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	<title>Recherche clinique Archives - Science infused site d&#039;actualités</title>
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	<title>Recherche clinique Archives - Science infused site d&#039;actualités</title>
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		<title>Des médias à la non-médiation sur les réseaux sociaux : un cas pratique dans le domaine pharmaceutique</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Fabienne Blum]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 09 Feb 2026 17:33:33 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
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					<description><![CDATA[Le classique criblage de molécules, quand bien même assisté par l&#8217;IA, présenté comme la révolution du « médicament entièrement conçu par]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h3 class="wp-block-heading"><br>Le classique criblage de molécules, quand bien même assisté par l&rsquo;IA, présenté comme la révolution du « médicament entièrement conçu par l&rsquo;IA », est un très bon exemple de narratif biaisé déformé sur les réseaux sociaux. Comment l’absence de médiation scientifique dans ces espaces nourrit-elle la mésinformation et les croyances ?</h3>



<h2 class="wp-block-heading">Documentaire ou publireportage ?</h2>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p class="wp-block-paragraph">Notre étude de cas consiste en l&rsquo;interprétation sur les réseaux sociaux d&rsquo;une <a href="https://www.youtube.com/watch?v=KyUDHnePu6M">vidéo institutionnelle</a> (2025) de la biotech <em>Insilico Medicine</em> publiée sur YouTube. Elle raconte l&rsquo;histoire de la naissance de l&rsquo;entreprise, dans un soi-disant « documentaire »<em>fait maison</em> qui s&rsquo;apparente plutôt au biopic cinématographique. La vidéo semble vouloir adopter le modèle de l&rsquo;histoire entrepreneuriale triomphale d&rsquo;étudiants visionnaires, comme celle de Steve Jobs et son Apple ou Mark Zuckerberg et son Facebook. Les images vintage des étudiants à la faculté sont peu a peu remplacées par des images high tech voire futuristes de robots industriels et d&rsquo;écrans où défilent des formules chimiques et des images tridimensionnelles de molécules, le tout dans une explosion colorée et une belle mise en scène ponctuées d&rsquo;interviews des leaders. On suit aussi nos stars jusque dans les rue de Hong-Kong ou de Shangai,&#8230;<br>Mais quel blockbuster la biotech Insilico Medicine a-t-elle commercialisé ? À ce jour, aucun. Pas même le moindre médicament enregistré par une autorité sanitaire dans le monde.</p><div id="citiz-1150760919" class="citiz-contenu citiz-entity-placement"><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-9064228701299411" crossorigin="anonymous"></script><ins class="adsbygoogle" style="display:block;" data-ad-client="ca-pub-9064228701299411" 
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<p class="wp-block-paragraph"><br>Ici, on raconte une histoire en devenir dont on espère l&rsquo;issue favorable et on fait preque comme si c&rsquo;était fait. il faut dire qu&rsquo;il y a beaucoup d&rsquo;argent à la clé, en premier lieu un gros besoin d&rsquo;investisseurs avec des levées de fond qui s&rsquo;enchaînent pour un projet lancé et certes prometteur.<br>L&rsquo;entreprise a développe une plateforme à grand renfort d&rsquo;IA avec l&rsquo;intention de <em>booster</em> la découverte de futurs médicaments. La vidéo met en avant la plateforme IA qui vante surtout l&rsquo;IA elle-même, faisant que les fondements de l&rsquo;outil restera une nébuleuse pour les novices, source de toutes les interprétations possibles. <br>La vidéo finit par vanter une molécule expérimentale en cours d&rsquo;évaluation issue de sa plateforme, le rentosertib, visant à traiter la fibrose pulmonaire idiopathique (FPI). La substance est en cours d&rsquo;essai clinique très précoce. Ce n&rsquo;est donc pas un médicament pour l&rsquo;heure et nul ne sait si elle le deviendra un jour, au mieux dans plusieurs années.<br>Pour raconter la <em>success story</em> cependant, on met fortement en avant les résultats préliminaires (chez quelques dizaines de patients) et l&rsquo;on fait comprendre, avec enthousiasme et renfort émotionnel que le produit expérimental fonctionne chez les patients. Cet aspect est problématique d&rsquo;un point de vue éthique voire réglementaire, car la vidéo ne peut susciter que de l&rsquo;admiration pour ce produit présenté comme tout simplement efficace, validant la fameuse plateforme IA, mais aussi la croyance d&rsquo;un « médicament  » livré prêt-à-l&#8217;emploi par l&rsquo;IA. <br><br>Cette vidéo doit être prise pour ce qu&rsquo;elle est : du marketing. Vendre ainsi l&rsquo;entreprise et sa plateforme technologique, qui le mérite, est compréhensible et enthousiasmant. En revanche, vendre la molécule expérimentale comme efficace à ce stade de son développement précoce l&rsquo;est beaucoup moins.</p>



<h2 class="wp-block-heading">De l&rsquo;interpréation biaisée de la science sur les réseaux sociaux</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui nous intéresse aujourd&rsquo;hui, c&rsquo;est comment le grand public accueille ce genre de communication.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous avons la chance d&rsquo;avoir aujourd&rsquo;hui un exemple concret très parlant sur X (ex Twitter), particulièrement révélateur de ce que le manque de littératie scientifique associé à l&rsquo;espace de non-médiation que sont les réseaux sociaux peuvent produire. Ici, il faut dire que l&rsquo;on parle d&rsquo;un domaine scientifique complexe qu&rsquo;est le développement pharmaceutique. Les experts en la matière n&rsquo;interviennent pas sur les réseaux sociaux, les médiateurs scientifiques ont déserté la place, aussi l&rsquo;espace donne-t-il libre cours à l&rsquo;interprétation sans contradiction, surtout quand on tombe dans le piège du story-telling présenté comme un documentaire. Les biais de confirmation et de sélection s&rsquo;invitant, le narratif qui en ressort est fort intéressant.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le mythe de la génération spontanée de médicaments par une IA </h2>



<p class="wp-block-paragraph">Examinons donc le long <a href="https://x.com/lel_media/status/2020739420115107914">post</a> d&rsquo;interprétation de la vidéo de la biotech que nous avons identifié : pour résumer, on y annonce le « 1er médicament entièrement conçu par une IA ! », qui constitue une « bascule historique dans la médecine ». Le produit expérimental est appelé « médicament » et il soigne une maladie mortelle. Il n&rsquo;aurait fallu que 30 mois pour le voir administré à l&rsquo;homme, alors que « la procédure classique prend 10 à 15 ans », et en plus cela coûte très cher. On en conclut que « l&rsquo;IA peut créer des molécules validées cliniquement chez l&rsquo;humain »  vite et pour moins cher, et que le « médicament » pourrait être commercialisé « vers 2030 » soit dans trois à quatre ans.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On l&rsquo;a vu, il n&rsquo;y a pas de médicament tant qu&rsquo;il n&rsquo;est pas reconnu comme tel sur la base d&rsquo;un très gros dossier scientifique. Il faut dire que la vidéo est trompeuse, et on l&rsquo;a dit. Mais ce que l&rsquo;on voit ici aussi, c&rsquo;est une incompréhension des phases de R&amp;D des médicaments , leurs enjeux, leur temporalité. Et enfin, l y a cette fameuse plateforme IA qui a interprétée ici comme une IA quasi-autonome qui, toute seule, comme un grande, aurait conçu un médicament. Or cette plateforme utilise le processus habituel de sélection de molécules candidates à l&rsquo;expérimentation reste basé comme il l&rsquo;a toujours été sur nos connaissances socles dans différents domaines scientifiques.</p>



<h2 class="wp-block-heading">De la molécule au médicament : un siècle de continuité</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La découverte de médicaments, appelée dans le jargon « <em>Drug discovery</em> » repose depuis plus d’un siècle sur un schéma scientifique assez standardisé, hors bien sûr découvertes fortuites. Elle combine chimie médicinale, relations structure‑activité, pharmacologie entre autres,  et criblage systématique.<br>Dès la première moitié du XXᵉ siècle, les chercheurs synthétisaient des composés chimiques et les testaient in vitro et in vivo chez l&rsquo;animal. En cas d&rsquo;effets positifs alors seulement, un essai clinique (administration à l&rsquo;homme) était mené. Cette approche rigoureuse et séquentielle reste le fondement du développement pharmaceutique, même à l’ère de l’IA.<br>Les campagnes médiatiques récentes, notamment lors de la pandémie de Covid‑19, ont amplifié la croyance selon laquelle les médicaments sont souvent des découvertes fortuites à partir de produits naturels ou des repositionnement de molécules existantes, laissant dans l&rsquo;ombre les techniques standardisées de <em>Drug Discovery</em>. L’hydroxychloroquine et l’ivermectine sont ainsi devenues des symboles médiatiques porteurs de de cette idée : présentées comme des solutions rapides en raison de propriétés découvertes par hasard ou par repositionnement, ces molécules ont été promues sans validation scientifique robuste, générant confusion et débats polarisés. Le post que nous avons pointé reproduit en quelque sorte la même dynamique : la génération spontanée de médicaments avant même l&rsquo;essentiel du développement, les phases cliniques longues réalisées avec succès, jusqu&rsquo;au bout. C&rsquo;est un peu comme si l&rsquo;IA était une génération high-tech du Professeur Raoult. <br>Cette méconnaissance historique et technique alimente les fantasmes sur la création des nouveaux médicaments. En réalité, le criblage ou « <em>screening</em>« , la sélection de molécules susceptibles d&rsquo;être testées s&rsquo;automatise de plus en plus au fil du temps. L&rsquo;IA est certes un accélérateur comme dans tous domaines, mais ici pas un changement de paradigme. La plateforme créée par la biotech est constituée de modules de base sur les domaines scientifiques socles précités, l&rsquo;IA générative favorisant leur interaction rapide et approfondie. <br>La plateforme permet de proposer et d&rsquo;optimiser des molécules, mais ne crée pas un médicament. Celui-ci nécessite encore et toujours un développement clinique classique impliquant chimistes, biologistes, statisticiens, méthodologistes, cliniciens, éthiciens, pour de très longues études chez beaucoup de patients. Et c&rsquo;est cela qui est long et cher&#8230; c&rsquo;est là que sont essentiellement les « 10 à 15 ans » évoqué par le post X de l&rsquo; internaute qui interprète la vidéo maison d&rsquo;Insilico Medicine.<br>La réalité est donc que le véritable apport de l’IA réside dans l’accélération de certaines étapes de génération de molécules dont on pense qu&rsquo;elles pourraient avoir un potentiel thérapeutique. C&rsquo;est ce que fait l&rsquo;IA dans de nombreux domaines aujourd&rsquo;hui : accélérer les processus.<br></p>



