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	<title>Opinion Archives - Science infused site d&#039;actualités</title>
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	<description>Éditeur C4S, association loi 1901</description>
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	<title>Opinion Archives - Science infused site d&#039;actualités</title>
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		<title>Désinformation en santé : le Comité Citoyen Saison 4 privilégie la promotion positive et la médiation face à l&#8217;approche verticale et répressive du rapport institutionnel</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Fabienne Blum]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 03 Apr 2026 11:55:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Analyse]]></category>
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					<description><![CDATA[Le rapport remis fin février 2026 constitue un désaveu démocratique d&#8217;une bonne partie de la stratégie de centralisation punitive proposée]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h3 class="wp-block-heading">Le rapport remis fin février 2026 constitue un désaveu démocratique d&rsquo;une bonne partie de la stratégie de centralisation punitive proposée par le rapport sur la désinformation en santé commandé par l&rsquo;éphémère ministre de la Santé Yannick Neuder. </h3>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<h2 class="wp-block-heading">Rapport Désinformation en santé : une logique de guerre née d’un entre-soi institutionnel et de luttes de clans sur les réseaux sociaux</h2>



<p>Remis le 12 janvier 2026 à Stéphanie Rist, ministre de la Santé, par leurs auteurs Mathieu Molimard, Dominique Costagliola et Hervé Maisonneuve à la suite de pas moins de 156 entretiens auprès de 270 acteurs (agences sanitaires, médias, plateformes, associations et militants des controverses de la période Covid), ce texte est intitué : « Information en santé &#8211;  Bilan des forces et des faiblesses &#8211; Recommandations pour une stratégie nationale d’information et de lutte contre la désinformation en santé ».<br>Il avait été commandé par Yannick Neuder (les Républicains) pendant ses huit mois en 2025 à la tête du ministère de la Santé.</p><div id="citiz-1440182981" class="citiz-contenu citiz-entity-placement"><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-9064228701299411" crossorigin="anonymous"></script><ins class="adsbygoogle" style="display:block;" data-ad-client="ca-pub-9064228701299411" 
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<p>Ce rapport  structure sa stratégie autour de six piliers. Il place au centre la création d’un Observatoire national doté d’IA et d’infovigilance, un Info-Score Santé classant les sources d&rsquo;information de A à E, et <br>« l’inversion du risque » : sanctionner les désinformateurs, protéger les scientifiques, communiquer sur les peines appliquées pour dissuader. </p>



<p>La confiance en la science et la santé y apparaît dès lors avant tout comme le résultat d’un contrôle institutionnel renforcé, avec, comme il se doit dans notre culture politique, la création d&rsquo;une nième structure institutionnelle prête à s&#8217;empiler sur notre millefeuille administratif pléthorique.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L&rsquo;indépendance à géométrie variable</h2>



<p>Notons que si les auteurs du rapport Désinformation en santé clament leur indépendance, deux des trois étaient fonctionnaires du service public de santé au moment de la remise du rapport, et le troisième, M. Maisonneuve en est le conseiller à plus d&rsquo;un titre puisqu&rsquo;il est membre de l&rsquo;Office d&rsquo;intégrité scientifique de Assistance Publique des Hôpitaux de Paris (AP-HP), membre de la Conférence des Doyens des facultés de médecine et du Conseil national des Universités (CNU) et vient en outre d&rsquo;être nommé par Santé Publique France comme référent sur &#8230; la désinfomation en santé. CQFD.</p>



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<h2 class="wp-block-heading">Notre analyse prémonitoire de l&rsquo;approche du Comité Citoyen </h2>



<p>Nous l’avions déjà souligné dans notre article d&rsquo;analyse « <a href="https://citizen4science.org/desinformation-en-sante-un-rapport-sans-idees-nouvelles/">Désinformation en santé : un rapport sans idées nouvelles et une méthodologie qui interroge</a> » : la mission commandée par M. Neuder a abouti à un rapport qui s&rsquo;avère issu, malgré les chiffres impressionnants mis en avant quant au nombre d&rsquo;entretiens réalisés par les auteurs, de façon écrasante d&rsquo;une consultation effectuée dans l&rsquo;entre-soi d&rsquo;un double réseau institutionnel et militant de réseaux sociaux. Il reformule des recettes déjà connues sans renouveler le cadre relationnel et culture du problème, préférant le dirigisme et la centralisation assorti de mesures dissuasives et répressives.</p>



<p><a href="https://sante.gouv.fr/IMG/pdf/260218_rapport_comite_citoyen_saison_4-2.pdf">La réflexion du Comité citoyen</a> apporte un contraste saisissant. Entre décembre 2025 et février 2026, la Délégation au numérique en santé a réuni 26 citoyens tirés au sort par Harris Interactive, reflétant la diversité française. Ils ont travaillé durant trois week-ends pour répondre à une question précise : « Quel est le rôle des pouvoirs publics pour garantir l’accès à une information fiable en santé, favoriser une meilleure santé pour chacun et préserver la confiance dans le savoir scientifique ? »</p>



<p>Leur diagnostic est lucide : la désinformation prospère non par manque de sanctions, mais parce que l’information fiable reste distante, anonyme et parfois condescendante. Dès l’introduction, ils tranchent : <br>« Nous ne pensons plus que la priorité est de traquer toutes les fausses informations. Cette tâche est infinie. Nous pensons que l’enjeu principal est ailleurs : rendre l’information en santé fiable, claire et accessible, beaucoup plus visible. »</p>



<h2 class="wp-block-heading"><br>Promotion constructive, médiation et humanisation : le cœur du choix citoyen</h2>



<p>Le rapport privilégie une communication sur le temps long : contenus incarnés par des visages identifiés (professionnels de santé, experts accessibles), ton humain, non moralisateur, ludique et humoristique, avec gamification. Les réseaux sociaux sont investis avec les mêmes codes que les contenus viraux, mais au service de repères fiables. Un indice de fiabilité santé est soutenu, mais uniquement pour évaluer la méthode de production de façon pédagogique. Aucune création d’Observatoire national, aucune infovigilance automatisée, aucune communication sur les sanctions. La répression reste une réflexion marginale. L’éducation progressive dès l’école, la formation des soignants à la reconnaissance des incertitudes et la médiation de proximité complètent un dispositif qui mise sur la durée et la confiance construite.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les voix fiables : professionnels de santé au centre, influenceurs en relais secondaires seulement</h2>



<p>Le rapport citoyen affirme sans ambiguïté que les professionnels de santé coordonnés par les institutions constituent « les acteurs les plus légitimes en matière d’information en santé ». Ils doivent être placés au cœur de l’action. Les influenceurs ne sont mobilisés qu’en partenariat pour relayer des messages validés, jamais comme des sources primaires ou des voix d&rsquo;experts. Une distinction nette est maintenue entre pratiques conventionnelles et non conventionnelles.</p>



<p>Cette position du panel de citoyens met en lumière une limite méthodologique et structurelle du rapport de M. Molimard et collègues : la consultation s’est largement appuyée sur des acteurs non professionnels de santé (journalistes, militants,  fact-checkers, influenceurs), qui se sont positionnés opportunément lors de la crise sanitaire comme voix de la science et détenteurs d&rsquo;expertise en santé sans légitimité, concourant à brouiller les cartes dans l&rsquo;esprit du public.</p>



<p>Quant au renoncement à traquer les « fake news », le Comité Citoyen semble a voir compris qu&rsquo;il s&rsquo;agit surtout d&rsquo;un business au même titre que les disséminer en est un.  Sans la nommer, la loi de Brandolini  est à la rescousse pour choisir de clore ce volet visant à traquer le faux et publir leurs auteurs.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La non-médiation scientifique : le vide laissé aux cercles polarisés des réseaux sociaux</h2>



<p>Le rapport citoyen comble précisément le vide que nous analysons depuis plusieurs années et avons baptisé la « non-médiation scientifique ». Sur les réseaux sociaux, principale source d’information pour les 15-30 ans, les vrais experts médicaux ont souvent déserté l’espace. Celui-ci a été occupé par des cercles militants qui ont également nourri la consultation du rapport commandé par Yannick Neudeur de leurs vues polarisées et souvent non expertes en la matière : groupes baptisés « pro-science », fact-checkers autoproclamés ou désignés, surfeurs numériques de la vague Covid, qui parlent au nom de la science sans en maîtriser pleinement les bases,  les incertitudes ou la pratique quotidienne. Au lieu d’expliquer ce qui est connu, ce qui reste incertain et ce qui peut évoluer, ces voix opposent souvent vérité absolue et mensonge, autorité et conspiration, bons et méchants avec des actions aggressives dirigées sur des cibles humaines. <br>Le Comité Citoyen l&rsquo;a bien compris : « Reconnaître les incertitudes scientifiques, expliquer les choix, admettre les erreurs passées, parler avec pédagogie plutôt qu’avec autorité, renforce la crédibilité au lieu de l’affaiblir. », appellent-ils de leurs vœux.</p>



<p>Le Comité Citoyen propose donc une voie prospective : rendre les professionnels de santé visibles et formés à la médiation, investir le ludique et la proximité, construire des repères durables plutôt que poursuivre la logique de guerre en traquant des ennemis. Il refuse la centralisation punitive,  etreplace le citoyen au cœur du dialogue.</p>



<p>Le message démocratique est puissant : face à la défiance, la solution n’est pas plus d’observatoires ni plus de sanctions venues d’un entre-soi militant, mais plus d’humanité, plus de communication non vioente, plus d’honnêteté sur les incertitudes et plus de légitimité médicale réelle. </p>



<p>Les pouvoirs publics ont désormais le choix : écouter la voix pragmatique des citoyens ordinaires ou persister dans une guerre informationnelle qui, depuis les réseaux, n’a fait qu’aggraver la crise.</p>



<p>L’avenir de la confiance du public en la science et la santé se joue probablement sur ce terrain.</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p></p>



<p></p>



<p><br><br><br></p>



<p><em>Illustration d&rsquo;en-tête : Samuel Regan-Asante</em></p>



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		<title>« Cancer Backlash » ou opération Bashing ? Quand la contre-offensive au nom de la science devient tentative de bâillon d&#8217;opinion</title>
		<link>https://citizen4science.org/cancer-backlash-ou-operation-bashing-quand-la-contre-offensive-au-nom-de-la-science-devient-tentative-de-baillon-dopinion/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Fabienne Blum]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 06 Mar 2026 14:47:29 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
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					<description><![CDATA[Deux textes d’opinion publiés en février 2026, à savoir une chronique dans Le Monde et une tribune présentée comme «]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p></p>



<h3 class="wp-block-heading"><br>Deux textes d’opinion publiés en février 2026, à savoir une chronique dans Le Monde et une tribune présentée comme « droit de réponse » sur le blog Atlantico, mobilisent les mêmes données épidémiologiques pour défendre des thèses opposées sur les causes du cancer. Cet affrontement révèle comment la vérification des faits (factchecking) peut se transformer en outil de polarisation idéologique et finir par détruire sa propre crédibilité et la confiance en la science.</h3>



<p><a href="https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/02/22/la-rhetorique-du-cancer-backlash-presente-de-nombreuses-analogies-avec-le-climatoscepticisme_6667771_3232.html">La chronique du journal <em>Le Monde</em> </a>intitulée « La rhétorique du cancer backlash présente de nombreuses analogies avec le climatoscepticisme » datée du 22 février 2026 et la <a href="https://atlantico.fr/article/decryptage/la-fabrique-de-la-peur-contre-le-cancer-backlash-le-doute-scientifique-oublie-jacques-robert-jerome-barriere">tribune de contre-attaque sur le blog Atlantico</a> intituée « La fabrique de la peur contre le cancer backlash » le 24 février 2026 partagent les mêmes références de Santé publique France (2015) mais les encadrent dans des récits antagonistes. La première dénonce une rhétorique qui minimiserait les déterminants environnementaux au profit d’une focalisation sur tabac, alcool et hasard, d&rsquo;où « backlash » dans le sens risque de « retour de bâton » ; la seconde accuse cette alerte d’être une « fabrique de la peur » militante qui efface les ordres de grandeur établis. Cette symétrie rhétorique illustre un phénomène plus large : quand le militantisme s’empare du fact-checking, il le vide de sa substance méthodologique et le rend inopérant pour le débat public.</p><div id="citiz-156328396" class="citiz-contenu citiz-entity-placement"><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-9064228701299411" crossorigin="anonymous"></script><ins class="adsbygoogle" style="display:block;" data-ad-client="ca-pub-9064228701299411" 
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<p>Précisons-le en préambule : ici et comme souvent dans nos colonnes, nous nous intéressons plus aux contenus qu&rsquo;aux contenants, esprit critique oblige. Ainsi dans notre affaire, nous ne citerons même pas les auteurs, mais il est intéressant de noter qu&rsquo;ils ont en commun un fort militantisme : l&rsquo;auteur de la chronique est un journaliste professionnel engagé, qui a ses bêtes noires notamment les industries pharmaceutique et agro-chimique. Les auteur principal du texte de blog sont deux cancérologue dont l&rsquo;un militant sur les réseaux sociaux.</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<h2 class="wp-block-heading">Quand l&rsquo;attaque lourde se fait passer abusivement pour droit de réponse </h2>



<p>Le droit de réponse, prévu par l’article 13 de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse, est un mécanisme judridique, précis et limité. Il permet à toute personne nommée ou désignée dans un écrit périodique de faire insérer une rectification courte, factuelle et non abusive, visant à rétablir des faits précis qui portent atteinte à son honneur ou à sa considération. La réponse doit être proportionnée à la mise en cause, polie, non injurieuse et ne pas attaquer des tiers. Le directeur de publication est tenu de l&rsquo;insérer à la même place et en mêmes caractères que l’article initial, sous peine d’amende et de dommages-intérêts. </p>



<p>La tribune publiée sur le site Atlantico, présentée comme telle est très longue, soit environ 2000 mots contre la chronique d&rsquo;opinion, un format court soit ici 875 mots. Elle est structurée en introduction, rejet du terme « backlash », description de quatre « inversions accusatoires » numérotées et d&rsquo;une conclusion morale. Rien ici n’entre dans les cases du droit de réponse. . D&rsquo;ailleurs, elle se ne rectifie pas des imputations factuelles nominatives ; elle construit une contre-démonstration offensive qui accuse explicitement le chronique attaquée de « caricature militante », de « glissement vers les intentions », de « fabrique de la peur » et de « récit totalisant ». Nul ne pourra douter ici qu&rsquo;il s&rsquo;agit de jugement.  <em>Le Monde</em> a donc refusé son insertion, ce qui est parfaitement conforme au cadre légal et éditorial : un journal n’est pas tenu d’ouvrir ses colonnes à une tribune contradictoire déguisée en droit de réponse, et encore moins sur un sujet d’opinion.</p>



<p>En maintenant l’étiquette « droit de réponse » malgré ce refus éclairant, le texte de blog adopte une stratégie de victimisation, d&rsquo;ailleurs exprimée avec colère et indignation sur les réseaux sociaux, qui vise à délégitimer le refus et à forcer une visibilité médiatique alternative.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Mobilisation sélective des données : cherry-picking et cadrage biaisé</h2>



