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	<title>Pharmacien Archives - Science infused site d&#039;actualités</title>
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	<description>Éditeur C4S, association loi 1901</description>
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	<title>Pharmacien Archives - Science infused site d&#039;actualités</title>
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	<item>
		<title>Clause de conscience des pharmaciens: un débat éthique instrumentalisé dans la loi sur l&#8217;aide à mourir ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Fabienne Blum]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 25 Feb 2026 21:58:04 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Conscience]]></category>
		<category><![CDATA[Éthique]]></category>
		<category><![CDATA[Fin de vie]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[Juridique]]></category>
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					<description><![CDATA[L&#8217;adoption en deuxième lecture par l&#8217;Assemblée nationale, le 25 février 2026, de la proposition de loi instaurant un droit à]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h3 class="wp-block-heading"><br>L&rsquo;adoption en deuxième lecture par l&rsquo;Assemblée nationale, le 25 février 2026, de la proposition de loi instaurant un droit à l&rsquo;aide à mourir relance les tensions autour de la clause de conscience. Soulevée initialement par des pharmaciens, cette question est souvent mobilisée par les opposants pour contester l&rsquo;ensemble du texte.</h3>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<h2 class="wp-block-heading">L&rsquo;origine du débat : une revendication à l&rsquo;origine professionnelle</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La proposition de loi relative au droit à l&rsquo;aide à mourir, adoptée en deuxième lecture le 25 février 2026 par 299 voix contre 226 (avec 37 abstentions), instaure un droit à l&rsquo;aide à mourir sous conditions strictes. Elle autorise une personne à recourir à une substance létale qu&rsquo;elle s&rsquo;administre elle-même (règle générale), ou, si elle n&rsquo;est pas physiquement en mesure de le faire, qu&rsquo;un médecin ou un infirmier lui administre (exception). </p><div id="citiz-236478301" class="citiz-contenu citiz-entity-placement"><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-9064228701299411" crossorigin="anonymous"></script><ins class="adsbygoogle" style="display:block;" data-ad-client="ca-pub-9064228701299411" 
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<p class="wp-block-paragraph">Les pharmaciens y jouent un rôle : ils préparent et délivrent la substance létale sur ordonnance, un acte technique mais indispensable. Contrairement aux médecins et infirmiers, qui bénéficient d&rsquo;une clause de conscience individuelle leur permettant de refuser toute participation sans sanction (sous réserve d&rsquo;orienter le patient vers un confrère volontaire), les pharmaciens en sont exclus dans la version finale du texte.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cela suscite controverse initiée par des pharmaciens eux-mêmes. Dès 2024, lors de la convention citoyenne sur la fin de vie, et plus formellement en 2025, le Syndicat national des pharmaciens des établissements publics de santé (Synprefh) a publié une enquête révélant que 81 % de ses adhérents réclamaient une clause de conscience, estimant que préparer un produit destiné à causer la mort contrevient à leur serment déontologique centré sur le respect de la vie. Cyril Boronad, président du syndicat, a défendu cette position en soulignant le caractère éthique, non purement technique, de la préparation magistrale. Le débat a persisté tout au long des lectures parlementaires, avec des amendements rejetés en commission et en séance, notamment en février 2026. Du point de vue éthique, cela interroge la frontière entre obligation professionnelle et conviction personnelle.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L&rsquo;instrumentalisation politique : de la conscience à l&rsquo;opposition globale</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Née d&rsquo;une préoccupation professionnelle réelle, la clause pour les pharmaciens a rapidement été reprise par les opposants au texte,  souvent conservateurs ou religieux, pour élargir la contestation. Des amendements ont tenté d&rsquo;étendre la clause aux aides-soignants, psychologues, voire aux établissements via une version « collective » (rejetée pour éviter que des structures entières bloquent le droit). Juridiquement, une extension trop large risquerait de rendre le droit ineffectif, contredisant l&rsquo;article L. 1110-1 du Code de la santé publique sur l&rsquo;accès aux soins.</p>



<p class="wp-block-paragraph">D&rsquo;un point de vue éthique, cette géométrie variable interroge : pourquoi exonérer les pharmaciens (intermédiaires techniques) alors que les patients pourraient en souffrir ? </p>



<p class="wp-block-paragraph">Prospectivement, cela créerait un précédent dangereux pour d&rsquo;autres droits (IVG, etc.), où des objections en chaîne limiteraient l&rsquo;accès réel. Le débat révèle une instrumentalisation : la conscience, valeur respectable, sert parfois de paravent à une opposition idéologique plus large à l&rsquo;autonomie en fin de vie.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Comparaison internationale : des clauses sans blocage systémique</h2>



<p class="wp-block-paragraph">À l&rsquo;étranger, des clauses existent sans paralyser le système. En Belgique (2002), en Espagne (2021) et aux Pays-Bas (2001), les pharmaciens en bénéficient, comme les autres soignants, avec des circuits alternatifs. Au Canada (2depuis 016), des objections sont possibles sans retards majeurs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les volumes restent élevés (4 000 cas/an en Belgique en 2024, plus de 8 000 aux Pays-Bas en 2023), grâce à des réseaux de volontaires et des formations.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Du point de vue éthique, ces modèles équilibrent liberté individuelle et collective. La France pourrait s&rsquo;en inspirer pour une clause ciblée. Juridiquement, la CEDH accepte des limites quand la santé publique prime.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h2 class="wp-block-heading">Recentrer sur les acteurs directs</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Olivier Falorni, rapporteur, et Agnès Firmin Le Bodo; ex-ministre de la Santé et pharmacien, ont défendu un recentrage clair : la clause doit concerner les intervenants directs, c&rsquo;est-à-dire les médecins et les infirmiers pour l&rsquo;évaluation, la prescription et l&rsquo;administration de la substance létale, pas les intermédiaires comme les pharmaciens. </p>



<p class="wp-block-paragraph">M. Falorni fait une comparaison avec l&rsquo;IVG, à savoir qu&rsquo;il n&rsquo;existe pas de clause pour les pharmaciens délivrant la pilule abortive, et ce depuis des décennies. Mme Le Bodo argue qu&rsquo;une extension « remettrait en cause l&rsquo;exercice officinal » et l&rsquo;égalité d&rsquo;accès.</p>



<p class="wp-block-paragraph">D&rsquo;un point de vue éthique, la dignité du patient est placée comme prioritaire; et d&rsquo;un point de vue Juridique, cette positions suit l&rsquo;avis du Conseil d&rsquo;État (2025) visant à préserver l&rsquo;effectivité.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Perspectives et prochaines étapes : vers un équilibre éthique</h2>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est une question éthique : le débat invite à distinguer la conscience personnelle, qui est protégée pour l&rsquo;acte direct, et l&rsquo;infrastructure, qui pour ce qui la concerne ne doit pas bloquer un droit fondamental. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans les prochaines étapes, à court terme une nouvelle lecture aura lieu au Sénat début avril 2026. En cas de divergences, une commission mixte paritaire sera désignée, ou une nouvelle navette avec l&rsquo;Assemblée nationale aura lieu. L&rsquo;objectif est une adoption définitive avant l&rsquo;été 2026, pour une application potentielle début 2027.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Image d&rsquo;en-tête : Annie Spratt</em></p>



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		<item>
		<title>L&#8217;alcool, fléau de santé publique : comment les pharmaciens agissent en première ligne</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Nathalie A.]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 28 Jan 2026 21:52:48 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Addictions]]></category>
		<category><![CDATA[Alcool]]></category>
		<category><![CDATA[Consommation]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[Pharmacien]]></category>
		<category><![CDATA[Santé publique]]></category>
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					<description><![CDATA[Malgré une baisse des volumes vendus, l’alcool demeure l’une des premières causes de mortalité évitable en France, avec des dizaines]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h3 class="wp-block-heading"><br>Malgré une baisse des volumes vendus, l’alcool demeure l’une des premières causes de mortalité évitable en France, avec des dizaines de milliers de décès chaque année. Les pharmaciens, professionnels de santé accessibles sans rendez-vous, incarnent une réponse de proximité efficace pour repérer tôt les consommations à risque et orienter vers des soins adaptés.</h3>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<h2 class="wp-block-heading">L’ampleur du problème en France</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La consommation d’alcool recule lentement mais sûrement : les volumes d’alcool pur mis en vente ont diminué de près de 6 % en 2024, pour atteindre environ 9,75 litres par habitant de 15 ans et plus (OFDT, 2025). Près de 36 % des Français déclaraient en 2025 ne pas consommer d’alcool, contre 33 % deux ans plus tôt. Pourtant, les conséquences sanitaires restent lourdes. Santé publique France estime à environ 41 000 les décès attribuables à l’alcool chaque année, auxquels s’ajoutent près de 30 000 cancers liés. Les hospitalisations pour pathologies alcooliques augmentent paradoxalement, signe que les consommations problématiques se concentrent chez une frange plus vulnérable. Les alcoolisations ponctuelles importantes (<em>binge drinking</em>) touchent particulièrement les jeunes, tandis que les usages chroniques excessifs persistent chez certains adultes. Ces chiffres soulignent un paradoxe : la culture alcoolique française s’effrite, mais le fardeau sanitaire demeure majeur.</p><div id="citiz-3364873007" class="citiz-contenu citiz-entity-placement"><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-9064228701299411" crossorigin="anonymous"></script><ins class="adsbygoogle" style="display:block;" data-ad-client="ca-pub-9064228701299411" 
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<h2 class="wp-block-heading">Le pharmacien, acteur de proximité incontournable</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Installé au cœur des quartiers, le pharmacien voit quotidiennement des patients qui hésitent à consulter un médecin pour des sujets sensibles. Il est idéalement placé pour initier un dialogue bienveillant, sans jugement ni dramatisation. L’approche repose sur l’empathie : poser des questions ouvertes sur les habitudes, quantifier les consommations en verres standards, et repérer les signes de risque (dépassement des repères, impacts sur la santé ou le quotidien). Les recommandations de la Haute Autorité de Santé (HAS, 2023, actualisées) insistent sur cette intervention précoce en premier recours, aux côtés des médecins généralistes, infirmiers et autres professionnels. Le pharmacien peut proposer des alternatives (activités, gestion des envies), encourager une réduction progressive et orienter vers un médecin traitant, un centre de soins d’accompagnement et de prévention en addictologie (CSAPA) ou d’autres partenaires médico-sociaux. Cette posture non stigmatisante favorise la confiance et l’autonomie, et permet souvent de capter des situations avant qu’elles ne s’aggravent en dépendance ou complications graves.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un rôle réel mais perfectible</h2>



