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	<title>#MeeToo Archives - Science infused site d&#039;actualités</title>
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	<description>Éditeur C4S, association loi 1901</description>
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	<item>
		<title>Vers une révolution judiciaire en France : le consentement au cœur de la définition du viol</title>
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		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 10 Oct 2025 09:36:21 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[#MeeToo]]></category>
		<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Analyse]]></category>
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					<description><![CDATA[En 2025, la France franchit un cap historique avec l&#8217;adoption d&#8217;une réforme intégrant explicitement le non-consentement dans la définition pénale]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>En 2025, la France franchit un cap historique avec l&rsquo;adoption d&rsquo;une réforme intégrant explicitement le non-consentement dans la définition pénale du viol. Au-delà d&rsquo;un simple ajustement lexical, cette mesure pourrait transformer la justice des violences sexuelles, en plaçant la voix des victimes au centre du débat.</strong></h2>



<h3 class="wp-block-heading">Le contexte d&rsquo;une urgence légale persistante<br></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis les années 1980, la définition française du viol repose sur l&rsquo;article 222-23 du Code pénal, qui punit « tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu&rsquo;il soit, commis sur la personne d&rsquo;autrui ou sur la personne d&rsquo;un mineur par violence, contrainte, menace ou surprise ». Cette formulation, héritée d&rsquo;une époque où les violences sexuelles étaient vues comme des crimes de force physique plutôt que de pouvoir asymétrique, laisse un vide béant : l&rsquo;absence de référence au consentement. Résultat ? Près de 94 % des plaintes pour viol sont classées sans suite, selon des données alarmantes relayées par des études sociologiques et judiciaires. Les victimes, souvent confrontées à un système qui exige des preuves tangibles de violence ou de contrainte, se heurtent à une présomption de culpabilité implicite : si aucune « surprise » n&rsquo;est démontrée, le doute profite à l&rsquo;accusé.</p><div id="citiz-3243100587" class="citiz-contenu citiz-entity-placement"><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-9064228701299411" crossorigin="anonymous"></script><ins class="adsbygoogle" style="display:block;" data-ad-client="ca-pub-9064228701299411" 
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<p class="wp-block-paragraph">Ce dysfonctionnement n&rsquo;est pas anodin. Il reflète une culture sociétale où le consentement reste un concept flou, mal enseigné dans les écoles et sous-estimé dans les tribunaux. Le mouvement #MeToo, qui a éclaté en 2017, a amplifié les témoignages de milliers de femmes et d&rsquo;hommes, révélant que la majorité des viols conjugaux ou relationnels ne laissent pas de traces physiques évidentes. En France, où une femme sur dix déclare avoir subi un viol ou une tentative au cours de sa vie (selon l&rsquo;enquête <em>Virage</em> de 2015, actualisée en 2023), cette lacune légale perpétue un sentiment d&rsquo;impunité. Des associations féministes ont multiplié les plaidoyers, arguant que sans ancrage clair du consentement, la loi reste un outil défaillant face à la réalité des violences invisibles. Cette urgence s&rsquo;est cristallisée en 2023 avec une <a href="https://lcp.fr/actualites/definition-penale-du-viol-un-rapport-parlementaire-propose-d-integrer-la-notion-de-non">mission d&rsquo;information parlementaire</a>, suite au retentissant procès de Mazan, où des mineurs ont été abusés dans un cadre presque « consensuel » perçu par les agresseurs. Loin d&rsquo;être une mode passagère, ce contexte appelle une refondation profonde, où la réforme de 2025 n&rsquo;est que le premier pas d&rsquo;une mutation judiciaire nécessaire pour restaurer la confiance des victimes dans l&rsquo;État.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h3 class="wp-block-heading">Le consensus rare et fragile de l&rsquo;adoption parlementaire<br></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le 1er avril 2025, l&rsquo;Assemblée nationale adopte en première lecture, par un vote quasi unanime (transpartisan, porté par des députées de tous bords), une <a href="https://www.senat.fr/leg/tas24-147.html">proposition de loi</a> modifiant l&rsquo;article 222-23 pour y intégrer la notion de « non-consentement libre et éclairé ». Ce texte, déposé en janvier 2025par un collectif bipartisan, définit le viol comme un acte de pénétration « sans consentement libre, éclairé et réversible de la victime ». Le Sénat, à son tour, valide une version modifiée le 18 juin 2025, à l&rsquo;unanimité, en précisant que le consentement doit être « exprimé ou manifesté sans équivoque ». Ces avancées marquent un tournant : pour la première fois, le législateur français aligne explicitement la loi sur les standards internationaux, reconnaissant que le viol n&rsquo;est pas seulement un crime physique, mais une violation de l&rsquo;autonomie corporelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce consensus n&rsquo;est pas exempt de tensions. Les opposants, minoritaires mais vocaux notamment certains juristes conservateurs, arguent que le terme « consentement » risque de « judiciariser l&rsquo;intimité » ou de compliquer les preuves, transformant chaque relation en potentiel litige. Pourtant, les débats ont révélé un rare accord sur l&rsquo;évidence : la loi actuelle, muette sur le consentement, favorise les acquittements pour vice de forme. La réforme, inspirée d&rsquo;une directive européenne de 2022 sur la lutte contre les violences de genre, impose aussi une formation obligatoire des magistrats et policiers à la lecture des signes non verbaux de refus. Cette adoption rapide (moins de six mois entre dépôt et Sénat) témoigne d&rsquo;une maturité politique post-#MeToo, mais aussi d&rsquo;une pression sociétale accrue, avec des pétitions rassemblant plus de 500 000 signatures. Fragile, car le texte navigue encore en commission mixte paritaire, son aboutissement en loi définitive d&rsquo;ici fin 2025 dépendra de la capacité à surmonter les résistances corporatistes au sein de la magistrature. Ce processus illustre une démocratie en évolution, où le Parlement, bousculé par la société civile, ose réécrire les normes du genre.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Entre autonomisation des victimes et défis probatoires</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà du symbole, <a href="https://www.cncdh.fr/publications/declaration-sur-la-definition-penale-du-viol-poser-le-principe-du-consentement-libre-d">l&rsquo;intégration du consentement</a> soulève des enjeux analytiques profonds. D&rsquo;abord, elle inverse la charge de la preuve : au lieu de démontrer une contrainte externe, la justice devra évaluer l&rsquo;absence de consentement interne, via témoignages, contextes relationnels et expertises psychologiques. Cela pourrait réduire drastiquement les classements sans suite, en alignant la loi sur la psychologie des violences : un « oui » sous emprise économique ou affective n&rsquo;est pas un consentement valide. Analysons l&rsquo;impact : dans un pays où seulement 10 % des viols aboutissent à une condamnation (données du ministère de la Justice, 2024), cette réforme pourrait doubler les taux de poursuites, en rendant les enquêtes plus sensibles aux récits subjectifs des victimes. Elle favorise aussi une éducation préventive, en imposant des modules scolaires sur le consentement réversible – un « oui » aujourd&rsquo;hui n&rsquo;engage pas demain.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pourtant, les défis probatoires guettent. Comment quantifier un non-consentement implicite ? Les sceptiques craignent une explosion des affaires grises, où les regrets post-acte pourraient être confondus avec du viol, surchargeant un système judiciaire déjà exsangue (120 000 affaires en attente en 2024). L&rsquo;analyse prospective révèle un équilibre délicat : la réforme doit s&rsquo;accompagner de protocoles clairs, comme l&rsquo;audiovidéo des auditions de plaignantes pour éviter les rétractations sous pression. Sur le plan sociétal, elle challenge les stéréotypes genrés, en reconnaissant que les hommes peuvent être victimes (20 % des cas, selon l&rsquo;ONDRP). En somme, cette mesure n&rsquo;est pas une panacée, mais un levier pour une justice restaurative, où l&#8217;empathie remplace le doute méthodique, potentiellement réduisant la revictimisation par un tiers des plaignants actuels.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Perspectives internationales : la France en rattrapage sélectif<br></h3>



<p class="wp-block-paragraph">La réforme française s&rsquo;inscrit dans un mouvement global, mais avec un retard calculé. La Suède, pionnière depuis 2018, définit le viol comme « tout acte sexuel sans consentement », ce qui a multiplié par trois les condamnations sans alourdir les tribunaux, grâce à une formation intensive des juges. L&rsquo;Espagne, avec sa loi de 2022 sur « seulement oui signifie oui », va plus loin en invalidant tout silence comme consentement, inspirant des baisses de 15 % des violences signalées. En comparaison, la France opte pour une version modérée, le consentement « manifesté sans équivoque », évitant les extrêmes mais risquant une application inégale. Ces modèles nord-européens montrent que l&rsquo;explicitation du consentement fait bondir non seulement les poursuites (hausse de 20 % en Suède), mais aussi la prévention, via des campagnes publiques qui déconstruisent le mythe du « viol par surprise ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Prospectivement, la France pourrait exporter cette expertise au sein de l&rsquo;UE, où une directive de 2024 harmonise les minima sur les violences de genre. Cependant, des leçons amères émergent : en Australie, une réforme similaire en 2021 a révélé des biais culturels persistants, avec des acquittements plus fréquents pour les accusés issus de milieux aisés. Pour la France, l&rsquo;enjeu est d&rsquo;anticiper ces pièges via des études d&rsquo;impact, en intégrant des données intersectionnelles (racisme, handicap) qui aggravent les inégalités victimaires. Cette ouverture internationale positionne la réforme non comme un isolement gaulois, mais comme un chaînon dans une chaîne transnationale, où la France, enfin, passe de suiveuse à contributrice active.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h3 class="wp-block-heading">Défis d&rsquo;implémentation et horizons sociétaux</h3>



<p class="wp-block-paragraph">À l&rsquo;horizon 2030, l&rsquo;impact de cette réforme pourrait redessiner le paysage judiciaire français. D&rsquo;ici deux ans, une vague de formations – budgétisée à 50 millions d&rsquo;euros – équipera 10 000 magistrats et enquêteurs, potentiellement augmentant les condamnations de 30 %, selon des projections du Haut Conseil à l&rsquo;égalité. Prospectivement, cela favoriserait une culture du consentement ancrée, avec des répercussions éducatives : imaginez des programmes nationaux dès le collège, réduisant les incidences de violences de 10-15 % sur une génération, comme observé en Islande post-réforme. D&rsquo;un point de vue sociétal, elle pourrait éroder les tabous, en encourageant les signalements précoces et en démasquant les dynamiques de pouvoir dans les relations intimes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les défis, toutefois, sont colossaux. Sans investissements massifs (recrutement de 2 000 juges spécialisés), le système risque l&rsquo;asphyxie, avec des délais d&rsquo;audience passant de 18 à 36 mois. L&rsquo;analyse prospective met en garde contre les résistances culturelles : une partie de la société, influencée par des discours rétrogrades, pourrait percevoir la réforme comme une « chasse aux sorcières ». Pour y parer, des campagnes médiatiques inclusives, associant hommes et femmes, seront cruciales. Au final, cette loi n&rsquo;est pas qu&rsquo;un texte : elle porte l&rsquo;espoir d&rsquo;une France où la justice protège l&rsquo;intime autant que le visible, pavant la voie à une égalité réelle. Si elle triomphe des obstacles, 2025 marquera l&rsquo;aube d&rsquo;une ère où le consentement n&rsquo;est plus un mot tabou, mais un pilier de la dignité humaine.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Illustration d&rsquo;en-tête : Saif71<br></em></p>