<h2 class="wp-block-heading">Rentosertib : une molécule candidate au devenir incertain</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Cette molécule développée par la plateforme générative d’Insilico Medicine cible une fibrose pulmonaire prgressive. Elle appartient à la classe des inhibiteurs sélectifs de kinases, une classe pharmacologique bien connue avec des médicaments d&rsquo;ores et déjà commercialisés. La molécule a été validée sur des modèles cellulaires humains et animaux, montrant une inhibition de la transition FMT/EMT et une amélioration fonctionnelle des poumons chez des souris modèles de fibrose.<br>Les essais cliniques à ce stade incluent deux études de phase 1 visant à évaluer la sécurité et la tolérance, et une phase 2a évaluant l’efficacité préliminaire et la sécurité d&#8217;emploi. La phase 3, le gros morceau le plus long et le plus coûteux, décisif n’est pas lancé, ni même validé par les autorités sanitaires.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Parlons des délais et jalons du développement clinique. Atteindre la phase 2 comme ici pour le rentosertib peut susciter des espoirs incertains, rien de plus. Seuls 20 % des candidats au titre de médicament à ce stade franchiront le cap par la suite&#8230;. cela donne une idée de la raison pour laquelle il ne faut jamais parler de médicament en phase précoce, d&rsquo;autant que pour le rentosertib, le signal d&rsquo;efficacité est limité (un paramètre clinique parmi d&rsquo;autres, sur une durée d&rsquo;étude relativement courte puisqu&rsquo;on qu&rsquo;on l&rsquo;évalue dans une maladie chronique et progressive).</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h2 class="wp-block-heading">Les recettes de la mésinformation en santé ne changent pas</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les réseaux sociaux, espaces de liberté d&rsquo;expression mais aussi bulles cognitives d&rsquo;auto-validation et de polarisation, sont également désertés, en matière de sciences médico-pharmaceutiques, par les experts en la matière capables de faire la différence entre l&rsquo;information scientifique et le discours marketing. En l&rsquo;absence de vulgarisateurs et de médiateurs, le vide est rempli facilement par les discours sensationnalistes qui interprètent et amplifient des narratifs vendeurs, au grand détriment de l&rsquo;intégrité de l&rsquo;information scientifique. Dans notre étude de cas, nous avons vu comment une narration techno‑entousiaste méconnaissante d&rsquo;une matière scientifique complexe, transforme l’IA en agent quasi-autonome capable de sauver des vies, sans contextualiser le rôle fondamental des chercheurs humains, les fondements de la R&amp;D clinique, ni les risques et limites expérimentales. La progression de la molécule est construite comme une histoire héroïque et linéaire, où chaque étape est un succès spectaculaire. En science, fantasmes et mythes ont la vie facile, créant un terrain propice à la propagation de récits erronés ou trompeurs. Là aussi l&rsquo;IA pourrait en être un facilitateur, voire un catalyseur à divers titres.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Illustration d&rsquo;en-tête : Andrea pour Science infused</em></p>



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		<title>Vaccin à ARNm contre le mélanome : une avancée médicale prometteuse, vite instrumentalisée sur les réseaux sociaux</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Fabienne Blum]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 25 Jan 2026 11:32:46 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Analyse]]></category>
		<category><![CDATA[cancérologie]]></category>
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		<category><![CDATA[Vaccins]]></category>
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					<description><![CDATA[Selon le communiqué de presse de ses promoteurs, les résultats actualisés à cinq ans de l’étude clinique KEYNOTE-942 confirment un]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h3 class="wp-block-heading">Selon le communiqué de presse de ses promoteurs, les résultats actualisés à cinq ans de l’étude clinique KEYNOTE-942 confirment un bénéfice durable et prometteur en immunothérapie. Mais ils suscitent déjà une polarisation extrême sur les réseaux sociaux, où certains militants instrumentalisent ces données précoces pour se promouvoir</h3>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<h2 class="wp-block-heading">Principes et mécanismes scientifiques de l&rsquo;mmunothérapie personnalisée à base d&rsquo;ARN messager</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La technologie ARNm permet à l&rsquo;organisme de produire des protéines thérapeutiques sans introduire de virus ou de cellules cancéreuses. Dans le cas du mélanome, ce vaccin thérapeutique dont le principe actif est l&rsquo;intismeran autogene, nom de code RNA-4157/V940) est conçu sur mesure pour chaque patient. On commence par séquencer l’ADN de la tumeur réséquée pour identifier une vingtaine de mutations spécifiques, appelées néoantigènes, qui ne sont présents que dans les cellules cancéreuses. Ces néoantigènes sont ensuite encodés dans des molécules d’ARNm synthétique, elles-mêmes encapsulées dans des nanoparticules lipidiques pour une délivrance efficace du médicament dans l&rsquo;organisme du patient.</p><div id="citiz-2395036399" class="citiz-contenu citiz-entity-placement"><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-9064228701299411" crossorigin="anonymous"></script><ins class="adsbygoogle" style="display:block;" data-ad-client="ca-pub-9064228701299411" 
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<p class="wp-block-paragraph">Une fois injecté, l’ARNm est traduit par les cellules dendritiques du système immunitaire, qui présentent ces néoantigènes aux lymphocytes T. Cela déclenche une réponse immune ciblée : les lymphocytes T CD8+ deviennent cytotoxiques contre les cellules tumorales porteuses de ces marqueurs, tandis que des lymphocytes T mémoire se forment pour une protection à long terme. Associé au pembrolizumab (nom de marque : Keytruda), un médicament anticancéreux inhibiteur PD1 du point de contrôle qui empêche les tumeurs de freiner l’immunité, l’effet thérapeutique est amplifié. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Des études précliniques ont montré une activation robuste et spécifique, avec une mémoire immunitaire durable, évitant les toxicités systémiques des chimiothérapies classiques. L’intérêt scientifique est majeur : cette plateforme personnalisée pourrait s’adapter à d’autres cancers solides (poumon, côlon, pancréas), en passant d’une médecine standardisée à la précision génomique individualisée.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<h2 class="wp-block-heading">Résultats concrets de l’essai KEYNOTE-942 et perspectives futures</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’étude clinique KEYNOTE-942 de Moderna et Merck est un essai randomisé de phase 2b, c&rsquo;est-à-dire une phase précoce d&rsquo;administration du vaccin expérimental aux patients. iL inclut 157 patients atteints de mélanome de stade III/IV à haut risque après résection complète (chirurgie). Les participants reçoivent soit l&rsquo;association expérimentale  (vaccin + Keytruda, neuf doses sur un an) soit Keytruda seul à titre de médicament comparateur. Les données à cinq ans, annoncées le 20 janvier 2026 par les promoteurs (Moderna et Merck), montrent une réduction soutenue de 49 % du risque de récidive ou de décès (HR = 0,510 ; IC 95 % : 0,294–0,887 ; p nominal = 0,0075), cohérente avec les analyses à trois ans. Le bénéfice ne s’atténue pas, indiquant une immunité persistante. Le profil de sécurité est gérable : fatigue, douleurs locales et frissons dominent, avec des événements graves comparables entre groupes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce profil homogène ne disqualifie pas le travail produit, mais il en oriente fortement la perspective. Le rapport adopte une lecture du problème largement façonnée par les logiques propres aux réseaux sociaux : affrontements discursifs, personnalisation des controverses, construction de camps antagonistes, polarisation et escalade quel que soit le camp. D’autres approches, pourtant essentielles pour comprendre la défiance telles que sociologie des institutions, relation de soin, médiation de terrain, sciences de l’éducation et de la communication restent marginales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces résultats, révélés au grand public par le <a href="https://www.washingtonpost.com/health/2026/01/20/cancer-drug-mrna-melanoma/">Washington Post</a> , concernent un traitement adjuvant post-chirurgical, et non un traitement du mélanomes métastatique inopérable. Pour confirmer et déterminersi le vaccin expérimental est efficace est sûr, un essai de phase 3 (INTerpath-001), plus large tentera de confirmer les résultats de la phase précoce chez des milliers de patients, avec résultats attendus en 2026. Si ces résultats sont positifs, ils pourraient ouvrir la voie à une autorisation de mise sur le marché qui alors, marquant un tournant en oncologie personnalisée.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><br>L’instrumentalisation rapide de la science sur les réseaux sociaux</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Sur X (ex-Twitter), l’article de vulgarisation a été immédiatement diffusé par des militants autodéclarés « pro-science », déclenchant un clivage immédiat habituel. Le clan en question a relancé des fils éducatifs anciens pour célébrer ces résultats comme une validation définitive de la technologie, opposant explicitement leur camp victorieux aux dangereux clan « antivax ». Les données cliniques préliminaires fournies par les laboratoires pharmaceutiques ont été transformés argument idéologique opposable à  toute critique. À l’opposé, des voix sceptiques dénoncent une « campagne de presse sous influence des firmes », minimisent également les résultats comme étant non significatifs (en invoquant une p-value bilatérale supposée >0,05 ou un essai sous-puissant) ou les relient à des théories non étayées comme les « turbo-cancers ».</p>



<h2 class="wp-block-heading">Contradictions et instrumentalisation politique</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Cette binarité révèle des incohérences flagrantes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les militants autoproclamés « pro-science » exigeaient pendant la pandémie des publications scientifiques revues par les pairs et dénonçaient toute extrapolation hâtive. Aujourd&rsquo;hui, ils s’appuient sur un simple communiqué de presse des laboratoires promoteurs pour clamer une  » victoire » contre les « anti-vax ». <br>Pourtant, toute diffusion d&rsquo;un communiqué de presse était il y a peu qualifiée d&rsquo;anti-science, à coup du slogan-hashtag « Show me the data » signifiant l&rsquo;absence de toute valeur d&rsquo;une communication émanant directement des laboratoires sans publication scientifique. On voit ainsi que ce saint principe est à géométrie variable en fonction du contenu des annonces &#8230;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le camp d&rsquo;en face, lui, recycle des arguments non fondés pour discréditer l’ensemble de la technologie ARNm. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette instrumentalisation politique, ici la transformation de données précoces de phase 2b sans données publiées en arme idéologique, pose un problème éthique sérieux : elle érode la confiance publique en la science, particulièrement fragilisée depuis le Covid-19. </p>



<p class="wp-block-paragraph">À un moment où la prudence est essentielle (données non encore publiées en revue à comité de lecture, phase 3 en attente, accès limité par le coût de la personnalisation), surestimer ou dénigrer prématurément risque de polariser davantage et de freiner une adoption raisonnée. C&rsquo;est l&rsquo;une des leçons de la crise sanitaire.</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<h2 class="wp-block-heading">Prioriser la rigueur et l&rsquo;esprit critique face aux camps de tous bords instrumentalisant la science </h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le médicament expérimental intismeran autogene incarne un espoir concret et scientifiquement solide : une réduction durable du risque de récidive grâce à une immunothérapie ciblée et personnalisée. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces progrès méritent enthousiasme mesuré et vulgarisation honnête, sans instrumentalisation. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce sont finalement les promoteurs eux-mêmes qui appellent comme il se doit à la prudence, comme l&rsquo;indique leur <a href="https://www.merck.com/news/moderna-merck-announce-5-year-data-for-intismeran-autogene-in-combination-with-keytruda-pembrolizumab-demonstrated-sustained-improvement-in-the-primary-endpoint-of-recurrence-free-survival-i">communiqué de presse</a> :   les résultats sont « soutenus » selon leurs dires,  mais tout à fait préliminaires, non extrapolables.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La vigilance s&rsquo;impose: la science avance par accumulation de preuves solides, et le parcours est parfaitement borné et long pour le développement clinique des médicaments, sous Le signe du labeur, de la rigueur et de l&rsquo;expertise. Les invectives peu rigoureuses et non cohérentes de camps binaires politisés drapés de science non maîtrisée ne servent assurément ni son image ni sa compréhension par le grand public. Une leçon malheureusement non tirée de l&rsquo;expérience Covid-19. On ne s&rsquo;en étonnera pas, les mêmes surfeurs de vague foubis des mêmes armes restent à l&rsquo;œuvre sur les réseaux sociaux.</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p class="wp-block-paragraph"><br><em>Illustration d&rsquo;en-tête : Thirdman</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Cet article GRATUIT</strong><em> de journalisme indépendant à but non lucratif vous a intéressé ? Il a pour autant un coût ! Celui d’une rédaction qui se mobilise pour produire et diffuser des contenus de qualité. Qui paie ? vous, uniquement, pour garantir notre ultra-indépendance. Votre soutien est indispensable.<br><br></em></p>