<p class="wp-block-paragraph">En France, les pharmaciens d’officine sont officiellement positionnés comme acteurs de premier recours en santé publique, y compris pour le mésusage de l’alcool. Depuis la loi HPST de 2009 et les évolutions ultérieures, leur champ d’action inclut explicitement la prévention, le dépistage précoce et l’accompagnement des patients. Les recommandations de la HAS et de la Société française d’alcoologie (SFA, actualisées 2023) intègrent les pharmaciens dans les stratégies nationales, au même titre que les médecins généralistes. Des formations continues obligatoires (DPC) renforcent cette mission, avec des outils concrets comme les questionnaires de repérage (type AUDIT) ou les applications d’auto-évaluation. Des études montrent que les pharmaciens interviennent efficacement dans une part significative des cas de réduction de consommation, grâce à leur accessibilité (sans rendez-vous) et à la confiance des patients. C’est donc un fait : ce rôle est décisif car il comble un vide en amont des soins spécialisés, évitant souvent des escalades vers des dépendances graves. Cela dit, il n’est pas encore pleinement exploité partout. Des enquêtes récentes soulignent que seulement une minorité d’officines mènent systématiquement des dépistages relatifs à la consommation d&rsquo;alcool, freinées par le manque de temps, de formation ou de coordination avec les autres professionnels. La baisse des consommations globales masque des inégalités territoriales : en zones rurales, les pharmaciens sont souvent les seuls interlocuteurs de proximité, rendant leur intervention encore plus cruciale. Prospectivement, des initiatives comme l’élargissement des missions officinales (prévu dans le PLFSS 2026) pourraient le rendre plus décisif, en intégrant par exemple des remboursements pour ces interventions ou des outils numériques partagés.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La stratégie en France face à l&rsquo;Europe et aux États-Unis</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La France se distingue par une intégration forte des pharmaciens dans la prévention. Les repères officiels de  maximum 10 verres par semaine, pas plus de 2 par jour et des jours sans  alcool, sont plus stricts que dans de nombreux pays européens, où les seuils varient et où le rôle officinal reste souvent limité. En Europe, la consommation moyenne reste élevée dans plusieurs pays de l’Est ou du Nord, mais la France figure toujours parmi les plus gros consommateurs (environ 11 litres d’alcool pur par habitant adulte), même si la tendance à la baisse est plus marquée qu’ailleurs. Aux États-Unis, le tableau est différent : l’alcool excessif cause près de 178 000 décès annuels, avec des définitions plus larges du <em>binge drinking </em>(4 verres ou plus pour une femme, 5 pour un homme en une occasion). Les recommandations du NIAAA (Institut national américain sur l&rsquo;abus d&rsquo;alcool et l&rsquo;alcoolisme) insistent sur la modération quotidienne (1 verre pour les femmes, 2 pour les hommes) sans seuil hebdomadaire aussi contraignant.Le repérage précoce via dialogue et questionnaires reste recommandé en soins primaires, mais il est moins systématiquement intégré et moins structuré qu&rsquo;en France, où il s’inscrit dans une politique publique coordonnée et décentralisée incluant explicitement les pharmaciens.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Vers un avenir plus sobre ?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les signaux sont encourageants : essor des boissons sans alcool ou à faible teneur, multiplication des mois sans alcool comme le « Dry January », et prise de conscience croissante chez les jeunes générations. Ces évolutions culturelles pourraient accélérer la réduction des risques à long terme. Reste que les hospitalisations en hausse et la persistance du binge drinking appellent une vigilance accrue. Renforcer le repérage précoce en pharmacie, développer les outils numériques d’auto-évaluation et mieux articuler les réseaux de soins seront cruciaux pour transformer cette tendance en véritable progrès sanitaire. L’alcool n’est plus un tabou, mais sa maîtrise exige une mobilisation collective et de proximité.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Illustration d&rsquo;en-tête : Thomas Picauly</em></p>



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			</item>
		<item>
		<title>Désaffection des études de pharmacie : un rapport bi-académique dénonce les failles de la réforme PASS/LAS et appelle à une refonte urgente</title>
		<link>https://citizen4science.org/desaffection-des-etudes-de-pharmacie-un-rapport-bi-academique-denonce-les-failles-de-la-reforme-pass-las-et-appelle-a-une-refonte-urgente/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Fabienne Blum]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 05 Nov 2025 19:45:31 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Académie nationale de médecine]]></category>
		<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Analyse]]></category>
		<category><![CDATA[Déserts médicaux]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
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		<category><![CDATA[Pharmacien]]></category>
		<category><![CDATA[Politique de santé]]></category>
		<category><![CDATA[Santé]]></category>
		<category><![CDATA[Santé publique]]></category>
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					<description><![CDATA[Validé le 9 octobre 2025 par les Académies nationales de médecine et de pharmacie, un rapport bi-académique dissèque la désaffection]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h2 class="wp-block-heading">Validé le 9 octobre 2025 par les Académies nationales de médecine et de pharmacie, un rapport bi-académique dissèque la désaffection pour les études de pharmacie, aggravée par la réforme PASS/LAS, et propose des solutions pour relancer une filière cruciale.</h2>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h3 class="wp-block-heading">Une crise d’attractivité qui fragilise un pilier de la santé publique</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le <a href="https://www.acadpharm.org/avis_propositions/rapports.php">rapport bi-académique</a> du 9 octobre 2025, piloté par Jean-Louis Beaudeux et Dominique Bertrand, alerte sur une crise préoccupante : la désaffection des études de pharmacie, marquée par 293 places vacantes en deuxième année (DFGSP2) en 2024 sur 3 413, après 471 en 2023 et 1 100 en 2022, soit 17 % des capacités nationales. Cette situation, inédite face à l’attraction intacte de la médecine, menace un secteur clé. Avec 75 080 pharmaciens inscrits à l’Ordre en 2024 (croissance de 1,8 % en dix ans contre 3,5 % pour la population), la pénurie estimée à 6 000 professionnels risque d’aggraver les déserts pharmaceutiques, particulièrement en zones rurales où les officines (30 pour 100 000 habitants) assurent un accès immédiat aux soins. Ce déclin reflète une sous-valorisation chronique de la pharmacie, reléguée dans l’ombre de la médecine malgré son rôle pivot en prévention (vaccination, éducation et suivi thérapeutique) et en gestion des crises, comme le Covid ou les pénuries médicamenteuses.</p><div id="citiz-3777335922" class="citiz-contenu citiz-entity-placement"><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-9064228701299411" crossorigin="anonymous"></script><ins class="adsbygoogle" style="display:block;" data-ad-client="ca-pub-9064228701299411" 
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<p class="wp-block-paragraph"><br></p>



<h3 class="wp-block-heading">PASS/LAS : une réforme brouillonne qui marginalise la pharmacie</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Nous avions déjà eu la réforme PACES qui a créé une première année de concours commune médecine et pharmacie, très discutable dans le principe puisqu&rsquo;elle introduit de facto une compétition entre ces deux formations de professionnels de santé. Puis, introduite en 2020 pour diversifier les profils et réduire les échecs précoces, la réforme PASS/LAS (Parcours Accès Santé Spécifique/Licence Accès Santé) a complexifié l’accès à la pharmacie. Dans Parcoursup, la filière disparaît sous l’étiquette générique « études de santé », perdant en visibilité. La lisibilité souffre aussi : les parcours PASS et LAS, aux épreuves orales et interclassements hétérogènes selon les universités, désorientent les bacheliers. À Paris Cité, le taux d’occupation en DFGSP2 tombe à 80 % en 2023-2024, avec un déficit marqué en LAS. Les passerelles (8 % des places) et l’intégration d’étudiants hors UE, limitée par des quotas stricts, ne comblent pas le vide. La Cour des comptes, en décembre 2024, fustige une réforme « mal conçue » qui n’atteint que marginalement ses objectifs de diversification sociale. Analysons : PASS/LAS, en voulant tout uniformiser, a renforcé la domination culturelle de la médecine, marginalisant la pharmacie comme choix par défaut pour 50 % des entrants. Cette opacité est un échec stratégique, ignorant la complémentarité des métiers de santé.<br>On pourra lire avec intérêt dans ce cadre, la <a href="https://www.lepoint.fr/sante/hidz-s-2385-hidz-e-2385-nous-refusons-des-etudiants-qui-veulent-faire-pharmacie-c-hidz-s-2343-hidz-e-2343-est-un-comble-hidz-s-2344-hidz-e-2344--05-11-2025-2602531_40.php">tribune</a> de Jean-Louis Beaudeux,  Doyen de la faculté de pharmacie de Paris.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><br></p>



<h3 class="wp-block-heading">Méconnaissance des débouchés : un déficit éducatif dès le lycée</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Une enquête auprès de 345 étudiants en DFGSP2 à Paris Cité (38 % de réponses) révèle une ignorance alarmante : 80 % méconnaissent les débouchés au-delà de l’officine (hôpital, industrie, biologie médicale, recherche). 68 % des LAS ont échoué une PASS, et seuls 14 % ont priorisé la pharmacie dès le départ. Les sources d’information sont familiales (62 %), loin devant les JPO ou unités d’enseignement (moins de 20 %). 37 % des PASS choisissent la filière par manque d’intérêt pour d’autres métiers ou peur des responsabilités médicales. Ce déficit s’explique par le remplacement des conseillers d’orientation par des psychologues axés sur la réussite scolaire, et une communication institutionnelle lacunaire malgré les efforts de l’Ordre depuis 2021. Nous avons déjà relaté dans ces colonnes comment des barrières culturelles et réglementaires freinent la compréhension des métiers. De là il n&rsquo;y a qu&rsquo;un pas à considérer que le manque d’éducation dès le secondaire est une faute systémique. Sans une campagne agressive pour valoriser la pharmacie, de la recherche à l’hôpital, les efforts apparents ne resteront qu&rsquo;un pis-aller, minant la motivation des futurs diplômés.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Pénurie et paradoxe en PUI : un gâchis de compétences</h3>



<p class="wp-block-paragraph">La démographie pharmaceutique, majoritairement féminine (âge moyen 46 ans stable), stagne. L’Ordre prévoit une baisse de 2,3 % des effectifs d’ici 2035 si les vacants persistent, avec un déclin des biologistes médicaux et une hausse limitée (+20 %) en hôpital et industrie. La DREES, en 2021, alertait déjà sur ce déséquilibre face à une population croissante. Mais un paradoxe criant, absent du rapport, aggrave la crise : la pénurie en Pharmacie à Usage Intérieur (PUI) hospitalière. Depuis le décret de 2017 (article L.5126-1), l’accès aux PUI exige un DES de pharmacie hospitalière via un internat de quatre ans. La dérogation temporaire (deux ans d’expérience pour non-DES) expire le 1er juin 2025, laissant des centaines de postes vacants et forçant des externalisations coûteuses. Nous avons <a href="https://citizen4science.org/lutte-contre-les-deserts-medicaux-peu-mediatisee-la-penurie-de-pharmaciens-hospitaliers-est-egalement-concernee-quelles-solutions-a-lhorizon/">récemment dénoncé ce levier au point mor</a>t qu&rsquo;est le frein à la mobilité public-privé : des pharmaciens industriels, experts en recherche clinique, gestion des essais ou pharmacovigilance, sont exclus des PUI pour des raisons réglementaires (DES obligatoire) et culturelles (défiance envers les « industriels »). Une question sénatoriale de novembre 2024 alerte sur ce blocage, plaidant pour des reconversions facilitées. Le CNOP confirme l’urgence, avec la fin des dérogations en 2025. Analysons : ce cloisonnement est un non-sens. Les pharmaciens industriels, formés à des standards rigoureux (bonnes pratiques cliniques, normes EMA), pourraient pallier les pénuries en PUI, où leur expertise en gestion des stocks et protocoles thérapeutiques est directement transférable. Ce verrou réglementaire, justifié par une quête de spécialisation et de protection de la section dédiée de l&rsquo;Ordre, frise l’absurde dans un contexte de crise hospitalière. En ignorant cette question, le rapport rate une opportunité de plaidoyer pour une mobilité fluide, essentielle à la résilience du système.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Le besoin d&rsquo;un plan pour redynamiser la filière</h3>



