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	<title>Santé publique Archives - Science infused site d&#039;actualités</title>
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	<description>Éditeur C4S, association loi 1901</description>
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	<title>Santé publique Archives - Science infused site d&#039;actualités</title>
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		<title>&#8216;Les vaches laitières ont aussi de beaux yeux&#8217; au théâtre le Funambule Montmartre</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Alain Girodet]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 26 Mar 2026 18:53:46 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Arts]]></category>
		<category><![CDATA[Critique théâtre]]></category>
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					<description><![CDATA[Le spectacle a pour thème un problème majeur de santé publique encore trop souvent méconnu ou négligé : celui des TCA]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap has-medium-font-size">Le spectacle a pour thème un problème majeur de santé publique encore trop souvent méconnu ou négligé : celui des TCA (Troubles des Conduites Alimentaires). Ce problème se rencontre essentiellement chez les femmes et, la plupart du temps, chez les jeunes femmes. Parmi ces dernières, 28 % seraient concernées, et les TCA sont répertoriés comme étant la deuxième cause de mortalité prématurée chez les 15-24 ans.</p><div id="citiz-2087368551" class="citiz-contenu citiz-entity-placement"><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-9064228701299411" crossorigin="anonymous"></script><ins class="adsbygoogle" style="display:block;" data-ad-client="ca-pub-9064228701299411" 
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</div>



<p>Or, non seulement on en parle peu, ou pas, mais le problème est entretenu, et quasi encouragé, par les réseaux sociaux et un certain nombre de ces défis absurdes qu’aiment à se lancer les jeunes entre eux,pour s’affirmer, se différencier, s’exprimer.</p>



<p>Les TCA concernent majoritairement les femmes car ce sont elles, dans leur grande majorité, encore maintenant en 2026, qui sont victimes de la dictature des apparences, de l’obligation de se conformer à des stéréotypes de beauté et de minceur, de s’aligner sur l’image des magazines et des peoples. «&nbsp;Les vaches laitières&nbsp;» s’intitule le spectacle d’Aurélie Bargème car telle est l’expression dont elle s’est vue, elle, Aurélie Bargème, publiquement affublée à une période de sa vie. Et il en est bien d’autres encore, tout aussi méprisantes, insultantes, monstrueuses, tant une femme n’a pas le droit, ne peut pas, être différente, trop grosse ou trop maigre, trop différente de ce qu’on attend d’une femme. De cette situation nous sommes tous co-responsables, tous, les hommes bien entendu, mais également certaines femmes.</p>



<p>Aurélie Bargème s’en est allée puiser dans son propre vécu pour écrire ce spectacle étonnant, original et déstabilisant. Qu’on ne s’y trompe pas, s’il est question d’un thème grave et douloureux, le spectacle, lui, demeure joyeux, drôle et tonifiant&nbsp;: on est ému mais on ne pleure pas, on est touché mais on n’en meurt pas, on est concerné et c’est tant mieux.</p>



<p>Pour œuvrer, Aurélie Bargème, qui tient le rôle principal de Victoire (un avatar d’elle-même) s’est entourée de Maxime Perrin, excellent musicien capable de créer une ambiance tout à la fois rythmée et élégante à l’accordéon, au clavier et aux percussions, et de Marie Petiot, éblouissante comédienne, véritable lutin endiablé capable de donner vie à toute une pléiade de personnages, à la fois drôlatiques et, à chaque fois, justes, qui vont de l’adolescente dégingandée à la vieillarde rigide en passant par la psy incongrue.</p>



<p>La mise en scène de Didier Brice est brillante, avec ce rideau transparent qui permet de voyager dans le passé, quand les comédiens sont derrière, au présent quand ils sont devant, et cet immense réfrigérateur, symbole, ô combien, de la nourriture emmagasinée et du ventre nourricier, que son absence de fond transforme, lorsque les comédiens s’y introduisent, en lieu de transition, tunnel vers l’ailleurs, ouverture sur soi-même…</p>



<p>Le tout est drôle, enlevé, énergique, mené avec brio et bonne humeur, pour nous compter, sur le ton de la blague, de la comédie, de la confidence complice, l’Odyssée tragique du rapport faussé qu’une jeune femme a pu mener avec la nourriture qu’elle ingérait, de l’engrenage atroce entre boulimie et vomissement, du voyage absurde du Charybde de la prise de poids en Scylla de la tentative risible de régime.</p>



<p>Au passage, le spectacle aborde le problème des causes ( la religion, la famille, les autres, l’éducation, la normalité, la société) celui des conséquences tant physiques que psychiques, et ce n’est jamais ni lourd ni désespérant, car l’autrice a su trouver le très juste équilibre entre le récit de son expérience individuelle et ce qui peut concerner les données collectives du mal. Un spectacle à conseiller vivement à tout le monde, jeunes et moins jeunes, car il met en lumière pas mal des impasses dans lesquelles se trouve notre société contemporaine. Les vaches laitières ont aussi de beaux yeux est une œuvre de salubrité publique.</p>



<p><em>de et avec Aurélie Bargème</em></p>



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</div>



<p class="has-small-font-size"><em>Photos : Jean Reynès</em></p>



<p><strong>autrice</strong>&nbsp;Aurélie Bargème</p>



<p><strong>mise en scène</strong>&nbsp;Didier Brice&nbsp;</p>



<p><strong>avec</strong>&nbsp;Aurélie Bargème, Marie Petiot, Maxime Perrin</p>



<p><strong>création lumières&nbsp;</strong>Moïse Hill</p>



<p><strong>musique originale</strong>&nbsp;Maxime Perrin</p>



<p><strong>chorégraphie</strong>&nbsp;Nathalie Lefèvre</p>



<p><strong>décor</strong>&nbsp;Florian Guerbe</p>



<p><strong>production</strong>&nbsp;La compagnie 172&nbsp;</p>



<p><strong>durée</strong> 1h15</p>



<p>Du 10 mars au 29 avril 2026</p>



<p class="has-small-font-size"><em>Théâtre Le Funambule Montmartre, 53 rue des Saules- 75018 Paris</em></p>



<p class="has-small-font-size"></p>



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<p><a href="https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC4665175/"></a></p>



<p></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Médecine esthétique : face aux injections illégales, un label privé pour combler le vide réglementaire ; l&#8217;Ordre bloque et maintient son monopole</title>
		<link>https://citizen4science.org/medecine-esthetique-face-au-label-prive-pour-combler-le-vide-reglementaire-lordre-maintient-son-monopole/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Fabienne Blum]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 14 Mar 2026 19:26:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Affaires Réglementaires]]></category>
		<category><![CDATA[Bonnes pratiques]]></category>
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		<category><![CDATA[Santé publique]]></category>
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					<description><![CDATA[Le 11 mars 2026, le Cercle des Bonnes Pratiques en Médecine Esthétique a lancé un label volontaire fondé sur vingt-et-un]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h3 class="wp-block-heading"><br>Le 11 mars 2026, le <a href="https://cercle-medecine-esthetique.com/blog/le-cbpme-cree-le-label-sectoriel-de-reference-pour-securiser-les-pratiques-et-proteger-les-patients" type="link" id="https://cercle-medecine-esthetique.com/blog/le-cbpme-cree-le-label-sectoriel-de-reference-pour-securiser-les-pratiques-et-proteger-les-patients">Cercle des Bonnes Pratiques en Médecine Esthétique a lancé un label </a>volontaire fondé sur vingt-et-un critères vérifiables. Soutenu par les industriels et motivé par la protection immédiate des patients, ce dispositif associatif se heurte au refus catégorique du Conseil national de l’Ordre des médecins, révélant une tension classique entre régulation ascendante et contrôle institutionnel exclusif.</h3>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<h2 class="wp-block-heading">Un label volontaire pour combler un vide réglementaire structurel</h2>



<p>Face à l’absence de cadre législatif uniforme sur les qualifications requises pour les injections esthétiques et à la multiplication des « fake injectors », le Cercle, association loi 1901 regroupant plus de deux cents médecins sur environ dix mille estimés en France, a officialisé le 11 mars 2026 à Paris le « Label des Bonnes Pratiques en Médecine Esthétique ». Ce référentiel repose sur vingt-et-un critères organisés en cinq piliers principaux. Le premier pilier, qualification et cadre d’exercice, exige un diplôme médical délivré dans l’Union européenne, une inscription au tableau de l’Ordre, une expérience professionnelle pertinente, une assurance responsabilité civile professionnelle adaptée aux actes esthétiques et un exercice dans un environnement respectant les normes sanitaires et d’hygiène (locaux, équipements, protocoles d’asepsie). Le deuxième pilier, information et protection du patient, impose une consultation préalable obligatoire, un consentement éclairé documenté, la remise d’une information loyale et complète (risques, bénéfices, alternatives, tarifs, délais de réflexion), une vigilance accrue envers les mineurs et les personnes vulnérables ainsi qu’une gestion des attentes irréalistes. Le troisième pilier, sécurité et traçabilité des actes, requiert l’utilisation exclusive de produits certifiés CE avec traçabilité des lots et numéros de série, des protocoles de gestion des complications incluant matériel d’urgence et plan d’action pour effets indésirables graves, une asepsie stricte, l’enregistrement détaillé des actes et produits dans le dossier patient et le respect des contre-indications et posologies recommandées. Le quatrième pilier, déontologie et communication, interdit les promesses de résultats irréalistes, la publicité comparative ou incitative, impose une communication honnête sur les réseaux sociaux et sites internet, exige la transparence sur les tarifs et les conflits d’intérêts et proscrit les pratiques mercantiles (ventes forcées, forfaits illimités). Le cinquième pilier, qualité et amélioration continue, oblige au développement professionnel continu (DPC lorsque applicable), au suivi post-acte des patients, à l’analyse des retours d’expérience et des complications déclarées, à la participation à des audits internes ou par les pairs et à la mise à jour régulière des protocoles selon les recommandations scientifiques et les alertes de l’ANSM.</p><div id="citiz-3960881654" class="citiz-contenu citiz-entity-placement"><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-9064228701299411" crossorigin="anonymous"></script><ins class="adsbygoogle" style="display:block;" data-ad-client="ca-pub-9064228701299411" 
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<p>Le label, valable trois ans renouvelables, prévoit la transmission préalable des dossiers au CNOM avant attribution et se présente comme non substitutif aux autorités ordinales ou aux pouvoirs publics. Il offre un repère clair, vérifiable et immédiatement identifiable pour les patients dans un secteur en forte croissance mais dépourvu de régulation contraignante uniforme.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Convergence des intérêts privés : médecins qualifiés et industriels face aux dérives</h2>



