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	<title>Science Archives - Science infused site d&#039;actualités</title>
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	<description>Éditeur C4S, association loi 1901</description>
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	<title>Science Archives - Science infused site d&#039;actualités</title>
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	<item>
		<title>Intégrité scientifique non négociable : le cas Étienne Klein et l&#8217;argument d&#8217;autorité</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Fabienne Blum]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 10 Jul 2026 15:40:45 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
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					<description><![CDATA[L&#8217;Université Paris Cité a retiré début juin 2026 son doctorat en philosophie des sciences à Étienne Klein. La raison :]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h3 class="wp-block-heading"><em><em><em>L&rsquo;Université Paris Cité a retiré début juin 2026 son doctorat en philosophie des sciences à Étienne Klein. La raison : des plagiats massifs dans sa thèse soutenue en 1999, portant sur près des deux tiers des pages. Au-delà du cas personnel, cette affaire dit quelque chose de profond sur notre rapport collectif à l&rsquo;autorité scientifique.</em></em></em></h3>



<h3 class="wp-block-heading">Les faits, ce qu&rsquo;ils révèlent</h3>



<p class="wp-block-paragraph">En août 2024, <a href="https://www.arretsurimages.net/articles/etienne-klein-une-these-constellee-de-plagiats"><em>Arrêt sur images</em> révélait</a> que de nombreux passages de la thèse de Klein consistaient en copier-coller non sourcés ni mis entre guillemets. L&rsquo;enquête de l&rsquo;université Paris Cité, menée en lien avec les référents intégrité du CEA pendant vingt mois, a confirmé l&rsquo;ampleur des emprunts : près de deux tiers des pages étaient concernés, impliquant potentiellement une centaine d&rsquo;auteurs. La sanction est tombée début juin 2026 avec le retrait pur et simple du doctorat et interdiction de réinscription.<br></p><div id="citiz-3584101795" class="citiz-contenu citiz-entity-placement"><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-9064228701299411" crossorigin="anonymous"></script><ins class="adsbygoogle" style="display:block;" data-ad-client="ca-pub-9064228701299411" 
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<p class="wp-block-paragraph">Ce qui est notable, c&rsquo;est que cette affaire n&rsquo;est pas un fait isolé dans la trajectoire d&rsquo;Étienne Klein. Dès 2016, <em>L&rsquo;Express</em> avait révélé des passages copiés dans ses livres sur Einstein, sans que cela déclenche à l&rsquo;époque une procédure formelle. Ce que l&rsquo;enquête de 2024-2026 documente n&rsquo;est donc pas une erreur de jeunesse, mais une pratique qui s&rsquo;étend sur plusieurs décennies et plusieurs supports. Cette durée n&rsquo;est pas un détail. Elle révèle quelque chose sur le rapport difficile de M. Klein à la propriété intellectuelle, et sur la capacité des institutions à détecter et sanctionner ce type de fraude quand l&rsquo;auteur est une figure médiatique établie.<br></p>