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		<title>Éditorial &#8211; 15/04/2025</title>
		<link>https://citizen4science.org/editorial-15-04-2025/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Fabienne Blum]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 15 Apr 2025 12:41:46 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[#MeeToo]]></category>
		<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Criminologie]]></category>
		<category><![CDATA[Editorial]]></category>
		<category><![CDATA[Expertise]]></category>
		<category><![CDATA[Science]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[Science face aux médias et à la justice : de l’ombre à la vérité sur le meurtre de Marie Trintignant]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h1 class="wp-block-heading">Science face aux médias et à la justice : de l’ombre à la vérité sur le meurtre de Marie Trintignant perpétré par Bertrand Cantat</h1>



<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">LL documentaire &lsquo;<em>De rockstar à tueur : le cas Cantat</em>&lsquo;, disponible sur Netflix, ravive le souvenir douloureux du meurtre de la comédienne Marie Trintignant en 2003 par l’ex-leader du groupe de rock français Noir Désir. Si le mouvement #MeToo a transformé notre compréhension des violences conjugales, c’est avant tout l’expertise médico-légale qui a permis de démonter la thèse de l’accident défendue par Betrand Cantat, révélant la brutalité et l&rsquo;horreur de ce féminicide. Mais au-delà de la science, le traitement médiatique et les décisions judiciaires ont complexifié, voire entravé, la quête de justice. À l’époque, l’autopsie de Marie Trintignant constitue un tournant. Dix-neuf coups, principalement au visage maintenu à terre par le genou comprimant au sol le cou de la victime, fractures nasales, œdème cérébral : les conclusions des médecins légistes, détaillées dans le documentaire, pulvérisent le récit de Cantat, qui évoque une dispute, des « <em>gifles</em> » et une chute accidentelle contre un radiateur, scénario inventée qu&rsquo;il a maintenu avec aplomb lors de la reconstitution. Ces preuves scientifiques, froides et irréfutables, établissent une violence extrême, incompatible avec un dérapage. Sans elles, la vérité aurait pu sombrer dans l’ambiguïté des témoignages ou la célébrité de l’accusé, mais aussi le traitement médiatique qui a substitué la vraie victime, au profit de celle plus vendeuse d&rsquo;un héros victime de ses pulsions. Le film montre ainsi comment l’expertise médico-légale, en posant des faits incontestables, a forcé la reconnaissance d’un meurtre, même face à une société encore réticente à nommer les féminicides. Les médias de l’époque ont souvent brouillé les pistes. Une partie de la presse, fascinée par le charisme de Cantat, a surfé sur la rhétorique du « <em>crime passionnel</em>« . On dépeignait un artiste torturé, victime de son amour dévorant, presque romantique dans sa tragédie. Marie Trintignant, elle, disparaissait derrière ce récit, réduite à un rôle secondaire dans une histoire centrée sur son bourreau. Ce cadrage, largement critiqué dans le documentaire, a non seulement minimisé la gravité des faits, mais aussi influencé l’opinion publique, préparant le terrain à une indulgence judiciaire problématique. Car la justice, elle aussi, a failli. Condamné à huit ans de prison alors qu&rsquo;il en risquait quinze, Bertrand Cantat n’en purge que quatre, libéré en 2007 par le juge des peines. En avril 2025, ce dernier, dans une rare prise de parole médiatique, a exprimé ses regrets, admettant que sa décision, influencée par le contexte et la pression publique, avait été une erreur. Le documentaire souligne l’ampleur de cette clémence : pour un crime d’une telle violence, une peine de quinze ans aurait été plus conforme à la gravité des faits. Cette libération prématurée a choqué, ravivant la douleur de la famille Trintignant et envoyant un message troublant sur la valeur accordée à la vie des femmes victimes de violences. Cette indulgence, conjuguée au traitement médiatique, a contribué à une forme d’effacement de la victime, laissant Cantat reprendre une carrière en toute indécence. Le mouvement  #MeToo a depuis permis de nommer ces dérives, de déconstruire les mythes du crime passionnel et d’exiger des comptes. Mais sans l’expertise médico-légale, la vérité aurait pu être engloutie par les récits romancés et les silences complices, comme l&rsquo;omerta fomentée par les membres du groupe Noir Désir dans laquelle a été happée l&rsquo;ex-femme de Cantat, elle-même victime de ses violences de longue date, qui finit par se suicider.  « <em>De rockstar à tueur ! le cas Cantat » </em> ne se contente pas de retracer un drame : il expose les rouages d’une affaire où la science a tenu tête aux biais culturels et médiatiques ainsi qu&rsquo;à l&rsquo;omerta. En 2025, il nous rappelle que la justice se doit de reposer sur des faits, et que l’expertise médico-légale peut s&rsquo;avérer un rempart contre l’oubli des victimes. Pour Marie Trintignant, elle a permis de nommer l’horreur.</p><div id="citiz-3894502126" class="citiz-contenu citiz-entity-placement"><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-9064228701299411" crossorigin="anonymous"></script><ins class="adsbygoogle" style="display:block;" data-ad-client="ca-pub-9064228701299411" 
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<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph"></p>



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<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph"></p>



<figure class="wp-block-image size-full"><a href="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2025/04/image-37.png"><img loading="lazy" decoding="async" width="343" height="394" src="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2025/04/image-37.png" alt="" class="wp-image-16607" srcset="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2025/04/image-37.png 343w, https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2025/04/image-37-261x300.png 261w" sizes="auto, (max-width: 343px) 100vw, 343px" /></a><figcaption class="wp-element-caption"><em>Une de Paris Match  n° 2828 7 Août 2023 </em></figcaption></figure>



<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Image d&rsquo;en-tête : Marie Trintignant &#8211; capture d&rsquo;image du documentaire Netflix<br></em><br></p>



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		<title>Bientôt au cinéma : « Le mélange des genres », un film de Michel Leclerc avec Benjamin Lavernhe, Léa Drucker, Judith Chemla</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Fabienne Blum]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 14 Apr 2025 10:50:09 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[#MeeToo]]></category>
		<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Critique cinématographique]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Sociologie]]></category>
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					<description><![CDATA[Le thème du MeToo en mode burlesque : c&#8217;est audacieux et c&#8217;est réussi grâce à un duo, et même un]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading">Le thème du MeToo en mode burlesque : c&rsquo;est audacieux et c&rsquo;est réussi grâce à un duo, et même un trio d&rsquo;acteurs au top ; vu en avant-première en présence du réalisateur, dès mercredi dans les salles</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Synopsis :  « <em>Simone, une flic aux idées conservatrices, est infiltrée dans un collectif féministe qu&rsquo;elle suspecte de complicité de meurtre. A leur contact, Simone s’ouvre progressivement à leurs idées. Mais lorsqu’elle est soupçonnée par le groupe d&rsquo;être une taupe, elle se sert du premier venu pour se couvrir : Paul, un homme doux, inoffensif et respectueux des femmes qui vit dans l’ombre de sa moitié, faisant de lui, malgré elle, un coupable innocent. Simone, catastrophée de ce qu’elle a fait, tente de réparer sa faute&#8230; Comment Paul va-t-il réagir ? »</em></p><div id="citiz-130171845" class="citiz-contenu citiz-entity-placement"><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-9064228701299411" crossorigin="anonymous"></script><ins class="adsbygoogle" style="display:block;" data-ad-client="ca-pub-9064228701299411" 
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<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="LE MÉLANGE DES GENRES | Bande-annonce" width="800" height="450" src="https://www.youtube.com/embed/5B57QXsBbe0?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
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<p class="wp-block-paragraph">Quelques mots sur Michel Leclerc, pas plus de 15 lignes</p>



<p class="wp-block-paragraph">Michel Leclerc, on le connait pour ses comédies sociales audacieuses et engagées. Il se distingue par sa capacité à mêler humour, satire et réflexion politique, explorant des thèmes comme l’identité, le féminisme ou les classes sociales. On a pu échanger hier avec lui suite à une projection en avant-première de son nouveau film, à  l&rsquo;affiche dès mercredi. Modeste et sympathique, il nous rappelle qu&rsquo;il vient du court-métrage et qu&rsquo;il se sentait au départ plus scénariste que réalisateur, mais que maintenant, alors qu&rsquo;il le redoutait,  il adore diriger les acteurs, toujours dans l&rsquo;échange et la co-construction permettant de belles surprises.  On se rappelle d&#8217;emblée <em>Le Nom des gens</em> (2010) avec Sara Forestier et Jacques Gamblin, qui remporta deux Césars (scénario, actrice). Il collabore souvent sa compagne Baya Kasmi pour des scénarios percutants au regard humaniste (<em>La lutte des classes</em>, 2019), ce nouveau film n&rsquo;y échappe pas  et c&rsquo;est tant mieux. Il confirme son goût pour les sujets brûlants. Dialogues vifs, scénario au scalpel qui nous emporte sans temps morts, personnages complexes qui savent éviter les caricatures. Le sujet est audacieux, mélangeant comme le titre du film à double sens l&rsquo;indique,  comédie, polar, tableau social dans le cadre de cette réflexion masculine sur le post-#MeToo. Le duo d&rsquo;acteur est parfait : Benjamin Lavernhe (primé à Avoriaz),  tout aussi comique que tendre et paumé, et Léa Drucker qui réussit cette performance d&rsquo;acteur pas toujours facile du double jeu que lui impose l&rsquo;histoire. On a beaucoup apprécié également Judith Chemla en cheffe de choc de mouvement militant féministe, entière, intransigeante et humaine. Elle est à fond sur son rôle, et bien sûr on y voit un écho à sa propre expérience relatée dans son livre &lsquo;<em>Notre silence nous a laissées seules</em>&lsquo; (2024), témoignage personnel de victime de violences conjugales. <br>Après la projection, où l&rsquo;on a beaucoup ri, Michel Leclerc répond avec gentillesse à nos questions. Sa disponibilité n&rsquo;est pas feinte, car quand l&rsquo;organisateur nous proposera de poser une dernière question, il répondre « <em>Non mais pas de souci, j&rsquo;ai tout l&rsquo;après-midi</em>« . <em>Le mélange des genres</em> : l&rsquo;héroïne, Simone, est une policière qui a fait sa place dans un monde masculin. Le héros, Paul, est presque un homme au foyer, désœuvré en tant que  comédien comme sa femme, qui contrairement à lui, a réussi. Michel Leclerc nous explique : « <em>Il vaut mieux partir d&rsquo;un cliché que d&rsquo;y arriver</em>« , comme réponse à ceux qui pourraient trouver que son film en contient trop.  À propos du sujet et la façon dont il a traité le sujet, il sait qu&rsquo;il est épineux, décrivant « un champ de mines » dans lequel il fait « de la dentelle » ; mais que c&rsquo;est de la fiction, et c&rsquo;est là « <em>le contrat avec le spectateur</em> » : « <em>on peut aller loin, ne pas être prudent, et même au contraire, on peut être imprudent</em>« . Sur le #metoo, il voit particulièrement une « pluralité de points de vue » selon la façon dont chacun l&rsquo;a traversé, mais que tout le monde est concerné. Michel Leclerc est tellement conscient qu&rsquo;il marche sur des œufs avec son film qu&rsquo;il y eu « <em>des séances de coaching</em> » avec les acteurs principaux pour le cas où des journalistes poseraient des questions  « <em>gênantes</em>« . Interrogé sur le choix des acteurs, Michel Leclerc révèle ne pas avoir écrit le scénario en pensant à des acteurs précis, et que c&rsquo;est sa démarche habituelle. Il pense que l&rsquo;on se limite si on le fait, et qu&rsquo; on peut être « <em>influencé</em> » dans l&rsquo;écriture.  Ainsi, le choix de Benjamin Lavernhe lui est venu avec le scénario bien bouclé, avec à l&rsquo;esprit sa « <em>grande capacité burlesque</em>« . Il loue également le « <em>jeu subtil</em> » de Léa Drucker naviguant avec un personnage à deux facettes.  Et pour la suite ? lui demande-t-on. Il avoue que <em>Le mélange des genres</em> l&rsquo;a « <em>épuisé</em> » en lien avec le traitement de la thématique sensible. Il nous livre qu&rsquo;il aimerait faire une comédie historique dans laquelle Cyrano de Bergerac rencontrerait Molière en 1650.  On a hâte.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<figure class="wp-block-image size-full"><a href="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2024/04/image-24.png"><img loading="lazy" decoding="async" width="280" height="64" src="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2024/04/image-24.png" alt="" class="wp-image-14577"/></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Le mélange des genres » de Michel Leclerc avec Léa Drucker, Benjamin Lavernhe, Judith Chemla, Julia Platon, Melha Bedia, Vincent Elbaz &#8211; durée 1h43 &#8211; sortie le </em>16 avril 2025</p>