<p>Les représentants de l’industrie ont activement soutenu l’initiative lors de la conférence de presse, insistant sur la nécessité d&rsquo;un l’encadrement rigoureux des pratiques et de la formation continue pour sécuriser les produits, ainsi que la collaboration entre industrie et médecins pour un cadre plus sûr. La lutte contre les pratiques illégales et le maintien d’un exercice médical strict ont été mis en avant. Ces positions traduisent une convergence économique et sanitaire : le label renforce la légitimité des injections (marché principal des produits certifiés) par des médecins qualifiés, réduit les risques de complications liées aux contrefaçons ou injections hors cadre. Ces actes illégaux ont un impact fort en matière de pharmacovigilance et sur  la réputation des marques. Il s&rsquo;agit de consolider la traçabilité exigée par les normes européennes. La campagne de sensibilisation à un million d’euros annoncée pour septembre 2026, visant à alerter contre les fake injectors via médias et plateformes numériques, pourrait impliquer ces acteurs (Anti-Age Magazine, ibid.).</p>



<h2 class="wp-block-heading">Intérêt public primordial : une protection immédiate des patients</h2>



<p>Deux millions de patients ont consulté pour des soins esthétiques en France, dont 1,2 million pour des injections selon les chiffres 2024 relayés par l’Ordre. 40 % des actes seraient pratiqués hors cadre légal. La banalisation des actes via les réseaux sociaux expose à des complications irréversibles, à l’absence de recours en exercice illégal et à une information souvent incomplète. Les vingt-et-un critères, centrés sur le consentement éclairé, la traçabilité et la gestion des complications, offrent une norme vérifiable par tiers et révocable en cas de manquement. Cette démarche issue du terrain répond directement à un vide réglementaire persistant, plaçant la santé publique et l’information loyale au cœur d’une initiative collective en attendant une évolution législative.</p>



<p>Les chiffres les plus concrets portent sur les signalements à l&rsquo;ANSM : 40 en 2022, 104 en 2023 pour l&rsquo;injection illégale d&rsquo;achide hyaluronique et les cas graves de botulisme (8 en 2024 + 3 en 2025). Au-delà, on évoque essentiellement de risques vitaux (nécrose, cécité, botulisme, infections sévères) et une explosion qualitative du phénomène, sans base statistique exhaustive nationale. Le sujet reste un problème de santé publique sous-estimé car les cas modérés se règlent souvent en privé ou ne sont pas déclarés.</p>



<p>Le 18 mars le Syndicat national de chirurgie plastique reconstructrice et esthétique (SNCPRE) a une nouvelle fois alerté sur un phénomène « hors de contrôle » avec de plus en plus de complications graves, spécifiant que la France n&rsquo;est pas un cas particulier.  La société savante déplore la « banalisation » des injections illégales au détriment des patients. Le chiffre évoqué aujourd&rsquo;hui est de près de 30 signalements en ce début d&rsquo;année 2026, montrant une dynamique en pleine croissance. </p>



<h2 class="wp-block-heading">L’opposition ordinale : défense du monopole sur la reconnaissance institutionnelle</h2>



<p>Le CNOM (Conseil national de l&rsquo;Ordre des médecins) a décliné toute participation et s’est désolidarisé, déclarant, selon les propos rapportés par<a href="https://www.lequotidiendumedecin.fr/sante-societe/politique-de-sante/medecine-esthetique-des-praticiens-creent-un-label-de-bonnes-pratiques-lordre-desavoue-linitiative"> le Quotidien de médecin</a> hier, que « la reconnaissance d’une formation relève exclusivement des acteurs institutionnels » et que sa caution pourrait être interprétée comme un aval au label privé. Le Conseil national professionnel (CNP) de dermatologie a suivi cette ligne. L’Ordre soutient uniquement le DIU (diplôme inter-universitaire) de médecine esthétique, destiné à intégrer un futur droit d’exercice complémentaire sous son contrôle exclusif, conformément aux articles L. 4121-1 du Code de la santé publique et au Code de déontologie médicale.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Entre bonnes pratiques volontaires et régulation obligatoire</h2>



<p>Ce cas met en évidence un conflit structurel. Les vingt-et-un critères s’alignent sur les principes déontologiques fondamentaux (information loyale, consentement, compétence, sécurité) et sur les exigences de traçabilité des dispositifs médicaux (règlement UE 2017/745). La transmission préalable des dossiers au CNOM et l’absence de prétention à se substituer aux autorités renforcent sa valeur comme référence d’état de l’art. Pourtant, le refus ordinal souligne le risque de confusion pour le public et de dilution de responsabilité en contentieux (qualification effective vs adhésion associative, appréciation de la conformité). Cette posture privilégie le contrôle vertical au détriment d’une protection issue du terrain mmédiate, alors que les intérêts privés de structuration du marché et les interêts publics que sont la réduction des risques sanitaires, convergent fortement. Le label révèle les limites d’une régulation purement institutionnelle dans un secteur à haut potentiel contentieux et ouvre la perspective d’une hybridation future entre dispositifs privés vérifiables et cadre ordinal, au bénéfice de la sécurité collective et de l’intérêt général. Aujourd&rsquo;hui, c&rsquo;est bien le gouvernement et plus particulièrement le ministère de la santé qui est au pied du mur.</p>



<p><em>Mise à jour du 18 mars 2026 : conférence de presse du jour du SNCPRE</em></p>



<p><em>Illustration d&rsquo;en-tête : Laura Villela</em></p>



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		<title>Effet Werther : quand la médiatisation d&#8217;un suicide en provoque d&#8217;autres</title>
		<link>https://citizen4science.org/effet-werther-quand-la-mediation-dun-suicide-en-provoque-dautres/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Nathalie A.]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 12 Mar 2026 10:20:23 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Psychiatrie]]></category>
		<category><![CDATA[Psychologie]]></category>
		<category><![CDATA[Recherche]]></category>
		<category><![CDATA[Réseaux sociaux]]></category>
		<category><![CDATA[Santé mentale]]></category>
		<category><![CDATA[Santé publique]]></category>
		<category><![CDATA[Sciences de l'information et de la communication]]></category>
		<category><![CDATA[Sociologie]]></category>
		<category><![CDATA[Suicide]]></category>
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					<description><![CDATA[En 2014, le suicide de Robin Williams a provoqué un excès de 1 841 suicides aux États-Unis dans les mois]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h3 class="wp-block-heading"><br>En 2014, le suicide de Robin Williams a provoqué un excès de 1 841 suicides aux États-Unis dans les mois suivants. Ce phénomène scientifiquement établi, nommé effet Werther, montre qu&rsquo;une couverture médiatique sensationnalisée ou détaillée peut favoriser l&rsquo;imitation chez les personnes vulnérables. À l&rsquo;inverse, une parole responsable et axée sur l&rsquo;espoir peut protéger et prévenir.</h3>



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<h2 class="wp-block-heading">Les racines historiques et scientifiques du phénomène</h2>



<p>L&rsquo;effet Werther tire son nom du roman<em> Les Souffrances du jeune Werther</em> de Goethe (1774). Le protagoniste, accablé par un amour non réciproque, se suicide d&rsquo;un coup de pistolet. Peu après, des cas d&rsquo;imitation ont été signalés en Europe, avec des jeunes adoptant vêtements, pose et méthode similaires. Certaines autorités ont même interdit l&rsquo;ouvrage pour endiguer la vague. Bien que ces récits historiques soient anecdotiques, ils illustrent un risque ancien : la diffusion d&rsquo;histoires romantiques ou détaillées de suicide peut inciter à l&rsquo;imitation.Le sociologue David Phillips a formalisé le phénomène en 1974  : <a href="https://culturecog.blog/wp-content/uploads/2018/08/Phillips_1974_The-INfluence-of-Suggestion-on-Suicide.pdf">« The Influence of Suggestion on Suicide: Substantive and Theoretical Implications of the Werther Effect »</a> (American Sociological Review)  analyse des données américaines et britanniques : les suicides augmentent significativement après des articles sensationnalistes, avec un pic plus prononcé si le suicide concerne une célébrité ou occupe une place importante dans les médias. <a href="https://www.bmj.com/content/368/bmj.m575">Une méta-analyse de 2021</a>, parue dans le British Medical Journal et couvrant 419 études, confirme que l&rsquo;effet est particulièrement marqué après les suicides de personnalités publiques, bien que variable selon les contextes.</p><div id="citiz-806342467" class="citiz-contenu citiz-entity-placement"><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-9064228701299411" crossorigin="anonymous"></script><ins class="adsbygoogle" style="display:block;" data-ad-client="ca-pub-9064228701299411" 
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<h2 class="wp-block-heading">Le cas emblématique de Robin Williams et ses implications</h2>



<p>Le suicide par asphyxie de Robin Williams en août 2014 reste l&rsquo;un des exemples les plus documentés. Une étude publiée <a href="https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC5802858/">dans PLOS ONE en 2018 </a>a révélé un surplus de 1 841 suicides aux États-Unis entre août et décembre 2014, soit une hausse d&rsquo;environ 10 % par rapport aux prévisions basées sur les tendances saisonnières antérieures. L&rsquo;augmentation a touché surtout les hommes de 30 à 44 ans, et les suicides par asphyxie ont grimpé de 32 %, suggérant un lien direct avec la méthode largement relayée. Les auteurs attribuent ce pic à l&rsquo;effet Werther, amplifié par la couverture médiatique massive.</p>



<p>Dans divers pays dont la France, <a href="https://papageno-suicide.com/ressource/exemples-celebres-deffet-werther/">des schémas similaires ont été observés</a>. Au niveau national, une étude épidémiologique sur la période 1979-2006 a mis en évidence des hausses significatives après des suicides de célébrités : +17,6 % globalement après Pierre Bérégovoy en 1993 (avec +26,5 % pour les suicides par arme à feu chez les hommes de moins de 45 ans), +11,7 % après Kurt Cobain en 1994, et +23,5 % dans la tranche 45-59 ans après Dalida. Ces augmentations corrèlent avec l&rsquo;intensité de la médiatisation, renforçant l&rsquo;idée d&rsquo;un effet dose-dépendant.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La contagion accélérée par les réseaux sociaux</h2>



