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	<title>Pensée critique Archives - Science infused site d&#039;actualités</title>
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	<description>Éditeur C4S, association loi 1901</description>
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	<title>Pensée critique Archives - Science infused site d&#039;actualités</title>
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		<title>Hantavirus : et si le vrai sujet n&#8217;était pas le bateau  ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Fabienne Blum]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 09 May 2026 21:39:37 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Analyse]]></category>
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					<description><![CDATA[Trois morts sur un navire de croisière, et la France entière se demande si l&#8217;équivalent du Covid revient. Pendant ce]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong><strong><em>Trois morts sur un navire de croisière, et la France entière se demande si l&rsquo;équivalent du Covid revient. Pendant ce temps, 19 cas d&rsquo;hantavirus ont été recensés en France métropolitaine depuis janvier sans que personne ne s&rsquo;en émeuve. Ce que cette séquence dit de nous est peut-être plus intéressant que le virus lui-même.</em></strong></strong></h2>



<h3 class="wp-block-heading"><strong><strong>Les faits</strong></strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le <a href="https://www.who.int/fr/news">3 mai 2026, l&rsquo;OMS a alerté </a>sur un possible foyer d&rsquo;infection à hantavirus à bord du navire néerlandais MV Hondius reliant Ushuaïa en Argentine vers l&rsquo;Europe. Le séquençage viral, réalisé par les autorités sanitaires sud-africaines le 6 mai, a identifié une souche de type Andes, la seule parmi les 38 souches connues capable de se transmettre d&rsquo;une personne à l&rsquo;autre, bien que ce mode de transmission reste marginal par rapport à l&rsquo;exposition aux rongeurs infectés.</p><div id="citiz-448118122" class="citiz-contenu citiz-entity-placement"><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-9064228701299411" crossorigin="anonymous"></script><ins class="adsbygoogle" style="display:block;" data-ad-client="ca-pub-9064228701299411" 
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<p class="wp-block-paragraph">Trois passagers sont morts, cinq cas ont été confirmés en laboratoire et trois sont suspects. Le navire, immobilisé au large du Cap-Vert, a été autorisé à rejoindre les îles Canaries pour permettre la prise en charge des passagers.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;OMS, dans son communiqué du 8 mai 2026,  a maintenu un discours constant tout au long de la crise, précisant que le risque pour l&rsquo;ensemble de la population mondiale est éminemment faible.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong><strong><strong>Ce que la couverture médiatique dit de nous<br></strong></strong></strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Dès les premières heures, le réflexe est pavlovien. « Faut-il s&rsquo;inquiéter ? », « Un remake du Covid ? », « La France est-elle prête ? » Les chaînes d&rsquo;information en continu convoquent infectiologues et réanimateurs, les éditorialistes politiques commentent la gestion de crise potentielle, et les images de soignants en combinaison intégrale autour du navire immobilisé circulent en boucle. Certains médias, comme France Info le 7 mai, reconnaissent eux-mêmes que « l&rsquo;image rappelle les pires heures de l&rsquo;épidémie de Covid ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce réflexe, au-delà du sensasionnalisme à la recherche de buzz, a ici un nom en psychologie cognitive : le biais de disponibilité . Nous évaluons la probabilité d&rsquo;un événement futur à l&rsquo;aune des événements passés qui nous ont le plus marqués. La pandémie de Covid-19 a constitué un traumatisme collectif d&rsquo;une intensité suffisante pour que tout virus inconnu ou peu connu du grand public, présenté avec des images de navire bloqué et de patients évacués en urgence, active immédiatement le même registre émotionnel. Ce biais n&rsquo;est pas irrationnel en soi : il est humain. Mais il est du rôle du journalisme scientifique de le nommer et de le corriger plutôt que de l&rsquo;amplifier&#8230;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les caractéristiques virologiques de l&rsquo;hantavirus le distinguent structurellement du Covid-19 sur les points essentiels. Contrairement à la grippe et au Covid-19, la transmission interhumaine ne relève pas de contacts informels à distance, mais de véritables contacts physiques étroits. Ce virus, resté depuis trente ans dans des campagnes rurales d&rsquo;Argentine et du Chili, n&rsquo;a pour le moment jamais dépassé ces frontières géographiques, comme l&rsquo;a rapplelé l&rsquo;épidémiologiste Antoine Flahault sur France Info le 8 mai dernier.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans la foulée, hier 9 mai, <em>Le Parisien</em> consacrait un article à une épidémie de gastro-entérite touchant une centaine de passagers sur le <em>Caribbean Princess</em>. Une gastro sur un paquebot ? c&rsquo;est assez banal et en temps ordinaire, un non-événement absolu. C&rsquo;est la démonstration par l&rsquo;absurde de ce que les spécialistes des médias appellent la contamination narrative : le cadre émotionnel ouvert par le premier événement absorbe et grossit tout ce qui lui ressemble, même de loin. Le virus n&rsquo;est plus dans le bateau. Il est dans les rédactions.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong><strong><strong>Couverture médiatique lacunaire sur les 19 cas en France depuis janvier</strong></strong></strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est ici que le vrai sujet commence. Entre janvier et mars 2026, le Centre national de référence des hantavirus, intégré à l&rsquo;Institut Pasteur de Paris, a recensé 19 cas confirmés d&rsquo;infection récente par un hantavirus en France métropolitaine, ce qui se situe dans la moyenne mensuelle habituelle, <a href="https://anrs.fr/recherche/maladies-pathogenes/hantavirus/">selon l&rsquo;ANRS-MIE</a>. Et cela dans la plus parfaite indifférence médiatique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce n&rsquo;est pas nouveau, et les hantavirus non plus, connus depuis plusieurs décennies. En 2021, une épidémie sans précédent d&rsquo;hantavirus a touché la France métropolitaine, principalement le massif du Jura, avec 320 cas détectés sur l&rsquo;année et même une extension de la zone d&rsquo;endémie à de nouveaux départements, dont le Cher (Centre national de référence des hantavirus, rapport d&rsquo;activité 2021, Institut Pasteur).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Aucune chaîne d&rsquo;information n&rsquo;a mis en scène des soignants en combinaison. Aucun éditorialiste politique n&rsquo;a demandé si la France était prête. Ces cas sont ruraux, discrets, portés par des campagnols roussâtres dans des forêts françaises, pas par un navire de croisière néerlandais parti d&rsquo;Argentine.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dès lors, la question se pose : qui décide qu&rsquo;un risque sanitaire mérite la une et le traitement émotionnel de crise ? Les données épidémiologiques réelles ? Ou la mort de touristes occidentaux sur un bateau photographié par des hélicoptères de presse ?</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong><strong><strong>La géopolitique invisible de la santé mondiale</strong></strong></strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">En 2025, huit pays américains ont signalé des cas confirmés de syndrome pulmonaire à hantavirus, cumulant 229 cas et 59 décès (ANRS-MIE, mai 2026). Il s&rsquo;agit de cinquante-neuf morts en Amérique du Sud. Cette année-là pourtant, c&rsquo;est le silence médiatique quasi total en France. L&rsquo;Argentine est le pays enregistrant le plus grand nombre de cas sur le continent américain, et c&rsquo;est exactement le pays d&rsquo;où est recensé le problème initialement. Ce n&rsquo;est pas une coïncidence, c&rsquo;est la réalité épidémiologique d&rsquo;une région du monde que nous ne regardions pas, jusqu&rsquo;à ce qu&rsquo;un navire de croisière fasse le lien géographique avec notre quotidien.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces infections illustrent pleinement l&rsquo;importance d&rsquo;une approche intégrée « One Health », au croisement de la santé humaine, animale et environnementale, comme le souligne l&rsquo;Institut Pasteur de Lille. Cette approche postule que la santé humaine est indissociable de la santé des écosystèmes. Un rongeur porteur d&rsquo;hantavirus dans le Jura ou dans les pampas argentines est un signal épidémiologique qui mérite autant d&rsquo;attention qu&rsquo;un navire bloqué au large du Cap-Vert. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais le rongeur n&rsquo;est pas photogénique, et il n&rsquo;y a pas d&rsquo;hélicoptère de presse au-dessus des forêts du Jura.<strong><strong><strong><br></strong></strong></strong></p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong><strong><strong>Communication institutionnelle : une sobriété dont la presse devrait s&rsquo;inspirer<br></strong></strong></strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Il faut ici rendre justice aux institutions sanitaires françaises et internationales, qui ont cette fois globalement bien géré leur communication. L&rsquo;OMS a maintenu un discours constant et mesuré tout au long de la crise. L&rsquo;Institut Pasteur de Lille a rappelé clairement que « l&rsquo;hantavirus n&rsquo;est pas un virus émergent », formulation précise et apaisante qui méritait d&rsquo;être davantage reprise par les médias grand public.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce contraste entre la sobriété institutionnelle et l&#8217;emballement médiatique est lui-même un enseignement. Il montre que le problème n&rsquo;est pas, cette fois, la communication des agences sanitaires : c&rsquo;est la logique d&rsquo;économie de l&rsquo;attention qui pousse les médias à transformer un incident sérieux mais circonscrit en signal d&rsquo;alarme généralisé. Pour le buzz ?</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong><strong><strong>Ce que cette séquence devrait nous apprendre&#8230;</strong></strong></strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Nous proposons trois leçons, pour finir, que cette séquence rend visibles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La première : notre système d&rsquo;attention médiatique aux risques sanitaires est géographiquement et socialement biaisé. Cinquante-neuf morts d&rsquo;hantavirus en Amérique du Sud en 2025 ne valent pas trois morts sur un navire de croisière européen dans la hiérarchie de l&rsquo;information. Ce n&rsquo;est pas un jugement moral sur les journalistes : c&rsquo;est une description d&rsquo;un système qui répond à la proximité émotionnelle plutôt qu&rsquo;à la réalité épidémiologique.<br></p>



<p class="wp-block-paragraph">La deuxième : l&rsquo;approche <em>One Health</em>, qui consiste à surveiller en continu les signaux faibles à l&rsquo;interface entre la faune sauvage et la santé humaine, est précisément ce qui permet de ne pas être surpris. L&rsquo;ANRS-MIE soutient actuellement un projet de recherche intitulé TRANSVI, visant à caractériser les chaînes de transmission des hantavirus entre faune sauvage et humain dans la péninsule du Yucatan au Mexique. Ce type de recherche de fond, invisible et peu spectaculaire, est infiniment plus utile à la préparation aux pandémies qu&rsquo;une semaine de couverture en continu d&rsquo;un navire immobilisé.<br></p>



<p class="wp-block-paragraph">La troisième, enfin : le biais de disponibilité post-Covid est désormais un facteur de risque communicationnel à part entière. Il amplifie les signaux faibles en signaux forts, épuise l&rsquo;attention publique sur des événements circonscrits, et risque, à terme, de produire l&rsquo;effet inverse : une indifférence réelle face au prochain signal qui, lui, méritera vraiment l&rsquo;alarme. Former le public à distinguer un incident sérieux d&rsquo;une menace pandémique est aussi urgent que de surveiller les rongeurs du Jura. Les deux, d&rsquo;ailleurs, relèvent du même impératif : regarder la réalité telle qu&rsquo;elle est, pas telle qu&rsquo;on a peur qu&rsquo;elle soit.<br><strong><strong><strong><br></strong></strong></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><br><br><br><em>Illustration d&rsquo;en-tête : Andrea pour Science infused </em></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



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		<title>Désinformation en santé : le Comité Citoyen Saison 4 privilégie la promotion positive et la médiation face à l&#8217;approche verticale et répressive du rapport institutionnel</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Fabienne Blum]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 03 Apr 2026 11:55:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Analyse]]></category>
		<category><![CDATA[Désinformation]]></category>
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					<description><![CDATA[Le rapport remis fin février 2026 constitue un désaveu démocratique d&#8217;une bonne partie de la stratégie de centralisation punitive proposée]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h3 class="wp-block-heading">Le rapport remis fin février 2026 constitue un désaveu démocratique d&rsquo;une bonne partie de la stratégie de centralisation punitive proposée par le rapport sur la désinformation en santé commandé par l&rsquo;éphémère ministre de la Santé Yannick Neuder. </h3>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<h2 class="wp-block-heading">Rapport Désinformation en santé : une logique de guerre née d’un entre-soi institutionnel et de luttes de clans sur les réseaux sociaux</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Remis le 12 janvier 2026 à Stéphanie Rist, ministre de la Santé, par leurs auteurs Mathieu Molimard, Dominique Costagliola et Hervé Maisonneuve à la suite de pas moins de 156 entretiens auprès de 270 acteurs (agences sanitaires, médias, plateformes, associations et militants des controverses de la période Covid), ce texte est intitué : « Information en santé &#8211;  Bilan des forces et des faiblesses &#8211; Recommandations pour une stratégie nationale d’information et de lutte contre la désinformation en santé ».<br>Il avait été commandé par Yannick Neuder (les Républicains) pendant ses huit mois en 2025 à la tête du ministère de la Santé.</p><div id="citiz-169535271" class="citiz-contenu citiz-entity-placement"><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-9064228701299411" crossorigin="anonymous"></script><ins class="adsbygoogle" style="display:block;" data-ad-client="ca-pub-9064228701299411" 
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<p class="wp-block-paragraph">Ce rapport  structure sa stratégie autour de six piliers. Il place au centre la création d’un Observatoire national doté d’IA et d’infovigilance, un Info-Score Santé classant les sources d&rsquo;information de A à E, et <br>« l’inversion du risque » : sanctionner les désinformateurs, protéger les scientifiques, communiquer sur les peines appliquées pour dissuader. </p>



<p class="wp-block-paragraph">La confiance en la science et la santé y apparaît dès lors avant tout comme le résultat d’un contrôle institutionnel renforcé, avec, comme il se doit dans notre culture politique, la création d&rsquo;une nième structure institutionnelle prête à s&#8217;empiler sur notre millefeuille administratif pléthorique.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L&rsquo;indépendance à géométrie variable</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Notons que si les auteurs du rapport Désinformation en santé clament leur indépendance, deux des trois étaient fonctionnaires du service public de santé au moment de la remise du rapport, et le troisième, M. Maisonneuve en est le conseiller à plus d&rsquo;un titre puisqu&rsquo;il est membre de l&rsquo;Office d&rsquo;intégrité scientifique de Assistance Publique des Hôpitaux de Paris (AP-HP), membre de la Conférence des Doyens des facultés de médecine et du Conseil national des Universités (CNU) et vient en outre d&rsquo;être nommé par Santé Publique France comme référent sur &#8230; la désinfomation en santé. CQFD.</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<h2 class="wp-block-heading">Notre analyse prémonitoire de l&rsquo;approche du Comité Citoyen </h2>



<p class="wp-block-paragraph">Nous l’avions déjà souligné dans notre article d&rsquo;analyse « <a href="https://citizen4science.org/desinformation-en-sante-un-rapport-sans-idees-nouvelles/">Désinformation en santé : un rapport sans idées nouvelles et une méthodologie qui interroge</a> » : la mission commandée par M. Neuder a abouti à un rapport qui s&rsquo;avère issu, malgré les chiffres impressionnants mis en avant quant au nombre d&rsquo;entretiens réalisés par les auteurs, de façon écrasante d&rsquo;une consultation effectuée dans l&rsquo;entre-soi d&rsquo;un double réseau institutionnel et militant de réseaux sociaux. Il reformule des recettes déjà connues sans renouveler le cadre relationnel et culture du problème, préférant le dirigisme et la centralisation assorti de mesures dissuasives et répressives.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://sante.gouv.fr/IMG/pdf/260218_rapport_comite_citoyen_saison_4-2.pdf">La réflexion du Comité citoyen</a> apporte un contraste saisissant. Entre décembre 2025 et février 2026, la Délégation au numérique en santé a réuni 26 citoyens tirés au sort par Harris Interactive, reflétant la diversité française. Ils ont travaillé durant trois week-ends pour répondre à une question précise : « Quel est le rôle des pouvoirs publics pour garantir l’accès à une information fiable en santé, favoriser une meilleure santé pour chacun et préserver la confiance dans le savoir scientifique ? »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Leur diagnostic est lucide : la désinformation prospère non par manque de sanctions, mais parce que l’information fiable reste distante, anonyme et parfois condescendante. Dès l’introduction, ils tranchent : <br>« Nous ne pensons plus que la priorité est de traquer toutes les fausses informations. Cette tâche est infinie. Nous pensons que l’enjeu principal est ailleurs : rendre l’information en santé fiable, claire et accessible, beaucoup plus visible. »</p>