<p>Ce qui est intéressant notamment, c&rsquo;est que la chronique et le texte de blog citent les mêmes estimations de Santé publique France sur des données 2015 : 41 % des cancers attribuables à des facteurs modifiables connus (tabac environ 20 %, alcool  environ 8 %, expositions professionnelles environ 3,6 %, pollution de l’air extérieur environ 0,4 %), et 59 % non attribués.</p>



<p>La chronique met l’accent sur ces 59 % comme une marge substantielle potentiellement liée à des expositions chroniques à bas bruit (néonicotinoïdes, perturbateurs endocriniens, PFAS), pour lesquelles les cohortes longitudinales font défaut , la biosurveillance des néonicotinoïdes n’ayant commencé qu’en 2025. Elle rappelle aussi le déclin marqué du tabagisme (fumeurs quotidiens de 28,7 % en 2015 à 18,4 % en 2024) et de l’alcool pour contester l’idée que ces facteurs suffiraient à expliquer les tendances récentes. </p>



<p>La tribune, elle, martèle ces pourcentages pour réduire la part résiduelle à du vieillissement (plus de six cancers sur dix après 65 ans), du hasard et des susceptibilités individuelles. On remarque qu&rsquo;elle omet de préciser que les 59 % « non attribués » datent d’une méthodologie qui, par construction, excluait les expositions chroniques mal documentées à l’époque. Cette sélection sélective des mêmes données, à savoir pondération maximale sur les facteurs quantifiés d’un côté, minimisation des incertitudes de l’autre, constitue un « cherry-picking » classique : les chiffres sont vrais, mais leur usage sert un cadrage idéologique préexistant plutôt qu’une analyse équilibrée.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le faux dilemme renforcé et le sophisme de la relativisation</h2>



<p>Les deux écrits construisent un faux dilemme symétrique.</p>



<p>La chronique insinue que recentrer le discours sur tabac et alcool revient à « agiter ces deux fléaux pour faire oublier tout le reste » et à servir la démolition des normes environnementales.</p>



<p>La tribune réplique que toute mise en avant des expositions chroniques « efface les ordres de grandeur » et favorise une relativisation dangereuse des comportements individuels. Or aucun des deux ne propose d’abandonner la lutte contre le tabac ou l’alcool. Les études mentionnées implicitement (comportements globalement plus protecteurs chez les consommateurs de produits bio en France, Allemagne et Danemark) contredisent même l’idée d’un effet de substitution négatif. En posant un choix binaire – hiérarchie stricte ou dilution des priorités –, chaque partie disqualifie l’adversaire sans démontrer l’incompatibilité réelle des approches. Ce sophisme transforme un débat sur la proportionnalité des actions en confrontation morale : science rigoureuse contre alarme irraisonnée, ou alerte légitime contre déni déguisé.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’inversion accusatoire miroir et la disqualification mutuelle</h2>



<p>La tribune reproche à la chronique de déplacer le débat « du terrain des faits vers celui des intentions », d’assimiler le sujet au climatoscepticisme et d’employer des étiquettes disqualifiantes (« mensonge au nom de la science », « marchands de peur »).</p>



<p>Pourtant, elle procède exactement de la même façon : accusation de « caricature militante », de « récit totalisant », de « fabrique de la peur » et de « glissement moral ».</p>



<p>Cette inversion accusatoire symétrique annule la portée de la critique initiale. En effet, quand les deux camps se renvoient les mêmes procédés avec la même virulence, le lecteur n’a plus de critère fiable pour distinguer l’analyse méthodique de la posture idéologique. Le débat s’enlise dans une boucle de défiance réciproque qui érode la confiance envers toutes les sources.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le populisme rhétorique paternaliste : appel à la raison contre la peur</h2>



<p>La tribune adopte un ton populiste empreint de paternalisme : elle se présente comme la voix de la « rigueur sans bord politique », appelle à refuser « l’affolement » et oppose la « prévention efficace » fondée sur la quantification à une mobilisation basée sur la peur. Cette posture qui consiste à se revendiquer de la modération et du rationalisme contre les alarmistes est efficace sur le plan émotionnel mais fallacieuse sur le fond : elle disqualifie toute alerte sur des expositions mal quantifiées comme intrinsèquement irrationnelle, sans proposer de protocole concret pour combler les lacunes, comme par exemple l&rsquo;extension massive de cohortes et la biosurveillance accélérée. Cette rhétorique populiste, qui joue sur l’opposition raison/peur, sert à clore le débat plutôt qu’à l’ouvrir sur des priorités opérationnelles.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une contre-offensive en miroir décuplé qui renforce la chronique dénoncée</h2>



<p>Loin de réfuter la thèse de la chronique, la tribune d’Atlantico la valide par sa forme même. </p>



<p>Le journaliste décrit le « cancer backlash » comme un discours qui, sous l’apparat de la science prudente, mélange omissions, sophismes et inversions accusatoires pour disqualifier les alertes environnementales et servir des intérêts anti-régulation. Or, l&rsquo;attaque en retour sur le blog accumule précisément ces mécanismes : cherry-picking sélectif, inversion miroir des accusations, disqualification morale symétrique, faux dilemme renforcé, et cadrage biaisé qui minimise les incertitudes chroniques pour justifier le statu quo. En voulant opposer la « rigueur » autoattribuée à la « peur », elle décuple les procédés qu’elle dénonce et fournit un exemple vivant de ce schéma. Ironiquement, cette contre-offensive renforce le diagnostic initial plutôt que de le contredire : elle montre comment un discours qui se veut rationnel peut, par sa propre rhétorique, confirmer les analogies avec le climatoscepticisme et les stratégies de dépolitisation de la pathologie.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Tentative de sortie de bulle numérique :  un effet de loupe sur les biais polarisés</h2>



<p>Ce pouvait rester une passe d’armes confinée à X (ex Twitter, où les biais se renforcent mutuellement par like et retweet) devient, une fois transposé en tribune, une démonstration grossissante des travers de ces bulles polarisées : écho-chambre qui amplifie les sophismes, double standard sur la « rigueur », disqualification systématique de l’autre camp, et illusion que répéter la même grille de lecture hors de la bulle étanche formés par les militants sur les réseaux sociaux, va lui donner force et crédibilité.  Au contraire, le passage au format « article » agit comme une loupe : les excès rhétoriques, les omissions sélectives et le populisme raison/peur deviennent flagrants, et finissent par renforcer la thèse initiale de la chronique du Monde plutôt que de la démonter. C’est un cas d’école : quand des militants de réseaux sociaux tentent de « sortir » leur bulle en forçant une tribune, ils ne gagnent pas en légitimité ; ils exposent simplement, en haute définition, les biais et les fermetures qui la caractérisent déjà sur leur microcosme protégé sur le réseau social.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le bashing comme tentative de bâillon</h2>



<p>La chronique du Monde, en nommant un phénomène « cancer backlash » sans pour autant désigner nommément ses promoteurs, a provoqué, sur la base de l&rsquo;attaque déguisée en droit de réponse, une réaction en chaîne qui s’apparente davantage à un bashing massif qu’à une réfutation argumentée. Ce qui devait être une critique d’un discours récurrent dans certains cercles s’est par la suite transformé, via l&rsquo;activation de la bulle militante sur X, en campagne coordonnée de disqualification personnelle visant le chroniqueur : accusations répétées de militantisme, de mensonge, de peur irrationnelle, de pseudo-science. La tentative répétée et indignée d’obtenir un « droit de réponse » n’est pas ici un exercice de rétablissement des faits ; c’est une volonté affichée d’avoir le dernier mot, de baillonner l’opinion divergente en écrasant sa visibilité et en la renvoyant systématiquement à du militantisme illégitime. Cette dynamique constitue une atteinte paradoxale à la liberté d’expression : on invoque la censure quand on est refusé, mais on pratique l’écrasement numérique quand on est coordonné dans sa bulle cognitive ; une opération de destruction de l’adversaire plutôt que de ses arguments, comme un aveu d&rsquo;une défaite sur le plan des idées et des faits.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le fact-checking militant tue le fact-checking</h2>



<p>La chronique du Monde et la tribune l&rsquo;attaquant montrent comment des données épidémiologiques solides peuvent être sélectionnées, pondérées et cadrées pour servir des récits antagonistes, chacun accusant l’autre des mêmes biais rhétoriques. Le résultat est une polarisation accrue, une érosion généralisée de la confiance envers les sources scientifiques et médiatiques, et un report indéfini des enjeux concrets : ici, production transparente de données longitudinales sur les expositions chroniques, hiérarchisation explicite et proportionnée des facteurs modifiables, politiques de prévention équilibrées. Appeler rigueur scientifique un bouclier rhétorique à base de contre-feu massif au service d’un camp ou d’un autre est  compréhension collective des causes du cancer continuera d’être sacrifiée à des postures militantes plutôt qu’éclairée par la science.</p>



<p><em>Image d&rsquo;en-tête : en-tête chronique en ligne Le Monde</em> (capture d&rsquo;écran)</p>



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		<title>Vaccin à ARNm contre le mélanome : une avancée médicale prometteuse, vite instrumentalisée sur les réseaux sociaux</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Fabienne Blum]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 25 Jan 2026 11:32:46 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Analyse]]></category>
		<category><![CDATA[cancérologie]]></category>
		<category><![CDATA[Désinformation]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[Médiation scientifique]]></category>
		<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Pensée critique]]></category>
		<category><![CDATA[Recherche]]></category>
		<category><![CDATA[Recherche clinique]]></category>
		<category><![CDATA[Réseaux sociaux]]></category>
		<category><![CDATA[Santé]]></category>
		<category><![CDATA[Sciences de l'information et de la communication]]></category>
		<category><![CDATA[Vaccins]]></category>
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					<description><![CDATA[Selon le communiqué de presse de ses promoteurs, les résultats actualisés à cinq ans de l’étude clinique KEYNOTE-942 confirment un]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h3 class="wp-block-heading">Selon le communiqué de presse de ses promoteurs, les résultats actualisés à cinq ans de l’étude clinique KEYNOTE-942 confirment un bénéfice durable et prometteur en immunothérapie. Mais ils suscitent déjà une polarisation extrême sur les réseaux sociaux, où certains militants instrumentalisent ces données précoces pour se promouvoir</h3>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<h2 class="wp-block-heading">Principes et mécanismes scientifiques de l&rsquo;mmunothérapie personnalisée à base d&rsquo;ARN messager</h2>



<p>La technologie ARNm permet à l&rsquo;organisme de produire des protéines thérapeutiques sans introduire de virus ou de cellules cancéreuses. Dans le cas du mélanome, ce vaccin thérapeutique dont le principe actif est l&rsquo;intismeran autogene, nom de code RNA-4157/V940) est conçu sur mesure pour chaque patient. On commence par séquencer l’ADN de la tumeur réséquée pour identifier une vingtaine de mutations spécifiques, appelées néoantigènes, qui ne sont présents que dans les cellules cancéreuses. Ces néoantigènes sont ensuite encodés dans des molécules d’ARNm synthétique, elles-mêmes encapsulées dans des nanoparticules lipidiques pour une délivrance efficace du médicament dans l&rsquo;organisme du patient.</p><div id="citiz-4206697183" class="citiz-contenu citiz-entity-placement"><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-9064228701299411" crossorigin="anonymous"></script><ins class="adsbygoogle" style="display:block;" data-ad-client="ca-pub-9064228701299411" 
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<p>Une fois injecté, l’ARNm est traduit par les cellules dendritiques du système immunitaire, qui présentent ces néoantigènes aux lymphocytes T. Cela déclenche une réponse immune ciblée : les lymphocytes T CD8+ deviennent cytotoxiques contre les cellules tumorales porteuses de ces marqueurs, tandis que des lymphocytes T mémoire se forment pour une protection à long terme. Associé au pembrolizumab (nom de marque : Keytruda), un médicament anticancéreux inhibiteur PD1 du point de contrôle qui empêche les tumeurs de freiner l’immunité, l’effet thérapeutique est amplifié. </p>



<p>Des études précliniques ont montré une activation robuste et spécifique, avec une mémoire immunitaire durable, évitant les toxicités systémiques des chimiothérapies classiques. L’intérêt scientifique est majeur : cette plateforme personnalisée pourrait s’adapter à d’autres cancers solides (poumon, côlon, pancréas), en passant d’une médecine standardisée à la précision génomique individualisée.</p>



<p></p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<h2 class="wp-block-heading">Résultats concrets de l’essai KEYNOTE-942 et perspectives futures</h2>



<p>L’étude clinique KEYNOTE-942 de Moderna et Merck est un essai randomisé de phase 2b, c&rsquo;est-à-dire une phase précoce d&rsquo;administration du vaccin expérimental aux patients. iL inclut 157 patients atteints de mélanome de stade III/IV à haut risque après résection complète (chirurgie). Les participants reçoivent soit l&rsquo;association expérimentale  (vaccin + Keytruda, neuf doses sur un an) soit Keytruda seul à titre de médicament comparateur. Les données à cinq ans, annoncées le 20 janvier 2026 par les promoteurs (Moderna et Merck), montrent une réduction soutenue de 49 % du risque de récidive ou de décès (HR = 0,510 ; IC 95 % : 0,294–0,887 ; p nominal = 0,0075), cohérente avec les analyses à trois ans. Le bénéfice ne s’atténue pas, indiquant une immunité persistante. Le profil de sécurité est gérable : fatigue, douleurs locales et frissons dominent, avec des événements graves comparables entre groupes.</p>



<p>Ce profil homogène ne disqualifie pas le travail produit, mais il en oriente fortement la perspective. Le rapport adopte une lecture du problème largement façonnée par les logiques propres aux réseaux sociaux : affrontements discursifs, personnalisation des controverses, construction de camps antagonistes, polarisation et escalade quel que soit le camp. D’autres approches, pourtant essentielles pour comprendre la défiance telles que sociologie des institutions, relation de soin, médiation de terrain, sciences de l’éducation et de la communication restent marginales.</p>



<p>Ces résultats, révélés au grand public par le <a href="https://www.washingtonpost.com/health/2026/01/20/cancer-drug-mrna-melanoma/">Washington Post</a> , concernent un traitement adjuvant post-chirurgical, et non un traitement du mélanomes métastatique inopérable. Pour confirmer et déterminersi le vaccin expérimental est efficace est sûr, un essai de phase 3 (INTerpath-001), plus large tentera de confirmer les résultats de la phase précoce chez des milliers de patients, avec résultats attendus en 2026. Si ces résultats sont positifs, ils pourraient ouvrir la voie à une autorisation de mise sur le marché qui alors, marquant un tournant en oncologie personnalisée.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><br>L’instrumentalisation rapide de la science sur les réseaux sociaux</h2>