<p>Avec l&rsquo;essor des réseaux sociaux, la contagion délétère se propage plus rapidement. Une <a href="https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S2950285324000322">revue systématique publiée en 2024</a> dans <em>Spanish Journal of Psychiatry and Mental Health</em> analyse 31 études et conclut que les contenus suicidaires sur les plateformes peuvent être à la fois contagieux et protecteurs. Les posts sensationnalisés ou glorifiants augmentent le risque, surtout chez les adolescents, tandis que ceux promouvant l&rsquo;espoir et l&rsquo;aide réduisent les idées suicidaires. L&rsquo;effet Werther est confirmé sur les réseaux, où la viralité amplifie l&rsquo;exposition. <br>En France, des relais rapides de décès de personnalités sur X (ex Twitter) ou ailleurs peuvent normaliser ou détailler sans précaution, particulièrement quand des comptes influents priorisent la visibilité. Des critiques portent sur l&rsquo;omission systématique de ressources comme le numéro vert 3114 dans les articles ou posts, même si les lignes directrices de l&rsquo;OMS insistent sur l&rsquo;inclusion de messages préventifs.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L&rsquo;effet Papageno : les médias peuvent devenir protecteurs</h2>



<p>L&rsquo;antidote à l&rsquo;effet Werther s&rsquo;appelle effet Papageno, du personnage de La Flûte enchantée de Mozart qui renonce au suicide grâce à l&rsquo;intervention d&rsquo;amis. Des recherches montrent que des récits axés sur la résilience, la guérison et les alternatives réduisent les taux suicidaires. Une <a href="https://www.cambridge.org/core/journals/the-british-journal-of-psychiatry/article/role-of-media-reports-in-completed-and-prevented-suicide-werther-v-papageno-effects/DFF62CAE7A44147EE9CAB4DFB50B49F0">étude de 2010 </a>dans <em>The British Journal of Psychiatry</em> associe des reportages sur la maîtrise des crises à une baisse des suicides.</p>



<p>En France, le programme Papageno, déployé depuis 2015 par la Direction générale de la santé et porté par Nathalie Pauwels, traduit ces principes en actions concrètes. Il s&rsquo;appuie sur les recommandations actualisées de l&rsquo;OMS : ne pas attribuer le suicide à une cause unique (réductrice), éviter le sensationnalisme ou la normalisation, omettre les détails sur la méthode et le lieu (qui peuvent concrétiser des scénarios), privilégier les interviews d&rsquo;experts plutôt que de l&rsquo;entourage, et valoriser les progrès, comme la baisse de 20 % des suicides en France en vingt ans. Des formations à l&rsquo;utilisation des médias sont organisées partout en France pour sensibiliser journalistes et professionnels de santé </p>



<p>.Une mise à jour récente des <a href="https://papageno-suicide.com/app/uploads/2025/11/Recotem_def.pdf">recommandations Papageno (2025)</a> insiste sur l&rsquo;adaptation aux créateurs de contenus numériques, podcasts et vidéos inclus. Des campagnes comme « Parler du suicide peut sauver des vies » visent à déstigmatiser et encourager le dialogue ouvert.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L&rsquo;effet Papageno : quand les médias deviennent protecteurs</h2>



<p>L&rsquo;effet Werther n&rsquo;est pas inéluctable. Un antidote existe : l&rsquo;effet Papageno. Les études récentes confirment que les médias et réseaux sociaux, quand ils adoptent des pratiques protectrices, peuvent inverser la tendance et promouvoir l&rsquo;accès aux soins. Toute prise de parole sur le suicide doit être évaluée à l&rsquo;aune de son impact potentiel sur une personne en crise. <br>En France, la ligne nationale 3114 reste un recours essentiel pour l&rsquo;écoute et la prévention. Parler du suicide est nécessaire, mais avec rigueur, empathie et espoir, pour contribuer à sauver des vies plutôt qu&rsquo;à en risquer.</p>



<p></p>



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			</item>
		<item>
		<title>Diagnostic médical : les scanners (TDM) sous le feu d&#8217;une étude inquiétante : provoquent-ils des cancers ?</title>
		<link>https://citizen4science.org/diagnostic-medical-les-scanners-tdm-sous-le-feu-dune-etude-inquietante-provoquent-ils-des-cancers/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Fabienne Blum]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 23 Feb 2026 16:48:18 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cancer]]></category>
		<category><![CDATA[Diagnostic]]></category>
		<category><![CDATA[Intelligence artificielle]]></category>
		<category><![CDATA[Médecine]]></category>
		<category><![CDATA[Radiologie]]></category>
		<category><![CDATA[Recherche]]></category>
		<category><![CDATA[Santé publique]]></category>
		<category><![CDATA[Science]]></category>
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					<description><![CDATA[Les tomodensitométries induisent-elles de nombreux cancers ? Les projections alarmantes d&#8217;une étude scientifique américaine publiée dans JAMA International Medicine interrogent]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h3 class="wp-block-heading"><br>Les tomodensitométries induisent-elles de nombreux cancers ? Les projections alarmantes d&rsquo;une étude scientifique américaine publiée dans JAMA International Medicine interrogent sur cet examen radiologique essentiel</h3>



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<p>Une <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2832778">étude </a>publiée dans en avril 2025 dans <em> JAMA Internal Medicine</em> a jeté un pavé dans la mare de la radiologie moderne. Menée par Rebecca Smith-Bindman et son équipe de l’Université de Californie à San Francisco (UCSF), elle projette que les 93 millions de TDM réalisés aux États-Unis en 2023 pourraient entraîner environ 103 000 cancers. Selon les auteurs, si les pratiques actuelles persistent, cela représenterait jusqu’à 5 % des nouveaux diagnostics annuels de cancer, un chiffre comparable aux risques liés à l’alcool ou à l’obésité.</p><div id="citiz-1695901198" class="citiz-contenu citiz-entity-placement"><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-9064228701299411" crossorigin="anonymous"></script><ins class="adsbygoogle" style="display:block;" data-ad-client="ca-pub-9064228701299411" 
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<p>Cette projection, basée sur des modèles théoriques, a rapidement fait les gros titres outre-atlantique. Mais au-delà de l’alarme, que dit vraiment cette étude ? Quelles sont ses forces, ses faiblesses, et surtout, quelles voies prospectives pour minimiser ces risques sans sacrifier les bénéfices de la TDM ?</p>



<h2 class="wp-block-heading">Analyse d&rsquo;une étude scientifique rigoureuse mais théorique </h2>



<p>L&rsquo;étude s’appuie sur un registre multicentrique (UCSF International CT Dose Registry) couvrant plus de 120 000 examens entre 2018 et 2020, extrapolés aux données nationales américaines (enquête IMV). Les auteurs utilisent le logiciel RadRAT du National Cancer Institute, fondé sur les modèles BEIR VII (basés sur les survivants des bombes atomiques et des cohortes médicales), pour estimer les risques cancérigènes des rayonnements ionisants.</p>



<p>Les résultats sont saisissants : sur 61,5 millions de patients (dont 4,2 % d’enfants), les TDM effectuées en 2023 pourraient causer 103 000 cancers (intervalle d’incertitude à 90 % : 96 400-109 500), dont 91 % chez les adultes. Les cancers les plus projetés incluent le poumon (22 400 cas, majoritairement chez les femmes), le côlon (8 700), la leucémie (7 900) et la vessie (7 100). Les TDM abdominales/pelviennes dominent (37 % des cancers, malgré 32 % des examens), suivis des TDM thoraciques (21 %). Le risque de la TDM est plus élevé chez les enfants mais le volume d’utilisation chez les adultes explique la majorité des cas.</p>



<p>Du point de vue de la méthode d&rsquo;analyse, l&rsquo;approche semble rigoureuse : elle intègre des simulations Monte Carlo pour les doses d’organes, des ajustements pour la mortalité concurrente et des exclusions pour les patients en fin de vie (10,6 %). Des analyses de sensibilité confirment la robustesse, avec une fourchette de 80 000 à 127 000 cancers selon les variantes.</p>



<p>Cependant, les limitations sont évidentes : les modèles BEIR VII reposent sur des données à haute dose extrapolées aux faibles doses via un modèle linéaire sans seuil. Son utilisation est contestée pour sa  surestimation potentielle des risques à faibles doses. Et surtout, aucune preuve clinique directe ne permet de relier une TDM spécifique à un cancer individuel. Les projections restent donc à ce stade théoriques.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Critiques et débats : Une surestimation alarmiste ?</h2>



<p>L’étude n’a pas échappé aux critiques. L’American College of Radiology (ACR) la qualifie de « théorique », soulignant<a href="https://radiologybusiness.com/topics/medical-imaging/computed-tomography-ct/american-college-radiology-criticizes-prominent-study-claiming-ct-imaging-causes-cancer"> l’absence de liens directs </a>entre TDM multiples et cancers chez les adultes, et notant également que les avancées technologiques ont réduit les doses globales malgré l’augmentation des usages.</p>



<p>Une lettre dans<em> JAMA Internal Medicine</em> de septembre 2025 appelle à la prudence dans l&rsquo;interprétation des résultats, critiquant le modèle linéaire sans seuil  comme non validé aux faibles doses diagnostiques et ignorant les mécanismes de réparation cellulaire. S&rsquo;y ajoute le fait que les 103 000 cancers projetés sont invérifiables d&rsquo;un point de vue clinique, sans biomarqueur ni critère d’attribution individuelle, rendant la projection hasardeuse. Un atre argument est qu&rsquo;aucune  hausse des cancers n’est observée d&rsquo;un point de vue épidémiologique n&rsquo;apparaît malgré l’utilisation croissante des TDM depuis plus de dix ans aux États-Unis.<br></p>



<h2 class="wp-block-heading">Contexte français et européen : Une utilisation massive, des enjeux locaux</h2>



<p>En Europe, la France est en tête de l&rsquo;utilisation de la TDM avec 15,2 millions en 2022 (<a href="https://ec.europa.eu/eurostat/statistics-explained/SEPDF/cache/37388.pdf">Eurostat</a>), soit plus que l’Allemagne (13,6 millions). Le marché français de la TDM est évalué à 357 millions d&rsquo;euros en 2025, projeté à 480 millions d&rsquo;euros en 2030 (CAGR 6,08 %). Avec 217,8 examens TDM pour 1 000 habitants en 2021 (OCDE), la France dépasse la moyenne européenne, reflétant un recours croissant pour le diagnostic rapide.</p>



<p>Cela pose des défis pour l&rsquo;avenir : si les projections américaines sont appliquées de façon proportionnelle pour la France, des milliers de cancers iatrogènes pourraient survenir annuellement dans le pays. Mais les régulations européennes (directive Euratom 2013/59) imposent déjà une justification stricte et une optimisation des doses, avec des initiatives comme Image Gently pour la pédiatrie.</p>



