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	<title>Recherche Archives - Science infused site d&#039;actualités</title>
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	<title>Recherche Archives - Science infused site d&#039;actualités</title>
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		<title>Journalisme scientifique et récits marketing : des liaisons dangereuses illustrées par un étude de cas</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Fabienne Blum]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 02 May 2026 12:19:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Analyse]]></category>
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		<category><![CDATA[Sciences de l'information et de la communication]]></category>
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					<description><![CDATA[L&#8217;hebdomadaire L&#8217;Express vient de consacrer un article enthousiaste à des travaux de recherche sérieux, les présentant comme un « changement de]]></description>
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<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h2 class="wp-block-heading"><em>L&rsquo;hebdomadaire L&rsquo;Express vient de consacrer un article enthousiaste à des travaux de recherche sérieux, les présentant comme un « changement de paradigme » pour le combat contre le cancer et menés par un chercheur « baroque » à contre-tendance. Un exemple particulièrement éclairant de déformation narrative de l&rsquo;information scientifique</em></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La tendance est inquiétante, sans être pour autant nouvelle. C&rsquo;est un article de L&rsquo;Express datée du 28 mars dernier qui a attiré notre attention. L&rsquo;article est payant, mais le peu qui est lisible sur internet a de quoi émoustiller : on y parle de « projet à front renversé », par un chercheur au « CV baroque » n&rsquo;est « ni oncologue ni épidémiologiste », « ny connaît pas grand chose aux tumeurs » mais il va peut-être bien « modeler quelques-unes des futures révolutions en cancérologie ».</p><div id="citiz-1246137769" class="citiz-contenu citiz-entity-placement"><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-9064228701299411" crossorigin="anonymous"></script><ins class="adsbygoogle" style="display:block;" data-ad-client="ca-pub-9064228701299411" 
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<p class="wp-block-paragraph">On aurait donc un chercheur qui décroche une bourse prestigieuse pour mener des recherches à contre-pied de la recherche normale hors de son domaine d&rsquo;expertise ? Scandale ou génie ? Il nous faut nous procurer cet article. Au kiosque à journeaux, L&rsquo;Express est arrivé à ses fins, nous extirpant quelques euros. Nous nous préparons donc à lire un article de révolution scientifique par un scientifique révolutionnaire. Nous allons être surpris. Mais dans quel sens ?</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h3 class="wp-block-heading">De la vraie science, un récit inventé</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Nous analysons souvent dans nos colonnes l&rsquo;information et la désinformation en science et santé. Cette dernière est parfois grossière, ce qui a l&rsquo;intérêt de la rendre facilement identifiable.  On peut citer dans nos sujets récents les blogs « techno-enthousiastes » à base d&rsquo;annonces spectaculaires reprenant ce qui buzz sur les réseaux sociaux, des promesses excessives sur résultats scientifiques préliminaires, qui donne l&rsquo;image d&rsquo;une science faite d&rsquo;une succession de ruptures spectaculaires permanentes.  Ces formats sensationnalistes sont relativement faciles à identifier. Ils exagèrent, ils dramatisent, politisent souvent, et leur façon de rouler des mécanique finit généralement par se voir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une forme plus subtile de déformation et d&rsquo;exploitation narrative de la science existe. Elle ne repose pas sur l&rsquo;invention et l&rsquo;extrapolation à outrance de résultats, mais sur une transformation plus profonde du récit scientifique lui-même : construire, autour de recherches parfaitement solides, une histoire inventée de changement de paradigme dans la manière dont fonctionne la recherche biomédicale, comme si certaines approches constituaient des renversements méthodologiques alors qu&rsquo;elles relèvent de continuités anciennes et parfaitement établies.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://www.lexpress.fr/sciences-sante/cancer-paul-bastard-25-millions-de-dollars-pour-renverser-le-combat-contre-les-tumeurs-FU5B3PRXAJE7NJBYOECZEMTOSI/">L&rsquo;article publié par L&rsquo;Express le 28 mars 2026</a> autour du projet ATLAS coordonné par le Dr Paul Bastard, en fournit une illustration particulièrement éclairante sur ses mécanismes. Le projet vient d&rsquo;obtenir un financement de 25 millions de dollars dans le cadre de Cancer Grand Challenges, initiative portée notamment par Cancer Research UK et le National Cancer Institute. Les travaux sont sérieux, le financement est prestigieux, la question scientifique est pertinente. Le problème n&rsquo;est pas la science, mais la construction d&rsquo;un récit qui en déforme des aspects notables.<br></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h3 class="wp-block-heading">Les règles du journalisme : savoir analyser les sources</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Nous aurions pu placer ce paragraphe ultérieurement, mais autant le dire tout de suite parce c&rsquo;est clé : La règle cardinale du journalisme, scientifique ou autre, est simple : savoir analyser la nature et la fiabilité des sources, privilégier les sources primaires. Le Conseil de Déontologie Journalistique et de Médiation (CDJM) le rappelle explicitement dans sa <a href="http://cdjm.org/le-traitement-des-questions-scientifiques">recommandation sur le traitement journalistique des questions scientifiques</a> : Il est essentiel de privilégier les publications originelles plutôt que les communiqués de presse et les briefings des communicants. L&rsquo;exigence est la même dans le code d&rsquo;éthique de la <a href="http://spj.org">Society of Professional Journalists</a> , référence mondiale depuis 1973 : utiliser les sources originales chaque fois que possible, vérifier l&rsquo;information avant publication, et ne jamais laisser la vitesse de publication prendre le pas sur l&rsquo;exactitude des faits. Les standards internationaux du journalisme scientifique, ou tout simplement la charte de Munich  sont plus directs encore : les communiqués de presse sont des documents de marketing et le journaliste n&rsquo;est pas un publicitaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour le sujet en question, quelle est la source ? S&rsquo;agissant d&rsquo;une bourse de recherche, elle se trouve sur le site de Cancer Grand Challenges, accessible au public. L&rsquo;organisme explique ce qu&rsquo;il finance avec cette bourse et la justification de son attribution. On nous y explique que si de nombreuses études se concentrent sur les causes actives du cancer, et qu&rsquo;il est « également nécessaire » de comprendre comment les réponses naturelles de l&rsquo;organisme peuvent empêcher son développement. Ce « également » est essentiel : il exprime une complémentarité, pas une inversion, pas une rupture, pas un changement de paradigme. Nulle part est-il question de changement de paradigme pour le projet choisi. Elle décrit en fait un projet ambitieux par son envergure, explorant le rôle possible d&rsquo;auto-anticorps modulateurs d&rsquo;immunité dans les mécanismes de résistance au cancer. Un projet important, prometteur, mais inscrit dans les continuités classiques de l&rsquo;immunologie translationnelle en oncologie.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Ce que l&rsquo;article affirme à la place, et l&rsquo;erreur factuelle<br></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le contraste avec le traitement de L&rsquo;Express est saisissant. Le titre évoque une lutte « à front renversé », le chapô parle de « contre-pied », le texte multiplie les références à une démarche « hors des clous », « impertinente », « renversant les paradigmes ». L&rsquo;article affirme par ailleurs que le financement obtenu relèverait d&rsquo;une bourse examinant « uniquement les projets de rupture ». Cette formulation est factuellement contestable. Le programme Cancer Grand Challenges finance des projets ambitieux, interdisciplinaires et à fort potentiel, sélectionnés pour leur capacité à répondre à des défis scientifiques complexes identifiés par un comité international, parmi dix-huit défis médicaux actifs allant des tumeurs pédiatriques aux inégalités face au cancer. Il ne se définit nulle part comme un mécanisme exclusivement réservé à des changements de paradigme. La nuance est décisive : un projet peut être ambitieux pour son impact en santé publique, sans constituer un renversement méthodologique, et confondre ambition scientifique et rupture conceptuelle déforme la nature même de la recherche. Le CDJM est sans ambiguïté sur ce point : il importe, sur les questions scientifiques, d&rsquo;être particulièrement attentif à ce que titraille, chapô et annonces d&rsquo;un sujet n&rsquo;en altèrent pas le sens ou la portée.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Un parcours « baroque » ou cohérent ?</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le storytelling de l&rsquo;article a été posé. Mais il va être enjolivé, tant qu&rsquo;à faire, par la présentation d&rsquo;un chercheur, totalement « profane » en oncologie. On peut imaginer dans l&rsquo;esprit du lecteur que se forme alors l&rsquo;idée du génie, qui débarque dans un domaine médical complexe sans la moindre formation ou expertise dans le domaine. C&rsquo;est fâcheux pour l&rsquo;image de la science, basée sur l&rsquo;expertise en la matière.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors, qu&rsquo;en est-il ?  Sans surprise, cette présentation ne résiste pas à l&rsquo;examen. Paul Bastard est médecin pédiatre, formé à Paris et Madrid, ayant suivi un master à l&rsquo;Université Rockefeller de New York avant de revenir en résidence d&rsquo;immunologie pédiatrique et de soutenir une thèse. Ses recherches portent sur les déterminants génétiques et immunologiques des maladies virales graves, notamment les causes et conséquences des auto-anticorps dirigés contre les interférons de type I. Ce parcours n&rsquo;a rien de marginal : il est précisément situé à l&rsquo;intersection de l&rsquo;immunologie fondamentale et de l&rsquo;immunopathologie clinique, dans des institutions académiques de tout premier rang mondial.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Or l&rsquo;immunologie constitue aujourd&rsquo;hui l&rsquo;un des piliers centraux de la recherche oncologique contemporaine. L&rsquo;immuno-oncologie, qui intègre des approches conçues pour renforcer ou réactiver la capacité du système immunitaire à lutter contre le cancer, a connu une transformation majeure récompensée par le prix Nobel de médecine 2018. Des milliers d&rsquo;immunologistes travaillent aujourd&rsquo;hui sur le cancer dans le monde entier. Présenter un immunologiste spécialiste des auto-anticorps qui s&rsquo;attaque à une question d&rsquo;oncologie comme profane du domaine relève moins de l&rsquo;analyse scientifique que de la scénarisation journalistique assez trompeuse, quand on sait que nombre de médicaments oncologiques de dernière génération sont des médicaments biologiques, précisément des &#8230; anticorps humanisés. L&rsquo;éducation du public à ces disciplines scientifiques et leur présentation erronée comme s&rsquo;il s&rsquo;agissait de silos, en prend donc un sérieux coup.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La figure du « génie outsider » est un ressort narratif classique. Elle fonctionne bien. Mais elle déforme ici la réalité. D&rsquo;ailleurs, le CDJM met en garde contre ce biais en lien avec l&rsquo;expertise ou la non-expertise : vérifier la valeur d&rsquo;un expert auprès de ses pairs, en particulier quand sa position détonne, et ne pas considérer que le statut social ou la renommée d&rsquo;un scientifique en font automatiquement un porteur de vérité scientifique. Mais aussi l&rsquo;inverse, et c&rsquo;est ce qui nous intéresse dans notre cas pratique : ne pas construire un récit de rupture sur la prétendue marginalité d&rsquo;un chercheur qui n&rsquo;est en réalité pas marginal.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h3 class="wp-block-heading">Une rupture historiquement imaginaire<br></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le cœur du récit repose sur une opposition : la recherche se serait historiquement concentrée sur les causes du cancer, tandis que le projet adopterait une approche « inverse » centrée sur les mécanismes de résistance. Cette opposition est historiquement inexacte. On joue ici d&rsquo;un biais cognitif classique : le faux dilemme. Faire croire que la recherche scientifique est centrée sur un aspect technique alors qu&rsquo;elle est multfactorielle et désormais translationnelle.  L&rsquo;étude des personnes exposés mais non malades, des trajectoires atypiques, des résistances naturelles et des facteurs protecteurs est constitutive de l&rsquo;épidémiologie, de l&rsquo;immunologie et de la médecine expérimentale depuis des décennies. La pandémie de Covid-19 en a fourni une illustration récente et frappante : l&rsquo;analyse de clusters familiaux où certains individus restaient indemnes malgré une exposition comparable a conduit à l&rsquo;identification de déterminants immunologiques et génétiques spécifiques. C&rsquo;est une logique que les membres de l&rsquo;équipe ATLAS ont eux-mêmes appliquée en découvrant le lien entre auto-anticorps et sévérité du Covid-19. Cette démarche n&rsquo;a rien de nouveau. Elle appartient au socle classique de la recherche scientifique. Présenter cette continuité comme un « pari inverse » revient à fabriquer artificiellement de la nouveauté là où il n&rsquo;y a qu&rsquo;un approfondissement légitime et parfaitement attendu. <a href="https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/dossiers/DLR5L17N53359" target="_blank" rel="noreferrer noopener"></a></p>



