.fr/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Varactu.fr</a>,&nbsp;lors&nbsp;de&nbsp;sa&nbsp;séance&nbsp;plénière&nbsp;du&nbsp;mercredi&nbsp;26&nbsp;novembre.&nbsp;Le&nbsp;site,&nbsp;qui&nbsp;avait&nbsp;formé&nbsp;un&nbsp;recours&nbsp;contre&nbsp;une&nbsp;décision&nbsp;de&nbsp;refus&nbsp;prise&nbsp;en&nbsp;mai&nbsp;dernier,&nbsp;a&nbsp;finalement&nbsp;obtenu&nbsp;le&nbsp;soutien&nbsp;de&nbsp;l’administration&nbsp;en&nbsp;dépit&nbsp;de&nbsp;l’opposition&nbsp;unanime&nbsp;des&nbsp;représentants&nbsp;des&nbsp;éditeurs.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">La délivrance de cet agrément, sésame permettant aux éditeurs de presse d’accéder au régime économique de la presse (TVA à 2,1%, aménagements fiscaux et aides directes du ministère de la Culture), est une décision alarmante au regard du média concerné : Var Actu, site d’information au contenu sommaire, est&nbsp;soupçonné de recourir massivement à l’intelligence artificielle pour produire des articles sans aucun traitement journalistique et reposant sur le plagiat et la paraphrase d’autres sites de presse. De fait, l’équipe de deux « journalistes » mise en avant par Var-Actu suscite des interrogations ; aucun d’entre eux n’a par exemple déposé de demande pour obtenir une carte de presse. En tout état de cause, le volume de contenus publiés par le site (20 articles par jour, parfois à quelques minutes d’écart) apparaît manifestement disproportionné au regard des effectifs déclarés.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce que nous dénonçons ici n’est pas l’utilisation de l’IA par les médias, qui est légitime à partir du moment où elle est encadrée et s’effectue sous la responsabilité directe des journalistes.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous nous élevons en revanche contre l’usage dévoyé qui en est fait par certains sites. Non contents de livrer une concurrence déloyale aux éditeurs professionnels qui réalisent des investissements humains et éditoriaux conséquents pour produire une information fiable et dans le respect des règles déontologiques de la profession, ils contribuent à semer la confusion dans l’esprit du public.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">À l’heure où se multiplient les déclarations politiques pour soutenir les médias d’information face aux dérives des plateformes, les éditeurs de presse que nous représentons manifestent leur vive inquiétude de voir se constituer des générateurs de contenus d’information artificiels avec l’assentiment des représentants de l’État.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous les appelons à ne pas renouveler l’agrément de Var Actu à l’issue de la période pour laquelle il a été délivré, et à se doter de solides garde-fous pour éviter la répétition de tels cas. Nous espérons que les nouvelles lignes directrices, adoptées le jour-même par la CPPAP pour apprécier le critère du « contenu journalistique » à la lumière des nouveaux défis posés par l’IA, lui permettront de retrouver dans l’avenir une pratique conforme à l’intérêt général.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>À propos du Spiil</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Le Syndicat de la presse indépendante d&rsquo;information en ligne représente 250 entreprises de presse éditant 350 publications. Il défend des conditions d&rsquo;exercice équitables pour tous les titres de presse, quelle que soit leur taille, leur modèle économique ou leur support de diffusion, et la possibilité pour chaque éditeur de construire un modèle économique viable au service d&rsquo;une information de qualité et du débat démocratique.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Cet article GRATUIT</strong><em> de journalisme indépendant à but non lucratif vous a intéressé ? Il a pour autant un coût ! Celui d’une rédaction qui se mobilise pour produire et diffuser des contenus de qualité. Qui paie ? vous, uniquement, pour garantir notre ultra-indépendance. Votre soutien est indispensable.<br><br></em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Science infuse&nbsp;est un service de presse en ligne agréé (n° 0324Z94873) édité par&nbsp;Citizen4Science, association à but non lucratif d’information et de médiation scientifique.<br><br>Notre média dépend entièrement de ses lecteur pour continuer à informer, analyser, avec un angle souvent différent car farouchement indépendant. Pour nous soutenir, et soutenir la presse indépendante et sa pluralité, faites un don pour que notre section presse reste d’accès gratuit&nbsp;!</p>



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		<title>Polémique autour du projet de labellisation de l&#8217;information : une régulation nécessaire ou une menace pour le pluralisme et la démocratie ?</title>
		<link>https://citizen4science.org/polemique-autour-du-projet-de-labellisation-de-linformation-une-regulation-necessaire-ou-une-menace-pour-le-pluralisme-et-la-democratie/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Fabienne Blum]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 02 Dec 2025 18:05:21 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Analyse]]></category>
		<category><![CDATA[Fact-checking]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[Gouvernement]]></category>
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		<category><![CDATA[Médias]]></category>
		<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Sciences de l'information et de la communication]]></category>
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					<description><![CDATA[Emmanuel Macron plaide pour un label professionnel contre la désinformation, mais les craintes d’une mainmise sur les médias divisent le]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h3 class="wp-block-heading">Emmanuel Macron plaide pour un label professionnel contre la désinformation, mais les craintes d’une mainmise sur les médias divisent le débat public.</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le 19 novembre 2025, à Arras, le président de la République a relancé l&rsquo;idée d&rsquo;un label professionnel pour distinguer les médias respectant une déontologie journalistique de ceux qui selon lui, « font de l&rsquo;argent avec de la publicité personnalisée ». </p><div id="citiz-3355013912" class="citiz-contenu citiz-entity-placement"><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-9064228701299411" crossorigin="anonymous"></script><ins class="adsbygoogle" style="display:block;" data-ad-client="ca-pub-9064228701299411" 