<p></p>



<h2 class="wp-block-heading">Vers une imagerie plus sûre</h2>



<p>L’avenir n’est pas sombre : des technologies alternatives et optimisations émergent pour réduire les rayonnements. L’IRM et l’échographie (ultrasons) sont des substituts sans ionisants pour de nombreux diagnostics (comme l&rsquo;abdomen et le cœur), comme le recommande le <a href="https://www.bfs.de/EN/topics/ion/medicine/diagnostics/alternative/alternative_node.html">BfS allemand</a>.</p>



<p>L’IA est également au rendez-vous pour révolutionner la TDM : <a href="https://scitechdaily.com/only-2-the-radiation-dose-new-ai-technology-revolutionizes-ct-scans">des algorithmes</a> de <em>deep learning</em>  ouvrent la voie à des doses ultra faibles (2 % de la dose standard) en préservant la qualité diagnostique. D&rsquo;autres technologies échographiques portatives pourraient assurer un surveillance en continu permettant de réduire le besoin de TDM.</p>



<p>En France, des pistes incluent l’intégration de l’IA dans les protocoles hospitaliers, un suivi des doses cumulées par patient via des passeports radiologiques et une formation accrue des prescripteurs. Au niveau de l’Europe, l&rsquo;Union pourrait viser une réduction de 30 à 50 % des doses d’ici 2030 via l’IA et les technologies alternatives, alignée sur les objectifs de l’OMS pour la radioprotection.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Équilibrer innovation et prudence</h2>



<p>Cette étude JAMA, malgré ses limites théoriques, rappelle un principe fondamental : les TDM sauvent des vies, mais leur surutilisation n’est pas anodine. En France, où l’accès à l’imagerie est exemplaire, on pourrait adopter une approche plus contrôlée : justifier chaque examen, optimiser les doses, et investir dans les alternatives à base d&rsquo;IA. Comme le soulignent les critiques, la peur ne doit pas primer sur les faits, mais l’inaction non plus.</p>



<p><em>Image d&rsquo;en-tête : Mart Production</em></p>



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		<title>L&#8217;alcool, fléau de santé publique : comment les pharmaciens agissent en première ligne</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Nathalie A.]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 28 Jan 2026 21:52:48 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Addictions]]></category>
		<category><![CDATA[Alcool]]></category>
		<category><![CDATA[Consommation]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[Pharmacien]]></category>
		<category><![CDATA[Santé publique]]></category>
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					<description><![CDATA[Malgré une baisse des volumes vendus, l’alcool demeure l’une des premières causes de mortalité évitable en France, avec des dizaines]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h3 class="wp-block-heading"><br>Malgré une baisse des volumes vendus, l’alcool demeure l’une des premières causes de mortalité évitable en France, avec des dizaines de milliers de décès chaque année. Les pharmaciens, professionnels de santé accessibles sans rendez-vous, incarnent une réponse de proximité efficace pour repérer tôt les consommations à risque et orienter vers des soins adaptés.</h3>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<h2 class="wp-block-heading">L’ampleur du problème en France</h2>



<p>La consommation d’alcool recule lentement mais sûrement : les volumes d’alcool pur mis en vente ont diminué de près de 6 % en 2024, pour atteindre environ 9,75 litres par habitant de 15 ans et plus (OFDT, 2025). Près de 36 % des Français déclaraient en 2025 ne pas consommer d’alcool, contre 33 % deux ans plus tôt. Pourtant, les conséquences sanitaires restent lourdes. Santé publique France estime à environ 41 000 les décès attribuables à l’alcool chaque année, auxquels s’ajoutent près de 30 000 cancers liés. Les hospitalisations pour pathologies alcooliques augmentent paradoxalement, signe que les consommations problématiques se concentrent chez une frange plus vulnérable. Les alcoolisations ponctuelles importantes (<em>binge drinking</em>) touchent particulièrement les jeunes, tandis que les usages chroniques excessifs persistent chez certains adultes. Ces chiffres soulignent un paradoxe : la culture alcoolique française s’effrite, mais le fardeau sanitaire demeure majeur.</p><div id="citiz-3038475450" class="citiz-contenu citiz-entity-placement"><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-9064228701299411" crossorigin="anonymous"></script><ins class="adsbygoogle" style="display:block;" data-ad-client="ca-pub-9064228701299411" 
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<h2 class="wp-block-heading">Le pharmacien, acteur de proximité incontournable</h2>



<p>Installé au cœur des quartiers, le pharmacien voit quotidiennement des patients qui hésitent à consulter un médecin pour des sujets sensibles. Il est idéalement placé pour initier un dialogue bienveillant, sans jugement ni dramatisation. L’approche repose sur l’empathie : poser des questions ouvertes sur les habitudes, quantifier les consommations en verres standards, et repérer les signes de risque (dépassement des repères, impacts sur la santé ou le quotidien). Les recommandations de la Haute Autorité de Santé (HAS, 2023, actualisées) insistent sur cette intervention précoce en premier recours, aux côtés des médecins généralistes, infirmiers et autres professionnels. Le pharmacien peut proposer des alternatives (activités, gestion des envies), encourager une réduction progressive et orienter vers un médecin traitant, un centre de soins d’accompagnement et de prévention en addictologie (CSAPA) ou d’autres partenaires médico-sociaux. Cette posture non stigmatisante favorise la confiance et l’autonomie, et permet souvent de capter des situations avant qu’elles ne s’aggravent en dépendance ou complications graves.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un rôle réel mais perfectible</h2>



<p>En France, les pharmaciens d’officine sont officiellement positionnés comme acteurs de premier recours en santé publique, y compris pour le mésusage de l’alcool. Depuis la loi HPST de 2009 et les évolutions ultérieures, leur champ d’action inclut explicitement la prévention, le dépistage précoce et l’accompagnement des patients. Les recommandations de la HAS et de la Société française d’alcoologie (SFA, actualisées 2023) intègrent les pharmaciens dans les stratégies nationales, au même titre que les médecins généralistes. Des formations continues obligatoires (DPC) renforcent cette mission, avec des outils concrets comme les questionnaires de repérage (type AUDIT) ou les applications d’auto-évaluation. Des études montrent que les pharmaciens interviennent efficacement dans une part significative des cas de réduction de consommation, grâce à leur accessibilité (sans rendez-vous) et à la confiance des patients. C’est donc un fait : ce rôle est décisif car il comble un vide en amont des soins spécialisés, évitant souvent des escalades vers des dépendances graves. Cela dit, il n’est pas encore pleinement exploité partout. Des enquêtes récentes soulignent que seulement une minorité d’officines mènent systématiquement des dépistages relatifs à la consommation d&rsquo;alcool, freinées par le manque de temps, de formation ou de coordination avec les autres professionnels. La baisse des consommations globales masque des inégalités territoriales : en zones rurales, les pharmaciens sont souvent les seuls interlocuteurs de proximité, rendant leur intervention encore plus cruciale. Prospectivement, des initiatives comme l’élargissement des missions officinales (prévu dans le PLFSS 2026) pourraient le rendre plus décisif, en intégrant par exemple des remboursements pour ces interventions ou des outils numériques partagés.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La stratégie en France face à l&rsquo;Europe et aux États-Unis</h2>



<p>La France se distingue par une intégration forte des pharmaciens dans la prévention. Les repères officiels de  maximum 10 verres par semaine, pas plus de 2 par jour et des jours sans  alcool, sont plus stricts que dans de nombreux pays européens, où les seuils varient et où le rôle officinal reste souvent limité. En Europe, la consommation moyenne reste élevée dans plusieurs pays de l’Est ou du Nord, mais la France figure toujours parmi les plus gros consommateurs (environ 11 litres d’alcool pur par habitant adulte), même si la tendance à la baisse est plus marquée qu’ailleurs. Aux États-Unis, le tableau est différent : l’alcool excessif cause près de 178 000 décès annuels, avec des définitions plus larges du <em>binge drinking </em>(4 verres ou plus pour une femme, 5 pour un homme en une occasion). Les recommandations du NIAAA (Institut national américain sur l&rsquo;abus d&rsquo;alcool et l&rsquo;alcoolisme) insistent sur la modération quotidienne (1 verre pour les femmes, 2 pour les hommes) sans seuil hebdomadaire aussi contraignant.Le repérage précoce via dialogue et questionnaires reste recommandé en soins primaires, mais il est moins systématiquement intégré et moins structuré qu&rsquo;en France, où il s’inscrit dans une politique publique coordonnée et décentralisée incluant explicitement les pharmaciens.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Vers un avenir plus sobre ?</h2>



<p>Les signaux sont encourageants : essor des boissons sans alcool ou à faible teneur, multiplication des mois sans alcool comme le « Dry January », et prise de conscience croissante chez les jeunes générations. Ces évolutions culturelles pourraient accélérer la réduction des risques à long terme. Reste que les hospitalisations en hausse et la persistance du binge drinking appellent une vigilance accrue. Renforcer le repérage précoce en pharmacie, développer les outils numériques d’auto-évaluation et mieux articuler les réseaux de soins seront cruciaux pour transformer cette tendance en véritable progrès sanitaire. L’alcool n’est plus un tabou, mais sa maîtrise exige une mobilisation collective et de proximité.</p>



<p><em>Illustration d&rsquo;en-tête : Thomas Picauly</em></p>



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		<item>
		<title>Valproate (Dépakine) : l&#8217;exposition paternelle augmente le risque de troubles neurodéveloppementaux chez l&#8217;enfant</title>
		<link>https://citizen4science.org/valproate-depakine-lexposition-paternelle-augmente-le-risque-de-troubles-neurodeveloppementaux-chez-lenfant/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Fabienne Blum]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 19 Nov 2025 13:34:46 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Analyse]]></category>
		<category><![CDATA[Études]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[Médicaments]]></category>
		<category><![CDATA[Recherche]]></category>
		<category><![CDATA[Santé publique]]></category>
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					<description><![CDATA[Une étude EPI-PHARE sur 2,8 millions de naissances confirme que le valproate pris par le père avant conception double le]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h3 class="wp-block-heading">Une étude EPI-PHARE sur 2,8 millions de naissances confirme que le valproate pris par le père avant conception double le risque de retard intellectuel et accroît celui d’autisme chez l’enfant. Mesures préventives renforcées en France, mais la recherche et l’indemnisation restent à élargir.<br></h3>



<h2 class="wp-block-heading">Un scandale qui s’élargit : du valproate aux pères<br></h2>