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		<title>Sexisme à l&#8217;hôpital : une prise de conscience tardive à base de #MeToo grâce à la lanceuse d&#8217;alerte Karine Lacombe</title>
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		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 05 May 2024 11:48:12 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[#MeeToo]]></category>
		<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Allemagne]]></category>
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		<category><![CDATA[Santé]]></category>
		<category><![CDATA[Violence faite aux femmes]]></category>
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					<description><![CDATA[Une enquête de Paris-Match a permis de mettre publiquement un nom sur un médecin prédateur sexuel hospitalier, selon les révélations]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h3 class="wp-block-heading">Une enquête de Paris-Match a permis de mettre publiquement un nom sur un médecin prédateur sexuel hospitalier, selon les révélations de l&rsquo;enquête. Le retour de la professeure Lacombe, devenue médiatique pendant la crise sanitaire par ses alertes et sa défense de la parole scientifique</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Les langues se délient, dans le sillage du mouvement #MeeToo dans le monde du cinéma. Dans le cas présent, c&rsquo;est le monde hospitalier qui est visé, que connaît bien la femme médecin Karine Lacombe qui y a fait carrière. Cela fait quelques années, à savoir depuis sa médiatisation début 2020 lors de la pandémie de Covid-19, qu&rsquo;elle évoque le sexisme omniprésent dans son univers professionnel, mais aussi les réseaux sociaux où elle a été la cible de harcèlement et de menaces violentes imprégnées de remarques sexistes et misogynes. </p><div id="citiz-1874613003" class="citiz-contenu citiz-entity-placement"><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-9064228701299411" crossorigin="anonymous"></script><ins class="adsbygoogle" style="display:block;" data-ad-client="ca-pub-9064228701299411" 
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<h2 class="wp-block-heading">Une vraie lanceuse d&rsquo;alertes</h2>



<p class="wp-block-paragraph">À l&rsquo;origine des attaques ciblant l&rsquo;infectiologue, le fait que ce soit elle qui a lancé l&rsquo;alerte auprès du grand public, sur les plateaux TV de grandes chaînes, en prime time midi et soir, un jour de mars 2020. Interrogée par les journalistes, elle évoque les travaux douteux de l&rsquo;IHU Marseille-Méditerranée dirigé par Didier Raoult, aujourd&rsquo;hui à la retraite. Ce jour-là, elle dénonce l&rsquo;essai clinique menée hors des clous méthodologiques et éthiques sur l&rsquo;hydroxychloroquine initié et conduit par l&rsquo;IHU. L&rsquo;inclusion des patients a perduré malgré cela et l&rsquo;interpellation des parties prenantes et des autorités pendant près d&rsquo;un an, pour au final avoir  des milliers de patients séduits par l&rsquo;aura charismatique du professeur marseillais qui voulait, disait-il, les « soigner ». Mais sans leur avoir fait signer un consentement éclairé écrit comme la loi sur les études cliniques l&rsquo;exige, et surtout, en menant des recherches non valides scientifiquement, ne permettant pas de conclure à l&rsquo;efficacité ou non de l&rsquo;hydroxychloroquine. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Suite à ses premières interventions médiatiques clés, Karine Lacombe a été très sollicitée par les médias pour couvrir la crise sanitaire. Comme elle l&rsquo;expliquait alors, on lui a permis de prendre la parole, c&rsquo;était précieux, alors, cette parole, elle a décidé de la garder. Tout au long de la crise sanitaire, elle fera le point régulièrement sur les plateaux TV pour faire part, avec pédagogie, des avancées scientifiques face à un virus et une maladie inconnus et des connaissances qui progressent petit à petit.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au cours de ces dernières années très médiatiques, elle évoque régulièrement la cause des femmes de science. Elle évoque régulièrement, ce médecin qu&rsquo;elle a côtoyé de près à l&rsquo;hôpital Saint-Antoine, qu&rsquo;elle qualifie de prédateur sexuel. pour autant jamais elle ne le nomme, préférant ne pas pointer du doigt des personnes, mais des attitudes et un système délétère. On retiendra donc pour l&rsquo;histoire et les éventuels tribunaux dont elle est déjà menacée à ce titre, que Karine Lacombe n&rsquo;a jamais désigné la cible. Non. C&rsquo;est la journaliste de Paris-Match, qui dans le cadre de son enquête, aurait fait le rapprochement entre les descriptions accusatoires de Karine Lacombe et le sieur Patrick Pelloux. Soit, c&rsquo;est la journaliste qui s&rsquo;attribue la dénonciation.</p>



<h2 class="wp-block-heading">#MeeToo, son exploitation opportuniste</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le phénomène #MeeToo a du bon : quelqu&rsquo;un lance l&rsquo;alerte, victime personnelle d&rsquo;un abus ou non. S&rsquo;ensuit le courage de victimes pour confirmer, ou dénoncer à leur, courage qui leur avait manqué jusque-là mais que le lanceur d&rsquo;alerte a permis. Les victimes se mettent à révéler, forcément trop tardivement, mais c&rsquo;est tant mieux quand même. <br>Participe de ce processus également le #MeeToo de pseudo lanceurs d&rsquo;alerte, qui se bombardent en tant que tel rapidement dans le sillage des vrais, soit pour tenter de masquer leur participation à l&rsquo;omerta, soit pour récupérer un peu de lumière médiatique, tant qu&rsquo;à faire. Voire les deux. Sur un malentendu, et le temps faisant son affaire, ça peut passer. On l&rsquo;a largement vu avec le cas de Didier Raoult, avec des « surfeurs de vague » sur les réseaux sociaux se bombardant experts en recherche et éthique médicale en reprenant à leur compte l&rsquo;alerte de Karine Lacombe sans aucune compétence en ses matières très techniques. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour revenir au cas du harcèlement sexiste ou sexuel,  fort du succès de son article initial, Paris-Match remet une couche avec Anne Jouan qui a publié, toujours au format interview, l&rsquo;avis de la médecin Agnès Buzyn, également femme politique ancienne ministre de la santé.  Cette dernière confirme les propos et la position de Karine Lacombe sur le milieu médico-hospitalier. Elle en profite pour attaquer l&rsquo;Ordre des médecins, le considérant plus comme un syndicat que comme « une instance déontologique ». Elle assène : « l&rsquo;Ordre a trop souvent protégé les comportements violents, que ce soit chez les harceleurs ou chez les charlatans, en attaquant ceux qui les dénonçaient ».  La réaction ne s&rsquo;est pas fait attendre, sous forme d&rsquo;une publication sur le réseau social X (anciennement Twitter) de Jean-Marcel Mourgues, vice-président du Conseil national de l&rsquo;Ordre des médecins : « </p>



<p class="wp-block-paragraph">Curieusement Madame Agnès Buzyn, Ministre de la Santé,&nbsp;de mai 2017 à février 2020, ne s’épanchait alors auprès de l’Ordre des médecins des violences commises par les médecins…[&#8230;] Mme Buzyn était très taiseuse sur le sujet dans ses relations de Ministre de la Santé- Ordre des médecins. Porter une cause juste en accusant à présent l’Ordre des médecins laisse extrêmement perplexe….chacun aura son interprétation sur les raisons d’une telle attitude. »</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2024/05/image.png"><img loading="lazy" decoding="async" width="926" height="658" src="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2024/05/image.png" alt="" class="wp-image-14660" style="width:672px;height:auto" srcset="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2024/05/image.png 926w, https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2024/05/image-300x213.png 300w, https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2024/05/image-768x546.png 768w" sizes="auto, (max-width: 926px) 100vw, 926px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph">En effet, c&rsquo;est un peu facile de dénoncer le sexisme et l&rsquo;omerta tout en y ayant participé permettant aux méfaits de perdurer, qui plus est en étant une femme au cœur du pouvoir et des instances concernées en son temps.<br>D&rsquo;autres instances y compris des syndicats, sont dans le même cas, y allant tout à coup de déclarations et communiqués pour dénoncer&#8230; l&rsquo;omerta. Sans pour autant faire de mea culpa d&rsquo;y avoir participé. C&rsquo;est le jeu du #MeToo.<br> D&rsquo;ailleurs, Agnès Buzyn multiplie désormais les interventions, ici relatant son parcours de médecin hospitalier abandonné à cause de tout cela, tout qu&rsquo;elle n&rsquo;a pas dénoncé avant le top départ de Karine Lacombe, sa consœur courageuse.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-rich is-provider-twitter wp-block-embed-twitter"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="twitter-tweet" data-width="550" data-dnt="true"><p lang="fr" dir="ltr">Avant d’être ministre de la santé, Agnès Buzyn a eu une brillante carrière de médecin en hématologie à l&#39;hôpital public. Du fait de son poste à haute responsabilité, elle va subir des violences sexistes pendant 4 ans qui vont la pousser à quitter son métier de médecin…… <a href="https://t.co/UbvXC6yOQi">pic.twitter.com/UbvXC6yOQi</a></p>&mdash; M6 (@M6) <a href="https://twitter.com/M6/status/1780615178784059775?ref_src=twsrc%5Etfw">April 17, 2024</a></blockquote><script async src="https://platform.twitter.com/widgets.js" charset="utf-8"></script>
</div></figure>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h2 class="wp-block-heading">« Les Patrick Pelloux », bourreaux et victimes d&rsquo;un système ?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est toujours aller vite en besogne que d&rsquo;avoir ce type de raisonnement : les coupables ne sont que le fruit de ce qui les a tentés à passer à l&rsquo;acte, voire de ce dans quoi ils ont été élevés. Non bien sûr, le sexisme n&rsquo;est pas excusable au XXIe siècle. Mais force est de constater qu&rsquo;il règne une culture très ancrée de patriarcat à l&rsquo;hôpital Le poids séculaire d&rsquo;un état d&rsquo;esprit, pas facile de s&rsquo;en extirper. Dans le milieu médical, il y a en outre des rites, des intronisations, qui vont on le sait, jusqu&rsquo;à des fresques graveleuses dans les salles de garde, où l&rsquo;on montre des femmes sexuellement au service de la satisfaction des hommes. <br>Patrick Pelloux, lui, s&rsquo;est défendu en déclarant d&rsquo;une part qu&rsquo;être « grivois » à une époque, c&rsquo;était normal et que les temps ont changé, et d&rsquo;autre part qu&rsquo;il comptait porter plainte contre Karine Lacombe, qui comme on le sait a déjà réfuté toute accusation directe le nommant.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Poids de la hiérarchie, management absent</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Mais il y a un autre aspect, qu&rsquo;a évoqué l&rsquo;ex ministre de la santé Agnès Buzyn, médecin de qualification : à l&rsquo;hôpital, le corps médical n&rsquo;est pas formé au management. Et oui, comme dans beaucoup de métiers « techniques », on monte en grade et en hiérarchie automatiquement, indépendamment des capacités managériales. C&rsquo;est particulièrement le cas dans les métiers de la santé, et exacerbé chez les médecins. Oui mais « c&rsquo;est un bon chirurgien » fait valoir comme excuse courante Mme Buzyn pour illustrer le propos. Au poids du haut diplôme médical vite assimilé à pouvoir intouchable s&rsquo;ajoute celui de la hiérarchie écrasante et une domination masculine du métier. Sur ce dernier point, une clé parmi les solutions est nécessairement d&rsquo;aller vers plus de parité au sein du corps médical, pour faire respecter celui de la femme.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Frédéric Valletoux sur le coup</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le ministre délégué à la santé s&rsquo;est empressé de recevoir la lanceuse d&rsquo;alerte fin avril. Il posent ensemble sur une photo publiée sur le réseau X par Frédéric Valletoux qui commente : « Riches échanges avec le Pr Karine Lacombe avec qui nous partageons une même volonté d&rsquo;avancer sur la question des violences sexistes et sexuelles dans le domaine de la santé ». Le 29 avril, je réunirai les acteurs concernés pour avancer sur ces sujets ».</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Image d&rsquo;en-tête : dessin de presse VHAE pour Science infuse</em></p>