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		<title>Certaines infections virales pourraient réactiver des cancers dormants, selon une étude préliminaire</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Fabienne Blum]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 31 Jul 2025 07:35:19 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Activisme]]></category>
		<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Cancer]]></category>
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		<category><![CDATA[Covid-19]]></category>
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					<description><![CDATA[Il s&#8217;agit d&#8217;une étude publiée le 31 juillet 2025 dans la revue scientifique Nature. Elle est exploratoire et comporte de]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading">Il s&rsquo;agit d&rsquo;une étude publiée le 31 juillet 2025 dans la revue scientifique Nature. Elle est exploratoire et comporte de nombreuses limitations ; aussi faut-il garder toute réserve sur une découverte qui serait à la fois alarmante mais aussi prometteuse pour la recherche, s&rsquo;agissant d&rsquo;un nouveau paradigme</h2>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;<a href="https://www.nature.com/articles/s41586-025-09332-0">étude parue hier dans <em>Nature</em></a> suggère que des infections virales respiratoires comme la grippe ou le Covid-19 pourraient réveiller des cellules cancéreuses dormantes chez les survivants d’un cancer du sein, augmentant le risque de métastases pulmonaires. Menée par une équipe internationale dirigée par James DeGregori de l’Université du Colorado (États-Unis), cette recherche exploratoire, bien que prometteuse, appelle à la prudence en raison de ses limites.</p><div id="citiz-725001679" class="citiz-contenu citiz-entity-placement"><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-9064228701299411" crossorigin="anonymous"></script><ins class="adsbygoogle" style="display:block;" data-ad-client="ca-pub-9064228701299411" 
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<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h3 class="wp-block-heading">Un mécanisme en deux temps</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le cancer du sein, deuxième cause de mortalité par cancer au niveau mondial, tue souvent en raison de métastases surgissant des années après une rémission. Ces cellules cancéreuses disséminées (CCD) restent quiescentes jusqu’à ce qu’un virus, comme la grippe ou une souche de SARS-CoV-2 les active. Dans des modèles murins, les chercheurs ont observé une multiplication de 100 à 1 000 fois de ces cellules dans les poumons en quelques semaines, un processus initialement piloté par l’inflammation et la cytokine interleukine 6 (IL-6). Une fois réveillées, les CCD sont protégées par des niches de cellules immunitaires CD4+ qui inhibent les défenses CD8+ antitumoralEs.<br>« <em>C’est comme si les virus ravivaient les braises d’un feu éteint</em> », illustre l&rsquo;auteur James DeGregori, cité par la revue <em>The Scientist</em>. Cette dynamique biphasique offre une nouvelle piste pour expliquer certaines rechutes.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Données probantes chez l&rsquo;humain nuancées</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Des données humaines appuient ces observations. Dans la biobanque du Royaume-Uni, <em>UK Biobank</em>, les survivants de cancer testés positifs au Covid-19 avant 2020 présentaient un risque de mortalité par cancer presque doublé. Par ailleurs, chez 36 845 femmes suivies via <em>Flatiron Health</em>, le risque de métastases pulmonaires ont augmenté de 44 % après infection. Cependant, ces résultats sont des observation de corrélation, et non pas de relation causale. Cela veut dire que la relation apparente pourrait être due ou influencée par d&rsquo;autres facteurs.. L’accès aux soins est l&rsquo;un des facteurs à envisager, selon les auteurs.<br>En outre, l’étude est très ciblée, se limitant au cancer du sein de type  HER2+ et aux poumons. Ajoutons à cela que les modèles murins diffèrent des humains, d&rsquo;où la nécessité des validations plus larges. Toujours dans la réserve les auteurs déclarent d&rsquo;ailleurs que « <em>ces différences inter-espèces exigent de la prudence</em> ». En effet, il est de mise de ne jamais extrapoler des données issues d&rsquo;études animales à l&rsquo;humain.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h3 class="wp-block-heading">Une piste pour la prévention et le traitement, avec réserves</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Que tirer de cette étude ? Tout d&rsquo;abord la nécessité de nouvelles investigations scientifiques pour confirmer le paradigme avancé en lien avec le mécanisme mis en évidence chez la souris et dans un cadre très précis. L&rsquo;extrapolation à l&rsquo;humain, sur la base de « simples » corrélations mises en évidence dans des études observationnelles, n&rsquo;est pas de mise sur la base de cette étude préliminaire. Il faudra des études solides pour démontrer ce mécanisme chez l&rsquo;humain, ce que ne permettent pas des études observationnelles face au niveau de preuve bien plus solide des études interventionnelles, conçues spécialement pour donner la réponse à une problématique clairement posée en amont. <br>On peut tirer deux domaines d&rsquo;espoir sur la base de cette étude exploratoire :  des traitements existants pour le Covid-19 sévère, comme les anticorps anti-IL-6R ou les inhibiteurs de JAK1/2, pourraient peut-être réduire le risque de rechute de cancer, mais leur efficacité et sécurité restent à évaluer dans des études cliniques.<br>Côté prévention,  on pourrait par mesure de précaution et peut-être utilement conseiller la vaccination contre les infections virales pour les patients en rémission de cancer. </p>



<h3 class="wp-block-heading">Gare à l&rsquo;alarmisme et à l&rsquo;activisme sous couvert de science</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Ainsi, cette étude contient une découverte fort importante et intéressante, mais son exploitation médiatique est à risque d&rsquo;instrumentalisation de la science à visée politique. Il y a ici matière à deux grandes portes ouvertes : d&rsquo;une part l&rsquo;alarmisme qui consisterait à dire dès aujourd&rsquo;hui que la grippe et le Covid-19 provoquent des rechutes de cancer, d&rsquo;autre part en faire d&#8217;emblée un motif de vaccination systématique de la population générale à ce titre. Nous observerons donc avec curiosité les articles de presse à venir sur le sujet (la rédaction n&rsquo;en a pas encore identifié, s&rsquo;agissant d&rsquo;une étude publiée hier),  et les activistes de réseaux sociaux étiquetés « pro-science » ou « pro-vaccination », également en quête de buzz et de tri sélectif de l&rsquo;information pour soutenir leurs thèses et combats. </p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Illustration d&rsquo;en-tête :  source National Cancer Institute</em></p>



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<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2022/04/jaimelinfo.png"></a></p>



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		<title>L&#8217;exercice physique, c&#8217;est bon pour la santé&#8230; mais avec modération. C&#8217;est le constat d&#8217;une vaste étude scientifique finlandaise</title>
		<link>https://citizen4science.org/lexercice-physique-cest-bon-pour-la-sante-mais-avec-moderation-cest-le-constat-dune-vaste-etude-scientifique-finlandaise/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Fabienne Blum]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 10 May 2025 10:03:47 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Épigénétique]]></category>
		<category><![CDATA[Génétique]]></category>
		<category><![CDATA[Géromédecine]]></category>
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					<description><![CDATA[La géromédecine de précision : une révolution pour vieillir en bonne santé L&#8217;étude observationnelle menée sur 30 ans par des]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">La géromédecine de précision : une révolution pour vieillir en bonne santé</p><div id="citiz-864478705" class="citiz-contenu citiz-entity-placement"><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-9064228701299411" crossorigin="anonymous"></script><ins class="adsbygoogle" style="display:block;" data-ad-client="ca-pub-9064228701299411" 
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<h2 class="wp-block-heading">L&rsquo;étude observationnelle menée sur 30 ans par des chercheurs de l’Université de Jyväskylä montre qu’une activité physique modérée réduit la mortalité, mais que trop d’exercice pourrait accélérer le vieillissement biologique. Cette recherche long terme sur près de 30 000 jumeaux finlandais remet en question les idées reçues sur les bienfaits de l’exercice intensif</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’activité physique prolonge-t-elle vraiment la vie ? Maintenir un niveau régulier voir élevé d&rsquo;exercice physique  est souvent perçu et expliqué comme étant une clé pour vivre plus longtemps et en meilleure santé. Mais une étude menée sur trois décennies par des chercheurs de l’Université de Jyväskylä, en Finlande, apporte un éclairage nuancé sur ce lien. <a href="https://link.springer.com/article/10.1007/s10654-024-01200-x">Publiée en janvier 2025</a> dans <em>European Journal of Epidemiology</em>, cette recherche sur 22 750 jumeaux révèle qu’une activité modérée réduit la mortalité, mais que trop d’exercice pourrait accélérer le vieillissement biologique, sans pour autant atténuer les risques génétiques de maladies. Ces résultats interrogent les recommandations traditionnelles et soulignent l’importance d’un équilibre dans la pratique sportive.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Une étude sur trois décennies auprès de jumeaux</h3>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;étude dirigée par Anna Kankaanpää, chercheuse postdoctorale au Centre de recherche en gérontologie (GEREC) de la Faculté des sciences du sport et de la santé de l’Université de Jyväskylä, a suivi 22 750 jumeaux finlandais nés avant 1958. Les données sur leur activité physique dans le cadre des loisirs ont été collectées via des questionnaires validés en 1975, 1981 et 1990, mesurant les équivalents métaboliques (MET) en heures par jour. Les participants ont été divisés en quatre groupes : sédentaire, modérément actif, actif et très actif. Leur mortalité a été suivie jusqu’en 2020, soit sur 30 ans.<br>Pour un sous-ensemble de 1 153 jumeaux, des échantillons de sang ont permis d’évaluer le vieillissement biologique grâce à des horloges épigénétiques, basées sur les changements de méthylation de l’ADN. Par ailleurs, des données génétiques étaient disponibles pour 4 897 jumeaux, permettant d’étudier l’impact de l’exercice sur les risques de maladies génétiques, comme les maladies cardiovasculaires.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Des jumeaux pour supprimer les biais liés à la génétique</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pourquoi des jumeaux, notamment monozygotes (homozygotes) ? Cela  permet de minimiser les biais liés aux facteurs génétiques et environnementaux partagés, comme l’hérédité ou les conditions de vie précoces, supposant des premières années de vie partagées dans le même environnement. En comparant des jumeaux ayant des niveaux d’activité physique différents, les chercheurs peuvent isoler l’effet de l’exercice sur la mortalité et le vieillissement biologique, tout en contrôlant les variables génétiques qui pourraient influencer les résultats.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Activité modérée : des bénéfices, mais des limites aussi</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Les résultats montrent qu’une activité physique modérée réduit la mortalité de 7 % par rapport au groupe sédentaire, confirmant les bienfaits d’un niveau d’exercice raisonnable. Cependant, une activité plus intense par des participants très actifs n’apporte aucun bénéfice supplémentaire en termes de mortalité. Les chercheurs ont également examiné l’impact du respect des recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), soit 150 à 300 minutes d’activité modérée ou 75 à 150 minutes d’activité vigoureuse par semaine. Parmi les paires de jumeaux où l’un suivait ces recommandations sur 15 ans et l’autre non, aucune différence significative en termes de mortalité ou de risque de maladies génétiques n’a été observée.<br>Laura Joensuu, co-auteure de l’étude et chercheuse postdoctorale au GEREC, déclare : « <em>Malgré un suivi prolongé et la prise en compte de divers biais, nous n’avons pas pu confirmer que suivre les recommandations de l’OMS réduit de manière causale la mortalité ou atténue le risque de maladies cardiovasculaires génétiques</em>. »</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h3 class="wp-block-heading">Horloges épigénétiques : un outil pour mesurer l’âge biologique</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Les horloges épigénétiques, utilisées dans cette étude pour évaluer le vieillissement biologique, sont des outils scientifiques qui mesurent les modifications chimiques de l’ADN, notamment la méthylation. Ce processus, qui consiste en l’ajout de groupes méthyles à certaines régions de l’ADN, influence l’expression des gènes sans modifier leur séquence. Avec le temps, ces modifications s’accumulent et reflètent l’âge biologique d’une personne, qui peut différer de son âge chronologique. En analysant ces marqueurs dans des échantillons de sang, les chercheurs peuvent estimer si une personne vieillit plus ou moins vite que prévu, offrant une fenêtre sur les effets du mode de vie, comme l’activité physique, sur le vieillissement cellulaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h3 class="wp-block-heading">Une relation en forme de courbe en U avec le vieillissement biologique</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Un constat frappant de l&rsquo;étude concerne l’effet de l’activité physique sur le vieillissement biologique. Les chercheurs ont observé une relation en forme de U : les groupes sédentaire et très actif présentaient un vieillissement biologique accéléré par rapport au groupe modérément actif. Après ajustement pour des facteurs comme le tabagisme ou l’alimentation, le groupe très actif était, en moyenne, biologiquement plus âgé de 1,2 an que le groupe modérément actif et de 1,6 an que le groupe actif.<br>Elina Sillanpää, professeure au GEREC et autrice correspondante, explique : « <em>Le vieillissement biologique était accéléré chez ceux qui faisaient le moins et le plus d’exercice.</em> Cette absence de lien direct entre une activité physique intense et un vieillissement plus lent suggère que l’âge biologique ne joue pas un rôle central dans la relation entre exercice et mortalité.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h3 class="wp-block-heading">Les biais classiques des études observationnelles</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Les chercheurs soulignent très justementque les études observationnelles comme celle-ci, peuvent être influencées par des biais. Par exemple, un état de santé sous-jacent peut limiter l’activité physique et entraîner une mortalité plus élevée, faussant ainsi les résultats. « Un état pré-maladie peut limiter l’exercice et finalement causer la mort, et non le manque d’exercice lui-même », précise Sillanpää. De plus, les associations positives entre activité physique et réduction de la mortalité observées dans d’autres études pourraient refléter un mode de vie globalement plus sain, plutôt que l’exercice seul.<br>L’étude a tenté de minimiser ces biais en utilisant des jumeaux, notamment monozygotes, pour contrôler les facteurs génétiques et environnementaux, et en ajustant les résultats pour divers facteurs de confusion, comme le tabagisme ou la consommation d’alcool. Malgré cela, les conclusions restent prudentes.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Implications pour la santé publique</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ces résultats remettent en question l’idée qu’un niveau élevé d’activité physique est toujours bénéfique. Si une activité modérée offre des bénéfices similaires à une activité intense en termes de mortalité tout en évitant un vieillissement biologique accéléré, les campagnes de santé publique pourraient davantage encourager des pratiques accessibles, comme la marche ou le jardinage. Cela rendrait les recommandations plus inclusives, notamment pour les populations moins mobiles ou âgées.<br>L’étude suggère également que les bénéfices de l’exercice pourraient être amplifiés par un mode de vie sain global, incluant une alimentation équilibrée et l’absence de tabagisme, plutôt que de se focaliser uniquement sur des niveaux élevés d’activité physique.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Quels messages retenir ?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’étude de l’Université de Jyväskylä montre que l’activité physique modérée est bénéfique pour réduire la mortalité, mais que trop d’exercice peut accélérer le vieillissement biologique sans offrir de bénéfices supplémentaires. Ces résultats rappellent que, comme souvent, la modération plutôt que l’excès est la clé pour une vie saine et équilibrée. Bouger et faire du sport reste essentiel, mais avec mesure, pour profiter pleinement d&rsquo;effets bénéfiques sur la santé.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Illustration d&rsquo;en-tête : Filip Mroz</em></p>