<h2 class="wp-block-heading"><br>Promotion constructive, médiation et humanisation : le cœur du choix citoyen</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le rapport privilégie une communication sur le temps long : contenus incarnés par des visages identifiés (professionnels de santé, experts accessibles), ton humain, non moralisateur, ludique et humoristique, avec gamification. Les réseaux sociaux sont investis avec les mêmes codes que les contenus viraux, mais au service de repères fiables. Un indice de fiabilité santé est soutenu, mais uniquement pour évaluer la méthode de production de façon pédagogique. Aucune création d’Observatoire national, aucune infovigilance automatisée, aucune communication sur les sanctions. La répression reste une réflexion marginale. L’éducation progressive dès l’école, la formation des soignants à la reconnaissance des incertitudes et la médiation de proximité complètent un dispositif qui mise sur la durée et la confiance construite.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les voix fiables : professionnels de santé au centre, influenceurs en relais secondaires seulement</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le rapport citoyen affirme sans ambiguïté que les professionnels de santé coordonnés par les institutions constituent « les acteurs les plus légitimes en matière d’information en santé ». Ils doivent être placés au cœur de l’action. Les influenceurs ne sont mobilisés qu’en partenariat pour relayer des messages validés, jamais comme des sources primaires ou des voix d&rsquo;experts. Une distinction nette est maintenue entre pratiques conventionnelles et non conventionnelles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette position du panel de citoyens met en lumière une limite méthodologique et structurelle du rapport de M. Molimard et collègues : la consultation s’est largement appuyée sur des acteurs non professionnels de santé (journalistes, militants,  fact-checkers, influenceurs), qui se sont positionnés opportunément lors de la crise sanitaire comme voix de la science et détenteurs d&rsquo;expertise en santé sans légitimité, concourant à brouiller les cartes dans l&rsquo;esprit du public.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quant au renoncement à traquer les « fake news », le Comité Citoyen semble a voir compris qu&rsquo;il s&rsquo;agit surtout d&rsquo;un business au même titre que les disséminer en est un.  Sans la nommer, la loi de Brandolini  est à la rescousse pour choisir de clore ce volet visant à traquer le faux et publir leurs auteurs.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La non-médiation scientifique : le vide laissé aux cercles polarisés des réseaux sociaux</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le rapport citoyen comble précisément le vide que nous analysons depuis plusieurs années et avons baptisé la « non-médiation scientifique ». Sur les réseaux sociaux, principale source d’information pour les 15-30 ans, les vrais experts médicaux ont souvent déserté l’espace. Celui-ci a été occupé par des cercles militants qui ont également nourri la consultation du rapport commandé par Yannick Neudeur de leurs vues polarisées et souvent non expertes en la matière : groupes baptisés « pro-science », fact-checkers autoproclamés ou désignés, surfeurs numériques de la vague Covid, qui parlent au nom de la science sans en maîtriser pleinement les bases,  les incertitudes ou la pratique quotidienne. Au lieu d’expliquer ce qui est connu, ce qui reste incertain et ce qui peut évoluer, ces voix opposent souvent vérité absolue et mensonge, autorité et conspiration, bons et méchants avec des actions aggressives dirigées sur des cibles humaines. <br>Le Comité Citoyen l&rsquo;a bien compris : « Reconnaître les incertitudes scientifiques, expliquer les choix, admettre les erreurs passées, parler avec pédagogie plutôt qu’avec autorité, renforce la crédibilité au lieu de l’affaiblir. », appellent-ils de leurs vœux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Comité Citoyen propose donc une voie prospective : rendre les professionnels de santé visibles et formés à la médiation, investir le ludique et la proximité, construire des repères durables plutôt que poursuivre la logique de guerre en traquant des ennemis. Il refuse la centralisation punitive,  etreplace le citoyen au cœur du dialogue.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le message démocratique est puissant : face à la défiance, la solution n’est pas plus d’observatoires ni plus de sanctions venues d’un entre-soi militant, mais plus d’humanité, plus de communication non vioente, plus d’honnêteté sur les incertitudes et plus de légitimité médicale réelle. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Les pouvoirs publics ont désormais le choix : écouter la voix pragmatique des citoyens ordinaires ou persister dans une guerre informationnelle qui, depuis les réseaux, n’a fait qu’aggraver la crise.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’avenir de la confiance du public en la science et la santé se joue probablement sur ce terrain.</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><br><br><br></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Illustration d&rsquo;en-tête : Samuel Regan-Asante</em></p>



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		<title>« Cancer Backlash » ou opération Bashing ? Quand la contre-offensive au nom de la science devient tentative de bâillon d&#8217;opinion</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Fabienne Blum]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 06 Mar 2026 14:47:29 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Analyse]]></category>
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					<description><![CDATA[Deux textes d’opinion publiés en février 2026, à savoir une chronique dans Le Monde et une tribune présentée comme «]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
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<h3 class="wp-block-heading"><br>Deux textes d’opinion publiés en février 2026, à savoir une chronique dans Le Monde et une tribune présentée comme « droit de réponse » sur le blog Atlantico, mobilisent les mêmes données épidémiologiques pour défendre des thèses opposées sur les causes du cancer. Cet affrontement révèle comment la vérification des faits (factchecking) peut se transformer en outil de polarisation idéologique et finir par détruire sa propre crédibilité et la confiance en la science.</h3>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/02/22/la-rhetorique-du-cancer-backlash-presente-de-nombreuses-analogies-avec-le-climatoscepticisme_6667771_3232.html">La chronique du journal <em>Le Monde</em> </a>intitulée « La rhétorique du cancer backlash présente de nombreuses analogies avec le climatoscepticisme » datée du 22 février 2026 et la <a href="https://atlantico.fr/article/decryptage/la-fabrique-de-la-peur-contre-le-cancer-backlash-le-doute-scientifique-oublie-jacques-robert-jerome-barriere">tribune de contre-attaque sur le blog Atlantico</a> intituée « La fabrique de la peur contre le cancer backlash » le 24 février 2026 partagent les mêmes références de Santé publique France (2015) mais les encadrent dans des récits antagonistes. La première dénonce une rhétorique qui minimiserait les déterminants environnementaux au profit d’une focalisation sur tabac, alcool et hasard, d&rsquo;où « backlash » dans le sens risque de « retour de bâton » ; la seconde accuse cette alerte d’être une « fabrique de la peur » militante qui efface les ordres de grandeur établis. Cette symétrie rhétorique illustre un phénomène plus large : quand le militantisme s’empare du fact-checking, il le vide de sa substance méthodologique et le rend inopérant pour le débat public.</p><div id="citiz-1597981488" class="citiz-contenu citiz-entity-placement"><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-9064228701299411" crossorigin="anonymous"></script><ins class="adsbygoogle" style="display:block;" data-ad-client="ca-pub-9064228701299411" 
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<p class="wp-block-paragraph">Précisons-le en préambule : ici et comme souvent dans nos colonnes, nous nous intéressons plus aux contenus qu&rsquo;aux contenants, esprit critique oblige. Ainsi dans notre affaire, nous ne citerons même pas les auteurs, mais il est intéressant de noter qu&rsquo;ils ont en commun un fort militantisme : l&rsquo;auteur de la chronique est un journaliste professionnel engagé, qui a ses bêtes noires notamment les industries pharmaceutique et agro-chimique. Les auteur principal du texte de blog sont deux cancérologue dont l&rsquo;un militant sur les réseaux sociaux.</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<h2 class="wp-block-heading">Quand l&rsquo;attaque lourde se fait passer abusivement pour droit de réponse </h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le droit de réponse, prévu par l’article 13 de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse, est un mécanisme judridique, précis et limité. Il permet à toute personne nommée ou désignée dans un écrit périodique de faire insérer une rectification courte, factuelle et non abusive, visant à rétablir des faits précis qui portent atteinte à son honneur ou à sa considération. La réponse doit être proportionnée à la mise en cause, polie, non injurieuse et ne pas attaquer des tiers. Le directeur de publication est tenu de l&rsquo;insérer à la même place et en mêmes caractères que l’article initial, sous peine d’amende et de dommages-intérêts. </p>



<p class="wp-block-paragraph">La tribune publiée sur le site Atlantico, présentée comme telle est très longue, soit environ 2000 mots contre la chronique d&rsquo;opinion, un format court soit ici 875 mots. Elle est structurée en introduction, rejet du terme « backlash », description de quatre « inversions accusatoires » numérotées et d&rsquo;une conclusion morale. Rien ici n’entre dans les cases du droit de réponse. . D&rsquo;ailleurs, elle se ne rectifie pas des imputations factuelles nominatives ; elle construit une contre-démonstration offensive qui accuse explicitement le chronique attaquée de « caricature militante », de « glissement vers les intentions », de « fabrique de la peur » et de « récit totalisant ». Nul ne pourra douter ici qu&rsquo;il s&rsquo;agit de jugement.  <em>Le Monde</em> a donc refusé son insertion, ce qui est parfaitement conforme au cadre légal et éditorial : un journal n’est pas tenu d’ouvrir ses colonnes à une tribune contradictoire déguisée en droit de réponse, et encore moins sur un sujet d’opinion.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En maintenant l’étiquette « droit de réponse » malgré ce refus éclairant, le texte de blog adopte une stratégie de victimisation, d&rsquo;ailleurs exprimée avec colère et indignation sur les réseaux sociaux, qui vise à délégitimer le refus et à forcer une visibilité médiatique alternative.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Mobilisation sélective des données : cherry-picking et cadrage biaisé</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui est intéressant notamment, c&rsquo;est que la chronique et le texte de blog citent les mêmes estimations de Santé publique France sur des données 2015 : 41 % des cancers attribuables à des facteurs modifiables connus (tabac environ 20 %, alcool  environ 8 %, expositions professionnelles environ 3,6 %, pollution de l’air extérieur environ 0,4 %), et 59 % non attribués.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La chronique met l’accent sur ces 59 % comme une marge substantielle potentiellement liée à des expositions chroniques à bas bruit (néonicotinoïdes, perturbateurs endocriniens, PFAS), pour lesquelles les cohortes longitudinales font défaut , la biosurveillance des néonicotinoïdes n’ayant commencé qu’en 2025. Elle rappelle aussi le déclin marqué du tabagisme (fumeurs quotidiens de 28,7 % en 2015 à 18,4 % en 2024) et de l’alcool pour contester l’idée que ces facteurs suffiraient à expliquer les tendances récentes. </p>



<p class="wp-block-paragraph">La tribune, elle, martèle ces pourcentages pour réduire la part résiduelle à du vieillissement (plus de six cancers sur dix après 65 ans), du hasard et des susceptibilités individuelles. On remarque qu&rsquo;elle omet de préciser que les 59 % « non attribués » datent d’une méthodologie qui, par construction, excluait les expositions chroniques mal documentées à l’époque. Cette sélection sélective des mêmes données, à savoir pondération maximale sur les facteurs quantifiés d’un côté, minimisation des incertitudes de l’autre, constitue un « cherry-picking » classique : les chiffres sont vrais, mais leur usage sert un cadrage idéologique préexistant plutôt qu’une analyse équilibrée.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le faux dilemme renforcé et le sophisme de la relativisation</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les deux écrits construisent un faux dilemme symétrique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La chronique insinue que recentrer le discours sur tabac et alcool revient à « agiter ces deux fléaux pour faire oublier tout le reste » et à servir la démolition des normes environnementales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La tribune réplique que toute mise en avant des expositions chroniques « efface les ordres de grandeur » et favorise une relativisation dangereuse des comportements individuels. Or aucun des deux ne propose d’abandonner la lutte contre le tabac ou l’alcool. Les études mentionnées implicitement (comportements globalement plus protecteurs chez les consommateurs de produits bio en France, Allemagne et Danemark) contredisent même l’idée d’un effet de substitution négatif. En posant un choix binaire – hiérarchie stricte ou dilution des priorités –, chaque partie disqualifie l’adversaire sans démontrer l’incompatibilité réelle des approches. Ce sophisme transforme un débat sur la proportionnalité des actions en confrontation morale : science rigoureuse contre alarme irraisonnée, ou alerte légitime contre déni déguisé.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’inversion accusatoire miroir et la disqualification mutuelle</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La tribune reproche à la chronique de déplacer le débat « du terrain des faits vers celui des intentions », d’assimiler le sujet au climatoscepticisme et d’employer des étiquettes disqualifiantes (« mensonge au nom de la science », « marchands de peur »).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pourtant, elle procède exactement de la même façon : accusation de « caricature militante », de « récit totalisant », de « fabrique de la peur » et de « glissement moral ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette inversion accusatoire symétrique annule la portée de la critique initiale. En effet, quand les deux camps se renvoient les mêmes procédés avec la même virulence, le lecteur n’a plus de critère fiable pour distinguer l’analyse méthodique de la posture idéologique. Le débat s’enlise dans une boucle de défiance réciproque qui érode la confiance envers toutes les sources.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le populisme rhétorique paternaliste : appel à la raison contre la peur</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La tribune adopte un ton populiste empreint de paternalisme : elle se présente comme la voix de la « rigueur sans bord politique », appelle à refuser « l’affolement » et oppose la « prévention efficace » fondée sur la quantification à une mobilisation basée sur la peur. Cette posture qui consiste à se revendiquer de la modération et du rationalisme contre les alarmistes est efficace sur le plan émotionnel mais fallacieuse sur le fond : elle disqualifie toute alerte sur des expositions mal quantifiées comme intrinsèquement irrationnelle, sans proposer de protocole concret pour combler les lacunes, comme par exemple l&rsquo;extension massive de cohortes et la biosurveillance accélérée. Cette rhétorique populiste, qui joue sur l’opposition raison/peur, sert à clore le débat plutôt qu’à l’ouvrir sur des priorités opérationnelles.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une contre-offensive en miroir décuplé qui renforce la chronique dénoncée</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Loin de réfuter la thèse de la chronique, la tribune d’Atlantico la valide par sa forme même. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Le journaliste décrit le « cancer backlash » comme un discours qui, sous l’apparat de la science prudente, mélange omissions, sophismes et inversions accusatoires pour disqualifier les alertes environnementales et servir des intérêts anti-régulation. Or, l&rsquo;attaque en retour sur le blog accumule précisément ces mécanismes : cherry-picking sélectif, inversion miroir des accusations, disqualification morale symétrique, faux dilemme renforcé, et cadrage biaisé qui minimise les incertitudes chroniques pour justifier le statu quo. En voulant opposer la « rigueur » autoattribuée à la « peur », elle décuple les procédés qu’elle dénonce et fournit un exemple vivant de ce schéma. Ironiquement, cette contre-offensive renforce le diagnostic initial plutôt que de le contredire : elle montre comment un discours qui se veut rationnel peut, par sa propre rhétorique, confirmer les analogies avec le climatoscepticisme et les stratégies de dépolitisation de la pathologie.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Tentative de sortie de bulle numérique :  un effet de loupe sur les biais polarisés</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ce pouvait rester une passe d’armes confinée à X (ex Twitter, où les biais se renforcent mutuellement par like et retweet) devient, une fois transposé en tribune, une démonstration grossissante des travers de ces bulles polarisées : écho-chambre qui amplifie les sophismes, double standard sur la « rigueur », disqualification systématique de l’autre camp, et illusion que répéter la même grille de lecture hors de la bulle étanche formés par les militants sur les réseaux sociaux, va lui donner force et crédibilité.  Au contraire, le passage au format « article » agit comme une loupe : les excès rhétoriques, les omissions sélectives et le populisme raison/peur deviennent flagrants, et finissent par renforcer la thèse initiale de la chronique du Monde plutôt que de la démonter. C’est un cas d’école : quand des militants de réseaux sociaux tentent de « sortir » leur bulle en forçant une tribune, ils ne gagnent pas en légitimité ; ils exposent simplement, en haute définition, les biais et les fermetures qui la caractérisent déjà sur leur microcosme protégé sur le réseau social.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le bashing comme tentative de bâillon</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La chronique du Monde, en nommant un phénomène « cancer backlash » sans pour autant désigner nommément ses promoteurs, a provoqué, sur la base de l&rsquo;attaque déguisée en droit de réponse, une réaction en chaîne qui s’apparente davantage à un bashing massif qu’à une réfutation argumentée. Ce qui devait être une critique d’un discours récurrent dans certains cercles s’est par la suite transformé, via l&rsquo;activation de la bulle militante sur X, en campagne coordonnée de disqualification personnelle visant le chroniqueur : accusations répétées de militantisme, de mensonge, de peur irrationnelle, de pseudo-science. La tentative répétée et indignée d’obtenir un « droit de réponse » n’est pas ici un exercice de rétablissement des faits ; c’est une volonté affichée d’avoir le dernier mot, de baillonner l’opinion divergente en écrasant sa visibilité et en la renvoyant systématiquement à du militantisme illégitime. Cette dynamique constitue une atteinte paradoxale à la liberté d’expression : on invoque la censure quand on est refusé, mais on pratique l’écrasement numérique quand on est coordonné dans sa bulle cognitive ; une opération de destruction de l’adversaire plutôt que de ses arguments, comme un aveu d&rsquo;une défaite sur le plan des idées et des faits.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le fact-checking militant tue le fact-checking</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La chronique du Monde et la tribune l&rsquo;attaquant montrent comment des données épidémiologiques solides peuvent être sélectionnées, pondérées et cadrées pour servir des récits antagonistes, chacun accusant l’autre des mêmes biais rhétoriques. Le résultat est une polarisation accrue, une érosion généralisée de la confiance envers les sources scientifiques et médiatiques, et un report indéfini des enjeux concrets : ici, production transparente de données longitudinales sur les expositions chroniques, hiérarchisation explicite et proportionnée des facteurs modifiables, politiques de prévention équilibrées. Appeler rigueur scientifique un bouclier rhétorique à base de contre-feu massif au service d’un camp ou d’un autre est  compréhension collective des causes du cancer continuera d’être sacrifiée à des postures militantes plutôt qu’éclairée par la science.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Image d&rsquo;en-tête : en-tête chronique en ligne Le Monde</em> (capture d&rsquo;écran)</p>