<p class="wp-block-paragraph"><br>Le rapport bi-académique propose neuf mesures pour la réforme de 2026-2027 : information obligatoire en lycée et portail Parcoursup dédié aux métiers ; enseignements équilibrés en première année (20-27 ECTS santé/disciplinaire/transversal) ; accès expérimental spécifique à la pharmacie (un tiers des places). Il prône aussi une professionnalisation (simulations, DES officine/industrie), l’extension du CESP pour zones sous-dotées, un oral recentré sur l’adéquation professionnelle, des passerelles élargies (10 à 30 % des places) et un « droit au remords » entre filières. Ces pistes, nourries par des auditions comme celle de Maryse Camus-Piszek (Ordre), s’alignent sur l’appel de la Cour des comptes à une voie unique simplifiée. Ces mesures apparaissent comme solides, mais leur timidité sur la mobilité post-diplôme, notamment vers les PUI, limite leur portée. Intégrer des passerelles pour pharmaciens industriels vers l’hôpital serait un signal fort d’innovation.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Fluidifier les carrières pour une pharmacie agile et résiliente</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Ce rapport est un cri d’alarme : sans réforme audacieuse, la pharmacie risque de s’effacer face à une médecine survalorisée, menaçant l’accès équitable aux soins. Les recommandations tracent une voie, mais elles esquivent un levier crucial : la mobilité public-privé et la nécessité de briser les silos entre officine, industrie et hôpital. C&rsquo;est ainsi que la France pourrait non seulement combler ses pénuries, mais faire de la pharmacie un modèle d’agilité interdisciplinaire pour une santé publique robuste et inclusive.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Mise à jour : 12/11/2025 &#8211; ajout de la tribune du Dr Beaudeux.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Illustration d&rsquo;en-tête :  Allison Saeng</em></p>



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		<title>Pharmacie d&#8217;officine en péril : pour une filière autonome face à une crise sans précédent</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Fabienne Blum]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 12 Aug 2025 15:27:59 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Analyse]]></category>
		<category><![CDATA[Déserts médicaux]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[Opinion]]></category>
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		<category><![CDATA[Politique de santé]]></category>
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					<description><![CDATA[L’Académie nationale de Pharmacie alerte sur la crise d’attractivité des études pharmaceutiques, tandis que les pharmaciens, professionnels de santé essentiels,]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h2 class="wp-block-heading">L’Académie nationale de Pharmacie alerte sur la crise d’attractivité des études pharmaceutiques, tandis que les pharmaciens, professionnels de santé essentiels, affrontent une menace économique majeure avec la baisse des remises sur les génériques. Une voie d’accès directe et une communication renforcée sont urgentes pour sauver une profession au cœur des soins de proximité.</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La pharmacie française traverse une tempête. Avec 1 100 places vacantes en deuxième année en 2022 et 471 en 2023 selon les chiffres l’Académie nationale de Pharmacie, la filière peine à attirer les vocations, victime d’une réforme des études de santé (PASS/LAS) qui la relègue à un choix par défaut face à la médecine. Parallèlement, un arrêté du 4 août 2025, réduisant les remises sur les médicaments génériques de 40 % à 30 %, déclenche une mobilisation sans précédent des pharmaciens, qui menacent de fermer des milliers d’officines dès la rentrée. Professionnels de santé à part entière, au même titre que les médecins, les pharmaciens jouent un rôle crucial dans les soins de proximité, avec des prérogatives croissantes. Cet article soutient l’appel de l’Académie pour une voie d’accès directe et une meilleure visibilité, tout en proposant des solutions face à une crise qui menace l’avenir de la profession.</p><div id="citiz-2967979813" class="citiz-contenu citiz-entity-placement"><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-9064228701299411" crossorigin="anonymous"></script><ins class="adsbygoogle" style="display:block;" data-ad-client="ca-pub-9064228701299411" 
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<h3 class="wp-block-heading">Une profession de santé en crise : entre dévalorisation et menace économique</h3>



<p class="wp-block-paragraph">L’Académie nationale de Pharmacie, dans un communiqué du 26 février 2024 co-signé avec l’Académie nationale de Médecine et l’Association des professeurs de Biologie et Géologie (APBG), alerte sur une désaffection alarmante des études pharmaceutiques. Les chiffres sont éloquents : 1 100 places vacantes en deuxième année en 2022, 471 en 2023, et un risque de « déserts pharmaceutiques » d’ici dix ans. Cette crise s’inscrit dans un contexte plus large, marqué par la réforme des études de santé de 2020, qui a remplacé la Première Année Commune aux Études de Santé (PACES) par le Parcours d’Accès Spécifique Santé (PASS) et les Licences avec option Accès Santé (LAS). Ce système, en imposant un tronc commun aux filières MMOPK (Médecine, Maïeutique, Odontologie, Pharmacie, Kinésithérapie), a dilué l’identité de la pharmacie, la reléguant à une option de repli pour les étudiants recalés en médecine.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette perception est d’autant plus injuste que le pharmacien est un professionnel de santé à part entière au même titre que le médecin, avec pour expertise socle le médicament et la pharmacologie. Formé à la fois aux sciences fondamentales et aux soins, il est un pilier du système de santé. En officine, il est souvent le premier point de contact pour les patients, offrant des conseils thérapeutiques, gérant des pathologies courantes et assurant des missions de santé publique. Depuis la loi Hôpital, Patients, Santé et Territoires (HPST) de 2009, et plus récemment avec les ordonnances de 2021 et 2023, ses prérogatives se sont élargies : vaccination (grippe, Covid-19, HPV), renouvellement de traitements chroniques, dépistage (angine, cystite) et même prescription dans certains cas. Dans les zones rurales, où les médecins se font rares, le pharmacien est souvent le seul professionnel de santé accessible sans rendez-vous, garantissant un maillage territorial essentiel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pourtant, cette réalité est éclipsée par une crise économique sans précédent. L’arrêté du 4 août 2025, publié au Journal officiel, plafonne les remises commerciales sur les médicaments génériques à 30 % dès le 1er septembre, avec une baisse prévue à 20 % d’ici juillet 2027. Selon la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France (FSPF) et l’Union des syndicats de pharmaciens d’officine (USPO), cette mesure entraîne un manque à gagner de 300 à 600 millions d’euros par an, menaçant jusqu’à 6 000 officines de fermeture et 30 000 emplois. Les petites officines rurales, déjà fragilisées par l’inflation et la baisse des prix des médicaments, sont particulièrement vulnérables. En réponse, les pharmaciens ont lancé une grève des gardes depuis le 1er juillet 2025, avec des fermetures nationales prévues les 16 août et 18 septembre, suivies de fermetures hebdomadaires chaque samedi à partir du 27 septembre. L’USPO prépare également une double procédure juridique contre l’État, incluant une question prioritaire de constitutionnalité devant le Conseil constitutionnel et un recours pour inaction en matière d’accès aux soins.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><br></p>



<h3 class="wp-block-heading">Un déficit de visibilité aggravé par la crise économique</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le manque d’attractivité des études de pharmacie est amplifié par un déficit chronique de communication sur la profession. Les lycéens, mal informés, associent souvent le pharmacien à un simple « vendeur de médicaments », ignorant la diversité de ses missions. Outre l’officine, qui représente 60 % des pharmaciens selon l’Ordre national des pharmaciens, la profession offre des carrières en recherche (neurosciences, oncologie), en industrie (développement de médicaments), en hôpital (pharmacie clinique), ou encore en biologie médicale et cosmétique. Ces débouchés, qui allient expertise scientifique et impact sociétal, pourraient séduire de nombreux jeunes, à condition qu’ils en soient informés. La plateforme Parcoursup, avec ses intitulés génériques (PASS, LAS), rend la filière illisible, tandis que les salons d’orientation privilégient la médecine. La crise économique actuelle, médiatisée par les grèves et les menaces de fermetures d’officines, renforce l’urgence de communiquer sur le rôle du pharmacien comme professionnel de santé. Les mobilisations, relayées par BFM TV, Les Échos et France 3, mettent en lumière les conséquences dramatiques pour les patients, notamment en zones rurales où la fermeture d’une officine peut signifier la perte du dernier point d’accès aux soins. L’Académie propose de renforcer la communication dès le collège, en impliquant des professionnels de santé. Cette idée est pertinente, mais manque de concret. Une approche moderne s’impose : des campagnes numériques sur des plateformes comme TikTok ou Instagram, avec des témoignages de pharmaciens hospitaliers ou de chercheurs, pourraient captiver les jeunes. Des partenariats avec des médias jeunesse ou des serious games éducatifs, comme ceux testés par certaines facultés, pourraient rendre la pharmacie plus tangible pour les collégiens. Ces initiatives, couplées à une sensibilisation des patients sur les conséquences des fermetures d’officines, pourraient contrer l’image réductrice de la profession et soutenir les pharmaciens dans leur combat actuel.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><br></p>



<h3 class="wp-block-heading">Un système éducatif inadéquat face aux exigences de la profession</h3>



<p class="wp-block-paragraph">La baisse d’attractivité des études de pharmacie s’explique aussi par les lacunes du système éducatif. La réforme du baccalauréat de 2019, en supprimant la série S, a réduit le vivier d’étudiants formés aux sciences. Selon l’Académie, les heures d’enseignement en sciences de la vie et de la Terre (SVT) se limitent à 1h30 par semaine jusqu’en seconde, soit environ 270 heures sur le cursus secondaire. Ce volume est insuffisant pour préparer les étudiants aux exigences des études pharmaceutiques, qui requièrent une maîtrise approfondie de la biologie, de la chimie et de la physique, essentielles pour comprendre les mécanismes des médicaments et conseiller les patients. Ces lacunes se répercutent dès la première année universitaire, où les étudiants en PASS ou LAS peinent à suivre des cours complexes comme la chimie organique ou la pharmacologie. L’Académie appelle à un renforcement des enseignements scientifiques au lycée, avec un accent sur les travaux pratiques. Cette proposition est cruciale, car la pharmacie, en tant que profession de santé, repose sur une expertise scientifique rigoureuse. Dès le collège, des ateliers sur la composition des médicaments ou des visites de pharmacies hospitalières pourraient susciter des vocations précoces, en valorisant le pharmacien comme acteur des soins et non comme simple technicien. Ces initiatives, déjà expérimentées localement, mériteraient une généralisation pour répondre à la crise actuelle, qui menace de priver les territoires ruraux de leurs pharmaciens</p>