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		<title>Géromédecine de précision : une révolution pour vieillir en bonne santé</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Fabienne Blum]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 07 May 2025 11:13:19 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[Géromédecine]]></category>
		<category><![CDATA[Géroscience]]></category>
		<category><![CDATA[Médecine]]></category>
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		<category><![CDATA[Recherche clinique]]></category>
		<category><![CDATA[Vieillissement]]></category>
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					<description><![CDATA[La géromédecine de précision : une révolution pour vieillir en bonne santé Une étude publiée dans la revue scientifique &#8216;Cell&#8217;]]></description>
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<p class="wp-block-paragraph">La géromédecine de précision : une révolution pour vieillir en bonne santé</p><div id="citiz-1298445491" class="citiz-contenu citiz-entity-placement"><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-9064228701299411" crossorigin="anonymous"></script><ins class="adsbygoogle" style="display:block;" data-ad-client="ca-pub-9064228701299411" 
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<h2 class="wp-block-heading">Une étude publiée dans la revue scientifique &lsquo;Cell&rsquo; en avril 2025 dévoile les avancées en géroscience et introduit la géromédecine de précision, une discipline prometteuse visant à personnaliser la prise en charge du vieillissement. Objectif : prévenir les maladies liées à l’âge et prolonger la durée de vie en bonne santé grâce à des approches innovantes basées sur la biologie et les données</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le vieillissement, un processus inéluctable, est depuis longtemps au cœur des préoccupations humaines. Mais si vieillir en bonne santé devenait une réalité accessible à tous ? C’est le pari de la géromédecine de précision, une nouvelle discipline mise en lumière dans une revue scientifique récente parue dans <em>Cell</em>. En s’appuyant sur les avancées de la géroscience, qui est l’étude des mécanismes biologiques du vieillissement, les chercheurs proposent une approche révolutionnaire pour comprendre et gérer ce processus. Mais comment cette science pourrait-elle transformer notre rapport à l’âge ? Synthèse</p>



<h3 class="wp-block-heading">Comprendre les racines du vieillissement en identifiant ses caractéristiques</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Pour mieux lutter contre les effets du vieillissement, il faut d’abord en comprendre les mécanismes. Depuis plusieurs années, les scientifiques ont identifié des caractéristiques du vieillissement, qui regroupent les processus biologiques à l’origine du déclin de notre organisme. Parmi les 12 déjà établies, on trouve des phénomènes comme l’instabilité génomique qui cause des dommages à l&rsquo;ADN), la sénescence cellulaire qui conduit à ll’arrêt de la division des cellules ou encore l’inflammation chronique dont nous avons parlé récemment dans ces colonnes en lien avec la diététique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans la revue publiée dans <em>Cell</em>, les auteurs vont plus loin en proposant deux nouvelles caractéristiques : les altérations de la matrice extracellulaire, qui est le « ciment » qui soutient les tissus, et l’isolement psychosocial, un facteur de plus en plus reconnu pour son impact sur la santé des seniors. Avec ces ajouts, le total s’élève désormais à 14 caractéristiques. Ces découvertes permettent de mieux cerner les cibles potentielles pour ralentir le vieillissement et prévenir les maladies associées, comme les démences séniles dont la maladie Alzheimer ou les maladies cardiovasculaires.</p>



<figure class="wp-block-image aligncenter size-large is-resized"><a href="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2025/05/image-11.png"><img loading="lazy" decoding="async" width="1022" height="1024" src="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2025/05/image-11-1022x1024.png" alt="" class="wp-image-16681" style="width:1048px;height:auto" srcset="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2025/05/image-11-1022x1024.png 1022w, https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2025/05/image-11-300x300.png 300w, https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2025/05/image-11-150x150.png 150w, https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2025/05/image-11-768x769.png 768w, https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2025/05/image-11-1533x1536.png 1533w, https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2025/05/image-11-2044x2048.png 2044w, https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2025/05/image-11-600x600.png 600w" sizes="auto, (max-width: 1022px) 100vw, 1022px" /></a><figcaption class="wp-element-caption"><em>Vue d&rsquo;ensemble schématique des 14 caractéristiques du vieillissement et de leurs rôles dans le processus de vieillissement aux niveaux primaire, antagoniste et intégratif.</em><br><em>Source : figure 1 de l&rsquo;article « <a href="https://www.cell.com/cell/fulltext/S0092-8674(25)00284-3#fig2">From geroscience to precision geromedicine: Understanding and managing aging » &#8211; Cell 2025</a></em></figcaption></figure>



<h3 class="wp-block-heading">Gérogènes et  gérosuppresseurs : les clés génétiques du vieillissement</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le vieillissement n’est pas seulement une question d’usure : il est aussi influencé par notre patrimoine génétique. Les chercheurs ont identifié deux types de gènes impliqués dans ce processus : les gérogènes, qui accélèrent le vieillissement, et les gérosuppresseurs, qui le freinent. Par exemple, le gène APOE ε4 est connu pour augmenter le risque de maladies comme Alzheimer ; c&rsquo;est même le facteur de risque principale de la forme sporadique de la maladie d&rsquo;Alzheimer.  tandis que le FOXO3A, un facteur de transcription chromosomique, est un gérosuppresseur, ce qui signifie qu&rsquo;il est associé à une longévité accrue.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces gènes offrent des pistes concrètes pour des traitements ciblés. Des médicaments comme l’évolocumab, qui agit sur le gène PCSK9 pour réduire le cholestérol (médicament commercialisé comme hypocholestérolémiant sour le nom de Repatha), ou l’association dasatinib (commercialisé comme anticancéreux) + quercétine (antioxydant commercialisé comme complément alimentaire), qui élimine les cellules sénescentes, sont à l’étude. Ces traitements pourraient non seulement traiter des maladies spécifiques, mais aussi agir en amont pour ralentir le vieillissement global de l’organisme.</p>



<h3 class="wp-block-heading">La géromédecine de précision : une approche sur mesure</h3>



<p class="wp-block-paragraph">C’est ici qu’intervient la géromédecine de précision, un concept central de l’étude publiée dans <em>Cell</em>. Contrairement à la médecine traditionnelle, qui traite les maladies généralement après apparition des sympt$ômes, cette nouvelle discipline cherche à anticiper et à prévenir les problèmes liés à l’âge. Comment ? En s’appuyant sur des biomarqueurs multi-omiques , des données issues de la génomique, de la protéomique ou encore de la métabolomique afin de dresser un portrait précis de la santé de chaque individu. Ce champ d&rsquo;étude de biotechnologie est d&rsquo;ailleurs appelé « multiomique ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’idée est simple : identifier les dérèglements avant qu’ils ne deviennent pathologiques. Par exemple, une analyse pourrait révéler une inflammation chronique ou une accumulation de lésions infracliniques, permettant d’intervenir précocement. Cette approche proactive pourrait révolutionner la prise en charge des seniors, en leur offrant des interventions personnalisées adaptées à leur profil biologique.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Vers des essais cliniques innovants</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Pour concrétiser ces avancées, les chercheurs appellent à la mise en place d’essais cliniques d’un nouveau genre. Ils proposent une conception multicentrique impliquant des volontaires sains, suivis au moyen de diagnostics multi-omiques. Ces participants recevraient des interventions personnalisées comme des ajustements de mode de vie ou des traitements ciblés et seraient évalués à travers des biomarqueurs cliniques, comme les fonctions cognitives ou la capacité physique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De telles études cliniques permettrait de valider l’efficacité de la géromédecine de précision et d’obtenir une approbation réglementaire pour ces nouvelles approches. Si les résultats sont concluants, cela pourrait ouvrir la voie à une adoption à grande échelle, transformant la médecine du vieillissement en une science prédictive et préventive.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Les défis à relever</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Malgré ces perspectives enthousiasmantes, des obstacles subsistent. Le recueil et l’analyse des données multi-omiques nécessitent des technologies coûteuses et une expertise pointue. En outre, la mise en place d’études cliniques de grande ampleur demande des financements conséquents et une coordination internationale. <br>Enfin, des questions éthiques se posent : comment garantir un accès équitable à ces innovations pour éviter qu’elles ne profitent qu’à une élite ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quoi qu&rsquo;il en soit, la géromédecine de précision, en s’appuyant sur les découvertes de la géroscience, ouvre des perspectives inédites pour vieillir en bonne santé. En ciblant les mécanismes du vieillissement à un niveau individuel, cette approche pourrait non seulement prolonger notre durée de vie en bonne santé, mais aussi réduire le fardeau des maladies liées à l’âge. Si les défis techniques et éthiques sont relevés, cette révolution scientifique pourrait transformer notre société, en faisant du « bien vieillir » une réalité pour tous. Reste à voir si les promesses d’aujourd’hui deviendront les solutions de demain.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Illustration d&rsquo;en-tête : Andrea pour Science infused</em></p>



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<figure class="wp-block-image size-full"><a href="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2022/04/jaimelinfo.png"><img loading="lazy" decoding="async" width="206" height="44" src="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2022/04/jaimelinfo.png" alt="" class="wp-image-5279"/></a></figure>



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<figure class="wp-block-image size-full"><a href="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2022/04/jaimelinfo-qrcode-donor.png"><img loading="lazy" decoding="async" width="192" height="192" src="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2022/04/jaimelinfo-qrcode-donor.png" alt="" class="wp-image-5284" srcset="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2022/04/jaimelinfo-qrcode-donor.png 192w, https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2022/04/jaimelinfo-qrcode-donor-150x150.png 150w" sizes="auto, (max-width: 192px) 100vw, 192px" /></a></figure>