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		<title>Vaccin à ARNm contre le mélanome : une avancée médicale prometteuse, vite instrumentalisée sur les réseaux sociaux</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Fabienne Blum]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 25 Jan 2026 11:32:46 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Analyse]]></category>
		<category><![CDATA[cancérologie]]></category>
		<category><![CDATA[Désinformation]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
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		<category><![CDATA[Sciences de l'information et de la communication]]></category>
		<category><![CDATA[Vaccins]]></category>
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					<description><![CDATA[Selon le communiqué de presse de ses promoteurs, les résultats actualisés à cinq ans de l’étude clinique KEYNOTE-942 confirment un]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h3 class="wp-block-heading">Selon le communiqué de presse de ses promoteurs, les résultats actualisés à cinq ans de l’étude clinique KEYNOTE-942 confirment un bénéfice durable et prometteur en immunothérapie. Mais ils suscitent déjà une polarisation extrême sur les réseaux sociaux, où certains militants instrumentalisent ces données précoces pour se promouvoir</h3>



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<h2 class="wp-block-heading">Principes et mécanismes scientifiques de l&rsquo;mmunothérapie personnalisée à base d&rsquo;ARN messager</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La technologie ARNm permet à l&rsquo;organisme de produire des protéines thérapeutiques sans introduire de virus ou de cellules cancéreuses. Dans le cas du mélanome, ce vaccin thérapeutique dont le principe actif est l&rsquo;intismeran autogene, nom de code RNA-4157/V940) est conçu sur mesure pour chaque patient. On commence par séquencer l’ADN de la tumeur réséquée pour identifier une vingtaine de mutations spécifiques, appelées néoantigènes, qui ne sont présents que dans les cellules cancéreuses. Ces néoantigènes sont ensuite encodés dans des molécules d’ARNm synthétique, elles-mêmes encapsulées dans des nanoparticules lipidiques pour une délivrance efficace du médicament dans l&rsquo;organisme du patient.</p><div id="citiz-3953077255" class="citiz-contenu citiz-entity-placement"><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-9064228701299411" crossorigin="anonymous"></script><ins class="adsbygoogle" style="display:block;" data-ad-client="ca-pub-9064228701299411" 
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<p class="wp-block-paragraph">Une fois injecté, l’ARNm est traduit par les cellules dendritiques du système immunitaire, qui présentent ces néoantigènes aux lymphocytes T. Cela déclenche une réponse immune ciblée : les lymphocytes T CD8+ deviennent cytotoxiques contre les cellules tumorales porteuses de ces marqueurs, tandis que des lymphocytes T mémoire se forment pour une protection à long terme. Associé au pembrolizumab (nom de marque : Keytruda), un médicament anticancéreux inhibiteur PD1 du point de contrôle qui empêche les tumeurs de freiner l’immunité, l’effet thérapeutique est amplifié. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Des études précliniques ont montré une activation robuste et spécifique, avec une mémoire immunitaire durable, évitant les toxicités systémiques des chimiothérapies classiques. L’intérêt scientifique est majeur : cette plateforme personnalisée pourrait s’adapter à d’autres cancers solides (poumon, côlon, pancréas), en passant d’une médecine standardisée à la précision génomique individualisée.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



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<h2 class="wp-block-heading">Résultats concrets de l’essai KEYNOTE-942 et perspectives futures</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’étude clinique KEYNOTE-942 de Moderna et Merck est un essai randomisé de phase 2b, c&rsquo;est-à-dire une phase précoce d&rsquo;administration du vaccin expérimental aux patients. iL inclut 157 patients atteints de mélanome de stade III/IV à haut risque après résection complète (chirurgie). Les participants reçoivent soit l&rsquo;association expérimentale  (vaccin + Keytruda, neuf doses sur un an) soit Keytruda seul à titre de médicament comparateur. Les données à cinq ans, annoncées le 20 janvier 2026 par les promoteurs (Moderna et Merck), montrent une réduction soutenue de 49 % du risque de récidive ou de décès (HR = 0,510 ; IC 95 % : 0,294–0,887 ; p nominal = 0,0075), cohérente avec les analyses à trois ans. Le bénéfice ne s’atténue pas, indiquant une immunité persistante. Le profil de sécurité est gérable : fatigue, douleurs locales et frissons dominent, avec des événements graves comparables entre groupes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce profil homogène ne disqualifie pas le travail produit, mais il en oriente fortement la perspective. Le rapport adopte une lecture du problème largement façonnée par les logiques propres aux réseaux sociaux : affrontements discursifs, personnalisation des controverses, construction de camps antagonistes, polarisation et escalade quel que soit le camp. D’autres approches, pourtant essentielles pour comprendre la défiance telles que sociologie des institutions, relation de soin, médiation de terrain, sciences de l’éducation et de la communication restent marginales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces résultats, révélés au grand public par le <a href="https://www.washingtonpost.com/health/2026/01/20/cancer-drug-mrna-melanoma/">Washington Post</a> , concernent un traitement adjuvant post-chirurgical, et non un traitement du mélanomes métastatique inopérable. Pour confirmer et déterminersi le vaccin expérimental est efficace est sûr, un essai de phase 3 (INTerpath-001), plus large tentera de confirmer les résultats de la phase précoce chez des milliers de patients, avec résultats attendus en 2026. Si ces résultats sont positifs, ils pourraient ouvrir la voie à une autorisation de mise sur le marché qui alors, marquant un tournant en oncologie personnalisée.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><br>L’instrumentalisation rapide de la science sur les réseaux sociaux</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Sur X (ex-Twitter), l’article de vulgarisation a été immédiatement diffusé par des militants autodéclarés « pro-science », déclenchant un clivage immédiat habituel. Le clan en question a relancé des fils éducatifs anciens pour célébrer ces résultats comme une validation définitive de la technologie, opposant explicitement leur camp victorieux aux dangereux clan « antivax ». Les données cliniques préliminaires fournies par les laboratoires pharmaceutiques ont été transformés argument idéologique opposable à  toute critique. À l’opposé, des voix sceptiques dénoncent une « campagne de presse sous influence des firmes », minimisent également les résultats comme étant non significatifs (en invoquant une p-value bilatérale supposée >0,05 ou un essai sous-puissant) ou les relient à des théories non étayées comme les « turbo-cancers ».</p>



<h2 class="wp-block-heading">Contradictions et instrumentalisation politique</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Cette binarité révèle des incohérences flagrantes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les militants autoproclamés « pro-science » exigeaient pendant la pandémie des publications scientifiques revues par les pairs et dénonçaient toute extrapolation hâtive. Aujourd&rsquo;hui, ils s’appuient sur un simple communiqué de presse des laboratoires promoteurs pour clamer une  » victoire » contre les « anti-vax ». <br>Pourtant, toute diffusion d&rsquo;un communiqué de presse était il y a peu qualifiée d&rsquo;anti-science, à coup du slogan-hashtag « Show me the data » signifiant l&rsquo;absence de toute valeur d&rsquo;une communication émanant directement des laboratoires sans publication scientifique. On voit ainsi que ce saint principe est à géométrie variable en fonction du contenu des annonces &#8230;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le camp d&rsquo;en face, lui, recycle des arguments non fondés pour discréditer l’ensemble de la technologie ARNm. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette instrumentalisation politique, ici la transformation de données précoces de phase 2b sans données publiées en arme idéologique, pose un problème éthique sérieux : elle érode la confiance publique en la science, particulièrement fragilisée depuis le Covid-19. </p>



<p class="wp-block-paragraph">À un moment où la prudence est essentielle (données non encore publiées en revue à comité de lecture, phase 3 en attente, accès limité par le coût de la personnalisation), surestimer ou dénigrer prématurément risque de polariser davantage et de freiner une adoption raisonnée. C&rsquo;est l&rsquo;une des leçons de la crise sanitaire.</p>



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<h2 class="wp-block-heading">Prioriser la rigueur et l&rsquo;esprit critique face aux camps de tous bords instrumentalisant la science </h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le médicament expérimental intismeran autogene incarne un espoir concret et scientifiquement solide : une réduction durable du risque de récidive grâce à une immunothérapie ciblée et personnalisée. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces progrès méritent enthousiasme mesuré et vulgarisation honnête, sans instrumentalisation. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce sont finalement les promoteurs eux-mêmes qui appellent comme il se doit à la prudence, comme l&rsquo;indique leur <a href="https://www.merck.com/news/moderna-merck-announce-5-year-data-for-intismeran-autogene-in-combination-with-keytruda-pembrolizumab-demonstrated-sustained-improvement-in-the-primary-endpoint-of-recurrence-free-survival-i">communiqué de presse</a> :   les résultats sont « soutenus » selon leurs dires,  mais tout à fait préliminaires, non extrapolables.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La vigilance s&rsquo;impose: la science avance par accumulation de preuves solides, et le parcours est parfaitement borné et long pour le développement clinique des médicaments, sous Le signe du labeur, de la rigueur et de l&rsquo;expertise. Les invectives peu rigoureuses et non cohérentes de camps binaires politisés drapés de science non maîtrisée ne servent assurément ni son image ni sa compréhension par le grand public. Une leçon malheureusement non tirée de l&rsquo;expérience Covid-19. On ne s&rsquo;en étonnera pas, les mêmes surfeurs de vague foubis des mêmes armes restent à l&rsquo;œuvre sur les réseaux sociaux.</p>



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<p class="wp-block-paragraph"><br><em>Illustration d&rsquo;en-tête : Thirdman</em></p>



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		<title>Désinformation en santé : un rapport sans idées nouvelles et une méthodologie qui interroge</title>
		<link>https://citizen4science.org/desinformation-en-sante-un-rapport-sans-idees-nouvelles/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Fabienne Blum]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 13 Jan 2026 14:14:59 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Analyse]]></category>
		<category><![CDATA[Désinformation]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[Médiation]]></category>
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		<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Pensée critique]]></category>
		<category><![CDATA[Santé]]></category>
		<category><![CDATA[Sciences de l'information et de la communication]]></category>
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					<description><![CDATA[Constats déjà largement documentés, solutions connues reconditionnées et glissement vers des réponses rigides, centralisées et répressives : le rapport remis]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h3 class="wp-block-heading">Constats déjà largement documentés, solutions connues reconditionnées et glissement vers des réponses rigides, centralisées et répressives : le rapport remis à la ministre de la Santé peine à ouvrir des perspectives nouvelles, tout en reléguant la médiation au second plan. L’affichage d’une large concertation masque une forte homogénéité des acteurs mobilisés, qui oriente le dispositif proposé vers l&rsquo;administration de la défiance plutôt que la restauration de la confiance</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Sous couvert d’approche nationale et s’appuyant sur des diagnostics connus de longue date tout en écartant les leviers relationnels, le rapport remis à Stéphanie Rist propose une stratégie normative, centralisée et aux velléités répressives, qui interroge ses effets à long terme sur la confiance, le débat scientifique et la liberté d&rsquo;expression. Présenté comme une réponse structurante à un phénomène complexe, il privilégie l’outillage institutionnel et le cadrage des discours au détriment d’une réflexion approfondie sur les conditions sociales, culturelles et relationnelles de la circulation de l’information en santé. L’occasion de proposer une stratégie véritablement innovante, capable de retisser du lien plutôt que de le réguler, s’en trouve largement manquée.</p><div id="citiz-4092535838" class="citiz-contenu citiz-entity-placement"><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-9064228701299411" crossorigin="anonymous"></script><ins class="adsbygoogle" style="display:block;" data-ad-client="ca-pub-9064228701299411" 
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<h2 class="wp-block-heading">Un diagnostic désormais largement consensuel</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le rapport dresse un tableau familier : circulation accélérée de contenus trompeurs, confusion entre opinions et savoirs établis, difficulté du public à hiérarchiser les sources, fragilisation de la parole scientifique dans l’espace médiatique. La crise sanitaire du Covid-19 a servi de révélateur à ces phénomènes, en les rendant visibles à grande échelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce diagnostic est solide. Mais il est aussi ancien. Les sciences sociales, l’infodémiologie et la médiation scientifique analysent ces mécanismes depuis plus d’une décennie. Les institutions européennes et internationales ont multiplié les rapports sur les liens entre information, confiance et santé publique. De nombreuses initiatives citoyennes et associatives ont expérimenté, souvent avec peu de moyens, des réponses éducatives et participatives.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le rapport s’inscrit clairement dans cette continuité. Il ne renouvelle ni les concepts, ni les cadres d’analyse, mais les reformule dans un langage institutionnel.</p>



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<h2 class="wp-block-heading">Une mission construite dans un entre-soi informationnel</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le choix des rapporteurs constitue un élément central pour comprendre la tonalité du document. Tous sont issus d’un même espace : celui des controverses sanitaires très polarisées sur les réseaux sociaux. Tous ont été, à des degrés divers, des acteurs engagés dans les débats autour du Covid-19, et particulièrement identifiés par leur opposition frontale à certaines figures médiatiques devenues emblématiques de ces conflits.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce profil homogène ne disqualifie pas le travail produit, mais il en oriente fortement la perspective. Le rapport adopte une lecture du problème largement façonnée par les logiques propres aux réseaux sociaux : affrontements discursifs, personnalisation des controverses, construction de camps antagonistes, polarisation et escalade quel que soit le camp. D’autres approches, pourtant essentielles pour comprendre la défiance telles que sociologie des institutions, relation de soin, médiation de terrain, sciences de l’éducation et de la communication restent marginales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce biais initial explique en partie la difficulté du rapport à se décentrer des conflits passés pour penser des réponses véritablement prospectives. Il explique également sans doute le biais de sélection des entretiens qui a précipité l&rsquo;initative dans cet entre-soi peu propice aux idées nouvelles.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><br>Qui parle ? Des entretiens nombreux, mais dans un périmètre étroit</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le rapport met en avant un chiffre impressionnant : 156 entretiens, ayant mobilisé près de 270 personnes. Ce volume donne l’image d’une consultation large et pluraliste. Pourtant, la lecture attentive des profils auditionnés révèle un périmètre nettement plus homogène qu’il n’y paraît. Les personnes interrogées appartiennent majoritairement à trois catégories : militants numériques (réseaux sociaux) en croisade dont leurs relais  habituels au sein de médias et autres fact-checkers, représentants de la fonction publique (institutions sanitaires, universitaires, chercheurs, société sanvantes). Il s’agit, pour l’essentiel, de personnes déjà convaincues de la centralité du problème et largement alignés sur le diagnostic posé par les rapporteurs. À l’inverse, le rapport reste discret, voire silencieux, sur l’audition de profils susceptibles de déplacer le regard : associations citoyennes et de médiation scientifique, médiateurs indépendants de terrain, soignants de premier recours confrontés à la défiance des patients, chercheurs en sciences sociales critiques des politiques publiques de communication, Leur absence interroge. Ainsi, derrière l’affichage d’une consultation large et exhaustive, la composition du panel révèle un angle unique, la pluralité des expériences et des points de vue non institutionnels demeurant très largement marginalisée.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un noyau militant polarisé bruyant comme illusion du consensus</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’analyse détaillée de la liste nominative révèle une configuration plus problématique encore. <br>Environ 15 à 20 % des personnes consultées sont un noyau d’acteurs fortement polarisés constitué récemment (pandémie du Covid-19), très actifs sur les réseaux sociaux, engagés dans des luttes souvent politisées et structurées autour de conflictualités personnalisées. Ces personnes revendiquent une posture scientifique tout en mobilisant des pratiques caractéristiques du militantisme numérique : interpellations publiques agressives, campagnes coordonnées, judiciarisation systématique des controverses et mise en scène récurrente de leur victimisation. Les rapporteurs s’inscrivent eux-mêmes dans ces réseaux d’interactions, brouillant davantage la frontière entre expertise, engagement et combat personnel. Pour enfoncer le clou, comme précédemment indiqué, des journalistes liés à ce noyau militant et constituant sa fidèle chambre d&rsquo;écho dans les médias, ne manquent pas à l&rsquo;appel.<br>Numériquement minoritaire mais très bruyant, ce noyau entretient une forte circularité discursive faite de citations croisées, de références mutuelles et de reprises d’arguments identiques d’un support à l’autre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À cette dynamique s’ajoute donc la surreprésentation d’acteurs institutionnels issus des mêmes cercles de diffusion, certains ayant pu être sollicités via les réseaux professionnels et la liste des lecteurs du blog personnel d’un autre rapporteur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La consultation donne ainsi à voir moins une confrontation pluraliste des approches qu’un écosystème fermé, où les sources, les analyses et les relais médiatiques tendent à se recouper, nourrissant un effet d’auto-validation dans lequel le consensus affiché apparaît en partie produit par l’entre-soi et l’auto-citation plutôt que par la diversité réelle des cadres d’analyse.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