<p class="wp-block-paragraph">Étienne Klein a reconnu dès 2024 un « manque de rigueur » : « Sans doute pour me donner confiance, j&rsquo;ai parfois commis l&rsquo;erreur de m&rsquo;appuyer sur des éléments écrits par d&rsquo;autres, que j&rsquo;ai fait miens. » Le 12 juin 2026, après la révélation de la sanction, il a publié un texte de quatre pages sur le réseau X (ex Twitter), commençant par : « Nombreuses sont les personnes qui aiment réfléchir avant de juger. Ces quatre petites pages sont pour elles, exclusivement pour elles. » Il n&rsquo;a répondu à aucun média. Ce choix de canal mérite attention, car  s&rsquo;adresser directement à sa communauté sur les réseaux sociaux, en contournant la presse, est une stratégie de communication qui permet de contrôler le cadrage sans s&rsquo;exposer aux questions embarrassantes.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h3 class="wp-block-heading">La question que personne ne pose : le jury de 1999<br></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a dans cette affaire une question systémique que la couverture médiatique a largement évitée. Comment une thèse plagiée aux deux tiers a-t-elle pu être validée en 1999 par un jury universitaire ? La question n&rsquo;est pas rhétorique. Elle pointe vers un dysfonctionnement institutionnel qui dépasse largement le cas de l&rsquo;affaire Klein. Les jurys de thèse lisent-ils les manuscrits qu&rsquo;ils valident ? En maîtrisent-ils les contenus pour déceler la véritable originalité requises par un travail de thèse ? À défaut ou en parallèle, vérifient-ils un minimum les sources ? <br>La réponse honnête est que les procédures de contrôle de l&rsquo;intégrité des thèses dans les années 1990 étaient quasi inexistantes, que les outils de détection du plagiat n&rsquo;existaient pas, et que la réputation de l&rsquo;auteur et de ses directeurs pesait souvent plus que la vérification systématique du texte.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce n&rsquo;est pas une excuse, plutôt  un diagnostic. Il dit que le problème n&rsquo;est pas seulement Étienne Klein. C&rsquo;est un système qui a produit une opportunité de fraude et ne l&rsquo;a pas détectée pendant vingt-cinq ans, jusqu&rsquo;à ce qu&rsquo;une enquête journalistique d<em>&lsquo;Arrêt sur images</em> fasse le travail que les institutions auraient dû faire.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC11002455/" target="_blank" rel="noreferrer noopener"></a><br></p>



<h3 class="wp-block-heading">Étienne Klein conserve ses fonctions face au silence des institutions<br></h3>



<p class="wp-block-paragraph">M. Klein conserve son HDR, ses fonctions au CEA, mais finalement pas ses chroniques à France Culture. L&rsquo;institution qui l&#8217;emploi n&rsquo;a pas, à ce jour, communiqué sur les conséquences éventuelles de cette sanction sur sa collaboration avec lui. Ce silence est en lui-même une information, qui révèle que dans le paysage institutionnel et médiatique français, la notoriété protège encore, même quand la sanction est tombée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Finalement, la question n&rsquo;est pas de savoir si Étienne  Klein doit être banni de l&rsquo;espace public, car sa vulgarisation de la physique garde de la valeur indépendamment du titre. Mais le silence de son employeur, le  CEA, pose une question simple : si un chercheur anonyme avait commis les mêmes fraudes dans sa thèse, aurait-il conservé ses fonctions ? La réponse probable à cette question est précisément le « deux poids deux mesures » que l&rsquo;intégrité scientifique ne peut pas se permettre.</p>



<h3 class="wp-block-heading">L&rsquo;argument d&rsquo;autorité comme levier rhétorique : un classique très usité</h3>



<p class="wp-block-paragraph">En épistémologie, l&rsquo;argument d&rsquo;autorité consiste à faire reposer la validité d&rsquo;une affirmation sur la personne qui la prononce plutôt que sur les preuves ou le raisonnement. En vulgarisation scientifique, ce biais est particulièrement dangereux : le grand public, qui n&rsquo;a pas toujours les outils pour vérifier, accorde souvent crédit sur la base du titre, du statut institutionnel ou de la visibilité médiatique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Chez Étienne Klein, le doctorat en philosophie des sciences et le parcours de physicien centralien ont longtemps servi de socle légitime pour aborder le temps, la physique quantique, l&rsquo;éthique de la recherche ou la lutte contre la désinformation. Quand ce socle est entaché, la crédibilité perçue vacille. Et c&rsquo;est là que l&rsquo;affaire Klein rejoint un phénomène plus large que nous documentons régulièrement dans nos colonnes.<br></p>