<p>Sur X (ex-Twitter), l’article de vulgarisation a été immédiatement diffusé par des militants autodéclarés « pro-science », déclenchant un clivage immédiat habituel. Le clan en question a relancé des fils éducatifs anciens pour célébrer ces résultats comme une validation définitive de la technologie, opposant explicitement leur camp victorieux aux dangereux clan « antivax ». Les données cliniques préliminaires fournies par les laboratoires pharmaceutiques ont été transformés argument idéologique opposable à  toute critique. À l’opposé, des voix sceptiques dénoncent une « campagne de presse sous influence des firmes », minimisent également les résultats comme étant non significatifs (en invoquant une p-value bilatérale supposée >0,05 ou un essai sous-puissant) ou les relient à des théories non étayées comme les « turbo-cancers ».</p>



<h2 class="wp-block-heading">Contradictions et instrumentalisation politique</h2>



<p>Cette binarité révèle des incohérences flagrantes.</p>



<p>Les militants autoproclamés « pro-science » exigeaient pendant la pandémie des publications scientifiques revues par les pairs et dénonçaient toute extrapolation hâtive. Aujourd&rsquo;hui, ils s’appuient sur un simple communiqué de presse des laboratoires promoteurs pour clamer une  » victoire » contre les « anti-vax ». <br>Pourtant, toute diffusion d&rsquo;un communiqué de presse était il y a peu qualifiée d&rsquo;anti-science, à coup du slogan-hashtag « Show me the data » signifiant l&rsquo;absence de toute valeur d&rsquo;une communication émanant directement des laboratoires sans publication scientifique. On voit ainsi que ce saint principe est à géométrie variable en fonction du contenu des annonces &#8230;</p>



<p>Le camp d&rsquo;en face, lui, recycle des arguments non fondés pour discréditer l’ensemble de la technologie ARNm. </p>



<p>Cette instrumentalisation politique, ici la transformation de données précoces de phase 2b sans données publiées en arme idéologique, pose un problème éthique sérieux : elle érode la confiance publique en la science, particulièrement fragilisée depuis le Covid-19. </p>



<p>À un moment où la prudence est essentielle (données non encore publiées en revue à comité de lecture, phase 3 en attente, accès limité par le coût de la personnalisation), surestimer ou dénigrer prématurément risque de polariser davantage et de freiner une adoption raisonnée. C&rsquo;est l&rsquo;une des leçons de la crise sanitaire.</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<h2 class="wp-block-heading">Prioriser la rigueur et l&rsquo;esprit critique face aux camps de tous bords instrumentalisant la science </h2>



<p>Le médicament expérimental intismeran autogene incarne un espoir concret et scientifiquement solide : une réduction durable du risque de récidive grâce à une immunothérapie ciblée et personnalisée. </p>



<p>Ces progrès méritent enthousiasme mesuré et vulgarisation honnête, sans instrumentalisation. </p>



<p>Ce sont finalement les promoteurs eux-mêmes qui appellent comme il se doit à la prudence, comme l&rsquo;indique leur <a href="https://www.merck.com/news/moderna-merck-announce-5-year-data-for-intismeran-autogene-in-combination-with-keytruda-pembrolizumab-demonstrated-sustained-improvement-in-the-primary-endpoint-of-recurrence-free-survival-i">communiqué de presse</a> :   les résultats sont « soutenus » selon leurs dires,  mais tout à fait préliminaires, non extrapolables.</p>



<p>La vigilance s&rsquo;impose: la science avance par accumulation de preuves solides, et le parcours est parfaitement borné et long pour le développement clinique des médicaments, sous Le signe du labeur, de la rigueur et de l&rsquo;expertise. Les invectives peu rigoureuses et non cohérentes de camps binaires politisés drapés de science non maîtrisée ne servent assurément ni son image ni sa compréhension par le grand public. Une leçon malheureusement non tirée de l&rsquo;expérience Covid-19. On ne s&rsquo;en étonnera pas, les mêmes surfeurs de vague foubis des mêmes armes restent à l&rsquo;œuvre sur les réseaux sociaux.</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p><br><em>Illustration d&rsquo;en-tête : Thirdman</em></p>



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		<title>Désinformation en santé : un rapport sans idées nouvelles et une méthodologie qui interroge</title>
		<link>https://citizen4science.org/desinformation-en-sante-un-rapport-sans-idees-nouvelles/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Fabienne Blum]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 13 Jan 2026 14:14:59 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
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		<category><![CDATA[Santé]]></category>
		<category><![CDATA[Sciences de l'information et de la communication]]></category>
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					<description><![CDATA[Constats déjà largement documentés, solutions connues reconditionnées et glissement vers des réponses rigides, centralisées et répressives : le rapport remis]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h3 class="wp-block-heading">Constats déjà largement documentés, solutions connues reconditionnées et glissement vers des réponses rigides, centralisées et répressives : le rapport remis à la ministre de la Santé peine à ouvrir des perspectives nouvelles, tout en reléguant la médiation au second plan. L’affichage d’une large concertation masque une forte homogénéité des acteurs mobilisés, qui oriente le dispositif proposé vers l&rsquo;administration de la défiance plutôt que la restauration de la confiance</h3>



<p>Sous couvert d’approche nationale et s’appuyant sur des diagnostics connus de longue date tout en écartant les leviers relationnels, le rapport remis à Stéphanie Rist propose une stratégie normative, centralisée et aux velléités répressives, qui interroge ses effets à long terme sur la confiance, le débat scientifique et la liberté d&rsquo;expression. Présenté comme une réponse structurante à un phénomène complexe, il privilégie l’outillage institutionnel et le cadrage des discours au détriment d’une réflexion approfondie sur les conditions sociales, culturelles et relationnelles de la circulation de l’information en santé. L’occasion de proposer une stratégie véritablement innovante, capable de retisser du lien plutôt que de le réguler, s’en trouve largement manquée.</p><div id="citiz-3283213423" class="citiz-contenu citiz-entity-placement"><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-9064228701299411" crossorigin="anonymous"></script><ins class="adsbygoogle" style="display:block;" data-ad-client="ca-pub-9064228701299411" 
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<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<h2 class="wp-block-heading">Un diagnostic désormais largement consensuel</h2>



<p>Le rapport dresse un tableau familier : circulation accélérée de contenus trompeurs, confusion entre opinions et savoirs établis, difficulté du public à hiérarchiser les sources, fragilisation de la parole scientifique dans l’espace médiatique. La crise sanitaire du Covid-19 a servi de révélateur à ces phénomènes, en les rendant visibles à grande échelle.</p>



<p>Ce diagnostic est solide. Mais il est aussi ancien. Les sciences sociales, l’infodémiologie et la médiation scientifique analysent ces mécanismes depuis plus d’une décennie. Les institutions européennes et internationales ont multiplié les rapports sur les liens entre information, confiance et santé publique. De nombreuses initiatives citoyennes et associatives ont expérimenté, souvent avec peu de moyens, des réponses éducatives et participatives.</p>



<p>Le rapport s’inscrit clairement dans cette continuité. Il ne renouvelle ni les concepts, ni les cadres d’analyse, mais les reformule dans un langage institutionnel.</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<h2 class="wp-block-heading">Une mission construite dans un entre-soi informationnel</h2>



<p>Le choix des rapporteurs constitue un élément central pour comprendre la tonalité du document. Tous sont issus d’un même espace : celui des controverses sanitaires très polarisées sur les réseaux sociaux. Tous ont été, à des degrés divers, des acteurs engagés dans les débats autour du Covid-19, et particulièrement identifiés par leur opposition frontale à certaines figures médiatiques devenues emblématiques de ces conflits.</p>



<p>Ce profil homogène ne disqualifie pas le travail produit, mais il en oriente fortement la perspective. Le rapport adopte une lecture du problème largement façonnée par les logiques propres aux réseaux sociaux : affrontements discursifs, personnalisation des controverses, construction de camps antagonistes, polarisation et escalade quel que soit le camp. D’autres approches, pourtant essentielles pour comprendre la défiance telles que sociologie des institutions, relation de soin, médiation de terrain, sciences de l’éducation et de la communication restent marginales.</p>



<p>Ce biais initial explique en partie la difficulté du rapport à se décentrer des conflits passés pour penser des réponses véritablement prospectives. Il explique également sans doute le biais de sélection des entretiens qui a précipité l&rsquo;initative dans cet entre-soi peu propice aux idées nouvelles.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><br>Qui parle ? Des entretiens nombreux, mais dans un périmètre étroit</h2>



<p>Le rapport met en avant un chiffre impressionnant : 156 entretiens, ayant mobilisé près de 270 personnes. Ce volume donne l’image d’une consultation large et pluraliste. Pourtant, la lecture attentive des profils auditionnés révèle un périmètre nettement plus homogène qu’il n’y paraît. Les personnes interrogées appartiennent majoritairement à trois catégories : militants numériques (réseaux sociaux) en croisade dont leurs relais  habituels au sein de médias et autres fact-checkers, représentants de la fonction publique (institutions sanitaires, universitaires, chercheurs, société sanvantes). Il s’agit, pour l’essentiel, de personnes déjà convaincues de la centralité du problème et largement alignés sur le diagnostic posé par les rapporteurs. À l’inverse, le rapport reste discret, voire silencieux, sur l’audition de profils susceptibles de déplacer le regard : associations citoyennes et de médiation scientifique, médiateurs indépendants de terrain, soignants de premier recours confrontés à la défiance des patients, chercheurs en sciences sociales critiques des politiques publiques de communication, Leur absence interroge. Ainsi, derrière l’affichage d’une consultation large et exhaustive, la composition du panel révèle un angle unique, la pluralité des expériences et des points de vue non institutionnels demeurant très largement marginalisée.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un noyau militant polarisé bruyant comme illusion du consensus</strong></h2>



<p>L’analyse détaillée de la liste nominative révèle une configuration plus problématique encore. <br>Environ 15 à 20 % des personnes consultées sont un noyau d’acteurs fortement polarisés constitué récemment (pandémie du Covid-19), très actifs sur les réseaux sociaux, engagés dans des luttes souvent politisées et structurées autour de conflictualités personnalisées. Ces personnes revendiquent une posture scientifique tout en mobilisant des pratiques caractéristiques du militantisme numérique : interpellations publiques agressives, campagnes coordonnées, judiciarisation systématique des controverses et mise en scène récurrente de leur victimisation. Les rapporteurs s’inscrivent eux-mêmes dans ces réseaux d’interactions, brouillant davantage la frontière entre expertise, engagement et combat personnel. Pour enfoncer le clou, comme précédemment indiqué, des journalistes liés à ce noyau militant et constituant sa fidèle chambre d&rsquo;écho dans les médias, ne manquent pas à l&rsquo;appel.<br>Numériquement minoritaire mais très bruyant, ce noyau entretient une forte circularité discursive faite de citations croisées, de références mutuelles et de reprises d’arguments identiques d’un support à l’autre.</p>



<p>À cette dynamique s’ajoute donc la surreprésentation d’acteurs institutionnels issus des mêmes cercles de diffusion, certains ayant pu être sollicités via les réseaux professionnels et la liste des lecteurs du blog personnel d’un autre rapporteur.</p>



<p>La consultation donne ainsi à voir moins une confrontation pluraliste des approches qu’un écosystème fermé, où les sources, les analyses et les relais médiatiques tendent à se recouper, nourrissant un effet d’auto-validation dans lequel le consensus affiché apparaît en partie produit par l’entre-soi et l’auto-citation plutôt que par la diversité réelle des cadres d’analyse.</p>



<p></p>



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<h2 class="wp-block-heading">Un entre-soi cognitif plus qu’un pluralisme réel</h2>



<p>Ce biais de sélection ne relève pas nécessairement d’une intention, mais il produit un effet bien identifié en sociologie des organisations : l’entre-soi cognitif. En interrogeant majoritairement des acteurs issus des mêmes sphères professionnelles et informationnelles, voire des compagnons de millitantisme, sphères souvent très actives sur les réseaux sociaux, le rapport consolide des cadres d’analyse déjà dominants sans les mettre réellement à l’épreuve.</p>



<p>Cette homogénéité explique en partie pourquoi les recommandations finales apparaissent si peu contrastées. Les constats convergent, les solutions se ressemblent, et les tensions inhérentes à toute politique de l’information en santé sont peu explorées. Le débat scientifique, pourtant fondé sur la confrontation d’approches et de disciplines, se trouve ici lissé au profit d’un consensus de surface.</p>



<p>Interroger la désinformation sans interroger ses propres conditions de production constitue une limite méthodologique majeure. En ce sens, le rapport illustre paradoxalement ce qu’il dénonce : la difficulté à sortir de cadres interprétatifs fermés lorsqu’un problème est abordé sous un angle trop homogène.</p>



<p>L’absence de cartographie d&rsquo;analyse des personnes auditionnées, c&rsquo;est-à-dire les disciplines, les positions institutionnelles, les degrés d’engagement public, empêche toute évaluation indépendante de la pluralité réelle des points de vue. Cette lacune est d’autant plus problématique que le rapport plaide par ailleurs pour plus de transparence et de rigueur dans l’information en santé.</p>



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<h2 class="wp-block-heading">Des solutions connues, reconditionnées</h2>



<p>Les principales recommandations du rapport relèvent davantage de la formalisation que de l’innovation. L’idée d’un indicateur de fiabilité de l’information en santé, inspiré du Nutri-Score, illustre cette logique. Or il  s&rsquo;agit d&rsquo;une solution de labellisation de l&rsquo;information qu&rsquo;a préconisé récemment Emmanue Macon. Coïncidence ? Quoi qu&rsquo;il en soit, présentée comme structurante, elle reprend une proposition ancienne, régulièrement discutée dans les milieux de la médiation scientifique. Les limites sont bien identifiées : réduction excessive de la complexité, dépendance aux critères retenus, risque de rejet par les publics déjà défiants envers les institutions.</p>



<p>De même, la création d’un observatoire national et d’un dispositif d’infovigilance prolonge des dispositifs existants sans démontrer en quoi une nouvelle structure résoudrait les problèmes de coordination, de légitimité et d’efficacité déjà rencontrés. Le rapport privilégie une réponse organisationnelle, rajoutant une couche organisationnelle comme on ajoute une loi au millefeuille existant, à un problème qui est pourtant aussi, fondamentalement, relationnel et culturel.</p>



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<h2 class="wp-block-heading">Angle mort du rapport : ce que font les autres pays européens</h2>



<p>C&rsquo;est aussi une composante de l&rsquo;entre-soi qui transpire de ce travail, réduisant la problématique à un sujet hexagonal. Le rapport évoque à plusieurs reprises le cadre international et européen, sans toutefois proposer de véritable analyse comparative des stratégies mises en œuvre dans d’autres pays. Cette absence est regrettable : elle prive la réflexion de retours d’expérience pourtant précieux, dans un domaine où les réponses éducatives, participatives ou fondées sur la médiation ont parfois montré des résultats plus durables que les approches strictement normatives.</p>



<p>La comparaison européenne aurait pourtant apporté un éclairage utile. Dans plusieurs pays, les stratégies de lutte contre la désinformation en santé privilégient des approches plus distribuées. Les pays nordiques, notamment, investissent prioritairement dans l’éducation aux médias et à la science dès le plus jeune âge, en s’appuyant sur des partenariats étroits entre écoles, chercheurs et acteurs associatifs.</p>