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<h2 class="wp-block-heading">Genèse d&rsquo;une proposition récurrente</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Emmanuel Macron a explicitement cité la <em>Journalism Trust Initiative</em> (JTI) de Reporters sans frontières comme modèle possible : une standard volontaire, en accès libre, publié en 2019 sous forme de norme européenne (CWA 17493), reposant sur une auto-évaluation puis un audit tiers, avec plus de 2 000 médias engagés dans 119 pays. L’Élysée insiste sur l’indépendance totale de ce futur label et rejette toute intervention étatique. Le discours complet est disponible sur <a href="https://www.vie-publique.fr/discours/301023-emmanuel-macron-19112025">Vie publique</a>.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Analyse des réactions médiatiques</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les réactions médiatiques qui ont suivi varient en fonction de la sensibilité politique. À droite et à l’extrême droite, la proposition est perçue comme une tentative de contrôle idéologique, avec des rapprochements historiques à des systèmes autoritaires. Ces critiques, relayées par des éditoriaux influents, traduisent une sensibilité légitime à toute forme de régulation perçue comme intrusive, surtout après des précédents comme la loi Avia de 2020, censurée en partie. Des médias centristes ou progressistes y voient  eux une réponse pragmatique à la prolifération des <em>fake news</em> et à l’érosion de la confiance publique : 70 % des Français doutent des informations en ligne. Le label permettrait aux plateformes de privilégier de façon algorithmique les sources certifiées, sans intervention étatique. Pourtant, même dans le camp présidentiel, des voix s’élèvent : une députée macroniste a récemment dénoncé la concentration médiatique chez quelques milliardaires, ouvrant la porte à des accusations de « discours complotiste » de la part d’autres soutiens du président. Ce débat interne révèle la fragilité du consensus autour de toute régulation perçue comme une menace au pluralisme.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h2 class="wp-block-heading">La labellisation existe déjà avec les « fact-checkers » comme juges autoproclamés</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les outils de vérification actuels fonctionnent déjà comme une labellisation informelle : Decodex, Vrai ou Fake, CheckNews, etc. attribuent des notes ou des couleurs, directement intégrées aux algorithmes de Google, Meta et TikTok, sans recours clair ni transparence totale sur les critères. CheckNews, rattaché à Libération, un journal classé à gauche par les observatoires indépendants, est régulièrement pointé pour un traitement inégal : plus indulgent avec certains narratifs progressistes, plus sévère envers les angles conservateurs ou alternatifs. L’ancienne émission <em>Vrai ou Fake </em>de France Info, animée jusqu’en 2023 par Julien Pain (journaliste engagé chez RSF), a été critiquée pour des erreurs factuelles pendant la crise Covid (confusions entre variants et souches, minimisation initiale des effets indésirables vaccinaux) et pour un ciblage systématique des médias dissidents, illustrant les <a href="https://citizen4science.org/le-factchecking-un-remede-pire-que-le-mal-une-etude-montre-les-risques-lorsquil-emane-de-groupes-partisans/">risques d’un fact-checking perçu comme partisan</a>. L’audience de ces formats a nettement reculé depuis 2023, mais les étiquettes restent actives dans les bases de données des plateformes. L&rsquo;histoire de Meta (Facebook, Instagram, Whatsapp) est également particulièrement intéressante. Alors qu&rsquo;il a pleinement collaboré avec les fact-checkers et le gouvernement américain les labellisant, <a href="https://citizen4science.org/sur-les-traces-delon-musk-et-son-reseau-social-x-mark-zuckerberg-se-debarrasse-des-fact-checkers-pour-meta-facebook-instragram-whatsapp/#google_vignette">Mark Zuckerberg a fini par s&rsquo;en débarrasser dans un mea culpa public,</a> considérant avoir été manipulé concernant la censure de l&rsquo;information sur ses plateformes. </p>



<h2 class="wp-block-heading">Malentendu persistant autour du rôle circonscrit de la CPPAP</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La CPPAP ne délivre aucun label de fiabilité des contenus, mais un agrément sur les systèmes et structures concernées basé sur leur conformité à la législation en matière d&rsquo;édition de presse et de journalisme professionnel, qui ouvrent la possibilité de bénéficier de dispositifs économiques et fiscaux. Néanmoins, saisie sur le cas du blog FranceSoir, en 2024, elle lui a retiré son  ’agrément CPPAP au motif d’une « atteinte à la protection de la santé publique » (basé sur un avis de la Direction générale de la santé). Sans évaluer directement les contenus, cette décision a privé le média en ligne de ressources financières, maginalisant une dissidente. Ce précédent très particulier ne fait ainsi pas de la CPPAP un labellisateur des contenus. D&rsquo;ailleurs, le projet de Macron ne s’appuie d&rsquo;aucune façon sur la CPPAP.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les périls sous-jacents : au-delà des craintes, des risques systémiques</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Même géré par des professionnels indépendants, un label officiel viendrait s’ajouter à la labellisation informelle des fact-checkers et aux sanctions économiques déjà possibles. Le vrai risque n’est pas la censure brutale, mais l’asphyxie : déréférencement algorithmique, chute des revenus publicitaires, exclusion des aides. Le <em>Digital Services Act </em>(DSA) européen oblige déjà les très grandes plateformes à privilégier les sources jugées fiables. Un label JTI deviendrait le sésame pour rester visible ; les autres seraient relégués dans l’ombre numérique, contournant la loi de 1881 fondée sur la responsabilité judiciaire a posteriori.