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		<item>
		<title>La condamnation pour viol d&#8217;Harvey Weinstein cassée par la Cour d&#8217;appel de New-York</title>
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		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 25 Apr 2024 14:21:09 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[#MeeToo]]></category>
		<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Droit]]></category>
		<category><![CDATA[États-Unis]]></category>
		<category><![CDATA[Justice]]></category>
		<category><![CDATA[Violence faite aux femmes]]></category>
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					<description><![CDATA[L&#8217;annulation de la décision du procès de 2020 a eu lieu en ce 25 avril, incriminant le juge qui selon]]></description>
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<h3 class="wp-block-heading">L&rsquo;annulation de la décision du procès de 2020 a eu lieu en ce 25 avril, incriminant le juge qui selon la haute juridiction, aurait pris des décision non appropriées visant l&rsquo;ancien producteur de cinéma</h3>



<p class="wp-block-paragraph">La condamnation d&rsquo;Harvey Weinstein a eu lieu dans le cadre d&rsquo;un phénomène #MeeToo d&rsquo;ampleur que connaît le cinéma depuis une dizaine d&rsquo;années, et touche des producteurs et acteurs stars des grands écrans. Magnat du cinéma, Harvey Weinstein, âgé de 72 ans, est emprisonné à New-York pour purger une peine de 23 ans en raison de crimes sexuels, dont des viols sur 3 femmes victimes.</p><div id="citiz-1438872410" class="citiz-contenu citiz-entity-placement"><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-9064228701299411" crossorigin="anonymous"></script><ins class="adsbygoogle" style="display:block;" data-ad-client="ca-pub-9064228701299411" 
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<h2 class="wp-block-heading">Procès non équitable</h2>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized"><a href="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2024/04/image-42.png"><img loading="lazy" decoding="async" width="435" height="346" src="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2024/04/image-42.png" alt="" class="wp-image-14646" style="width:491px;height:auto" srcset="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2024/04/image-42.png 435w, https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2024/04/image-42-300x239.png 300w" sizes="auto, (max-width: 435px) 100vw, 435px" /></a><figcaption class="wp-element-caption"><em>Copie d&rsquo;écran en-tête décision Cour d&rsquo;appel New-York 25/4/2024</em></figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;annulation de la Cour d&rsquo;appel, disponible par <a href="https://www.nycourts.gov/ctapps/Decisions/2024/Apr24/24opn24-Decision.pdf">jugement publié</a>,  est motivée par le fait que le juge en 2020 avait accepté de faire venir à la barre des femmes témoignant avoir été victimes d&rsquo;actes sexuels par le producteur qui ne faisaient par partie des plaignantes pour cette affaire de justice. Il a à ce titre était considéré comme fautif pour des erreurs procédurales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans son jugement la Cour d&rsquo;appel de New-York justifie : « <strong>«&nbsp;L’accusé a le droit de répondre uniquement du crime qui lui est reproché et, en conséquence, les allégations d&rsquo;actions fautives antérieures ne peuvent être admises à son encontre&nbsp;»</strong>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il en résulte selon la Cour, que le procès n&rsquo;a pas été équitable.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Pas de libération prévue</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Harvey Weinstein, multirécidiviste selon la justice, purge une peine indépendante de cette décision d&rsquo;annulation. C&rsquo;est pourquoi il ne sortira pas de prison. En effet, il a été condamné indépendamment à Los Angeles à un emprisonnement d&rsquo;une durée de 16 ans pour un viol dans un hôtel de Berverly Hills.<br>Les avocats du producteur déchu sont néanmoins réjouis,  considérant cette décision comme une victoire pour leur client. À l&rsquo;inverse, les activistes américains #MeeToo ont déjà fait part de leur déception, de même que l&rsquo;une des victimes dans le cadre de la condamnation annulée, l&rsquo;actrice Ashley Judd, comme le rapporte <a href="https://www.nytimes.com/live/2024/04/25/nyregion/harvey-weinstein-appeal">The New York Times qui propose un « Live »</a> sur la décision judiciaire inattendue ce jour.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><br>Un nouveau procès devra se tenir, qui risque de raviver encore les douleurs des victimes qui devront témoigner à nouveau et revivre des moments difficiles.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Image d&rsquo;en-tête : Harvey Weinstein en 2011 &#8211; Source Wikipédia</em></p>



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			</item>
		<item>
		<title>Au cinéma prochainement : « Pas de vagues » :  une réflexion contemporaine sur ce qui forge la perception et l&#8217;opinion</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Fabienne Blum]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 23 Mar 2024 09:08:14 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[#MeeToo]]></category>
		<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Critique cinématographique]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[Un film qui fait réfléchir sur les faits et la fabrique de l&#8217;opinion avec un François Civil très crédible dans]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading">Un film qui fait réfléchir sur les faits et la fabrique de l&rsquo;opinion avec un François Civil très crédible dans son rôle de professeur qui subit une descente aux enfers</h2>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est une avant-première ce soir 22 mars  à l&rsquo;UGC Ciné Cité la Défense, et la salle est comble. Il faut dire que l&rsquo;équipe du film est là pour une présentation de l&rsquo;œuvre dont la sortie nationale est la semaine prochaine,  dont le réalisateur Teddy Lussi-Modeste et l&rsquo;acteur vedette François Civil. C&rsquo;est toujours mieux que de visionner les pubs.  Cette équipe assure une double promotion dans l&rsquo;ouest parisien ce soir, puisque pendant la projection quasi simultanée au Pathé Levallois, elle y  migrera pour un debrief avec les spectateurs.</p><div id="citiz-1278563230" class="citiz-contenu citiz-entity-placement"><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-9064228701299411" crossorigin="anonymous"></script><ins class="adsbygoogle" style="display:block;" data-ad-client="ca-pub-9064228701299411" 
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<p class="wp-block-paragraph">Julien (François Civil) est un jeune professeur de Français au collège, et il a la vocation : il s&rsquo;implique à fond dans son job et plein d&#8217;empathie, veut créer du lien avec ses élèves pour les faire progresser.  Quelques élèves qui en ont besoin l&rsquo;amènent à les prendre sous son aile, dont Leslie, une élève timide.  Jaloux de ce traitement de faveur, certains camarades de classe vont se venger en propageant une rumeur appuyée par le grand frère de Leslie : Julien se voit accusé de mauvaises intentions à base de harcèlement sexuel. La mécanique implacable est lancée et c&rsquo;est l&rsquo;engrenage pour le prof comme pour l&rsquo;élève.  « Pas de vagues », parce que c&rsquo;est le mot d&rsquo;ordre de l&rsquo;établissement pour éviter l&#8217;embrasement.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="PAS DE VAGUES | Bande-annonce" width="800" height="450" src="https://www.youtube.com/embed/1GbzLksy7ZU?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Le sujet fait immédiatement penser à un vieux films des années 60, « Les risques du métier », avec Jacques Brel dans le rôle de l&rsquo;instituteur calomnié par des gamines de sa classe. Dans ce film d&rsquo;André Cayatte, une fillette lance des accusations, d&rsquo;autres suivent et il se voit finalement accusé de pédophilie, s&rsquo;attirant la colère des habitants du village où il exerce. L&rsquo;analogie peut continuer, avec le film et notre période actuelle sur la base du phénomène du #MeeToo : dans les deux films  et ce phénomène social, c&rsquo;est la spirale accusatoire infernale, avec la parole des accusatrices prises comme parle d&rsquo;évangile, non remises en question dans un premier temps. Le statut de victime fait directement pencher la balance dans l&rsquo;opinion avec une présomption de vérité qui sort forcément de la bouche de ceux qui se posent en victime. Le vieux film de Cayatte est tiré d&rsquo;un livre basé sur une histoire vraie. Ici, c&rsquo;est aussi le cas, étape livresque en moins : le réalisateur Teddy Lussi-Modeste a co-écrit le scénario sur la base de son histoire personnelle vécue en 2020 en tant que prof dans un collège de la région parisienne. <br>La faute de Julien est d&rsquo;avoir été trop zélé et d&rsquo;avoir voulu bien faire, s&rsquo;ensuit la descente aux enfers. C&rsquo;était sans compter sur la psychologie au sein des groupes, l&rsquo;influence des uns et des autres, la recherche de buzz pour certains. À ce titre, la classe représente une petite société, elle a sa cohérence, ses croyances, et puis des individualités, des fragiles, des forts, des leaders  et des victimes&#8230; ici on pense aussi bien sûr à Samuel Paty et Dominique Bernard.<br><br>Mais attention, le traitement du sujet n&rsquo;a rien de manichéen, et pas du tout ce qui a pu être reproché au film sur les réseaux sociaux avant même sa sortie : la mise en cause de la parole des victimes. Le film n&rsquo;est pas du tout moralisateur. Il nous amène à réfléchir sur la perception des événements, les points de vue personnels, le fait que la vérité n&rsquo;est pas immuable, que parfois, chacun a sa vérité. C&rsquo;est le cas de Leslie, qui ne cherche pas à mentir mais se retrouve perdue, influencée par le regard et l&rsquo;avis des autres. Dans un monde binaire, on dira que Leslie est une menteuse, mais en fait il n&rsquo;y a pas l&rsquo;intention du mensonge, il y a une perception erronée qui amène à des contre-vérités.  François Civil campe très bien le jeune professeur empathique et idéaliste, mais il n&rsquo;est pas parfait non plus et on nous le montre. Bref, un film dans la nuance, ce n&rsquo;est pas forcément ce qu&rsquo;il y a de plus vendeur, mais ça fait réfléchir. On lui souhaite un franc succès. </p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2024/03/image-12.png"><img loading="lazy" decoding="async" width="279" height="58" src="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2024/03/image-12.png" alt="" class="wp-image-14295" style="width:246px;height:auto"/></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Pas de vagues de Teddy Lussi-Modeste,  avec François Civil, Toscane Duquesne, Shaïn Boumedine, Mallory Wanecque &#8211; Durée : 1h31. Sortie : 27/03/2024</em></strong></p>