<p>En Allemagne ou aux Pays-Bas, les dispositifs de veille existent, mais sont souvent accompagnés d’un effort marqué de transparence institutionnelle et d’un soutien à des plateformes de médiation indépendantes. L’accent est mis moins sur la labellisation ou la sanction que sur la capacité du public à comprendre les incertitudes scientifiques.</p>



<p>Ces expériences montrent que la réponse à la désinformation ne se limite pas à l’outillage réglementaire, mais repose sur un écosystème de confiance construit dans le temps.</p>



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<h2 class="wp-block-heading">Une conception verticale et autoritaire de la confiance</h2>



<p>Le rapport français repose implicitement sur une idée simple : apposer un tampon de score sur l&rsquo;information et secondairement améliorer la qualité de l’information disponible suffirait à restaurer la confiance. Cette approche néglige une dimension pourtant centrale des crises récentes : la défiance ne procède pas uniquement d’un déficit de connaissances, mais d&rsquo;une perte de pensée critique et  d’un rapport dégradé aux institutions.</p>



<p>Les messages contradictoires, les revirements mal expliqués, les zones d’ombre sur les processus de décision ont durablement entamé la crédibilité de la parole publique. Sur ce point, le rapport reste discret et ainsi, politiquement correct. Il interroge peu la responsabilité des institutions dans la perte de confiance qu’il constate par ailleurs. Il faut dire que les voix qui s&rsquo;expriment dans ce rapport sont pour l&rsquo;écrasante majorité les institutions elles-mêmes. </p>



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<h2 class="wp-block-heading">Le risque d’un tournant répressif mal encadré</h2>



<p>La volonté de mieux protéger les scientifiques face au harcèlement est légitime. Mais la place accordée aux sanctions dans le rapport soulève des questions importantes. Les frontières entre désinformation, erreur, controverse scientifique et critique légitime ne sont ni simples ni stables. En l’absence de garde-fous clairement définis, toute approche répressive comporte un risque de confusion entre régulation de contenus manifestement frauduleux et contrôle du débat scientifique.</p>



<p>Dans un contexte où la science progresse par la confrontation d’hypothèses, ce glissement mérite une vigilance particulière.</p>



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<h2 class="wp-block-heading">Un rapport utile à la formalisation, mais insuffisant et biaisé</h2>



<p>Ce rapport remplit une fonction politique claire : structurer un discours public sur la désinformation en santé et légitimer des orientations déjà présentes dans le débat institutionnel. Il est moins convaincant comme texte analytique et prospectif. Il peine à intégrer la pluralité des expériences de terrain et des points de vue, à reconnaître les limites de l’action institutionnelle et à proposer des outils réellement nouveaux.</p>



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<h2 class="wp-block-heading">Repenser la lutte contre la désinformation</h2>



<p>Lutter durablement contre la désinformation en santé suppose d’accepter une part d’inconfort. Celui de l’incertitude scientifique, du débat contradictoire et de la critique des institutions elles-mêmes. Les réponses les plus efficaces observées en Europe reposent sur la médiation, l’éducation, la transparence et le dialogue, bien plus que sur la labellisation ou la sanction. À défaut, le risque est réel de transformer la lutte contre la désinformation en un nouvel objet de défiance.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La médiation scientifique, un angle encore largement sous-exploité</h2>



<p>Un aspect frappant du rapport est la place marginale accordée à la médiation scientifique, pourtant identifiée depuis longtemps comme un levier central de confiance. Là où le texte privilégie des réponses descendantes, labellisation, observatoires, dispositifs de surveillance,  la médiation repose sur une logique inverse : créer des espaces d’échange où les savoirs circulent, se discutent et se contextualisent.</p>



<p>La médiation ne se réduit pas à une simplification des contenus scientifiques. Elle suppose un travail patient d’explicitation des incertitudes, des controverses et des processus de production des connaissances. Elle reconnaît que la défiance n’est pas seulement un déficit d’information, mais souvent une réaction à un sentiment d’exclusion du débat ou à une expérience antérieure de dissonance institutionnelle.</p>



<p>En France comme ailleurs en Europe, les initiatives de médiation portées par des associations, des collectifs de chercheurs ou des journalistes spécialisés ont montré leur capacité à toucher des publics éloignés des canaux institutionnels. Ces dispositifs, lorsqu’ils sont indépendants, pluralistes et inscrits dans la durée, favorisent une appropriation active des savoirs, bien plus efficace que toute tentative de normalisation des discours.</p>



<p>En reléguant la médiation au second plan, le rapport passe à côté d’une voie pourtant prometteuse : celle d’une politique de l’information fondée sur la relation, la confiance construite et la reconnaissance du citoyen comme acteur du débat scientifique, et non comme simple destinataire à corriger.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’entre-soi médiatique : une chambre d’écho bien rodée<br></h2>



<p>La publication du rapport a donné lieu à une séquence de prises de parole d’une remarquable homogénéité. Plusieurs grands médias nationaux (<em>L’Express</em>, <em>Le Point</em>, <em>Libération</em> notamment) ont relayé, à un rythme soutenu, la parole des mêmes rapporteurs, selon un cadrage identique et un lexique commun. Cette convergence n’a rien de spontané : elle repose sur des journalistes intégrés dans le réseau militant polarisé et bruyant, souvent auditionnés dans le cadre même du rapport, et qui en deviennent ensuite les relais naturels. L’entre-soi, ici, ne se limite plus à la production du diagnostic ; il s’étend à sa mise en scène médiatique et à sa validation publique, au prix d’une pluralité d’angles largement absente.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La prise de distance de l’exécutif : un signal politique fort<br></h2>



<p>Face à cette séquence médiatique très alignée, la ministre de la Santé Stéphanie Rist, qui n&rsquo;a ni lancée cette mission ni désigné les rapporteurs, a toutefois introduit une inflexion notable. Si la stratégie gouvernementale s’appuie sur le rapport, elle n’en reprend pas plusieurs propositions structurantes. Ont ainsi été écartées la création d’un « Info-score santé », assimilable à une notation normative des sources d’information, l’instauration de sanctions spécifiques à l’encontre des producteurs de contenus, ou encore une judiciarisation renforcée de la lutte contre la désinformation. La ministre a également renoncé à confier l’infovigilance à une instance indépendante, privilégiant une mise en œuvre plus progressive et prudente. Ces arbitrages traduisent une conscience aiguë des risques politiques, juridiques et démocratiques associés à une approche trop coercitive de l’information scientifique.<br></p>



<h2 class="wp-block-heading">Quand la lutte se mue en guerre informationnelle</h2>



<p>Cette retenue gouvernementale contraste avec le discours porté par les rapporteurs dans l’espace médiatique et sur les réseaux sociaux. À mesure que leurs interventions se multiplient, un glissement s’opère : la désinformation n’est plus pensée comme un phénomène complexe à analyser, mais comme une menace à neutraliser ; le débat public comme un espace à réguler ; les plateformes numériques, jusqu’à l’évocation explicite de leur fermeture, comme des problèmes à éliminer. Ces positions, même lorsqu’elles ne sont pas retenues par l’exécutif, révèlent une conception de la lutte contre la désinformation fondée d’abord sur la contrainte, la normalisation et la répression, reléguant au second plan la médiation, l’accompagnement et le travail sur la confiance.</p>



<p>Le rapport peine ainsi à reconnaître la frontière poreuse entre expertise scientifique, engagement militant et logique de guerre informationnelle. Lorsque des rapporteurs adoptent eux-mêmes, sur les réseaux sociaux, une posture vindicative et judiciarisée, appelant implicitement à des sanctions plutôt qu’à des mécanismes de délibération contradictoire, ils donnent corps aux inquiétudes que suscite ce texte. La question dépasse dès lors le seul champ de l’information en santé : elle engage notre capacité collective à répondre à la défiance sans refermer l’espace du débat, ni affaiblir le pluralisme et la démocratie que cette politique prétend pourtant défendre.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Rapport « désinformation en santé » : un arrière-goût orwellien ?</h2>



<p>Au terme de cette analyse, une impression domine : ce qui devait être une mission de réflexion s’est progressivement transformé en tentative de reprise autoritaire du contrôle de l’espace informationnel. Sous couvert de lutte contre la désinformation scientifique, le rapport laisse affleurer une vision profondément scientiste du débat public, où la controverse est disqualifiée, la contradiction délégitimée et la sanction érigée en réponse politique. Il transpire de cet exercice l’idée d’une expédition punitive menée par le haut, visant à institutionnaliser la revanche d’un noyau militant bruyant, celui-là même dont les rapporteurs sont partie prenante sur les réseaux sociaux, pour tenter de gagner, par l’appareil d’État, une guerre numérique qui peine à convaincre dans l’espace ouvert du débat.</p>



<p>En prétendant protéger la démocratie sanitaire, le rapport en fragilise les fondements : pluralisme des savoirs, délibération contradictoire, médiation scientifique, et même, médiation tout cours comme maître-mot. La défiance n’y est pas travaillée, elle est contenue ; la complexité n’y est pas éclairée, elle est normalisée. L’ombre d’un <em>ministère de la Vérité</em> version scientifique, longtemps invoquée comme une caricature excessive, se trouve ici formulée de manière bien réelle. La lutte contre la désinformation ne saurait pourtant justifier que l’on referme l’espace démocratique au nom de sa défense.<br><br><br></p>



<p><em>Illustration d&rsquo;en-tête : Samuel Regan-Asante</em></p>



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		<title>Médecins libéraux : une mobilisation modeste qui révèle un malaise plus profond</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Fabienne Blum]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 11 Jan 2026 13:33:15 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Analyse]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
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		<category><![CDATA[Union européenne]]></category>
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					<description><![CDATA[La manifestation nationale des médecins libéraux du 10 janvier 2026 à Paris a rassemblé quelques milliers de praticiens, selon diverses]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h3 class="wp-block-heading">La manifestation nationale des médecins libéraux du 10 janvier 2026 à Paris a rassemblé quelques milliers de praticiens, selon diverses sources et l&rsquo;AFP. Une participation modeste qui n&rsquo;a pas capté l&rsquo;attention des médias au-delà de dépêches factuelles. Analyse d&rsquo;une contestation qui interroge sur sa pertinence</h3>



<p>La mobilisation modeste et son faible écho interrogent sur la capacité du mouvement des médecins à convaincre au-delà de ses cercles, dans une société confrontée à une crise réelle et croissante d’accès aux soins, marquée par des déserts médicaux persistants et des tensions budgétaires sur la Sécurité sociale.</p><div id="citiz-983455796" class="citiz-contenu citiz-entity-placement"><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-9064228701299411" crossorigin="anonymous"></script><ins class="adsbygoogle" style="display:block;" data-ad-client="ca-pub-9064228701299411" 
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<p></p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une mobilisation limitée pour un mouvement annoncé comme historique</strong></h2>



<p>Le cortège, parti du Panthéon pour rejoindre les Invalides, n’a mobilisé qu’une faible  fraction de la profession malgré l’appel unitaire des syndicats pour une grève du 5 au 15 janvier 2026.  Quelques milliers de manifestants ont été vus, composé  certes de médecins mais aussi d&rsquo;autres populations paramédicales comme des infirmières ou des employés de la Sécurité sociale.</p>



<p>La couverture médiatique est en conséquence restée discrète, avec quelques narratifs et des analyses superficielles dans les journaux, pas de débat télévisé ni autre place de choix dans les JT. Ce désintérêt s&rsquo;explique possiblement par la perception d’un mouvement corporatiste, alors que les Français subissent de plus en plus directement les conséquences des déserts médicaux, des délais d’attente et d’une hausse des appels au SAMU (jusqu’à +24 % en janvier). Le faible retentissement médiatique reflète certainement un décalage croissant entre les revendications professionnelles et les attentes sociétales. Avec environ 125 000 médecins en exercice libéral au 1er janvier 2025 (selon la DREES et la CARMF), sur une hypothèse de 5 000 manifestants médecins libéraux , cela ne représenterait que moins de 5 % de la profession. La grève en elle-même a été qualifiée de  « perlée », avec des baisses d’activité de 15 à 19 % chez les généralistes et de 6 à 12 % chez les spécialistes selon l’Assurance Maladie. </p>



<p>Le choc systémique attendu n&rsquo;a pas eu lieu. En revanche, elle a accentué les tensions aux urgences, déjà fragilisées par les épidémies hivernales et les intempéries. Prospectivement, cette mobilisation modeste pourrait signaler un essoufflement des stratégies syndicales traditionnelles. Dans un contexte de vieillissement démographique et de déficits croissants de la Sécurité sociale, estimés à 15-20 milliards d&rsquo;euros pour 2026, un mouvement perçu comme défensif risque de renforcer l&rsquo;image d&rsquo;un lobby puissant, priorisant ses acquis sur la réforme collective nécessaire pour assurer l&rsquo;accès équitable aux soins.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le PLFSS 2025, véritable point de rupture</strong> et révélateur des résistances corporatistes</h2>



<p>Le cœur du conflit se situe dans le PLFSS pour 2026, adopté fin 2025. Il accentue la coordination, la transparence et la maîtrise des dépenses dans un système sous tension budgétaire et démographique. Les syndicats y voient une menace existentielle pour la liberté d’exercice, dénonçant une « dérive autoritaire » et des mesures punitives comme la fixation unilatérale des tarifs ou des sanctions sur les prescriptions. Pourtant, plusieurs mesures les plus controversées ont été amendées ou abandonnées lors des débats parlementaires, comme  les sanctions systématiques sur le Dossier médical partagé (DMP) pourtant essentiel à la coordination des soins, ou des contraintes trop rigides sur les installations. Au-delà des ajustements techniques, le texte pose une question de fond : la médecine libérale française peut-elle continuer à fonctionner comme un îlot préservé, avec une liberté d’installation totale et une opposition systématique à tout partage des compétences ? Dans un contexte où les dépenses de santé dépassent 12 % du PIB (contre 10 à 11 % en moyenne en Europe), où les déserts médicaux s’aggravent et où les besoins explosent avec le vieillissement (plus de 20 % de la population aura plus de 65 ans d&rsquo;ici 2030), cette posture défensive apparaît de plus en plus anachronique. Elle protège des privilèges historiques au détriment d’une régulation collective devenue indispensable à la soutenabilité du modèle solidaire, financé par les cotisations de tous.</p>



<p>Le PLFSS révèle un clivage structurel : d&rsquo;un côté, une profession attachée à son autonomie libérale, héritée des années post-guerre ; de l&rsquo;autre, un État contraint par des déficits chroniques à imposer plus de coordination pour optimiser les ressources. Sans évolution volontaire comme une acceptation accrue de la délégation de tâches ou de mécanismes incitatifs territoriaux, le risque est grand de voir l’État imposer des contraintes plus brutales, telles que des quotas d&rsquo;installation ou des sanctions financières renforcées, comme observé dans d&rsquo;autres pays européens.</p>