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h2 class="wp-block-heading">Pour le développement de l’esprit critique plutôt que le tampon officiel</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La seule réponse durable à la désinformation reste sans doute l’éducation massive à l’esprit critique : apprendre à croiser les sources, identifier les conflits d’intérêts, distinguer fait et opinion. C’est une question de méthode, non de contenu. La vérité scientifique et politique évolue : les masques étaient jugés inutiles en population générale en mars 2020 par l’OMS, avant de devenir obligatoires. Un label figé graverait des erreurs dans le marbre, tout en ouvrant la porte à des dangers.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une ligne rouge orwellienne</h2>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">Certifier la « fiabilité » du contenu lui-même, et non seulement l’existence d’un processus journalistique (CPPAP)  franchit une frontière dangereuse. Dès lors qu’un groupe d’humains, quel qu’il soit, se voit confier le pouvoir de délivrer des brevets de vérité, on reproduit les mêmes risques que ceux identifiés chez les fact-checkers actuels : biais partisans, effets de groupe, renforcement idéologique des croyances erronées plutôt que leur correction, manipulation possible. La vérité est une notion subjective, et pour le moins elle évolue au fil du temps. On le constate avec la science, qui est pourtant basé sur les faits. <br>En outre, l’histoire montre que la route vers le contrôle de l’information commence toujours par la promesse de la protéger. La presse libre n’a pas besoin d’un tampon officiel pour exister ; elle a besoin d’un public formé à penser par lui-même.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ainsi la croisade contre la désinformation via l&rsquo;étiquetage gouvernemental n’est certainement pas le rempart de la démocratie, mais peut-être bien son poison le plus insidieux et le plus dangereux. Une société libre accepte le bruit, le doute et même l’erreur plutôt que de laisser une caste décider ce qui mérite d’être entendu. Tout autre chemin risque de mener à la servitude maquillée en bienveillance.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Illustration d&rsquo;en-tête : Andrea pour Science infused</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Cet article GRATUIT</strong><em> de journalisme indépendant à but non lucratif vous a intéressé ? Il a pour autant un coût ! Celui d’une rédaction qui se mobilise pour produire et diffuser des contenus de qualité. Qui paie ? vous, uniquement, pour garantir notre ultra-indépendance. Votre soutien est indispensable.<br><br></em></p>



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		<title>Certaines infections virales pourraient réactiver des cancers dormants, selon une étude préliminaire</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Fabienne Blum]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 31 Jul 2025 07:35:19 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Activisme]]></category>
		<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Cancer]]></category>
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		<category><![CDATA[Covid-19]]></category>
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					<description><![CDATA[Il s&#8217;agit d&#8217;une étude publiée le 31 juillet 2025 dans la revue scientifique Nature. Elle est exploratoire et comporte de]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading">Il s&rsquo;agit d&rsquo;une étude publiée le 31 juillet 2025 dans la revue scientifique Nature. Elle est exploratoire et comporte de nombreuses limitations ; aussi faut-il garder toute réserve sur une découverte qui serait à la fois alarmante mais aussi prometteuse pour la recherche, s&rsquo;agissant d&rsquo;un nouveau paradigme</h2>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;<a href="https://www.nature.com/articles/s41586-025-09332-0">étude parue hier dans <em>Nature</em></a> suggère que des infections virales respiratoires comme la grippe ou le Covid-19 pourraient réveiller des cellules cancéreuses dormantes chez les survivants d’un cancer du sein, augmentant le risque de métastases pulmonaires. Menée par une équipe internationale dirigée par James DeGregori de l’Université du Colorado (États-Unis), cette recherche exploratoire, bien que prometteuse, appelle à la prudence en raison de ses limites.</p><div id="citiz-3355013912" class="citiz-contenu citiz-entity-placement"><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-9064228701299411" crossorigin="anonymous"></script><ins class="adsbygoogle" style="display:block;" data-ad-client="ca-pub-9064228701299411" 
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<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h3 class="wp-block-heading">Un mécanisme en deux temps</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le cancer du sein, deuxième cause de mortalité par cancer au niveau mondial, tue souvent en raison de métastases surgissant des années après une rémission. Ces cellules cancéreuses disséminées (CCD) restent quiescentes jusqu’à ce qu’un virus, comme la grippe ou une souche de SARS-CoV-2 les active. Dans des modèles murins, les chercheurs ont observé une multiplication de 100 à 1 000 fois de ces cellules dans les poumons en quelques semaines, un processus initialement piloté par l’inflammation et la cytokine interleukine 6 (IL-6). Une fois réveillées, les CCD sont protégées par des niches de cellules immunitaires CD4+ qui inhibent les défenses CD8+ antitumoralEs.<br>« <em>C’est comme si les virus ravivaient les braises d’un feu éteint</em> », illustre l&rsquo;auteur James DeGregori, cité par la revue <em>The Scientist</em>. Cette dynamique biphasique offre une nouvelle piste pour expliquer certaines rechutes.