<p>Le valproate de sodium, commercialisé sous Dépakine®, Dépamide® ou Micropakine®, est un antiépileptique et stabilisateur d’humeur prescrit depuis 1967 à environ 200 000 patients annuels en France, dont un tiers d’hommes en âge de procréer. Son efficacité contre l’épilepsie généralisée et les troubles bipolaires est établie, mais son profil tératogène est documenté depuis les années 1980. Chez les femmes enceintes, le risque de malformations majeures atteint 10 %, celui de troubles neurodéveloppementaux (TND) 30 à 40 %. Depuis 2014, le médicament est l&rsquo;objet de restrictions draconiennes, avec un fonds d’indemnisation dédié via l’ONIAM et 4 500 victimes reconnues, le tout assorti d&rsquo;un procès contre Sanofi.<br>L’exposition paternelle émerge comme nouveau front. Des études animales sur l’inhibition de l’histone désacétylase et l’altération de l’expression génique dans les spermatozoïdes, ainsi qu’une méta-analyse scandinave de 2023 montrant un hazard ratio de 1,4 à 2,7 pour les TND, avaient signalé le risque.<a href="https://www.epi-phare.fr/rapports-detudes-et-publications/valproate-peres-tnd/"> Le 6 novembre 2025, l’étude EPI-PHARE</a>, la plus vaste à ce jour, apporte des preuves observationnelles solides. Transmise au PRAC de l’EMA, elle pourrait harmoniser les pratiques européennes sur le modèle français de 2025, avec prescription initiale réservée aux spécialistes et attestation cosignée annuelle. Dès sa publication, l’ANSM a souligné que le risque, bien que moins fréquent que chez les mères, justifie pleinement les restrictions actuelles et qu’un arrêt brutal reste dangereux.</p><div id="citiz-2103645726" class="citiz-contenu citiz-entity-placement"><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-9064228701299411" crossorigin="anonymous"></script><ins class="adsbygoogle" style="display:block;" data-ad-client="ca-pub-9064228701299411" 
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<p></p>



<h2 class="wp-block-heading">Méthodologie : une cohorte nationale sur données SNDS<br></h2>



<p>L’étude EPI-PHARE s’appuie sur les données de santé de presque tous les enfants nés en France entre 2010 et 2015, soit près de 2,8 millions de sujets suivis jusqu’à l’âge de 12 ans en moyenne. Parmi eux, les chercheurs ont identifié 4 773 enfants dont le père avait reçu du valproate dans les quatre mois précédant la conception. Pour comparer, ils ont constitué deux groupes témoins : l’un avec des pères traités par d’autres antiépileptiques jugés plus sûrs (lamotrigine ou lévétiracétam), l’autre avec la population générale.</p>



<p>Les troubles recherchés sont ceux officiellement diagnostiqués et remboursés : retard intellectuel, autisme, troubles du langage, difficultés d’apprentissage et TDAH. Après avoir pris en compte l’âge du père, le niveau social et d’autres facteurs susceptibles d’influencer le résultat, les conclusions sont claires.</p>



<p>Chez les enfants dont le père prenait du valproate, on observe environ 24 % de troubles neurodéveloppementaux en plus par rapport aux enfants de pères sous traitements alternatifs. Le chiffre le plus frappant concerne le retard intellectuel : le risque est doublé, ce qui représente environ trois à quatre enfants supplémentaires touchés pour 1 000 naissances. Pour l’autisme, le risque est accru d’environ 50 %, même si le nombre de cas reste trop faible pour atteindre la certitude statistique absolue. Les troubles du langage et le TDAH sont également plus fréquents, de l’ordre de 20 à 30 %.</p>



<p>Les limites sont classiques pour ce type d’étude sur données administratives récupérées est que l&rsquo;on ne connaît pas la dose exacte ni la durée précise du traitement, et que certains troubles légers passent peut-être sous les radars. Néanmoins, la taille exceptionnelle de la cohorte et la comparaison avec d’autres antiépileptiques donnent à ces résultats un poids que les études précédentes n’avaient pas.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Réflexion autour des cas d&rsquo;autisme</h2>



<p>Les troubles du spectre de l’autisme représentent 77 cas dans le groupe exposé. L’association n’atteint pas la significativité statistique (rapport de risque de 1,53 et intervalle de confiance à 95 % de 0,95 à 2,47), mais la direction est cohérente avec les modèles animaux et l’étude scandinave. Le mécanisme plausible repose sur l’inhibition de l’histone désacétylase par le valproate, entraînant une hyperacétylation et une dérégulation de gènes liés au neurodéveloppement comme MECP2 ou BDNF dans les spermatozoïdes, avec transmission épigénétique au fœtus. L’autisme apparaît donc, ici, comme un processus pathologique induit, et non comme une variation indépendante. Classé dans le DSM-5 comme trouble avec altération cliniquement significative de la communication sociale et des comportements restreints, il est codé dans la CIM-11 comme pathologie neurodéveloppementale. Cela étant dit, d&rsquo;une façon générale affirmer que l&rsquo;autisme peut-être une pathologie (ici iatrogène) serait en France en particulier politiquement incorrect : le paradigme neurodiversité, légitime pour combattre la stigmatisation, rejette ce terme au profit de « différence cognitive ». Or ce rapport EPI-PHARE tend vers la démonstration d&rsquo;une causalité environnementale médicamenteuse comparable par exemple à la phénylcétonurie ou à la tératogenèse thalidomide, rendant certains TSA évitables. L’étude EPI-PHARE brise en quelque sorte un tabou.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Mesures en France : modèle préventif, mais incomplet<br></h2>



<p>Des neurologues de référence estiment que les résultats de la vaste étude, robustes, confortent les restrictions actuelles et imposent un dialogue systématique avec un spécialiste avant toute conception. Depuis le 6 janvier 2025, la prescription initiale est réservée aux neurologues, psychiatres et pédiatres pour les hommes et adolescents susceptibles de procréer ; une attestation cosignée annuelle entre prescripteur et patient conditionne la dispensation depuis le 30 juin 2025 pour les renouvellements. La contraception efficace est obligatoire pendant le traitement et trois mois après l’arrêt ; le don de sperme est interdit ; la conservation de sperme avant traitement est encouragée. Une brochure patient et une carte sont incluses dans chaque boîte.<br>Les données préliminaires de la CNAM montrent une baisse de 15 % des délivrances aux hommes. L’ANSM insiste pourtant : l’arrêt brutal expose à un risque de crise épileptique ou maniaque. Les alternatives comme la lamotrigine ou le lévétiracétam sont validées, mais leur accès reste inégal en termes de coût et de disponibilité.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Perspectives : recherche, politique, indemnisation</h2>



<p>À court terme, 2026 devrait voir une révision de l’EMA alignant l’Europe sur les restrictions françaises, potentiellement étendues à d’autres antiépileptiques comme la carbamazépine ou le topiramate, sur la base de signaux épigénétiques similaires. Des pays comme la Suède et le Royaume-Uni, qui ont déjà durci leurs recommandations après l’étude scandinave de 2023, enregistrent une chute de 20 % des prescriptions masculines. Des modélisations épigénétiques fines, couplant données SNDS et biobanques nationales, pourraient quantifier la transmission transgénérationnelle et identifier des biomarqueurs spermatiques prédictifs, comme des profils d’hyperacétylation mesurables via séquençage.<br>À moyen terme, l’élargissement de l’ONIAM aux enfants de pères exposés est en discussion au Parlement, soutenu par des associations comme APESAC qui reçoivent depuis 2018 des signalements de pères ; une baisse de 30 % des prescriptions d’ici 2030 éviterait environ 500 cas de TND par an selon les projections CNAM, avec un impact économique net positif estimé à 200 millions d’euros en coûts de prise en charge évités.<br>À long terme, l’intégration systématique du risque paternel dans les lignes directrices internationales (OMS, NICE) pourrait redéfinir les protocoles de conception assistée, incluant des tests spermatiques préconceptionnels pour tout patient sous substance neuroactive.<br><br>Enfin, l’étude renforce la pharmacovigilance globale : tout médicament neuroactif devra désormais être évalué sur la spermatogenèse, redessinant la balance bénéfice-risque pour des millions d’hommes et favorisant des thérapies géniques correctrices des marques épigénétiques. Des cohortes prospectives internationales, comme celles lancées par l’EMA en 2026, testeront ces hypothèses, potentiellement en intégrant l’intelligence artificielle pour modéliser les interactions gène-médicament-environnement.<br></p>



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		<title>Augmentation des cancers chez les jeunes : alerte environnementale ou alarmisme ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Fabienne Blum]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 14 Nov 2025 15:19:32 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Analyse]]></category>
		<category><![CDATA[Cancer]]></category>
		<category><![CDATA[Esprit critique]]></category>
		<category><![CDATA[Éthique]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[Pensée critique]]></category>
		<category><![CDATA[Recherche]]></category>
		<category><![CDATA[Santé publique]]></category>
		<category><![CDATA[Sciences de l'information et de la communication]]></category>
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					<description><![CDATA[La déclaration de la directrice générale de l&#8217;Institut Pasteur dans le journal de 20 h de France 2 le 10]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h3 class="wp-block-heading">La déclaration de la directrice générale de l&rsquo;Institut Pasteur dans le journal de 20 h de France 2 le 10 octobre 2025 a fait sensation. Elle y évoque une hausse de 80 % des cancers chez les jeunes en trois décennies, attribués à l&rsquo;environnement.  Pour un regard critique, il peut être utile de connaître le contexte scientifique international plus nuancé </h3>



<p></p>



<h2 class="wp-block-heading">Contexte de la déclaration : une campagne de sensibilisation sous tension<br></h2>