<h3 class="wp-block-heading">Deux formes d&rsquo;imposture, un même mécanisme<br></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le brouillage des frontières entre spécialité réelle et expertise revendiquée prend des formes différentes selon le positionnement, mais s&rsquo;avère très florissant sur les espaces médiatiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Certaines personnalités opèrent clairement en marge de l&rsquo;institution scientifique. Elles séduisent un public moins averti avec des titres multiples et spectaculaires, des concepts nébuleux et une posture de génie multidisciplinaire. Leurs doctorats réels, souvent dans des disciplines éloignées des sciences dures ou des sciences médicales complexes très briguées pour briller, sont présentés comme couvrant largement des domaines qu&rsquo;ils n&rsquo;ont jamais pratiqués au prétexte d&rsquo;une « je suis scientifique » qui conférerait l&rsquo;omniscience, qui en soit, est une insulte à la science, basée sur l&rsquo;expertise en la matière et précisément la matière (pointue). Cela crée chez le grand public une confusion massive entre formation effective et champs de compétence revendiqués.<br></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le cas Klein est plus insidieux parce qu&rsquo;il provient de l&rsquo;intérieur. Physicien formé à Centrale, chercheur au CEA, vulgarisateur institutionnel de référence : sa légitimité initiale est forte. La fraude contamine l&rsquo;édifice de l&rsquo;intérieur et envoie un signal délétère, à savoir qu&rsquo;on peut réussir et conserver une position éminente même en trichant, pourvu qu&rsquo;on appartienne au sérail.<br></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce mécanisme n&rsquo;est pas sans écho avec d&rsquo;autres affaires que nous avons documentées : l&rsquo;imposteur qui se construit une autorité sur des titres frauduleux fonctionne sur le même ressort que ceux qui utilisent des titres académiques réels mais hors de leurs domaines de pertinence et de compétences. Dans les deux cas, le public paie l&rsquo;addition sous forme de brouillage épistémique et d&rsquo;effet de halo, mais aussi de mésinformation qui finit quasiment toujours par surgir des voix des imposteurs hors de leur domaine.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Un phénomène amplifié depuis la crise du Covid<br></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le recours au titre de docteur comme dangereux argument d&rsquo;autorité n&rsquo;est pas isolé. La pandémie a fait se tourner les projecteurs vers les experts médicaux. Cela a attiré son lot d&rsquo;imposteurs subjugué par ces figures. les docteurs dans le langage courant sont ceux qui soignent. les médecins et autres professionnels de santé. Tout un lot de docteurs ont ainsi surgi pendant la crise sanitaire pour parler Covid, épidémiologie et vaccins en jouant trompeusement sur ce titre, sans aucune formation ou pratique en santé, voire dans des domaines particulièrement éloignés comme les sciences de la terre, la chimie, la sociologie ou l&rsquo;informatique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sans nécessairement commettre de plagiat, beaucoup ont repris à leur compte les propos d&rsquo;experts, quand ils ne les déformaient pas par méconnaissance du domaine, créant une illusion de compétence transversale. Le préfixe « Dr » est devenu un sceau d&rsquo;autorité généraliste omnisciente.<br></p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;affaire Klein ajoute une dimension supplémentaire à ce tableau : et si même le titre, dans certains cas, reposait sur un édifice frauduleux ? La question pointe vers la nécessité de distinguer systématiquement, dans le débat public, le titre de la compétence, la notoriété de la rigueur, et le statut institutionnel de la légitimité de domaine. </p>