<h3 class="wp-block-heading">Réinventer la roue ? Une voie d’accès directe pour préserver un maillage territorial vital</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Face à ces défis, l’Académie nationale de Pharmacie propose une voie d’accès directe aux études de pharmacie dès la première année, distincte du tronc commun PASS/LAS. C&rsquo;est tout simplement le fonctionnement qui existait jusqu&rsquo;en 2010. Quand on voulait faire pharmacie, on tentait le concours de pharmacie, il n&rsquo;y avait pas de tronc commun avec médecine, Soutenue par l’ANEPF et la FSPF, cette mesure de retour en arrière de l&rsquo;Académie  vise à capter les étudiants ayant une vocation claire pour la pharmacie, en recentrant la formation sur ses spécificités, soit le médicament, comme la chimie thérapeutique ou la pharmacologie. Cette autonomie permettrait de redonner à la filière son identité, tout en réduisant les désistements d’étudiants mal orientés. Cette proposition est d’autant plus cruciale que la crise économique actuelle menace le maillage territorial. Avec 300 officines fermées en 2024 et jusqu’à 6 000 menacées d’ici 2027, selon l’USPO, les zones rurales risquent de perdre leur dernier point d’accès aux soins. Les pharmaciens, souvent seuls à assurer des services comme la vaccination ou le dépistage dans ces territoires, sont indispensables. Une voie directe pourrait encourager des vocations pour l’officine rurale, où les besoins sont criants. Cependant, cette réforme implique des défis logistiques et financiers, notamment pour recruter des enseignants et adapter les infrastructures. Elle risque aussi de heurter les défenseurs du système PASS/LAS. Dans le cadre de la Réforme d’Entrée dans les Études de Santé (REES) prévue pour 2026-2027, l’Académie devra convaincre les ministères de l’Enseignement supérieur et de la Santé, tout en s’appuyant sur la mobilisation actuelle des pharmaciens pour peser dans les négociations.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Conclusion</h3>



<p class="wp-block-paragraph"><br>Les pharmaciens dont à un tournant. Professionnels de santé de proximité, ils sont des piliers du soin face à la désertification médicale, mais leur avenir est menacé par une double crise : une filière universitaire dévalorisée et une économie officinale fragilisée. L’arrêté du 4 août 2025, plafonnant les remises sur les génériques à 30 % dès septembre, puis à 20 % d’ici 2027, pourrait entraîner la fermeture de 6 000 officines et la perte de 30 000 emplois selon l’USPO et la FSPF. Les grèves du 16 août et du 18 septembre 2025, suivies de fermetures chaque samedi dès le 27 septembre, traduisent la colère d’une profession qui se sent trahie. Il faut dire qu&rsquo;elle n&rsquo;a jamais été aussi véhémente que ses confrères médecins, très soutenus politiquement et toujours prêts à préserver leurs privilèges. L’appel de l’Académie nationale de Pharmacie pour une voie d’accès directe et une meilleure visibilité des études est plus urgent que jamais. En renforçant l’enseignement scientifique, en modernisant la communication et en restaurant l’autonomie de la filière, la France peut former des pharmaciens fiers de leur vocation. Parallèlement, le gouvernement doit revoir sa politique économique pour préserver un maillage territorial vital à la santé publique.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Illustration d&rsquo;en-tête :  Serkan Yildiz</em></p>



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		<title>Lutte contre les déserts médicaux : peu médiatisée, la pénurie de pharmaciens hospitaliers est également concernée. Quelles solutions à l&#8217;horizon ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Fabienne Blum]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 18 May 2025 14:20:32 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[La France explore des solutions pour maintenir l’activité des pharmacies à usage intérieur (PUI) au sein des établissements hospitaliers, en]]></description>
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<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h2 class="wp-block-heading">La France explore des solutions pour maintenir l’activité des pharmacies à usage intérieur (PUI) au sein des établissements hospitaliers, en déficit critique. Une mesure du Pacte de lutte contre les déserts médicaux, dévoilée le 7 mai 2025, proposait d’autoriser des docteurs en pharmacie sans DES à exercer en PUI après une formation dédiée. Analyse dans le contexte de la proposition de loi Mouiller adoptée par le Sénat le 13 mai dernier.</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les médias préfèrent se focaliser sur les médecins, dont la visité est portée par lobby puissant bien relayé au Parlement. Pourtant, la pénurie de pharmaciens hospitaliers, estimée à 15 000 postes vacants en 2023, menace la continuité des soins dans les hôpitaux français, particulièrement dans les zones sous-denses comme par exemple le Cher ou la Haute-Loire. Dans les hôpitaux, les pharmacies à usage intérieur (PUI), chargées de la gestion des médicaments, des préparations stériles et des médicaments expérimentaux des essais cliniques, souffrent d’un manque chronique de personnel qualifié. Les causes incluent un DES de pharmacie hospitalière exigeant, une attractivité limitée face à l’industrie et une démographie défavorable. Le Pacte de lutte contre les déserts médicaux, relayé par l’Ordre des pharmaciens le 7 mai 2025, proposait des mesures novatrices, dont l’autorisation pour des pharmaciens sans DES d’exercer en PUI. Cette initiative, inspirée d’expérimentations passées, pourrait mobiliser des profils comme les pharmaciens industriels experts en essais cliniques. Cet article explore les solutions envisagées, leur contexte historique et les avancées issues de l’adoption de la proposition de loi (PPL) Mouiller par le Sénat le 13 mai 2025, dans un contexte de résistances professionnelles.</p><div id="citiz-3981876056" class="citiz-contenu citiz-entity-placement"><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-9064228701299411" crossorigin="anonymous"></script><ins class="adsbygoogle" style="display:block;" data-ad-client="ca-pub-9064228701299411" 
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<h3 class="wp-block-heading">Une pénurie enracinée dans le système</h3>



<p class="wp-block-paragraph">La pénurie de pharmaciens hospitaliers résulte d’un déséquilibre structurel. Le DES de pharmacie hospitalière, requis pour exercer en PUI, demande quatre années de formation suite à la réussite au concours de l&rsquo;internat pour un total de 10 ans d&rsquo;études,  un investissement qui dissuasif face à des salaires hospitaliers inférieurs de 20 à 30 % à ceux de l’industrie. En 2023, seuls 10 % des diplômés en pharmacie choisissaient la filière hospitalière, contre 70 % pour l’officine et 20 % pour l’industrie. Dans les régions sous-denses conduisant aux déserts médicaux, les départs à la retraite aggravent la situation, laissant des PUI en sous-effectif chronique.<br>Les impacts sont sévères : réduction des activités, recours à un intérim coûteux (2 000 €/jour pour un pharmacien intérimaire) et risques accrus pour la sécurité des patients. Les SDIS, EHPAD et hôpitaux locaux, essentiels dans les déserts médicaux, sont les plus touchés. En 2025, la pharmacie clinique, renforcée par l’ordonnance n° 2016-1729 du 15 décembre 2016, accentue les besoins en pharmaciens pour sécuriser les prescriptions et accompagner les patients.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Mesures transitoires du passé : un précédent éphémère</h3>



<p class="wp-block-paragraph">L’idée d’autoriser des pharmaciens sans DES à travailler en PUI n’est pas nouvelle. Dans les années 1980, certains pharmaciens d’officine exerçaient dans des PUI sous dérogations locales. En 2008, un décret (non reconduit) permettait des remplacements de courte durée dans des PUI en pénurie, sous supervision. Plus récemment, le décret n° 2017-1605 du 24 novembre 2017 autorise les pharmaciens avec deux ans d’expérience en PUI à exercer sans DES.<br>Dans un note de l’Ordre des pharmaciens datée du 15 mai dernier, l&rsquo;instance ordinale soutient également un dispositif transitoire pour les pharmaciens sapeurs-pompiers, avec une commission pour évaluer leur aptitude à exercer dans les PUI des SDIS.<br>Ces précédents, bien que limités, ont permis de maintenir l’activité dans des hôpitaux de proximité, mais leur caractère temporaire a mis à mal toute pérennisation.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Une mesure audacieuse : ouvrir les PUI à des pharmaciens sans DES</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le bulletin de l’Ordre des pharmaciens du 7 mai 2025 annonçait une mesure phare : autoriser les docteurs en pharmacie sans DES à effectuer des remplacements temporaires ou un exercice expérimental dans les PUI après une courte formation. Cette initiative, nécessitant une modification de l’article R.5126-80 du Code de la santé publique, ciblait les zones sous-denses, les EHPAD et les hôpitaux locaux. Elle s’appuyait sur les stages d’externat hospitaliers suivis par tous les docteurs en pharmacie. En effet, les futurs docteurs en pharmacie effectuent une 6e année d&rsquo;études hospitalo-universitaire, où à l&rsquo;instar des futurs médecins, ils font des stages dans divers services, dont la pharmacie hospitalière.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Une disposition incluse dans la PPL Mouiller, mais retirée préalablement à son adoption au Sénat</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Cette mesure était intégrée à la PPL Mouiller (texte n° 577, 2024-2025) déposée en mars 2025. La PPL a été adoptée par le Sénat le 13 mai 2025 avec 190 voix pour et 29 contre dans le cadre d&rsquo;une procédure accélérée, mais la mesure sur l&rsquo;exercice de pharmaciens en PUI sans DES a été supprimée. Le Sénat a choisi de ne pas intégrer cette disposition dans la version finale adoptée, privilégiant d&rsquo;autres priorités comme l&rsquo;extension des compétences des pharmaciens pour les pathologies bénignes, la reconnaissance des préparateurs en pharmacie, ou encore les aides financières pour les zones fragiles. Après ce vote, la PPL a été transmise à l&rsquo;Assemblée nationale pour la suite de la navette parlementaire. La PPL Mouillier est surtout médiatisée pour l&rsquo;encadrement de l&rsquo;installation des médecins qu&rsquo;elle prévoit : les généralistes en zones bien dotées doivent exercer à temps partiel dans des zones sous-denses, tandis que les spécialistes ne peuvent s’installer qu’en cas de départ d’un confrère. Une « <em>solidarité territoriale obligatoire</em> » oblige les médecins en zones denses à consacrer jusqu’à deux jours par mois à des zones prioritaires.<br>La question des mesures pour palier au déficit de pharmaciens en PUI reste donc en suspens, et l&rsquo;incertitude persistera tant que la navette parlementaire n&rsquo;est pas achevée ou qu&rsquo;une commission mixte paritaire ne statue pas spécifiquement sur ce point. Il est à noter que les dérogations existantes pour les pharmaciens sans DES, basées sur leur expérience avant 2017, restent applicables pour l&rsquo;instant.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Le potentiel des pharmaciens industriels : un atout sous-exploité</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Parmi les profils concernés par une éventuelle ouverture des PUI aux docteurs en pharmacie sans DES de pharmacie hospitalière, certains pharmaciens avec parcours industriel spécialisés en recherche et développement (R&amp;D) clinique se distinguent. Avec une expérience solide de maîtrise des Bonnes pratiques cliniques (BPC), de la gestion des médicaments expérimentaux utilisés dans les essais cliniques, de la pharmacovigilance et de l&rsquo;Assurance Qualité des études y compris la gestion des médicaments concernés, ces profils offrent des compétences utilement transférables aux PUI des CHU, CLCC, ou structures comme les SDIS et EHPAD. C&rsquo;est particulièrement le cas des pharmaciens experts de la conception des protocoles d&rsquo;études cliniques menés à l&rsquo;hôpital, ou en charge d&rsquo;effectuer des audits des centres investigateurs hospitaliers pour évaluer leur conformité à la réglementation et aux procédures des laboratoires pharmaceutiques. Une adoption future de la mesure PUI pourrait mobiliser ce vivier de professionnels de santé avec expérience et qualifications pointues familiers avec le fonctionnement des hôpitaux en matière de médicaments. Cette voie apparaît comme un véritable atout pour réduire la dépendance à l’intérim coûteux et aux mesures transitoires qui ne permettent pas de parer durablement au déficit en PUI. Pourquoi cette voie n&rsquo;est-elle pas explorée ? Une raison est sans doute un problème culturel en France qui rend difficile les parcours transversaux, particulièrement entre le public et le privé. Ainsi, la norme est de faire carrière soit dans le public soit dans le privé et à ce titre le passage de l&rsquo;un à l&rsquo;autre est souvent vu comme la conséquence d&rsquo;une mauvaise orientation initiale ou d&rsquo;un échec et peu valorisé. Il s&rsquo;agit là d&rsquo;une posture rigide, qui ne profite à personne et encore moins au système de santé. En particulier, la pharmacie hospitalière à pourrait pleinement </p>