<h3 class="wp-block-heading">D&rsquo;où vient ce récit déformant ? Circulation mimétique et amplification d&rsquo;un briefing institutionnel</h3>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est ici que le dossier devient particulièrement instructif, parce que nous avons pu idenifier la source du récit marketing de L&rsquo;Express. Nous l&rsquo;avons vu, le cadrage de rupture n&rsquo;est pas donné par l&rsquo;organisme prestigieux qui a analysé les travaux de recherche et décidé de les financer par une bourse. Pour autant, ce n&rsquo;est pas une invention de L&rsquo;Express. Le storytelling marketing apparaît dans certaines communications institutionnelles intermédiaires : des formulations évoquant une approche « inverse » ou un « changement de paradigme » circulent dans des supports de valorisation académique, comme la communication officielle de l&rsquo;Université Paris Cité qui titre « Un changement de paradigme en oncologie ». Paris Cité n&rsquo;a rien inventé non plus, elle reprend en fait mot pour mot le paragraphe d&rsquo;une communication institutionnelle de l&rsquo;Institut Imagine auquel est affilié le Dr Bastard : « Un changement de paradigme en oncologie &#8211; Traditionnellement, la recherche s&rsquo;est concentrée sur l&rsquo;identification des facteurs qui favorisent l&rsquo;apparition des tumeurs. L&rsquo;équipe ATLAS fait le pari inverse : étudier les barrières qui s’opposent à leur développement sur une recherche ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Chaque mot de cette phrase mérite examen, car c&rsquo;est elle qui a fourni à L&rsquo;Express son titre, son chapô et l&rsquo;ensemble de son lexique de rupture.</p>



<p class="wp-block-paragraph">« Traditionnellement » est le premier signal d&rsquo;alarme, et le plus profond. En science, ce mot est presque une contradiction dans les termes. La recherche scientifique, y compris méthodes  ne fonctionne pas par tradition : elle fonctionne par accumulation de preuves, révision permanente des hypothèses et méthodologies, et remise en question constante des résultats antérieurs. Ce qui est vrai aujourd&rsquo;hui peut être infirmé demain. Ce qui semblait établi peut être nuancé par une nouvelle étude, évoluer au gré d&rsquo;une nouvelle méthodologie en raisons des limites de la précédente. La tradition, au sens de pratique reconduite par habitude ou convention, est précisément ce contre quoi la méthode scientifique est construite. Dire que la recherche a « traditionnellement » procédé d&rsquo;une certaine façon, c&rsquo;est donc appliquer à la science un concept qui lui est étranger, et qui sert ici un seul objectif : construire artificiellement un avant figé pour mieux faire briller un après innovant. Ce mot devrait toujours déclencher une question réflexe : traditionnel par rapport à quoi, sur quelle période, avec quelles sources à l&rsquo;appui ? Ici, il n&rsquo;est suivi d&rsquo;aucune de ces précisions, parce que son rôle n&rsquo;est pas descriptif : il est narratif. « Fait le pari » est plus révélateur encore. Une hypothèse de recherche n&rsquo;est pas un pari : c&rsquo;est une proposition fondée sur  des observations préliminaires, des données existantes, une logique théorique cohérente. L&rsquo;éthique de la recherche  médicale veut d&rsquo;ailleurs que tout projet de recherche soit justifié. Présenter un chercheur comme un parieur est dès lors problématique. Ce mot appartient au registre de la communication, pas à celui de la science. « L&rsquo;approche inverse », enfin, est le nœud logique de toute la phrase : elle transforme un continuum de recherche en dichotomie, une complémentarité en opposition radicale. C&rsquo;est ce terme qui a possiblement donné la paraphrase  « à front renversé » et « contre-pied » de L&rsquo;Express, et l&rsquo;ensemble du lexique de rupture de l&rsquo;article de leur article. La chaîne causale est limpide : l&rsquo;institution écrit « approche inverse », le journaliste lit « renversement », le lecteur reçoit « révolution ». Chaque maillon amplifie légèrement le précédent. La communication institutionnelle valorise, positionne, séduit. C&rsquo;est un récit pour vendre ce que le journalisme n&rsquo;est pas.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Le contraste saisissant du traitement journalistique international</h3>



<p class="wp-block-paragraph">La comparaison avec la presse anglo-saxonne est particulièrement éclairante, parce qu&rsquo;elle démontre que le récit marketing de rupture est une création française. Cancer Research UK décrit ATLAS comme un projet dont les travaux « ont le potentiel de changer notre compréhension du rôle du système immunitaire dans le cancer. » Pharmaphorum résume sobrement : l&rsquo;équipe « examinera ce qu&rsquo;on peut apprendre de personnes qui ne développent pas de cancer malgré des habitudes à risque. » UT Southwestern écrit que l&rsquo;équipe « cherchera à identifier les mécanismes biologiques sous-jacents à la résistance aux tumeurs. » Pas un seul « paradigme », pas un seul « renversement », pas un seul « contre-pied » dans l&rsquo;ensemble de la couverture institutionnelle et journalistique anglophone, et pour cause.  Evidemment, c&rsquo;est moins vendeur pour le grand public. C&rsquo;est le cours ordinaire des choses en science, et « la science, c&rsquo;est long » (Emmanuelle Charpentier, prix Nobel de chimie).<a href="https://42mag.fr/2026/04/senat-adopte-une-proposition-de-loi-contre-le-pillage-des-contenus-culturels-par-lia/" target="_blank" rel="noreferrer noopener"></a></p>



<h3 class="wp-block-heading">Une déformation narrative qui questionne d&rsquo;un point de vue déontologique mais aussi éthique</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Il n&rsquo;y a ici aucune falsification. Les données sont réelles, les financements existent, le projet est scientifiquement solide. Mais l&rsquo;histoire racontée les déforment, parce qu&rsquo;elle transforme une continuité scientifique en rupture spectaculaire, qu&rsquo;elle substitue une dramaturgie de l&rsquo;innovation à une description rigoureuse de la méthode, parce qu&rsquo;elle remplace l&rsquo;analyse journalistique critique des sources par la reprise amplifiée d&rsquo;un récit marketing nstitutionnel. Le CDJM nomme précisément ce risque en matière médicale ;  il est éthique : veiller à ne pas créer d&rsquo;espoirs non fondés chez des personnes atteintes de maladies graves, et rendre compte avec prudence des recherches et découvertes médicales annoncées par des chercheurs, qui ont rarement un impact immédiat sur l&rsquo;amélioration des traitements. Ce principe s&rsquo;applique avec une force redoublée lorsque la découverte est présentée non seulement comme prometteuse, mais comme révolutionnaire. <a href="https://www.seban-associes.avocat.fr/proposition-de-loi-darcos-instauration-dune-presomption-dexploitation-des-contenus-culturels-par-les-fournisseurs-dintelligence-artificielle/" target="_blank" rel="noreferrer noopener"></a></p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://42mag.fr/2026/04/senat-adopte-une-proposition-de-loi-contre-le-pillage-des-contenus-culturels-par-lia/" target="_blank" rel="noreferrer noopener"></a></p>



<h3 class="wp-block-heading">Former au journalisme scientifique est aussi urgent que de former les citoyens à la démarche scientifique </h3>



<p class="wp-block-paragraph">Ce cas dépasse largement un article particulier. Il révèle une faiblesse structurelle du journalisme scientifique français : l&rsquo;insuffisante qualification des sources et la trop grande perméabilité aux récits de valorisation institutionnelle. </p>



<p class="wp-block-paragraph">On a l&rsquo;habitude, à juste titre, d&rsquo;insister sur la nécessité d&rsquo;éduquer le grand public à l&rsquo;esprit critique et à la science, et à lutter contre la désinformation en santé.<br>Mais cette exigence doit s&rsquo;appliquer avec la même force aux professionnels chargés de transmettre l&rsquo;information scientifique. Former les journalistes à distinguer une source objective d&rsquo;un communiqué de presse de valorisation, à identifier les glissements narratifs entre niveaux institutionnels, à repérer les reformulations promotionnelles qui circulent d&rsquo;une institution à l&rsquo;autre avant d&rsquo;atterrir dans la presse grand public : voilà un chantier important.  Car une société ne peut développer une culture scientifique solide si l&rsquo;information censée la transmettre se transforme en récit marketing qui malmène la réalité scientifique. En France, sur ce second chantier, il reste beaucoup de chemin à faire. La science n&rsquo;a pas besoin d&rsquo;être scénarisée de façon spectaculaire pour être passionnante. Elle demande d&rsquo;être lue, comprise, contextualisée, puis racontée avec exactitude. C&rsquo;est précisément à cette condition que le journalisme scientifique demeure du journalisme, et non le relais de communications marketing.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Illustration d&rsquo;en-tête : Andrea pour Science infused</em></p>



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<p class="wp-block-paragraph"></p>



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<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2022/04/jaimelinfo.png"></a></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Géo-ingénierie solaire : une start-up US-Israël s&#8217;apprête à tester en extérieur la « climatisation » de la planète</title>
		<link>https://citizen4science.org/geo-ingenierie-solaire-une-start-up-us-israel-sapprete-a-tester-en-exterieur-la-climatisation-de-la-planete/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 06 Apr 2026 08:46:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Analyse]]></category>
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					<description><![CDATA[Une startup israélo-américaine, Stardust Solutions, franchit un seuil inédit ce mois-ci : des expérimentations en conditions réelles de géo-ingénierie solaire.]]></description>
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<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h3 class="wp-block-heading"><br>Une startup israélo-américaine, Stardust Solutions, franchit un seuil inédit ce mois-ci : des expérimentations en conditions réelles de géo-ingénierie solaire. Son projet ? Disperser des particules réfléchissantes dans la stratosphère pour renvoyer une partie du rayonnement solaire et refroidir temporairement la Terre. Au-delà des aspects techniques, cette initiative privée pose une question fondamentale : peut-on confier à une entreprise le pouvoir de modifier le climat mondial sans cadre international ?</h3>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<h2 class="wp-block-heading">Qu’est-ce que la géo-ingénierie, et pourquoi distinguer deux grandes familles d’approches ?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La géo-ingénierie désigne l’ensemble des interventions délibérées et à grande échelle dans le système climatique pour contrer le réchauffement. Imaginez un « thermostat planétaire » que l’humanité chercherait à ajuster manuellement. Contrairement aux efforts classiques de réduction des émissions de gaz à effet de serre, ces techniques interviennent directement sur le bilan énergétique de la Terre.On distingue deux grandes voies.</p><div id="citiz-1495579744" class="citiz-contenu citiz-entity-placement"><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-9064228701299411" crossorigin="anonymous"></script><ins class="adsbygoogle" style="display:block;" data-ad-client="ca-pub-9064228701299411" 
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<p class="wp-block-paragraph">La première voie, le retrait du dioxyde de carbone (CDR pour Carbon Dioxide Removal), s’attaque à la cause profonde : elle capture et stocke le CO₂ déjà présent dans l’atmosphère. Des exemples concrets sont les plantations massives d’arbres, la capture directe dans l’air via des usines chimiques ou la fertilisation des océans pour stimuler le plancton qui absorbe le carbone. C’est lent, coûteux, mais relativement « naturel » car il est question ici de restaurer l’équilibre chimique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La seconde voie, une variante de la technologie de réfléchissement des rayons solaire (SRT, Sunlight Reflection Technology),  la modification du rayonnement solaire (SRM pour <em>Solar Radiation Modification</em>), agit comme un parasol géant : elle réfléchit une fraction de la lumière du soleil avant qu’elle ne chauffe la surface. Théoriquement plus rapide soit un effet attendu en quelques années, elle ne réduit pas les concentrations de CO₂ et n’empêche donc pas l’acidification des océans. On oserait dire qu&rsquo;elle masque le symptôme sans guérir la maladie. Parmi les méthodes SRM, la plus étudiée est l’injection d’aérosols stratosphériques (SAI) : on libère des particules très fines à 15 à 20 km d’altitude, là où elles restent en suspension pendant des mois ou des années, imitant l’effet refroidissant d’une éruption volcanique comme celle du Pinatubo en 1991.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h2 class="wp-block-heading">La technologie de Stardust revendique une version « propre » et brevetable de l’injection stratosphérique </h2>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://www.stardustsolutions.com/">Stardust Solutions</a> mise précisément sur cette technique SAI, mais avec une innovation revendiquée : une particule propriétaire, présentée comme « abondante dans la nature, chimiquement inerte dans la stratosphère et aussi sûre que de la farine ». Contrairement aux approches classiques qui utilisent du dioxyde de soufre (sulfate), la startup refuse de révéler la composition exacte pour l’instant – elle promet une publication scientifique dans les prochains mois. L’idée est de déployer des flottes d’avions modifiés pour disperser des millions de tonnes de ces particules à haute altitude, créant un voile réfléchissant qui diminuerait le rayonnement incident de 1 % environ, soit un refroidissement de 0,5 à 1 °C selon les modèles</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les premiers essais extérieurs « contenus » débutent dès avril 2026 : prélèvements et lâchers limités depuis des avions à 18 km d’altitude, sans dispersion massive. La société insiste sur un protocole prudent avec des modélisations et des tests en laboratoire depuis 2023, puis des phases progressives et surveillées. Elle vient de publier en ce début avril ses « principes directeurs » : transparence totale (y compris résultats négatifs), engagement à ne pas déployer sans autorisation gouvernementale, et priorité à la sécurité.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une course financée par le privé : 75 millions de dollars pour « breveter le soleil »</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Avec <a href="https://www.politico.com/news/2025/10/24/global-cooling-startup-raises-60-million-dollars-to-test-sun-reflecting-technology-00620340">60 millions de dollars levés </a>en octobre 2025 (la plus grosse levée jamais réalisée dans ce domaine), Stardust totalise environ 75 millions. Ses investisseurs mêlent capital-risque de la Silicon Valley, fonds liés à la défense israélienne (Awz Ventures) et grands noms de l’industrie (famille Agnelli via Exor). Dirigée par Yanai Yedvab, ancien physicien nucléaire de haut niveau en Israël, l’entreprise emploie une vingtaine de scientifiques et voit dans cette technologie un marché futur : contrats gouvernementaux pour « louer » un climat plus frais</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette entrée du privé change tout. Jusqu’ici, la recherche SRM était surtout universitaire ou étatique, avec des budgets modestes et un débat encadré. Ici, une startup fixe elle-même ses règles de gouvernance dans un vide juridique international quasi-total. Pas de traité contraignant, pas d’autorité mondiale : seulement des principes volontaires publiés sur son site. De quoi donner le vertige.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Risques réels et illusions dangereuses : ce que la science nous dit déjà</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les <a href="https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0048969726002950">modèles</a>  et <a href="https://csl.noaa.gov/assessments/ozone/2022/downloads/Chapter6_2022OzoneAssessment.pdf">études</a> sont clairs : même une injection modérée pourrait perturber les régimes de pluie (affaiblissement de la mousson en Asie ou en Afrique), altérer la couche d’ozone, ou modifier les températures régionales de façon imprévisible. Surtout, elle créerait une dépendance : arrêter net les injections provoquerait un « <a href="https://agupubs.onlinelibrary.wiley.com/doi/full/10.1002/2017ef000735">choc de terminaison</a>« , un réchauffement brutal et catastrophique en quelques années. Sans compter les effets sur la photosynthèse ou la visibilité du ciel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour la France et l’Europe, l’enjeu est double. Nous misons sur la décarbonation réelle (nucléaire, renouvelables) et restons très prudents face à toute SRM. Pourtant, si d’autres puissances ou acteurs privés avancent seuls, nous pourrions subir des effets transfrontaliers sans avoir décidé. Le vrai danger ? La distraction : croire qu’un voile stratosphérique nous dispense d’efforts massifs sur les émissions. C’est un raccourci technologique séduisant, mais qui reporte le problème structurel à nos enfants.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Rers une gouvernance mondiale ou un Far West climatique ?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Face à ces incertitudes, une commission internationale indépendante, l’Overshoot Commission, a été créée en 2022 pour réfléchir précisément à la gouvernance de ces outils en cas de dépassement des seuils climatiques. <a href="https://citizen4science.org/climat-lancement-dovershoot-la-commission-sur-la-gouvernance-des-risques-lies-au-depassement-climatique/">Nous l&rsquo;évoquions dans ces colonnes à son lancement.</a> Elle identifie les Méthodes de Réflexion de la Lumière Solaire (MRLS), dont l’injection d’aérosols stratosphériques et l’éclaircissement des nuages marins, comme des approches supplémentaires possibles, tout en soulignant leurs « sérieuses incertitudes, risques et problèmes de gouvernance », notamment sur les effets régionaux très variables et la nécessité d’un cadre international</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’initiative de Stardust n’est ni pure folie ni baguette magique. Elle révèle surtout notre impuissance collective face à l’urgence. Parce que les négociations climatiques peinent, certains parient sur une technologie de dernier recours. Mais confier à une entreprise le droit de breveter, tester et commercialiser le thermostat planétaire en injectant des produits dans l&rsquo;air interroge la démocratie. Qui autorise le principe ? Qui valide la technologie ? Qui décide de la dose ? Qui indemnise les perdants, que ce soit pays vulnérables touchés par des sécheresses accrues voire la planète et l&rsquo;humanité ? Qui assume les risques ? Si l&rsquo;on peut espérer beaucoup de la science et des évolutions technologiques, le vide juridique béant pose des problèmes éthiques fondamentaux et de vrais inquiétudes.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