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		<title>Cinéma : « Pauvres créatures » :  excentricité et prétention sur une mer de désolation</title>
		<link>https://citizen4science.org/cinema-pauvres-creatures-excentricite-et-pretention-sur-une-mer-de-desolation/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Fabienne Blum]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 04 Feb 2024 15:26:40 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[#MeeToo]]></category>
		<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Critique cinématographique]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Fantastique]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[Un film long, froid et malsain qui se veut intellectuel de Yórgos Lánthimos. Un réalisateur certes original et que la]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h3 class="wp-block-heading">Un film long, froid et malsain qui se veut intellectuel de Yórgos Lánthimos. Un réalisateur certes original et que la critique encense pour un film de mauvais goût déjà primé que l&rsquo;on ne vous incitera pas aller voir.</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le réalisateur et dramaturge grec, frais cinquantenaire, a le vent en poupe. Multi-primé au festival de Cannes (<em>Canine</em> et <em>The Lobster</em> notamment),  il y a eu ensuite <em>La favorite</em> (2018), film historico-satirique dans l&rsquo;Angleterre du 18e siècle, déjà avec Emma Stone, très bien accueilli aussi. Pauvres créatures ne va pas dépareiller dans ce bain d&rsquo;acclamation unanime, puisque le film a déjà reçu le<em> Lion d&rsquo;Or</em> à la <em>Mostra</em> de Venise 2023 et deux distinctions aux <em>Golden Globes</em> 2024 (film et meilleure actrice pour Emma Stone dans la catégorie<em> Film musical ou comédie</em>.</p><div id="citiz-1286044442" class="citiz-contenu citiz-entity-placement"><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-9064228701299411" crossorigin="anonymous"></script><ins class="adsbygoogle" style="display:block;" data-ad-client="ca-pub-9064228701299411" 
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<p class="wp-block-paragraph">Avec ces succès, le réalisateur a droit pour ses films à des distributions prestigieuses. On n&rsquo;est pas en reste avec cette nouvelle production, mais cela n&rsquo;est hélas pas être suffisant pour  sauver le film.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Bella (Emma Stone) est une femme créée ou ramenée à la vie par un médecin farfelu ( Willem Dafoe) et promise au mariage avec l&rsquo;assistant du docteur (Ramy Youssef). Elle s&rsquo;enfuit avec un avocat (Mark Ruffalo) qui la séduit en lui promettant de découvrir le monde, et s&rsquo;ensuit un parcours initiatique de Bella à travers le monde.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="Pauvres Créatures - Première bande-annonce (VF) | Searchlight" width="800" height="450" src="https://www.youtube.com/embed/GmU79b1v2Gg?feature=oembed&#038;enablejsapi=1&#038;origin=https://citizen4science.org" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est une histoire du genre fantastique, un drame et un parcours initiatique. C&rsquo;est en partie un remake de Frankenstein : un savant fou, une créature humaine, une ambiance 19e siècle, &#8230; mais sans la finesse du modèle. On pourra y voir aussi des traces de L&rsquo;Île du Docteur Moreau, des ambiances visuelles déjantées type « La cité des enfants perdus » ou même « 20 000 lieues sous les mers ». </p>



<p class="wp-block-paragraph"> Il y a certes de la créativité dans les décors et ambiances, qui mélangent relents du passé, notes futuristes, et décors urbains (capitales Londres, Paris,&#8230;) très imagées. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a Emma Stone (oscarisée pour <em>La La Land</em>), dans une performance pour le moins inhabituelle, de ce personnage de Bella dont on a longtemps du mal à comprendre à partir de quoi ce monstre est créé, et dans quel but. Dans une coquille enfantine au début, sa découverte du monde va la faire évoluer. Elle est d&rsquo;abord froide et immature &#8211; comme le veut son personnage &#8211; et si au fil du temps elle évalue, elle ne convainc pas vraiment. L&rsquo;émotion ne passe tout simplement pas, même si la « performance » est d&rsquo;actrice est là.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le savant fou, Willem Dafoe, est lui aussi un monstre, d&rsquo;une nature apparemment différente car il affiche son vécu sur son visage lacéré de profondes cicatrices subies au nom de la science, qui tranche avec le visage lisse de Bella. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Et puis il y a Mark Ruffalo, l&rsquo;avocat séducteur et tentateur, libidineux, qui offre une prestation burlesque et drôle. C&rsquo;est lui ressort un peu du lot par son traitement généreux du rôle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pourtant, le résultat reste glacé et procure un malaise du fait de scènes glauques pleines de voyeurisme, parfois assez vulgaires. Elles n&rsquo;apportent rien à l&rsquo;histoire, la salissent tels des graffitis, elles font traîner l&rsquo;histoire en longueur. Il y a presqu&rsquo;une heure de trop au compteur de ce film. Après, certains diront que quand on n&rsquo;aime pas, on compte&#8230; ici le temps qui ne s&rsquo;écoule pas, on n&rsquo;est pas loin du supplice à force d&rsquo;attendre le dénouement libérateur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;Emma Stone est venue faire dans cette galère, elle qui sait être si expressive et chaleureuse ? Évidemment, elle connaît bien Yórgos Lánthimos, elle a déjà été son héroïne dans La favorite, et puis il lui a forcément demandé de ne pas l&rsquo;être, expressive et chaleureuse,  pour les besoins de son rôle, mais le résultat est franchement douloureux à regarder.  Le constat nous frappe du début à la fin : Emma n&rsquo;est pas touchante, comme le film. La sauce ne prend pas, on ne la voit jamais comme un enfant dans un corps d&rsquo;adulte (à ce titre, un modèle aurait été Valérie Lemercier à genoux dans la parodie de l&rsquo;École des fans par Les Nuls.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Enfin, il y a les messages, que beaucoup verront comme féministes, d&rsquo;émancipation de la femme, sujet traité de façon plus ou moins absconse mais qui semble vouloir véhiculer des messages forts de façon très prétentieuse. Le film se veut intello voire snob, il nous donne surtout un goût de kitch hypersaturé, écœurant.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Pauvres Créatures (titre original :</em>&lsquo;<em> </em>&lsquo;<em>Poor Things&rsquo;)&nbsp;<strong>de Yórgos Lánthimos avec Emma Stone, Willem Dafoe, Mark Ruffalo, Ramy Youssef, durée 2h21.</strong></em></p>



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		<title>Comment Edgar Allan Poe est devenu la coqueluche des calomniés et des incompris</title>
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		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 20 Jan 2023 13:35:32 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[#MeeToo]]></category>
		<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Edgar Poe]]></category>
		<category><![CDATA[Horreur]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Netflix]]></category>
		<category><![CDATA[Poésie]]></category>
		<category><![CDATA[Télévision]]></category>
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					<description><![CDATA[par Scott Peeples Professor of English, College of Charleston, Charleston, SC, États-Unis Edgar Allan Poe, qui aurait eu 214 ans]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><em>par <a href="https://english.cofc.edu/faculty-staff-listing/peeples-scott.php">Scott Peeples</a> Professor of English, College of Charleston, Charleston, SC, États-Unis</em></p><div id="citiz-3950086471" class="citiz-contenu citiz-entity-placement"><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-9064228701299411" crossorigin="anonymous"></script><ins class="adsbygoogle" style="display:block;" data-ad-client="ca-pub-9064228701299411" 
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<p class="wp-block-paragraph">Edgar Allan Poe, qui aurait eu 214 ans le 19 janvier 2023, reste l&rsquo;une des figures littéraires les plus reconnaissables et les plus populaires au monde.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Son visage, avec ses yeux enfoncés, son énorme front et ses cheveux noirs ébouriffés, orne des <a href="https://outofprint.com/products/edgar-allan-poe-ka-dots-gray-tote">sacs fourre-tout</a>, des <a href="https://www.blackcraftcult.com/products/poe-molded-ceramic-mug">tasses à café</a>, des <a href="https://www.etsy.com/market/edgar_allan_poe_shirt">T-shirts</a> et des <a href="https://www.bluelips.com/pd-edgar-allan-poe-lunchbox.cfm">boîtes à lunch</a>. Il apparaît sous la forme d&rsquo;un mème, arborant un col relevé et des lunettes d&rsquo;aviateur comme <a href="https://technical.ly/startups/who-is-edgar-allan-bro-twitter/">Edgar Allan Bro</a>, ou reprenant la « Bohemian Rhapsody » en marmonnant « Je suis juste un garçon Poe, personne ne m&rsquo;aime », tandis qu&rsquo;un corbeau sur son épaule ajoute « C&rsquo;est juste un garçon Poe d&rsquo;une famille Poe ».</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-rich is-provider-twitter wp-block-embed-twitter"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="twitter-tweet" data-width="550" data-dnt="true"><p lang="en" dir="ltr">I&#39;m just a Poe boy &amp; nobody loves me.<br>He&#39;s just a Poe boy from a Poe family. <a href="https://t.co/Ad6ciZ0X1I">pic.twitter.com/Ad6ciZ0X1I</a></p>&mdash; Miss Kitty (@Cerridwensheart) <a href="https://twitter.com/Cerridwensheart/status/1587087488253919234?ref_src=twsrc%5Etfw">October 31, 2022</a></blockquote><script async src="https://platform.twitter.com/widgets.js" charset="utf-8"></script>
</div></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Netflix a cherché à tirer parti de la popularité de l&rsquo;écrivain, en lançant récemment le film à suspense « <a href="https://www.imdb.com/title/tt14138650/">The Pale Blue Eye</a>« , qui présente Poe en tant que cadet de West Point, <a href="https://www.usace.army.mil/About/History/Historical-Vignettes/General-History/139-Poe-and-West-Point/">où il a passé moins d&rsquo;un an</a> avant d&rsquo;être traduit en cour martiale. Netflix propose également une mini-série inspirée de Poe, « <a href="https://www.netflix-news.com/articles/programmes/1565815-la-chute-de-la-maison-usher-le-tournage-de-la-prochaine-serie-du-createur-de-the-haunting-of-hill-house-est-termine-12-07-2022/">La chute de la maison Usher</a>« , dont la sortie est prévue en 2023.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais <a href="https://scholar.google.com/citations?user=mfHlxkMAAAAJ&amp;hl=en">en tant que spécialiste d&rsquo;Edgar Poe</a>, je me demande parfois si l&rsquo;attrait de Poe ne tient pas moins à la puissance et à la complexité de sa prose qu&rsquo;à une attirance pour l&rsquo;idée de Poe.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Après tout, les créations littéraires les plus célèbres de Poe ont tendance à être des méchants antipathiques. Il y a des psychopathes qui commettent des meurtres apparemment sans motif dans « <a href="https://www.gutenberg.org/files/2148/2148-h/2148-h.htm#chap2.7">The black cat</a> » et « <a href="https://www.gutenberg.org/files/2148/2148-h/2148-h.htm#chap2.20">The tell-tale heart</a> » {« Le cœur révélateur » en français, ndlr] ; des protagonistes qui maltraitent les femmes dans « <a href="https://poestories.com/read/ligeia">Ligeia</a> » et « <a href="https://www.gutenberg.org/files/2148/2148-h/2148-h.htm#chap2.8">La chute de la maison Usher</a> » ; et des personnages qui exercent une vengeance cruelle et fatale sur des victimes involontaires dans « <a href="https://xroads.virginia.edu/%7EHyper/POE/cask.html">The Cask of Amontillado</a> » et « <a href="http://xroads.virginia.edu/%7EHyper/POE/hop_frog.html">Hop-Frog</a>« .</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les personnages dégénérés dont Poe invite les lecteurs à habiter les perspectives ne s&rsquo;alignent pas exactement sur un moment culturel caractérisé par le mouvement #MeToo, les espaces sécurisés et les avertissements de déclenchement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En même temps, la conception de Poe en tant qu&rsquo;écrivain semble puiser dans une affection culturelle pour les outsiders, les non-conformistes et les outsiders qui finissent par prouver leur valeur.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une diffamation qui rate son coup</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;idée de Poe l&rsquo;outsider commence avec sa mort en 1849, qui est accueillie par un <a href="https://www.eapoe.org/papers/misc1827/nyt49100.htm">avis cruel dans la New York Tribune</a> : <em>« Cette annonce en surprendra plus d&rsquo;un, mais peu en seront affligés. »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;auteur de l&rsquo;avis de décès, qui s&rsquo;est avéré être <a href="https://www.eapoe.org/papers/misc1827/nyt49100.htm">Rufus W. Griswold</a>, ami de longue date et rival constant de Poe, a affirmé que le défunt avait « <em>peu ou pas d&rsquo;amis</em> » et a procédé à une diffamation généralisée à base d&rsquo;exagérations et de demi-vérités.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Aussi étrange que cela puisse paraître, Rufus Griswold était également <a href="https://poemuseum.org/rufus-wilmot-griswold-poes-literary-executor">l&rsquo;exécuteur littéraire de Poe</a>, et il a développé la nécrologie sous forme d&rsquo;essai biographique qui accompagnait les œuvres collectées de Poe. Si c&rsquo;était un stratagème marketing, il a fonctionné. Les amis dont Griswold prétendait que Poe était dépourvu prirent sa défense, et les journalistes passèrent des décennies à débattre de l&rsquo;identité réelle de l&rsquo;homme.</p>