<p>De façon prospective, le texte de loi pourrait marquer le début d&rsquo;une refonte pluriannuelle du système, vers une « grande loi santé » appelant à des compromis pour éviter une polarisation accrue.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Rist, Cazeneuve et Fatôme : un trio institutionnel face à une profession en résistance</strong></h2>



<p>Dans cette séquence tendue, trois figures publiques occupent une place centrale : Stéphanie Rist, ministre de la Santé ; Marguerite Cazeneuve, directrice déléguée de l’Assurance maladie ; et Thomas Fatôme, directeur général de la CNAM. Leur action s’inscrit dans une même logique : moderniser un système de santé fragilisé, tout en garantissant l’accès aux soins dans un contexte de tensions budgétaires et de pénurie médicale.</p>



<p>Stéphanie Rist a déjà beaucoup œuvré en tant que parlementaire pour dépoussiérer la médecine et son monopole, de sorte que les médecins ne soient plus passage obligé et systématique pour nombre de soins, y compris certaines prescriptions médicales. En desserant ce goulot d&rsquo;étrangement,  elle poursuit et défend une ligne de modernisation assumée de la pratique médicale. Elle rappelle que la régulation n’est pas une punition mais une nécessité, dans un système financé par la solidarité nationale. Sa posture, ferme mais constructive et sans jamais refuser le dialogue, vise à replacer l’accès aux soins au centre du débat, loin des surenchères syndicales.</p>



<p>Marguerite Cazeneuve, bien que démissionnaire, reste une voix influente. Elle adopte une communication d’une grande précision. Dans une interview à Libération le 5 janvier, elle a déploré l’appel à la grève, estimant que « en réalité, la plupart des mesures qui les touchaient directement n’ont pas été adoptées » dans le PLFSS, et que la mobilisation « n’est plus justifiée ». Dans un message public récent, elle décrit un appareil d’État fragilisé par l’instabilité politique, avec des projets de santé ralentis ou suspendus. Elle y appelle à la recherche de compromis, soulignant que l’action publique ne peut avancer que si les acteurs acceptent de dépasser les postures et les lignes rouges. Cette prise de parole, inhabituelle dans sa forme, éclaire son positionnement : une approche pragmatique, centrée sur la continuité du service public et la nécessité de maintenir un cap malgré les tensions du moment. Sa manière de recentrer le débat sur les faits, de corriger les interprétations erronées et de rappeler les contraintes institutionnelles tranche avec la dramatisation ambiante.</p>



<p>Thomas Fatôme est quant à lui la cible directe de critiques virulentes, avec des slogans comme « Fatôme démission » lors de la manifestation, l’accusant d’incarner une « dérive autoritaire ».  Il n&rsquo;est pas certain que ce format « chasse à l&rsquo;homme » serve le mouvement des médecins. Ses communications visent le dialogue. Il a tenté de rassurer sur les intentions du PLFSS, défendant une vision d’un système plus équitable et soutenable face à des dépenses en hausse. Il sera auditionné par la commission des affaires sociales du Sénat le 14 janvier, une occasion pour clarifier les positions institutionnelles. Son rôle opérationnel pourrait être pivotal pour implémenter des réformes comme une meilleure pertinence des prescriptions, contrastant avec une résistance syndicale qui peine à proposer des alternatives viables.</p>



<p>Ensemble, ce trio démontre une cohérence rare : une modernisation difficile mais indispensable, portée par un discours unifié sur la solidarité nationale et la nécessité de régulation. Leur fermeté pragmatique met en lumière les limites d’une contestation qui, en s’opposant systématiquement, risque d’isoler la profession face aux attentes sociétales pour un système plus résilient.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Revenus des médecins libéraux : un contexte qui éclaire la contestation</h2>



<p>Les revenus nets des médecins libéraux varient significativement par spécialité, mais les données de la CARMF indiquent une moyenne annuelle de plus de 120 000 euros net soit un peu plus de 10 100 euros net par mois, plaçant la profession parmi les mieux rémunérées du secteur santé. Les généralistes perçoivent souvent entre 4 000 et 8 000 euros net mensuels, tandis que les spécialités techniques (comme la radiologie ou l&rsquo;anesthésie) peuvent dépasser 15 000 euros, avec des pics à 200 000 euros annuels pour certains. Bien que les charges soient élevées (locaux, assurances, cotisations), ces niveaux rendent la contestation moins audible auprès du public, surtout alors que les déserts médicaux s&rsquo;aggravent et que les inégalités territoriales persistent.</p>



<p>Ce contexte économique souligne un décalage entre les revendications professionnelles, souvent centrées sur la défense de la liberté d&rsquo;exercice et contre toute régulation perçue comme intrusive, et les attentes sociétales pour une répartition plus juste des ressources. La DREES recalcule un revenu libéral homogène, intégrant les disparités entre généralistes et spécialistes, révélant que les revenus ont stagné ou baissé pour certains en 2022-2025, mais restent supérieurs à la moyenne des professions libérales. Cet état de fait alimente les critiques sur une « rente » perçue, comme évoqué par certains institutionnels, bien que démenti par Thomas Fatôme qui refuse de qualifier les médecins de « rentiers ».</p>



<p>Dans un système où les dépenses de santé augmentent plus vite que les recettes (hausse de 3 à 4 % annuels projetée), ces revenus pourraient être scrutés davantage pour financer des incitations territoriales ou des délégations de tâches. Sans ajustements, comme une modulation des honoraires par zone ou une fiscalité plus progressive, le risque est d&rsquo;accroître les tensions entre professions de santé et de miner la légitimité des mobilisations futures face à un public confronté à des coûts croissants.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Harmonisation européenne inévitable : France, dernier bastion sans régulation d’installation</h2>



<p>La France reste une exception européenne majeure : elle est le seul grand pays où les médecins libéraux bénéficient d’une liberté totale et inconditionnelle d’installation, sans aucune régulation territoriale significative. En Allemagne, les associations de médecins conventionnés découpent le territoire en zones avec des ratios cibles par habitant et par spécialité ; un nouveau praticien ne peut s’installer dans une zone surdotée que si une place se libère. Ce système, en place depuis les années 1990, limite la surconcentration urbaine et atténue les déserts médicaux malgré une densité médicale globale plus élevée qu’en France (4,5 contre 3,2 pour 1 000 habitants). Pays-Bas, Suède, Belgique et plusieurs autres pays ont adopté des mécanismes similaires de régulation, de transparence et de maîtrise des coûts.</p>



<p>Le PLFSS 2026 s’inscrit dans cette tendance continentale : organiser les soins, répartir les ressources, contrôler les dépenses. Ce n’est pas une exception punitive française, mais une harmonisation progressive vers des standards européens plus matures. Surtout, ce privilège d’installation totale est d’autant plus difficile à défendre que la formation des médecins est massivement financée par les deniers publics : l’État prend en charge l’essentiel des coûts universitaires et hospitaliers, pour un cursus de 9 à 11 ans. Les futurs médecins sont ainsi formés et rémunérés pendant l’internat grâce à l’argent public, avant de pouvoir s’installer librement, très souvent dans les zones les plus attractives, sans contrepartie territoriale collective. Ce décalage entre financement public massif et absence de régulation devient un monopole structurel dépassé, contribuant aux inégalités. Les écarts régionaux sont ainsi deux fois plus marqués qu&rsquo;en Allemagne.</p>



<p>À cela s’ajoute la résistance farouche à la perte de monopoles sur certaines prescriptions et actes : opposition récurrente à l’élargissement des compétences aux autres professionnels que sont les pharmaciens et les sages-femmes pour des actes courants (vaccins, renouvellements simples, actes techniques de première intention, suivi des maladies chroniques,&#8230;) et de personnels paramédicaux  comme les infirmiers.  Cette posture freine la délégation de tâches, pourtant indispensable pour absorber la demande croissante, désengorger les cabinets et améliorer l’accès aux soins.</p>



<p>Cette exception française n’est plus tenable dans un contexte d&rsquo;harmonisation européenne post-Covid, où la mobilité des professionnels et la mutualisation des ressources sont prioritaires. Sans adoption volontaire de régulations inspirées de l&rsquo;Allemagne (comme des quotas par zone ou des incitations fiscales), la France risque une aggravation des déserts médicaux, forçant des réformes coercitives.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un tournant pour la médecine libérale</strong></h2>



<p>La mobilisation du 10 janvier 2026 ne signifie pas que les médecins libéraux n’ont pas de difficultés réelles comme la nécessité de faire face à des pénuries, au burnout, à la bureaucratie croissante. lemonde.fr +1 Elle révèle surtout un discours qui peine à convaincre au-delà des rangs professionnels, dans une société qui place désormais l’accès universel aux soins et la soutenabilité solidaire au-dessus des privilèges historiques.</p>



<p>Le PLFSS 2026 n’apparaît dès lors pas comme un acte de guerre contre les médecins, mais comme une tentative de rééquilibrage d’un modèle devenu fragile et obsolète, en introduisant transparence et coordination déjà adoptées ailleurs en Europe.</p>



<p>La contestation syndicale, en défendant bec et ongles la liberté totale d’installation et les monopoles sur les prescriptions, masque l’essentiel : la médecine libérale française doit évoluer face aux contraintes contemporaines  que sont les déficits croissants (15 à 20 milliards projetés), inégalités territoriales, explosion des besoins liés au vieillissement.</p>



<p>Cette grève met en réalité en lumière une crise de légitimité : formés aux frais de la Nation avec un coût public de l&rsquo;ordre de 100 à 150 000 € par médecin pour son cursus et sans compter la rémunération des internes pendant près de 5 ans, ces praticiens exercent un métier essentiel mais non exclusif, dans un système où la solidarité nationale finance 80 % des soins.  Sans acceptation d’un partage plus large des compétences et d’une régulation territoriale, le système risque de s’effondrer sous le poids de ses rigidités, comme l&rsquo;illustrent les tensions actuelles aux urgences.</p>



<p>Au final, ce mouvement de grève assorti de la manifestation d&rsquo;hier pourrait marquer un tournant : soit vers un dialogue constructif menant à une vaste loi santé pluriannuelle, intégrant incitations et délégations ; soit vers une polarisation accrue, avec des réformes imposées par l&rsquo;État face à une profession isolée. Formés aux frais de la Nation, les médecins devront accepter de repenser leur rôle, leurs obligations sociétales et leur intégration dans un écosystème solidaire. Sans cela, les réformes risquent de s’imposer d’elles-mêmes, au détriment d’un système de santé qui reste l’un des piliers de l’égalité républicaine.</p>



<p><em>Illustration d&rsquo;en-tête : manifestation du 10 janvier à Paris</em></p>



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		<item>
		<title>Collectif No FakeMed : du rempart anti-pseudoscience à la table des négociations avec l&#8217;ennemie</title>
		<link>https://citizen4science.org/collectif-no-fakemed-du-rempart-anti-pseudoscience-a-la-table-des-negociations-avec-lennemie/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 30 Dec 2025 16:28:49 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Analyse]]></category>
		<category><![CDATA[Esprit critique]]></category>
		<category><![CDATA[Fake Médecine]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[Gouvernement]]></category>
		<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Pensée critique]]></category>
		<category><![CDATA[Pseudoscience]]></category>
		<category><![CDATA[Santé]]></category>
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					<description><![CDATA[Il était né pour chasser sans compromis les pratiques en santé non éprouvées par la science. Quelques années plus tard,]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h3 class="wp-block-heading">Il était né pour chasser sans compromis les pratiques en santé non éprouvées par la science. Quelques années plus tard, il lui offre un pont d&rsquo;or. Tentons d&rsquo;analyser l&rsquo;étonnant virage.</h3>



<p>C&rsquo;est l&rsquo;histoire d&rsquo;une initiative collective sur le papier très honorable qui n&rsquo;a pas résisté aux sirènes du buzz et de la politique, comme beaucoup de celles tombées dans les rets des réseaux sociaux et de la proximité avec les gouvernements. Celle-ci a cela de remarquable qu&rsquo;elle a fini par aider ses ennemis déclarés à se promouvoir. Il nous faut l&rsquo;exposer en préambule : ici l&rsquo;on ne s&rsquo;intéresse pas à une association somme toute confidentielle , mais à un mécanisme, à savoir comment politique, populisme, corporatisme et militantisme peuvent broyer des projets au point d&rsquo;entraver leur propres objectifs.</p><div id="citiz-197950358" class="citiz-contenu citiz-entity-placement"><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-9064228701299411" crossorigin="anonymous"></script><ins class="adsbygoogle" style="display:block;" data-ad-client="ca-pub-9064228701299411" 
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<h2 class="wp-block-heading">Origine et corporatisme élitiste </h2>



<p>Le collectif No FakeMed voit le jour en mars 2018 après une <a href="http://(https://www.lefigaro.fr/vox/societe/2018/03/19/31003-20180319ARTFIG00276-il-n-existe-pas-de-medecine-alternative-il-n-y-a-que-de-la-medecine-qui-marche-et-celle-qui-ne-marche-pas.php).">tribune</a> retentissante dans <em>Le Figaro</em> signée par 124 personnes dont des professionnels de santé exigeant le déremboursement de l’homéopathie. Très vite soit quelques mois plus tard, il se structure en association loi 1901 dont l&rsquo;objet est la « p<em>romotion de la médecine, des soins et des thérapeutiques, fondées sur les preuves scientifiques ; soutien et défense de ceux qui assurent cette promotion ; information des professionnels et du public sur la médecine, des soins, et des thérapeutiques, fondées sur les preuves scientifiques ; lutte active contre les pratiques de soins non scientifiques, déviantes, délétères, aliénantes ou sectaires</em>« . <br>Ses statuts sont particulièrement verrouillés, à la saveur corporatiste sinon élitiste : seuls les professionnels de santé (médecins, pharmaciens, sages-femmes et dentistes selon le Code de la santé publique) en exercice ont le droit de vote (« collège votants »). Les autres, paramédicaux non soumis à Ordre professionnel, grand public, sympathisants, peuvent adhérer mais restent <a href="https://www.nofakemed.fr/statuts/">explicitement exclus</a> de toute voix délibérative (« collège non votants »). L&rsquo;association se présente d&rsquo;ailleurs comme sur son site internet comme « un groupe de professionnels de santé ». Pourtant, si l’association ne publie aucun rapport détaillé, les estimations croisées (informations qui restent donc à vérifier) font état d’un noyau dur de 200 à 400 membres actifs votants (10 à 20 % des effectifs) face à plusieurs milliers de sympathisants sans droit de vote. Le Conseil d&rsquo;administration affiché sur le site confirme cette proportion, composé de huit professionnels de santé et deux paramédicaux en décembre 2025.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un avant-goût de contradiction et de populisme</h2>