<h3 class="wp-block-heading">Quelles autres solutions pour renforcer les effectifs de pharmaciens hospitaliers ?</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Outre la mesure évidente d&rsquo;ouverture des PUI aux pharmaciens sans DES mais avec expérience pertinente solide, plusieurs leviers existent, en premier lieu la revalorisation de la filière de l&rsquo;internat. Ainsi, l&rsquo;Ordre des pharmaciens note une augmentation des postes d’internat (480 en 2025 contre 313 en 2022) pour stimuler le recrutement, et propose une commission pour évaluer les titulaires du DES IPR (Innovation Pharmaceutique et Recherche) ou pharmacie spécialisée pour des rôles en PUI (Ordre, 15 mai 2025). Une réflexion sur un « 2e DES », inspiré de la médecine, pourrait permettre aux titulaires de DES officine/industrie d’accéder aux carrières hospitalières. Les pharmaciens non spécialisés peuvent passer le concours d’internat après trois ans d’exercice (titre européen). <br>Une autre mesure est la mutualisation des PUI. Le décret n° 2019-489 du 21 mai 2019 facilite ainsi la cooopération entre PUI via les groupements hospitaliers de territoire (GHT). Il y a aussi  le renforcement de la pharmacie clinique, qui accroît le rôle des pharmaciens hospitaliers concernés dans la sécurisation des prescriptions et l&rsquo;éducation thérapeutique. Enfin, et nous l&rsquo;avons déjà évoqué pour  son coût élevé, il y a l&rsquo;intérim, ainsi que les équivalences, sujet complexe permettant de reconnaître des diplômes étrangers.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Défis et résistances : un chemin semé d’embûches</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La mesure d’ouverture des PUI suscite une forte opposition. La section H (Hôpital) de l’Ordre des pharmaciens, dans son avis du 15 mai 2025, défend le DES comme indispensable pour les tâches complexes des PUI, avertissant qu’une différenciation des niveaux de spécialisation créerait des inégalités dans la prise en charge des patients. Cette position, bien que présentée comme un enjeu de qualité, vise clairement à préserver le monopole des pharmaciens hospitaliers sur les PUI, limitant l’accès à d’autres profils comme certains pharmaciens industriels à  profil adapté, malgré la pénurie. Les syndicats (SYNPREFH, SNPHPU, FNSIP-BM) partagent cette ligne, estimant dans une vision étriquée que les stages d’externat sont insuffisants et la « courte formation » floue. Mobiliser des pharmaciens d’officine pourrait aggraver les pénuries ailleurs (10 000 postes vacants en officine), mais ce n&rsquo;est pas le cas pour les pharmaciens industriels.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><br>Ce débat s’inscrit dans un contexte plus large de lutte contre les déserts médicaux. La PPL Garot, adoptée par l’Assemblée nationale le 7 mai 2025, concurrence la PPL Mouiller en proposant une régulation stricte de l’installation des médecins. Comme les pharmaciens, professionnels de santé soumis à des régulations, les médecins résistent à ces contraintes, soutenus par un lobby puissant qui préserve leurs privilèges. Il est temps qu’ils acceptent une régulation équitable, une question de santé publique pour garantir l’accès aux soins.<br>L’adoption de la PPL Mouiller le 13 mai 2025 marque une avancée, mais son passage à l’Assemblée nationale et une éventuelle commission mixte paritaire pourraient modifier le texte. Les précédents transitoires pour les PUI, abandonnés face aux résistances et malgré certaines voies pérennes pour solutionner au moins partiellement la question , rappellent la difficulté des réformes en matière de santé publique.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un tournant à l’horizon ?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La pénurie de pharmaciens hospitaliers reste un défi systémique, mais le Pacte de lutte contre les déserts médicaux offre des perspectives. L’ouverture des PUI aux pharmaciens sans DES, proposée dans la PPL Mouiller, visait à mobiliser des profils comme les experts en essais cliniques, mais son adoption reste incertaine, face à l’opposition de la section H de l’Ordre, qui défend son monopole. L’adoption de la PPL Mouiller par le Sénat le 13 mai 2025 progresse dans la lutte contre les déserts médicaux, mais les détails sur les PUI sont en attente. Une réforme réussie nécessitera un équilibre entre pragmatisme, formation rigoureuse et sécurité des patients. Cet article sera complété avec toute information future sur la mesure PUI, cruciale pour des zones sous-denses, autrement dit les déserts médicaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Illustration d&rsquo;en-tête : <strong>Andrea pour Science infused</strong></em></p>



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		<title>Médicaments anti-rhume oraux à base de pseudoéphédrine : désormais uniquement sur ordonnance comme le souhaitaient les pharmaciens</title>
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		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 13 Dec 2024 11:40:36 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[On vous en parlait il y a un an en vous préconisant de les oublier : suivre notre recommandation n&#8217;était]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h3 class="wp-block-heading">On vous en parlait il y a un an en vous préconisant de les oublier : suivre notre recommandation n&rsquo;était pas vain, puisque désormais, votre pharmacien l&rsquo;exclut de ses produits en vente libre ; l&rsquo;Ordre des pharmaciens et plusieurs syndicats de pharmaciens notamment s&rsquo;étaient associés à l&rsquo;ANSM pour alerter sur leurs dangers ; une décision qui se démarque de l&rsquo;autorisation maintenue au niveau de l&rsquo;Union européenne</h3>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://citizen4science.org/medicaments-anti-rhume-et-nez-bouche-par-voie-orale-oubliez-les/">Notre article d&rsquo;octobre 2023</a> faisait suite immédiate à un communiqué très ferme de l&rsquo;ANSM (Agence nationale de sécurité du médicaments et des produits de santé), chargée d&rsquo;autoriser les médicaments en France et ses modalités de délivrance. conjointement avec l&rsquo;Ordre national des pharmaciens et plusieurs syndicats de pharmaciens, et deux associations professionnelles d&rsquo;ORL et de médecine générale. Une décision française qui prend les devants sur l&rsquo;autorisation européenne de vente libre qui perdure</p><div id="citiz-3696955284" class="citiz-contenu citiz-entity-placement"><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-9064228701299411" crossorigin="anonymous"></script><ins class="adsbygoogle" style="display:block;" data-ad-client="ca-pub-9064228701299411" 
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<h2 class="wp-block-heading">Les médicaments concernés</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Voici un rappel, à toutes fins utiles, des spécialités interdites de vente libre : Actifed Rhume, Actifed Rhume jour et nuit, Dolirhume Paracétamol et Pseudoéphédrine, Dolirhumepro Paracétamol Pseudoéphédrine et Doxylamine, Humex Rhume, Nurofen Rhume, Rhinadvil Rhume Ibuprofène/ Pseudoéphédrine, Rhinadvilcaps Rhume Ibuprofène/ Pseudoéphédrine, et tout autre médicament à base de pseudoéphédrine administré par voie orale.<br>Cette mesure, d&rsquo;un point de vue réglementaire, se traduit par leur inscription à la liste I des substances vénéneuses, pour lesquelles l&rsquo;ordonnance est de mise.<br>Vous avez déjà donc pu remarquer dans votre pharmacie la disparition de ces médicaments habituellement visibles derrière le comptoir des pharmaciens et que vous pouviez jusque là acheter librement. À vos risques et périls, ce qui avouons-le, pose problème évident. </p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h2 class="wp-block-heading">Rapport bénéfice-risque en question</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ce rapport est la clé de l&rsquo;évaluation des médicaments. Tout médicament présente des effets indésirables. On tient donc compte du rapport entre les effets recherchés du médicament (ses bénéfices) et les risques d&rsquo;effets indésirables auxquels ils exposent. C&rsquo;est ce qu&rsquo;on appelle la « balance » bénéfice-risque. Elle doit être favorable, plus ou moins largement selon l&rsquo;indication. Ici, on parle de rhume, une affection bénigne, sans doute désagréable, qui disparaît spontanément en 7 à 10 jours. Or, si le principe actif des médicaments visés, la pseudoéphédrine, apporte une certaine utilité pour déboucher le nez, principal symptôme désagréable du rhume, son administration par voie orale expose à un effet systémique et non pas uniquement local au niveau du nez. Son action de vasoconstriction des vaisseaux qui soulage le nez agit alors sur d&rsquo;autres vaisseaux sanguins, par exemple au niveau du cerveau et du cœur, ce qui est susceptible, de provoquer respectivement AVC et infarctus du myocarde. Il est important de noter que ce ne sont pas les seuls patients fragilisés qui sont concernés. Les rapports de cas font état de patients touchés alors qu&rsquo;ils ne présentent aucun facteur de risque. Des tels cas ont été malheureusement rapportées, rarement mais pas suffisamment exceptionnellement pour passer outre.  Risquer deux urgences graves et vitales pour soulager un rhume ? La question est donc clairement non, et désormais en France, cela passe par le retrait de la vente libre via prescription médicale obligatoire.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L&rsquo;ANSM maître en France malgré le maintien de l&rsquo;autorisation de l&rsquo;EMA </h2>



<p class="wp-block-paragraph">Si l&rsquo;agence équivalente de l&rsquo;ANSM, l&rsquo;Agence européenne des médicaments de l&rsquo;Union européenne (EMA) a bien de son côté lancé une évaluation de pharmacovigilance dans l&rsquo;UE, malgré les cas rapportés, non spécifiques à la France, elle n&rsquo;a pas à ce jour remis en cause l&rsquo;autorisation des médicaments oraux à base de pseudoéphédrine.  Pourtant, l&rsquo;enquête de l&rsquo;EMA a révélé de nouveaux risques pour ces médicaments, de type neurologique comme des syndromes d&rsquo;encéphalopathie réversible postérieure (SERP) et des syndromes de vasoconstriction cérébrale réversible.<br>Il faut bien comprendre que les autorisations de mise sur le marché son déposées au niveau européen, et non dans chaque pays. Cela n&#8217;empêche pas pour autant une agence de santé nationale dans l&rsquo;UE de restreindre l&rsquo;autorisation d&rsquo;un produit autorisé dans l&rsquo;UE. C&rsquo;est exactement ce qu&rsquo;a fait l&rsquo;ANSM. Cette mesure vient d&rsquo;être prise (applicable depuis avant-hier, 11 décembre. Ce n&rsquo;est pas faute pourtant d&rsquo;avoir tenté la prévention plutôt que l&rsquo;interdiction : mise à disposition de <a href="https://citizen4science.org/medicaments-anti-rhume-et-nez-bouche-par-voie-orale-oubliez-les/">fiches pratiques destinées aux patients</a> dans les pharmacies, interdiction de publicité grand public, communications régulières sur les dangers de ces produits. Les rapports de cas d&rsquo;effets indésirables graves n&rsquo;ont par la suite pas faibli, corrélé même avec une (nouvelle) augmentation des ventes des laboratoires commercialisant ces médicaments à l&rsquo;automne 2024. </p>