<figure class="wp-block-image aligncenter size-full is-resized"><a href="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2023/01/image-80.png"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2023/01/image-80.png" alt="" class="wp-image-10045" width="709" height="395" srcset="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2023/01/image-80.png 630w, https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2023/01/image-80-300x167.png 300w" sizes="auto, (max-width: 709px) 100vw, 709px" /></a><figcaption><em>Rufus Wilmot Griswold (15 février 1815 &#8211; 27 août 1857) Cette gravure de Griswold a été publiée en 1855, quelques années avant son décès de la tuberculose.  Source : Wikipédia</em></figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">Du vivant de Poe, la plupart des lecteurs découvraient son œuvre par le biais de magazines, et il était rarement bien payé. Mais l&rsquo;édition de Griswold <a href="https://books.google.com/books?id=NyEumvZL1QMC&amp;printsec=frontcover&amp;hl=en#v=onepage&amp;q&amp;f=false">a connu 19 tirages au cours des 15 années qui ont suivi la mort de Poe</a>, et ses récits et poèmes n&rsquo;ont cessé d&rsquo;être réimprimés et traduits depuis lors.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le portrait diffamatoire de Griswold, ainsi que le sujet sinistre des histoires et des poèmes de Poe, influencent encore la façon dont les lecteurs le perçoivent. Mais il a également produit une réaction soutenue ou une contre-image de Poe en tant que héros tragique, artiste torturé et incompris qui était trop bon &#8211; ou, en tout cas, trop cool &#8211; pour son monde.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En traduisant les œuvres de Poe en français dans les années 1850 et 1860, le poète français Charles Baudelaire a <a href="https://books.google.com/books?id=NyEumvZL1QMC&amp;printsec=frontcover&amp;hl=en#v=onepage&amp;q&amp;f=false">promu son héros comme une sorte de visionnaire contre-culturel</a>, en décalage avec une Amérique moraliste et matérialiste. Le Poe de Baudelaire privilégiait la beauté à la vérité dans sa poésie et, dans ses romans, voyait à travers les piécettes d&rsquo;amélioration de soi qui étaient populaires à l&rsquo;époque pour révéler « <em>la méchanceté naturelle de l&rsquo;homme</em>« . Poe a touché une corde sensible chez les écrivains européens et, alors que sa stature internationale augmentait à la fin du XIXe siècle, les critiques littéraires américains <a href="https://books.google.com/books?id=NyEumvZL1QMC&amp;printsec=frontcover&amp;hl=en#v=onepage&amp;q&amp;f=false">se sont inquiétés</a> de son manque d&rsquo;appréciation « <em>à domicile</em>« .</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h2 class="wp-block-heading">L&rsquo;histoire de l&rsquo;outsider Poe prend son envol</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Au début du XXe siècle, le décor était planté pour qu&rsquo;Edgar Poe soit considéré comme un éternel outsider. Et Poe est souvent apparu sur scène à cette époque, comme le sujet de plusieurs mélodrames biographiques qui le dépeignaient comme une figure tragique dont le manque de succès était davantage dû à un environnement culturel et éditorial hostile qu&rsquo;à ses propres défaillances.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette image est apparue sur le grand écran dès 1909 dans le court métrage de D.W. Griffith « <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Edgar_Allen_Poe_(film)">Edgar Allen Poe</a>« . Alors que Virginia, la femme de Poe, se languit sur un lit de malade, le poète s&rsquo;aventure à vendre « Le Corbeau ». Après avoir essuyé refus et mépris, il parvient à vendre son manuscrit et rentre chez lui avec des provisions pour sa femme malade, mais découvre qu&rsquo;elle est morte.</p>



<figure class="wp-block-image alignright size-full is-resized"><a href="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2023/01/image-81.png"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2023/01/image-81.png" alt="" class="wp-image-10046" width="330" height="499" srcset="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2023/01/image-81.png 256w, https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2023/01/image-81-198x300.png 198w" sizes="auto, (max-width: 330px) 100vw, 330px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">Des films ultérieurs dépeignent également Edgar Poe comme étant incompris ou sous-apprécié de son vivant. Un biopic très inexact, « <a href="https://www.imdb.com/title/tt0034997/?ref_=nv_sr_srsg_0">The Loves of Edgar Allan Poe</a>« , sorti en 1942, se termine par une voix off qui déclare : « …<em>le public était loin de se douter que le manuscrit de « Le Corbeau », qu&rsquo;il avait tenté en vain de vendre pour 25 dollars, atteindrait des années plus tard le prix de 17 000 dollars auprès d&rsquo;un collectionneur</em>« .</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans la vraie vie, alors qu&rsquo;une première version de « Le Corbeau » a été refusée par un éditeur, Edgar Poe n&rsquo;a eu aucun mal à vendre le poème, <a href="https://muse-jhu-edu.eu1.proxy.openathens.net/pub/1/article/643024">qui a fait immédiatement sensation</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais ici, « Le Corbeau » devient un substitut de Poe lui-même, quelque chose de sombre et de mystérieux que, selon la légende, les gens de l&rsquo;époque d&rsquo;Edgar Poe n&rsquo;ont pas su apprécier.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Poe est un écrivain obscur et un détective amateur dans le film de 1951 « <a href="https://www.imdb.com/title/tt0043782/?ref_=nv_sr_srsg_0">The Man with a Cloak</a> » [« L&rsquo;homme au menteau noir » en français, ndlr], qui se termine par un tenancier de saloon laissant la pluie effacer l&rsquo;encre d&rsquo;une reconnaissance de dette qu&rsquo;Edgar Poe lui a donnée. Au verso du billet se trouve un manuscrit du poème « <a href="https://www.poetryfoundation.org/poems/44885/annabel-lee">Annabel Lee</a>« , alors que son porteur déclare : <em>« Ce nom ne vaudra jamais rien. Même pas dans un siècle. »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Bien sûr, le public qui regarde ce film presque exactement 100 ans après la mort de Poe en sait plus.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les plantes les plus intéressantes poussent à l&rsquo;ombre</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui nous amène à « The Pale Blue Eye », dans lequel Henry Melling joue le rôle du cadet Poe, un paria doté d&rsquo;une intelligence aiguë pour résoudre les crimes. Sous un jour nouveau rafraîchissant, ce jeune Edgar Poe n&rsquo;est pas un artiste torturé ou une figure hantée et sombre. Il est cependant malmené par ses pairs et sous-estimé par ses supérieurs ; encore une fois, c&rsquo;est un outsider que les téléspectateurs veulent soutenir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En ce sens, le Poe de « The Pale Blue Eye » correspond bien à son image contemporaine, qui imprègne également les premiers épisodes de « <a href="https://www.imdb.com/title/tt13443470/?ref_=nv_sr_srsg_0">Wednesday</a>« , la série dérivée de la Famille Addams de Netflix qui se déroule à la Nevermore Academy et qui regorge de références à Edgar Poe.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La directrice de la Nevermore Academy &#8211; une école pour marginaux semblable à Poudlard &#8211; se réfère à Edgar Poe comme à « <em>notre plus célèbre ancien élève</em>« , ce qui explique pourquoi la course de bateaux annuelle de l&rsquo;école est la Poe Cup et pourquoi une statue de Poe garde un passage secret.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La protagoniste délicieusement antisociale, Mercredi, jouée par Jenna Ortega, est une paria parmi les parias, la figure d&rsquo;Edgar Poe dans une école dont le nom évoque Edgar Poe. Dans une scène, un professeur compatissant l&rsquo;exhorte à ne pas perdre « <em>la capacité de ne pas laisser les autres vous définir. C&rsquo;est un don</em>« . Elle ajoute : « <em>Les plantes les plus intéressantes poussent à l&rsquo;ombre</em>. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lorsque John Lennon a chanté « <em>Man, you should have seen them kicking Edgar Allan Poe »</em> [« Mec, tu aurais dû les voir frapper Edgar Allan Poe », ndlr] dans « <a href="https://genius.com/The-beatles-i-am-the-walrus-lyrics">I am the Walrus</a>« , il n&rsquo;avait pas besoin de dire qui lui donnait des coups de pied ni pourquoi. Le fait est qu&rsquo;Edgar Poe méritait mieux ; les plantes les plus intéressantes poussent à l&rsquo;ombre, sans être aimées et mal aimées.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et c&rsquo;est exactement la raison pour laquelle tant de personnes,  les écrivains et les artistes en herbe, mais aussi tous ceux qui se sentent seuls et incompris, voient un peu d&rsquo;eux-mêmes dans l&rsquo;image fatiguée mais sage d&rsquo;Edgar Poe.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Image d&rsquo;en-tête </em>: illustration d&rsquo;Egar Poe par Nick Lehr</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Texte paru initialement en anglais dans </em><a href="https://theconversation.com/">The Conversation</a><em>, traduit par la Rédaction. La traduction étant protégée par les droits d&rsquo;auteur, ce article traduit n’est pas libre de droits.</em> <em>Nous autorisons la reproduction avec les crédits appropriés : « Citizen4Science/Science infuse » pour la version française avec un lien vers la présente page.</em></p>