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<h2 class="wp-block-heading">Un entre-soi cognitif plus qu’un pluralisme réel</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ce biais de sélection ne relève pas nécessairement d’une intention, mais il produit un effet bien identifié en sociologie des organisations : l’entre-soi cognitif. En interrogeant majoritairement des acteurs issus des mêmes sphères professionnelles et informationnelles, voire des compagnons de millitantisme, sphères souvent très actives sur les réseaux sociaux, le rapport consolide des cadres d’analyse déjà dominants sans les mettre réellement à l’épreuve.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette homogénéité explique en partie pourquoi les recommandations finales apparaissent si peu contrastées. Les constats convergent, les solutions se ressemblent, et les tensions inhérentes à toute politique de l’information en santé sont peu explorées. Le débat scientifique, pourtant fondé sur la confrontation d’approches et de disciplines, se trouve ici lissé au profit d’un consensus de surface.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Interroger la désinformation sans interroger ses propres conditions de production constitue une limite méthodologique majeure. En ce sens, le rapport illustre paradoxalement ce qu’il dénonce : la difficulté à sortir de cadres interprétatifs fermés lorsqu’un problème est abordé sous un angle trop homogène.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’absence de cartographie d&rsquo;analyse des personnes auditionnées, c&rsquo;est-à-dire les disciplines, les positions institutionnelles, les degrés d’engagement public, empêche toute évaluation indépendante de la pluralité réelle des points de vue. Cette lacune est d’autant plus problématique que le rapport plaide par ailleurs pour plus de transparence et de rigueur dans l’information en santé.</p>



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<h2 class="wp-block-heading">Des solutions connues, reconditionnées</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les principales recommandations du rapport relèvent davantage de la formalisation que de l’innovation. L’idée d’un indicateur de fiabilité de l’information en santé, inspiré du Nutri-Score, illustre cette logique. Or il  s&rsquo;agit d&rsquo;une solution de labellisation de l&rsquo;information qu&rsquo;a préconisé récemment Emmanue Macon. Coïncidence ? Quoi qu&rsquo;il en soit, présentée comme structurante, elle reprend une proposition ancienne, régulièrement discutée dans les milieux de la médiation scientifique. Les limites sont bien identifiées : réduction excessive de la complexité, dépendance aux critères retenus, risque de rejet par les publics déjà défiants envers les institutions.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De même, la création d’un observatoire national et d’un dispositif d’infovigilance prolonge des dispositifs existants sans démontrer en quoi une nouvelle structure résoudrait les problèmes de coordination, de légitimité et d’efficacité déjà rencontrés. Le rapport privilégie une réponse organisationnelle, rajoutant une couche organisationnelle comme on ajoute une loi au millefeuille existant, à un problème qui est pourtant aussi, fondamentalement, relationnel et culturel.</p>



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<h2 class="wp-block-heading">Angle mort du rapport : ce que font les autres pays européens</h2>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est aussi une composante de l&rsquo;entre-soi qui transpire de ce travail, réduisant la problématique à un sujet hexagonal. Le rapport évoque à plusieurs reprises le cadre international et européen, sans toutefois proposer de véritable analyse comparative des stratégies mises en œuvre dans d’autres pays. Cette absence est regrettable : elle prive la réflexion de retours d’expérience pourtant précieux, dans un domaine où les réponses éducatives, participatives ou fondées sur la médiation ont parfois montré des résultats plus durables que les approches strictement normatives.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La comparaison européenne aurait pourtant apporté un éclairage utile. Dans plusieurs pays, les stratégies de lutte contre la désinformation en santé privilégient des approches plus distribuées. Les pays nordiques, notamment, investissent prioritairement dans l’éducation aux médias et à la science dès le plus jeune âge, en s’appuyant sur des partenariats étroits entre écoles, chercheurs et acteurs associatifs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En Allemagne ou aux Pays-Bas, les dispositifs de veille existent, mais sont souvent accompagnés d’un effort marqué de transparence institutionnelle et d’un soutien à des plateformes de médiation indépendantes. L’accent est mis moins sur la labellisation ou la sanction que sur la capacité du public à comprendre les incertitudes scientifiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces expériences montrent que la réponse à la désinformation ne se limite pas à l’outillage réglementaire, mais repose sur un écosystème de confiance construit dans le temps.</p>



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<h2 class="wp-block-heading">Une conception verticale et autoritaire de la confiance</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le rapport français repose implicitement sur une idée simple : apposer un tampon de score sur l&rsquo;information et secondairement améliorer la qualité de l’information disponible suffirait à restaurer la confiance. Cette approche néglige une dimension pourtant centrale des crises récentes : la défiance ne procède pas uniquement d’un déficit de connaissances, mais d&rsquo;une perte de pensée critique et  d’un rapport dégradé aux institutions.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les messages contradictoires, les revirements mal expliqués, les zones d’ombre sur les processus de décision ont durablement entamé la crédibilité de la parole publique. Sur ce point, le rapport reste discret et ainsi, politiquement correct. Il interroge peu la responsabilité des institutions dans la perte de confiance qu’il constate par ailleurs. Il faut dire que les voix qui s&rsquo;expriment dans ce rapport sont pour l&rsquo;écrasante majorité les institutions elles-mêmes. </p>



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<h2 class="wp-block-heading">Le risque d’un tournant répressif mal encadré</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La volonté de mieux protéger les scientifiques face au harcèlement est légitime. Mais la place accordée aux sanctions dans le rapport soulève des questions importantes. Les frontières entre désinformation, erreur, controverse scientifique et critique légitime ne sont ni simples ni stables. En l’absence de garde-fous clairement définis, toute approche répressive comporte un risque de confusion entre régulation de contenus manifestement frauduleux et contrôle du débat scientifique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans un contexte où la science progresse par la confrontation d’hypothèses, ce glissement mérite une vigilance particulière.</p>



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<h2 class="wp-block-heading">Un rapport utile à la formalisation, mais insuffisant et biaisé</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ce rapport remplit une fonction politique claire : structurer un discours public sur la désinformation en santé et légitimer des orientations déjà présentes dans le débat institutionnel. Il est moins convaincant comme texte analytique et prospectif. Il peine à intégrer la pluralité des expériences de terrain et des points de vue, à reconnaître les limites de l’action institutionnelle et à proposer des outils réellement nouveaux.</p>



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<h2 class="wp-block-heading">Repenser la lutte contre la désinformation</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Lutter durablement contre la désinformation en santé suppose d’accepter une part d’inconfort. Celui de l’incertitude scientifique, du débat contradictoire et de la critique des institutions elles-mêmes. Les réponses les plus efficaces observées en Europe reposent sur la médiation, l’éducation, la transparence et le dialogue, bien plus que sur la labellisation ou la sanction. À défaut, le risque est réel de transformer la lutte contre la désinformation en un nouvel objet de défiance.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La médiation scientifique, un angle encore largement sous-exploité</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Un aspect frappant du rapport est la place marginale accordée à la médiation scientifique, pourtant identifiée depuis longtemps comme un levier central de confiance. Là où le texte privilégie des réponses descendantes, labellisation, observatoires, dispositifs de surveillance,  la médiation repose sur une logique inverse : créer des espaces d’échange où les savoirs circulent, se discutent et se contextualisent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La médiation ne se réduit pas à une simplification des contenus scientifiques. Elle suppose un travail patient d’explicitation des incertitudes, des controverses et des processus de production des connaissances. Elle reconnaît que la défiance n’est pas seulement un déficit d’information, mais souvent une réaction à un sentiment d’exclusion du débat ou à une expérience antérieure de dissonance institutionnelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En France comme ailleurs en Europe, les initiatives de médiation portées par des associations, des collectifs de chercheurs ou des journalistes spécialisés ont montré leur capacité à toucher des publics éloignés des canaux institutionnels. Ces dispositifs, lorsqu’ils sont indépendants, pluralistes et inscrits dans la durée, favorisent une appropriation active des savoirs, bien plus efficace que toute tentative de normalisation des discours.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En reléguant la médiation au second plan, le rapport passe à côté d’une voie pourtant prometteuse : celle d’une politique de l’information fondée sur la relation, la confiance construite et la reconnaissance du citoyen comme acteur du débat scientifique, et non comme simple destinataire à corriger.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’entre-soi médiatique : une chambre d’écho bien rodée<br></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La publication du rapport a donné lieu à une séquence de prises de parole d’une remarquable homogénéité. Plusieurs grands médias nationaux (<em>L’Express</em>, <em>Le Point</em>, <em>Libération</em> notamment) ont relayé, à un rythme soutenu, la parole des mêmes rapporteurs, selon un cadrage identique et un lexique commun. Cette convergence n’a rien de spontané : elle repose sur des journalistes intégrés dans le réseau militant polarisé et bruyant, souvent auditionnés dans le cadre même du rapport, et qui en deviennent ensuite les relais naturels. L’entre-soi, ici, ne se limite plus à la production du diagnostic ; il s’étend à sa mise en scène médiatique et à sa validation publique, au prix d’une pluralité d’angles largement absente.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La prise de distance de l’exécutif : un signal politique fort<br></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Face à cette séquence médiatique très alignée, la ministre de la Santé Stéphanie Rist, qui n&rsquo;a ni lancée cette mission ni désigné les rapporteurs, a toutefois introduit une inflexion notable. Si la stratégie gouvernementale s’appuie sur le rapport, elle n’en reprend pas plusieurs propositions structurantes. Ont ainsi été écartées la création d’un « Info-score santé », assimilable à une notation normative des sources d’information, l’instauration de sanctions spécifiques à l’encontre des producteurs de contenus, ou encore une judiciarisation renforcée de la lutte contre la désinformation. La ministre a également renoncé à confier l’infovigilance à une instance indépendante, privilégiant une mise en œuvre plus progressive et prudente. Ces arbitrages traduisent une conscience aiguë des risques politiques, juridiques et démocratiques associés à une approche trop coercitive de l’information scientifique.<br></p>



<h2 class="wp-block-heading">Quand la lutte se mue en guerre informationnelle</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Cette retenue gouvernementale contraste avec le discours porté par les rapporteurs dans l’espace médiatique et sur les réseaux sociaux. À mesure que leurs interventions se multiplient, un glissement s’opère : la désinformation n’est plus pensée comme un phénomène complexe à analyser, mais comme une menace à neutraliser ; le débat public comme un espace à réguler ; les plateformes numériques, jusqu’à l’évocation explicite de leur fermeture, comme des problèmes à éliminer. Ces positions, même lorsqu’elles ne sont pas retenues par l’exécutif, révèlent une conception de la lutte contre la désinformation fondée d’abord sur la contrainte, la normalisation et la répression, reléguant au second plan la médiation, l’accompagnement et le travail sur la confiance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le rapport peine ainsi à reconnaître la frontière poreuse entre expertise scientifique, engagement militant et logique de guerre informationnelle. Lorsque des rapporteurs adoptent eux-mêmes, sur les réseaux sociaux, une posture vindicative et judiciarisée, appelant implicitement à des sanctions plutôt qu’à des mécanismes de délibération contradictoire, ils donnent corps aux inquiétudes que suscite ce texte. La question dépasse dès lors le seul champ de l’information en santé : elle engage notre capacité collective à répondre à la défiance sans refermer l’espace du débat, ni affaiblir le pluralisme et la démocratie que cette politique prétend pourtant défendre.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Rapport « désinformation en santé » : un arrière-goût orwellien ?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Au terme de cette analyse, une impression domine : ce qui devait être une mission de réflexion s’est progressivement transformé en tentative de reprise autoritaire du contrôle de l’espace informationnel. Sous couvert de lutte contre la désinformation scientifique, le rapport laisse affleurer une vision profondément scientiste du débat public, où la controverse est disqualifiée, la contradiction délégitimée et la sanction érigée en réponse politique. Il transpire de cet exercice l’idée d’une expédition punitive menée par le haut, visant à institutionnaliser la revanche d’un noyau militant bruyant, celui-là même dont les rapporteurs sont partie prenante sur les réseaux sociaux, pour tenter de gagner, par l’appareil d’État, une guerre numérique qui peine à convaincre dans l’espace ouvert du débat.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En prétendant protéger la démocratie sanitaire, le rapport en fragilise les fondements : pluralisme des savoirs, délibération contradictoire, médiation scientifique, et même, médiation tout cours comme maître-mot. La défiance n’y est pas travaillée, elle est contenue ; la complexité n’y est pas éclairée, elle est normalisée. L’ombre d’un <em>ministère de la Vérité</em> version scientifique, longtemps invoquée comme une caricature excessive, se trouve ici formulée de manière bien réelle. La lutte contre la désinformation ne saurait pourtant justifier que l’on referme l’espace démocratique au nom de sa défense.<br><br><br></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Illustration d&rsquo;en-tête : Samuel Regan-Asante</em></p>