<p>Yasmine Belkaid, directrice générale de l&rsquo;Institut Pasteur depuis janvier 2024, a déclaré sur France 2 : « Ce n&rsquo;est pas nos gènes qui ont changé, c&rsquo;est l&rsquo;environnement ». Cette phrase choc, extraite d&rsquo;un segment promotionnel pour le Pasteurdon 2025 (campagne annuelle de financement de la recherche), vise à mobiliser le public face à des menaces sanitaires émergentes. Mme Belkaid est une immunologiste de renom spécialisée dans le microbiote et les interactions immunitaires. Elle s&rsquo;appuie sur ses travaux pour lier cette hausse des cancer à des facteurs comme la nutrition altérée et l&rsquo;obésité. Cette présentation péremptoire peut paraître alarmiste. Elle est en tout cas parfaitement adaptée à la communication du Pasteurdon, qui courait du 9 au 13 octobre 2025, mettant en avant trois défis majeurs, dont le « boom des cancers chez les jeunes ». Le science n&rsquo;étant pas très compatible avec les affirmations catégoriques, on peut légitimement se demander si on ne risque pas de simplifier un débat complexe ici. La science, par nature itérative et ouverte à l&rsquo;évolution des connaissances, ne se prête pas à des « campagnes » figées sur une explication unique à l&rsquo;instant T. La certitude là où persistent des incertitudes est au risque d&rsquo;éroder la confiance en la science, très mise à mal depuis la crise sanitaire du Covid-19.</p><div id="citiz-1034393751" class="citiz-contenu citiz-entity-placement"><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-9064228701299411" crossorigin="anonymous"></script><ins class="adsbygoogle" style="display:block;" data-ad-client="ca-pub-9064228701299411" 
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<p></p>



<h2 class="wp-block-heading">Une hausse réelle, mais contextualisée par la démographie et les mises à jour récentes<br></h2>



<p>Le chiffre emblématique de 80 % tire sa source d&rsquo;une étude publiée en 2023 dans la revue scientifique<em> BMJ Oncology,</em> qui examine 29 types de cancers précoces (avant l&rsquo;âge de 50 ans) dans 204 pays de 1990 à 2019. Globalement, l&rsquo;incidence a grimpé de 79,1 %, avec 3,26 millions de cas nouveaux en 2019 contre 1,82 million en 1990, et une mortalité en hausse de 27,7 %. En France, des données de l&rsquo;<em>Institut national du cancer</em> (Inca) et de <em>Santé publique France</em> indiquent une augmentation annuelle moyenne de 1,62 % chez les 15-39 ans de 2000 à 2014, suivie d&rsquo;une stabilisation et d&rsquo;une légère baisse jusqu&rsquo;en 2020. Cependant, ce pourcentage brut masque une réalité plus nuancée : ajusté à la croissance démographique mondiale, le taux d&rsquo;incidence réel n&rsquo;augmente que d&rsquo;environ 30 %, comme le précise Claire Morgand de l&rsquo;Inca. Aux États-Unis, l&rsquo;<em>American Cancer Society</em> projette pour 2025 que 4,2 % des nouveaux cas touchent les 15-39 ans, avec une survie élevée grâce aux progrès thérapeutiques. Cette contextualisation internationale révèle que la hausse, bien que confirmée, n&rsquo;est pas une « épidémie » explosive chez les jeunes exclusivement, mais une tendance linéaire affectant toutes les tranches d&rsquo;âge. Au 14 novembre 2025, l&rsquo;étude EPI-AJA 2025 couvrant 2000-2020 sur 19 départements français représentant 24 % de la population) confirme une hausse modérée : +1,62 % par an jusqu&rsquo;en 2014, puis -0,79 % par an (2015-2020) pour l&rsquo;ensemble des cancers chez les 15-39 ans, avec 54 735 cas recensés. Ces données soulignent que les cancers chez les adolescentes et jeunes adultes restent rares (incidence 6 à 7 fois inférieure aux plus de 60 ans), avec des hausses spécifiques pour le sein (+2,1 %/an), le colorectal (+1,5 %/an) et la thyroïde, mais des baisses pour l&rsquo;ORL et les lymphomes de Hodgkin. L&rsquo;incidence ajustée globale est d&rsquo;environ +18 %, tempérant l&rsquo;idée d&rsquo;un « boom » et soulignant l&rsquo;impact des registres améliorés.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Facteurs environnementaux classiques et faux dilemme génétique-environnement<br></h2>



<p>La DG de l&rsquo;Institut Pasteur insiste sur l&rsquo;environnement comme coupable, arguant que les gènes humains n&rsquo;ont pas évolué en trois décennies. Cette affirmation est étayée par la génomique, le taux de mutation populationnel étant trop lent pour expliquer une hausse rapide. Les variations génétiques sont donc négligeables sur une génération. Elle pointe des facteurs comme l&rsquo;obésité, les aliments ultra-transformés et la sédentarité, qui génèrent une inflammation chronique favorisant les tumeurs, particulièrement les cancers colorectaux précoces. Des chercheurs au<em> Memorial Sloan Kettering Cancer Center</em> (MSK) corroborent cela, notant une hausse de 82 % des cancers chez les jeunes femmes depuis 2002, en lien avec ces facteurs. Le microbiote intestinal, au cœur des travaux de Mme Belkaid, est aussi impliqué : des perturbations précoces altèrent sa diversité, augmentant les risques via des voies épigénétiques. Pourtant, ces causes n&rsquo;ont rien de novateur. L&rsquo;obésité est un facteur de risque connu depuis les années 1970, les aliments transformés depuis les alertes de l&rsquo;OMS dans les années 1990, et la sédentarité depuis des décennies d&rsquo;études épidémiologiques. L&rsquo;<em>Organisation mondiale de la santé</em> (OMS) estime que 40 % des cancers sont évitables par la prévention, un consensus établi bien avant 2025. De plus, classer la sédentarité ou l&rsquo;obésité comme purement « environnementaux » est réducteur : ces éléments relèvent davantage du mode de vie individuel et sociétal, influencés par des choix personnels, des normes culturelles ou des politiques publiques, plutôt que par des expositions passives comme la pollution atmosphérique ou les contaminants chimiques. En les présentant comme des explications centrales sans souligner leur ancienneté ni leur nature hybride (environnemental et comportemental), le narratif alarmiste est renforcé. Du point de vue rhétorique et critique, cette opposition binaire gènes versus environnement constitue un faux dilemme : en réalité, les deux interagissent étroitement. Des mécanismes épigénétiques, modifiant l&rsquo;expression génique sans altérer la séquence ADN, montrent que l&rsquo;environnement peut « activer » des prédispositions génétiques, comme observé dans des études sur les interactions microbiote-génome. Présenter cela comme un choix exclusif simplifie la multifactorialité du cancer, ignorant que des variants génétiques (ex. : BRCA pour le sein) amplifient les risques environnementaux. </p>



<h2 class="wp-block-heading">International : un consensus sur la multifactorialité, pas sur l&rsquo;urgence absolue</h2>



<p>Dans un cadre mondial, la hausse des cancers précoces est reconnue, mais le consensus scientifique évite les affirmations péremptoires. Le World Cancer Research Fund et le National Cancer Institute américain convergent sur des causes multifactorielles : environnement, mode de vie, diagnostics avancés et expositions prénatales (perturbateurs endocriniens). Des études comme celle du BMJ projettent une augmentation de 30 % d&rsquo;ici 2030, mais ajustée, elle reste modérée dans les pays développés. En France, les cancers chez les jeunes demeurent rares, soit 8 000 cas sur 433 000 en 2023, avec un âge médian autour de 68-70 ans. Des experts comme Steven Le Gouill de l&rsquo;<em>Institut Curie</em> attribuent une part de la hausse à un meilleur enregistrement via les registres nationaux, renforcés en juin 2025. Internationalement, la mortalité baisse dans les pays riches grâce aux traitements, contrastant avec une hausse dans les pays en développement. Ce paysage nuancé contredit quelque peu l&rsquo;approche catégorique de Mme Belkaid, qui, en excluant les gènes sans nuance, ignore des possibilités émergentes comme des interactions épigénétiques influencées par des événements « récents ». L&rsquo;épigénétique, pour le coup, est une science en plein boom. Des découvertes futures sur l&rsquo;épigénome pourraient modifier vision et compréhension de phénomènes liés au cancer. </p>



<h2 class="wp-block-heading">L&rsquo;alarmisme au prix d&rsquo;une science instrumentalisée qui touche sa crédibilité et la confiance du public<br></h2>



<p>L&rsquo;instrumentalisation perçue de cette déclaration pour le Pasteurdon met en lumière un dilemme éthique : la science doit-elle adopter un ton péremptoire pour le financement légitime d ses avancées ? La direction de l&rsquo;Institut Pasteur, en promouvant une explication essentiellement environnementale comme vérité établie, peut faire penser à une stratégie marketing. Cela suscite des dons, mais au prix d&rsquo;une simplification : la science ne fonctionne pas par « campagnes » fixes, car les connaissances évoluent, comme vu avec les revirements sur les liens tabac-cancer. Plus on est péremptoire et alarmiste, plus on risque de mettre en cause la précieuse confiance en la science. Des sondages comme ceux d&rsquo;IPSOS ou du<em> Pew Research Center</em> montrent que des déclarations exagérées, surtout quand liées à des appels financiers, alimentent le scepticisme, particulièrement dans un contexte post-pandémie où la désinformation prospère sur les réseaux sociaux. Une emphase alarmiste, couplée à des causes non novatrices et à un faux dilemme gènes-environnement, invite à la vigilance.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Perspectives : pour une communication équilibrée en matière de science<br></h2>



<p>Le succès du Pasteurdon (+40 % de dons estimés) confirme l’efficacité de l’alarme de la DG de l&rsquo;Institut Pasteur à ce titre. Côté communication en matière de science, il paraît important d&rsquo;évoquer des facteurs de risques dont on reconnaît l&rsquo;ancienneté la nature hybride. En France, le registre national renforcera les données pour des politiques ciblées, tandis que globalement, la collaboration interdisciplinaire (microbiote, génomique, environnement) affinera les modèles, en évitant les faux dilemmes. De manière ultime, cette affaire rappelle que la science prospère sur le doute constructif, non sur des certitudes instrumentalisées, pour un consensus international qui évolue avec les preuves.</p>



<p><em>Illustration d&rsquo;en-tête : affiche Pasteurdon 2025</em><br></p>



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		<title>Grève des radiologues : est-elle justifiée ou abusive ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 09 Nov 2025 13:31:21 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Analyse]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[Médecine]]></category>
		<category><![CDATA[protection des animaux]]></category>
		<category><![CDATA[Santé]]></category>
		<category><![CDATA[Santé publique]]></category>
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					<description><![CDATA[La grève des radiologues français prévue demain 10 novembre 2025 s’inscrit dans un conflit persistant avec la Caisse Nationale de]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p></p>



<h3 class="wp-block-heading">La grève des radiologues français prévue demain 10 novembre 2025 s’inscrit dans un conflit persistant avec la Caisse Nationale de l’Assurance Maladie (CNAM) concernant une réduction proposée de 300 millions d’euros sur deux ans dans les dépenses d’imagerie. Les radiologues estiment que cette coupe menace l’accès aux soins, un argument qui alimente le débat sur la légitimité de leur mouvement.</h3>