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		<item>
		<title>Musicothérapie : une revue de la littérature scientifique confirme ses bénéfices chez les personnes atteintes de démence</title>
		<link>https://citizen4science.org/musicotherapie-une-revue-de-la-litterature-scientifique-confirme-ses-benefices-chez-les-personnes-atteintes-de-demence/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 14 Apr 2025 11:47:55 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Médecine]]></category>
		<category><![CDATA[Musique]]></category>
		<category><![CDATA[PSNC]]></category>
		<category><![CDATA[Recherche]]></category>
		<category><![CDATA[Recherche clinique]]></category>
		<category><![CDATA[Science]]></category>
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					<description><![CDATA[La prestigieuse organisation scientifique Cochrane, spécialisée dans les « méta-analyses » apporte cette conclusion dans une évaluation portant sur 30 études impliquant]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading">La prestigieuse organisation scientifique Cochrane, spécialisée dans les « méta-analyses » apporte cette conclusion dans une évaluation portant sur 30 études impliquant 1&nbsp;720 patients</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les interventions non pharmacologiques (médicamenteuses), ça compte, y compris la musicothérapie. Il faut le dire à l&rsquo;heure de la mise en question légitime des pratiques de soins non conventionnelles. En effet elles englobent des centaines de pratiques dont une grande partie sont sans efficacité prouvée et possiblement dangereuses car entraînant un retard de prise en charge médical ou d&#8217;embrigadement dans des dérives sectaires.</p><div id="citiz-3119216886" class="citiz-contenu citiz-entity-placement"><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-9064228701299411" crossorigin="anonymous"></script><ins class="adsbygoogle" style="display:block;" data-ad-client="ca-pub-9064228701299411" 
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<h3 class="wp-block-heading">La démence</h3>



<p class="wp-block-paragraph">En 2025, plus de 55 millions de personnes dans le monde sont atteints de démence selon les estimations de l’OMS. Ce chiffre est bien évidemment en hausse permanente avec le vieillissement global. En France, environ 1,2 million de personnes sont touchées, une prévalence qui pourrait doubler d’ici 2050, d’après Santé publique France. Le terme « <em>démence</em> » désigne un syndrome caractérisé par une dégradation progressive des fonctions cognitives : mémoire, raisonnement, langage sont touchés, altérant l’autonomie. La « démence » ce sont principalement des maladies dégénératives du cerveau, avec en vedette la maladie d’Alzheimer (60 à 70 % de l&rsquo;ensemble des démences), la démence vasculaire liée à des troubles circulatoires cérébraux, la démence à corps de Lewy marquée par des dépôts protéiques, et la démence fronto-temporale, affectant les lobes frontaux et temporaux. Ces troubles, majoritairement irréversibles, touchent surtout les seniors, mais des cas précoces existent. La recherche avance, sans cure à ce jour.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Musicothérapie dans les PSNC</h3>



<p class="wp-block-paragraph">La musicothérapie est une pratique thérapeutique qui utilise la musique pour améliorer le bien-être physique, mental ou émotionnel. Elle peut impliquer l’écoute, le chant, la création musicale ou le jeu d’instruments, en fonction, et adaptées aux besoins des patients. Utilisée dans des contextes comme les démences, elle stimule la mémoire, réduit l’anxiété et favorise les interactions sociales. Encadrée par des professionnels formés, elle ne remplace pas les traitements médicaux mais les complète. Il s&rsquo;agit d&rsquo;une pratique de soin comportementale, que l&rsquo;on classe dans les PSNC : pratiques de soins non conventionnelles.<br>En France, la musicothérapie est perçue comme une approche complémentaire pertinente, notamment en gériatrie et en psychiatrie. Elle est appréciée pour ses effets sur le bien-être et la cognition, mais reste peu réglementée et non reconnue officiellement par la médecine conventionnelle. Son usage croît malgré un manque de validation scientifique standardisée.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Analyse Cochrane : 30 études et 1 720 patients</h3>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est l&rsquo;équipe néerlandaise du groupe de collaboration Cochrane qui est l&rsquo;auteur de cette revue. Elle a analysé le résultat d&rsquo;études qui portaient sur au moins 12 séances de musicothérapie dont ont bénéficiés des personnes atteintes de démence et sur une durée d&rsquo;au moins 12 semaines. Les pays de réalisation de ces études sont plutôt de haut revenu.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Méthodologie</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Les auteurs ont analysé des essais contrôlés randomisés, intégrant des données jusqu’à fin 2024, issues de bases de données et registres cliniques. Cette version inclut probablement un plus grand nombre d’études que les précédentes avec des participants en soins résidentiels ou ambulatoires. Les interventions variaient : musicothérapie active (jouer d&rsquo;un instruments) ou réceptive (écoute), en séances individuelles ou collectives. L’évaluation portait sur des critères standardisés comme les échelles d’agitation ou de bien-être.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Résultats principaux</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Les résultats suggèrent que la musicothérapie réduit temporairement l’agitation et l’anxiété durant les séances, avec des effets plus marqués dans les approches personnalisées (musique adaptée aux goûts des patients). Cependant, les bénéfices à long terme restent limités, sans amélioration significative de la cognition ou de la progression de la démence. Comparée aux soins habituels, la musicothérapie montre un léger avantage sur le plan émotionnel, mais les données sont encore hétérogènes. Cette mise à jour de 2025 renforce l’idée d’un effet contextuel plutôt que curatif.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Limites et perspectives</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Malgré un corpus élargi, les études souffrent toujours d’une variabilité méthodologique (durée, fréquence, type de musique) et de tailles d’échantillons modestes. Les auteurs appellent à des recherches plus standardisées, notamment sur l’impact à long terme et les mécanismes sous-jacents (ex. : stimulation neurologique). La musicothérapie, bien tolérée et peu coûteuse, pourrait être un outil complémentaire dans la prise en charge, mais elle ne remplace pas les approches existantes. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><br>Finalement, on sait qu&rsquo;instinctivement, écouter ou jouer de la musique quand on y est un peu sensible, cela ne peut faire que du bien ! Voyez comment Marta González, ancienne danseuse étoile atteinte de la maladie d&rsquo;Alzheimer, écoute Le Lac des Cygnes de Tchaïkovski, se souvient et ressent à nouveau la chorégraphie dans laquelle elle se replonge. Beaucoup d&rsquo;émotion dans cet extrait où on la voit aussi danser sur scène plus demi-siècle plus tôt.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-4-3 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="Marta González, former Prima Ballerina - #ballet #Music" width="800" height="600" src="https://www.youtube.com/embed/bOq9Nqo1EFM?feature=oembed&#038;enablejsapi=1&#038;origin=https://citizen4science.org" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Accès à l&rsquo;étude Cochrane <a href="https://doi.org/10.1002/14651858.CD003477.pub5">ici</a> (en anglais).</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Illustration d&rsquo;en-tête : Lauren Mancke</em></p>



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<figure class="wp-block-image size-full"><a href="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2022/04/jaimelinfo.png"><img loading="lazy" decoding="async" width="206" height="44" src="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2022/04/jaimelinfo.png" alt="" class="wp-image-5279"/></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<figure class="wp-block-image size-full"><a href="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2022/04/jaimelinfo-qrcode-donor.png"><img loading="lazy" decoding="async" width="192" height="192" src="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2022/04/jaimelinfo-qrcode-donor.png" alt="" class="wp-image-5284" srcset="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2022/04/jaimelinfo-qrcode-donor.png 192w, https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2022/04/jaimelinfo-qrcode-donor-150x150.png 150w" sizes="auto, (max-width: 192px) 100vw, 192px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2022/04/jaimelinfo.png"></a></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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			</item>
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		<title>Effet placebo : quand l&#8217;esprit devient chimiste</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Fabienne Blum]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 10 Apr 2025 11:43:49 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Fake Médecine]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
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		<category><![CDATA[Recherche clinique]]></category>
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					<description><![CDATA[L’effet placebo, ce mystère où une pilule sans substance active soulage des maux, intrigue la science depuis des siècles. Explorons]]></description>
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<h2 class="wp-block-heading">L’effet placebo, ce mystère où une pilule sans substance active soulage des maux, intrigue la science depuis des siècles. Explorons ce phénomène, entre rigueur scientifique qui sait en contourner l&rsquo;écueil et les ambiguïtés légales qui le consacre, comme l&rsquo;illustre le cas de l&rsquo;homéopathie</h2>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est un <a href="https://www.medscape.com/viewarticle/why-placebo-may-work-better-when-you-know-its-placebo-2025a10008an?ecd=WNL_trdalrt_pos1_ous_250410_etid7351451&amp;uac=428303CX&amp;impID=7351451">article</a> publié le 7 avril dans Mescape Medical News qui est à l&rsquo;origine du nôtre. Il a attiré notre attention par son titre : « <em>Pourquoi un placebo peut-il mieux fonctionner si vous savez que c&rsquo;est un placebo ?</em>  (traduit de l&rsquo;anglais). L&rsquo;idée est assez contre-intuitive de ce qui est communément admis sur l&rsquo;effet placebo.</p><div id="citiz-789965943" class="citiz-contenu citiz-entity-placement"><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-9064228701299411" crossorigin="anonymous"></script><ins class="adsbygoogle" style="display:block;" data-ad-client="ca-pub-9064228701299411" 
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<h3 class="wp-block-heading">Les essais cliniques en double aveugle : un must méthodologique</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Pour évaluer un médicament, rien ne vaut les essais cliniques randomisés en double aveugle. Les participants sont répartis aléatoirement : un groupe reçoit le traitement actif, l’autre un placebo, une substance inerte, c&rsquo;est-à-dire sans substance active d&rsquo;un point de vue pharmacologique, à l&rsquo;aspect identique au médicament actif. Le « double aveugle » garantit que ni les patients ni les chercheurs ne savent qui reçoit quoi, évitant les biais d&rsquo;évaluation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette modalité méthodologique est cruciale pour isoler les effets réels du médicament de ceux liés à l’attente ou à la suggestion des participants et des chercheurs. Sans cela, un patient pourrait se sentir mieux simplement parce qu’il se sent l&rsquo;objet d&rsquo;une attention et d&rsquo;une prise en charge ou « croit » au traitement, faussant les résultats. Il élimine aussi l’influence des chercheurs, qui pourraient biaiser les données par leur avis préconçu sur les résultats attendus. Enfin, la randomisation équilibre les différences entre les groupes (âge, sexe, état de santé,&#8230;), assurant des analyses plus fiables. C’est cette rigueur qui permet de dire si un médicament agit vraiment, au-delà des illusions de l’esprit.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Le placebo : un pouvoir caché</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Pourtant, dans ces essais, le groupe placebo montre parfois des améliorations. L’effet placebo repose sur une idée fascinante : croire en un traitement peut modifier notre état de santé. Un comprimé de sucre ou une injection de liquide physiologique peut réduire la douleur, l’anxiété ou certains symptômes digestifs. Des études ont révélé que des patients souffrant de migraines ou de stress rapportent un soulagement après la prise d&rsquo;un placebo dépourvu d&rsquo;ingrédient actif. Cet effet s’explique comme on l&rsquo;a vu par la prise en charge et les attentes, qui déclenchent des réponses neurochimiques comme la libération d’endorphines, et par le rituel thérapeutique, qui renforce le sentiment de soin.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Les placebos en connaissance de cause : une révélation</h3>



<p class="wp-block-paragraph">L’article de Medscape met en lumière une découverte intrigante : les placebos peuvent fonctionner même quand les patients savent qu’ils en prennent un. Ces<br>« <em>placebos en ouvert</em> » (« <em>open-label</em>« , par opposition à la méthodologie en aveugle évoquée plus haut) ont été évalués dans des études sur le syndrome de l’intestin irritable, les douleurs chroniques ou la dépression. Les participants, informés qu’ils reçoivent une substance inerte, ressentent malgré tout des améliorations. Medscape cite des recherches où des patients atteints des douleurs lombaires ont vu leurs symptômes diminuer après avoir pris un comprpimé clairement étiqueté comme placebo.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pourquoi cela marche-t-il ? Même en connaissant la vérité, les patients conservent une attente positive, surtout si on leur explique que le placebo a aidé d’autres personnes. Le rituel thérapeutique semble aussi activer des réponses physiologiques. Des IRM montrent des changements dans les zones cérébrales liées à la douleur ou au bien-être, suggérant une base biologique à cet effet.</p>