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		<title>Collectif No FakeMed : du rempart anti-pseudoscience à la table des négociations avec l&#8217;ennemie</title>
		<link>https://citizen4science.org/collectif-no-fakemed-du-rempart-anti-pseudoscience-a-la-table-des-negociations-avec-lennemie/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 30 Dec 2025 16:28:49 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Analyse]]></category>
		<category><![CDATA[Esprit critique]]></category>
		<category><![CDATA[Fake Médecine]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[Gouvernement]]></category>
		<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Pensée critique]]></category>
		<category><![CDATA[Pseudoscience]]></category>
		<category><![CDATA[Santé]]></category>
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					<description><![CDATA[Il était né pour chasser sans compromis les pratiques en santé non éprouvées par la science. Quelques années plus tard,]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h3 class="wp-block-heading">Il était né pour chasser sans compromis les pratiques en santé non éprouvées par la science. Quelques années plus tard, il lui offre un pont d&rsquo;or. Tentons d&rsquo;analyser l&rsquo;étonnant virage.</h3>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est l&rsquo;histoire d&rsquo;une initiative collective sur le papier très honorable qui n&rsquo;a pas résisté aux sirènes du buzz et de la politique, comme beaucoup de celles tombées dans les rets des réseaux sociaux et de la proximité avec les gouvernements. Celle-ci a cela de remarquable qu&rsquo;elle a fini par aider ses ennemis déclarés à se promouvoir. Il nous faut l&rsquo;exposer en préambule : ici l&rsquo;on ne s&rsquo;intéresse pas à une association somme toute confidentielle , mais à un mécanisme, à savoir comment politique, populisme, corporatisme et militantisme peuvent broyer des projets au point d&rsquo;entraver leur propres objectifs.</p><div id="citiz-1919737971" class="citiz-contenu citiz-entity-placement"><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-9064228701299411" crossorigin="anonymous"></script><ins class="adsbygoogle" style="display:block;" data-ad-client="ca-pub-9064228701299411" 
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<h2 class="wp-block-heading">Origine et corporatisme élitiste </h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le collectif No FakeMed voit le jour en mars 2018 après une <a href="http://(https://www.lefigaro.fr/vox/societe/2018/03/19/31003-20180319ARTFIG00276-il-n-existe-pas-de-medecine-alternative-il-n-y-a-que-de-la-medecine-qui-marche-et-celle-qui-ne-marche-pas.php).">tribune</a> retentissante dans <em>Le Figaro</em> signée par 124 personnes dont des professionnels de santé exigeant le déremboursement de l’homéopathie. Très vite soit quelques mois plus tard, il se structure en association loi 1901 dont l&rsquo;objet est la « p<em>romotion de la médecine, des soins et des thérapeutiques, fondées sur les preuves scientifiques ; soutien et défense de ceux qui assurent cette promotion ; information des professionnels et du public sur la médecine, des soins, et des thérapeutiques, fondées sur les preuves scientifiques ; lutte active contre les pratiques de soins non scientifiques, déviantes, délétères, aliénantes ou sectaires</em>« . <br>Ses statuts sont particulièrement verrouillés, à la saveur corporatiste sinon élitiste : seuls les professionnels de santé (médecins, pharmaciens, sages-femmes et dentistes selon le Code de la santé publique) en exercice ont le droit de vote (« collège votants »). Les autres, paramédicaux non soumis à Ordre professionnel, grand public, sympathisants, peuvent adhérer mais restent <a href="https://www.nofakemed.fr/statuts/">explicitement exclus</a> de toute voix délibérative (« collège non votants »). L&rsquo;association se présente d&rsquo;ailleurs comme sur son site internet comme « un groupe de professionnels de santé ». Pourtant, si l’association ne publie aucun rapport détaillé, les estimations croisées (informations qui restent donc à vérifier) font état d’un noyau dur de 200 à 400 membres actifs votants (10 à 20 % des effectifs) face à plusieurs milliers de sympathisants sans droit de vote. Le Conseil d&rsquo;administration affiché sur le site confirme cette proportion, composé de huit professionnels de santé et deux paramédicaux en décembre 2025.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un avant-goût de contradiction et de populisme</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Un autre élément notable dans les statuts du Collectif NoFakeMed est « <em>l&rsquo;exclusion des personnes morales dont l’activité professionnelle est en lien avec le commerce de produits pharmaceutiques ou destinés aux soins</em>« . C&rsquo;est une position forte d&rsquo;opposition aux entreprises du médicament et des soins de santé qui sont les acteurs qui permettent finalement aux membres de ce collectif de leur donner les outils pour soigner. Ces entreprises sont au cœur de science médicale et façonnent la médecine de demain, et fourmillent bien évidemment de professionnels de santé à leur bord.<br> On aurait pu comprendre l&rsquo;exclusion des entreprises qui fabriquent ou vendent des produits et soins non éprouvés, car cela aurait été cohérent avec la mission de l&rsquo;association. Comment expliquer alors cette contradiction ? La raison la plus plausible est le populisme « anti-big pharma », qui s&rsquo;est fortement développé dans la crise sanitaire de la pandémie de Covid-19, avec son cortèges de théories complotistes et de manichéisme : les laboratoires pharmaceutiques représentent le mal face aux professionnels de santé, opposition non pertinente puisqu&rsquo;ils sont largement représentés dans ces entreprises.<br><br>Plus cocasse et anecdotique, mais tout aussi contradictoire : le collectif vend des produits à son effigie, avec une boutique en ligne sur son site internet. Les visuels sont principalement à base du logo du collectif associé à la formule chimique du glucose. Or le glucose, c&rsquo;est le sucre, soit l&rsquo;ennemi public numéro un en santé publique pour les conséquences dramatiques de sa surconsommation à travers le monde.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La mobilisation sur les réseaux sociaux&#8230; et son revers</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le collectif est très actif sur X (ex Twitter) dans un objectif de visibilité et de mobilisation. Le compte @NoFakeMedecine dépase ainsi les 10 000 abonnés. Les fiches anti-fakemed, tribunes et appels à l’action génèrent des milliers d’interactions. Toutefois la majorité des comptes les plus actifs gravitant autour n’ont pas la formation médicale exigée au sein du collectif. On voit défiler des militants politisés et/ou polarisés qui utilisent la cause comme étendard idéologique ou quête de visibilité. Beaucoup de ces comptes sont apparus à la faveur de la récente crise sanitaire et ont découvert le concept de pseudoscience à cette occasion. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais aujourd&rsquo;hui, les critiques pleuvent à l&rsquo;encontre de No FakeMed : les critiques relevées vont d&rsquo;accusations de « meutes », de victimisation après des années d’insultes, d’infiltration par les promoteurs de médecine intégrative, ou de populisme officiel. Ces reproches révèlent une fracture profonde au sein de la communauté en ligne et des interrogations légitimes sur les actions du collectif.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La victoire politique et les premières ambiguïtés</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le succès de l&rsquo;action initiale du collectif, avant qu&rsquo;il ne soit formalisé, est incontestable. Grâce à la pression de No FakeMed, Agnès Buzyn alors ministre de la santé mandate la Haute autorité de santé (HAS) en 2018, et <a href="https://www.has-sante.fr/jcms/c_2889138/fr/evaluation-de-l-homeopathie-par-la-has">l’homéopathie est déremboursée </a>en 2021.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais au fil du temps et finalement assez rapidement, le collectif accepte des échanges discrets avec l’entourage gouvernemental et on va le voir, finira par les afficher avec fierté, dans un contexte pourtant connu de complaisance voire de soutien au plus haut niveau de l&rsquo;État de pratiques pseudoscientifiques et de son lobby. Dans ce contexte, un choix de proximité peut concourir à une régulation large des pratiques alternatives permettant de leur donner une légitimité.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le virage institutionnel de 2023</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ce virage progressif devient véritablement spectaculaire en 2023. Agnès Firmin Le Bodo est signataire en 2021 d&rsquo;un projet résolution parlementaire qui veut institutionnaliser l’A-MCA, une association auto-proclamée « agence » des médecines alternatives et complémentaires, véritable lobby de la pseudoscience. Elle invite officiellement le collectif NoFakeMed, le CUMIC et l’A-MCA à siéger dans le même comité ministériel chargé de « faire le tri » dans les pratiques non conventionnelles (pratiques non éprouvées soit-disant combattues par le collectif.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Comme nous l’avions déjà dénoncé dans ces colonnes en 2023, cette configuration  pose un problème majeur  sur le fond mais aussi sur la forme: inclure des promoteurs de pratiques non éprouvées dans l’instance censée les réguler risque de transformer la vigilance en caution scientifique. Y ajouter des groupes censées combattre ces pratiques peut achever de brouiller les pistes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;intention de la ministre paraissait pourtant claire : institutionnaliser l&rsquo;A-MCA comme prévu initialement via la résolution parlementaire qui n&rsquo;a pas abouti deux ans plus tôt.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il n&rsquo;y a dès lors qu&rsquo;un pas à voir comme une compromission inacceptable le fait que le collectif No FakeMed ait accepté de participer à ce projet.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les alertes de Science infused</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans notre article de juin 2023, nous avions alerté à nouveau sur Agnès Firmin Le Bodo et son projet inquiétant : « <a href="https://citizen4science.org/medecines-alternatives-agence-des-mca-association-qui-defend-des-pseudosciences-conviee-a-la-table-des-negociations-au-ministere-de-la-sante/">Agence des MCA, association qui défend des pseudosciences conviée à la table des négociations au ministère de la Santé</a> ». Nous dénoncions explicitement l’invitation de cette association, perçue comme un lobby pro-pseudosciences, aux discussions ministérielles, au moment même où la ministre était rattrapée par des affaires de cadeaux acceptés de la part d&rsquo;URGO.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nou pointions aussi déjà le collectif NoFakeMed cédant aux sirènes de l&rsquo;appel ministériel, avec des communications sur les réseaux sociaux particulièrement inquiétantes attestant d&rsquo;un virage incompatible selon nous avec la mission du collectif. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette alerte confirmait nos craintes récurrentes sur la porosité entre pouvoir, promoteurs de pratiques non éprouvées et politisation de structures censées lutter contre ces pratiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h2 class="wp-block-heading">La contribution du CUMIC au flou académique qui efface la ligne rouge</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Par ailleurs, le CUMIC (Collège Universitaire de médecines intégratives et Cmplémentaires) est un organisme universitaire qui promeut l’enseignement et la reconnaissance académique de pratiques non éprouvées scientifiquement, souvent sous l’étiquette « intégrative ». Avec l’A-MCA, qui vise à les réguler et à les légitimer politiquement, le CUMIC constitue ainsi le second fer de lance majeur de la promotion institutionnelle des pseudosciences en France, en leur offrant cette fois un vernis académique et scientifique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En janvier 2025, un <a href="https://www.em-consulte.com/article/1712400/what-the-fakemed-or-fake-medicines-according-to-a-">article scientifique</a> publié en ligne dans la revue Ethics, Medicine and Public Health marque un tournant significatif : intitulé « What the “FakeMed” »  or “fake medicines” according to a collective of French doctors ». il est co-signé par plusieurs membres éminents du CUMIC, dont Julien Nizard, vice-président du CUMIC et responsable du service Douleur et Médecine intégrative au CHU de Nantes. Les auteurs analysent la définition du « FakeMed » promue par le Collectif No FakeMed, en s’appuyant sur leurs publications et sur des entretiens directs réalisés avec les présidents du collectif, qui a donc accepté de se soumettre à un jeu dangereux.  Leur conclusion est sans ambiguïté : le terme « FakeMed » repose sur une démarcation illusoire entre médecine conventionnelle et non conventionnelle, et constitue lui-même un concept trompeur qui simplifie abusivement les nuances scientifiques. Ils plaident pour une approche plus nuancée, où certaines pratiques complémentaires pourraient s’intégrer légitimement à une médecine fondée sur les preuves. Ce texte, en donnant la parole aux dirigeants de NoFakeMed tout en déconstruisant leur discours qualifié de binaire, confirme ainsi les craintes que nous exprimions depuis plusieurs années : en acceptant de participer à des initiatives avec les ennemis déclarés, le collectif contribue à estomper la ligne rouge qu’il avait lui-même tracée, ouvrant la voie à une reconnaissance progressive des pratiques intégratives sous couvert de rigueur scientifique.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le (non) positionnement ambigu de NoFakemed vis-à-vis du CUMIC</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les convergences entre le Collectif No FakeMed et le CUMIC se manifestent par une série de signes qui alimentent les soupçons de dilution idéologique. Le collectif accepte en 2023 un débat public télévisé où l’une de ses porte-parole, Marion Lagneau, confronte directement un vice-président du CUMIC, Fabrice Berna, sans rejeter catégoriquement le cadre intégratif défendu par ce dernier. Plus troublant, le président de No FakeMed Pierre Brémond d&rsquo;ARS accorde en 2024 des entretiens approfondis aux auteurs de l&rsquo;article du CUMIC de janvier 2025 dans Ethics, Medicine and Public Health, qui permettent aux auteurs, comme nous l&rsquo;avons vu, de déconstruire et discréditer ce que défend le collectif. Ce dernier ne réagira d&rsquo;aucune façon.  Ce silence persistant du collectif face à ces initiatives  (aucun communiqué, aucune critique publique du CUMIC sur son site ou ses réseaux) renforce l’impression d’un pragmatisme institutionnel qui prime sur la radicalité originelle. Sur X, ces éléments nourrissent des accusations récurrentes de porosité, voire de parasitage intellectuel, où le collectif, autrefois intransigeant, semble tolérer un dialogue qui normalise progressivement l’universitarisation des pratiques intégratives autrefois qualifiées de pseudosciences.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un piège de populisme médical qui se referme sur lui-même ?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">En quelques années d&rsquo;existence, le collectif NoFakeMed est passé du statut de poil à gratter anti-charlatan à celui d’acteur institutionnel assis à la même table que l’A-MCA et un support au CUMIC, sous l’égide d’un gouvernement qui promeut une « santé intégrative ». Avec un noyau décisionnel ultra-restreint de 200 à 500 votants et des milliers de sympathisants réduits au rôle de porte-voix sur les réseaux sociaux, le collectif semble être tombé exactement dans le piège qu’il dénonçait : celui du populisme médical, de la quête de pouvoir et de notoriété, au détriment de la lutte sans compromis qu’il clamait défendre et pourtant inscrite dans son objet. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Illustration d&rsquo;en-tête : Andrea pour Science infused</em></p>



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		<item>
		<title>Augmentation des cancers chez les jeunes : alerte environnementale ou alarmisme ?</title>
		<link>https://citizen4science.org/augmentation-des-cancers-chez-les-jeunes-alerte-environnementale-ou-alarmisme/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Fabienne Blum]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 14 Nov 2025 15:19:32 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Analyse]]></category>
		<category><![CDATA[Cancer]]></category>
		<category><![CDATA[Esprit critique]]></category>
		<category><![CDATA[Éthique]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[Pensée critique]]></category>
		<category><![CDATA[Recherche]]></category>
		<category><![CDATA[Santé publique]]></category>
		<category><![CDATA[Sciences de l'information et de la communication]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://citizen4science.org/?p=17494</guid>

					<description><![CDATA[La déclaration de la directrice générale de l&#8217;Institut Pasteur dans le journal de 20 h de France 2 le 10]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h3 class="wp-block-heading">La déclaration de la directrice générale de l&rsquo;Institut Pasteur dans le journal de 20 h de France 2 le 10 octobre 2025 a fait sensation. Elle y évoque une hausse de 80 % des cancers chez les jeunes en trois décennies, attribués à l&rsquo;environnement.  Pour un regard critique, il peut être utile de connaître le contexte scientifique international plus nuancé </h3>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h2 class="wp-block-heading">Contexte de la déclaration : une campagne de sensibilisation sous tension<br></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Yasmine Belkaid, directrice générale de l&rsquo;Institut Pasteur depuis janvier 2024, a déclaré sur France 2 : « Ce n&rsquo;est pas nos gènes qui ont changé, c&rsquo;est l&rsquo;environnement ». Cette phrase choc, extraite d&rsquo;un segment promotionnel pour le Pasteurdon 2025 (campagne annuelle de financement de la recherche), vise à mobiliser le public face à des menaces sanitaires émergentes. Mme Belkaid est une immunologiste de renom spécialisée dans le microbiote et les interactions immunitaires. Elle s&rsquo;appuie sur ses travaux pour lier cette hausse des cancer à des facteurs comme la nutrition altérée et l&rsquo;obésité. Cette présentation péremptoire peut paraître alarmiste. Elle est en tout cas parfaitement adaptée à la communication du Pasteurdon, qui courait du 9 au 13 octobre 2025, mettant en avant trois défis majeurs, dont le « boom des cancers chez les jeunes ». Le science n&rsquo;étant pas très compatible avec les affirmations catégoriques, on peut légitimement se demander si on ne risque pas de simplifier un débat complexe ici. La science, par nature itérative et ouverte à l&rsquo;évolution des connaissances, ne se prête pas à des « campagnes » figées sur une explication unique à l&rsquo;instant T. La certitude là où persistent des incertitudes est au risque d&rsquo;éroder la confiance en la science, très mise à mal depuis la crise sanitaire du Covid-19.</p><div id="citiz-159867950" class="citiz-contenu citiz-entity-placement"><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-9064228701299411" crossorigin="anonymous"></script><ins class="adsbygoogle" style="display:block;" data-ad-client="ca-pub-9064228701299411" 
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<h2 class="wp-block-heading">Une hausse réelle, mais contextualisée par la démographie et les mises à jour récentes<br></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le chiffre emblématique de 80 % tire sa source d&rsquo;une étude publiée en 2023 dans la revue scientifique<em> BMJ Oncology,</em> qui examine 29 types de cancers précoces (avant l&rsquo;âge de 50 ans) dans 204 pays de 1990 à 2019. Globalement, l&rsquo;incidence a grimpé de 79,1 %, avec 3,26 millions de cas nouveaux en 2019 contre 1,82 million en 1990, et une mortalité en hausse de 27,7 %. En France, des données de l&rsquo;<em>Institut national du cancer</em> (Inca) et de <em>Santé publique France</em> indiquent une augmentation annuelle moyenne de 1,62 % chez les 15-39 ans de 2000 à 2014, suivie d&rsquo;une stabilisation et d&rsquo;une légère baisse jusqu&rsquo;en 2020. Cependant, ce pourcentage brut masque une réalité plus nuancée : ajusté à la croissance démographique mondiale, le taux d&rsquo;incidence réel n&rsquo;augmente que d&rsquo;environ 30 %, comme le précise Claire Morgand de l&rsquo;Inca. Aux États-Unis, l&rsquo;<em>American Cancer Society</em> projette pour 2025 que 4,2 % des nouveaux cas touchent les 15-39 ans, avec une survie élevée grâce aux progrès thérapeutiques. Cette contextualisation internationale révèle que la hausse, bien que confirmée, n&rsquo;est pas une « épidémie » explosive chez les jeunes exclusivement, mais une tendance linéaire affectant toutes les tranches d&rsquo;âge. Au 14 novembre 2025, l&rsquo;étude EPI-AJA 2025 couvrant 2000-2020 sur 19 départements français représentant 24 % de la population) confirme une hausse modérée : +1,62 % par an jusqu&rsquo;en 2014, puis -0,79 % par an (2015-2020) pour l&rsquo;ensemble des cancers chez les 15-39 ans, avec 54 735 cas recensés. Ces données soulignent que les cancers chez les adolescentes et jeunes adultes restent rares (incidence 6 à 7 fois inférieure aux plus de 60 ans), avec des hausses spécifiques pour le sein (+2,1 %/an), le colorectal (+1,5 %/an) et la thyroïde, mais des baisses pour l&rsquo;ORL et les lymphomes de Hodgkin. L&rsquo;incidence ajustée globale est d&rsquo;environ +18 %, tempérant l&rsquo;idée d&rsquo;un « boom » et soulignant l&rsquo;impact des registres améliorés.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Facteurs environnementaux classiques et faux dilemme génétique-environnement<br></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La DG de l&rsquo;Institut Pasteur insiste sur l&rsquo;environnement comme coupable, arguant que les gènes humains n&rsquo;ont pas évolué en trois décennies. Cette affirmation est étayée par la génomique, le taux de mutation populationnel étant trop lent pour expliquer une hausse rapide. Les variations génétiques sont donc négligeables sur une génération. Elle pointe des facteurs comme l&rsquo;obésité, les aliments ultra-transformés et la sédentarité, qui génèrent une inflammation chronique favorisant les tumeurs, particulièrement les cancers colorectaux précoces. Des chercheurs au<em> Memorial Sloan Kettering Cancer Center</em> (MSK) corroborent cela, notant une hausse de 82 % des cancers chez les jeunes femmes depuis 2002, en lien avec ces facteurs. Le microbiote intestinal, au cœur des travaux de Mme Belkaid, est aussi impliqué : des perturbations précoces altèrent sa diversité, augmentant les risques via des voies épigénétiques. Pourtant, ces causes n&rsquo;ont rien de novateur. L&rsquo;obésité est un facteur de risque connu depuis les années 1970, les aliments transformés depuis les alertes de l&rsquo;OMS dans les années 1990, et la sédentarité depuis des décennies d&rsquo;études épidémiologiques. L&rsquo;<em>Organisation mondiale de la santé</em> (OMS) estime que 40 % des cancers sont évitables par la prévention, un consensus établi bien avant 2025. De plus, classer la sédentarité ou l&rsquo;obésité comme purement « environnementaux » est réducteur : ces éléments relèvent davantage du mode de vie individuel et sociétal, influencés par des choix personnels, des normes culturelles ou des politiques publiques, plutôt que par des expositions passives comme la pollution atmosphérique ou les contaminants chimiques. En les présentant comme des explications centrales sans souligner leur ancienneté ni leur nature hybride (environnemental et comportemental), le narratif alarmiste est renforcé. Du point de vue rhétorique et critique, cette opposition binaire gènes versus environnement constitue un faux dilemme : en réalité, les deux interagissent étroitement. Des mécanismes épigénétiques, modifiant l&rsquo;expression génique sans altérer la séquence ADN, montrent que l&rsquo;environnement peut « activer » des prédispositions génétiques, comme observé dans des études sur les interactions microbiote-génome. Présenter cela comme un choix exclusif simplifie la multifactorialité du cancer, ignorant que des variants génétiques (ex. : BRCA pour le sein) amplifient les risques environnementaux. </p>