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<p class="wp-block-paragraph"><em>Illustration d&rsquo;en-tête : Andrea pour Science infused</em></p>



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		<title>L&#8217;IA aux USA consomme autant que l&#8217;Islande&#8230; mais son impact climatique est bien moindre qu&#8217;on le croit : la bonne nouvelle cachée ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 04 Apr 2026 07:42:13 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Analyse]]></category>
		<category><![CDATA[Climat]]></category>
		<category><![CDATA[Énergie]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[Intelligence artificielle]]></category>
		<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[Recherche]]></category>
		<category><![CDATA[Science]]></category>
		<category><![CDATA[Sobriété énergétique]]></category>
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					<description><![CDATA[Une étude récente de l’Université de Waterloo montre que la consommation électrique de l’IA aux États-Unis équivaut à celle de]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h3 class="wp-block-heading"><br>Une étude récente de l’Université de Waterloo montre que la consommation électrique de l’IA aux États-Unis équivaut à celle de l’ensemble de l’Islande. Pourtant, son empreinte sur les émissions mondiales de gaz à effet de serre reste marginale. Au moment où les data centers font l’objet de toutes les inquiétudes, cette recherche invite à nuancer le récit alarmiste et à envisager l’IA comme un outil potentiel de la transition écologique.</h3>



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<h2 class="wp-block-heading">Une consommation énergétique spectaculaire, mais marginale à l’échelle globale</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’intelligence artificielle générative a fait exploser les besoins en calcul. Les serveurs spécialisés (les fameux GPU) tournent en continu pour entraîner et faire tourner les modèles comme ceux de ChatGPT ou Gemini. Selon les données de l’Agence internationale de l’énergie (IEA), la consommation mondiale des data centers et de l’IA pourrait doubler d’ici 2030, passant d’environ 460 TWh en 2022 à près de 945 TWh dans un scénario central. Aux États-Unis, berceau de la plupart des grands modèles, l’IA représente déjà une part notable de cette croissance.</p><div id="citiz-3809395222" class="citiz-contenu citiz-entity-placement"><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-9064228701299411" crossorigin="anonymous"></script><ins class="adsbygoogle" style="display:block;" data-ad-client="ca-pub-9064228701299411" 
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<p class="wp-block-paragraph">Pourtant, une<a href="https://iopscience.iop.org/article/10.1088/1748-9326/ae0e3b"> étude </a>publiée en novembre 2025 dans <em>Environmental Research Letters</em> par des chercheurs de l’Université de Waterloo et du Georgia Institute of Technology vient tempérer ces craintes. En croisant les données macroéconomiques américaines de l’Energy Information Administration avec des estimations d’adoption de l’IA par secteur d’activité, ils concluent que la consommation électrique liée à l’IA aux États-Unis équivaut à la totalité de celle de l’Islande – un pays entier. À première vue, le chiffre est impressionnant. Mais rapporté à l’échelle de la première économie mondiale, il devient presque invisible. L’IA ne représente qu’une fraction infime de la demande totale d’électricité, et son poids dans le bilan énergétique national ou planétaire reste statistiquement négligeable à court terme.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h2 class="wp-block-heading">Empreinte carbone : un effet négligeable malgré les fossiles ?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le vrai test, c’est évidemment le carbone. Or, ici aussi, <a href="https://uwaterloo.ca/news/media/ais-energy-usage-less-previously-thought">la recherche de Waterloo</a> relativise fortement. Les États-Unis tirent encore 83 % de leur économie de combustibles fossiles (pétrole, charbon, gaz). Malgré cela, l’ajout d’énergie lié à l’IA ne déplacerait pas significativement les émissions globales de gaz à effet de serre. Les chercheurs estiment que l’impact climatique reste « trop petit pour être perceptible » à l’échelle nationale ou mondiale</p>



<p class="wp-block-paragraph">Juan Moreno-Cruz, professeur à Waterloo et co-auteur, insiste : « Les effets sur le climat ne sont pas si significatifs ». L’étude, relayée en mars 2026 par <a href="http://sciencedaily.com/releases/2026/03/260318033103.htm">ScienceDaily</a>, montre que l’augmentation de la demande n’est pas homogène : elle se concentre autour des sites de data centers, où la production locale d’électricité peut doubler temporairement, avec des émissions locales plus visibles. Mais à l’échelle macro, le signal se noie dans le bruit des autres secteurs. C’est une bonne nouvelle cachée au milieu du battage médiatique qui présente souvent l’IA comme une nouvelle menace climatique majeure</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette analyse tranche avec d’autres projections plus sombres. L’IEA elle-même alerte sur une croissance rapide des serveurs accélérés (30 % par an), mais elle ne contredit pas le constat de Waterloo : l’IA n’est pas (encore) le coupable numéro un du réchauffement.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Des impacts localisés et des opportunités pour la France</h2>



<p class="wp-block-paragraph">En France, le débat prend une couleur particulière grâce à notre mix électrique décarboné. Selon <a href="https://infos.ademe.fr/industrie-production-durable/2026/consommation-electrique-des-data-centers-5-scenarios-pour-demain/">l’ADEME</a>, les data centers consommaient environ 10 TWh en 2025, soit 2,2 % de la consommation nationale totale (449 TWh). L’agence a publié en janvier 2026 une étude prospective jusqu’en 2060 qui explore cinq scénarios : dans le plus tendanciel, la consommation pourrait être multipliée par 3,7 d’ici 2035 si rien n’est fait pour maîtriser les usages</p>



<p class="wp-block-paragraph">La France compte aujourd’hui plus de 350 data centers et ambitionne d’en porter le nombre à 500 d’ici 2030, avec 109 milliards d’euros d’investissements annoncés. Grâce au nucléaire (qui assure une intensité carbone d’environ 6 gCO₂/kWh, bien en deçà de la moyenne européenne), notre pays dispose d’un atout majeur : les data centers implantés ici émettent bien moins que leurs homologues américains ou chinois. Emmanuel Macron l’a d’ailleurs rappelé : la France peut « alimenter les data centers avec de l’énergie bas carbone ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pourtant, l’esprit critique reste de mise. Même avec un mix vertueux, l’augmentation brutale de la demande pourrait créer des tensions locales sur le réseau, la ressource en eau (pour le refroidissement) et l’occupation des sols. L’ADEME met en garde : sans « dénumérisation » sélective et sans optimisation des usages, le numérique risque de peser lourd dans nos bilans carbone, surtout si une partie des calculs est délocalisée vers des pays aux mix plus carbonés.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’IA comme levier de la décarbonation : prospective critique</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Là où l’étude de Waterloo apporte une vraie réflexion prospective, c’est sur le rôle positif potentiel de l’IA. Moreno-Cruz le dit clairement : « Nous pouvons utiliser l’IA pour développer des technologies vertes ou améliorer celles qui existent déjà ». L’intelligence artificielle pourrait optimiser les réseaux électriques, prévoir les pics de consommation, accélérer la conception de matériaux plus efficaces, ou modéliser le climat avec une précision inédite. En somme, elle consomme de l’énergie aujourd’hui pour potentiellement en économiser bien davantage demain.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est un pari, bien sûr. Il suppose que les gains d’efficacité l’emportent sur la croissance des usages, un équilibre fragile que les réglementations européennes (comme le AI Act ou la directive sur l’efficacité énergétique) tentent d’encadrer. La France, avec sa stratégie nationale sur l’IA et son parc nucléaire, est bien placée pour tester ce modèle : attirer les data centers tout en exigeant transparence sur leur consommation réelle et investissements dans l’innovation verte.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Reste une limite majeure : les données manquent encore cruellement. Les big tech communiquent peu sur leurs chiffres précis par requête ou par modèle. Sans mesure fine et vérifiable, il est difficile d’arbitrer entre hype et réalité. L’étude de Waterloo nous rappelle surtout une vérité simple : le climat ne se joue pas uniquement sur la consommation de l’IA, mais sur la manière dont nous produisons et utilisons l’électricité dans son ensemble.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En définitive, l’IA n’est ni le sauveur ni le fossoyeur du climat. Elle est un miroir de nos choix énergétiques. La « bonne nouvelle cachée » tient peut-être là : tant que nous gardons la tête froide et que nous pilotons son déploiement avec exigence, elle peut devenir un accélérateur plutôt qu’un boulet. À condition, bien sûr, de ne pas la laisser filer sans garde-fous.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Illustration d&rsquo;en-tête : Massimo Botturi</em></p>



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		<title>Effet Werther : quand la médiatisation d&#8217;un suicide en provoque d&#8217;autres</title>
		<link>https://citizen4science.org/effet-werther-quand-la-mediation-dun-suicide-en-provoque-dautres/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Nathalie A.]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 12 Mar 2026 10:20:23 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Psychiatrie]]></category>
		<category><![CDATA[Psychologie]]></category>
		<category><![CDATA[Recherche]]></category>
		<category><![CDATA[Réseaux sociaux]]></category>
		<category><![CDATA[Santé mentale]]></category>
		<category><![CDATA[Santé publique]]></category>
		<category><![CDATA[Sciences de l'information et de la communication]]></category>
		<category><![CDATA[Sociologie]]></category>
		<category><![CDATA[Suicide]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://citizen4science.org/?p=17810</guid>