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		<title>Pourquoi la présomption d&#8217;innocence continue-t-elle à faire débat ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 09 Jan 2023 19:24:22 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[#BalanceTonPorc]]></category>
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					<description><![CDATA[par Pauline Le Monnier de Gouville, Maître de conférences en droit privé à l&#8217;Université Paris Panthéon-Assas, Université Paris 2 Panthéon-Assas]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">par <strong><em><a href="https://www.u-paris2.fr/fr/universite/enseignants-chercheurs/mme-pauline-le-monnier-de-gouville">Pauline Le Monnier de Gouville</a></em></strong>, Maître de conférences en droit privé à l&rsquo;Université Paris Panthéon-Assas, Université Paris 2 Panthéon-Assas</p><div id="citiz-2091475564" class="citiz-contenu citiz-entity-placement"><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-9064228701299411" crossorigin="anonymous"></script><ins class="adsbygoogle" style="display:block;" data-ad-client="ca-pub-9064228701299411" 
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<h4 class="wp-block-heading">Préambule de la Rédaction :  cet article très complet aborde des thématiques récurrentes de la Rédaction en lien avec le temps médiatique, le temps de la justice, les comportements délictuels et le clanisme sur les réseaux sociaux, le besoin d&rsquo;éducation des journalistes, les tribunaux populaire ou encore le populisme juridique</h4>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis qu’ont éclaté, en 2017, les affaires Harvey Weinstein et <a href="https://www.lemonde.fr/societe/article/2022/05/11/metoo-balancetonporc-la-cour-de-cassation-rejette-definitivement-les-poursuites-de-pierre-joxe-et-eric-brion-contre-les-femmes-qui-les-accusaient-de-violences-sexuelles_6125671_3224.html">Éric Brion</a> (laquelle marque l’émergence du hashtag #BalanceTonPorc), de multiples révélations, individuelles, collectives, conduisent à mettre régulièrement en cause des hommes (parfois des femmes), personnalités publiques ou non, dont la culpabilité est présumée et nécessairement établie aux yeux du grand public.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À la libération de la parole, virale, spectaculaire, s’opposent alors la rigueur juridique des termes employés et le respect des principes fondamentaux de procédure pénale, au premier rang desquels figure celui de la présomption d’innocence.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si les débats relatifs à ce principe <a href="https://www.decitre.fr/livres/la-presomption-d-innocence-9782747206211.html">ne sont pas nouveaux</a>, la médiatisation des affaires et la caisse de résonance que représentent les réseaux sociaux sont assurément des facteurs de nature à accentuer les problématiques en jeu. Affaires PPDA, Bayou, Quatennens, Hulot, Norman et bien d’autres&nbsp;: au sein de l’espace public, on entrevoit les mutations et la moindre importance accordée aujourd’hui à ce principe ancien, dont la protection est parfois perçue comme un combat d’arrière-garde.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans la représentation collective, l’atteinte portée au principe juridique importe peu, puisque l’information est utile et la cause légitime. Il n’existe ainsi guère aujourd’hui de principe de procédure pénale autant contesté et délégitimé que celui de la présomption d’innocence.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’Académie des César vient d’ailleurs d’une certaine manière de privilégier la présomption de culpabilité en décidant, pour la prochaine cérémonie, <a href="https://www.academie-cinema.org/wp-content/uploads/2023/01/cp-cesar-230102-ouverture-du-vote-et-ceremonie-des-cesar-2023.pdf">«&nbsp;de ne pas mettre en lumière des personnes qui seraient mises en cause par la justice pour des faits de violence&nbsp;»</a>.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un principe de l’État de droit</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ce principe, que le professeur Jacques Pradel qualifiait de <a href="https://boutique.lexisnexis.fr/5231-melanges-en-l-honneur-du-professeur-jacques-henri-robert/">«&nbsp;colosse aux pieds d’argile&nbsp;»</a>, se trouve pourtant en apparence solidement établi, consacré par de multiples textes nationaux et internationaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Règle de forme qui permet de savoir sur qui pèse la charge de preuve, la présomption d’innocence est aussi une règle de fond, un droit subjectif visant à préserver la <a href="https://www.boutique-dalloz.fr/la-presomption-d-innocence-p.html">personne poursuivie des préjugés</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà de la personne mise en cause, le principe permet de maintenir la confiance du public dans l’intégrité de la justice. Or à cet égard, l’analyse doit dépasser le seul regard du juriste pour embrasser la société tout entière tant la présomption d’innocence est porteuse de valeurs essentielles. Elle correspond à un choix philosophique de notre société et à un objectif que se donne tout État de droit. La présomption d’innocence, donc, c’est un postulat.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le tournant majeur dans la protection de ce principe résulte de la <a href="https://www.vie-publique.fr/eclairage/37922-la-loi-sur-la-presomption-dinnocence-du-15-juin-2000">loi du 15&nbsp;juin 2000</a>, portée par la Ministre Élisabeth Guigou et qui consacre expressément ce principe au sein de l’article préliminaire du Code de procédure pénale.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Temps de la justice, temps des médias</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Vingt-trois ans plus tard, force est de reconnaître que le décalage entre l’objectif poursuivi de protection et la pratique est considérable, en raison du traitement de l’information relative aux affaires pénales (de la part des médias, sur les réseaux sociaux) et de la confusion d’individus présentés comme présumés coupables, peu important, au fond, la décision judiciaire ultérieurement rendue.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est souligner la confrontation, sinon l’opposition, entre les vérités – judiciaire, médiatique –, mais aussi entre le temps de l’information et celui des investigations. «&nbsp;Le temps de la justice n’est pas celui des médias&nbsp;», affirmait le magistrat <a href="https://esprit.presse.fr/article/truche-pierre/le-juge-et-la-presse-10763">Pierre Truche</a>&nbsp;: seul le premier est de nature à garantir la sérénité des débats, l’exercice des droits de la défense et la manifestation de la vérité. Jérémy Da Sylva, soupçonné à tort de vol a été lynché publiquement par plusieurs individus fin décembre 2022 en région PACA.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="Lynchage d&#039;un homme à l&#039;Escarène : mort à cause d&#039;un soupçon de vol de 45 euros et d&#039;une carte bleue" width="800" height="450" src="https://www.youtube.com/embed/eU6y2Q_ixTA?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" allowfullscreen></iframe>
</div><figcaption><em>Jérémy Da Sylva, soupçonné à tort de vol a été lynché publiquement par plusieurs individus fin décembre 2022 en région PACA.</em></figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">C’est aussi un rempart nécessaire contre le risque d’erreur. Dernièrement encore, l’actualité nous rappelle l’existence d’un tel risque&nbsp;; que l’on pense à l’erreur concernant Farid El Haïry, <a href="https://www.lemonde.fr/societe/article/2022/12/15/la-cour-de-revision-annule-la-condamnation-pour-viol-de-farid-el-hairy-qui-devient-le-douzieme-rehabilite-de-la-v-republique_6154496_3224.html">désormais réhabilité</a>, mais accusé et condamné à tort en 2003 pour agression sexuelle et viol aggravé sur le fondement des révélations faites par une jeune femme en 1998. Un rempart contre le <a href="https://www.vie-publique.fr/parole-dexpert/271819-un-hashtag-peut-il-faire-justice">«&nbsp;tribunal populaire&nbsp;»</a>, également, et le risque d’une «&nbsp;justice&nbsp;» expéditive par la foule. On garde en tête le lynchage qui conduira, à la fin de l’année 2022, <a href="https://www.francetvinfo.fr/alpes-maritimes/alpes-maritimes-apres-le-lynchage-a-mort-de-jeremy-da-silva-l-omerta-regne-a-escarene_5522994.html">au décès</a> d’un habitant de L’Escarène, Jérémy Da Sylva, soupçonné de vol par plusieurs individus.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le tournant #MeToo</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le second tournant procède du mouvement dit de libération de la parole, initié en 2017 à la suite de la prolifération des hashtags Metoo et Balancetonporc. Ce mouvement a traversé les frontières géographiques, professionnelles, sociales, au point qu’il est possible de l’analyser comme un <a href="https://www.cairn.info/revue-mouvements-2019-3-page-38.htm">véritable séisme sociétal</a>. Son originalité a été d’étendre la question des violences commises contre les femmes à tous les comportements sexistes subis au quotidien, mais aussi de revêtir plusieurs visages, ceux des femmes, puis des hommes, des homosexuels, des victimes d’inceste.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce cri d’alarme numérique, pour salutaire et nécessaire qu’il soit, représente un défi pour la société mais aussi pour les principes fondamentaux de procédure pénale. Le président de la République Emmanuel Macron s’est ainsi inquiété d’une «&nbsp;forme d’ordre moral autoproclamé&nbsp;» et de «&nbsp;l’esprit de lapidation&nbsp;» régnant sur les réseaux sociaux. Emmanuel Macron dénonce un «&nbsp;esprit de lapidation&nbsp;».</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="Vœux à la presse: Macron s&#039;en prend (encore) aux réseaux sociaux" width="800" height="450" src="https://www.youtube.com/embed/vWeDHxSPTHg?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" allowfullscreen></iframe>
</div><figcaption><em>Emmanuel Macron dénonce un «&nbsp;esprit de lapidation&nbsp;».</em></figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Ces phénomènes alertent aussi une partie de l’opinion publique, et notamment la <a href="https://blog.leclubdesjuristes.com/le-name-and-shame-bucher-des-temps-modernes/">communauté des juristes</a>, encore que la question divise même les professionnels du droit. Se multiplient des tribunes de praticiens du droit criant à la débâcle, quand d’autres regrettent une <a href="https://www.dalloz-actualite.fr/node/protection-de-l-etat-de-droit-pour-toutes#.Y7b9jOzMKko">instrumentalisation de la présomption d’innocence</a>, éclipsant les véritables enjeux, ceux de la <a href="https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/03/08/justice-aucune-accusation-n-est-jamais-la-preuve-de-rien-il-suffirait-sinon-d-assener-sa-seule-verite-pour-prouver-et-condamner_6032223_3232.html">liberté d’expression</a> et de la <a href="https://www.lemonde.fr/idees/article/2021/02/14/violences-sexuelles-le-tribunal-mediatique-a-fini-par-contaminer-l-ordre-judiciaire_6069906_3232.html">protection des droits des victimes</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’émotion particulière et la crispation que suscitent certaines affaires témoignent de la difficulté qu’il y a dans le prononcé des mots, qui peuvent porter atteinte à la présomption d’innocence. Face aux révélations publiques, l’une des réactions consiste alors, pour la personne visée, à agir sur le fondement de diffamation. À titre d’exemple, dans l’affaire mettant en cause l’ancien ministre Pierre Joxe, la femme à l’origine des accusations avait reproché à ce dernier, dans la foulée de ses révélations, de ne pas avoir eu le courage de <a href="https://www.lefigaro.fr/actualite-france/2017/11/07/01016-20171107ARTFIG00112-il-n-a-pas-le-courage-de-m-attaquer-en-justice-l-affaire-forniajoxe-s-envenime.php">l’attaquer en diffamation</a>, ce qu’il fera plus tard. Ne pas saisir la justice pourrait en effet être interprété comme un aveu de culpabilité de la part de la personne diffamée. Le revers, cependant, de ces évolutions consiste à remplacer le procès pénal portant sur la culpabilité de la personne mise en cause par le procès en diffamation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Comment, alors, concilier la nécessité d’entendre la parole de personnes qui dénoncent des faits tout en ne jetant pas au pilori hors cadre judiciaire la personne mise en cause&nbsp;?</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’importance du sentiment de justice</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pour répondre à ce défi, deux axes devraient être privilégiés. Le premier est lié au sentiment de justice, autrement dit à la confiance que la justice doit inspirer aux justiciables. François Molins, actuellement procureur général près la Cour de cassation, et un collectif de magistrats ont, par le <a href="https://www.lemonde.fr/idees/article/2019/11/25/les-enceintes-judiciaires-doivent-rester-les-lieux-de-la-justice_6020415_3232.html">biais d’une tribune</a>, rappelé qu’il existe une magistrature en action pour incarner une justice qui progresse et s’adapte pour mériter la confiance, et que l’enceinte judiciaire est le seul lieu de débat équitable où se joue la culpabilité ou l’innocence d’un homme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Outre les moyens matériels et humains et l’objectif de célérité de la procédure, la priorité est d’adapter nos structures et de former davantage les professionnels, d’accompagner les individus dans l’épreuve que représente le dépôt de plainte grâce, notamment, aux avocats et associations&nbsp;: rassurer et assurer aux personnes lésées que leur parole sera prise au sérieux tout au long de la chaîne pénale. Un tel objectif passe par la reconnaissance de leur état de victime, par l’identification, en droit, de la faute et la sanction de l’auteur des faits reprochés, par la réparation.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Éduquer au droit</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le second axe est celui de la communication et de l’éducation au droit. Communication de la part des acteurs judiciaires, d’abord, et des institutions, comme y exhorte notamment le rapport du groupe de travail présidé par Élisabeth Guigou et <a href="http://www.justice.gouv.fr/publications-10047/rapports-thematiques-10049/remise-du-rapport-sur-la-presomption-dinnocence-34131.html">relatif à la présomption d’innocence</a>. Pédagogie, transmission, diffusion du savoir sont autant d’enjeux qui doivent dépasser les bancs des facultés de droit. Accompagnement, également, de la part des procureurs de la République qui ont la possibilité, selon l’article 11 du Code de procédure pénale, de communiquer sur des affaires en cours sans que les critères soient <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000044568210">clairement définis</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Faut-il prévoir des échéances obligatoires de communication&nbsp;? Le texte emploie le verbe «&nbsp;pouvoir&nbsp;», pourquoi ne pas le remplacer par «&nbsp;devoir&nbsp;» afin d’imposer cette communication judiciaire&nbsp;? Le procureur de la République doit-il être le seul à pouvoir s’exprimer&nbsp;? En tant qu’autorité poursuivante, est-il le mieux placé pour communiquer&nbsp;? Les médias, en outre, supputent parfois, à tort, l’avancement des investigations. Le procureur peut-il, devrait-il, en ce cas, intervenir pour un rappel à l’ordre et préciser qu’il n’y a en l’état aucune charge&nbsp;? Le dispositif peut encore être précisé.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Sensibiliser les journalistes</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le défi de la communication concerne, ensuite, les journalistes et réside dans la qualité de l’information diffusée. Comment y remédier&nbsp;? En sensibilisant davantage la profession par le biais de formations qui leur permettent d’avoir une meilleure connaissance du fonctionnement de la justice, ce que préconisait déjà le <a href="https://www.vie-publique.fr/rapport/27180-rapport-du-groupe-de-travail-charge-de-tirer-les-enseignements-du-traite">rapport Viout</a> établi en février 2005 à la suite de l’affaire d’Outreau – <a href="https://enseignants.lumni.fr/fiche-media/00000001096/le-proces-d-outreau-scandale-judiciaire.html">plus grande erreur judiciaire</a> jamais connue en France et qui conduira à la privation de liberté de treize personnes sur la base de déclarations erronées.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est d’ailleurs à la suite de cette affaire que le législateur prévoira que la mise en détention provisoire d’un individu sur la base d’un trouble à l’ordre public ne peut résulter du <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000006575668/2023-01-03/">seul retentissement médiatique de l’affaire</a>. L’affaire d’Outreau, la Voix du Nord.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="Affaire d’Outreau, le rappel des faits" width="800" height="450" src="https://www.youtube.com/embed/U3FSiHBklx8?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" allowfullscreen></iframe>
</div><figcaption><em>L’affaire d’Outreau, la Voix du Nord.</em></figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Pourquoi ne pas revoir, également, le vocabulaire juridique, repris parfois par les journalistes&nbsp;? Les notions de «&nbsp;soupçon&nbsp;», d’«&nbsp;indices de culpabilité&nbsp;» ou de «&nbsp;mise en examen&nbsp;» prévues par le Code de procédure pénale au stade de l’enquête et de l’instruction portent déjà un coup à la présomption d’innocence en ce qu’elles traduisent l’idée d’une implication de l’auteur dans la réalisation de l’infraction. Ces termes sont autant de marqueurs de culpabilité qui heurtent, en eux-mêmes, la présomption d’innocence, laquelle prend les traits de la fiction.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On voit en outre se multiplier dans les médias la référence à la notion d’«&nbsp;auteur présumé&nbsp;», ce qui est, en réalité, une amputation de la bonne expression, celle d’«&nbsp;auteur présumé innocent&nbsp;» qui aurait dû résulter de la loi de 2000 – ou comment l’emploi des mots prend le contre-pied de l’objectif poursuivi. C’est d’ailleurs à un travail sémantique autour des notions juridiques qu’invite le rapport précité relatif à la présomption d’innocence. Cela étant, on a parfois de mauvaises surprises puisqu’il est arrivé que la Cour européenne des droits de l’homme elle-même emploie dans certains de ses arrêts <a href="https://hudoc.echr.coe.int/app/conversion/pdf/?library=ECHR&amp;id=001-77178&amp;filename=001-77178.pdf">l’expression «&nbsp;auteur présumé&nbsp;»</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En l’état, on sait les dérives liées à certaines émissions télévisées et que conforte l’essor du «&nbsp;tribunal médiatique&nbsp;», au point que les propos d’un célèbre animateur tenus dans le <a href="https://www.lemonde.fr/societe/article/2022/11/04/affaire-lola-ce-que-revele-l-enquete-judiciaire-sur-dahbia-benkired_6148557_3224.html">cadre de l’affaire Lola</a> – prenant la forme d’un plaidoyer pour une justice expéditive et une condamnation sans défense de la personne mise en cause – feront vivement réagir le garde des Sceaux Éric Dupond-Moretti, dénonçant les dérives de notre société et un retour au Moyen-Âge, <a href="https://www.dailymotion.com/video/x8estyp">au mépris de l’État de droit</a>.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Quelle régulation des réseaux sociaux&nbsp;?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Enfin, le défi de la communication soulève la question de l’usage – et de la régulation – des réseaux sociaux. Le champ est vaste et l’un des points de difficulté tient notamment à l’article 9-1 du code civil et <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000006419314/1993-07-23">aux situations qu’il recouvre</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cet article permet-il à un individu, par le biais d’une procédure en référé, de faire cesser l’atteinte à la présomption d’innocence dont elle se déclare victime sur Internet, plus particulièrement sur les réseaux sociaux&nbsp;?</p>