<p>Un autre élément notable dans les statuts du Collectif NoFakeMed est « <em>l&rsquo;exclusion des personnes morales dont l’activité professionnelle est en lien avec le commerce de produits pharmaceutiques ou destinés aux soins</em>« . C&rsquo;est une position forte d&rsquo;opposition aux entreprises du médicament et des soins de santé qui sont les acteurs qui permettent finalement aux membres de ce collectif de leur donner les outils pour soigner. Ces entreprises sont au cœur de science médicale et façonnent la médecine de demain, et fourmillent bien évidemment de professionnels de santé à leur bord.<br> On aurait pu comprendre l&rsquo;exclusion des entreprises qui fabriquent ou vendent des produits et soins non éprouvés, car cela aurait été cohérent avec la mission de l&rsquo;association. Comment expliquer alors cette contradiction ? La raison la plus plausible est le populisme « anti-big pharma », qui s&rsquo;est fortement développé dans la crise sanitaire de la pandémie de Covid-19, avec son cortèges de théories complotistes et de manichéisme : les laboratoires pharmaceutiques représentent le mal face aux professionnels de santé, opposition non pertinente puisqu&rsquo;ils sont largement représentés dans ces entreprises.<br><br>Plus cocasse et anecdotique, mais tout aussi contradictoire : le collectif vend des produits à son effigie, avec une boutique en ligne sur son site internet. Les visuels sont principalement à base du logo du collectif associé à la formule chimique du glucose. Or le glucose, c&rsquo;est le sucre, soit l&rsquo;ennemi public numéro un en santé publique pour les conséquences dramatiques de sa surconsommation à travers le monde.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La mobilisation sur les réseaux sociaux&#8230; et son revers</h2>



<p>Le collectif est très actif sur X (ex Twitter) dans un objectif de visibilité et de mobilisation. Le compte @NoFakeMedecine dépase ainsi les 10 000 abonnés. Les fiches anti-fakemed, tribunes et appels à l’action génèrent des milliers d’interactions. Toutefois la majorité des comptes les plus actifs gravitant autour n’ont pas la formation médicale exigée au sein du collectif. On voit défiler des militants politisés et/ou polarisés qui utilisent la cause comme étendard idéologique ou quête de visibilité. Beaucoup de ces comptes sont apparus à la faveur de la récente crise sanitaire et ont découvert le concept de pseudoscience à cette occasion. </p>



<p>Mais aujourd&rsquo;hui, les critiques pleuvent à l&rsquo;encontre de No FakeMed : les critiques relevées vont d&rsquo;accusations de « meutes », de victimisation après des années d’insultes, d’infiltration par les promoteurs de médecine intégrative, ou de populisme officiel. Ces reproches révèlent une fracture profonde au sein de la communauté en ligne et des interrogations légitimes sur les actions du collectif.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La victoire politique et les premières ambiguïtés</h2>



<p>Le succès de l&rsquo;action initiale du collectif, avant qu&rsquo;il ne soit formalisé, est incontestable. Grâce à la pression de No FakeMed, Agnès Buzyn alors ministre de la santé mandate la Haute autorité de santé (HAS) en 2018, et <a href="https://www.has-sante.fr/jcms/c_2889138/fr/evaluation-de-l-homeopathie-par-la-has">l’homéopathie est déremboursée </a>en 2021.</p>



<p>Mais au fil du temps et finalement assez rapidement, le collectif accepte des échanges discrets avec l’entourage gouvernemental et on va le voir, finira par les afficher avec fierté, dans un contexte pourtant connu de complaisance voire de soutien au plus haut niveau de l&rsquo;État de pratiques pseudoscientifiques et de son lobby. Dans ce contexte, un choix de proximité peut concourir à une régulation large des pratiques alternatives permettant de leur donner une légitimité.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le virage institutionnel de 2023</h2>



<p>Ce virage progressif devient véritablement spectaculaire en 2023. Agnès Firmin Le Bodo est signataire en 2021 d&rsquo;un projet résolution parlementaire qui veut institutionnaliser l’A-MCA, une association auto-proclamée « agence » des médecines alternatives et complémentaires, véritable lobby de la pseudoscience. Elle invite officiellement le collectif NoFakeMed, le CUMIC et l’A-MCA à siéger dans le même comité ministériel chargé de « faire le tri » dans les pratiques non conventionnelles (pratiques non éprouvées soit-disant combattues par le collectif.</p>



<p>Comme nous l’avions déjà dénoncé dans ces colonnes en 2023, cette configuration  pose un problème majeur  sur le fond mais aussi sur la forme: inclure des promoteurs de pratiques non éprouvées dans l’instance censée les réguler risque de transformer la vigilance en caution scientifique. Y ajouter des groupes censées combattre ces pratiques peut achever de brouiller les pistes.</p>



<p>L&rsquo;intention de la ministre paraissait pourtant claire : institutionnaliser l&rsquo;A-MCA comme prévu initialement via la résolution parlementaire qui n&rsquo;a pas abouti deux ans plus tôt.</p>



<p>Il n&rsquo;y a dès lors qu&rsquo;un pas à voir comme une compromission inacceptable le fait que le collectif No FakeMed ait accepté de participer à ce projet.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les alertes de Science infused</h2>



<p>Dans notre article de juin 2023, nous avions alerté à nouveau sur Agnès Firmin Le Bodo et son projet inquiétant : « <a href="https://citizen4science.org/medecines-alternatives-agence-des-mca-association-qui-defend-des-pseudosciences-conviee-a-la-table-des-negociations-au-ministere-de-la-sante/">Agence des MCA, association qui défend des pseudosciences conviée à la table des négociations au ministère de la Santé</a> ». Nous dénoncions explicitement l’invitation de cette association, perçue comme un lobby pro-pseudosciences, aux discussions ministérielles, au moment même où la ministre était rattrapée par des affaires de cadeaux acceptés de la part d&rsquo;URGO.</p>



<p>Nou pointions aussi déjà le collectif NoFakeMed cédant aux sirènes de l&rsquo;appel ministériel, avec des communications sur les réseaux sociaux particulièrement inquiétantes attestant d&rsquo;un virage incompatible selon nous avec la mission du collectif. </p>



<p>Cette alerte confirmait nos craintes récurrentes sur la porosité entre pouvoir, promoteurs de pratiques non éprouvées et politisation de structures censées lutter contre ces pratiques.</p>



<p></p>



<h2 class="wp-block-heading">La contribution du CUMIC au flou académique qui efface la ligne rouge</h2>



<p>Par ailleurs, le CUMIC (Collège Universitaire de médecines intégratives et Cmplémentaires) est un organisme universitaire qui promeut l’enseignement et la reconnaissance académique de pratiques non éprouvées scientifiquement, souvent sous l’étiquette « intégrative ». Avec l’A-MCA, qui vise à les réguler et à les légitimer politiquement, le CUMIC constitue ainsi le second fer de lance majeur de la promotion institutionnelle des pseudosciences en France, en leur offrant cette fois un vernis académique et scientifique.</p>



<p>En janvier 2025, un <a href="https://www.em-consulte.com/article/1712400/what-the-fakemed-or-fake-medicines-according-to-a-">article scientifique</a> publié en ligne dans la revue Ethics, Medicine and Public Health marque un tournant significatif : intitulé « What the “FakeMed” »  or “fake medicines” according to a collective of French doctors ». il est co-signé par plusieurs membres éminents du CUMIC, dont Julien Nizard, vice-président du CUMIC et responsable du service Douleur et Médecine intégrative au CHU de Nantes. Les auteurs analysent la définition du « FakeMed » promue par le Collectif No FakeMed, en s’appuyant sur leurs publications et sur des entretiens directs réalisés avec les présidents du collectif, qui a donc accepté de se soumettre à un jeu dangereux.  Leur conclusion est sans ambiguïté : le terme « FakeMed » repose sur une démarcation illusoire entre médecine conventionnelle et non conventionnelle, et constitue lui-même un concept trompeur qui simplifie abusivement les nuances scientifiques. Ils plaident pour une approche plus nuancée, où certaines pratiques complémentaires pourraient s’intégrer légitimement à une médecine fondée sur les preuves. Ce texte, en donnant la parole aux dirigeants de NoFakeMed tout en déconstruisant leur discours qualifié de binaire, confirme ainsi les craintes que nous exprimions depuis plusieurs années : en acceptant de participer à des initiatives avec les ennemis déclarés, le collectif contribue à estomper la ligne rouge qu’il avait lui-même tracée, ouvrant la voie à une reconnaissance progressive des pratiques intégratives sous couvert de rigueur scientifique.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le (non) positionnement ambigu de NoFakemed vis-à-vis du CUMIC</h2>



<p>Les convergences entre le Collectif No FakeMed et le CUMIC se manifestent par une série de signes qui alimentent les soupçons de dilution idéologique. Le collectif accepte en 2023 un débat public télévisé où l’une de ses porte-parole, Marion Lagneau, confronte directement un vice-président du CUMIC, Fabrice Berna, sans rejeter catégoriquement le cadre intégratif défendu par ce dernier. Plus troublant, le président de No FakeMed Pierre Brémond d&rsquo;ARS accorde en 2024 des entretiens approfondis aux auteurs de l&rsquo;article du CUMIC de janvier 2025 dans Ethics, Medicine and Public Health, qui permettent aux auteurs, comme nous l&rsquo;avons vu, de déconstruire et discréditer ce que défend le collectif. Ce dernier ne réagira d&rsquo;aucune façon.  Ce silence persistant du collectif face à ces initiatives  (aucun communiqué, aucune critique publique du CUMIC sur son site ou ses réseaux) renforce l’impression d’un pragmatisme institutionnel qui prime sur la radicalité originelle. Sur X, ces éléments nourrissent des accusations récurrentes de porosité, voire de parasitage intellectuel, où le collectif, autrefois intransigeant, semble tolérer un dialogue qui normalise progressivement l’universitarisation des pratiques intégratives autrefois qualifiées de pseudosciences.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un piège de populisme médical qui se referme sur lui-même ?</h2>



<p>En quelques années d&rsquo;existence, le collectif NoFakeMed est passé du statut de poil à gratter anti-charlatan à celui d’acteur institutionnel assis à la même table que l’A-MCA et un support au CUMIC, sous l’égide d’un gouvernement qui promeut une « santé intégrative ». Avec un noyau décisionnel ultra-restreint de 200 à 500 votants et des milliers de sympathisants réduits au rôle de porte-voix sur les réseaux sociaux, le collectif semble être tombé exactement dans le piège qu’il dénonçait : celui du populisme médical, de la quête de pouvoir et de notoriété, au détriment de la lutte sans compromis qu’il clamait défendre et pourtant inscrite dans son objet. </p>



<p><em>Illustration d&rsquo;en-tête : Andrea pour Science infused</em></p>



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		<title>Dermatose nodulaire contagieuse : abattage massifde bovins, vaccination accélérée et tensions autour de choix politiques à base de science</title>
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		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 19 Dec 2025 16:25:51 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Analyse]]></category>
		<category><![CDATA[Économie]]></category>
		<category><![CDATA[Esprit critique]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[Industrie agroalimentaire]]></category>
		<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Réseaux sociaux]]></category>
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					<description><![CDATA[La propagation de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) en France maintient les mesures d’abattage massif des troupeaux infectés, tandis qu&#8217;une]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h3 class="wp-block-heading">La propagation de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) en France maintient les mesures d’abattage massif des troupeaux infectés, tandis qu&rsquo;une campagne vaccinale massive s&rsquo;accélère.</h3>



<p>Entre recommandations scientifiques, décisions politiques, protestations des éleveurs et récupérations idéologiques, cette crise révèle la complexité de la gestion des crises sanitaires animales.</p><div id="citiz-369930770" class="citiz-contenu citiz-entity-placement"><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-9064228701299411" crossorigin="anonymous"></script><ins class="adsbygoogle" style="display:block;" data-ad-client="ca-pub-9064228701299411" 
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<h2 class="wp-block-heading">Une maladie animale sous haute vigilance</h2>



<p>La dermatose nodulaire contagieuse (DNC) touche exclusivement les bovins et se propage rapidement grâce aux insectes vecteurs. Elle est due à un poxvirus de la famille des <em>Poxviridae</em> (genre <em>Capripoxvirus</em>, proche des virus de la clavelée ovine et caprine). Ce virus enveloppé, résistant dans l&rsquo;environnement (salive, semence, croûtes cutanées), provoque des nodules cutanés douloureux, de la fièvre, une baisse de production laitière et parfois des lésions internes, avec une incubation longue (jusqu&rsquo;à 28 jours). La maladie n&rsquo;est pas transmissible à l’homme et ne menace pas la sécurité alimentaire. Le risque économique reste néanmoins significatif, tant pour les exploitations touchées que pour l’ensemble de la filière bovine française. Les autorités sanitaires classent la DNC parmi les maladies animales à haut risque, nécessitant une intervention rapide et coordonnée.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Bilan en France</h2>



<p>Apparue en France le 29 juin 2025 en Savoie, la DNC a conduit à l&rsquo;heure où nous publions cet article, à la détection de 113 foyers dans une dizaine de départements (principalement Auvergne-Rhône-Alpes, avec extension en Occitanie et Sud-Ouest : Pyrénées-Orientales, Ariège, Hautes-Pyrénées, Haute-Garonne, Aude). Environ 3 300 bovins ont été euthanasiés. Une campagne vaccinale massive (400 000 doses arrivées ce jour, objectif jusqu&rsquo;à un million de bovins dans les zones à risque) est en cours, avec mobilisation de vétérinaires volontaires et militaires.La science montre que l’efficacité de toute stratégie dépend de facteurs complexes : densité des vecteurs, couverture vaccinale et rapidité des interventions. L’abattage rapide peut limiter la propagation, mais la vaccination ciblée ou l’isolement des troupeaux restent des alternatives possibles. La science n’impose pas une réponse unique, laissant aux décideurs le choix d’arbitrages politiques et économiques.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Décisions gouvernementales sous pression</h2>



<p>Le gouvernement maintient l’abattage systématique des troupeaux infectés, associé à une vaccination élargie et accélérée, ainsi qu&rsquo;à la suspension temporaire de certains exportations. Ces mesures s’appuient sur les recommandations des vétérinaires et des autorités sanitaires, mais constituent surtout un arbitrage politique combinant considérations scientifiques, économiques et diplomatiques. L’objectif est de protéger la santé animale et de maintenir le statut sanitaire de la France auprès des marchés internationaux, tout en indemnisant intégralement les éleveurs et en proposant un soutien psychologique.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Controverse scientifique et sociale</h2>



<p>Le débat ne se réduit pas à une opposition entre politique et éleveurs. Il souligne le dilemme de traduire les connaissances scientifiques en décisions politiques acceptables et efficaces. La science détaille le risque de propagation et les outils disponibles, mais n’impose pas de réponse unique. Les arbitrages politiques, influencés par les réalités économiques et sociales, sont inévitablement discutables.Les éleveurs, confrontés à la perte de leurs troupeaux et à un traumatisme profond, demandent des solutions proportionnées et poursuivent leurs mobilisations (blocages routiers persistants en Occitanie, actions nationales et à Bruxelles). Le gouvernement, pour sa part, insiste sur la nécessité d’agir rapidement pour éviter une endémisation. Cette confrontation illustre la complexité de la gestion des crises sanitaires animales, entre efficacité sanitaire et acceptabilité sociale.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Perception médiatique : entre faits et controverse</h2>