					<description><![CDATA[En 2014, le suicide de Robin Williams a provoqué un excès de 1 841 suicides aux États-Unis dans les mois]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h3 class="wp-block-heading"><br>En 2014, le suicide de Robin Williams a provoqué un excès de 1 841 suicides aux États-Unis dans les mois suivants. Ce phénomène scientifiquement établi, nommé effet Werther, montre qu&rsquo;une couverture médiatique sensationnalisée ou détaillée peut favoriser l&rsquo;imitation chez les personnes vulnérables. À l&rsquo;inverse, une parole responsable et axée sur l&rsquo;espoir peut protéger et prévenir.</h3>



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<h2 class="wp-block-heading">Les racines historiques et scientifiques du phénomène</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;effet Werther tire son nom du roman<em> Les Souffrances du jeune Werther</em> de Goethe (1774). Le protagoniste, accablé par un amour non réciproque, se suicide d&rsquo;un coup de pistolet. Peu après, des cas d&rsquo;imitation ont été signalés en Europe, avec des jeunes adoptant vêtements, pose et méthode similaires. Certaines autorités ont même interdit l&rsquo;ouvrage pour endiguer la vague. Bien que ces récits historiques soient anecdotiques, ils illustrent un risque ancien : la diffusion d&rsquo;histoires romantiques ou détaillées de suicide peut inciter à l&rsquo;imitation.Le sociologue David Phillips a formalisé le phénomène en 1974  : <a href="https://culturecog.blog/wp-content/uploads/2018/08/Phillips_1974_The-INfluence-of-Suggestion-on-Suicide.pdf">« The Influence of Suggestion on Suicide: Substantive and Theoretical Implications of the Werther Effect »</a> (American Sociological Review)  analyse des données américaines et britanniques : les suicides augmentent significativement après des articles sensationnalistes, avec un pic plus prononcé si le suicide concerne une célébrité ou occupe une place importante dans les médias. <a href="https://www.bmj.com/content/368/bmj.m575">Une méta-analyse de 2021</a>, parue dans le British Medical Journal et couvrant 419 études, confirme que l&rsquo;effet est particulièrement marqué après les suicides de personnalités publiques, bien que variable selon les contextes.</p><div id="citiz-2593115158" class="citiz-contenu citiz-entity-placement"><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-9064228701299411" crossorigin="anonymous"></script><ins class="adsbygoogle" style="display:block;" data-ad-client="ca-pub-9064228701299411" 
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<h2 class="wp-block-heading">Le cas emblématique de Robin Williams et ses implications</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le suicide par asphyxie de Robin Williams en août 2014 reste l&rsquo;un des exemples les plus documentés. Une étude publiée <a href="https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC5802858/">dans PLOS ONE en 2018 </a>a révélé un surplus de 1 841 suicides aux États-Unis entre août et décembre 2014, soit une hausse d&rsquo;environ 10 % par rapport aux prévisions basées sur les tendances saisonnières antérieures. L&rsquo;augmentation a touché surtout les hommes de 30 à 44 ans, et les suicides par asphyxie ont grimpé de 32 %, suggérant un lien direct avec la méthode largement relayée. Les auteurs attribuent ce pic à l&rsquo;effet Werther, amplifié par la couverture médiatique massive.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans divers pays dont la France, <a href="https://papageno-suicide.com/ressource/exemples-celebres-deffet-werther/">des schémas similaires ont été observés</a>. Au niveau national, une étude épidémiologique sur la période 1979-2006 a mis en évidence des hausses significatives après des suicides de célébrités : +17,6 % globalement après Pierre Bérégovoy en 1993 (avec +26,5 % pour les suicides par arme à feu chez les hommes de moins de 45 ans), +11,7 % après Kurt Cobain en 1994, et +23,5 % dans la tranche 45-59 ans après Dalida. Ces augmentations corrèlent avec l&rsquo;intensité de la médiatisation, renforçant l&rsquo;idée d&rsquo;un effet dose-dépendant.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La contagion accélérée par les réseaux sociaux</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Avec l&rsquo;essor des réseaux sociaux, la contagion délétère se propage plus rapidement. Une <a href="https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S2950285324000322">revue systématique publiée en 2024</a> dans <em>Spanish Journal of Psychiatry and Mental Health</em> analyse 31 études et conclut que les contenus suicidaires sur les plateformes peuvent être à la fois contagieux et protecteurs. Les posts sensationnalisés ou glorifiants augmentent le risque, surtout chez les adolescents, tandis que ceux promouvant l&rsquo;espoir et l&rsquo;aide réduisent les idées suicidaires. L&rsquo;effet Werther est confirmé sur les réseaux, où la viralité amplifie l&rsquo;exposition. <br>En France, des relais rapides de décès de personnalités sur X (ex Twitter) ou ailleurs peuvent normaliser ou détailler sans précaution, particulièrement quand des comptes influents priorisent la visibilité. Des critiques portent sur l&rsquo;omission systématique de ressources comme le numéro vert 3114 dans les articles ou posts, même si les lignes directrices de l&rsquo;OMS insistent sur l&rsquo;inclusion de messages préventifs.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L&rsquo;effet Papageno : les médias peuvent devenir protecteurs</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;antidote à l&rsquo;effet Werther s&rsquo;appelle effet Papageno, du personnage de La Flûte enchantée de Mozart qui renonce au suicide grâce à l&rsquo;intervention d&rsquo;amis. Des recherches montrent que des récits axés sur la résilience, la guérison et les alternatives réduisent les taux suicidaires. Une <a href="https://www.cambridge.org/core/journals/the-british-journal-of-psychiatry/article/role-of-media-reports-in-completed-and-prevented-suicide-werther-v-papageno-effects/DFF62CAE7A44147EE9CAB4DFB50B49F0">étude de 2010 </a>dans <em>The British Journal of Psychiatry</em> associe des reportages sur la maîtrise des crises à une baisse des suicides.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En France, le programme Papageno, déployé depuis 2015 par la Direction générale de la santé et porté par Nathalie Pauwels, traduit ces principes en actions concrètes. Il s&rsquo;appuie sur les recommandations actualisées de l&rsquo;OMS : ne pas attribuer le suicide à une cause unique (réductrice), éviter le sensationnalisme ou la normalisation, omettre les détails sur la méthode et le lieu (qui peuvent concrétiser des scénarios), privilégier les interviews d&rsquo;experts plutôt que de l&rsquo;entourage, et valoriser les progrès, comme la baisse de 20 % des suicides en France en vingt ans. Des formations à l&rsquo;utilisation des médias sont organisées partout en France pour sensibiliser journalistes et professionnels de santé </p>



<p class="wp-block-paragraph">.Une mise à jour récente des <a href="https://papageno-suicide.com/app/uploads/2025/11/Recotem_def.pdf">recommandations Papageno (2025)</a> insiste sur l&rsquo;adaptation aux créateurs de contenus numériques, podcasts et vidéos inclus. Des campagnes comme « Parler du suicide peut sauver des vies » visent à déstigmatiser et encourager le dialogue ouvert.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L&rsquo;effet Papageno : quand les médias deviennent protecteurs</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;effet Werther n&rsquo;est pas inéluctable. Un antidote existe : l&rsquo;effet Papageno. Les études récentes confirment que les médias et réseaux sociaux, quand ils adoptent des pratiques protectrices, peuvent inverser la tendance et promouvoir l&rsquo;accès aux soins. Toute prise de parole sur le suicide doit être évaluée à l&rsquo;aune de son impact potentiel sur une personne en crise. <br>En France, la ligne nationale 3114 reste un recours essentiel pour l&rsquo;écoute et la prévention. Parler du suicide est nécessaire, mais avec rigueur, empathie et espoir, pour contribuer à sauver des vies plutôt qu&rsquo;à en risquer.</p>



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		<item>
		<title>Diagnostic médical : les scanners (TDM) sous le feu d&#8217;une étude inquiétante : provoquent-ils des cancers ?</title>
		<link>https://citizen4science.org/diagnostic-medical-les-scanners-tdm-sous-le-feu-dune-etude-inquietante-provoquent-ils-des-cancers/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Fabienne Blum]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 23 Feb 2026 16:48:18 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cancer]]></category>
		<category><![CDATA[Diagnostic]]></category>
		<category><![CDATA[Intelligence artificielle]]></category>
		<category><![CDATA[Médecine]]></category>
		<category><![CDATA[Radiologie]]></category>
		<category><![CDATA[Recherche]]></category>
		<category><![CDATA[Santé publique]]></category>
		<category><![CDATA[Science]]></category>
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					<description><![CDATA[Les tomodensitométries induisent-elles de nombreux cancers ? Les projections alarmantes d&#8217;une étude scientifique américaine publiée dans JAMA International Medicine interrogent]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h3 class="wp-block-heading"><br>Les tomodensitométries induisent-elles de nombreux cancers ? Les projections alarmantes d&rsquo;une étude scientifique américaine publiée dans JAMA International Medicine interrogent sur cet examen radiologique essentiel</h3>



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<p class="wp-block-paragraph">Une <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2832778">étude </a>publiée dans en avril 2025 dans <em> JAMA Internal Medicine</em> a jeté un pavé dans la mare de la radiologie moderne. Menée par Rebecca Smith-Bindman et son équipe de l’Université de Californie à San Francisco (UCSF), elle projette que les 93 millions de TDM réalisés aux États-Unis en 2023 pourraient entraîner environ 103 000 cancers. Selon les auteurs, si les pratiques actuelles persistent, cela représenterait jusqu’à 5 % des nouveaux diagnostics annuels de cancer, un chiffre comparable aux risques liés à l’alcool ou à l’obésité.</p><div id="citiz-3300512107" class="citiz-contenu citiz-entity-placement"><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-9064228701299411" crossorigin="anonymous"></script><ins class="adsbygoogle" style="display:block;" data-ad-client="ca-pub-9064228701299411" 
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<p class="wp-block-paragraph">Cette projection, basée sur des modèles théoriques, a rapidement fait les gros titres outre-atlantique. Mais au-delà de l’alarme, que dit vraiment cette étude ? Quelles sont ses forces, ses faiblesses, et surtout, quelles voies prospectives pour minimiser ces risques sans sacrifier les bénéfices de la TDM ?</p>



<h2 class="wp-block-heading">Analyse d&rsquo;une étude scientifique rigoureuse mais théorique </h2>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;étude s’appuie sur un registre multicentrique (UCSF International CT Dose Registry) couvrant plus de 120 000 examens entre 2018 et 2020, extrapolés aux données nationales américaines (enquête IMV). Les auteurs utilisent le logiciel RadRAT du National Cancer Institute, fondé sur les modèles BEIR VII (basés sur les survivants des bombes atomiques et des cohortes médicales), pour estimer les risques cancérigènes des rayonnements ionisants.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les résultats sont saisissants : sur 61,5 millions de patients (dont 4,2 % d’enfants), les TDM effectuées en 2023 pourraient causer 103 000 cancers (intervalle d’incertitude à 90 % : 96 400-109 500), dont 91 % chez les adultes. Les cancers les plus projetés incluent le poumon (22 400 cas, majoritairement chez les femmes), le côlon (8 700), la leucémie (7 900) et la vessie (7 100). Les TDM abdominales/pelviennes dominent (37 % des cancers, malgré 32 % des examens), suivis des TDM thoraciques (21 %). Le risque de la TDM est plus élevé chez les enfants mais le volume d’utilisation chez les adultes explique la majorité des cas.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Du point de vue de la méthode d&rsquo;analyse, l&rsquo;approche semble rigoureuse : elle intègre des simulations Monte Carlo pour les doses d’organes, des ajustements pour la mortalité concurrente et des exclusions pour les patients en fin de vie (10,6 %). Des analyses de sensibilité confirment la robustesse, avec une fourchette de 80 000 à 127 000 cancers selon les variantes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, les limitations sont évidentes : les modèles BEIR VII reposent sur des données à haute dose extrapolées aux faibles doses via un modèle linéaire sans seuil. Son utilisation est contestée pour sa  surestimation potentielle des risques à faibles doses. Et surtout, aucune preuve clinique directe ne permet de relier une TDM spécifique à un cancer individuel. Les projections restent donc à ce stade théoriques.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Critiques et débats : Une surestimation alarmiste ?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’étude n’a pas échappé aux critiques. L’American College of Radiology (ACR) la qualifie de « théorique », soulignant<a href="https://radiologybusiness.com/topics/medical-imaging/computed-tomography-ct/american-college-radiology-criticizes-prominent-study-claiming-ct-imaging-causes-cancer"> l’absence de liens directs </a>entre TDM multiples et cancers chez les adultes, et notant également que les avancées technologiques ont réduit les doses globales malgré l’augmentation des usages.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une lettre dans<em> JAMA Internal Medicine</em> de septembre 2025 appelle à la prudence dans l&rsquo;interprétation des résultats, critiquant le modèle linéaire sans seuil  comme non validé aux faibles doses diagnostiques et ignorant les mécanismes de réparation cellulaire. S&rsquo;y ajoute le fait que les 103 000 cancers projetés sont invérifiables d&rsquo;un point de vue clinique, sans biomarqueur ni critère d’attribution individuelle, rendant la projection hasardeuse. Un atre argument est qu&rsquo;aucune  hausse des cancers n’est observée d&rsquo;un point de vue épidémiologique n&rsquo;apparaît malgré l’utilisation croissante des TDM depuis plus de dix ans aux États-Unis.<br></p>