<h2 class="wp-block-heading">La décision d&rsquo;ordonnance obligatoire va-t-elle freiner l&rsquo;usage ?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Forcément, on s&rsquo;attend à une chute mécanique des ventes pour ces produits que le pharmacien ne conseillait plus que rarement voire pas du tout, et donc surtout, l&rsquo;impossibilité désormais de les demander au comptoir de la pharmacie. C&rsquo;est donc maintenant les médecins qui supporteront leur vente. S&rsquo;agissant de produits considérés comme inutiles, le corps médical a la possibilité d&rsquo;achever leur existence. Vont-ils le faire ? Rien n&rsquo;est moins sûr, car on sait que les médecins ont la main lourde sur les prescriptions pour maintenir à flot leur patientèle. S&rsquo;agissant de produits jusque-là en vente libre, certains patients pourraient être demandeurs face à leur médecin. L&rsquo;ANSM demande aux médecins prescripteurs de bien évaluer la balance bénéfice/risque pour chaque patient, dans le cas où ils souhaiteraient malgré tout prescrire ces médicaments. Le pharmacien reste évidemment le contrôleur de la pertinence des ordonnances ; il est invité par l&rsquo;ANSM à continuer à informer les patients des risques graves de ces médicaments ; pour les patients dont il connaît les facteurs de risque, il lui appartiendra d&rsquo;être vigilant lui aussi.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Image d&rsquo;en-tête : Andrea Piacquiado</em></p>



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		<title>Obliger les médecins à préciser sur l&#8217;ordonnance dans quelle indication ils prescrivent un médicament : un outil de santé publique puissant débarque par décret</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Fabienne Blum]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 04 Nov 2024 22:01:22 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Code de la santé publique]]></category>
		<category><![CDATA[Droit de la santé]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[Médecine]]></category>
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		<category><![CDATA[Mésusage]]></category>
		<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Pharmacie]]></category>
		<category><![CDATA[Pharmacien]]></category>
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					<description><![CDATA[Le décret relatif à la pertinence des prescriptions médicales paru le 31 octobre a pris effet le 1er novembre dans]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h3 class="wp-block-heading">Le décret relatif à la pertinence des prescriptions médicales paru le 31 octobre a pris effet le 1er novembre dans le cadre de la mise en application de la loi de financement de la Sécurité Sociale sur 2024. Il passe inaperçu dans les médias, pourtant son intérêt est majeur. Explications</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Nous évoquons ici le décret n0 2024-968 du 30/10/2024 « <em>relatif au document destiné à renforcer la pertinence des prescriptions médicales</em>« . Tout un programme, essentiel.</p><div id="citiz-2482928180" class="citiz-contenu citiz-entity-placement"><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-9064228701299411" crossorigin="anonymous"></script><ins class="adsbygoogle" style="display:block;" data-ad-client="ca-pub-9064228701299411" 
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<h2 class="wp-block-heading">Fondement :  la loi de financement de la sécurité sociale pour 2024</h2>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est en particulier l&rsquo;article 73 de cette loi, qui modifie le Code de la sécurité sociale et plus précisément l&rsquo;article L. 162-19-1 qui pose les bases du nouveau dispositif. Il stipule que la prescription du médecin peut avoir lieu sur l&rsquo;ordonnance classique ou « <em>sur un formulaire prévu à cet effet</em>« . Ce formulaire, accessible par téléservice, est exigible pour présentation au pharmacien. Il est prévu qu&rsquo;il serve notamment à vérifier le respect des indications ouvrant droit à remboursement par la sécurité sociale.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Lutter contre le mésusage des médicaments, les médecins dans le viseur</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La mauvaise utilisation des médicaments est un fléau de santé publique. Il émane en premier lieu de prescriptions défaillantes par les médecins. Il faut le rappeler, le médecin est l&rsquo;expert du diagnostic médical, le pharmacien étant l&rsquo;expert du médicament. Or on sait combien en France, il existe d&rsquo;une part une surprescription de médicaments par les médecins, en partie pour des raisons de clientélisme : un patient satisfait est souvent un patient qui sort du cabinet médical avec une ordonnance, tant qu&rsquo;à faire bien remplie. À tel point qu&rsquo;il est prévu des incitations financières à la non prescription par les médecins. S&rsquo;il faut citer un seul exemple de prescriptions abusives, on peut parler des antibiotiques, trop prescrits mais aussi mal prescrits, malgré les guides réguliers à l&rsquo;usage des médecins fournis par des sociétés savantes comme celle d&rsquo;infectiologie et l&rsquo;Agence nationale de sécurité des médicaments (ANSM). Le problème est tout aussi quantitatif que qualitatif.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Renforcer les moyens de contrôle par le pharmacien dispensateur</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Alors on pourrait dire, et on le dit : chacun son métier. Le Code de la santé publique prévoit ainsi l&rsquo;intervention du pharmacien, qui est tenu à un contrôle pharmaceutique des ordonnances avant toute délivrance. Beaucoup d&rsquo;erreurs de prescription sont ainsi rattrapées. <br>Néanmoins il manquait jusqu&rsquo;ici une information essentielle sur les ordonnances : l&rsquo;indication, à savoir la pathologie ou les troubles pour lesquels les médicaments sont prescrits. C&rsquo;est pourtant un élément clé pour établir l&rsquo;analyse pharmaceutique de l&rsquo;ordonnance. L&rsquo;interrogatoire du patient peut compenser le manque, mais cette information par le patient n&rsquo;est pas toujours disponible ni fiable. Il est pourtant essentiel au pharmacien de savoir pourquoi un médicament est prescrit. Cela conditionne la validité de la prescription d&rsquo;un point de vue qualitatif, mais parfois aussi quantitativement, car la posologie peut varier en fonction de l&rsquo;indication. <br>L&rsquo;information se devait donc d&rsquo;être émise par sa source, le médecin prescripteur, et indiquée noir sur blanc pour qui de droit.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Vers un médecin professionnel de santé « comme les autres »</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les temps changent pour les médecins, dont le monopole de prescription et les privilèges s&rsquo;effritent, au profit d&rsquo;un exercice médical partagé entre les professionnels de santé autour des patients, et non plus derrière la longue file d&rsquo;attente de consultations du médecin.<br>En France, cette situation s&rsquo;explique non pas par la raison, mais un lobby médical très puissant qui influe fortement et fige les politiques visant à faire évoluer la situation.<br>On se souvient, pendant la pandémie de Covid-19, la défense par certains d&rsquo;un droit de prescription absolue du médecin ; un groupe de médecins défendant l&rsquo;hydroxychloroquine dans l&rsquo;indication Covid non démontrée se nommait d&rsquo;ailleurs « <em>Laissons-les prescrire</em>« . Leur argument était que les médecins étaient libres, autorisés à prescrire « hors AMM » (Autorisation de mise sur le marché). C&rsquo;est en effet possible, mais dans des cas précis et très particuliers, justifiés, et avec l&rsquo;aval du pharmacien. Il n&rsquo;y a donc pas de réelle liberté de prescrire, elle est toujours été conditionnelle. Toujours est-il que les pharmaciens qui faisaient leur métier et assumaient leurs responsabilités (dont pénale) en refusant la délivrance d&rsquo;hydroxychloroquine avaient été pointés du doigt et parfois menacés.<br>Cette image du médecin tout-puissant et omniscient est passéiste, et dangereuse. Dans tous les domaines, l&rsquo;activité collaborative, chacun dans sa spécialité, est une sécurité, ici pour les patients.</p>



<h2 class="wp-block-heading">En pratique</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les médecins doivent désormais &#8211; théoriquement &#8211; établir des ordonnances complètes, mentionnant l&rsquo;indication pour chaque médicament prescrit. Le pharmacien pourra ainsi faire son travail d&rsquo;analyse de l&rsquo;ordonnance, mais aussi permettre la prise en charge par la sécurité sociale. À défaut, la délivrance des médicaments pourrait ne pas avoir lieu et les patients invités alors à contacter leur médecin pour obtenir les mentions manquantes.<br>Comme le prévoit la loi, le médecin peut fournir les informations requises sur l&rsquo;ordonnance, ou via un formulaire dédié.<br><br>Il n&rsquo;est pas sûr que ces nouvelles modalités s&rsquo;appliquent à toutes les prescriptions. En effet l&rsquo;assurance maladie pourrait se focaliser au moins dans un premier temps, sur ce qu&rsquo;on appelle les ITR : Indications thérapeutiques remboursables. Il s&rsquo;agit de médicaments ayant de multiples indications, dont seulement certaines sont remboursables. Parmi les médicaments actuels : les analogues du GLP-1, très en vogue, sont concernés ; il s&rsquo;agit initialement de médicaments pour le diabète, qui ont été détournés rapidement comme coupe-faim pour maigrir (<a href="https://citizen4science.org/quest-ce-que-le-semaglutide-ozempic-un-medicament-antidiabetique-detourne-comme-anorexigene-coupe-faim-pour-perdre-du-poids/">voir affaire Ozempic/sémaglutide</a>), mais sont désormais également commercialisés pour l&rsquo;obésité. Cette classe pourrait être dans le viseur pour une application sans délai du nouveau décret.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Des opposition du lobby médical à prévoir</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui est certain, c&rsquo;est que les médecins vont sans doute râler de devoir préciser l&rsquo;indication. Il s&rsquo;agira de préserver, comme toujours, des privilèges. On peut imaginer en premier lieu que le secret médical sera brandi, ce qui n&rsquo;est pas pertinent puisque le partage d&rsquo;informations entre professionnels de santé comme les pharmaciens, eux-même soumis à la confidentialité, ne le remet pas en cause. Idem pour la transmission d&rsquo;informations à l&rsquo;assurance-maladie. On n&rsquo;a pas vu les médecins se plaindre de remplir un dossier pour l&rsquo;obtention du statut d&rsquo;ALD d&rsquo;un patient (Affection de longue durée, exemple parmi d&rsquo;autres).  Ils pourraient aussi déclarer que de préciser l&rsquo;indication leur fait perdre du temps, ou  discréditer la disposition pour n&rsquo;être qu&rsquo;à visée financière (avec les ITR).<br>Pourtant, c&rsquo;est bel et bien une mesure de santé publique importante vu les méfaits du mésusage des médicaments, versant erreurs de prescription, mais aussi détournement de prescriptions : à propos de coupe-faim, n&rsquo;oublions jamais le scandale sanitaire du Mediator (benfluorex). Cette nouvelle disposition aurait à l&rsquo;époque cette triste affaire, qui a coûté de vies, de se produire.<br>La médecine est une profession régulée comme toutes les professions de santé, elle n&rsquo;a pas, et même plus à faire exception. Il y va de la protection des patients.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