<h3 class="wp-block-heading">L’homéopathie : un placebo vendu légalement comme médicament</h3>



<p class="wp-block-paragraph">L’homéopathie illustre un cas controversé où l’effet placebo se mêle à une pratique médicale. Basée sur des dilutions extrêmes – au point qu’il ne reste souvent aucune molécule active –, elle est fréquemment comparée à un placebo sophistiqué. Des études rigoureuses, comme celles publiées dans The Lancet, n’ont pas démontré d’efficacité supérieure à celle d’un placebo. Pourtant, elle reste populaire et prescrite par certains médecins. En France, le Code de la santé publique, dans son article L.5111-1, définit les « médicaments par présentation » comme tout produit « présenté comme possédant des propriétés curatives ou préventives à l’égard des maladies humaines ou animales ». Cette définition autorise l’homéopathie à être classée comme médicament, même sans substance active, car elle est présentée comme thérapeutique, laissant supposer que son effet repose sur le placebo.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce statut est renforcé par l’article L.5121-1 (11°) du Code de la santé publique qui définit un « <em>médicament homéopathique</em> » comme « <em>tout médicament obtenu à partir de substances appelées souches homéopathiques, selon un procédé de fabrication homéopathique décrit par la pharmacopée européenne, la pharmacopée française ou, à défaut, par les pharmacopées utilisées de façon officielle dans un autre État membre de l’Union européenne</em>« . En 2021, l’homéopathie a été déremboursée par la Sécurité sociale après un avis de la Haute Autorité de santé concluant à son manque d’efficacité. Pourtant, elle reste largement enseignée dans les facultés et surtout, prescrite par des médecins.</p>



<h3 class="wp-block-heading">La prescription médicale comme socle de la validité</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Ces prescriptions sont possibles grâce à des formations spécifiques. Bien que l’homéopathie ne soit pas une spécialité médicale officielle reconnue par l’Ordre des médecins (article L.4111-1, qui réserve l’exercice de la médecine aux docteurs en médecine), des diplômes universitaires (DU) ou interuniversitaires (DIU) en homéopathie existent. Accessibles aux médecins diplômés, ces cursus, proposés par des universités comme Paris, Lille ou Lyon, leur permettent de prescrire des remèdes homéopathiques dans le cadre légal de leur activité. Ces médecins, souvent généralistes, se désignent parfois comme « homéopathes », mais cette qualification reste une compétence supplémentaire, non une spécialité au sens strict. Cette situation entretient une ambiguïté et teinte l&rsquo;homéopathie de validité médicale : vendre un placebo comme un médicament légitime peut tromper les patients, mais les prescrire enfonce le clou de la validité aux yeux du grand public.<br>Reconnaissons tout de même un bienfait à l&rsquo;existence légale du médicament par présentation : vanter des propriétés thérapeutiques de produits non médicamenteux ouvre la voie à des poursuites pour exercice illégal de la pharmacie.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Limites et perspectives</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Les placebos, qu’ils soient administrés « en ouvert » ou « en aveugle » dans le cadre de la recherche clinique, ou masqués comme avec l&rsquo;homéopathie, ont des limites. Ils ne fonctionnent pas pour tous, et leur impact varie selon les conditions. Une infection grave ne guérira pas avec une pilule de sucre, bien que la douleur associée puisse être atténuée. Leur efficacité reste aussi souvent modeste et temporaire.<br>Boiron, le laboratoire pharmaceutique français qui a construit son succès sur les médicaments homéopathiques, a subi de plein fouet le déremboursement de ces médicaments i y a quelques années. Pourrait-il s&rsquo;appuyer sur une nouvelle communication ou il revendique son homéopathie comme du placebo « en ouvert » ? On peut en douter, car autant coller une étiquette « placebo » sur sa bouteille ou de jus d&rsquo;orange.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Une affaire de chimie quand même, après tout ?</h3>



<p class="wp-block-paragraph">L’effet placebo semble défier la médecine moléculaire. Pourtant, tout semble finalement être une affaire de chimie à l&rsquo;arrivée. La « psychologie du placebo », entre attentes, confiance, rituel de la prise en charge se traduit par des effets chimiques réels dans l’organisme. Quand un patient croit en un comprimé, son cerveau libère des substances comme la dopamine ou les endorphines, apportant des effets positifs même si non spécifique de la pathologie ciblée. Les IRM mentionnées dans Medscape confirment ces changements cérébraux mesurables, tout comme ceux induits par des traitements actifs. Ainsi, que ce soit via un déclencheur sous forme de placebo-« médicament » granule homéopathique ou un placebo avoué « tout court&rsquo;, l’esprit peut agir comme un chimiste sur l&rsquo;organisme, comme le font les médicaments à substance active.</p>



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		<title>Médicaments pour la migraine : les incontournables « triptans » sont-ils en passe d&#8217;être détrônés par les challengers « gépants  » et « ditans » ?</title>
		<link>https://citizen4science.org/medicaments-pour-la-migraine-les-incontournables-triptans-sont-ils-en-passe-detre-detrones-par-les-challengers-gepants-et-ditans/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Fabienne Blum]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 07 Apr 2025 14:57:35 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[EMA]]></category>
		<category><![CDATA[Industrie pharmaceutique]]></category>
		<category><![CDATA[Médecine]]></category>
		<category><![CDATA[Médicaments]]></category>
		<category><![CDATA[Migraine]]></category>
		<category><![CDATA[Pharmacie]]></category>
		<category><![CDATA[Recherche]]></category>
		<category><![CDATA[Recherche clinique]]></category>
		<category><![CDATA[Santé publique]]></category>
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					<description><![CDATA[Ces nouveaux venus promettent de soulager les crises de migraine quand les triptans échouent ; entre espoir, limites et critiques]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
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<h2 class="wp-block-heading">Ces nouveaux venus promettent de soulager les crises de migraine quand les triptans échouent ; entre espoir, limites et critiques sur leur évaluation, un point sur ce que change vraiment ces molécules</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Alors que la migraine gâche la vie de millions de personnes, de nouvelles armes thérapeutiques entrent dans l&rsquo;arène. Pour les 10 millions de Français touchés par la migraine, majoritairement des femmes, le traitement des crises aiguës pourrait connaître un tournant. Si les triptans règnent en maîtres depuis 35 ans, deux nouvelles classes de médicaments, les gépants et les ditans (notamment le lasmiditan), entrent en scène. Mais entre promesses d’innovation et limites pratiques, que changent-ils vraiment ? Une vaste méta-analyse récente remet les pendules à l’heure.</p><div id="citiz-929196056" class="citiz-contenu citiz-entity-placement"><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-9064228701299411" crossorigin="anonymous"></script><ins class="adsbygoogle" style="display:block;" data-ad-client="ca-pub-9064228701299411" 
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<h3 class="wp-block-heading">Triptans : une révolution née dans les années 1990</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Introduits en Allemagne dès 1993, les triptans ont transformé la prise en charge des migraines aiguës. Développés à partir des recherches sur la sérotonine, ces vasoconstricteurs ciblent les récepteurs 5-HT1B/1D pour stopper la douleur en court-circuitant les mécanismes vasculaires et neurologiques de la crise. Leur succès a été fulgurant : aujourd’hui, le sumatriptan, pionnier du genre, reste le plus prescrit, suivi par l’élétriptan ou le rizatriptan. Disponibles sous formes pharmaceutiques variées (comprimés, pulvérisateurs nasaux, injections), ils dominent un marché mondial évalué à plusieurs milliards d’euros, bien que leur usage reste limité . Une étude publiée en 2020 (« <em>Acute treatment patterns in patients with migraine newly initiating a triptan</em> » par Lipton et al. dans<em> Headache: The Journal of Head and Face Pain</em>) révèle que parmi les nouveaux utilisateurs de triptans, 51 % ne renouvellent pas leur prescription dans les 12 mois, et 44 % dans les 24 mois, suggérant une sous-utilisation ou un abandon fréquent. En cause, les effets indésirables des triptans parfois peu compatibles avec certaines pathologies sous-jacentes notamment cardiovasculaires.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Gépants : l&rsquo;alternative ciblée</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Les gépants, comme le rimégépant (Vydura®, Pfizer) ou l’ubrogépant (Ubrelvy®, Abbvie), bloquent les récepteurs du CGRP, un peptide clé dans la douleur migraineuse. Leur avantage ? Une action rapide par voie orale sans vasoconstriction, contrairement aux triptans, ce qui les rend adaptés aux patients à risque cardiovasculaire. Le rimégépant, disponible en France mais non remboursé, soulage la douleur en deux heures chez 20 % des patients à 75 mg, contre 11 % sous un placebo (études publiées dans <em>The Lancet, New England Journal of Medicine</em>). Les effets indésirables (nausées, étourdissements) sont rares et proches de ceux observés sous placebo.<br>Pour les patients chez lesquels les triptans échouent ou ceux présentant des contre-indications, les gépants sont donc une bouffée d’air.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Lasmiditan : un ditan sous surveillance</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le lasmiditan (Reyvow®, Eli Lilly), premier et unique représentant de la classe des ditans, cible les récepteurs 5-HT1F dans le cerveau, évitant la vasoconstriction. Une méta-analyse de quatre études montre qu’il double les chances d’être sans douleur en deux heures et réduit le besoin de traitements d’urgence. Une aubaine pour les patients exclus des triptans. Mais ses effets indésirables, principalement à type de vertiges, fatigue et paresthésies ainsi que et son impact sur la conduite posent problème. Un risque de syndrome sérotoninergique en cas d’interaction médicamenteuse est aussi noté.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une méta-analys parue en septembre 2024 dans le <em>British Medical Journal</em> (BMJ) initulée « <em>Comparative effectiveness and tolerability of treatments for acute migraine: network meta-analysis</em> » a évalué 137 essais cliniques  randomisés portant sur plus de 89 000 patients. Elle compare l’efficacité et la tolérance de divers traitements de la crise migraineuse, dont les triptans (comme le rizatriptan), les gépants (comme le rimégépant), et le lasmiditan, en utilisant le critère de la disparition de la douleur à deux heures. Les triptans, notamment le rizatriptan, se sont révélés nettement plus efficaces que les nouveaux traitements comme le rimégépant. <br>Mais ces résultats sont-ils bien suffisants ? C&rsquo;est là qu&rsquo;au-delà des chiffres, intervient la méthodologie.</p>



<h3 class="wp-block-heading">« Placebomania » : un gâchis méthodologique ?</h3>



<p class="wp-block-paragraph">La question se pose, car sans études comparatives avec les triptans, il est difficile de trancher. Mais rendons à César le terme <em>placebomania</em>, que nous avons emprunté à notre confrère la revue <em>Prescrire</em>, connue depuis des décennies pour son indépendance et libre critique des laboratoires pharmaceutiques, passant à la loupe le véritable rapport bénéfices/risques des médicaments commercialisés. Nous sommes ainsi bien d&rsquo;accord avec <em>Prescrire</em> : les nouvelles molécules, évaluées uniquement contre placebo, n’ont pas été confrontés aux triptans, référence établie. <br>L’Agence européenne du médicament (EMA) justifie ce choix par « <em>l’importance de l’effet placebo</em> » dans la migraine. Un argument qui laisse perplexe sur sa pertinence, puisque dans un essai bien conçu est en double aveugle (ni les patients ni le personnel médical qui mène l&rsquo;étude ne savent ce que chaque patient prend entre le médicament testé et le produit de contrôle), cet effet placebo est similaire entre les groupes donc éliminé. Ainsi, la comparaison à un traitement éprouvé est pertinente, et la justification de l&rsquo;EMA pour justifier le manquement ne tient pas la route. Les esprits critiques férus de méthodologie et d&rsquo;éthique comprennent dès lors que la <em>placebomania</em> prive les patients de données solides sur les progrès réels, dessert les soignants dans leurs choix et au final les patients et la santé publique.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Quel avenir pour les patients atteints de migraine ?</h3>