<p class="wp-block-paragraph">La réponse est négative puisque le texte ne protège que la personne faisant l’objet d’une procédure pénale en cours lors de l’atteinte à la présomption d’innocence. Si une personne est publiquement présentée comme coupable sans qu’une enquête ou instruction soit ouverte, les seules voies qui s’offrent à elle sont l’action en diffamation (sur le fondement de la loi du 29&nbsp;juillet 1981) ou l’action en réparation des atteintes à la vie privée (sur le fondement de l’article 9 du code civil).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Comme le relève le groupe de travail présidé par Mme É. Guigou, le demandeur, accusé publiquement d’être coupable, en viendrait presque à «&nbsp;espérer faire l’objet d’une enquête pénale pour que son action civile puisse échapper aux exigences procédurales rigoureuses de la loi de 1881&nbsp;» (p.&nbsp;66).</p>



<h2 class="wp-block-heading">La «&nbsp;balance des intérêts&nbsp;»</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Nos institutions sont en définitive à la recherche d’un équilibre et c’est une relation intelligente et de confiance qu’il convient de tisser entre les sphères médiatiques et judiciaire. Récemment, la Cour de cassation légitimait le mouvement de libération de la parole des femmes, en évaluant les intérêts en présence et permettant aux prévenues de diffamation (poursuivies dans le cadre des affaires Joxe et Balancetonporc) de bénéficier de la bonne foi pour justifier leurs propos. Selon elle, des propos dénonçant des «&nbsp;comportements à connotation sexuelle non consentis de certains hommes vis-à-vis des femmes de nature à porter atteinte à leur dignité&nbsp;» contribuent à un <a href="https://www.courdecassation.fr/decision/627b53624d359c057dd01cd5">«&nbsp;débat d’intérêt général&nbsp;»</a>. Aussi, dans la «&nbsp;balance des intérêts&nbsp;» en présence, cet intérêt général contribue à légitimer les propos tenus.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une condamnation pour diffamation serait de nature à dissuader les personnes de révéler les faits qui méritent d’être connus en vue de lutter contre les violences sexuelles et sexistes. Il s’agit en effet de tracer les contours de la liberté d’expression, non de poser des bâillons. Pour autant, dénonciation ne signifie pas délation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La présomption d’innocence, un défi pour l’État de droit&nbsp;? Formons le vœu que le chantier annoncé de réforme de la justice permette de consolider la réponse pénale, et notamment <a href="https://www.cairn.info/revue-esprit-2021-1-page-139.htm">“la justice de l&rsquo;intime”</a>, afin d’éviter que le premier des réflexes soit de <a href="https://www.lemonde.fr/idees/article/2019/10/22/marie-burguburu-balancer-des-porcs-sur-les-reseaux-sociaux-c-est-attenter-a-la-cause-des-femmes_6016400_3232.html">dénoncer médiatiquement</a>, comme le souligne Marie Burguburu («&nbsp;Présomption d’innocence et liberté d’expression&nbsp;: pas l’une sans l’autre&nbsp;!&nbsp;», JCP G 2022, 271, p.&nbsp;426), les faits que l’on reproche, au risque d’engendrer une «&nbsp;justice télé-réalité&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Cette article a été publié initialement dans <a href="https://theconversation.com/">The Conversation</a>.</em></p>



<h2 class="wp-block-heading">Pour aller plus loin</h2>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-citizen-4-science-actualites-information-mediation-scientifique wp-block-embed-citizen-4-science-actualites-information-mediation-scientifique"><div class="wp-block-embed__wrapper">
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<p class="wp-block-paragraph"> </p>



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