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			</item>
		<item>
		<title>Un enfant de moins de 2 ans réchappe de l&#8217;ingestion d&#8217;un champignon hautement toxique, l&#8217;amanite phalloïde</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Fabienne Blum]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 26 Sep 2024 13:51:24 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Allemagne]]></category>
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		<category><![CDATA[Santé]]></category>
		<category><![CDATA[Santé publique]]></category>
		<category><![CDATA[Toxicologie]]></category>
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					<description><![CDATA[La saison des champignons est bien entamée, alors parlons prévention des intoxications avec un cas pratique : l&#8217;intoxication d&#8217;un petit]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h3 class="wp-block-heading">La saison des champignons est bien entamée, alors parlons prévention des intoxications avec un cas pratique : l&rsquo;intoxication d&rsquo;un petit garçon allemand de 16 mois par la terrible amanite phalloïde &#8211; avec une chute heureuse !</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Ce cas est rapporté dans la littérature scientifique par Elena Neumann, Kristina Hase et le Pr Stephan Seeliger dans la revue médicale pédiatrique allemande « <em>Monatsschrift Kinderheilkunde</em>« . <a href="https://www.springermedizin.de/intoxikationen/paediatrie/knollenblaetterpilz-auf-dem-staedtischen-kindergartengelaende-ra/27458074">L&rsquo;article</a>  est paru le mois dernier.</p><div id="citiz-1958223651" class="citiz-contenu citiz-entity-placement"><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-9064228701299411" crossorigin="anonymous"></script><ins class="adsbygoogle" style="display:block;" data-ad-client="ca-pub-9064228701299411" 
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<h2 class="wp-block-heading">Amanites : 90 % des intoxications dans le monde</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les amanites sont des champignons tubéreux toxiques, à l&rsquo;exception de deux espèces : Amanita caesara (oronge) et Amanita rubescens (amanite rougissante)  </p>



<div class="wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-7387b849 wp-block-columns-is-layout-flex">
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</div>
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<figure class="wp-block-image alignright size-full is-resized"><a href="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2024/09/image-22.png"><img loading="lazy" decoding="async" width="230" height="312" src="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2024/09/image-22.png" alt="" class="wp-image-15616" style="width:454px;height:auto" srcset="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2024/09/image-22.png 230w, https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2024/09/image-22-221x300.png 221w" sizes="auto, (max-width: 230px) 100vw, 230px" /></a><figcaption class="wp-element-caption">Amanite phalloïd<em>e<br>source Wikipédia</em></figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Parmi les nombreuses autres amanites, l&rsquo;amanite phalloïde (<em>Amanita phalloïdes</em>) est redoutablement toxique et source de confusion par sa présentation : elle ne paie pas de mine et cache parfois bien son jeu pour les non experts, loin du cliché visuel du champignon toxique, la bien connue <a href="https://citizen4science.org/les-amanites-champignons-tisseurs-de-liens/">amanite tue-mouche</a> (voir illustration d&rsquo;en-tête). Celle-ci, au chapeau rouge bien marqué constellé de tâches blanches est bien reconnaissable. Dans notre imaginaire, on l&rsquo;associe facilement à quelque chose de venimeux, à l&rsquo;instar de la pomme bien rouge de la sorcière dans Blanche-Neige.<br>L&rsquo;amanite phalloïde, avec son air de champignon commun, peut être confondue avec l&rsquo;agaric champêtre,  champignons des prés commun tout à fait comestibles, ce qui augmente les risques pour les cueilleurs.  Mais passons maintenant du conte de fées allemand dès frères Grimm à une histoire vraie tout aussi germanique.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un petit garçon au jardin d&rsquo;enfants et un champignon</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ici, on inverse tous les rôles : l&rsquo;enfant n&rsquo;est pas l&rsquo;auditeur d&rsquo;une histoire captivante et terrifiante inventée et racontée par des adultes. Ici, c&rsquo;est une histoire vraie racontée aux adultes dont le protagoniste est un petit enfant. Il vit en Allemagne, et fréquente le jardin d&rsquo;enfants municipal de la ville de Celle non loin de Hanovre. Le bébé faisait parti d&rsquo;un groupe supervisé par des éducateurs, lorsque l&rsquo;un d&rsquo;entre eux a surpris l&rsquo;enfant tenant un champignon blanchâtre à la main.  De façon inquiétante, le spécimen n&rsquo;était pas tout à fait intact :  un morceau de son chapeau manquait. Les éducateurs, inquiets malgré l&rsquo;état clinique normale du petit garçon, font une inspection buccale et ne trouvent aucune trace de consommation dans la bouche, et appellent néanmoins à juste titre les secours.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Prise en charge à l&rsquo;hôpital</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;enfant est emmené en ambulance à l&rsquo;hôpital de la ville, où il subit un examen clinique pédiatrique, la mesure des signes vitaux (pression artérielle, fréquence cardiaque), température, fréquence respiratoire, saturation en oxygène.<br>Une prise de sang est pratiquée pour une analyse de laboratoire complète incluant notamment électrolytes, paramètres hépatiques (ASAT, ALAT, gamma-GT), créatinine, rée, bilirubine, hémogramme.<br>Un paramètre est anormalement élevé : le taux de créatine kinase (CK).</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h2 class="wp-block-heading">Présence d&rsquo;amatoxines</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le diagnostic urinaire sera quant à lui révélateur d&rsquo;une possible intoxication par le champignon le plus redouté : il s&rsquo;agit d&rsquo;un test de détection des amatoxines, un groupe de 9 toxines présentes dans les amanites toxiques (mais aussi dans la famille des lépiotes [Lepiota]), ainsi qu&rsquo;un dosage plus spécifique de l&rsquo;alcaloïde toxique amanitine réalisé au moyen du test de Wieland.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En parallèle, le champignon a pu être identifié formellement par le centre anti-poison avec l&rsquo;aide d&rsquo;une expert en mycologie : il s&rsquo;agit de l&rsquo;amanite phalloïde.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Traitement</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le petit garçon reçoit un double traitement pendant trois jours : charbon activité à la dose de 12 g toutes les 4 heures (posologie : 1g/kg de poids corporel). Le but de ce traitement est d&rsquo;interrompre la circulation entéro-hépatique ; il est utilisé chez les patients en état d&rsquo;éveil. <br><br>Il a aussi reçu de la silibinine. Utilisé dans les dyspepsies, c&rsquo;est aussi un inhibiteur de l&rsquo;absorption par les cellules du foie des dangereuses amatoxines et ainsi un traitement de choix en cas d&rsquo;intoxication par amanites toxiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les auteurs rappellent qu&rsquo;en cas d&rsquo;ingestion récente, c&rsquo;est-à-dire dans l&rsquo;heure précédent la prise en charge, un lavage d&rsquo;estomac est en général indiqué.<br><br>Gageons que l&rsquo;enfant ne conservera aucun souvenir de sa rencontre gustative avec la redoutée amanite phalloïde. Et c&rsquo;est une chance, car selon les auteurs de l&rsquo;article, la moitié des cas d&rsquo;ingestion de ce champignon est mortelle, le risque étant réduit à 20 % au maximum si prise en charge et traitement adapté.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans l&rsquo;article scientifique objet de ce rapport de cas, les auteurs évoquent l&rsquo;immigration originaire des pays de l&rsquo;Europe de l&rsquo;Est, Sud-Est et Proche-Orient comme cause d&rsquo;augmentation des intoxications par champignons. La raison serait que dans ces pays, la cueillette et la consommation de champignons est plus répandue qu&rsquo;en Europe de l&rsquo;Ouest.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Rappelons à nouveau et comme toujours : Les cueilleurs de champignons doivent toujours faire vérifier leurs champignons par des experts : le pharmacien d&rsquo;officine est très accessible pour une vérification. Il ne faut pas se fier uniquement aux livres et encore moins aux applications sur smartphone avec reconnaissance d&rsquo;image, qui fleurissent ces dernières années.</em><br></p>



<p class="wp-block-paragraph"><br><em>Illustration : dessin de presse VHAE pour Science infused</em></p>



<h2 class="wp-block-heading">Pour aller plus loin&#8230;</h2>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-science-infused-site-d-039-actualit-s wp-block-embed-science-infused-site-d-039-actualit-s"><div class="wp-block-embed__wrapper">
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</div></figure>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



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		<title>Les pharmaciens peuvent enfin délivrer des antibiotiques sans ordonnance médicale pour certaines infections bactériennes</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Fabienne Blum]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 22 Jun 2024 11:06:38 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[Infectiologie]]></category>
		<category><![CDATA[Maladies infectieuses]]></category>
		<category><![CDATA[Médecine]]></category>
		<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Pharmacie]]></category>
		<category><![CDATA[Pharmacien]]></category>
		<category><![CDATA[Santé publique]]></category>
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					<description><![CDATA[Cette évolution au bénéfice de la santé publique doit contribuer à la fois à la lutte contre la pénurie de]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h3 class="wp-block-heading">Cette évolution au bénéfice de la santé publique doit contribuer à la fois à la lutte contre la pénurie de médecins et à la lutte contre l&rsquo;antibiorésistance</h3>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;était prévu de longue date, mais le parcours législatif a nécessité un certain nombre d&rsquo;années. Il fallait également un décret et un arrêté pour fixer les modalités de ce nouveau dispositif. Ces textes s’inscrivent dans le cadre de l’évolution des compétences des pharmaciens et de la lutte contre l’antibiorésistance, en permettant une délivrance ciblée et contrôlée d’antibiotiques sans ordonnance.</p><div id="citiz-610152277" class="citiz-contenu citiz-entity-placement"><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-9064228701299411" crossorigin="anonymous"></script><ins class="adsbygoogle" style="display:block;" data-ad-client="ca-pub-9064228701299411" 
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<h2 class="wp-block-heading">5 longues années pour rendre la loi applicable</h2>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est un principe général, une  loi ne suffit pas, elle doit être complétée par des décrets et arrêtés qui fixent les conditions et modalités pratiques de ce qui a été légiféré. Cela peut-être plus ou moins long, ici cela a été particulièrement long s&rsquo;agissant d&rsquo;une mesure de santé publique très attendue. Il faut dire aussi que la pandémie de Covid-19 est passée par là quelques mois à peine après l&rsquo;adoption de la loi.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La loi du&nbsp;<strong>24 juillet 2019</strong>&nbsp;relative à l’organisation et à la transformation du système de santé a introduit la possibilité pour les pharmaciens d’officine de délivrer des médicaments initialement de prescription médicale obligatoire sans ordonnance dans le cadre de protocoles établis. C&rsquo;est une extension logique et légitime du pharmacien, professionnel de santé  à part entière, spécialiste du médicament. L&rsquo; arrêté du&nbsp;<strong>5 mai 2021</strong> a précisé la liste des antibiotiques pouvant être dispensés sans ordonnance médicale et les indications pour lesquelles cette dispensation est autorisée. C&rsquo;est ensuite un décret paru le&nbsp;<strong>20 décembre 2023</strong>&nbsp;qui définit a mise en œuvre de la prescription électronique, ce qui inclut la délivrance des antibiotiques sans ordonnance dans certains cas.<br>Enfin, c&rsquo;est l&rsquo;<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000049734400">arrêté du 17 juin 2024</a> paru le lendemain au Journal officiel qui autorise désormais les pharmaciens à délivrer des antibiotiques sans ordonnance dans des cas spécifiques</p>