<h3 class="wp-block-heading">Dimension systémique : la recherche elle-même vérolée</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Ce problème dépasse les vulgarisateurs individuels ou autres individus qui « jouent au docteur qui soigne » dans les médias ou les réseaux sociaux. Le monde de la recherche est lui-même confronté à une crise d&rsquo;intégrité très bien documentée : auto-citations excessives, références bibliographiques inventées, images manipulées, et désormais usage massif de l&rsquo;IA générative pour rédiger ou « embellir » des articles. Or une thèse se doit d&rsquo;être une publication scientifique fondatrice. Elle engage la même exigence d&rsquo;intégrité que n&rsquo;importe quel article dans une revue à comité de lecture. Tolérer le plagiat massif dans une thèse revient à affaiblir l&rsquo;ensemble de l&rsquo;édifice sur lequel repose la confiance du public dans la science.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce dossier intervient dans un contexte où les normes d&rsquo;intégrité se sont durcies depuis les années 1990, mais où les procédures universitaires restent lentes et parfois perçues comme corporatistes. Le rôle des médias d&rsquo;investigation reste essentiel : c&rsquo;est <em>Arrêt sur images</em>, pas l&rsquo;université, pas le CEA, pas France Culture, qui a déclenché cette procédure. L&rsquo;arrivée des outils d&rsquo;IA rend la question encore plus urgente, car ils permettent de détecter le plagiat avec une précision inégalée&#8230; mais ils permettent aussi d&rsquo;en produire de nouveau à une échelle sans précédent.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Perspective nuancée</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Étienne Klein a incontestablement contribué à faire aimer la physique et la philosophie des sciences à de nombreuses personnes. Sa vulgarisation garde sa valeur indépendamment du titre de docteur. Beaucoup de vulgarisateurs excellents n&rsquo;ont pas besoin d&rsquo;un doctorat pour légitimer leur travail : c&rsquo;est la clarté,  l&rsquo;expertise, la rigueur dans les sources et l&rsquo;honnêteté intellectuelle qui comptent. A contrario, tous les docteurs titulaires de thèse n&rsquo;en font pas des modèles de compétence et de rigueur ou d&rsquo;honnêteté intellectuelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, les apports passés n&rsquo;effacent ni la faute ni la sanction légitime. Tolérer le plagiat massif chez ceux qui portent la parole scientifique reviendrait à accepter que les règles s&rsquo;appliquent différemment selon la notoriété. Dans un monde saturé de désinformation, d&rsquo;IA générative et de doute généralisé, l&rsquo;intégrité n&rsquo;est pas un détail formaliste : elle est le socle de la crédibilité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nos idoles et nos leaders en science doivent-ils être intègres ? Le comble dans toutes ces affaires de « docteurs  » et de « doctorats », c&rsquo;est que leur titre est une carte de visite qui est censée prouver intégrité et respectabilité.  Ce que nous devons certainement valoriser chez un passeur de science, c&rsquo;est, outre l&rsquo;expertise en la matière, la rigueur et l&rsquo;éthique et les Bonnes pratiques. Le reste n&rsquo;est peut-être que décor superflu ou trompeur.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Illustration : Andrea pour Science infused</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



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		<title>Sirop de menthe et colorant E133 : l&#8217;alerte Yuka mérite mieux que deux camps</title>
		<link>https://citizen4science.org/sirop-de-menthe-et-colorant-e133-lalerte-yuka-merite-mieux-que-deux-camps/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Nathalie A.]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 01 Jul 2026 07:37:32 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Alimentation]]></category>
		<category><![CDATA[Bio]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[Industrie alimentaire]]></category>
		<category><![CDATA[Santé]]></category>
		<category><![CDATA[Santé publique]]></category>
		<category><![CDATA[Science]]></category>
		<category><![CDATA[Sécurité alimentaire]]></category>
		<category><![CDATA[Toxicologie]]></category>
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					<description><![CDATA[Le 16 juin 2026, Yuka a lancé une campagne contre le bleu brillant FCF, présent dans 65 % des sirops]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h3 class="wp-block-heading"><em>Le 16 juin 2026, Yuka a lancé une campagne contre le bleu brillant FCF, présent dans 65 % des sirops de menthe français. La couverture médiatique qui suit illustre un traitement binaire désormais prévisible : d&rsquo;un côté l&rsquo;alarmisme, de l&rsquo;autre le déni ou la diversion. La réalité scientifique, comme souvent, est plus nuancée et plus intéressante.</em></h3>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h3 class="wp-block-heading">Ce que Yuka a fait, qui n&rsquo;est pas totalement dénué de sens</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Commençons par reconnaître ce qui mérite de l&rsquo;être. L&rsquo;enquête de Yuka part d&rsquo;un fait incontestable : le E133 est un additif purement cosmétique, ajouté uniquement pour donner une couleur verte à un sirop qui serait naturellement transparent ou légèrement jaunâtre.  La raison en est qu&rsquo;il est fabriqué à partir d&rsquo;arômes industriels et non de feuilles de menthe. C&rsquo;est une information utile pour le consommateur.<br></p><div id="citiz-3584101795" class="citiz-contenu citiz-entity-placement"><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-9064228701299411" crossorigin="anonymous"></script><ins class="adsbygoogle" style="display:block;" data-ad-client="ca-pub-9064228701299411" 
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<p class="wp-block-paragraph">Les industriels sont conscients du problème dans leurs sirops : Teisseire indique travailler depuis plusieurs années à la réduction des additifs dans ses sirops, Carrefour annonce que seuls 15 produits sur plus de 6 500 références de ses marques propres contiennent encore du E133.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;argument économique souvent avancé par les industriels pour justifier le maintien du colorant est également bien démonté : retirer un ingrédient devrait logiquement réduire les coûts de production plutôt que les augmenter, et il existe déjà sur le marché des versions sans colorant à des prix comparables.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Yuka a également raison de pointer que le colorant n&rsquo;est pas autorisé dans les produits biologiques, ce qui montre qu&rsquo;une alternative sans E133 est parfaitement viable industriellement.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h3 class="wp-block-heading">Les ratés de la communication médiatique</h3>