<h2 class="wp-block-heading">Contexte français et européen : Une utilisation massive, des enjeux locaux</h2>



<p class="wp-block-paragraph">En Europe, la France est en tête de l&rsquo;utilisation de la TDM avec 15,2 millions en 2022 (<a href="https://ec.europa.eu/eurostat/statistics-explained/SEPDF/cache/37388.pdf">Eurostat</a>), soit plus que l’Allemagne (13,6 millions). Le marché français de la TDM est évalué à 357 millions d&rsquo;euros en 2025, projeté à 480 millions d&rsquo;euros en 2030 (CAGR 6,08 %). Avec 217,8 examens TDM pour 1 000 habitants en 2021 (OCDE), la France dépasse la moyenne européenne, reflétant un recours croissant pour le diagnostic rapide.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cela pose des défis pour l&rsquo;avenir : si les projections américaines sont appliquées de façon proportionnelle pour la France, des milliers de cancers iatrogènes pourraient survenir annuellement dans le pays. Mais les régulations européennes (directive Euratom 2013/59) imposent déjà une justification stricte et une optimisation des doses, avec des initiatives comme Image Gently pour la pédiatrie.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h2 class="wp-block-heading">Vers une imagerie plus sûre</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’avenir n’est pas sombre : des technologies alternatives et optimisations émergent pour réduire les rayonnements. L’IRM et l’échographie (ultrasons) sont des substituts sans ionisants pour de nombreux diagnostics (comme l&rsquo;abdomen et le cœur), comme le recommande le <a href="https://www.bfs.de/EN/topics/ion/medicine/diagnostics/alternative/alternative_node.html">BfS allemand</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’IA est également au rendez-vous pour révolutionner la TDM : <a href="https://scitechdaily.com/only-2-the-radiation-dose-new-ai-technology-revolutionizes-ct-scans">des algorithmes</a> de <em>deep learning</em>  ouvrent la voie à des doses ultra faibles (2 % de la dose standard) en préservant la qualité diagnostique. D&rsquo;autres technologies échographiques portatives pourraient assurer un surveillance en continu permettant de réduire le besoin de TDM.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En France, des pistes incluent l’intégration de l’IA dans les protocoles hospitaliers, un suivi des doses cumulées par patient via des passeports radiologiques et une formation accrue des prescripteurs. Au niveau de l’Europe, l&rsquo;Union pourrait viser une réduction de 30 à 50 % des doses d’ici 2030 via l’IA et les technologies alternatives, alignée sur les objectifs de l’OMS pour la radioprotection.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Équilibrer innovation et prudence</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Cette étude JAMA, malgré ses limites théoriques, rappelle un principe fondamental : les TDM sauvent des vies, mais leur surutilisation n’est pas anodine. En France, où l’accès à l’imagerie est exemplaire, on pourrait adopter une approche plus contrôlée : justifier chaque examen, optimiser les doses, et investir dans les alternatives à base d&rsquo;IA. Comme le soulignent les critiques, la peur ne doit pas primer sur les faits, mais l’inaction non plus.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Image d&rsquo;en-tête : Mart Production</em></p>



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		<title>Des médias à la non-médiation sur les réseaux sociaux : un cas pratique dans le domaine pharmaceutique</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Fabienne Blum]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 09 Feb 2026 17:33:33 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Analyse]]></category>
		<category><![CDATA[Biais cognitifs]]></category>
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		<category><![CDATA[Sciences de l'information et de la communication]]></category>
		<category><![CDATA[Vulgarisation]]></category>
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					<description><![CDATA[Le classique criblage de molécules, quand bien même assisté par l&#8217;IA, présenté comme la révolution du « médicament entièrement conçu par]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h3 class="wp-block-heading"><br>Le classique criblage de molécules, quand bien même assisté par l&rsquo;IA, présenté comme la révolution du « médicament entièrement conçu par l&rsquo;IA », est un très bon exemple de narratif biaisé déformé sur les réseaux sociaux. Comment l’absence de médiation scientifique dans ces espaces nourrit-elle la mésinformation et les croyances ?</h3>



<h2 class="wp-block-heading">Documentaire ou publireportage ?</h2>



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<p class="wp-block-paragraph">Notre étude de cas consiste en l&rsquo;interprétation sur les réseaux sociaux d&rsquo;une <a href="https://www.youtube.com/watch?v=KyUDHnePu6M">vidéo institutionnelle</a> (2025) de la biotech <em>Insilico Medicine</em> publiée sur YouTube. Elle raconte l&rsquo;histoire de la naissance de l&rsquo;entreprise, dans un soi-disant « documentaire »<em>fait maison</em> qui s&rsquo;apparente plutôt au biopic cinématographique. La vidéo semble vouloir adopter le modèle de l&rsquo;histoire entrepreneuriale triomphale d&rsquo;étudiants visionnaires, comme celle de Steve Jobs et son Apple ou Mark Zuckerberg et son Facebook. Les images vintage des étudiants à la faculté sont peu a peu remplacées par des images high tech voire futuristes de robots industriels et d&rsquo;écrans où défilent des formules chimiques et des images tridimensionnelles de molécules, le tout dans une explosion colorée et une belle mise en scène ponctuées d&rsquo;interviews des leaders. On suit aussi nos stars jusque dans les rue de Hong-Kong ou de Shangai,&#8230;<br>Mais quel blockbuster la biotech Insilico Medicine a-t-elle commercialisé ? À ce jour, aucun. Pas même le moindre médicament enregistré par une autorité sanitaire dans le monde.</p><div id="citiz-2071662340" class="citiz-contenu citiz-entity-placement"><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-9064228701299411" crossorigin="anonymous"></script><ins class="adsbygoogle" style="display:block;" data-ad-client="ca-pub-9064228701299411" 
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<p class="wp-block-paragraph"><br>Ici, on raconte une histoire en devenir dont on espère l&rsquo;issue favorable et on fait preque comme si c&rsquo;était fait. il faut dire qu&rsquo;il y a beaucoup d&rsquo;argent à la clé, en premier lieu un gros besoin d&rsquo;investisseurs avec des levées de fond qui s&rsquo;enchaînent pour un projet lancé et certes prometteur.<br>L&rsquo;entreprise a développe une plateforme à grand renfort d&rsquo;IA avec l&rsquo;intention de <em>booster</em> la découverte de futurs médicaments. La vidéo met en avant la plateforme IA qui vante surtout l&rsquo;IA elle-même, faisant que les fondements de l&rsquo;outil restera une nébuleuse pour les novices, source de toutes les interprétations possibles. <br>La vidéo finit par vanter une molécule expérimentale en cours d&rsquo;évaluation issue de sa plateforme, le rentosertib, visant à traiter la fibrose pulmonaire idiopathique (FPI). La substance est en cours d&rsquo;essai clinique très précoce. Ce n&rsquo;est donc pas un médicament pour l&rsquo;heure et nul ne sait si elle le deviendra un jour, au mieux dans plusieurs années.<br>Pour raconter la <em>success story</em> cependant, on met fortement en avant les résultats préliminaires (chez quelques dizaines de patients) et l&rsquo;on fait comprendre, avec enthousiasme et renfort émotionnel que le produit expérimental fonctionne chez les patients. Cet aspect est problématique d&rsquo;un point de vue éthique voire réglementaire, car la vidéo ne peut susciter que de l&rsquo;admiration pour ce produit présenté comme tout simplement efficace, validant la fameuse plateforme IA, mais aussi la croyance d&rsquo;un « médicament  » livré prêt-à-l&#8217;emploi par l&rsquo;IA. <br><br>Cette vidéo doit être prise pour ce qu&rsquo;elle est : du marketing. Vendre ainsi l&rsquo;entreprise et sa plateforme technologique, qui le mérite, est compréhensible et enthousiasmant. En revanche, vendre la molécule expérimentale comme efficace à ce stade de son développement précoce l&rsquo;est beaucoup moins.</p>



<h2 class="wp-block-heading">De l&rsquo;interpréation biaisée de la science sur les réseaux sociaux</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui nous intéresse aujourd&rsquo;hui, c&rsquo;est comment le grand public accueille ce genre de communication.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous avons la chance d&rsquo;avoir aujourd&rsquo;hui un exemple concret très parlant sur X (ex Twitter), particulièrement révélateur de ce que le manque de littératie scientifique associé à l&rsquo;espace de non-médiation que sont les réseaux sociaux peuvent produire. Ici, il faut dire que l&rsquo;on parle d&rsquo;un domaine scientifique complexe qu&rsquo;est le développement pharmaceutique. Les experts en la matière n&rsquo;interviennent pas sur les réseaux sociaux, les médiateurs scientifiques ont déserté la place, aussi l&rsquo;espace donne-t-il libre cours à l&rsquo;interprétation sans contradiction, surtout quand on tombe dans le piège du story-telling présenté comme un documentaire. Les biais de confirmation et de sélection s&rsquo;invitant, le narratif qui en ressort est fort intéressant.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le mythe de la génération spontanée de médicaments par une IA </h2>



<p class="wp-block-paragraph">Examinons donc le long <a href="https://x.com/lel_media/status/2020739420115107914">post</a> d&rsquo;interprétation de la vidéo de la biotech que nous avons identifié : pour résumer, on y annonce le « 1er médicament entièrement conçu par une IA ! », qui constitue une « bascule historique dans la médecine ». Le produit expérimental est appelé « médicament » et il soigne une maladie mortelle. Il n&rsquo;aurait fallu que 30 mois pour le voir administré à l&rsquo;homme, alors que « la procédure classique prend 10 à 15 ans », et en plus cela coûte très cher. On en conclut que « l&rsquo;IA peut créer des molécules validées cliniquement chez l&rsquo;humain »  vite et pour moins cher, et que le « médicament » pourrait être commercialisé « vers 2030 » soit dans trois à quatre ans.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On l&rsquo;a vu, il n&rsquo;y a pas de médicament tant qu&rsquo;il n&rsquo;est pas reconnu comme tel sur la base d&rsquo;un très gros dossier scientifique. Il faut dire que la vidéo est trompeuse, et on l&rsquo;a dit. Mais ce que l&rsquo;on voit ici aussi, c&rsquo;est une incompréhension des phases de R&amp;D des médicaments , leurs enjeux, leur temporalité. Et enfin, l y a cette fameuse plateforme IA qui a interprétée ici comme une IA quasi-autonome qui, toute seule, comme un grande, aurait conçu un médicament. Or cette plateforme utilise le processus habituel de sélection de molécules candidates à l&rsquo;expérimentation reste basé comme il l&rsquo;a toujours été sur nos connaissances socles dans différents domaines scientifiques.</p>



<h2 class="wp-block-heading">De la molécule au médicament : un siècle de continuité</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La découverte de médicaments, appelée dans le jargon « <em>Drug discovery</em> » repose depuis plus d’un siècle sur un schéma scientifique assez standardisé, hors bien sûr découvertes fortuites. Elle combine chimie médicinale, relations structure‑activité, pharmacologie entre autres,  et criblage systématique.<br>Dès la première moitié du XXᵉ siècle, les chercheurs synthétisaient des composés chimiques et les testaient in vitro et in vivo chez l&rsquo;animal. En cas d&rsquo;effets positifs alors seulement, un essai clinique (administration à l&rsquo;homme) était mené. Cette approche rigoureuse et séquentielle reste le fondement du développement pharmaceutique, même à l’ère de l’IA.<br>Les campagnes médiatiques récentes, notamment lors de la pandémie de Covid‑19, ont amplifié la croyance selon laquelle les médicaments sont souvent des découvertes fortuites à partir de produits naturels ou des repositionnement de molécules existantes, laissant dans l&rsquo;ombre les techniques standardisées de <em>Drug Discovery</em>. L’hydroxychloroquine et l’ivermectine sont ainsi devenues des symboles médiatiques porteurs de de cette idée : présentées comme des solutions rapides en raison de propriétés découvertes par hasard ou par repositionnement, ces molécules ont été promues sans validation scientifique robuste, générant confusion et débats polarisés. Le post que nous avons pointé reproduit en quelque sorte la même dynamique : la génération spontanée de médicaments avant même l&rsquo;essentiel du développement, les phases cliniques longues réalisées avec succès, jusqu&rsquo;au bout. C&rsquo;est un peu comme si l&rsquo;IA était une génération high-tech du Professeur Raoult. <br>Cette méconnaissance historique et technique alimente les fantasmes sur la création des nouveaux médicaments. En réalité, le criblage ou « <em>screening</em>« , la sélection de molécules susceptibles d&rsquo;être testées s&rsquo;automatise de plus en plus au fil du temps. L&rsquo;IA est certes un accélérateur comme dans tous domaines, mais ici pas un changement de paradigme. La plateforme créée par la biotech est constituée de modules de base sur les domaines scientifiques socles précités, l&rsquo;IA générative favorisant leur interaction rapide et approfondie. <br>La plateforme permet de proposer et d&rsquo;optimiser des molécules, mais ne crée pas un médicament. Celui-ci nécessite encore et toujours un développement clinique classique impliquant chimistes, biologistes, statisticiens, méthodologistes, cliniciens, éthiciens, pour de très longues études chez beaucoup de patients. Et c&rsquo;est cela qui est long et cher&#8230; c&rsquo;est là que sont essentiellement les « 10 à 15 ans » évoqué par le post X de l&rsquo; internaute qui interprète la vidéo maison d&rsquo;Insilico Medicine.<br>La réalité est donc que le véritable apport de l’IA réside dans l’accélération de certaines étapes de génération de molécules dont on pense qu&rsquo;elles pourraient avoir un potentiel thérapeutique. C&rsquo;est ce que fait l&rsquo;IA dans de nombreux domaines aujourd&rsquo;hui : accélérer les processus.<br></p>