<h2 class="wp-block-heading">Consultation et test rapide d&rsquo;orientation diagnostique</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le pharmacien réalise de plus en plus de consultations dans le cadre d&rsquo;une montée en compétence de ce professionnel de santé. Il suit notamment les patients dans le cadre de pathologies chroniques ou pour certains dépistages de pathologies. Dans le cas qui nous intéresse aujourd&rsquo;hui, la prise en charge concerne des pathologies aigues bien déterminées : l&rsquo;<strong>angine bactérienne à streptocoque du groupe A</strong>&nbsp;et de&nbsp;<strong>cystite aiguë non compliquée chez la femme</strong>. <br>Pour l&rsquo;angine, le pharmacien effectue un examen oropharyngé et si positif, un TROD (test rapide d&rsquo;orientation diagnostique) sur un prélèvement qu&rsquo;il pratique dans la gorge au moyen d&rsquo;un écouvillon.  Pour la cystite, un test urinaire.  Tout cela entre dans le cadre d&rsquo;un parcours de type arbre décisionnel avec notamment des restrictions en termes d’âge et de symptômes, comme la présence d&rsquo;une fièvre élevée ou d&rsquo;une grossesse.<br><br>Bien évidemment, tout pharmacien recevra une formation spécifique pour cette nouvelle compétence, à l&rsquo;instar de toutes les autres qui viennent peu à peu augmenter son champ de compétence ; on pense notamment à son droit de prescription et d&rsquo;administration des vaccins, processus engagé avec la vaccination anti Covid-19 qui par la suite a été généralisé.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un moyen de lutte contre l&rsquo;antibiorésistance</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le dispositif de délivrance ciblée d&rsquo;antibiotiques par le pharmacien dans un cadre très réglementé vise à assurer que les antibiotiques sont utilisés de manière appropriée, ce qui est essentiel pour prévenir le développement et la propagation de l’antibiorésistance qui constitue une menace à l&rsquo;échelle mondiale. Ainsi, En limitant la délivrance sans ordonnance à des cas spécifiques et bien définis, on s’assure que les antibiotiques sont utilisés uniquement pour des infections bactériennes avérées attestées par TROD, réduisant ainsi le risque d’utilisation inappropriée. Professionnel de santé de proximité facilement accessible contrairement au médecin dont le cabinet est engorgé, le pharmacien pourra suivre les patients pour une meilleure surveillance de l’évolution de l’infection et de l’efficacité du traitement. En outre, le pharmacien étant le spécialiste des médicaments, il pourra éduquer au mieux le patient à l&rsquo;usage des antibiotiques, les dangers de leur mésusage, et sensibiliser aux risques d&rsquo;interactions médicamenteuses.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais délester les médecins en partie de la prescription d&rsquo;antibiotiques, c&rsquo;est aussi lutter contre la biorésistance.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les médecins impliqués dans la surconsommation d&rsquo;antibiotiques</h2>



<ol class="wp-block-list">
<li></li>
</ol>



<p class="wp-block-paragraph">Ce n&rsquo;est jamais très médiatisé face à un lobby puissant, mais la surprescription d&rsquo;antibiotiques par les médecins français est un fléau en soi. Les chiffres et données statistiques ne trompent pas, les médecins prescrivent trop de médicaments, y compris des antibiotiques quand cela n&rsquo;est pas nécessaire. L&rsquo;ordonnance bien remplie reste malheureusement un moyen pour le médecin de satisfaire le patient. Le ministère de la santé et des sociétés savantes (exemple d&rsquo;infectiologie) ainsi que des organisations de pharmaciens tentent des mesures incitatives ou plutôt dissuasives auprès des médecins, guère couronnées de succès. Citons par exemple une prime à la non-prescription. C&rsquo;est dire que l&rsquo;on part de loin. N&rsquo;oublions pas d&rsquo;ailleurs que les ordonnances bien garnies augmentent le risque d&rsquo;interactions, connues ou pas, un domaine dans lequel le médecin n&rsquo;est pas spécialisé. Les pharmaciens peuvent les détecter au stade de la délivrance lors de l&rsquo;analyse pharmaceutique mais cela n&rsquo;est pas suffisant. Des lignes directrices élaborées sont rédigées à l&rsquo;attention des médecins pour freiner leurs prescriptions abusives d&rsquo;antibiotiques et les éduquer aux risques pour les patients et la santé publique, mais c&rsquo;est laborieux. Ce délestage vers le pharmaciens devraient donc éviter l&rsquo;usage abusif d&rsquo;antibiotiques, pour l&rsquo;instant dans les deux pathologies très ciblées pour lesquelles le pharmacien peut désormais délivrer des antibiotiques</p>



<h2 class="wp-block-heading">Réactions de médecins</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Sans surprise, comme à chaque fois que l&rsquo;on touche au monopole des médecins, les réactions sont vives et les avancées mises en cause.  Cette mesure devrait sans aucun doute satisfaire les patients qui font face aux déserts médicaux avec des délais d&rsquo;attente pour une consultation parfois incompatibles avec l&rsquo;urgence. Ici on pense particulièrement à la cystite aiguë de la femme, qui peut devenir un calvaire insupportable quelques heures après les premiers symptômes à défaut de prise en charge ; sans compter les risques de propagation et de contagiosité de toute infection bactérienne, </p>



<p class="wp-block-paragraph">Parmi les réactions négatives, des syndicats de médecins généralistes, il y a la mise en cause de la compétence des pharmaciens notamment sur le risque de diagnostic imprécis. C&rsquo;est bien le comble au regard de la responsabilité des médecins dans l&rsquo;excès de prescription d&rsquo;antibiotiques décrite plus haut, et le cadre très strict de prescription avec formation dédiée obligatoire pour les pharmaciens. Du coup, les mêmes tentent de balayer l&rsquo;argument en réponse en disant que la formation des pharmaciens serait trop coûteuse, de même que ses honoraires pour la consultation pharmaceutique&#8230; qui pourtant sera négligeable face à une consultation médicale dont le tarif va d&rsquo;ailleurs substantiellement augmenter en fin d&rsquo;année. </p>



<h2 class="wp-block-heading">Défense corporatiste du monopole médical</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Mais on l&rsquo;a compris : la faiblesse des arguments tient au fait de la difficulté à avouer la motivation essentielle : préserver un monopole. Son délitement est pourtant en marche, et ne risque guère de s&rsquo;arrêter avec la montée en compétence des professionnels de santé, l&rsquo;intelligence artificielle et les progrès technologiques.  Dans le domaine de la prescription d&rsquo;antibiotiques par exemple, des tests diagnostiques d&rsquo;infection des voies respiratoires inférieures par piqûre au bout du doigt sont en cours de développement, permettant une analyse par bandelette réactive. Les médecins mais aussi les biologistes médicaux n&rsquo;ont sans doute pas fini de râler.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Image d&rsquo;en-tête : dessin de presse Milleray pour Science infuse</em></p>



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		<title>Fin du monopole pharmaceutique : un serpent de mer devenu menace imminente pour la distribution des médicaments</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Fabienne Blum]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 21 Feb 2024 11:28:22 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Code de la santé publique]]></category>
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		<category><![CDATA[Santé]]></category>
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					<description><![CDATA[Dans son discours de politique générale le 30 janvier, le Premier ministre Gabriel Attal a évoqué le sujet et confirmé]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading">Dans son discours de politique générale le 30 janvier, le Premier ministre Gabriel Attal a évoqué le sujet et confirmé son prochain traitement dans les médias</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dimanche 11 février, dans une grande interview dans Le Parisien, Gabriel Attal évoque un projet de « loi Macron 2 » <em>qui comporterait un volet sur la vente de médicaments en ligne « pour lesquels on peut simplifier un certain nombre de règles et les conditions d&rsquo;accès à certaines profession</em>s ». Certains y verront un tournant libéral annoncé, parmi d&rsquo;autres mesures pour libérer l&rsquo;économie. </p><div id="citiz-3353179219" class="citiz-contenu citiz-entity-placement"><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-9064228701299411" crossorigin="anonymous"></script><ins class="adsbygoogle" style="display:block;" data-ad-client="ca-pub-9064228701299411" 
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<h2 class="wp-block-heading">Monopole des pharmaciens contesté</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;association de défense des consommateurs <em>UFC-Que Choisir</em> est au front concernant les médicaments en vente libre. Elle considère le monopole des pharmaciens pour ces médicaments comme anachronique en Europe, source d&rsquo;abus de prix avec des variations de tarifs de un à trois d&rsquo;une pharmacie à l&rsquo;autre. Selon elle, la fin de ce monopole avec ouverture d&rsquo;accès aux parapharmacies et grandes surfaces &#8211; sous le contrôle d&rsquo;un pharmacien diplômé &#8211; pourrait générer 250 millions de pouvoir d&rsquo;achat récupéré par les consommateurs. L&rsquo;association demande aussi pour y parvenir l&rsquo;interdiction de la publicité grand public pour les médicaments en vente libre, modalité qui pousse selon elle à la consommation et est ainsi dangereuse pour la santé publique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;Autorité de la concurrence va dans le même sens depuis plus de 10 ans. En 2019 elle préconisait l&rsquo;élargissement de la vente  de certains médicaments sous monopole pharmaceutique : médicaments en vente libre, dispositifs de diagnostic in vitro (autotests, lecteurs de glycémie,&#8230;), certaines plantes médicinales inscrites à la pharmacopée, certains huiles essentielles disponibles uniquement en officine. <br>L&rsquo;Autorité de la concurrence va jusqu&rsquo;à proposer l&rsquo;obligation d&rsquo;un espace de vente dédié et distinct dans toutes les grandes surfaces, placé sous la responsabilité d&rsquo;un pharmacien diplômé et avec les mêmes exigences déontologiques qu&rsquo;en officine, le tout assorti de l&rsquo;interdiction de fixer des objectifs commerciaux ou un contrôle de son activité de dispensation de produits de santé (pour le pharmacien salarié de la grande surface).</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2024/02/image-29.png"><img loading="lazy" decoding="async" width="620" height="405" src="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2024/02/image-29.png" alt="" class="wp-image-14146" style="width:1055px;height:auto" srcset="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2024/02/image-29.png 620w, https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2024/02/image-29-300x196.png 300w" sizes="auto, (max-width: 620px) 100vw, 620px" /></a><figcaption class="wp-element-caption"><em>Infographie Autorité de la concurrence, 2019</em></figcaption></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Assouplir la vente en ligne de médicaments</h2>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est donc le volet annoncé par Gabriel Attal comme étant prioritaire.  En 2019, avant la crise du Covid-19, son prédécesseur Edouard Philippe travaillait sur le sujet de l&rsquo;incitation à la vente en ligne par les pharmacies, alors que seulement 2,3 % des 21 000 pharmacies françaises s&rsquo;y adonnaient, en simplifiant les modalités de création d&rsquo;un site de vente en ligne, en permettant les sites de vente en ligne mutualisés entre officines et en facilitant le stockage en entrepôts distants des médicaments destinés à la vente internet</p>



<p class="wp-block-paragraph">En 2014, les pharmaciens, moins vindicatifs, organisés et soutenus au Parlement que les médecins très corporatistes défendant rubis sur l&rsquo;ongle leurs privilèges, presque tous les pharmaciens étaient descendus dans la rue pour râler contre la remise en question de leur monopole de vente pour tous les médicaments. Car c&rsquo;est bien un danger pour la profession. <em><br></em>La réforme est pourtant annoncée via à très court-terme une libéralisation de la vente en ligne dont on ne sait rien de l&rsquo;ampleur et modalités à l&rsquo;heure où nous écrivons ces lignes.<br>La chute du monopole de la vente de médicaments non soumis à prescription médicale semble inéluctable. Pour protéger la santé publique et l&rsquo;accès aux soins de tous les Français, en cette période de déserts médicaux et pharmaceutiques il faudra veiller aux mesures permettant aux officines de perdurer comme maillon clé de santé de proximité, car la chute du monopole va largement grever l&rsquo;attractivité du métier d&rsquo;officinal. La dynamique de transfert de compétences et actes médicaux vers les officinaux est peut-être la clé.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Image d&rsquo;en-tête : Mariano Baraldi</em></p>



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