<p></p>



<h2 class="wp-block-heading">Une justification économique partielle</h2>



<p>Les radiologues évoquent une baisse de leur revenu net moyen, passant de 700 000 € à moins de 460 000 € entre 2020 et 2023 selon l’AGAPS, soit environ 172 000 € par praticien après division par 2,67. Cependant, cette analyse omet les dividendes et rémunérations sur résultats, fréquents dans les structures privées comme Simago ou Imapôle. Ces compléments, souvent conséquents, atténuent l’impact des coupes, suggérant une stratégie pour maintenir un niveau de vie élevé plutôt qu’une réponse à une urgence économique.</p><div id="citiz-3841126374" class="citiz-contenu citiz-entity-placement"><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-9064228701299411" crossorigin="anonymous"></script><ins class="adsbygoogle" style="display:block;" data-ad-client="ca-pub-9064228701299411" 
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<h2 class="wp-block-heading">Position financièrement dominante parmi les spécialistes</h2>



<p>Au sein des médecins spécialistes, les radiologues se démarquent par des revenus dépassant ceux des généralistes ou de spécialités comme la pédiatrie, même après cette baisse. Leur influence s’appuie sur des relais puissants au sein des syndicats médicaux et en politique, où ils font pression pour préserver leurs acquis, notamment via des dépassements d’honoraires en secteur 2. Cette capacité à mobiliser des soutiens institutionnels renforce l’idée d’un mouvement corporatiste, loin d’une préoccupation générale pour le système de santé.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une mobilisation qui profite peu aux patients</h2>



<p>L’argument de la protection de l’accès aux soins peine à convaincre, surtout face aux critiques sur le « saucissonnage » des examens, une pratique dénoncée pour maximiser les facturations. Pour les patients, déjà confrontés à des coûts élevés, cette grève peut apparaître davantage comme une défense d’intérêts particuliers, orchestrée par une profession qui bénéficie d’un lobbying médical bien établi, plutôt qu’une réponse aux besoins du public.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Comparaison avec l’Europe : un écart notable</h2>



<p>En Europe, les radiologues français restent mieux lotis que leurs homologues. En Allemagne, les salaires de base, augmentés de 40 % pour les heures supplémentaires, atteignent environ 250 000 € brut par an, tandis qu’en Belgique, des estimations évoquent jusqu’à 400 000 € brut. Malgré leur baisse, les revenus français, enrichis par des dividendes, dépassent souvent ces standards, renforçant l’impression d’un mouvement excessif face à une situation qui reste avantageuse pour ces praticiens.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Perspectives : risque d’isolement accru</h2>



<p>À court terme, la grève du 10 novembre pourrait contraindre la CNAM à des concessions, portée par les réseaux d’influence des radiologues. À long terme, un échec pourrait accélérer la consolidation du secteur par des investisseurs privés, augmentant les coûts pour les patients. Cependant, leur dépendance à un lobbying médical puissant pourrait les isoler davantage, rendant leur mouvement impopulaire dans un système de santé sous pression.</p>



<p></p>



<p><em>Illustration d&rsquo;en-tête : Tara Winstead</em><br></p>



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		<title>Désaffection des études de pharmacie : un rapport bi-académique dénonce les failles de la réforme PASS/LAS et appelle à une refonte urgente</title>
		<link>https://citizen4science.org/desaffection-des-etudes-de-pharmacie-un-rapport-bi-academique-denonce-les-failles-de-la-reforme-pass-las-et-appelle-a-une-refonte-urgente/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Fabienne Blum]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 05 Nov 2025 19:45:31 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Académie nationale de médecine]]></category>
		<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Analyse]]></category>
		<category><![CDATA[Déserts médicaux]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Pharmacie]]></category>
		<category><![CDATA[Pharmacien]]></category>
		<category><![CDATA[Politique de santé]]></category>
		<category><![CDATA[Santé]]></category>
		<category><![CDATA[Santé publique]]></category>
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					<description><![CDATA[Validé le 9 octobre 2025 par les Académies nationales de médecine et de pharmacie, un rapport bi-académique dissèque la désaffection]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p></p>



<h2 class="wp-block-heading">Validé le 9 octobre 2025 par les Académies nationales de médecine et de pharmacie, un rapport bi-académique dissèque la désaffection pour les études de pharmacie, aggravée par la réforme PASS/LAS, et propose des solutions pour relancer une filière cruciale.</h2>



<p></p>



<h3 class="wp-block-heading">Une crise d’attractivité qui fragilise un pilier de la santé publique</h3>



<p>Le <a href="https://www.acadpharm.org/avis_propositions/rapports.php">rapport bi-académique</a> du 9 octobre 2025, piloté par Jean-Louis Beaudeux et Dominique Bertrand, alerte sur une crise préoccupante : la désaffection des études de pharmacie, marquée par 293 places vacantes en deuxième année (DFGSP2) en 2024 sur 3 413, après 471 en 2023 et 1 100 en 2022, soit 17 % des capacités nationales. Cette situation, inédite face à l’attraction intacte de la médecine, menace un secteur clé. Avec 75 080 pharmaciens inscrits à l’Ordre en 2024 (croissance de 1,8 % en dix ans contre 3,5 % pour la population), la pénurie estimée à 6 000 professionnels risque d’aggraver les déserts pharmaceutiques, particulièrement en zones rurales où les officines (30 pour 100 000 habitants) assurent un accès immédiat aux soins. Ce déclin reflète une sous-valorisation chronique de la pharmacie, reléguée dans l’ombre de la médecine malgré son rôle pivot en prévention (vaccination, éducation et suivi thérapeutique) et en gestion des crises, comme le Covid ou les pénuries médicamenteuses.</p><div id="citiz-2551896781" class="citiz-contenu citiz-entity-placement"><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-9064228701299411" crossorigin="anonymous"></script><ins class="adsbygoogle" style="display:block;" data-ad-client="ca-pub-9064228701299411" 
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<p><br></p>



<h3 class="wp-block-heading">PASS/LAS : une réforme brouillonne qui marginalise la pharmacie</h3>



<p>Nous avions déjà eu la réforme PACES qui a créé une première année de concours commune médecine et pharmacie, très discutable dans le principe puisqu&rsquo;elle introduit de facto une compétition entre ces deux formations de professionnels de santé. Puis, introduite en 2020 pour diversifier les profils et réduire les échecs précoces, la réforme PASS/LAS (Parcours Accès Santé Spécifique/Licence Accès Santé) a complexifié l’accès à la pharmacie. Dans Parcoursup, la filière disparaît sous l’étiquette générique « études de santé », perdant en visibilité. La lisibilité souffre aussi : les parcours PASS et LAS, aux épreuves orales et interclassements hétérogènes selon les universités, désorientent les bacheliers. À Paris Cité, le taux d’occupation en DFGSP2 tombe à 80 % en 2023-2024, avec un déficit marqué en LAS. Les passerelles (8 % des places) et l’intégration d’étudiants hors UE, limitée par des quotas stricts, ne comblent pas le vide. La Cour des comptes, en décembre 2024, fustige une réforme « mal conçue » qui n’atteint que marginalement ses objectifs de diversification sociale. Analysons : PASS/LAS, en voulant tout uniformiser, a renforcé la domination culturelle de la médecine, marginalisant la pharmacie comme choix par défaut pour 50 % des entrants. Cette opacité est un échec stratégique, ignorant la complémentarité des métiers de santé.<br>On pourra lire avec intérêt dans ce cadre, la <a href="https://www.lepoint.fr/sante/hidz-s-2385-hidz-e-2385-nous-refusons-des-etudiants-qui-veulent-faire-pharmacie-c-hidz-s-2343-hidz-e-2343-est-un-comble-hidz-s-2344-hidz-e-2344--05-11-2025-2602531_40.php">tribune</a> de Jean-Louis Beaudeux,  Doyen de la faculté de pharmacie de Paris.</p>



<p><br></p>



<h3 class="wp-block-heading">Méconnaissance des débouchés : un déficit éducatif dès le lycée</h3>



<p>Une enquête auprès de 345 étudiants en DFGSP2 à Paris Cité (38 % de réponses) révèle une ignorance alarmante : 80 % méconnaissent les débouchés au-delà de l’officine (hôpital, industrie, biologie médicale, recherche). 68 % des LAS ont échoué une PASS, et seuls 14 % ont priorisé la pharmacie dès le départ. Les sources d’information sont familiales (62 %), loin devant les JPO ou unités d’enseignement (moins de 20 %). 37 % des PASS choisissent la filière par manque d’intérêt pour d’autres métiers ou peur des responsabilités médicales. Ce déficit s’explique par le remplacement des conseillers d’orientation par des psychologues axés sur la réussite scolaire, et une communication institutionnelle lacunaire malgré les efforts de l’Ordre depuis 2021. Nous avons déjà relaté dans ces colonnes comment des barrières culturelles et réglementaires freinent la compréhension des métiers. De là il n&rsquo;y a qu&rsquo;un pas à considérer que le manque d’éducation dès le secondaire est une faute systémique. Sans une campagne agressive pour valoriser la pharmacie, de la recherche à l’hôpital, les efforts apparents ne resteront qu&rsquo;un pis-aller, minant la motivation des futurs diplômés.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Pénurie et paradoxe en PUI : un gâchis de compétences</h3>



<p>La démographie pharmaceutique, majoritairement féminine (âge moyen 46 ans stable), stagne. L’Ordre prévoit une baisse de 2,3 % des effectifs d’ici 2035 si les vacants persistent, avec un déclin des biologistes médicaux et une hausse limitée (+20 %) en hôpital et industrie. La DREES, en 2021, alertait déjà sur ce déséquilibre face à une population croissante. Mais un paradoxe criant, absent du rapport, aggrave la crise : la pénurie en Pharmacie à Usage Intérieur (PUI) hospitalière. Depuis le décret de 2017 (article L.5126-1), l’accès aux PUI exige un DES de pharmacie hospitalière via un internat de quatre ans. La dérogation temporaire (deux ans d’expérience pour non-DES) expire le 1er juin 2025, laissant des centaines de postes vacants et forçant des externalisations coûteuses. Nous avons <a href="https://citizen4science.org/lutte-contre-les-deserts-medicaux-peu-mediatisee-la-penurie-de-pharmaciens-hospitaliers-est-egalement-concernee-quelles-solutions-a-lhorizon/">récemment dénoncé ce levier au point mor</a>t qu&rsquo;est le frein à la mobilité public-privé : des pharmaciens industriels, experts en recherche clinique, gestion des essais ou pharmacovigilance, sont exclus des PUI pour des raisons réglementaires (DES obligatoire) et culturelles (défiance envers les « industriels »). Une question sénatoriale de novembre 2024 alerte sur ce blocage, plaidant pour des reconversions facilitées. Le CNOP confirme l’urgence, avec la fin des dérogations en 2025. Analysons : ce cloisonnement est un non-sens. Les pharmaciens industriels, formés à des standards rigoureux (bonnes pratiques cliniques, normes EMA), pourraient pallier les pénuries en PUI, où leur expertise en gestion des stocks et protocoles thérapeutiques est directement transférable. Ce verrou réglementaire, justifié par une quête de spécialisation et de protection de la section dédiée de l&rsquo;Ordre, frise l’absurde dans un contexte de crise hospitalière. En ignorant cette question, le rapport rate une opportunité de plaidoyer pour une mobilité fluide, essentielle à la résilience du système.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Le besoin d&rsquo;un plan pour redynamiser la filière</h3>