<h2 class="wp-block-heading">Rentosertib : une molécule candidate au devenir incertain</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Cette molécule développée par la plateforme générative d’Insilico Medicine cible une fibrose pulmonaire prgressive. Elle appartient à la classe des inhibiteurs sélectifs de kinases, une classe pharmacologique bien connue avec des médicaments d&rsquo;ores et déjà commercialisés. La molécule a été validée sur des modèles cellulaires humains et animaux, montrant une inhibition de la transition FMT/EMT et une amélioration fonctionnelle des poumons chez des souris modèles de fibrose.<br>Les essais cliniques à ce stade incluent deux études de phase 1 visant à évaluer la sécurité et la tolérance, et une phase 2a évaluant l’efficacité préliminaire et la sécurité d&#8217;emploi. La phase 3, le gros morceau le plus long et le plus coûteux, décisif n’est pas lancé, ni même validé par les autorités sanitaires.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Parlons des délais et jalons du développement clinique. Atteindre la phase 2 comme ici pour le rentosertib peut susciter des espoirs incertains, rien de plus. Seuls 20 % des candidats au titre de médicament à ce stade franchiront le cap par la suite&#8230;. cela donne une idée de la raison pour laquelle il ne faut jamais parler de médicament en phase précoce, d&rsquo;autant que pour le rentosertib, le signal d&rsquo;efficacité est limité (un paramètre clinique parmi d&rsquo;autres, sur une durée d&rsquo;étude relativement courte puisqu&rsquo;on qu&rsquo;on l&rsquo;évalue dans une maladie chronique et progressive).</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h2 class="wp-block-heading">Les recettes de la mésinformation en santé ne changent pas</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les réseaux sociaux, espaces de liberté d&rsquo;expression mais aussi bulles cognitives d&rsquo;auto-validation et de polarisation, sont également désertés, en matière de sciences médico-pharmaceutiques, par les experts en la matière capables de faire la différence entre l&rsquo;information scientifique et le discours marketing. En l&rsquo;absence de vulgarisateurs et de médiateurs, le vide est rempli facilement par les discours sensationnalistes qui interprètent et amplifient des narratifs vendeurs, au grand détriment de l&rsquo;intégrité de l&rsquo;information scientifique. Dans notre étude de cas, nous avons vu comment une narration techno‑entousiaste méconnaissante d&rsquo;une matière scientifique complexe, transforme l’IA en agent quasi-autonome capable de sauver des vies, sans contextualiser le rôle fondamental des chercheurs humains, les fondements de la R&amp;D clinique, ni les risques et limites expérimentales. La progression de la molécule est construite comme une histoire héroïque et linéaire, où chaque étape est un succès spectaculaire. En science, fantasmes et mythes ont la vie facile, créant un terrain propice à la propagation de récits erronés ou trompeurs. Là aussi l&rsquo;IA pourrait en être un facilitateur, voire un catalyseur à divers titres.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Illustration d&rsquo;en-tête : Andrea pour Science infused</em></p>



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		<item>
		<title>&#8216;La découvreuse oubliée&#8217; d&#8217;Elizabeth Bouchaud, au théâtre de la Reine Blanche</title>
		<link>https://citizen4science.org/la-decouvreuse-oubliee-delizabeth-bouchaud-au-theatre-de-la-reine-blanche/</link>
					<comments>https://citizen4science.org/la-decouvreuse-oubliee-delizabeth-bouchaud-au-theatre-de-la-reine-blanche/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Alain Girodet]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 07 Feb 2026 14:15:50 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Arts]]></category>
		<category><![CDATA[Critique théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[Génétique]]></category>
		<category><![CDATA[Recherche]]></category>
		<category><![CDATA[Science]]></category>
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					<description><![CDATA[Ce spectacle est le quatrième épisode d’une série consacrée par Elizabeth Bouchaud (qui est également directrice du théâtre de la]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap has-medium-font-size wp-block-paragraph">Ce spectacle est le quatrième épisode d’une série consacrée par Elizabeth Bouchaud (qui est également directrice du théâtre de la Reine Blanche) à quatre figures de femmes de science injustement invisibilisées. Les récits sont donc fondés, à chaque fois, sur des faits authentiques. Par ailleurs, bien entendu, chaque épisode peut se voir indépendamment des autres.</p><div id="citiz-3150703608" class="citiz-contenu citiz-entity-placement"><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-9064228701299411" crossorigin="anonymous"></script><ins class="adsbygoogle" style="display:block;" data-ad-client="ca-pub-9064228701299411" 
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<p class="has-medium-font-size wp-block-paragraph">Marthe Gautier était, à la fin des années cinquante, une brillante chercheuse qui revenait tout juste d’un séjour de formation aux États-Unis.</p>



<p class="wp-block-paragraph">A l’hôpital Trousseau, à Paris, dans le douzième, elle entre dans le service du professeur Turpin et elle fait la connaissance d’un jeune collègue, Jérôme Lejeune. Turpin est l’un des rares scientifiques de son époque à être persuadé que l’homme possède 46 chromosomes, soit 23 paires de deux, et non pas 47 ou  48 comme le prétendent certains ; de plus, il pense que ce qu’on nomme alors le mongolisme serait, en réalité, une maladie d’origine génétique, une malformation chromosomique. Mais, pour prouver cette seconde intuition, il aurait fallu utiliser une toute nouvelle technique, celle de la croissance cellulaire, que personne en France ne connaissait. Marthe Gautier intervient : elle maîtrise parfaitement cette technique qu’elle a apprise lors de son séjour aux États-Unis. Turpin consent à ce qu’elle mène des travaux dans ce sens mais il ne lui alloue aucun crédit pour autant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors, pendant deux ans, au prix d’un labeur immense et solitaire, grâce à un investissement personnel et même financier (puisqu’elle n’a pas de crédit, il faut qu’elle compense), Marthe Gautier va mener ses recherches et aboutir à l’une des immenses découvertes de la Science au XXe siècle : celle de la trisomie 21. Non seulement, de fait, l’homme possède 46 chromosomes, mais, chez certains enfants, le chromosome 21 n’est pas une paire, il comporte un troisième élément, une aberration chromosomique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette découverte primordiale, le collègue de Marthe, Jérôme Lejeune va s’en emparer, et il va, au passage, passer sous silence le rôle de Turpin et celui, essentiel, de Marthe.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur la publication officielle de la découverte, Marthe n’apparaîtra qu’en deuxième position, affublée d’un autre prénom que le sien et avec une faute d’orthographe dans son nom…</p>



<p class="wp-block-paragraph">Telle est l’invraisemblable histoire de cette découverte, la trisomie 21, et du vol effarant qui s’en suivit jusqu’à ces toutes dernières années et la reconnaissance, enfin, 54 ans plus tard, de l’apport d’une femme, Marthe Gautier.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Des interprètes d’un très grand talent (dont l’immense Marie-Christine Barrault dans le rôle principal), une mise en scène inventive, bourrée de trouvailles toutes plus ingénieuses les unes que les autres,&nbsp;une scénographie et une bande son d’une précision parfaite, nous permettent d’explorer avec infiniment de plaisir ce récit tout à la fois de Science, d’Histoire, d’espionnage, de rouerie, de trahison, de lutte et de retournements de situation. Et l’on découvre, derrière l’aventure humaine et professionnelle de Marthe Gautier et des gens qui l’entouraient, tout un arrière-fond culturel, psychologique, sociétal, historique, politique et religieux.</p>



<p class="has-medium-font-size wp-block-paragraph">C’est en 2014 seulement que Marthe Gautier sera définitivement reconnue comme «&nbsp;la découvreuse oubliée&nbsp;» de la trisomie 21. Dans le discours de remerciement qu’elle adressa au comité d’Éthique de l’Inserm, elle expliqua que, dans les années soixante, la médecine était un univers masculin&nbsp;: elle aurait pu dire que l’univers tout entier était masculin. Et, pour conclure, elle souligna&nbsp;: «&nbsp;Les femmes font un usage différent du pouvoir. Du moins je l’espère.&nbsp;»</p>



<p class="has-small-font-size wp-block-paragraph">TEXTE=Élisabeth Bouchaud</p>



<p class="wp-block-paragraph">MISE EN SCÈNE=Julie Timmerman<br>JEU=Marie-Christine Barrault + Marie Toscan + Matila Malliarakis + Mathieu Desfemmes<br>ASSISTANTE MISE EN SCÈNE=Véronique Bret<br>SCÉNOGRAPHIE=Luca Antonucci<br>CRÉATION LUMIÈRES=Philippe Sazerat<br>COSTUMES=Muriel Mellet</p>



<p class="has-small-font-size wp-block-paragraph">Durée  1 h15</p>



<p class="has-small-font-size wp-block-paragraph"><em>jusqu&rsquo;au 29 mars 2026</em></p>



<p class="has-small-font-size wp-block-paragraph"><em>Théâtre de la Reine Blanche,2 bis Pass. Ruelle- 75018 Paris</em></p>



<p class="has-small-font-size wp-block-paragraph"></p>



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		<title>Vaccin à ARNm contre le mélanome : une avancée médicale prometteuse, vite instrumentalisée sur les réseaux sociaux</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Fabienne Blum]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 25 Jan 2026 11:32:46 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Analyse]]></category>
		<category><![CDATA[cancérologie]]></category>
		<category><![CDATA[Désinformation]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
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		<category><![CDATA[Santé]]></category>
		<category><![CDATA[Sciences de l'information et de la communication]]></category>
		<category><![CDATA[Vaccins]]></category>
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					<description><![CDATA[Selon le communiqué de presse de ses promoteurs, les résultats actualisés à cinq ans de l’étude clinique KEYNOTE-942 confirment un]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h3 class="wp-block-heading">Selon le communiqué de presse de ses promoteurs, les résultats actualisés à cinq ans de l’étude clinique KEYNOTE-942 confirment un bénéfice durable et prometteur en immunothérapie. Mais ils suscitent déjà une polarisation extrême sur les réseaux sociaux, où certains militants instrumentalisent ces données précoces pour se promouvoir</h3>



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<h2 class="wp-block-heading">Principes et mécanismes scientifiques de l&rsquo;mmunothérapie personnalisée à base d&rsquo;ARN messager</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La technologie ARNm permet à l&rsquo;organisme de produire des protéines thérapeutiques sans introduire de virus ou de cellules cancéreuses. Dans le cas du mélanome, ce vaccin thérapeutique dont le principe actif est l&rsquo;intismeran autogene, nom de code RNA-4157/V940) est conçu sur mesure pour chaque patient. On commence par séquencer l’ADN de la tumeur réséquée pour identifier une vingtaine de mutations spécifiques, appelées néoantigènes, qui ne sont présents que dans les cellules cancéreuses. Ces néoantigènes sont ensuite encodés dans des molécules d’ARNm synthétique, elles-mêmes encapsulées dans des nanoparticules lipidiques pour une délivrance efficace du médicament dans l&rsquo;organisme du patient.</p><div id="citiz-947432183" class="citiz-contenu citiz-entity-placement"><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-9064228701299411" crossorigin="anonymous"></script><ins class="adsbygoogle" style="display:block;" data-ad-client="ca-pub-9064228701299411" 
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<p class="wp-block-paragraph">Une fois injecté, l’ARNm est traduit par les cellules dendritiques du système immunitaire, qui présentent ces néoantigènes aux lymphocytes T. Cela déclenche une réponse immune ciblée : les lymphocytes T CD8+ deviennent cytotoxiques contre les cellules tumorales porteuses de ces marqueurs, tandis que des lymphocytes T mémoire se forment pour une protection à long terme. Associé au pembrolizumab (nom de marque : Keytruda), un médicament anticancéreux inhibiteur PD1 du point de contrôle qui empêche les tumeurs de freiner l’immunité, l’effet thérapeutique est amplifié. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Des études précliniques ont montré une activation robuste et spécifique, avec une mémoire immunitaire durable, évitant les toxicités systémiques des chimiothérapies classiques. L’intérêt scientifique est majeur : cette plateforme personnalisée pourrait s’adapter à d’autres cancers solides (poumon, côlon, pancréas), en passant d’une médecine standardisée à la précision génomique individualisée.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