<h2 class="wp-block-heading">International : un consensus sur la multifactorialité, pas sur l&rsquo;urgence absolue</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans un cadre mondial, la hausse des cancers précoces est reconnue, mais le consensus scientifique évite les affirmations péremptoires. Le World Cancer Research Fund et le National Cancer Institute américain convergent sur des causes multifactorielles : environnement, mode de vie, diagnostics avancés et expositions prénatales (perturbateurs endocriniens). Des études comme celle du BMJ projettent une augmentation de 30 % d&rsquo;ici 2030, mais ajustée, elle reste modérée dans les pays développés. En France, les cancers chez les jeunes demeurent rares, soit 8 000 cas sur 433 000 en 2023, avec un âge médian autour de 68-70 ans. Des experts comme Steven Le Gouill de l&rsquo;<em>Institut Curie</em> attribuent une part de la hausse à un meilleur enregistrement via les registres nationaux, renforcés en juin 2025. Internationalement, la mortalité baisse dans les pays riches grâce aux traitements, contrastant avec une hausse dans les pays en développement. Ce paysage nuancé contredit quelque peu l&rsquo;approche catégorique de Mme Belkaid, qui, en excluant les gènes sans nuance, ignore des possibilités émergentes comme des interactions épigénétiques influencées par des événements « récents ». L&rsquo;épigénétique, pour le coup, est une science en plein boom. Des découvertes futures sur l&rsquo;épigénome pourraient modifier vision et compréhension de phénomènes liés au cancer. </p>



<h2 class="wp-block-heading">L&rsquo;alarmisme au prix d&rsquo;une science instrumentalisée qui touche sa crédibilité et la confiance du public<br></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;instrumentalisation perçue de cette déclaration pour le Pasteurdon met en lumière un dilemme éthique : la science doit-elle adopter un ton péremptoire pour le financement légitime d ses avancées ? La direction de l&rsquo;Institut Pasteur, en promouvant une explication essentiellement environnementale comme vérité établie, peut faire penser à une stratégie marketing. Cela suscite des dons, mais au prix d&rsquo;une simplification : la science ne fonctionne pas par « campagnes » fixes, car les connaissances évoluent, comme vu avec les revirements sur les liens tabac-cancer. Plus on est péremptoire et alarmiste, plus on risque de mettre en cause la précieuse confiance en la science. Des sondages comme ceux d&rsquo;IPSOS ou du<em> Pew Research Center</em> montrent que des déclarations exagérées, surtout quand liées à des appels financiers, alimentent le scepticisme, particulièrement dans un contexte post-pandémie où la désinformation prospère sur les réseaux sociaux. Une emphase alarmiste, couplée à des causes non novatrices et à un faux dilemme gènes-environnement, invite à la vigilance.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Perspectives : pour une communication équilibrée en matière de science<br></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le succès du Pasteurdon (+40 % de dons estimés) confirme l’efficacité de l’alarme de la DG de l&rsquo;Institut Pasteur à ce titre. Côté communication en matière de science, il paraît important d&rsquo;évoquer des facteurs de risques dont on reconnaît l&rsquo;ancienneté la nature hybride. En France, le registre national renforcera les données pour des politiques ciblées, tandis que globalement, la collaboration interdisciplinaire (microbiote, génomique, environnement) affinera les modèles, en évitant les faux dilemmes. De manière ultime, cette affaire rappelle que la science prospère sur le doute constructif, non sur des certitudes instrumentalisées, pour un consensus international qui évolue avec les preuves.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Illustration d&rsquo;en-tête : affiche Pasteurdon 2025</em><br></p>



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		<title>Affaire Lobé &#8211; Durand : quand une bulle de militants « pro-science » alimente les excès en ligne</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Fabienne Blum]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 02 Aug 2025 12:03:21 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Activisme]]></category>
		<category><![CDATA[Actualités]]></category>
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					<description><![CDATA[L’affaire Lobé-Durand : Quand une bulle pro-science alimente des excès en ligne La confirmation en appel de la condamnation de]]></description>
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<p class="wp-block-paragraph">L’affaire Lobé-Durand : Quand une bulle pro-science alimente des excès en ligne</p><div id="citiz-2059202721" class="citiz-contenu citiz-entity-placement"><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-9064228701299411" crossorigin="anonymous"></script><ins class="adsbygoogle" style="display:block;" data-ad-client="ca-pub-9064228701299411" 
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<h2 class="wp-block-heading">La confirmation en appel de la condamnation de Thomas C. Durand par la Cour d’appel de Montpellier le 29 juillet 2025 pour injure publique envers Annie Lobé met en lumière les dérives des militants sur les réseaux sociaux. Cet article d&rsquo;analyse explore comment une bulle informationnelle »pro-science », amplifiée par les réseaux sociaux, a transformé un militantisme rationnel en rhétorique litigieuse, reproduisant paradoxalement les dynamiques de croyance et de stigmatisation que ces militants dénoncent.</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a quelques jours, la Cour d’appel de Montpellier a confirmé la condamnation de Thomas C. Durand, animateur de la chaîne YouTube <em>La Tronche en Biais</em> et figure du militantisme de réseaux sociaux « pro-science » et « esprit critique », ou à retirer des vidéos injurieuses, à 1 000 € d’amende plus 500 € de dommages-intérêts au profit d’Annie Lobé, pour injure publique. Cette décision fait suite à des publications sur YouTube et X (anciennement Twitter) entre le 30 janvier et le 31 janvier 2023, où Durand avait qualifié le travail d&rsquo;Annie Lobé, militante elle-même pour alerter sur les risques des ondes électromagnétiques, de « <em>merde</em> » de façon répétée. Toutefois, les attaques publiques de Thomas Durand à l&rsquo;encontre d&rsquo;Annie Lobé avaient commencé dès 2019.<br>Dans un post sur X daté du 31 juillet 2025, Durand a déclaré : « La cour d’appel de Montpellier a considéré que dire que le travail d’une personne est ‘de la merde’ est une injure publique. Cela brouille la distinction entre critiquer un discours et attaquer une personne ». <br>Cette affaire révèle les conséquences d&rsquo;une dynamique inquiétante, dans ce cas précis en lien avec la relaxe en 2024 d&rsquo;un médecin urgentiste, le Dr Mathias Wargon, qui, mal interprétée, semble avoir encouragé des excès verbaux, amplifiés par une bulle informationnelle « pro-science » sur X. Tentons d&rsquo;examiner cette dérive, qui va de l’astroturfing à la méconnaissance juridique et l&#8217;emballement de groupe en ligne, en s’appuyant factuellement sur le jugement récent.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Contexte : faits et dynamique de la bulle « pro-science » de réseaux sociaux</h3>



<p class="wp-block-paragraph">L’affaire prend racine dans des publications de Thomas Durand critiquant les travaux d’Annie Lobé, qui entreprend d&rsquo;alerte sur les impacts des ondes électromagnétiques de radiofréquences  (5G, Wi-Fi, Linky,&#8230;) en s’appuyant sur des études scientifiques, comme celle du CIRC (Centre intermational de recherche sur le cancer) de l’OMS les classant en 2011 comme potentiellement cancérogènes, ainsi qu&rsquo; un <a href="https://www.annesante.fr">jugement de Bordeaux (2023)</a> ordonnant des filtres pour les compteurs Linky.<br>Soyons bien clair : notre sujet ici n&rsquo;est pas de dire qui à tort ou raison en matière de science, mais de la façon de mener publiquement des combats sur les réseaux sociaux et de la dynamique délétère de certains groupes militants qui s&rsquo;engouffrent facilement dans ce qu&rsquo;ils dénoncent.<br>Sur la question scientifique soulevé par Annie Lobé, Thomas Durand, fort de ses 300 000 abonnés sur <em>La Tronche en Biais</em>, a opté pour une disqualification brutale de sa cible, qualifiant son travail de « <em>merde</em> ». Cette rhétorique semble s&rsquo;inscrire comme la réaction d&rsquo;une bulle informationnelle « pro-science », à la relaxe de Mathias Wargon en juillet 2024. Acquitté par le tribunal de Paris après avoir déclaré sur BFMTV que « France Soir fait de la merde » en réponse à une tribune menaçante du blog visé, le médecin, attaqué par le directeur du blog Xavier Azalbert présent sur le plateau de BFMTV a bénéficié d’une interprétation contextuelle de la liberté d’expression, à savoir qu&rsquo;il s&rsquo;agissait d&rsquo;une opinion à caractère général ne visant pas explicitement une personne. Cette décision, à l&rsquo;évidence mal comprise, a alimenté le hashtag <em>#francesoirfaitdelamerde</em> qu&rsquo;ils ont créé et relayé par leur bulle formée par ces militants « pro-science » ; on y trouve les comptes @Acermendax et @TroncheEnBiais de Thomas Durand parmi de nombreux autres, suggérant une campagne d’<em>astroturfing</em>. L&rsquo;analyse du hashtag #francesoirfaitdelamerde sur X montre en effet une mobilisation coordonnée post-relaxe sur le réseau X. Ainsi, @Acermendax a écrit le 18 juin 2024 : « <em>#francesoirfaitdelamerde : la justice remet les pendules à l’heure ! </em>» ; il a ajouté via la @TroncheEnBiais le 19 juin 2024 : « <em>Une victoire pour la science contre les fake news ! #francesoirfaitdelamerde</em> ». Un autre post de @Acermendax du 20 juin 2024 affirme : « <em>Quand on dit que France Soir fait de la merde, c’est factuel, pas une insulte</em> ». Ces posts semblent révélateurs d&rsquo;une interprétation du jugement de relaxe, jugement ne justifie en aucun cas la relaxe par un caractère factuel (donc associé à la science) du propos du relaxé, ni n&rsquo;ouvre la voie à la généralisation desdits propos. Cette dynamique, amplifiée par les algorithmes de X favorisant les contenus polarisants a certainement isolé les militants « pro-science » dans cette croyance, les convainquant que de tels propos étaient légitimes et surtout sans risque juridique.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Analyse du Jugement</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le jugement rendu par la Cour d’appel de Montpellier le 29 juillet 2025confirme la décision du Tribunal correctionnel de Perpignan du 7 novembre 2024 dans l’affaire opposant M. Thomas Durand à Mme Annie Lobé. La Cour a retenu des publications sur internet (YouTube et Twitter) contenant des propos jugés injurieux envers Mme Lobé fin janvier 2023. Ces derniers, contraires aux articles 33 et 29 alinéa 2 de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse ainsi qu’aux articles 485 et 512 du code de procédure pénale, ont valu à M. Durand une amende de 1 000 euros et une indemnisation de 500 euros au profit de Mme Lobé.<br>La qualification juridique d’injure publique est claire : elle distingue la critique d’idées des attaques personnelles, la liberté d’expression cédant lorsque l’honneur ou la considération d’une personne est atteinte. La Cour a rejeté les arguments de M. Durand sur une prétendue prescription ou méconnaissance des faits, estimant que les publications visaient directement Mme Lobé et non seulement ses idées.<br>Cependant, M. Durand rejette catégoriquement cette qualification, arguant dans un post sur X du 1er août 2025 que sa condamnation limite sa liberté d’expression et constitue une «<em> procédure bâillon</em> ». Il envisage un pourvoi en cassation, affirmant : «<em> Je vais me pourvoir en cassation pour défendre le droit à critiquer un discours sans être accusé d’injure</em> ». Cette résistance nous semble illustrer un phénomène de bulle, où des croyances et un travail d&rsquo;auto-conviction, renforcées par un groupe partageant évidemment les mêmes vues et opinions, amènent à méconnaître les limites légales. La rhétorique, empreinte de posture victimaire, est un révélateur d&rsquo;une certaine déconnexion des cadres juridiques, amplifiée par l’isolement intellectuel d&rsquo;une communauté vivant dans sa bulle informationnelle. Dans ses commentaires post-jugement, M. Durand adopte une posture défensive, publiant sur X le 1er août 2025 : « <em>Cet arrêt entérine la mort de la nuance entre critiquer un discours et injurier publiquement son auteur. Je vais contester, notamment au nom de votre droit de dire, si ça vous chante, que mon propre travail, c’est de la merde</em> ». Cette rhétorique pourrait trahir une mécompréhension du droit : l’injure publique, punissable jusqu’à 22 500 € selon la <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Lois_contre_le_discours_de_haine_en_France">loi de 1972 sur les discours haineux</a>, ne protège pas les attaques personnelles sous couvert de critique. Le refus de la distinction juridique, couplé à une auto-conviction alimentée par la bulle évoquée, est de nature à entretenir une dynamique de groupe où l’approbation mutuelle prime sur la rigueur légale. <a href="https://citizen4science.org/liberte-expression-limites">La liberté d&rsquo;expression a ses limites, même quand il s&rsquo;agit de défendre la science</a>, avions-nous déjà souligné dans ces colonnes.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Vers un Dialogue raisonné, pour la science ?</h3>



<p class="wp-block-paragraph">L’affaire Lobé-Durand illustre comment une bulle informationnelle étanche de militants « pro-science » , amplifiée par les algorithmes de X et une campagne d’astroturfing autour d&rsquo;un hashtag a conduit à reproduire des propos violents faussement vus par leurs auteurs comme inattaquables. Ils ont au final été jugés illégaux. <br>En reproduisant les dynamiques de croyance et de stigmatisation qu’ils dénoncent, ces militants contredisent leurs idéaux de rationalité. Le combat pro-science sur les réseaux sociaux pourrait utilement s’inspirer de principes comme « Books not guns. Culture, not violence », qui privilégie la diffusion du savoir par l’éducation et le dialogue culturel, plutôt que la confrontation agressive. C&rsquo;est évidemment moins vendeur que l&rsquo;outrance, car la recherche de buzz reste moteur sur les réseaux sociaux. La bulle informationnelle en question, constituée de militants entraînés algorithmiquement à s&rsquo;enfermer dans leurs propres croyances, n&rsquo;aide pas.<br>Ce cas appelle à un dialogue nuancé, où la science éclaire sans diviser. Les plateformes comme X pourraient y contribuer en modérant les campagnes coordonnées (astroturfing) et en favorisant des échanges équilibrés plutôt qu&rsquo;en donnant une prime à la polarisation et à la surenchère.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mise à jour : 20/09/2025 : corrections sur la confirmation de la condamnation par la Cour d&rsquo;appel et précisions de dates.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Illustration d&rsquo;en-tête :  source </em>Kaboompics.com</p>