<p>Les médias nationaux et internationaux montrent la complexité de la crise. Ils insistent sur la gravité sanitaire et la propagation rapide de la DNC, tout en relayant les contestations sociales et économiques. Certains décryptages récents dénoncent aussi la récupération politique et complotiste de la détresse agricole, pointant la diffusion de fake news sur les réseaux. La presse régionale met en avant l’impact humain et émotionnel, tandis que les médias nationaux soulignent la rigueur scientifique et l’urgence sanitaire. Cette couverture révèle que le débat dépasse la science, se situant au croisement des recommandations sanitaires, des décisions politiques et des perceptions locales.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Réseaux sociaux : comme toujours, un débat polarisé et peu nuancé</h2>



<p>Sur les réseaux sociaux, le débat se réduit souvent à des invectives entre militants drapés de science et interlocuteurs plus dubitatifs, souvent plus mesurés. Certains adoptent une posture purement « techno-scientiste » militante et manichéenne, présentant les recommandations sanitaires comme une vérité absolue et incontestable, rejetant toute critique comme irrationnelle ou complotiste, sans tenir compte de la détresse humaine ni des arbitrages économiques et sociaux inevitables. D’autres, notamment des éleveurs directement touchés, expriment une colère légitime face à la rigueur des abattages et à leurs conséquences émotionnelles et financières. Cette polarisation, où l’on oppose fréquemment « la Science » à « les anti-science », accentue le conflit apparent, mais masque la complexité réelle des choix politiques et éthiques en jeu.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Vers un équilibre délicat</h2>



<p>La crise de la dermatose nodulaire contagieuse pose des questions essentielles pour la filière bovine en France. Elle montre que les décisions politiques, même fondées sur des données scientifiques solides, doivent être évaluées à l’aune de leur impact social et économique. La recherche d’un équilibre entre rigueur scientifique, efficacité sanitaire et soutien aux éleveurs reste un défi majeur, amplifié par les récupérations idéologiques et les mobilisations en cours. La manière dont cette polémique sera résolue pourrait devenir un référent pour la gestion des futures crises sanitaires, définissant la capacité du pays à concilier sécurité sanitaire, continuité économique et acceptabilité sociale.</p>



<p><em>Illustration d&rsquo;en-tête : Andrea pour Science infused</em></p>



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		<title>Ostéopathie : le succès d’une pseudoscience comme symptôme d’un système de soins déphasé</title>
		<link>https://citizen4science.org/osteopathie-le-succes-dune-pseudoscience-comme-symptome-dun-systeme-de-soins-dephase/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Fabienne Blum]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 11 Dec 2025 21:09:07 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Analyse]]></category>
		<category><![CDATA[Fake Médecine]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Pseudoscience]]></category>
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					<description><![CDATA[Julia de Funès, dans une chronique du 1ᵉʳ décembre 2025 publiée par L’Express sous le titre « L’ostéopathe, nouveau dieu]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h3 class="wp-block-heading">Julia de Funès, dans une chronique du 1ᵉʳ décembre 2025 publiée par <em>L’Express</em> sous le titre <a href="https://www.lexpress.fr/idees-et-debats/losteopathe-nouveau-dieu-de-nos-existences-modernes-par-julia-de-funes-CKFM36CZXZGOLCYJYSDXPSLUMQ/">« L’ostéopathe, nouveau dieu de nos existences modernes »</a>, a réussi une chose que personne n’avait su faire jusqu’ici : s&rsquo;extirper de la polarisation  « pro_science vs anti-science » qui empoisonne le débat français sur l’ostéopathie depuis vingt ans pour suggérer des causes plus profondes</h3>



<p>Pendant deux décennies, le sujet est un ring où s’affrontent deux camps également bruyants et également stériles : d’un côté les militants du rationalisme scientifique, souvent issus des cercles sceptiques, pas toujours formés en santé, qui dénoncent la pseudoscience avec une condescendance parfois méprisante ; de l’autre, les syndicats d’ostéopathes et une bonne partie de la mouvance « bien-être », qui répondent par l’accusation d’obscurantisme médical et brandissent le vécu du patient comme un bouclier absolu. Ce face-à-face, fortement politisé comme malheureusement beaucoup de sujets sur la science et sans cesse remis sur le métier des réseaux sociaux, n’a jamais rien produit d&rsquo;autre que des invectives.</p><div id="citiz-3700502923" class="citiz-contenu citiz-entity-placement"><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-9064228701299411" crossorigin="anonymous"></script><ins class="adsbygoogle" style="display:block;" data-ad-client="ca-pub-9064228701299411" 
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<h2 class="wp-block-heading">La médecine française décrie l&rsquo;ostéopathie &#8230;. sauf si pratiquée en son sein</h2>



<p>L’un des points de critique soulevés par des institutions scientifiques et médicales en France est précisément l’institutionnalisation de l’ostéopathie, notamment lorsqu’elle est associée à des médecins labellisés ostéopathes avec, pour ce faire, une intégration dans des formations médicales. L’Académie nationale de médecine a ainsi été réduite à  dénoncer la confusion entre le “titre” d’ostéopathe et une véritable compétence médicale validée, avertissant que cela peut laisser croire aux patients qu’il s’agit d’une discipline médicale solide et scientifiquement établie &#8230; alors que ce n’est pas le cas selon ses propres dires.<br>Ainsi, cette même Académie a rappelé que l’ostéopathie n’est pas une discipline médicale à proprement parler, mais une méthode empirique sans bases scientifiques éprouvées, et a critiqué la création de formations parallèles dispensées par des médecins qui risquent d’« abuser » du cadre de l’enseignement médical.  On comprend vite que cette situation contribue à brouiller les repères pour le grand public : quand des médecins formés à l’ostéopathie affichent ou pratiquent cette discipline, beaucoup peuvent en déduire que l’ostéopathie a un fondement scientifique incontestable.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le nouveau paradigme posé par Julia de Funès</h2>



<p>Julia de Funès n&rsquo;est pas du tout sur ce terrain ni sur le ring de pure polarisation stérile précédemment cité.<br>Dans sa chronique, Julia de Funès explique que l’attrait pour l’ostéopathie reflète moins une demande de soins scientifiquement validés que l’esprit de notre époque : on valorise une approche globale du corps, on préfère le ressenti aux preuves, et l’ostéopathe apparaît comme une figure plus accessible et horizontale que le médecin traditionnel. Elle voit dans cette vogue un symptôme culturel où le sensible prime sur le rationnel et la hiérarchie du savoir est abaissée.</p>



<p> Elle ne traite personne de charlatan, de crétin ou de crédule. Elle nous amène, pour ce qui nous concerne et sans l&rsquo;exprimer à aucun moment pour autant, à nous poser une question autrement plus dérangeante : et si le succès massif de l’ostéopathie n’était pas d’abord la preuve d’une crédulité collective, mais celle d’un échec partiel de la médecine à répondre à des attentes humaines élémentaires ? En déplaçant ainsi le curseur, elle accomplit une rupture de paradigme. Elle oblige les « sachants » (médecins, professeurs, tutelles &#8230;) à cesser de regarder les patients qui « dérapent » vers les thérapies alternatives uniquement comme des ignorants à rééduquer, pour se demander enfin ce que le système leur refuse et qu’ils vont chercher ailleurs.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Du point de vue de la science</h2>



<p>Le constat scientifique, lui, reste implacable. Les prétendus liens entre manipulation vertébrale et pathologies viscérales, les chaînes lésionnelles à distance, l’ostéopathie crânio-sacrée : aucune de ces hypothèses n’a résisté aux études scientifiques solides et revues systématiques rigoureuses en la matière. L’effet réel, quand il existe, se limite à un soulagement symptomatique de certaines douleurs musculo-squelettiques, le plus souvent indistinguables d’un placebo bien administré ou d’un programme d’exercices bien conduit. Pourtant, on l&rsquo;a vu, des médecins sont formés à l&rsquo;ostéopathie et leur « titre » est protégé.<br>Et puis surtout, 53 % des Français ont consulté un ostéopathe au cours des cinq dernières années et le volume annuel de consultations dépasse les 25 millions. Le paradoxe est total.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La quête du patient</h2>



<p>C’est précisément parce qu’il est total que l’explication purement cognitive de type « les gens sont irrationnels »  est insuffisante. Ce que les patients vont chercher chez l’ostéopathe, c’est d’abord une consultation qui dure, des mains qui se posent sur le corps, un regard qui embrasse la posture et l’histoire globale plutôt que l’organe ou le symptôme isolé. Ils y trouvent le sentiment d’être entendus dans la complexité de leur vécu, là où le médecin de ville, écrasé par la charge administrative et la pénurie de temps, ne peut plus toujours l’offrir. Le succès de l’ostéopathie n’est donc pas un symptôme d’irrationalité collective ; il est un symptôme de rationalité douloureuse : les patients comparent ce qu’on leur propose et choisissent ce qui soulage vraiment leur souffrance, y compris la souffrance d’être réduit à un dossier.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Et ailleurs ?</h2>



<p>La France, avec ses 30 000 ostéopathes pour 68,5 millions d’habitants, détient un ratio unique en Europe, très loin devant le Royaume-Uni ou l’Allemagne, où cette activité reste encadrée et numériquement contenue. Cette exception n’est pas seulement l’héritage d’une réglementation historiquement permissive ; elle est la traduction chiffrée d’un besoin que le système de santé n’a pas su capter.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Recadrer le débat</h2>



<p>Julia de Funès nous a donc donné le seul cadre intellectuel fécond : cesser de se battre sur le terrain de la scientificité, où l’ostéopathie perdra toujours, pour se battre sur le terrain de l’écoute et de l’organisation des soins, où la médecine conventionnelle, chargée de ses contradictions, a tout à perdre si elle reste immobile.</p>



<p>La réponse ne passe pas par l’interdiction ou la moquerie. Elle passe par le retour, au cœur de la médecine scientifique, de ce qu’elle a progressivement abandonné : des consultations qui prennent le temps nécessaire, des parcours réellement coordonnés, une formation sérieuse des médecins à l’approche biopsychosociale et à la communication thérapeutique, le développement d’une médecine manuelle et d’une kinésithérapie validées scientifiquement pour répondre au besoin légitime de contact physique.</p>



<p>Tant que ces transformations structurelles ne seront pas engagées, dénoncer la pseudoscience risque de rester un exercice de bonne conscience qui confortera les patients dans leur choix plutôt que de les ramener vers un système qui aura enfin compris la leçon.</p>



<p>L’ostéopathe est devenu, comme l’écrit Julia de Funès, « le nouveau dieu de nos existences modernes » non parce que nous sommes devenus fous, mais parce que la médecine, dans sa forme actuelle, a parfois oublié d’être humaine. C’est la leçon la plus dure, et la plus utile, qu’un philosophe pouvait adresser aux soignants. Il serait tragique qu’elle reste lettre morte.</p>



<p></p>



<p><em>Illustration d&rsquo;en-tête : Photo Julia de Funès en 2018 &#8211; Source Wikipédia</em></p>



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		<title>Polémique autour du projet de labellisation de l&#8217;information : une régulation nécessaire ou une menace pour le pluralisme et la démocratie ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Fabienne Blum]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 02 Dec 2025 18:05:21 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Analyse]]></category>
		<category><![CDATA[Fact-checking]]></category>
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		<category><![CDATA[Sciences de l'information et de la communication]]></category>
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					<description><![CDATA[Emmanuel Macron plaide pour un label professionnel contre la désinformation, mais les craintes d’une mainmise sur les médias divisent le]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h3 class="wp-block-heading">Emmanuel Macron plaide pour un label professionnel contre la désinformation, mais les craintes d’une mainmise sur les médias divisent le débat public.</h3>



<p>Le 19 novembre 2025, à Arras, le président de la République a relancé l&rsquo;idée d&rsquo;un label professionnel pour distinguer les médias respectant une déontologie journalistique de ceux qui selon lui, « font de l&rsquo;argent avec de la publicité personnalisée ». </p><div id="citiz-831086996" class="citiz-contenu citiz-entity-placement"><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-9064228701299411" crossorigin="anonymous"></script><ins class="adsbygoogle" style="display:block;" data-ad-client="ca-pub-9064228701299411" 
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<h2 class="wp-block-heading">Genèse d&rsquo;une proposition récurrente</h2>



<p>Emmanuel Macron a explicitement cité la <em>Journalism Trust Initiative</em> (JTI) de Reporters sans frontières comme modèle possible : une standard volontaire, en accès libre, publié en 2019 sous forme de norme européenne (CWA 17493), reposant sur une auto-évaluation puis un audit tiers, avec plus de 2 000 médias engagés dans 119 pays. L’Élysée insiste sur l’indépendance totale de ce futur label et rejette toute intervention étatique. Le discours complet est disponible sur <a href="https://www.vie-publique.fr/discours/301023-emmanuel-macron-19112025">Vie publique</a>.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Analyse des réactions médiatiques</h2>



<p>Les réactions médiatiques qui ont suivi varient en fonction de la sensibilité politique. À droite et à l’extrême droite, la proposition est perçue comme une tentative de contrôle idéologique, avec des rapprochements historiques à des systèmes autoritaires. Ces critiques, relayées par des éditoriaux influents, traduisent une sensibilité légitime à toute forme de régulation perçue comme intrusive, surtout après des précédents comme la loi Avia de 2020, censurée en partie. Des médias centristes ou progressistes y voient  eux une réponse pragmatique à la prolifération des <em>fake news</em> et à l’érosion de la confiance publique : 70 % des Français doutent des informations en ligne. Le label permettrait aux plateformes de privilégier de façon algorithmique les sources certifiées, sans intervention étatique. Pourtant, même dans le camp présidentiel, des voix s’élèvent : une députée macroniste a récemment dénoncé la concentration médiatique chez quelques milliardaires, ouvrant la porte à des accusations de « discours complotiste » de la part d’autres soutiens du président. Ce débat interne révèle la fragilité du consensus autour de toute régulation perçue comme une menace au pluralisme.</p>



<p></p>



<h2 class="wp-block-heading">La labellisation existe déjà avec les « fact-checkers » comme juges autoproclamés</h2>