<p class="wp-block-paragraph">La couverture médiatique qui a suivi cette alerte illustre un traitement polarisé désormais systèmatique. Franceinfo titre sur « un colorant controversé comportant des risques potentiels pour la santé », Reporterre sur « un colorant potentiellement dangereux ». À l&rsquo;inverse, certains sites spécialisés balaient d&rsquo;un revers de main toute préoccupation au nom du principe que la toxicité dépend de la dose, ou encore se lance dans un whataboutisme sur la dangerosité du sucre que les sirops contiennent en forte quantité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ni l&rsquo;un ni l&rsquo;autre de ces cadrages n&rsquo;est parfaitement rigoureux. Que dit la science ?</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC11002455/" target="_blank" rel="noreferrer noopener"></a><br></p>



<h3 class="wp-block-heading">Toxicologie dit : ni alarmisme ni déni<br></h3>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;E133, ou bleu brillant FCF, est autorisé en Europe après évaluation <a href="https://efsa.onlinelibrary.wiley.com/doi/10.2903/j.efsa.2010.1853">par l&rsquo;EFSA. Dans son réexamen de 2010</a>, l&rsquo;Autorité a fixé une Dose journalière admissible (DJA) de 6 mg par kg de poids corporel et par jour, dérivée d&rsquo;études de toxicité chronique avec une marge de sécurité importante. Aux niveaux d&rsquo;utilisation actuels, les estimations d&rsquo;exposition restent généralement inférieures à cette DJA pour la population adulte et, dans la plupart des scénarios, pour les enfants également. Seuls les très gros consommateurs, au 95e percentile des modèles conservateurs, pourraient approcher ou dépasser ce seuil.<br></p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur le plan toxicologique, l&rsquo;E133 présente une faible absorption intestinale, la majeure partie étant excrétée sans passer dans le sang. Aucune preuve de cancérogénicité ou de génotoxicité n&rsquo;a été retenue aux doses alimentaires. Des cas d&rsquo;hypersensibilité existent, comme pour d&rsquo;autres colorants, mais restent rares.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La question de l&rsquo;hyperactivité mérite un traitement plus précis que ce qu&rsquo;en font la plupart des articles. L&rsquo;étude de Southampton de 2007 et des méta-analyses ultérieures ont observé un effet modeste de certains mélanges de colorants artificiels sur l&rsquo;hyperactivité chez les enfants, y compris sans diagnostic préalable de TDAH. C&rsquo;est précisément pourquoi l&rsquo;Union européenne impose un étiquetage d&rsquo;avertissement sur plusieurs de ces colorants. Mais ces données concernent des cocktails de substances, pas l&rsquo;E133 isolément, et les effets observés restent modestes. Les facteurs confondants, notamment la teneur élevée en sucre des sirops eux-mêmes, compliquent sérieusement l&rsquo;interprétation.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Les limites par conception de l&rsquo;approche Yuka</h3>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;application fonctionne elle-même sur une logique binaire qui ignore le principe fondamental de la science et de la toxicologie : le risque est toujours le produit d&rsquo;un danger et d&rsquo;une exposition. Un composé peut présenter des effets à très haute dose en laboratoire sans aucun impact significatif aux niveaux réalistes d&rsquo;usage alimentaire. En classant systématiquement certains additifs comme problématiques sans pondérer sur la dose, la fréquence de consommation ni le contexte global de l&rsquo;alimentation, Yuka simplifie à l&rsquo;excès voire trompe la perception et peut générer une anxiété disproportionnée par rapport au risque réel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cela ne signifie pas que ses alertes sont sans valeur. Dans le cas du E133, l&rsquo;argument « additif purement cosmétique sans utilité nutritionnelle ni technologique » est recevable indépendamment des questions toxicologiques : pourquoi maintenir et faire ingérer un additif dont l&rsquo;unique fonction est esthétique, quand des alternatives existent, que le colorant n&rsquo;est pas autorisé en bio, et que sa suppression ne coûte rien à l&rsquo;industriel ? C&rsquo;est un argument de bon sens sur la minimisation des additifs, distinct d&rsquo;une alerte sanitaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le problème de Yuka est précisément de mélanger ces deux niveaux d&rsquo;argument, créant une confusion entre « inutile » et « dangereux » qui dessert la cause qu&rsquo;elle prétend défendre.</p>