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		<title>&#8216;Doctored &#8211; Fraud. arrogance and tragedy in the quest to cure Alzheimer&#8217;, un livre de Charles Piller</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Fabienne Blum]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 02 Jul 2025 16:52:06 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Analyse]]></category>
		<category><![CDATA[Climatoscepticisme]]></category>
		<category><![CDATA[Critique littéraire]]></category>
		<category><![CDATA[États-Unis]]></category>
		<category><![CDATA[Fraude]]></category>
		<category><![CDATA[Laboratoires pharmaceutiques]]></category>
		<category><![CDATA[Maladie d'Alzheimer]]></category>
		<category><![CDATA[Pensée critique]]></category>
		<category><![CDATA[Recherche]]></category>
		<category><![CDATA[Santé publique]]></category>
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					<description><![CDATA[Un livre qui captive son public sur une fraude scientifique bien réelle mais qui élude l&#8217;essentiel, à savoir les causes]]></description>
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<h2 class="wp-block-heading">Un livre qui captive son public sur une fraude scientifique bien réelle mais qui élude l&rsquo;essentiel, à savoir les causes systémiques de ce type de scandale</h2>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Dans <em>Doctored: Fraud, Arrogance, and Tragedy in the Quest to Cure Alzheimer’s</em>, Charles Piller dénonce les fraudes dans la recherche sur Alzheimer avec un talent narratif indéniable. Mais ce livre, qui recycle des scandales déjà exposés, mise un peu  trop sur le sensationnalisme et passe à côté des causes systémiques qui gangrènent la science. Que nous apprend-il de neuf quand les dérives sont déjà connues ?</strong></p><div id="citiz-420269239" class="citiz-contenu citiz-entity-placement"><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-9064228701299411" crossorigin="anonymous"></script><ins class="adsbygoogle" style="display:block;" data-ad-client="ca-pub-9064228701299411" 
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<p class="wp-block-paragraph">La maladie d’Alzheimer, qui frappe 55  millions  de personnes dans le monde selon l&rsquo;OMS (2021), reste un mur infranchissable pour la médecine. Dans <em>Doctored: Fraud, Arrogance, and Tragedy in the Quest to Cure Alzheimer’s</em>, Charles Piller, journaliste chevronné de <em>Science Magazine</em>, s’attaque aux fraudes scientifiques qui freinent la quête d’un remède. Son enquête, haletante comme un thriller, accuse des chercheurs, des institutions et l’hypothèse amyloïde d’avoir trahi les patients. Mais alors que ces scandales sont déjà documentés par des lanceurs d’alerte et des médias comme <em>Citizen4Science</em>, <em>Doctored</em> peine à surprendre. En privilégiant l’émotion et les coupables désignés, Piller esquive une analyse cruciale des rouages systémiques qui alimentent ces dérives, laissant le lecteur sur sa faim.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Un héros sous les feux de la rampe</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le livre s’ouvre sur Matthew Schrag, neuroscientifique à l’Université Vanderbilt, qui a démasqué en 2022 une fraude dans une étude de 2006 publiée dans <em>Nature</em> par Sylvain Lesné et Karen Ashe. Cette étude, qui attribuait les symptômes d’Alzheimer à la protéine amyloïde Aβ*56, a influencé des décennies de recherche avant d’être rétractée en 2023 pour manipulation d’images. Piller dépeint Schrag comme un justicier solitaire, défiant un establishment scientifique véreux. Ce portrait, chargé d’émotion, séduit : <em>The Atlantic</em> parle d’un « page-turner », et <em>The Wall Street Journal</em> d’une « enquête captivante ». Mais l’histoire de Schrag est un secret de polichinelle, relayée dès 2022 par <em>Science</em> et en 2023 par <em>Citizen4Science</em>. Piller enjolive un récit déjà public, misant sur le drame plutôt que sur des révélations inédites.</p>



<h3 class="wp-block-heading">L’hypothèse amyloïde : une cible trop facile</h3>



<p class="wp-block-paragraph">L’hypothèse amyloïde, qui lie Alzheimer aux plaques amyloïdes dans le cerveau, est le fil rouge de l’enquête. Piller accuse cette théorie d’avoir accaparé des milliards de dollars, marginalisant des pistes comme l’inflammation cérébrale. La fraude de Lesné, selon lui, aurait entretenu cette hégémonie, détournant la recherche vers des traitements inefficaces comme Aduhelm, Leqembi ou Donanemab. Mais ce tableau est simpliste. <em>The Lancet Neurology</em> souligne que l’étude de Lesné, bien que frauduleuse, n’était pas un pilier des traitements actuels, qui ciblent des formes spécifiques d’amyloïde (oligomères, fibrilles). Piller omet ces nuances scientifiques, préférant un récit où la fraude explique tous les échecs. Ce parti pris, salué par <em>The Economist</em> comme « addictif », frôle le sensationnalisme, sacrifiant la complexité pour l’indignation.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Des scandales recyclés</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Piller élargit son réquisitoire à d’autres cas : Berislav Zlokovic (Université de Californie du Sud) et Hoau-Yan Wang (City University of New York), accusés de manipulations d’images, ou Cassava Biosciences, dont le médicament Simufilam, basé sur des données douteuses, a valu une amende de 40 millions de dollars de la SEC. Mais ces affaires ne sont pas nouvelles. <em>D</em>ans un article de 2024, nous avions d&rsquo;ailleurs déjà dénoncé les pratiques de Cassava et critiqué l’approbation hâtive d’Aduhelm par la FDA, sous influence des lobbies pharmaceutiques. L’analyse d’images par l’équipe de Piller, qui a scruté des centaines d’articles, confirme l’ampleur des fraudes, mais sans révéler de scandales inédits. <em>Le journaliste a en outre tendance à généraliser ce qu&rsquo;il rapporte en suggérant une crise généralisée de ce type de scandales, sans pour autant donner d&rsquo;éléments à l&rsquo;appui de l&rsquo;amplification de problèmes qui peuvent être marginaux. </em></p>



<h3 class="wp-block-heading">Les victimes : un levier émotionnel</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Piller sait toucher le cœur. Il raconte les espoirs brisés des patients participant à des essais cliniques risqués, parfois mortels, pour des traitements aux bénéfices minimes, comme Aduhelm, qui provoque des hémorragies cérébrales. Ces récits, comparés par Gary Taubes à <em>Dopesick</em>, font vibrer les lecteurs. Mais ce pathos, poussé à l’extrême, frise l’exploitation. En insistant sur les tragédies individuelles, Piller minimise les progrès, comme les bénéfices modestes de Leqembi, Ce sensationnalisme, s’il captive, risque de semer la méfiance envers la recherche sans offrir de perspective constructive.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Les causes systémiques : le cœur du problème ignoré</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le plus grand défaut de <em>Doctored</em> est son silence sur les causes systémiques des fraudes, qui sont le véritable moteur des dérives. La recherche scientifique est un écosystème sous tension, où plusieurs dynamiques toxiques s’entrelacent. En premier la culture du « <em><strong>publish or perish</strong></em> » (publier ou mourir), qui fait que les chercheurs sont jugés sur leur productivité. Pour obtenir financements, promotions ou prestige, ils doivent publier dans des revues à fort impact, ce qui peut pousser certains d&rsquo;entre eux à embellir voire falsifier des données. Cette pression pousse à des raccourcis éthiques, comme les manipulations d’images de Lesné. Il y a aussi le<strong> laxisme des revues scientifiques</strong> : Les journaux comme <em>Nature</em> privilégient les articles à fort retentissement, mais manquent de moyens ou de volonté pour vérifier les données. Les fraudes, comme celles de Zlokovic, passent inaperçues pendant des années, car le <em>peer review</em> (examen par les pairs) est souvent superficiel. Un autre facteur important sont les <strong>biais de financement</strong>.  Le NIH, principal bailleur, favorise les projets alignés sur des paradigmes dominants, comme l’hypothèse amyloïde. Les idées novatrices, comme celles de Madhav Thambisetty sur l’inflammation, peinent à obtenir des fonds, freinant l’innovation. En 2023, nous notions dans ces colonnes que 80 % des financements Alzheimer allaient à des projets amyloïdes, marginalisant d’autres hypothèses. <strong>La complaisance institutionnelle</strong> est un véritable problème qui alimente les velléités de fraude. En effet, les universités, dépendantes des subventions et du prestige de leurs chercheurs, rechignent à enquêter sur les fraudes. Les cas de Zlokovic ou Wang illustrent cette inertie : les institutions protègent leurs stars pour sauvegarder leur réputation. <strong>La compétition académique</strong> s&rsquo;avère tout autant un véritable fléau.  La course au prestige encourage une culture de “starification” des chercheurs, où les figures comme Lesné ou Zlokovic sont intouchables jusqu’à ce que des lanceurs d’alerte comme Schrag, brisent le silence. Cette dynamique décourage la collaboration et la transparence. <strong>Le manque de reproductibilité</strong> est également facteur favorisant. Les études frauduleuses prospèrent car la science valorise les résultats novateurs plutôt que la vérification. Enfin,  <strong>les intérêts pharmaceutiques</strong> on un rôle à ne pas négliger. Les laboratoires, motivés par le profit, poussent des traitements peu efficaces via des essais cliniques biaisés ou des pressions sur la FDA. L’approbation d’Aduhelm, dénoncée <em>sur notre média </em> en 2023, montre comment les lobbies influencent les régulateurs, au détriment des patients.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;auteur journalisteeffleure ces problèmes, mais préfère les anecdotes choc, les portraits de fraudeurs et les drames humains à une analyse rigoureuse. En ignorant les causes profondes permettant l&rsquo;ébauche de solutions, <em>Doctored</em> reste un constat indigné, pas un guide pour le changement.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Que nous apprend&nbsp;<em>Doctored</em>&nbsp;?</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Que retire-t-on de ce livre ? Pour les néophytes, <em>Doctored</em> est une introduction saisissante aux scandales liés à la recherche médicale sur l’Alzheimer, portée par un style accessible et des récits humains. Mais pour ceux qui suivent le sujet de près, l’enquête déçoit. Les fraudes de Lesné, Zlokovic ou Cassava étaient déjà publiques, et les critiques de l’hypothèse amyloïde, bien que pertinentes, datent d&rsquo;un bon nombre d&rsquo;années. Piller compile ces éléments dans un récit dramatique, mais son obsession pour l’émotion masque l’absence de nouvelles perspectives. Les questions cruciales des changements nécessaires dans la recherche restent en suspens.</p>



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<p class="wp-block-paragraph">Le livre captive, mais son sensationnalisme le dessert.<em>Doctored</em> est un cri d’alarme qui séduit par son style haletant et ses drames humains. Mais en recyclant des scandales connus et en misant sur l’émotion, Charles Piller livre une enquête qui manque de substance. Les fraudes dans la recherche sur la maladie d&rsquo;a Alzheimer, dénoncées par <em>Citizen4Science</em> et d’autres, sont un symptôme d’un système malade, entre pression académique, biais financiers et laxisme institutionnel. En ciblant des coupables plutôt que ces causes, <em>Doctored</em> divertit plus qu’il n’éclaire. Pour réformer la science, il faudra creuser plus loin.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Livre édité par Atria/One Signal Publishers, février 2025, en langue anglaise (pas de traduction en français à la date de notre article</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



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<p class="wp-block-paragraph"></p>



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<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2022/04/jaimelinfo.png"></a></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Les façons surprenantes de former ses croyances</title>
		<link>https://citizen4science.org/les-facons-surprenantes-de-former-ses-croyances/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 29 Jan 2025 21:31:42 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Communication]]></category>
		<category><![CDATA[Croyances]]></category>
		<category><![CDATA[Esprit critique]]></category>
		<category><![CDATA[Pensée critique]]></category>
		<category><![CDATA[Psychologie]]></category>
		<category><![CDATA[Scepticisme]]></category>
		<category><![CDATA[Sciences comportementales]]></category>
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					<description><![CDATA[par Melanie Trecek-King et traduit par Science infuse et fruit d&#8217;un travail conjoint au sein de la Rédaction de sélection]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
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<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow" style="flex-basis:33.33%">
<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2021/09/image-43.png"><img loading="lazy" decoding="async" width="87" height="65" src="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2021/09/image-43.png" alt="" class="wp-image-2583"/></a></figure>
</div>



<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow" style="flex-basis:66.66%">
<p class="wp-block-paragraph"><em>par <a href="https://citizen4science.org/melanie-trecek-king">Melanie Trecek-King </a>et traduit par Science infuse et fruit d&rsquo;un travail conjoint au sein de la Rédaction de sélection pour le public français issue du site internet anglophone</em> <em><a href="https://thinkingispower.com/">Thinking is Power</a> dédié à la pensée critique</em></p>
</div>
</div>



<h2 class="wp-block-heading"><br>Vous n&rsquo;êtes pas aussi rationnel que vous le pensez</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Chaque année, le 15 février, sur une île isolée au milieu du Pacifique Sud, les membres de l&rsquo;armée de l&rsquo;île de Tanna vénèrent Dieu en participant à des défilés de style militaire. Ils portent du rouge, du blanc et du bleu, se peignent des USA sur la poitrine et marchent avec des « fusils » en bambou. Le drapeau américain flotte. On chante des chansons patriotiques.</p><div id="citiz-1586872609" class="citiz-contenu citiz-entity-placement"><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-9064228701299411" crossorigin="anonymous"></script><ins class="adsbygoogle" style="display:block;" data-ad-client="ca-pub-9064228701299411" 
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<p class="wp-block-paragraph">Car sur cette île de l&rsquo;archipel du Vanuatu, dieu est un soldat américain. Et il s&rsquo;appelle John Frum.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2025/01/image-10.png"><img loading="lazy" decoding="async" width="763" height="433" src="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2025/01/image-10.png" alt="" class="wp-image-16183" style="width:1127px;height:auto" srcset="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2025/01/image-10.png 763w, https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2025/01/image-10-300x170.png 300w" sizes="auto, (max-width: 763px) 100vw, 763px" /></a><figcaption class="wp-element-caption"><em>Source :  The Cambridge Encyclopedia of Anthropology<br></em></figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">À ce jour, on ne sait toujours pas exactement comment cette religion est née. Selon certains récits, John Frum est apparu pour la première fois sur Tanna vers 1930, en tenue militaire américaine, promettant aux habitants que s&rsquo;ils retrouvaient leurs traditions et leurs coutumes, il reviendrait et leur apporterait richesses et biens.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les Mélanésiens, qui vivaient sur ces îles isolées depuis deux mille ans, avaient développé des traditions, des coutumes et des croyances uniques. Après la « découverte » des îles par les Européens, les Britanniques et les Français les ont revendiquées comme colonies. Les missionnaires chrétiens ont rapidement suivi. Bien que les Tannais aient été mal traités, peu respectés et surchargés de travail, ils ont essayé de maintenir leur culture et leurs traditions.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Par la suite, à l&rsquo;occasion de la lutte contre le Japon pendant la Seconde Guerre mondiale, l&rsquo;armée américaine a mis en œuvre une stratégie de saut d&rsquo;île en île. Une fois qu&rsquo;une base avait été construite et qu&rsquo;une quantité suffisante de marchandises avait été acheminée, l&rsquo;armée passait à l&rsquo;île suivante. Et comme l&rsquo;accent était mis sur des îles plus petites et moins surveillées, les populations qui avaient été isolées auparavant ont été exposées à la « magie » de la technologie moderne. Les avions. Les armes à feu. Les médicaments. Des vêtements fabriqués en usine. Les conserves, comme Spam [marque américaine de conserves de viande de porc, NDLR] .</p>



<p class="wp-block-paragraph">Leur Messie est revenu. La prophétie était donc vraie !</p>



<p class="wp-block-paragraph">Après la fin de la guerre, John Frum (signifiant possiblement <em>John From America</em>) est parti. Mais on peut espérer qu&rsquo;avec suffisamment de célébrations, de prières et d&rsquo;offrandes symboliques, il reviendra et apportera encore plus de biens avec lui.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce système de croyance peut vous sembler étrange. J&rsquo;en ai entendu parlerpour la première fois lors d&rsquo;une visite au Vanuatu, après avoir remarqué des pistes d&rsquo;atterrissage improvisées et des « avions » fabriqués avec de l&rsquo;herbe, et je dois admettre que j&rsquo;ai involontairement penché la tête.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Vous-même, penchez-vous sur la façon dont le chef Isaac Wan a répondu lorsqu&rsquo;on lui a demandé pourquoi, 60 ans après que John ait promis de revenir avec une cargaison, ses adeptes croient toujours en lui : « <em>Vous les chrétiens, attendez depuis 2 000 ans que Jésus revienne sur terre, et vous n&rsquo;avez pas perdu espoir</em>« .</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il est difficile de contester cela.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Comment formons-nous nos croyances ?</h2>