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<h2 class="wp-block-heading">Résultats concrets de l’essai KEYNOTE-942 et perspectives futures</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’étude clinique KEYNOTE-942 de Moderna et Merck est un essai randomisé de phase 2b, c&rsquo;est-à-dire une phase précoce d&rsquo;administration du vaccin expérimental aux patients. iL inclut 157 patients atteints de mélanome de stade III/IV à haut risque après résection complète (chirurgie). Les participants reçoivent soit l&rsquo;association expérimentale  (vaccin + Keytruda, neuf doses sur un an) soit Keytruda seul à titre de médicament comparateur. Les données à cinq ans, annoncées le 20 janvier 2026 par les promoteurs (Moderna et Merck), montrent une réduction soutenue de 49 % du risque de récidive ou de décès (HR = 0,510 ; IC 95 % : 0,294–0,887 ; p nominal = 0,0075), cohérente avec les analyses à trois ans. Le bénéfice ne s’atténue pas, indiquant une immunité persistante. Le profil de sécurité est gérable : fatigue, douleurs locales et frissons dominent, avec des événements graves comparables entre groupes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce profil homogène ne disqualifie pas le travail produit, mais il en oriente fortement la perspective. Le rapport adopte une lecture du problème largement façonnée par les logiques propres aux réseaux sociaux : affrontements discursifs, personnalisation des controverses, construction de camps antagonistes, polarisation et escalade quel que soit le camp. D’autres approches, pourtant essentielles pour comprendre la défiance telles que sociologie des institutions, relation de soin, médiation de terrain, sciences de l’éducation et de la communication restent marginales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces résultats, révélés au grand public par le <a href="https://www.washingtonpost.com/health/2026/01/20/cancer-drug-mrna-melanoma/">Washington Post</a> , concernent un traitement adjuvant post-chirurgical, et non un traitement du mélanomes métastatique inopérable. Pour confirmer et déterminersi le vaccin expérimental est efficace est sûr, un essai de phase 3 (INTerpath-001), plus large tentera de confirmer les résultats de la phase précoce chez des milliers de patients, avec résultats attendus en 2026. Si ces résultats sont positifs, ils pourraient ouvrir la voie à une autorisation de mise sur le marché qui alors, marquant un tournant en oncologie personnalisée.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><br>L’instrumentalisation rapide de la science sur les réseaux sociaux</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Sur X (ex-Twitter), l’article de vulgarisation a été immédiatement diffusé par des militants autodéclarés « pro-science », déclenchant un clivage immédiat habituel. Le clan en question a relancé des fils éducatifs anciens pour célébrer ces résultats comme une validation définitive de la technologie, opposant explicitement leur camp victorieux aux dangereux clan « antivax ». Les données cliniques préliminaires fournies par les laboratoires pharmaceutiques ont été transformés argument idéologique opposable à  toute critique. À l’opposé, des voix sceptiques dénoncent une « campagne de presse sous influence des firmes », minimisent également les résultats comme étant non significatifs (en invoquant une p-value bilatérale supposée >0,05 ou un essai sous-puissant) ou les relient à des théories non étayées comme les « turbo-cancers ».</p>



<h2 class="wp-block-heading">Contradictions et instrumentalisation politique</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Cette binarité révèle des incohérences flagrantes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les militants autoproclamés « pro-science » exigeaient pendant la pandémie des publications scientifiques revues par les pairs et dénonçaient toute extrapolation hâtive. Aujourd&rsquo;hui, ils s’appuient sur un simple communiqué de presse des laboratoires promoteurs pour clamer une  » victoire » contre les « anti-vax ». <br>Pourtant, toute diffusion d&rsquo;un communiqué de presse était il y a peu qualifiée d&rsquo;anti-science, à coup du slogan-hashtag « Show me the data » signifiant l&rsquo;absence de toute valeur d&rsquo;une communication émanant directement des laboratoires sans publication scientifique. On voit ainsi que ce saint principe est à géométrie variable en fonction du contenu des annonces &#8230;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le camp d&rsquo;en face, lui, recycle des arguments non fondés pour discréditer l’ensemble de la technologie ARNm. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette instrumentalisation politique, ici la transformation de données précoces de phase 2b sans données publiées en arme idéologique, pose un problème éthique sérieux : elle érode la confiance publique en la science, particulièrement fragilisée depuis le Covid-19. </p>



<p class="wp-block-paragraph">À un moment où la prudence est essentielle (données non encore publiées en revue à comité de lecture, phase 3 en attente, accès limité par le coût de la personnalisation), surestimer ou dénigrer prématurément risque de polariser davantage et de freiner une adoption raisonnée. C&rsquo;est l&rsquo;une des leçons de la crise sanitaire.</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<h2 class="wp-block-heading">Prioriser la rigueur et l&rsquo;esprit critique face aux camps de tous bords instrumentalisant la science </h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le médicament expérimental intismeran autogene incarne un espoir concret et scientifiquement solide : une réduction durable du risque de récidive grâce à une immunothérapie ciblée et personnalisée. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces progrès méritent enthousiasme mesuré et vulgarisation honnête, sans instrumentalisation. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce sont finalement les promoteurs eux-mêmes qui appellent comme il se doit à la prudence, comme l&rsquo;indique leur <a href="https://www.merck.com/news/moderna-merck-announce-5-year-data-for-intismeran-autogene-in-combination-with-keytruda-pembrolizumab-demonstrated-sustained-improvement-in-the-primary-endpoint-of-recurrence-free-survival-i">communiqué de presse</a> :   les résultats sont « soutenus » selon leurs dires,  mais tout à fait préliminaires, non extrapolables.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La vigilance s&rsquo;impose: la science avance par accumulation de preuves solides, et le parcours est parfaitement borné et long pour le développement clinique des médicaments, sous Le signe du labeur, de la rigueur et de l&rsquo;expertise. Les invectives peu rigoureuses et non cohérentes de camps binaires politisés drapés de science non maîtrisée ne servent assurément ni son image ni sa compréhension par le grand public. Une leçon malheureusement non tirée de l&rsquo;expérience Covid-19. On ne s&rsquo;en étonnera pas, les mêmes surfeurs de vague foubis des mêmes armes restent à l&rsquo;œuvre sur les réseaux sociaux.</p>



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<p class="wp-block-paragraph"><br><em>Illustration d&rsquo;en-tête : Thirdman</em></p>



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		<item>
		<title>Valproate (Dépakine) : l&#8217;exposition paternelle augmente le risque de troubles neurodéveloppementaux chez l&#8217;enfant</title>
		<link>https://citizen4science.org/valproate-depakine-lexposition-paternelle-augmente-le-risque-de-troubles-neurodeveloppementaux-chez-lenfant/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Fabienne Blum]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 19 Nov 2025 13:34:46 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Analyse]]></category>
		<category><![CDATA[Études]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[Médicaments]]></category>
		<category><![CDATA[Recherche]]></category>
		<category><![CDATA[Santé publique]]></category>
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					<description><![CDATA[Une étude EPI-PHARE sur 2,8 millions de naissances confirme que le valproate pris par le père avant conception double le]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h3 class="wp-block-heading">Une étude EPI-PHARE sur 2,8 millions de naissances confirme que le valproate pris par le père avant conception double le risque de retard intellectuel et accroît celui d’autisme chez l’enfant. Mesures préventives renforcées en France, mais la recherche et l’indemnisation restent à élargir.<br></h3>



<h2 class="wp-block-heading">Un scandale qui s’élargit : du valproate aux pères<br></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le valproate de sodium, commercialisé sous Dépakine®, Dépamide® ou Micropakine®, est un antiépileptique et stabilisateur d’humeur prescrit depuis 1967 à environ 200 000 patients annuels en France, dont un tiers d’hommes en âge de procréer. Son efficacité contre l’épilepsie généralisée et les troubles bipolaires est établie, mais son profil tératogène est documenté depuis les années 1980. Chez les femmes enceintes, le risque de malformations majeures atteint 10 %, celui de troubles neurodéveloppementaux (TND) 30 à 40 %. Depuis 2014, le médicament est l&rsquo;objet de restrictions draconiennes, avec un fonds d’indemnisation dédié via l’ONIAM et 4 500 victimes reconnues, le tout assorti d&rsquo;un procès contre Sanofi.<br>L’exposition paternelle émerge comme nouveau front. Des études animales sur l’inhibition de l’histone désacétylase et l’altération de l’expression génique dans les spermatozoïdes, ainsi qu’une méta-analyse scandinave de 2023 montrant un hazard ratio de 1,4 à 2,7 pour les TND, avaient signalé le risque.<a href="https://www.epi-phare.fr/rapports-detudes-et-publications/valproate-peres-tnd/"> Le 6 novembre 2025, l’étude EPI-PHARE</a>, la plus vaste à ce jour, apporte des preuves observationnelles solides. Transmise au PRAC de l’EMA, elle pourrait harmoniser les pratiques européennes sur le modèle français de 2025, avec prescription initiale réservée aux spécialistes et attestation cosignée annuelle. Dès sa publication, l’ANSM a souligné que le risque, bien que moins fréquent que chez les mères, justifie pleinement les restrictions actuelles et qu’un arrêt brutal reste dangereux.</p><div id="citiz-937281614" class="citiz-contenu citiz-entity-placement"><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-9064228701299411" crossorigin="anonymous"></script><ins class="adsbygoogle" style="display:block;" data-ad-client="ca-pub-9064228701299411" 
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<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h2 class="wp-block-heading">Méthodologie : une cohorte nationale sur données SNDS<br></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’étude EPI-PHARE s’appuie sur les données de santé de presque tous les enfants nés en France entre 2010 et 2015, soit près de 2,8 millions de sujets suivis jusqu’à l’âge de 12 ans en moyenne. Parmi eux, les chercheurs ont identifié 4 773 enfants dont le père avait reçu du valproate dans les quatre mois précédant la conception. Pour comparer, ils ont constitué deux groupes témoins : l’un avec des pères traités par d’autres antiépileptiques jugés plus sûrs (lamotrigine ou lévétiracétam), l’autre avec la population générale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les troubles recherchés sont ceux officiellement diagnostiqués et remboursés : retard intellectuel, autisme, troubles du langage, difficultés d’apprentissage et TDAH. Après avoir pris en compte l’âge du père, le niveau social et d’autres facteurs susceptibles d’influencer le résultat, les conclusions sont claires.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Chez les enfants dont le père prenait du valproate, on observe environ 24 % de troubles neurodéveloppementaux en plus par rapport aux enfants de pères sous traitements alternatifs. Le chiffre le plus frappant concerne le retard intellectuel : le risque est doublé, ce qui représente environ trois à quatre enfants supplémentaires touchés pour 1 000 naissances. Pour l’autisme, le risque est accru d’environ 50 %, même si le nombre de cas reste trop faible pour atteindre la certitude statistique absolue. Les troubles du langage et le TDAH sont également plus fréquents, de l’ordre de 20 à 30 %.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les limites sont classiques pour ce type d’étude sur données administratives récupérées est que l&rsquo;on ne connaît pas la dose exacte ni la durée précise du traitement, et que certains troubles légers passent peut-être sous les radars. Néanmoins, la taille exceptionnelle de la cohorte et la comparaison avec d’autres antiépileptiques donnent à ces résultats un poids que les études précédentes n’avaient pas.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Réflexion autour des cas d&rsquo;autisme</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les troubles du spectre de l’autisme représentent 77 cas dans le groupe exposé. L’association n’atteint pas la significativité statistique (rapport de risque de 1,53 et intervalle de confiance à 95 % de 0,95 à 2,47), mais la direction est cohérente avec les modèles animaux et l’étude scandinave. Le mécanisme plausible repose sur l’inhibition de l’histone désacétylase par le valproate, entraînant une hyperacétylation et une dérégulation de gènes liés au neurodéveloppement comme MECP2 ou BDNF dans les spermatozoïdes, avec transmission épigénétique au fœtus. L’autisme apparaît donc, ici, comme un processus pathologique induit, et non comme une variation indépendante. Classé dans le DSM-5 comme trouble avec altération cliniquement significative de la communication sociale et des comportements restreints, il est codé dans la CIM-11 comme pathologie neurodéveloppementale. Cela étant dit, d&rsquo;une façon générale affirmer que l&rsquo;autisme peut-être une pathologie (ici iatrogène) serait en France en particulier politiquement incorrect : le paradigme neurodiversité, légitime pour combattre la stigmatisation, rejette ce terme au profit de « différence cognitive ». Or ce rapport EPI-PHARE tend vers la démonstration d&rsquo;une causalité environnementale médicamenteuse comparable par exemple à la phénylcétonurie ou à la tératogenèse thalidomide, rendant certains TSA évitables. L’étude EPI-PHARE brise en quelque sorte un tabou.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Mesures en France : modèle préventif, mais incomplet<br></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Des neurologues de référence estiment que les résultats de la vaste étude, robustes, confortent les restrictions actuelles et imposent un dialogue systématique avec un spécialiste avant toute conception. Depuis le 6 janvier 2025, la prescription initiale est réservée aux neurologues, psychiatres et pédiatres pour les hommes et adolescents susceptibles de procréer ; une attestation cosignée annuelle entre prescripteur et patient conditionne la dispensation depuis le 30 juin 2025 pour les renouvellements. La contraception efficace est obligatoire pendant le traitement et trois mois après l’arrêt ; le don de sperme est interdit ; la conservation de sperme avant traitement est encouragée. Une brochure patient et une carte sont incluses dans chaque boîte.<br>Les données préliminaires de la CNAM montrent une baisse de 15 % des délivrances aux hommes. L’ANSM insiste pourtant : l’arrêt brutal expose à un risque de crise épileptique ou maniaque. Les alternatives comme la lamotrigine ou le lévétiracétam sont validées, mais leur accès reste inégal en termes de coût et de disponibilité.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Perspectives : recherche, politique, indemnisation</h2>