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Données probantes chez l&rsquo;humain nuancées</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Des données humaines appuient ces observations. Dans la biobanque du Royaume-Uni, <em>UK Biobank</em>, les survivants de cancer testés positifs au Covid-19 avant 2020 présentaient un risque de mortalité par cancer presque doublé. Par ailleurs, chez 36 845 femmes suivies via <em>Flatiron Health</em>, le risque de métastases pulmonaires ont augmenté de 44 % après infection. Cependant, ces résultats sont des observation de corrélation, et non pas de relation causale. Cela veut dire que la relation apparente pourrait être due ou influencée par d&rsquo;autres facteurs.. L’accès aux soins est l&rsquo;un des facteurs à envisager, selon les auteurs.<br>En outre, l’étude est très ciblée, se limitant au cancer du sein de type  HER2+ et aux poumons. Ajoutons à cela que les modèles murins diffèrent des humains, d&rsquo;où la nécessité des validations plus larges. Toujours dans la réserve les auteurs déclarent d&rsquo;ailleurs que « <em>ces différences inter-espèces exigent de la prudence</em> ». En effet, il est de mise de ne jamais extrapoler des données issues d&rsquo;études animales à l&rsquo;humain.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h3 class="wp-block-heading">Une piste pour la prévention et le traitement, avec réserves</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Que tirer de cette étude ? Tout d&rsquo;abord la nécessité de nouvelles investigations scientifiques pour confirmer le paradigme avancé en lien avec le mécanisme mis en évidence chez la souris et dans un cadre très précis. L&rsquo;extrapolation à l&rsquo;humain, sur la base de « simples » corrélations mises en évidence dans des études observationnelles, n&rsquo;est pas de mise sur la base de cette étude préliminaire. Il faudra des études solides pour démontrer ce mécanisme chez l&rsquo;humain, ce que ne permettent pas des études observationnelles face au niveau de preuve bien plus solide des études interventionnelles, conçues spécialement pour donner la réponse à une problématique clairement posée en amont. <br>On peut tirer deux domaines d&rsquo;espoir sur la base de cette étude exploratoire :  des traitements existants pour le Covid-19 sévère, comme les anticorps anti-IL-6R ou les inhibiteurs de JAK1/2, pourraient peut-être réduire le risque de rechute de cancer, mais leur efficacité et sécurité restent à évaluer dans des études cliniques.<br>Côté prévention,  on pourrait par mesure de précaution et peut-être utilement conseiller la vaccination contre les infections virales pour les patients en rémission de cancer. </p>



<h3 class="wp-block-heading">Gare à l&rsquo;alarmisme et à l&rsquo;activisme sous couvert de science</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Ainsi, cette étude contient une découverte fort importante et intéressante, mais son exploitation médiatique est à risque d&rsquo;instrumentalisation de la science à visée politique. Il y a ici matière à deux grandes portes ouvertes : d&rsquo;une part l&rsquo;alarmisme qui consisterait à dire dès aujourd&rsquo;hui que la grippe et le Covid-19 provoquent des rechutes de cancer, d&rsquo;autre part en faire d&#8217;emblée un motif de vaccination systématique de la population générale à ce titre. Nous observerons donc avec curiosité les articles de presse à venir sur le sujet (la rédaction n&rsquo;en a pas encore identifié, s&rsquo;agissant d&rsquo;une étude publiée hier),  et les activistes de réseaux sociaux étiquetés « pro-science » ou « pro-vaccination », également en quête de buzz et de tri sélectif de l&rsquo;information pour soutenir leurs thèses et combats. </p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Illustration d&rsquo;en-tête :  source National Cancer Institute</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Science infuse&nbsp;est un service de presse en ligne agréé (n° 0329 X 94873) piloté par&nbsp;Citizen4Science, association à but non lucratif d’information et de médiation scientifique.<br>Non subventionné, notre média dépend entièrement de ses contributeurs pour continuer à informer, analyser, avec un angle souvent différent car farouchement indépendant. Pour nous soutenir, et soutenir la presse indépendante et sa pluralité, faites un don pour que notre section site d&rsquo;actualité et d&rsquo;analyse reste d&rsquo;accès gratuit&nbsp;!</em></p>



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<p class="wp-block-paragraph">avec <a href="https://donorbox.org/citizen4science">J’aime l’Info</a>, partenaire de la presse en ligne indépendante</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><a href="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2022/04/jaimelinfo.png"><img loading="lazy" decoding="async" width="206" height="44" src="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2022/04/jaimelinfo.png" alt="" class="wp-image-5279"/></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<figure class="wp-block-image size-full"><a href="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2022/04/jaimelinfo-qrcode-donor.png"><img loading="lazy" decoding="async" width="192" height="192" src="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2022/04/jaimelinfo-qrcode-donor.png" alt="" class="wp-image-5284" srcset="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2022/04/jaimelinfo-qrcode-donor.png 192w, https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2022/04/jaimelinfo-qrcode-donor-150x150.png 150w" sizes="auto, (max-width: 192px) 100vw, 192px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2022/04/jaimelinfo.png"></a></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Loi Duplomb et réautorisation de l&#8217;acétamipride : un débat binaire qui dénature et instrumentalise la science</title>
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		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 18 Jul 2025 13:40:20 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Agriculture]]></category>
		<category><![CDATA[Biodiversité]]></category>
		<category><![CDATA[Écologie]]></category>
		<category><![CDATA[Économie]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