<p class="wp-block-paragraph"><br>Les gépants et le lasmiditan élargissent l’arsenal thérapeutique, un espoir pour ceux que les triptans laissent sur le carreau. Mais leur coût élevé et leur efficacité moindre freinent leur essor. Certains experts médicaux jugent que les triptans restent sous-utilisés malgré leur rapport efficacité-prix imbattable. Les nouveaux traitements, eux, se positionnent comme des recours précieux, pas comme des remplaçants. Le fait qu&rsquo;ils n&rsquo;aient pas été comparés directement aux triptans est cependant problématique, alors que d&rsquo;autres gépants  en spray nasal comme l&rsquo;ubrogépant et zavégépant sont en attente d’approbation européenne.</p>



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<p class="wp-block-paragraph"><em>Illustration d&rsquo;en-tête :  <strong>Aarón Blanco Tejedor</strong></em></p>



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		<title>Recherche médicale : réutiliser des échantillons de patients issus d&#8217;une étude clinique pour d&#8217;autres recherches, est-ce éthique ?</title>
		<link>https://citizen4science.org/recherche-medicale-reutiliser-des-echantillons-de-patients-issus-dune-etude-clinique-pour-dautres-recherches-est-ce-ethique/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Fabienne Blum]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 13 Feb 2025 12:50:35 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Droit]]></category>
		<category><![CDATA[Droit de la santé]]></category>
		<category><![CDATA[Éthique]]></category>
		<category><![CDATA[Juridique]]></category>
		<category><![CDATA[Médecine]]></category>
		<category><![CDATA[Recherche]]></category>
		<category><![CDATA[Recherche clinique]]></category>
		<category><![CDATA[Santé]]></category>
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					<description><![CDATA[Et si c&#8217;était un manquement à l&#8217;éthique de ne pas le faire ? Cette réponse peut sembler osée ou provocatrice,]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h3 class="wp-block-heading">Et si c&rsquo;était un manquement à l&rsquo;éthique de ne pas le faire ? Cette réponse peut sembler osée ou provocatrice, pourtant elle montre comment évolue la législation dans le cadre de la recherche impliquant l&rsquo;être humain ; les enjeux sont en réalité majeurs</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le contenu des protocoles de recherche clinique ont beaucoup évolué afin de mener des recherches utiles,  qui exploitent au maximum les données et le matériel biologique recueilli lors études. Le défi, c&rsquo;est aussi celui d&rsquo;une science de plus en plus ouverte et partagée au sein de la communauté scientifique.</p><div id="citiz-1503806436" class="citiz-contenu citiz-entity-placement"><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-9064228701299411" crossorigin="anonymous"></script><ins class="adsbygoogle" style="display:block;" data-ad-client="ca-pub-9064228701299411" 
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<h2 class="wp-block-heading">La règle éthique fondatrice : finalité utile, risques acceptables, modalités explicitées et consenties</h2>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est la base de la déclaration d&rsquo;Helsinki qui est la référence éthique pour les recherches impliquant la personne humaine. Elle est une réponse au procès de Nuremberg et des expérimentations sauvages et inhumaines menées pendant la seconde guerre mondiale sur les détenus en camps de concentrations par des médecins barbares. Outre le recueil du consentement éclairé et écrit de chaque participant à une recherche sur des personnes humaines (dite recherche clinique), les études conçues par les chercheurs doivent démontrer avoir une utilité pour faire progresser la science médicale, sans faire prendre des risques ou des désagréments inconsidérés et disproportionnés à ceux qui s&rsquo;y prêtent. Les protocoles d&rsquo;étude doivent en outre expliquer tout de A à Z : notamment finalité et justification de l&rsquo;étude, procédures, examens, prélèvements biologiques effectués, et le détail précise des analyses qui seront effectuées pour obtenir les résultats de l&rsquo;étude. Ainsi, on écrit et on détaille précisément ce que l&rsquo;on va faire, puis on fait ce qu&rsquo;on a écrit dans le protocole de recherche, ni plus ni moins. Voilà de quoi se parer contre les dérives des recherches définies librement par le chercheur. Car aujourd&rsquo;hui, la plupart des études cliniques sont soumises à l&rsquo;approbation de comités d&rsquo;éthique et des autorités sanitaires. </p>



<h2 class="wp-block-heading">Évolution éthique : vers l&rsquo;ouverture de la science et la réutilisation des produits de la recherche</h2>



<p class="wp-block-paragraph">On parle beaucoup, aujourd&rsquo;hui de science ouverte ou « Open science » : l&rsquo;idée est de décloisonner la recherche, pour qu&rsquo;elle soit plus collaborative. L&rsquo;un des aspects est de permettre plus facilement aux chercheurs d&rsquo;utiliser les données et matériels provenant d&rsquo;études déjà réalisées par d&rsquo;autres chercheurs, pour mener de nouvelles études. On voit poindre ici la notion d&rsquo;exploitation des données au-delà de la finalité initiale ayant conduit à leur génération. Voilà qui va à l&rsquo;encontre de l&rsquo;idée éthique première de parfaitement circonscrire la finalité des recherches et d&rsquo;obtenir le consentement des participants sur cette finalité bien déterminée. Pourtant, l&rsquo;exploitation maximale des données de recherche, à condition que la finalité de cette exploitation reste utile, va dans le sens d&rsquo;une recherche éthique, et globalement est légale. Aujourd&rsquo;hui, les bases de données et d&rsquo;échantillons biologiques partagées au sein de la communauté scientifique afin de poursuivre leur exploitation et concevoir de nouvelles recherches. Il existe aujourd&rsquo;hui de multiples biobanques de données et matériels issus de la recherche, dont la recherche clinique. Aussi, si le champ d&rsquo;application d&rsquo;une étude se limitant de façon rigide à la finalité initiale, on fait face à une perte de chance pour la recherche. Y a-t-il là un paradoxe insoluble pour concilier éthique et réutilisation utile ?</p>



<h2 class="wp-block-heading">L&rsquo;introduction de la recherche future dans les protocoles des études cliniques</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Heureusement non. Cela fait maintenant près de deux décennies que les protocoles d&rsquo;étude et le contenu des consentements éclairés des patients évoluent pour permettre la réutilisation des données et du matériel collectés auprès des participants. Il n&rsquo;y a pour autant aucune baisse de la garde concernant la transparence et l&rsquo;exhaustivité des informations quant à au traitement de ce ces données et matériels pour le protocole de recherche initial. Ce qui a changé, c&rsquo;est que l&rsquo;on évoque l&rsquo;intérêt pour la science médicale que les participants autorisent l&rsquo;utilisation ultérieure On ajoute désormais cependant une notion essentielle quand cela est pertinent, et c&rsquo;est souvent : la recherche future. Il s&rsquo;agit de proposer au patient d&rsquo;accepter que ses données et résultats d&rsquo;étude et éventuellement ses échantillons biologiques puissent être réutilisés ultérieurement pour d&rsquo;autres recherches que celles à laquelle ils participent.<br>L&rsquo;évolution dans le temps est intéressante et révélatrice : au début, il était prévu un formulaire de consentement distinct à la réutilisation d&rsquo;échantillons biologiques dans le cadre de recherches futures donc on précisait qu&rsquo;elles seraient forcément liés aux affections et problèmes de santé des participants de l&rsquo;étude en question. Par la suite, le formulaire de consentement distinct n&rsquo;est plus devenu obligatoire et se résume souvent aujourd&rsquo;hui à une case à cocher pour autoriser la recherche future sur le matériel biologique recueilli pendant l&rsquo;étude. De même, la recherche future est devenue moins précise, voire devient évasive dans sa description. C&rsquo;est normal, car avec l&rsquo;évolution de la science et des technologies, il serait présomptueux de prévoir quelles recherches seront faites à l&rsquo;horizon de 25 ans, qui est souvent la durée de conservation d&rsquo;échantillons pour la recherche future.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L&rsquo;importance de la confidentialité des données pour la recherche future</h2>



<p class="wp-block-paragraph">On le comprend bien, permettre la réutilisation de données et matériel issus d&rsquo;une étude pour faire des recherche ultérieures, c&rsquo;est une bonne chose. Mais il ne faut pas que cela permette de mettre en danger la confidentialité des informations médicales des participants. Or, plus longtemps les données sont conservées ou circulent (d&rsquo;un lieu de stockage ou d&rsquo;un centre de recherche à un autre), plus leur exposition à un risque de divulgation d&rsquo;informations personnelles est grand.<br>Des mesures strictes sont prises pour chaque recherche, afin d&rsquo;assurer la confidentialité des données médicales des participants, qui sont des données personnelles hautement sensibles. En effet, leur divulgation peut occasionner des préjudices graves aux victimes, par exemple si les informations en question sont récupérés par des mutuelles santé ou par l&#8217;employeur d&rsquo;un participant. Les données des participants sont ainsi rendues anonymes, au départ plus précisément, elles sont pseudonymisées, ce qui signifie qu&rsquo;elle portent un code qui ne permet pas d&rsquo;identifier la personne sauf à consulter la liste des codes les reliant aux participants. Il est parfois nécessaire, pour des raisons médicales au cours d&rsquo;un étude clinique, de connaître en cas d&rsquo;urgence médicale l&rsquo;identité du participant pour avoir accès à son dossier médical. Après les étude, ces listes de codes sont détruites, rendant les données de recherche véritablement anonymes. Il revient au promoteur de prendre toutes les garanties pour conserver le pseudonymat puis l&rsquo;anonymat des participants aux recherches, mais il existe toujours un risque de divulgation suite à défaillance ou malveillance.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un peu de pratique : comment obtient-on l&rsquo;accord de réutilisation pour recherche future aujourd&rsquo;hui ?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Alors, vous qui participez à une étude clinique, allez-vous cocher la case permettant la réutilisation de vos données et matériel biologique recueillis pendant l&rsquo;étude, de manière anonyme ? <br>Mettez-vous dans la peau du participant et découvrez ce que l&rsquo;on pourrait vous expliquer de la recherche future et pourquoi c&rsquo;est utile. Voici des formulations relativement standard que l&rsquo;on trouve en 2025 dans les formulaires de consentement éclairés pour la participation à une étude clinique qui propose invite à consentir à réutiliser vos données de recherche dans le futur et/ou hors de l&rsquo;étude à laquelle vous participez :<br><em>« La participation peut aider à développer des connaissances scientifiques importantes ».  « Il n&rsquo;est pas possible de prévoir les besoins de la recherche future. »<br>« À l&rsquo;heure actuelle, les détails spécifiques de l&rsquo;utilisation future ne sont pas connus, mais ils seront limités à l&rsquo;utilisation par le promoteur ou ses partenaires affiliés pour faire avancer la recherche liée à votre type de maladie, au médicament de l&rsquo;étude, aux nouveaux médicaments pour votre maladie qui pourraient être développés à l&rsquo;avenir et à d&rsquo;autres types de maladies ».<br>« La recherche future est menée indépendamment de l&rsquo;étude à laquelle vous participez. Des recherches futures peuvent être menées pendant que vous participez encore à l&rsquo;étude ou après que vous ayez terminé l’étude. Vos échantillons et les données recueillies et analysées aux fins de l&rsquo;étude ainsi que les échantillons restants, y compris les données qui peuvent être générées à partir d&rsquo;eux, peuvent également être importants pour la recherche future en dehors de l&rsquo;étude. »<br>« Cette recherche future pourrait être utilisée pour en savoir plus sur votre maladie, pour poursuivre le développement du médicament de l&rsquo;étude ou pour développer d&rsquo;autres médicaments. »<br>« Cette recherche future pourrait également être utilisée pour le développement de dispositifs de diagnostic complémentaires, d&rsquo;autres dispositifs médicaux et de logiciels (y compris des algorithmes basés sur l&rsquo;IA), ou ce type d&rsquo;activités pour d&rsquo;autres domaines de la médecine. « Toujours à des fins de recherche future, des tests de biomarqueurs similaires à ceux décrits pour l&rsquo;étude principale pourraient être effectués sur vos échantillons. »<br>« L’étude d’échantillons biologiques et l’analyse des données obtenues ou à obtenir à partir de ces échantillons sont devenues un outil important de la recherche clinique. Ainsi, nous savons aujourd&rsquo;hui que les connaissances acquises grâce à cette recherche jouent un rôle important dans le traitement des maladies et le développement de médicaments ou de thérapies appropriés. »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors, convaincu(e) ? La réutilisation des données est un défi technique et de (cyber)sécurité aujourd&rsquo;hui, mais un enjeu éthique majeur pour une exploitation entière, et donc la plus utile possible&#8230; et donc pour une recherche éthique visant les produits de la recherche clinique. L&rsquo;enjeu en matière de santé publique au final est énorme. La question de la réutilisation ne s&rsquo;applique pas qu&rsquo;à la recherche, mais globalement au monde du soin : des entretiens médicaux et des analyses sont souvent effectués en doublon voire plus ; un gâchis de ressources financières, humaines et de temps précieux dans un parcours thérapeutique.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><br><em>Image d&rsquo;en-tête : illustration Andrea pour Science infused</em></p>