<p class="wp-block-paragraph">À court terme, 2026 devrait voir une révision de l’EMA alignant l’Europe sur les restrictions françaises, potentiellement étendues à d’autres antiépileptiques comme la carbamazépine ou le topiramate, sur la base de signaux épigénétiques similaires. Des pays comme la Suède et le Royaume-Uni, qui ont déjà durci leurs recommandations après l’étude scandinave de 2023, enregistrent une chute de 20 % des prescriptions masculines. Des modélisations épigénétiques fines, couplant données SNDS et biobanques nationales, pourraient quantifier la transmission transgénérationnelle et identifier des biomarqueurs spermatiques prédictifs, comme des profils d’hyperacétylation mesurables via séquençage.<br>À moyen terme, l’élargissement de l’ONIAM aux enfants de pères exposés est en discussion au Parlement, soutenu par des associations comme APESAC qui reçoivent depuis 2018 des signalements de pères ; une baisse de 30 % des prescriptions d’ici 2030 éviterait environ 500 cas de TND par an selon les projections CNAM, avec un impact économique net positif estimé à 200 millions d’euros en coûts de prise en charge évités.<br>À long terme, l’intégration systématique du risque paternel dans les lignes directrices internationales (OMS, NICE) pourrait redéfinir les protocoles de conception assistée, incluant des tests spermatiques préconceptionnels pour tout patient sous substance neuroactive.<br><br>Enfin, l’étude renforce la pharmacovigilance globale : tout médicament neuroactif devra désormais être évalué sur la spermatogenèse, redessinant la balance bénéfice-risque pour des millions d’hommes et favorisant des thérapies géniques correctrices des marques épigénétiques. Des cohortes prospectives internationales, comme celles lancées par l’EMA en 2026, testeront ces hypothèses, potentiellement en intégrant l’intelligence artificielle pour modéliser les interactions gène-médicament-environnement.<br></p>



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		<title>Augmentation des cancers chez les jeunes : alerte environnementale ou alarmisme ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Fabienne Blum]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 14 Nov 2025 15:19:32 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[La déclaration de la directrice générale de l&#8217;Institut Pasteur dans le journal de 20 h de France 2 le 10]]></description>
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<h3 class="wp-block-heading">La déclaration de la directrice générale de l&rsquo;Institut Pasteur dans le journal de 20 h de France 2 le 10 octobre 2025 a fait sensation. Elle y évoque une hausse de 80 % des cancers chez les jeunes en trois décennies, attribués à l&rsquo;environnement.  Pour un regard critique, il peut être utile de connaître le contexte scientifique international plus nuancé </h3>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h2 class="wp-block-heading">Contexte de la déclaration : une campagne de sensibilisation sous tension<br></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Yasmine Belkaid, directrice générale de l&rsquo;Institut Pasteur depuis janvier 2024, a déclaré sur France 2 : « Ce n&rsquo;est pas nos gènes qui ont changé, c&rsquo;est l&rsquo;environnement ». Cette phrase choc, extraite d&rsquo;un segment promotionnel pour le Pasteurdon 2025 (campagne annuelle de financement de la recherche), vise à mobiliser le public face à des menaces sanitaires émergentes. Mme Belkaid est une immunologiste de renom spécialisée dans le microbiote et les interactions immunitaires. Elle s&rsquo;appuie sur ses travaux pour lier cette hausse des cancer à des facteurs comme la nutrition altérée et l&rsquo;obésité. Cette présentation péremptoire peut paraître alarmiste. Elle est en tout cas parfaitement adaptée à la communication du Pasteurdon, qui courait du 9 au 13 octobre 2025, mettant en avant trois défis majeurs, dont le « boom des cancers chez les jeunes ». Le science n&rsquo;étant pas très compatible avec les affirmations catégoriques, on peut légitimement se demander si on ne risque pas de simplifier un débat complexe ici. La science, par nature itérative et ouverte à l&rsquo;évolution des connaissances, ne se prête pas à des « campagnes » figées sur une explication unique à l&rsquo;instant T. La certitude là où persistent des incertitudes est au risque d&rsquo;éroder la confiance en la science, très mise à mal depuis la crise sanitaire du Covid-19.</p><div id="citiz-383681564" class="citiz-contenu citiz-entity-placement"><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-9064228701299411" crossorigin="anonymous"></script><ins class="adsbygoogle" style="display:block;" data-ad-client="ca-pub-9064228701299411" 
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<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h2 class="wp-block-heading">Une hausse réelle, mais contextualisée par la démographie et les mises à jour récentes<br></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le chiffre emblématique de 80 % tire sa source d&rsquo;une étude publiée en 2023 dans la revue scientifique<em> BMJ Oncology,</em> qui examine 29 types de cancers précoces (avant l&rsquo;âge de 50 ans) dans 204 pays de 1990 à 2019. Globalement, l&rsquo;incidence a grimpé de 79,1 %, avec 3,26 millions de cas nouveaux en 2019 contre 1,82 million en 1990, et une mortalité en hausse de 27,7 %. En France, des données de l&rsquo;<em>Institut national du cancer</em> (Inca) et de <em>Santé publique France</em> indiquent une augmentation annuelle moyenne de 1,62 % chez les 15-39 ans de 2000 à 2014, suivie d&rsquo;une stabilisation et d&rsquo;une légère baisse jusqu&rsquo;en 2020. Cependant, ce pourcentage brut masque une réalité plus nuancée : ajusté à la croissance démographique mondiale, le taux d&rsquo;incidence réel n&rsquo;augmente que d&rsquo;environ 30 %, comme le précise Claire Morgand de l&rsquo;Inca. Aux États-Unis, l&rsquo;<em>American Cancer Society</em> projette pour 2025 que 4,2 % des nouveaux cas touchent les 15-39 ans, avec une survie élevée grâce aux progrès thérapeutiques. Cette contextualisation internationale révèle que la hausse, bien que confirmée, n&rsquo;est pas une « épidémie » explosive chez les jeunes exclusivement, mais une tendance linéaire affectant toutes les tranches d&rsquo;âge. Au 14 novembre 2025, l&rsquo;étude EPI-AJA 2025 couvrant 2000-2020 sur 19 départements français représentant 24 % de la population) confirme une hausse modérée : +1,62 % par an jusqu&rsquo;en 2014, puis -0,79 % par an (2015-2020) pour l&rsquo;ensemble des cancers chez les 15-39 ans, avec 54 735 cas recensés. Ces données soulignent que les cancers chez les adolescentes et jeunes adultes restent rares (incidence 6 à 7 fois inférieure aux plus de 60 ans), avec des hausses spécifiques pour le sein (+2,1 %/an), le colorectal (+1,5 %/an) et la thyroïde, mais des baisses pour l&rsquo;ORL et les lymphomes de Hodgkin. L&rsquo;incidence ajustée globale est d&rsquo;environ +18 %, tempérant l&rsquo;idée d&rsquo;un « boom » et soulignant l&rsquo;impact des registres améliorés.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Facteurs environnementaux classiques et faux dilemme génétique-environnement<br></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La DG de l&rsquo;Institut Pasteur insiste sur l&rsquo;environnement comme coupable, arguant que les gènes humains n&rsquo;ont pas évolué en trois décennies. Cette affirmation est étayée par la génomique, le taux de mutation populationnel étant trop lent pour expliquer une hausse rapide. Les variations génétiques sont donc négligeables sur une génération. Elle pointe des facteurs comme l&rsquo;obésité, les aliments ultra-transformés et la sédentarité, qui génèrent une inflammation chronique favorisant les tumeurs, particulièrement les cancers colorectaux précoces. Des chercheurs au<em> Memorial Sloan Kettering Cancer Center</em> (MSK) corroborent cela, notant une hausse de 82 % des cancers chez les jeunes femmes depuis 2002, en lien avec ces facteurs. Le microbiote intestinal, au cœur des travaux de Mme Belkaid, est aussi impliqué : des perturbations précoces altèrent sa diversité, augmentant les risques via des voies épigénétiques. Pourtant, ces causes n&rsquo;ont rien de novateur. L&rsquo;obésité est un facteur de risque connu depuis les années 1970, les aliments transformés depuis les alertes de l&rsquo;OMS dans les années 1990, et la sédentarité depuis des décennies d&rsquo;études épidémiologiques. L&rsquo;<em>Organisation mondiale de la santé</em> (OMS) estime que 40 % des cancers sont évitables par la prévention, un consensus établi bien avant 2025. De plus, classer la sédentarité ou l&rsquo;obésité comme purement « environnementaux » est réducteur : ces éléments relèvent davantage du mode de vie individuel et sociétal, influencés par des choix personnels, des normes culturelles ou des politiques publiques, plutôt que par des expositions passives comme la pollution atmosphérique ou les contaminants chimiques. En les présentant comme des explications centrales sans souligner leur ancienneté ni leur nature hybride (environnemental et comportemental), le narratif alarmiste est renforcé. Du point de vue rhétorique et critique, cette opposition binaire gènes versus environnement constitue un faux dilemme : en réalité, les deux interagissent étroitement. Des mécanismes épigénétiques, modifiant l&rsquo;expression génique sans altérer la séquence ADN, montrent que l&rsquo;environnement peut « activer » des prédispositions génétiques, comme observé dans des études sur les interactions microbiote-génome. Présenter cela comme un choix exclusif simplifie la multifactorialité du cancer, ignorant que des variants génétiques (ex. : BRCA pour le sein) amplifient les risques environnementaux. </p>



<h2 class="wp-block-heading">International : un consensus sur la multifactorialité, pas sur l&rsquo;urgence absolue</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans un cadre mondial, la hausse des cancers précoces est reconnue, mais le consensus scientifique évite les affirmations péremptoires. Le World Cancer Research Fund et le National Cancer Institute américain convergent sur des causes multifactorielles : environnement, mode de vie, diagnostics avancés et expositions prénatales (perturbateurs endocriniens). Des études comme celle du BMJ projettent une augmentation de 30 % d&rsquo;ici 2030, mais ajustée, elle reste modérée dans les pays développés. En France, les cancers chez les jeunes demeurent rares, soit 8 000 cas sur 433 000 en 2023, avec un âge médian autour de 68-70 ans. Des experts comme Steven Le Gouill de l&rsquo;<em>Institut Curie</em> attribuent une part de la hausse à un meilleur enregistrement via les registres nationaux, renforcés en juin 2025. Internationalement, la mortalité baisse dans les pays riches grâce aux traitements, contrastant avec une hausse dans les pays en développement. Ce paysage nuancé contredit quelque peu l&rsquo;approche catégorique de Mme Belkaid, qui, en excluant les gènes sans nuance, ignore des possibilités émergentes comme des interactions épigénétiques influencées par des événements « récents ». L&rsquo;épigénétique, pour le coup, est une science en plein boom. Des découvertes futures sur l&rsquo;épigénome pourraient modifier vision et compréhension de phénomènes liés au cancer. </p>



<h2 class="wp-block-heading">L&rsquo;alarmisme au prix d&rsquo;une science instrumentalisée qui touche sa crédibilité et la confiance du public<br></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;instrumentalisation perçue de cette déclaration pour le Pasteurdon met en lumière un dilemme éthique : la science doit-elle adopter un ton péremptoire pour le financement légitime d ses avancées ? La direction de l&rsquo;Institut Pasteur, en promouvant une explication essentiellement environnementale comme vérité établie, peut faire penser à une stratégie marketing. Cela suscite des dons, mais au prix d&rsquo;une simplification : la science ne fonctionne pas par « campagnes » fixes, car les connaissances évoluent, comme vu avec les revirements sur les liens tabac-cancer. Plus on est péremptoire et alarmiste, plus on risque de mettre en cause la précieuse confiance en la science. Des sondages comme ceux d&rsquo;IPSOS ou du<em> Pew Research Center</em> montrent que des déclarations exagérées, surtout quand liées à des appels financiers, alimentent le scepticisme, particulièrement dans un contexte post-pandémie où la désinformation prospère sur les réseaux sociaux. Une emphase alarmiste, couplée à des causes non novatrices et à un faux dilemme gènes-environnement, invite à la vigilance.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Perspectives : pour une communication équilibrée en matière de science<br></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le succès du Pasteurdon (+40 % de dons estimés) confirme l’efficacité de l’alarme de la DG de l&rsquo;Institut Pasteur à ce titre. Côté communication en matière de science, il paraît important d&rsquo;évoquer des facteurs de risques dont on reconnaît l&rsquo;ancienneté la nature hybride. En France, le registre national renforcera les données pour des politiques ciblées, tandis que globalement, la collaboration interdisciplinaire (microbiote, génomique, environnement) affinera les modèles, en évitant les faux dilemmes. De manière ultime, cette affaire rappelle que la science prospère sur le doute constructif, non sur des certitudes instrumentalisées, pour un consensus international qui évolue avec les preuves.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Illustration d&rsquo;en-tête : affiche Pasteurdon 2025</em><br></p>



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