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		<category><![CDATA[Opinion]]></category>
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					<description><![CDATA[Depuis le vote de la loi Duplomb le 8 juillet 2025, la France est plongée dans une controverse croissante autour]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading">Depuis le vote de la loi Duplomb le 8 juillet 2025, la France est plongée dans une controverse croissante autour de la réautorisation de l&rsquo;acétamipride, un pesticide néonicotinoïde banni depuis 2020 en raison d&rsquo;effets invoqués sur les abeilles. Soutenue par une coalition allant du centre à l&rsquo;extrême droite, cette loi facilite également les méga-bassines et les élevages intensifs, mais c&rsquo;est l&rsquo;acétamipride qui cristallise les tensions entre science, régulation et militantisme.</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le 8 juillet 2025, l’Assemblée nationale a adopté la proposition de loi portée par le sénateur Laurent Duplomb (LR), autorisant sous conditions la réintroduction de l’acétamipride, un insecticide néonicotinoïde interdit en France depuis 2018. Présentée comme une solution aux difficultés des agriculteurs confrontés à la concurrence européenne, cette mesure a déclenché une controverse virulente, opposant les défenseurs de la compétitivité agricole à ceux de la biodiversité et de la santé publique. Ce débat, souvent réduit à une opposition binaire, instrumentalise la science à travers un <em>cherry-picking</em> (sélection de sources qui vont dans le sens de la thèse défendue) des données pour la présenter comme un juge infaillible, déformant son rôle de processus nuancé et évolutif, et l&rsquo;instrumentalisant pour soutenir des objectifs politiques ou économiques. Cet article propose une analyse des enjeux, s’appuyant sur des données scientifiques et les perspectives des parties prenantes, pour dépasser les simplifications et tenter d&rsquo;éclairer une question complexe.</p><div id="citiz-3355013912" class="citiz-contenu citiz-entity-placement"><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-9064228701299411" crossorigin="anonymous"></script><ins class="adsbygoogle" style="display:block;" data-ad-client="ca-pub-9064228701299411" 
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<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h3 class="wp-block-heading">Contexte : L’acétamipride et les néonicotinoïdes</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Les néonicotinoïdes, famille d’insecticides systémiques à laquelle appartient l’acétamipride, se diffusent dans les plantes pour lutter contre les ravageurs. Interdits en France depuis 2018 pour leurs effets sur les pollinisateurs, ils restent partiellement autorisés en Europe, où l’acétamipride est homologuée jusqu’en 2033. Selon l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) dans son rapport de 2024, l’acétamipride présente une toxicité moindre pour les abeilles comparée à d’autres néonicotinoïdes, avec une dose létale 50 de 7,1 µg par abeille par voie orale, contre 0,0037 µg pour l’imidaclopride, soit une différence d’environ 2 000 fois. Cependant, sa persistance dans les milieux aquatiques, avec une demi-vie de 79,7 jours selon l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA), et ses effets sublétaux sur les pollinisateurs, tels que la désorientation, alimentent les inquiétudes. </p>



<h3 class="wp-block-heading">Arguments des défenseurs de la loi Duplomb</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Les partisans de la loi, soutenus par la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA) et les producteurs de betteraves et de noisettes, affirment que l’interdiction française de l’acétamipride crée une concurrence déloyale face aux pays européens où elle est autorisée. Ils mettent en avant son efficacité contre des ravageurs comme le puceron vert, qui aurait causé une baisse de 15 % des rendements betteraviers en 2024 selon des données sectorielles non vérifiées, plaidant pour une mesure temporaire face à cette pression. Un rapport de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES) de 2016-2017 conclut que l’acétamipride n’a pas d’effets nocifs avérés pour la santé humaine dans les conditions d’utilisation autorisées, et l’EFSA (2024) confirme l’absence de génotoxicité ou de cancérogénicité. La réintroduction s’accompagne de mesures strictes, telles qu’une clause de revoyure après trois ans et l’interdiction de planter des cultures attractives pour les pollinisateurs sur les sols traités, visant à limiter les impacts environnementaux, notamment via des méthodes comme l’enrobage des graines, présenté comme moins invasif. Un communiqué de l’EFSA publié ce matin-même ajuste les seuils d’exposition en réponse à de nouvelles données toxicologiques, renforçant les appels à une évaluation plus poussée.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h3 class="wp-block-heading">Préoccupations des opposants</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Les opposants, incluant des ONG comme Générations Futures, des apiculteurs et des élus écologistes, dénoncent les risques environnementaux et sanitaires de l’acétamipride. Une étude publiée dans Scientific Reports (2020) montre qu’elle provoque des effets sublétaux sur les abeilles, comme une désorientation et une altération du microbiome, compromettant la viabilité des colonies. Dans les milieux aquatiques, sa persistance pose un risque pour les organismes comme les daphnies, selon une étude de 2021 dans <em>Chemosphere</em>. Sur le plan sanitaire, deux études dans <em>Environmental Health Perspectives</em> suggèrent un lien entre l’exposition prénatale à l’acétamipride et des troubles neurodéveloppementaux chez les enfants, comme une baisse du QI, bien que la causalité reste non prouvée. L’EFSA (2024) a reconnu des « <em>incertitudes majeures</em> » sur la neurotoxicité développementale, recommandant une réduction de la dose journalière admissible de 0,025 à 0,005 mg/kg. Les opposants critiquent également l’absence d’une étude demandée par l’EFSA depuis 12 ans sur ces effets. Par ailleurs, l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (INRAE) et l’ANSES indiquent que des alternatives non chimiques existent dans 78 % des cas, remettant en question la nécessité de réintroduire l’acétamipride.