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<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Expertise et experts &#8211; épisode 6 : le patient peut-il être expert de sa maladie ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Fabienne Blum]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 11 Jan 2025 14:14:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Droit de la santé]]></category>
		<category><![CDATA[Esprit critique]]></category>
		<category><![CDATA[Éthique]]></category>
		<category><![CDATA[Expert]]></category>
		<category><![CDATA[Expertise]]></category>
		<category><![CDATA[Médecine]]></category>
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					<description><![CDATA[Cette question mérite dans notre série qui traite régulièrement du dévoiement de la notion et de la qualification d&#8217;expert ;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h3 class="wp-block-heading">Cette question mérite dans notre série qui traite régulièrement du dévoiement de la notion et de la qualification d&rsquo;expert ; deux phénomènes contribuent au risque dans le cas des patients et de leur maladie : les patients avec statut de « patient expert » dans certaines instances et les patients auto-proclamés experts sur internet</h3>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h2 class="wp-block-heading">Évolution de la relation patient-médecin</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les statuts respectifs du médecin et du patient ont bien évolué.  Au fil du temps et depuis le siècle dernier, le médecin descend de son piédestal de « grand sachant » qui assène le diagnostic au patient, dans les temps les plus reculés sans même expliquer sa « sentence ». Dans la droite ligne, nous avons eu plus tard la médecine paternaliste, le médecin faisant figure de patriarche, les patients faisant figures d&rsquo;enfants qui obéissent aux directives du médecin. Cet esprit perdure encore parfois, particulièrement en France ou le lobby médical est très puissant, assis sur des privilèges d&rsquo;antan qui s&rsquo;effritent  dans le monde moderne.</p><div id="citiz-2710405526" class="citiz-contenu citiz-entity-placement"><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-9064228701299411" crossorigin="anonymous"></script><ins class="adsbygoogle" style="display:block;" data-ad-client="ca-pub-9064228701299411" 
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<h2 class="wp-block-heading">Le cas de la recherche médicale avec la Déclaration d&rsquo;Helsinki</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La recherche médicale impliquant des patients, appelée recherche clinique, a elle aussi beaucoup changé pour se recentrer vers les patients et leurs droits et non uniquement les chercheurs et leurs problématiques propres. Au siècle dernier, le procès de Nuremberg après la Seconde guerre mondiale, a dévoilé les horreurs de l&rsquo;expérimentation  sur l&rsquo;homme dans les camps de concentration, menées par des médecins tortionnaires. Il a fait naître en 1964 la <a href="https://www.wma.net/wp-content/uploads/2024/05/DoH-Jun-1964_F.pdf">Déclaration D&rsquo;Helsinki</a>, adoptée lors de la 18e Assemblée médicale mondiale à Helsinki en Finlande.<br>Elle fixe des principes de respect des personnes se livrant aux expérimentations, la nécessité d&rsquo;une éthique fondée sur la nécessité de recherches utiles, avec une notion de bénéfices raisonnablement attendus obligatoire pour la finalité de la recherche et la prise en compte des risques encourus par les sujets. Elle fixe la règle de leur <em>consentement éclairé</em> préalable et obligatoire de toute personne qui se soumet à des expérimentations médicales. Cette déclaration a </p>



<h3 class="wp-block-heading">Mouture 2024 de la Déclaration d&rsquo;Helsinki</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le document a été révisé sept fois depuis lors, tenant compte de l&rsquo;évolution de la recherche médicale et de l&rsquo;évolution de la société. La mouture 2024 apporte à notre avis deux éléments remarquables. En lien direct avec notre sujet, le changement de vocable pour nommer les personnes qui se prêtent à la recherche médicale : jusqu&rsquo;ici on parlait de « patients » (et de « sujets » pour les volontaires sains). Désormais, la Déclaration d&rsquo;Helsinki parle de « participants ». Cette modification peut paraître symbolique, mais elle traduit bien la notion de participation plutôt de statut de patient soumis au médecin en charge de mener la recherche.  En se débarrassant de cette relation médecin-patient connoté de soumission du moins historiquement, on l&rsquo;a vu, on donne au patient le statut d&rsquo;acteur d&rsquo;une recherche participative. Il devient ainsi partenaire du médecin chercheur pour faire évoluer les connaissances scientifiques, dans une relation bien plus horizontale que verticale. D&rsquo;ailleurs, les protocoles de recherche clinique font désormais toujours état des devoirs (dans le cadre d&rsquo;une étude clinique) et des droits des participants, comme en ont également les médecins de recherche clinique. La science participative (<em>Citizen Science </em>en anglais) est ainsi revendiquée et les rôles de chacun en recherche rééquilibrés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;autre point de modification significatif ne sera que cité car non lié au présent sujet directement : il s&rsquo;agit d&rsquo;appuyer l&rsquo;importance pour la recherche et pour l&rsquo;éthique de pouvoir réutiliser les échantillons de matériel biologique prélevé auprès des participants pour la recherche future. Ainsi, si le participant y consent dans son consentement éclairé, ce matériel, soigneusement rendu anonyme pourra être réutilisé ultérieurement hors cadre de l&rsquo;étude en question. On comprend très bien la problématique : se limiter à « l&rsquo;usage unique » d&rsquo;un prélèvement biologique serait une certaine forme de gâchis, et donc contrevenant à l&rsquo;éthique de la recherche . Cette pratique est largement en vigueur depuis des années, la Déclaration d&rsquo;Helsinki vient donc entériner cette pratique sur le principe.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h2 class="wp-block-heading">Le « patient expert » dans les instances sanitaires</h2>



<p class="wp-block-paragraph">De fait, la voix des patients est de plus en plus écouté et comme pour la recherche médicale, ils deviennent de vrais participants qui sont partie prenante des débats dans la société civile, les autorités sanitaires et à l&rsquo;hôpital. La loi Kouchner sur le droit des malades a favorisé cette dynamique, tout comme les associations de patients. Elle participe de ce qu&rsquo;on appelle la démocratie sanitaire : la santé est un bien de l&rsquo;humanité, elle n&rsquo;appartient pas aux soignants. Les usagers du système de santé, dont les patients, sont donc de plus en plus représentés dans tous les mouvements et initiatives qui traitent de lui en tant qu&rsquo;individu et membre d&rsquo;une communauté de malades. Toutefois, nous voyons ici une erreur dans cette appellation de « patient expert ». Le patient n&rsquo;est pas l&rsquo;expert de sa maladie, il en est la victime évidemment, mais aussi le témoin. L&rsquo;expert est par principe indépendant. Or le témoin n&rsquo;est par définition pas indépendant. On connaît aussi la valeur du témoignage en science : elle est précieuse, mais biaisée. Il faut la prendre en tant que tel, c&rsquo;est une expérience personnelle, une expérience de vécu de la maladie. À ce titre, aussi intense et instructive soit-elle, on ne saurait la confondre avec une quelconque expertise de la maladie. En outre, le patient n&rsquo;est pas un professionnel de santé, il a l&rsquo;expérience de la vie avec sa maladie mais en aucun cas les compétences du professionnel de santé. Bien sûr, il peut acquérir de nombreuses connaissances techniques sur sa maladie, et il sera à ce titre, au fil du temps, expérimenté sur beaucoup d&rsquo;aspects de sa maladie ; mais toujours pas expert médical comme peut le faire croire une appellation d&rsquo;expert. Il est donc fâcheux de confondre expérience personnelle et expertise. On ne saurait trop conseiller aux instances et organisations concernées de revoir cette appellation,  en remplaçant « patient expert » par un autre terme, comme par exemple « patient partenaire », à savoir partenaire de toute initiative collaborative portant sur son statut de patient ou ayant trait à sa maladie. Il n&rsquo;y a là aucune minimisation du rôle précieux des patients mais le souhait de ne pas dévoyer la notion d&rsquo;expertise, avec tous le dangers que cela comporte.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le patient expert auto-proclamé</h2>



<p class="wp-block-paragraph"> Dévoyer un terminologie peut amener des dérives sur le concept qu&rsquo;elle porte et ici, en santé, une imposture porteuse de dangers. Au-delà de l&rsquo;appellation « patients experts » qui est attribué dans un cadre précis de collaboration à des initiatives officielles, les experts auto-proclamés en santé pullulent sur les réseaux sociaux. On a déjà eu l&rsquo;occasion d&rsquo;en parler dans des articles précédents de la série « Expertise &amp; Experts ». Une technique classique est le dévoiement du titre de docteur en sciences non médicales pour se faire passer pour un docteur qui soigne. Mais il existe aussi des patients qui se proclament, ou jouent les experts de leur maladie sur les réseaux sociaux. « C&rsquo;est moi le mieux placé pour en parler » justifient certains, ou bien « j&rsquo;en connais au moins voire plus que les médecins » pour en avoir consulté plusieurs. Et bien sûr, le sempiternel « j&rsquo;ai fait mes propres recherches » sur internet. Encore une fois, il est hors de question ici de minimiser l&rsquo;importance du vécu des patients. À l&rsquo;heure des déserts médicaux, qui conduit parfois à l&rsquo;errance médicale, il est clair que certains patients sont confrontés à un parcours long pour leur prise en charge, qui démultiplie l&rsquo;expérience. Encore une fois, ce n&rsquo;est pas une expertise, mais un vécu, une expérience, aussi intense soit-elle. Sur les réseaux sociaux, on voit ainsi des patients deviser sur leur maladie et donner des conseils « médicaux » sur la prise en charge médicale, les mécanismes de la maladie, les traitements, et bien d&rsquo;autres considérations encore d&rsquo;autre médical. La motivation peut être le besoin de reconnaissance mais parfois, il est aussi financier. Certains individus vont jusqu&rsquo;à monnayer leurs conseils et proposer des formations ou traitements.<br>L&rsquo;appellation d&rsquo;expert se doit donc d&rsquo;être protégée et utilisée à bon escient, afin de ne pas donner d&rsquo;outils supplémentaires à l&rsquo;imposture des faux experts, à la faveur d&rsquo;une appellation d&rsquo;expert erronée.  </p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Expertises revendiquées : Fabienne Blum est docteur en pharmacie et juriste en droit de la santé avec une longue expérience opérationnelle de recherche clinique, des Bonnes Pratiques Cliniques et de l&rsquo;Éthique de la recherche médicale en France, Europe et États-Unis.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Illustration d&rsquo;en-tête : Andrea pour Science infused</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h2 class="wp-block-heading">Pour aller plus loin&#8230;consultez notre série « Expertises &amp; Experts »</h2>



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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="lCRXpwyD4U"><a href="https://citizen4science.org/expertise-et-experts-des-notions-mal-interpretees-mais-hautement-exploitees/">Expertise et experts : des notions mal interprétées mais bien exploitées</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Expertise et experts : des notions mal interprétées mais bien exploitées » &#8212; Science infused site d&#039;actualités" src="https://citizen4science.org/expertise-et-experts-des-notions-mal-interpretees-mais-hautement-exploitees/embed/#?secret=ZezG6qGINh#?secret=lCRXpwyD4U" data-secret="lCRXpwyD4U" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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