<p>Les outils de vérification actuels fonctionnent déjà comme une labellisation informelle : Decodex, Vrai ou Fake, CheckNews, etc. attribuent des notes ou des couleurs, directement intégrées aux algorithmes de Google, Meta et TikTok, sans recours clair ni transparence totale sur les critères. CheckNews, rattaché à Libération, un journal classé à gauche par les observatoires indépendants, est régulièrement pointé pour un traitement inégal : plus indulgent avec certains narratifs progressistes, plus sévère envers les angles conservateurs ou alternatifs. L’ancienne émission <em>Vrai ou Fake </em>de France Info, animée jusqu’en 2023 par Julien Pain (journaliste engagé chez RSF), a été critiquée pour des erreurs factuelles pendant la crise Covid (confusions entre variants et souches, minimisation initiale des effets indésirables vaccinaux) et pour un ciblage systématique des médias dissidents, illustrant les <a href="https://citizen4science.org/le-factchecking-un-remede-pire-que-le-mal-une-etude-montre-les-risques-lorsquil-emane-de-groupes-partisans/">risques d’un fact-checking perçu comme partisan</a>. L’audience de ces formats a nettement reculé depuis 2023, mais les étiquettes restent actives dans les bases de données des plateformes. L&rsquo;histoire de Meta (Facebook, Instagram, Whatsapp) est également particulièrement intéressante. Alors qu&rsquo;il a pleinement collaboré avec les fact-checkers et le gouvernement américain les labellisant, <a href="https://citizen4science.org/sur-les-traces-delon-musk-et-son-reseau-social-x-mark-zuckerberg-se-debarrasse-des-fact-checkers-pour-meta-facebook-instragram-whatsapp/#google_vignette">Mark Zuckerberg a fini par s&rsquo;en débarrasser dans un mea culpa public,</a> considérant avoir été manipulé concernant la censure de l&rsquo;information sur ses plateformes. </p>



<h2 class="wp-block-heading">Malentendu persistant autour du rôle circonscrit de la CPPAP</h2>



<p>La CPPAP ne délivre aucun label de fiabilité des contenus, mais un agrément sur les systèmes et structures concernées basé sur leur conformité à la législation en matière d&rsquo;édition de presse et de journalisme professionnel, qui ouvrent la possibilité de bénéficier de dispositifs économiques et fiscaux. Néanmoins, saisie sur le cas du blog FranceSoir, en 2024, elle lui a retiré son  ’agrément CPPAP au motif d’une « atteinte à la protection de la santé publique » (basé sur un avis de la Direction générale de la santé). Sans évaluer directement les contenus, cette décision a privé le média en ligne de ressources financières, maginalisant une dissidente. Ce précédent très particulier ne fait ainsi pas de la CPPAP un labellisateur des contenus. D&rsquo;ailleurs, le projet de Macron ne s’appuie d&rsquo;aucune façon sur la CPPAP.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les périls sous-jacents : au-delà des craintes, des risques systémiques</h2>



<p>Même géré par des professionnels indépendants, un label officiel viendrait s’ajouter à la labellisation informelle des fact-checkers et aux sanctions économiques déjà possibles. Le vrai risque n’est pas la censure brutale, mais l’asphyxie : déréférencement algorithmique, chute des revenus publicitaires, exclusion des aides. Le <em>Digital Services Act </em>(DSA) européen oblige déjà les très grandes plateformes à privilégier les sources jugées fiables. Un label JTI deviendrait le sésame pour rester visible ; les autres seraient relégués dans l’ombre numérique, contournant la loi de 1881 fondée sur la responsabilité judiciaire a posteriori.</p>



<p></p>



<h2 class="wp-block-heading">Pour le développement de l’esprit critique plutôt que le tampon officiel</h2>



<p>La seule réponse durable à la désinformation reste sans doute l’éducation massive à l’esprit critique : apprendre à croiser les sources, identifier les conflits d’intérêts, distinguer fait et opinion. C’est une question de méthode, non de contenu. La vérité scientifique et politique évolue : les masques étaient jugés inutiles en population générale en mars 2020 par l’OMS, avant de devenir obligatoires. Un label figé graverait des erreurs dans le marbre, tout en ouvrant la porte à des dangers.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une ligne rouge orwellienne</h2>



<p></p>



<p>Certifier la « fiabilité » du contenu lui-même, et non seulement l’existence d’un processus journalistique (CPPAP)  franchit une frontière dangereuse. Dès lors qu’un groupe d’humains, quel qu’il soit, se voit confier le pouvoir de délivrer des brevets de vérité, on reproduit les mêmes risques que ceux identifiés chez les fact-checkers actuels : biais partisans, effets de groupe, renforcement idéologique des croyances erronées plutôt que leur correction, manipulation possible. La vérité est une notion subjective, et pour le moins elle évolue au fil du temps. On le constate avec la science, qui est pourtant basé sur les faits. <br>En outre, l’histoire montre que la route vers le contrôle de l’information commence toujours par la promesse de la protéger. La presse libre n’a pas besoin d’un tampon officiel pour exister ; elle a besoin d’un public formé à penser par lui-même.</p>



<p>Ainsi la croisade contre la désinformation via l&rsquo;étiquetage gouvernemental n’est certainement pas le rempart de la démocratie, mais peut-être bien son poison le plus insidieux et le plus dangereux. Une société libre accepte le bruit, le doute et même l’erreur plutôt que de laisser une caste décider ce qui mérite d’être entendu. Tout autre chemin risque de mener à la servitude maquillée en bienveillance.</p>



<p></p>



<p><em>Illustration d&rsquo;en-tête : Andrea pour Science infused</em></p>



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		<title>Désaffection des études de pharmacie : un rapport bi-académique dénonce les failles de la réforme PASS/LAS et appelle à une refonte urgente</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Fabienne Blum]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 05 Nov 2025 19:45:31 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Académie nationale de médecine]]></category>
		<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Analyse]]></category>
		<category><![CDATA[Déserts médicaux]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[Opinion]]></category>
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		<category><![CDATA[Santé]]></category>
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					<description><![CDATA[Validé le 9 octobre 2025 par les Académies nationales de médecine et de pharmacie, un rapport bi-académique dissèque la désaffection]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p></p>



<h2 class="wp-block-heading">Validé le 9 octobre 2025 par les Académies nationales de médecine et de pharmacie, un rapport bi-académique dissèque la désaffection pour les études de pharmacie, aggravée par la réforme PASS/LAS, et propose des solutions pour relancer une filière cruciale.</h2>



<p></p>



<h3 class="wp-block-heading">Une crise d’attractivité qui fragilise un pilier de la santé publique</h3>



<p>Le <a href="https://www.acadpharm.org/avis_propositions/rapports.php">rapport bi-académique</a> du 9 octobre 2025, piloté par Jean-Louis Beaudeux et Dominique Bertrand, alerte sur une crise préoccupante : la désaffection des études de pharmacie, marquée par 293 places vacantes en deuxième année (DFGSP2) en 2024 sur 3 413, après 471 en 2023 et 1 100 en 2022, soit 17 % des capacités nationales. Cette situation, inédite face à l’attraction intacte de la médecine, menace un secteur clé. Avec 75 080 pharmaciens inscrits à l’Ordre en 2024 (croissance de 1,8 % en dix ans contre 3,5 % pour la population), la pénurie estimée à 6 000 professionnels risque d’aggraver les déserts pharmaceutiques, particulièrement en zones rurales où les officines (30 pour 100 000 habitants) assurent un accès immédiat aux soins. Ce déclin reflète une sous-valorisation chronique de la pharmacie, reléguée dans l’ombre de la médecine malgré son rôle pivot en prévention (vaccination, éducation et suivi thérapeutique) et en gestion des crises, comme le Covid ou les pénuries médicamenteuses.</p><div id="citiz-3467702416" class="citiz-contenu citiz-entity-placement"><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-9064228701299411" crossorigin="anonymous"></script><ins class="adsbygoogle" style="display:block;" data-ad-client="ca-pub-9064228701299411" 
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<p><br></p>



<h3 class="wp-block-heading">PASS/LAS : une réforme brouillonne qui marginalise la pharmacie</h3>



<p>Nous avions déjà eu la réforme PACES qui a créé une première année de concours commune médecine et pharmacie, très discutable dans le principe puisqu&rsquo;elle introduit de facto une compétition entre ces deux formations de professionnels de santé. Puis, introduite en 2020 pour diversifier les profils et réduire les échecs précoces, la réforme PASS/LAS (Parcours Accès Santé Spécifique/Licence Accès Santé) a complexifié l’accès à la pharmacie. Dans Parcoursup, la filière disparaît sous l’étiquette générique « études de santé », perdant en visibilité. La lisibilité souffre aussi : les parcours PASS et LAS, aux épreuves orales et interclassements hétérogènes selon les universités, désorientent les bacheliers. À Paris Cité, le taux d’occupation en DFGSP2 tombe à 80 % en 2023-2024, avec un déficit marqué en LAS. Les passerelles (8 % des places) et l’intégration d’étudiants hors UE, limitée par des quotas stricts, ne comblent pas le vide. La Cour des comptes, en décembre 2024, fustige une réforme « mal conçue » qui n’atteint que marginalement ses objectifs de diversification sociale. Analysons : PASS/LAS, en voulant tout uniformiser, a renforcé la domination culturelle de la médecine, marginalisant la pharmacie comme choix par défaut pour 50 % des entrants. Cette opacité est un échec stratégique, ignorant la complémentarité des métiers de santé.<br>On pourra lire avec intérêt dans ce cadre, la <a href="https://www.lepoint.fr/sante/hidz-s-2385-hidz-e-2385-nous-refusons-des-etudiants-qui-veulent-faire-pharmacie-c-hidz-s-2343-hidz-e-2343-est-un-comble-hidz-s-2344-hidz-e-2344--05-11-2025-2602531_40.php">tribune</a> de Jean-Louis Beaudeux,  Doyen de la faculté de pharmacie de Paris.</p>



<p><br></p>



<h3 class="wp-block-heading">Méconnaissance des débouchés : un déficit éducatif dès le lycée</h3>



<p>Une enquête auprès de 345 étudiants en DFGSP2 à Paris Cité (38 % de réponses) révèle une ignorance alarmante : 80 % méconnaissent les débouchés au-delà de l’officine (hôpital, industrie, biologie médicale, recherche). 68 % des LAS ont échoué une PASS, et seuls 14 % ont priorisé la pharmacie dès le départ. Les sources d’information sont familiales (62 %), loin devant les JPO ou unités d’enseignement (moins de 20 %). 37 % des PASS choisissent la filière par manque d’intérêt pour d’autres métiers ou peur des responsabilités médicales. Ce déficit s’explique par le remplacement des conseillers d’orientation par des psychologues axés sur la réussite scolaire, et une communication institutionnelle lacunaire malgré les efforts de l’Ordre depuis 2021. Nous avons déjà relaté dans ces colonnes comment des barrières culturelles et réglementaires freinent la compréhension des métiers. De là il n&rsquo;y a qu&rsquo;un pas à considérer que le manque d’éducation dès le secondaire est une faute systémique. Sans une campagne agressive pour valoriser la pharmacie, de la recherche à l’hôpital, les efforts apparents ne resteront qu&rsquo;un pis-aller, minant la motivation des futurs diplômés.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Pénurie et paradoxe en PUI : un gâchis de compétences</h3>



<p>La démographie pharmaceutique, majoritairement féminine (âge moyen 46 ans stable), stagne. L’Ordre prévoit une baisse de 2,3 % des effectifs d’ici 2035 si les vacants persistent, avec un déclin des biologistes médicaux et une hausse limitée (+20 %) en hôpital et industrie. La DREES, en 2021, alertait déjà sur ce déséquilibre face à une population croissante. Mais un paradoxe criant, absent du rapport, aggrave la crise : la pénurie en Pharmacie à Usage Intérieur (PUI) hospitalière. Depuis le décret de 2017 (article L.5126-1), l’accès aux PUI exige un DES de pharmacie hospitalière via un internat de quatre ans. La dérogation temporaire (deux ans d’expérience pour non-DES) expire le 1er juin 2025, laissant des centaines de postes vacants et forçant des externalisations coûteuses. Nous avons <a href="https://citizen4science.org/lutte-contre-les-deserts-medicaux-peu-mediatisee-la-penurie-de-pharmaciens-hospitaliers-est-egalement-concernee-quelles-solutions-a-lhorizon/">récemment dénoncé ce levier au point mor</a>t qu&rsquo;est le frein à la mobilité public-privé : des pharmaciens industriels, experts en recherche clinique, gestion des essais ou pharmacovigilance, sont exclus des PUI pour des raisons réglementaires (DES obligatoire) et culturelles (défiance envers les « industriels »). Une question sénatoriale de novembre 2024 alerte sur ce blocage, plaidant pour des reconversions facilitées. Le CNOP confirme l’urgence, avec la fin des dérogations en 2025. Analysons : ce cloisonnement est un non-sens. Les pharmaciens industriels, formés à des standards rigoureux (bonnes pratiques cliniques, normes EMA), pourraient pallier les pénuries en PUI, où leur expertise en gestion des stocks et protocoles thérapeutiques est directement transférable. Ce verrou réglementaire, justifié par une quête de spécialisation et de protection de la section dédiée de l&rsquo;Ordre, frise l’absurde dans un contexte de crise hospitalière. En ignorant cette question, le rapport rate une opportunité de plaidoyer pour une mobilité fluide, essentielle à la résilience du système.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Le besoin d&rsquo;un plan pour redynamiser la filière</h3>



<p><br>Le rapport bi-académique propose neuf mesures pour la réforme de 2026-2027 : information obligatoire en lycée et portail Parcoursup dédié aux métiers ; enseignements équilibrés en première année (20-27 ECTS santé/disciplinaire/transversal) ; accès expérimental spécifique à la pharmacie (un tiers des places). Il prône aussi une professionnalisation (simulations, DES officine/industrie), l’extension du CESP pour zones sous-dotées, un oral recentré sur l’adéquation professionnelle, des passerelles élargies (10 à 30 % des places) et un « droit au remords » entre filières. Ces pistes, nourries par des auditions comme celle de Maryse Camus-Piszek (Ordre), s’alignent sur l’appel de la Cour des comptes à une voie unique simplifiée. Ces mesures apparaissent comme solides, mais leur timidité sur la mobilité post-diplôme, notamment vers les PUI, limite leur portée. Intégrer des passerelles pour pharmaciens industriels vers l’hôpital serait un signal fort d’innovation.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Fluidifier les carrières pour une pharmacie agile et résiliente</h3>



<p>Ce rapport est un cri d’alarme : sans réforme audacieuse, la pharmacie risque de s’effacer face à une médecine survalorisée, menaçant l’accès équitable aux soins. Les recommandations tracent une voie, mais elles esquivent un levier crucial : la mobilité public-privé et la nécessité de briser les silos entre officine, industrie et hôpital. C&rsquo;est ainsi que la France pourrait non seulement combler ses pénuries, mais faire de la pharmacie un modèle d’agilité interdisciplinaire pour une santé publique robuste et inclusive.</p>



<p><em>Mise à jour : 12/11/2025 &#8211; ajout de la tribune du Dr Beaudeux.</em></p>



<p><em>Illustration d&rsquo;en-tête :  Allison Saeng</em></p>



<p><em>Science infuse&nbsp;est un service de presse en ligne agréé (n° 0329 X 94873) piloté par&nbsp;Citizen4Science, association à but non lucratif d’information et de médiation scientifique.<br>Non subventionné, notre média dépend entièrement de ses contributeurs pour continuer à informer, analyser, avec un angle souvent différent car farouchement indépendant. Pour nous soutenir, et soutenir la presse indépendante et sa pluralité, faites un don pour que notre section site d&rsquo;actualité et d&rsquo;analyse reste d&rsquo;accès gratuit&nbsp;!</em></p>



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<p></p>



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<p></p>
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