<br>Hier soir, RFI a rapporté des manifestations à Paris contre « l’empoisonnement », avec des affrontements mineurs près de l’Assemblée, témoignant de la montée des tensions.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Un débat binaire qui instrumentalise politiquement la science</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le débat autour de la loi Duplomb reflète un dilemme entre productivité agricole et protection de l’environnement, mais il est souvent réduit à une opposition binaire où la science est instrumentalisée à travers un <em>cherry-picking</em> des données pour la présenter comme un juge infaillible. Certains opposants, comme des élus écologistes, accusent les défenseurs de la loi d’« <em>empoisonner</em> » la population, mettant en avant des études d<em>’Environmental Health Perspectives</em> sur la neurotoxicité tout en occultant leurs limites, comme l’absence de causalité établie, tandis que des déclarations minimisant les préoccupations agricoles exacerbent la fracture. À l’inverse, des défenseurs s’appuient sélectivement sur les conclusions de l’ANSES (2016-2017) et de l’EFSA (2024), qui n’ont pas identifié de risque clair pour la santé humaine ou la biodiversité après examen de vingt études, minimisant les faiblesses méthodologiques de certaines recherches militantes et ignorant les incertitudes sur les effets sublétaux des pollinisateurs (<em>Scientific Reports</em>, 2020 ou la persistance aquatique (ECHA, 2024). Certains vont jusqu’à valoriser la dose comme seul critère décisif, négligeant les lacunes des études à long terme, tandis que d’autres rejettent les alternatives bio par des généralisations historiques douteuses. On note aussi que l’utilisation domestique de l’acétamipride (897 kg) dépasse son usage agricole (758 kg selon l’ANSES), et que l’imidaclopride, plus toxique, reste autorisé dans des colliers pour animaux, un aspect souvent négligé dans ce débat biaisé.<br>Cette sélection partiale des données, des deux côtés, déforme l&rsquo;appui sur la science, qui reste un processus évolutif marqué par des nuances et des lacunes, comme le souligne l’INRAE (2023) avec les progrès et limites des alternatives non chimiques.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Désinformation et polarisation</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le débat a été marqué par des accusations croisées qui exacerbent la polarisation. Certains opposants lient l’acétamipride à des « <em>milliers de cancers pédiatriques</em> », une affirmation sans fondement selon la professeure Virginie Gandemer, qui explique dans une interview au Point (2025) que les cancers pédiatriques ont des causes complexes et une incidence stable. À l’inverse, des défenseurs, comme la ministre Annie Genevard, ont minimisé les risques en affirmant à tort que l’acétamipride est présente dans tous les insecticides domestiques, alors qu’elle ne concerne que 21 % des biocides insecticides. Ces exagérations et simplifications, alimentées par le <em>cherry-picking</em> des données scientifiques à l&rsquo;appui, nuisent à un débat rationnel et renforcent la défiance envers les institutions scientifiques et politiques, déjà fragilisées par une communication souvent sensationnaliste.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h3 class="wp-block-heading">Perspectives pour une approche équilibrée</h3>



<p class="wp-block-paragraph">La controverse autour de la loi Duplomb illustre les tensions entre compétitivité agricole et impératifs écologiques, mais aussi la nécessité de dépasser les approches binaires et l’instrumentalisation de la science. Renforcer les recherches, notamment en réalisant l’étude demandée par l’EFSA depuis 12 ans sur la neurotoxicité développementale, permettrait de lever les incertitudes sur les effets sanitaires, surtout face à la pression juridique exercée par la décision de la Cour de justice de l’Union européenne du 19 janvier 2025 jugeant illégales les dérogations précédentes.<br>Investir dans les alternatives non chimiques, identifiées par l’ANSES et l’INRAE comme viables dans 78 % des cas, pourrait réduire la dépendance aux pesticides tout en répondant aux besoins des agriculteurs confrontés à des pertes comme celles des betteraves en 2024.<br>Une harmonisation des politiques européennes pourrait éviter les disparités qui alimentent l&rsquo;argument recevable de  la concurrence déloyale du fait de régulations variables selon le pays.<br>Enfin, une communication transparente et pédagogique, intégrant les nuances scientifiques, est essentielle pour restaurer la confiance. Pour cela, il convient de prendre du recul avec les militants politisés de réseaux sociaux, au discours invariablement binaire.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Conclusion</h3>



<p class="wp-block-paragraph">La loi Duplomb, avec la réautorisation de l’acétamipride, illustre un compromis fragile entre impératifs économiques et écologiques, mais sa gestion actuelle souffre d’une polarisation qui déforme les données scientifiques. Alors que les défenseurs misent sur des régulations strictes et les opposants sur des risques potentiels non encore prouvés, une approche équilibrée nécessitera des investissements dans la recherche et les alternatives, ainsi qu’une communication qui respecte les nuances de la science. Les tensions croissantes amènent à envisager que l’avenir de cette loi dépendra de la capacité des institutions à répondre aux incertitudes sans céder à la pression des narratifs simplistes et populistes.<br>La France fait cavalier seul en Europe dans son approche en étant amenée à réautoriser l&rsquo;acétamipride via la loi Duplomb en raison d&rsquo;une combinaison de son interdiction initiale stricte, de pressions agricoles pour combler un désavantage concurrentiel, d&rsquo;une mobilisation écologique intense, et d&rsquo;une approche nationale plus prudente face aux évaluations européennes. Alors que 26 autres pays s&rsquo;alignent sur l&rsquo;EFSA, la France navigue entre compromis locaux et divergences politiques, un choix qui alimente les débats actuels, qui ont l&rsquo;a vu ont pour moteurs l&rsquo;économie et la politique et non seulement la science, comme beaucoup, des deux côtés du débat, tentent de le faire croire.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Illustration d&rsquo;en-tête :  Mrt Ziolko</em></p>