<p><br>Le rapport bi-académique propose neuf mesures pour la réforme de 2026-2027 : information obligatoire en lycée et portail Parcoursup dédié aux métiers ; enseignements équilibrés en première année (20-27 ECTS santé/disciplinaire/transversal) ; accès expérimental spécifique à la pharmacie (un tiers des places). Il prône aussi une professionnalisation (simulations, DES officine/industrie), l’extension du CESP pour zones sous-dotées, un oral recentré sur l’adéquation professionnelle, des passerelles élargies (10 à 30 % des places) et un « droit au remords » entre filières. Ces pistes, nourries par des auditions comme celle de Maryse Camus-Piszek (Ordre), s’alignent sur l’appel de la Cour des comptes à une voie unique simplifiée. Ces mesures apparaissent comme solides, mais leur timidité sur la mobilité post-diplôme, notamment vers les PUI, limite leur portée. Intégrer des passerelles pour pharmaciens industriels vers l’hôpital serait un signal fort d’innovation.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Fluidifier les carrières pour une pharmacie agile et résiliente</h3>



<p>Ce rapport est un cri d’alarme : sans réforme audacieuse, la pharmacie risque de s’effacer face à une médecine survalorisée, menaçant l’accès équitable aux soins. Les recommandations tracent une voie, mais elles esquivent un levier crucial : la mobilité public-privé et la nécessité de briser les silos entre officine, industrie et hôpital. C&rsquo;est ainsi que la France pourrait non seulement combler ses pénuries, mais faire de la pharmacie un modèle d’agilité interdisciplinaire pour une santé publique robuste et inclusive.</p>



<p><em>Mise à jour : 12/11/2025 &#8211; ajout de la tribune du Dr Beaudeux.</em></p>



<p><em>Illustration d&rsquo;en-tête :  Allison Saeng</em></p>



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		<title>Essais nucléaires en Polynésie : un débat entre science, justice et politique</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Nathalie A.]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 16 Sep 2025 12:50:58 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[En cet été 2025, la France est une nouvelle fois confrontée à un débat brûlant autour des conséquences de ses]]></description>
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<p></p>



<h2 class="wp-block-heading">En cet été 2025, la France est une nouvelle fois confrontée à un débat brûlant autour des conséquences de ses essais nucléaires en Polynésie. Un rapport parlementaire, rendu public le 17 juin 2025 après six mois d’enquête, appelle à une reconnaissance nationale des souffrances et à une extension des indemnisations, remettant en cause les critères scientifiques en vigueur. Ce document ravive une tension ancienne entre les données épidémiologiques et les revendications humaines, tout en soulevant des interrogations sur l’équité, la responsabilité nationale et les pressions politiques qui influencent ce dossier sensible.</h2>



<h3 class="wp-block-heading"></h3>



<h3 class="wp-block-heading">Un héritage nucléaire sous tension</h3>



<p>Entre 1959 et 1996, la France a procédé à 210 essais nucléaires, dont 193 en Polynésie française, principalement à Mururoa et Fangataufa. Ces essais, marqués par une reprise controversée en 1995-1996 qui avait déclenché des manifestations massives à Tahiti, ont laissé des cicatrices dans les esprits et les corps. Une étude de l’Inserm, publiée en 2021, a mis en évidence une possible augmentation de 2,3 % des cas de cancer de la thyroïde, bien que les liens avec les radiations restent débattus faute de données exhaustives. La loi Morin, instaurée en 2010 pour indemniser les victimes, s’est heurtée à des limites : sur 4 028 demandes déposées auprès du Comité d’indemnisation des victimes des essais nucléaires (CIVEN) d’ici 2023, seulement 1 043 ont été acceptées, reflétant des critères stricts comme le seuil de 1 millisievert (mSv) fixé en 2018.</p><div id="citiz-2227545872" class="citiz-contenu citiz-entity-placement"><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-9064228701299411" crossorigin="anonymous"></script><ins class="adsbygoogle" style="display:block;" data-ad-client="ca-pub-9064228701299411" 
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<p></p>



<h3 class="wp-block-heading">L&rsquo;approche controversée du rapport parlementaire</h3>



<p>Le <a href="https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/organes/autres-commissions/commissions-enquete/ce_essais_nucleaires">rapport</a> propose 45 recommandations, dont un « pardon national » et la suppression du seuil de 1 mSv, jugé trop restrictif. Il s’appuie largement sur des témoignages de populations locales et des données fournies par des associations, comme l’AVEN, qui évoquent une surincidence de cancers. Cependant, cette approche est critiquée pour son manque d’objectivité : elle semble privilégier les récits personnels sur les études épidémiologiques rigoureuses, telles que l’enquête Sépia-Santé, qui n’ont pas établi de corrélation claire entre les essais et une augmentation généralisée des pathologies. Cette dichotomie entre émotion et science alimente un conflit d’interprétation difficile à trancher.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Regards étrangers : études et indemnisations ailleurs</h3>



<p>À l’échelle internationale, d’autres nations ayant mené des essais nucléaires ont affronté des défis similaires. Aux États-Unis, la <a href="http://(https://www.justice.gov/civil/radiation-exposure-compensation-act">Radiation Exposure Compensation Act</a> (RECA), en place depuis 1990, indemnise les « downwinders » exposés près des sites du Nevada et les vétérans, sur la base d’une <a href="https://www.cancer.gov/about-cancer/causes-prevention/risk/radiation/nuclear-weapons">étude du National Cancer Institute</a> estimant 11 000 cas supplémentaires de leucémies liés aux tests atmosphériques des années 1950-1960. En Australie, les essais britanniques à Maralinga dans les années 1950 ont conduit à un programme d’indemnisation en 1994, bien que les preuves scientifiques restent contestées. Ces exemples illustrent des approches variées, oscillant entre reconnaissance morale et nécessité de preuves solides, offrant un miroir aux débats français.</p>



<h3 class="wp-block-heading">L’impact environnemental des essais nucléaires</h3>



<p>Au-delà des effets sur la santé humaine, les essais nucléaires ont laissé une empreinte durable sur l’environnement. Le test américain Castle Bravo en 1954 sur l’atoll de Bikini a provoqué une contamination radioactive massive dans le Pacifique nord, affectant les écosystèmes marins et augmentant les cas de cancer de la thyroïde chez les populations locales, comme documenté dans une étude de l’OMS. En Polynésie, les retombées des essais français ont contaminé les sols et les chaînes alimentaires, avec des traces de césium-137 et de plutonium détectées dans les années suivantes. Bien que l’impact exact reste difficile à quantifier, ces éléments environnementaux compliquent l’évaluation des risques sanitaires et soulignent la nécessité d’une approche globale, intégrant écologie et santé publique.</p>



<p></p>



<h3 class="wp-block-heading">L’instrumentalisation politique de la science&#8230;encore</h3>



<p>Le dossier des essais nucléaires illustre également comment la science peut être manipulée à des fins politiques. Le rapport parlementaire, porté par une députée de Polynésie française, est perçu par certains comme un outil de clientélisme, visant à canaliser des fonds publics vers sa circonscription. En valorisant les témoignages sur les données objectives, il semble adapter les conclusions scientifiques aux objectifs politiques, une pratique dénoncée comme un détournement de l’expertise. Cette instrumentalisation risque de fragiliser la crédibilité des institutions scientifiques et de transformer un débat technique en une bataille idéologique, où les intérêts locaux priment sur la rigueur.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Les niveaux de preuve en science : une hiérarchie à respecter</h3>



<p>En science, la valeur des preuves varie selon des niveaux bien établis. Les études épidémiologiques, comme celles menées par l’<a href="https://www.unscear.org">UNSCEAR</a>, reposant sur des cohortes et des analyses statistiques, occupent les échelons supérieurs de fiabilité. En comparaison, les témoignages individuels, bien qu’émouvants, sont classés parmi les niveaux les plus faibles, car sujets à des biais de mémoire ou à des coïncidences non corrélées. Le rapport parlementaire, en s’appuyant principalement sur ces récits, ignore cette hiérarchie, ce qui affaiblit ses arguments face aux données quantitatives. Cette dissonance souligne la nécessité de fonder les politiques publiques sur des preuves robustes plutôt que sur des perceptions subjectives.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Pression mondiale croissante</h3>



<p>Sur le plan international, l’International Campaign to Abolish Nuclear Weapons (ICAN) a intensifié en 2025 son plaidoyer pour le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires, citant l&rsquo;histoire des essais français dans le Pacifique. Cette mobilisation mondiale exerce une pression accrue sur la France, la poussant à assumer son passé nucléaire, non seulement sur le plan éthique, mais aussi juridique, alors que des associations de victimes multiplient les recours devant les tribunaux.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Vers une résolution équitable ?</h3>



<p>Face à ces enjeux complexes, la France doit trouver un équilibre entre la reconnaissance des souffrances exprimées et l’exigence de preuves scientifiques solides. L’absence de seuil de 1 mSv, comme le propose le rapport, pourrait multiplier les indemnisations, mais aussi attribuer à tort des cancers à des facteurs autres que les essais, tels que le mode de vie ou les expositions naturelles. À l’heure où le débat s’intensifie, les mois à venir, avec les éventuelles suites législatives, seront cruciaux pour définir une approche qui allie justice et rigueur, tout en tenant compte des leçons internationales et environnementales.</p>



<p></p>



<p><em>Illustration d&rsquo;en-tête : Andrea pour Science infused<br></em></p>



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<p></p>



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<p><a href="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2022/04/jaimelinfo.png"></a></p>



<p></p>
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