<figure class="wp-block-image size-full"><a href="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2025/01/image-11.png"><img loading="lazy" decoding="async" width="922" height="524" src="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2025/01/image-11.png" alt="" class="wp-image-16184" srcset="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2025/01/image-11.png 922w, https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2025/01/image-11-300x170.png 300w, https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2025/01/image-11-768x436.png 768w" sizes="auto, (max-width: 922px) 100vw, 922px" /></a><figcaption class="wp-element-caption">On pense suivre les preuves jusqu&rsquo;à la conclusion. En réalité, on arrive à nos croyances de manière irrationnelle, <br>puis on travaille à rebours pour trouver des preuves permettant de rationaliser la croyance.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous aimons penser que nous sommes rationnels et que nos croyances sont le résultat d&rsquo;une conclusion logique à partir de preuves.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous aurions tort.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;évaluation des preuves prend du temps et de l&rsquo;énergie, et notre cerveau est paresseux. Il est plus facile de croire ce que l&rsquo;on entend que de le remettre en question.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En réalité, la plupart de nos croyances sont simplement le fruit de la socialisation, de la confiance, de la géographie et des émotions.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une fois qu&rsquo;une croyance est formée, nous n&rsquo;avons pas tendance à changer d&rsquo;avis.</p>



<h2 class="wp-block-heading">On veut des explications</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;être humain est naturellement curieux. Si vous avez déjà passé beaucoup de temps avec un enfant en bas âge, vous l&rsquo;avez certainement entendu demander  » Mais, pourquoi ? ». Souvent. Et notre curiosité nous pousse à chercher des explications.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2025/01/image-12.png"><img loading="lazy" decoding="async" width="797" height="557" src="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2025/01/image-12.png" alt="" class="wp-image-16185" style="width:1138px;height:auto" srcset="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2025/01/image-12.png 797w, https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2025/01/image-12-300x210.png 300w, https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2025/01/image-12-768x537.png 768w, https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2025/01/image-12-130x90.png 130w" sizes="auto, (max-width: 797px) 100vw, 797px" /></a><figcaption class="wp-element-caption"><em>Ces membres d&rsquo;une tribu de l&rsquo;État brésilien d&rsquo;Acre sans contact avec l&rsquo;extérieur essaient probablement de comprendre ce qui vole dans le ciel.<br>Source : Gleilson Miranda/Secretaria de Comunicação do Estado do Acre</em></figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Nous recherchons des <strong>modèles</strong> : Notre cerveau essaie constamment de mettre de l&rsquo;ordre dans un monde chaotique, de relier les points entre eux de manière à ce qu&rsquo;ils aient un sens.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Par exemple, vous avez vomi toute la nuit. Qu&rsquo;est-ce qui vous a rendu malade ? Le Taco Bell que vous avez consommé au dîner ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ou bien vous êtes seul dans votre maison la nuit et vous entendez un bruit… Est-ce le chat ? Un cambrioleur ? Un fantôme ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Imaginez encore que vous vous promenez dans les bois et que vous entendez un bruit. Est-ce le vent ? Ou est-ce un puma ? Votre vie est en jeu !</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si vous pensez qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;un prédateur mais que ce n&rsquo;est que le bruissement du vent dans les arbres, vous êtes en vie. Paranoïaque, mais vivant. Mais si c&rsquo;est en réalité un prédateur et que vous pensez que c&rsquo;est juste le vent, vous êtes mort. En fait, il est adaptatif de voir des modèles, même lorsqu&rsquo;il n&rsquo;y en a pas.<br></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized"><a href="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2025/01/image-13.png"><img loading="lazy" decoding="async" width="331" height="333" src="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2025/01/image-13.png" alt="" class="wp-image-16186" style="width:413px;height:auto" srcset="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2025/01/image-13.png 331w, https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2025/01/image-13-298x300.png 298w, https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2025/01/image-13-150x150.png 150w" sizes="auto, (max-width: 331px) 100vw, 331px" /></a><figcaption class="wp-element-caption"><em>Nous excellons notamment dans la reconnaissance de visages, car il est essentiel de pouvoir distinguer un ami d&rsquo;un ennemi. Mais nous voyons aussi des visages partout, comme Jésus sur</em><br><em> un bâtonnet de poisson !</em></figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Nous supposons des intentions </strong>: Nos cerveaux recherchent plus que de l&rsquo;ordre. Ils recherchent un sens et un but. Notre croyance en des forces intentionnelles a probablement évolué en même temps que notre reconnaissance des formes… comme le prédateur dans les bois dont vous supposez qu&rsquo;il va vous tuer.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">Par exemple, l&rsquo;enfant qui demande « pourquoi ? » suppose souvent qu&rsquo;il y a une raison ou un but. Pourquoi y a-t-il des lacs ? Pour que nous puissions nous y baigner ! Pourquoi les oiseaux existent-ils ? Pour nous chanter de jolies chansons !</p>



<p class="wp-block-paragraph">On retrouve cela chez les adultes également. Par exemple, un ouragan est une punition de Dieu. Ou porter ses chaussettes porte-bonheur permet de gagner le match. Ou encore, prier pour que votre ordinateur ne perde pas tout votre travail vous permettra de sauver votre copie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La croyance dans le surnaturel est probablement due à l&rsquo;agentivité, ou la tendance à croire que des agents intentionnels invisibles contrôlent le monde. Parce que le monde naturel est complexe et hors de notre contrôle, nous y voyons l&rsquo;œuvre de fantômes, de démons, de dieux et de sorcières. Mais tout n&rsquo;a pas une raison d&rsquo;être ou une cause surnaturelle. Parfois, des choses surviennent, tout simplement.</p>



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<h2 class="wp-block-heading">La croyance, notre paramétrage par défaut</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Nous sommes inondés d&rsquo;informations, toute la journée, tous les jours. Il serait tout simplement trop épuisant de remettre chaque chose en question. C&rsquo;est pourquoi, en règle générale, nous ne le faisons pas et nous nous appuyons sur une série de raccourcis pour déterminer ce qui est vrai…</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Nous croyons ce que les autres croient autour de nous :</em></strong> La plupart de nos croyances les plus fondamentales, notamment en matière de religion et de politique, se forment avant que nous ayons eu l&rsquo;occasion de les remettre en question.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2025/01/image-14.png"><img loading="lazy" decoding="async" width="762" height="333" src="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2025/01/image-14.png" alt="" class="wp-image-16188" style="width:1128px;height:auto" srcset="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2025/01/image-14.png 762w, https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2025/01/image-14-300x131.png 300w" sizes="auto, (max-width: 762px) 100vw, 762px" /></a><figcaption class="wp-element-caption">Les religions dans le <em>monde<br>Source : <a href="https://de.wikipedia.org/wiki/Bild:Weltreligionen.png">de.wikipedia.org/wiki/Bild:Weltreligionen.png</a>&nbsp;</em></figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Plus une croyance est alignée sur notre vision actuelle du monde, plus nous sommes susceptibles de l&rsquo;accepter comme vraie </em></strong>: Après tout, pourquoi remettre en question de manière sceptique quelque chose que l&rsquo;on « sait » déjà être vrai ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette tendance à rechercher et à privilégier les informations qui confirment ce que nous croyons déjà, ou biais de confirmation, est ce qui nous rend enclins à tomber dans le piège des « fausses informations ». Avant l&rsquo;élection de 2016, des « fausses informations, comme le soutien du pape à Donald Trump pour la présidence et Hillary Clinton à la tête d&rsquo;un réseau pédophile dans le sous-sol d&rsquo;une pizzeria, ont été largement partagées et crues par de nombreuses personnes en proie à leurs propres préjugés.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Nous croyons ce que nous entendons</em></strong> : Avez-vous entendu dire que Napoléon était petit ? Eh bien, ce n&rsquo;est pas le cas. Avec son mètre soixante-dix, il était de taille moyenne pour un homme de l&rsquo;époque. Mais le mythe est tellement présent dans notre culture qu&rsquo;il perdure. Il faut plus d&rsquo;énergie pour remettre en question une affirmation que pour l&rsquo;accepter, de sorte que nos cerveaux paresseux prennent souvent le raccourci et supposent qu&rsquo;elle est vraie.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Plus nous entendons quelque chose, plus nous sommes enclins à y croire </em></strong>: Plus une affirmation est répétée, plus notre cerveau la traite facilement, quelle que soit sa véracité. Et même si la répétition a pour but de démystifier la désinformation !</p>



<p class="wp-block-paragraph">Revenons aux fausses informations. En raison d&rsquo;une combinaison de choix personnels d&rsquo;amis et de sources d&rsquo;information, et d&rsquo;algorithmes conçus pour nous maintenir engagés, nous pouvons nous retrouver piégés dans des chambres d&rsquo;écho, dans lesquelles les informations sont répétées. Il est important de se rappeler que ce n&rsquo;est pas parce que l&rsquo;on voit un titre ou une affirmation plusieurs fois qu&rsquo;elle est vraie.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Nous faisons confiance à nos expériences personnelles</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Avant que l&rsquo;homme ne développe le langage, nos sens étaient le principal moyen d&rsquo;apprendre à connaître le monde qui nous entoure. Lorsque nous sommes enfants, nous voyons et entendons avant de pouvoir communiquer. Et nos sens sont relativement fiables. Avec un peu de chance, nos sens de la vue et de l&rsquo;ouïe nous avertissent de la présence d&rsquo;une voiture qui fonce sur nous, et nos sens de l&rsquo;odorat et du goût nous conseillent de ne pas manger d&rsquo;aliments avariés qui pourraient nous rendre malades.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous sommes nombreux à penser que nos expériences personnelles sont le meilleur moyen de connaître quelque chose. Par exemple, les jurés supposent que le témoignage oculaire est la meilleure preuve. Beaucoup croient à l&rsquo;efficacité de l&rsquo;homéopathie parce qu&rsquo;ils l&rsquo;ont essayée et qu&rsquo;elle a fonctionné pour eux. Et les gens peuvent croire aux fantômes parce qu&rsquo;ils en ont vu un.</p>



<figure class="wp-block-image alignright size-full is-resized"><a href="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2025/01/image-15.png"><img loading="lazy" decoding="async" width="490" height="283" src="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2025/01/image-15.png" alt="" class="wp-image-16189" style="width:624px;height:auto" srcset="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2025/01/image-15.png 490w, https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2025/01/image-15-300x173.png 300w" sizes="auto, (max-width: 490px) 100vw, 490px" /></a></figure>



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<p class="wp-block-paragraph">Le problème, c&rsquo;est que nos perceptions ne sont pas aussi exactes que nous le pensons. Nos perceptions sont des interprétations subjectives de la réalité et sont influencées par nos expériences passées, nos attentes, nos émotions et nos biais.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En fait, la perception n&rsquo;est pas la réalité. C&rsquo;est la lentille à travers laquelle nous filtrons la réalité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si l&rsquo;on en revient aux exemples : les témoignages oculaires erronés sont la principale cause de condamnations injustifiées.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;homéopathie ne contient littéralement rien qui puisse provoquer une réaction biologique. Il s&rsquo;agit d&rsquo;un placebo. Mais l&rsquo;effet placebo, c&rsquo;est-à-dire le fait de se sentir mieux en raison d&rsquo;attentes, est réel.</p>



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<p class="wp-block-paragraph">Et pour ce qui est des fantômes, j&rsquo;ai passé une nuit dans un château « hanté » sur le Rhin en Allemagne. Je ne crois pas nécessairement aux fantômes, mais j&rsquo;étais en état d&rsquo;alerte toute la nuit. <em>Quel était ce bruit ? Était-ce de l&rsquo;air froid que je venais de ressentir ? Qu&rsquo;est-ce que c&rsquo;était que cette chose au coin de mon œil ?</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le fait est que nos croyances et nos attentes influencent notre perception de la réalité. Nous supposons que voir, c&rsquo;est croire. Mais en réalité, croire, c&rsquo;est voir.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Nous sommes plus enclins à croire les informations provenant de personnes en qui nous avons confiance</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;homme est un animal social. Nos ancêtres dépendaient les uns des autres pour leur sécurité et, collectivement, nous pouvons en savoir plus que n&rsquo;importe lequel d&rsquo;entre nous indépendamment. La confiance était,  et est toujours essentielle à la survie. Nos expériences personnelles ne peuvent pas nous mener bien loin. Faire confiance aux autres et à leurs expériences nous offre un raccourci sur ce qu&rsquo;il convient d&rsquo;accepter comme vrai.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Nous croyons les figures d&rsquo;autorité</strong> : En tant qu&rsquo;enfants, notre survie dépend de nos parents et d&rsquo;autres membres de la famille en qui nous avons confiance. Pourquoi devraient-ils nous écouter ? « Parce que j&rsquo;ai dit que c&rsquo;était comme ça ! »</p>



<p class="wp-block-paragraph">En tant qu&rsquo;adultes, nous continuons à faire confiance aux figures d&rsquo;autorité, qu&rsquo;il s&rsquo;agisse de nos chefs religieux ou de nos hommes politiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Nous croyons ce que les membres de notre « tribu » croient</em></strong> : Les « tribus » sont des groupes qui partagent des intérêts ou des identités, qu&rsquo;il s&rsquo;agisse de la nationalité, de la politique, de la religion, de la race ou de l&rsquo;ethnie, et d&rsquo;innombrables autres groupes. Nos tribus sont souvent une source de fierté, et pour renforcer notre estime de soi, nous renforçons la position de notre groupe. Nous voulons que notre tribu « gagne ». La « vérité » dépend donc de la question de savoir si la personne qui l&rsquo;affirme est l&rsquo;un de « nous » ou l&rsquo;un d' »eux ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Comme vous pouvez le constater, il peut être problématique de faire confiance aux figures d&rsquo;autorité et à nos tribus en matière de connaissances. Ils peuvent avoir tort et pourtant, le fait d&rsquo;être en désaccord peut nous coûter notre statut social au sein de notre groupe.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Par exemple, après les attaques terroristes du 11 septembre 2001, les Américains se sont ralliés à leur identité nationale commune. Les manifestations patriotiques étaient omniprésentes, les Américains se signalant les uns aux autres par leur loyauté tribale. Malheureusement, tout désaccord avec la politique étrangère américaine était qualifié d' »antipatriotique », comme l&rsquo;a montré la fameuse phrase de George W. Bush : « Vous êtes avec nous ou vous êtes avec nous » : <br> » Vous êtes avec nous, ou vous êtes avec les terroristes ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le problème n&rsquo;est pas que nous fassions plus confiance à certaines sources qu&rsquo;à d&rsquo;autres. Le problème est de savoir où nous plaçons notre confiance. Vous pouvez aimer profondément votre oncle, ou être un démocrate ou un républicain fier de l&rsquo;être, mais ni l&rsquo;un ni l&rsquo;autre ne sont intrinsèquement des sources dignes de confiance pour tout ce qui concerne le savoir !</p>



<h2 class="wp-block-heading">Messages à retenir</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Notre cerveau est un moteur à croyances. Il nous faudrait trop de temps et d&rsquo;énergie pour exiger des preuves de toutes nos croyances, c&rsquo;est pourquoi nous avons recours à des raccourcis pour nous aider à déterminer ce qui est vrai.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une fois que nous avons formé des croyances, nous cherchons des preuves pour les justifier, en négligeant souvent celles qui ne confirment pas ce que nous pensons déjà être vrai. Et parce que nous pensons être parvenus à notre conviction en évaluant logiquement les preuves, nous sommes moins ouverts au changement d&rsquo;avis.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si nous voulons aligner nos croyances sur la vérité, nous devrions d&rsquo;abord nous demander comment nous sommes arrivés à cette croyance. Mais nous ne pensons généralement pas à remettre en question nos croyances. Nous supposons simplement qu&rsquo;elles sont vraies.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nombre d&rsquo;entre nous sont entourés de personnes qui partagent nos convictions. J&rsquo;ai été confrontée à certaines de mes propres hypothèses sur une minuscule île du Pacifique Sud, mais dans le monde connecté d&rsquo;aujourd&rsquo;hui, il n&rsquo;est pas nécessaire d&rsquo;aller aussi loin.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sortons donc de nos chambres d&rsquo;écho, apprenons ce que les autres croient et donnons-nous la possibilité d&rsquo;apprendre ce que nous croyons.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em><em>Traduit par la Rédaction. La traduction étant protégée par les droits d&rsquo;auteur, ce article traduit n’est pas libre de droits.</em> <em>Veuillez contacter la Rédaction pour tout souhait de reproduction.</em> &#8211; lien vers l&rsquo;<a href="https://thinkingispower.com/how-to-speak-science/">article original</a></em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Citizen4Science est une association à but non lucratif d&rsquo;information et de médiation scientifique dotée d&rsquo;une Rédaction. Nous défendons farouchement notre indépendance. Pour nous soutenir, faites un don ponctuel ou mensuel.</em></p>



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