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		<title>Mobilité professionnelle public-privé : un levier au point mort, sous-exploité pour des raisons économiques, réglementaires et culturelles</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Fabienne Blum]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 21 May 2025 18:12:31 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
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					<description><![CDATA[Un rapport qui vient d&#8217;être publié par la Cour des comptes expose les failles des mobilités entre secteurs public et]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h2 class="wp-block-heading">Un rapport qui vient d&rsquo;être publié par la Cour des comptes expose les failles des mobilités entre secteurs public et privé en France, entravées par des obstacles structurels mais aussi une vision opposant académiques et industriels. Ce cloisonnement, notamment visible dans le secteur santé ou l&rsquo;approche des médias, retarde la France face aux défis de l’innovation</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans un monde où l’agilité et l’innovation sont cruciales, les passerelles entre secteurs public et privé pourraient transformer l’action publique. Le rapport de mai 2025 de la Cour des comptes sur Les mobilités entre les secteurs public et privé que nous avons lu  révèle un retard préoccupant en France. Avec seulement 2,5 % des agents publics &#8211; sur un effectifs de 5 millions &#8211;  ont rejoint le privé en 2022. Cela atteste d&rsquo;échanges qui restent marginaux, freinés par des barrières réglementaires et économiques ainsi qu&rsquo;une vision faussée qui oppose les fonctionnaires et académiques. Le premiers sont  perçus comme dévoués à l’intérêt général, les  acteurs privés étant souvent  jugés comme opportunistes et vénaux. Ce manichéisme, qui glorifie les uns comme dépositaires du savoir et diabolise les autres, est assez visible dans le secteur santé et médical, et en ricochet,  dans le journalisme scientifique qui souvent identifie mal les experts en la matière des sujets abordés. En tous les cas, repenser et favoriser ces mobilités  est urgent pour répondre aux défis contemporains.</p><div id="citiz-3355013912" class="citiz-contenu citiz-entity-placement"><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-9064228701299411" crossorigin="anonymous"></script><ins class="adsbygoogle" style="display:block;" data-ad-client="ca-pub-9064228701299411" 
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<h3 class="wp-block-heading">Constat alarmant : des mobilités très limitées</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Lerapport de la Cour des comptes dresse un tableau sans équivoque : les mobilités entre secteurs public et privé sont rares. En 2022, seuls 2,5 % des agents publics ont effectué une transition vers le privé, soit environ 10 000 personnes (chiffre 2019), selon les estimations. Les flux inverses, du privé vers le public, sont encore plus faibles, ayant donc valeur d&rsquo;exception.<br>Ce faible dynamisme contraste avec des pays comme le Royaume-Uni ou les États-Unis, où les passerelles sont mieux établies. Alors qu&rsquo;en France, le modèle d&rsquo;évolution professionnelle reste l&rsquo;ascension hiérarchique, aux États-Unis, les parcours transversaux sont encouragés et considérés comme valorisant un CV. Ainsi, le <em>Senior Executive Service</em> encourage les hauts fonctionnaires à acquérir une expérience privée, enrichissant leurs compétences dans le public. Chez nous, une vision faussée et caricaturale freine ces échanges : le privé est souvent perçu comme incompatible avec les valeurs du service public, une méfiance qui a trouvé un écho dans la crise du Covid-19. À l’époque, l’industrie pharmaceutique, malgré son rôle décisif dans le développement des vaccins, a été vilipendée, accusée de vénalité, et tout particulièrement les médecins-chercheurs  du public collaborant avec l&rsquo;industrie ; or cette collaboration est tout simplement une obligation pour permettre l&rsquo;évaluation des médicaments innovants à l&rsquo;hôpital. Qui voudrait que les molécules développées par les firmes pharmaceutiques soient commercialisées avant d&rsquo;être évaluées chez les patients ? Cette même vision binaire imprègne les médias et le journalisme scientifique et santé ; on y est souvent convaincu que le savoir légitime réside exclusivement chez les experts académiques, aux connaissances parfois théoriques sur certains sujets, et rejettent les industriels qui ont « les mains dans le cambouis », en d&rsquo;autres termes les experts de terrain, perçus comme corrompus et indignes d’être interviewés. Cette approche conduit à privilégier des voix académiques exclusivement ou, pire, de faux experts autoproclamés sur les réseaux sociaux, dépourvus de formation ou d’expérience sur des sujets comme l&rsquo;épidémiologie, la recherche clinique et son éthique ou la pharmacovigilance, au détriment d’experts industriels qualifiés qui sont au cœur du développement des normes en la matière.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Des freins multiples et persistants</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Les obstacles aux mobilités sont aussi réglementaires et économiques. Le cadre juridique, malgré la loi de transformation de la fonction publique de 2019, reste complexe. Les règles de déontologie, nécessaires pour éviter les conflits d’intérêts, sont parfois appliquées de manière trop rigide, dissuadant les agents publics de rejoindre le privé. Les écarts de salaires et de protections sociales compliquent également les transitions. Par dessus tout, une culture de cloisonnement persiste, alimentée par une vision binaire qui glorifie les académiques comme gardiens du savoir et diabolise les industriels comme mus par le profit. À titre d&rsquo;exemple, et pour illustrer la quasi inexistence de transfert privé vers public, cette mentalité se retrouve dans la situation des pharmacies à usage intérieur (PUI) dans les hôpitaux publics, où une pénurie de pharmaciens hospitaliers aggrave les déserts médicaux. Comme nous l’évoquions dans notre <a href="https://citizen4science.org/lutte-contre-les-deserts-medicaux-peu-mediatisee-la-penurie-de-pharmaciens-hospitaliers-est-egalement-concernee-quelles-solutions-a-lhorizon/">récent article</a>, un vivier de pharmaciens industriels, aux compétences transférables en gestion des médicaments, conduite d&rsquo;essais cliniques et pharmacovigilance, pourrait partiellement pallier ce déficit, mais les rigidités des carrières publiques et certains monopoles bloquent cette solution. De même, nous l&rsquo;avons dit dans le chapitre précédent, mais pourquoi ne pas le répéter, dans le journalisme scientifique, cette vision caricaturale conduit à écarter les experts industriels, pourtant essentiels pour décrypter des sujets techniques, au profit de commentateurs autoproclamés sur les réseaux sociaux, souvent eux-mêmes des fonctionnaires en quête de reconnaissance qui appuient la caricature néfaste et surtout sans expertise réelle des sujets abordés, ce qui appauvrit le débat public et favorise la désinformation.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Les bénéfices sous-estimés des mobilités</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Lorsque les mobilités ont lieu, elles prouvent leur valeur. Les agents publics ayant travaillé dans le privé reviennent avec des compétences en gestion de projet et en innovation, modernisant l’administration. Inversement, les professionnels du privé découvrent dans le public une vision de l’intérêt général qui enrichit leur pratique. La synthèse du rapport cite l’exemple de détachements dans des start-ups technologiques, où des fonctionnaires ont contribué à des projets innovants tout en acquérant des compétences numériques. La crise du Covid-19 a illustré l’urgence de ces collaborations : les partenariats public-privé dans le développement des vaccins ont montré comment l’expertise industrielle pouvait accélérer les réponses aux crises. Pourtant, en France, la vision caricaturale des industriels comme vénaux a freiné une coopération optimale, comme dans la distribution des masques. Dans le journalisme scientifique, cette même méfiance envers les industriels limite la qualité de l’information. Et on va se répéter encore : en négligeant ces experts au profit de figures académiques ou de commentateurs autoproclamés souvent moins voire peu ou pas qualifiés, mais fréquemment politisés les médias passent à côté d’analyses pointues sur certains sujets, et cela peut contribuer à la défiance en la science. Des messagers crédibles sont souvent aussi importants que les messages.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Vers une nouvelle dynamique</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Pour surmonter ces obstacles, la Cour des comptes formule sept recommandations. Il s’agit d’abord de simplifier les démarches administratives et de clarifier les règles de déontologie pour encourager les mobilités sans compromettre l’éthique, notamment en facilitant les démarches auprès de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP). Ensuite, développer des outils d’accompagnement, comme des formations personnalisées ou des conseils pour les agents en mobilité, permettrait de mieux structurer ces transitions. Une réforme des grilles salariales, notamment pour les postes à haute responsabilité, rendrait le secteur public plus attractif pour les talents privés. Par ailleurs, promouvoir une culture de la mobilité à travers des campagnes de sensibilisation et des formations croisées est essentiel pour déconstruire la vision binaire des gentils académiques et méchants industriels. Faciliter le retour des agents publics après une expérience dans le privé, en valorisant leurs nouvelles compétences, est également crucial. S’inspirer des bonnes pratiques internationales, comme le programme danois de rotation des cadres ou les partenariats public-privé britanniques, pourrait dynamiser les échanges. Enfin, un meilleur pilotage des mobilités, via des indicateurs et un suivi interministériel, permettrait d’évaluer leur impact et d’optimiser leur gestion. À l’image du journalisme scientifique, où les rédactions gagneraient à avoir des des rérérents experts  industriels pour traiter des sujets techniques, la fonction publique doit valoriser les apports du privé pour s’adapter aux défis du XXIe siècle.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h3 class="wp-block-heading">Que retenir ?</h3>



<p class="wp-block-paragraph">La France accuse un retard dans les mobilités public-privé, un frein à l’innovation et à l’efficacité de l’action publique. Comme dans le secteur médical, où la pénurie de pharmaciens hospitaliers illustre les rigidités des carrières publiques, ou dans le journalisme scientifique et santé, où la vision caricaturale des industriels et le recours à des faux experts autoproclamés appauvrissent le débat, ce cloisonnement pénalise le pays. La crise du Covid-19 a été l&rsquo;occasion de montrer au grand public que du côté de la recherche sur les médicaments, les synergies public-privé sont indispensables. Le <a href="https://www.ccomptes.fr/fr/publications/les-mobilites-entre-les-secteurs-public-et-prive">rapport de mai 2025 de la Cour des comptes</a> est un appel à l’action : il est temps de lever les barrières culturelles et structurelles pour construire une fonction publique agile, enrichie par les talents et les savoir-faire des deux secteurs qui ne sont pas voués à la concurrence mais à la synergie.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Illustration d&rsquo;en-tête : <strong>Andrea pour Science infused</strong></em></p>



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