<h3 class="wp-block-heading">La vraie priorité de santé publique pour les sirops</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui est frappant dans cette séquence médiatique, c&rsquo;est l&rsquo;absence presque totale de mention du vrai problème de santé publique que représentent les sirops de menthe : leur teneur extrêmement élevée en sucre, entre 600 et 700 grammes par litre pour la plupart des références commerciales. D&rsquo;un point de vue sanitaire,  cette teneur en sucre est incomparablement plus préoccupante que le E133 pour les mêmes enfants dont on prétend protéger la santé. L&rsquo;obésité infantile, le diabète de type 2, les caries dentaires : ce sont des pathologies documentées, avec des données épidémiologiques robustes, directement liées à la consommation de boissons sucrées.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette hiérarchisation des risques brille par son absence dans la couverture de la campagne Yuka. Elle n&rsquo;est pas dans l&rsquo;intérêt de l&rsquo;application, dont le modèle repose sur le scan de produits individuels plutôt que sur l&rsquo;alimentation globale. Mais elle serait dans l&rsquo;intérêt des consommateurs qu&rsquo;elle prétend informer.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Ce qu&rsquo;il est raisonnable de faire</h3>



<p class="wp-block-paragraph">La position la plus cohérente avec les données disponibles est simple. Préférer les versions sans colorant quand elles existent à prix comparable : c&rsquo;est une précaution raisonnable et peu coûteuse, fondée non pas sur un risque sanitaire avéré mais sur le principe de minimisation des additifs cosmétiques superflus. Demander aux industriels de supprimer un additif dont la seule fonction est esthétique et dont l&rsquo;alternative existe : c&rsquo;est légitime et proportionné. S&rsquo;inquiéter outre mesure de la consommation occasionnelle de sirop de menthe contenant du E133 chez un enfant qui mange globalement bien : c&rsquo;est excessif au regard des données de l&rsquo;EFSA.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La vraie santé passe par moins d&rsquo;ultra-transformés et plus de produits bruts, bien plus que par la traque isolée d&rsquo;un colorant bleu dans une bouteille de sirop vert.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><br></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Illustration : Andrea pour Science infused</em></p>



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		<title>Cancer du pancréas : daraxonrasib : une avancée thérapeutique majeure, et la patience qu&#8217;elle exige</title>
		<link>https://citizen4science.org/cancer-du-pancreas-daraxonrasib-une-avancee-therapeutique-majeure-et-la-patience-quelle-exige/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Fabienne Blum]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 15 Jun 2026 22:03:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Cancer]]></category>
		<category><![CDATA[Industrie pharmaceutique]]></category>
		<category><![CDATA[Médicaments]]></category>
		<category><![CDATA[Recherche clinique]]></category>
		<category><![CDATA[Santé]]></category>
		<category><![CDATA[Science]]></category>
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					<description><![CDATA[Les résultats de l&#8217;essai clinique RASolute 302 présentés à l&#8217;ASCO 2026 ont provoqué un moment rare en oncologie : une]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h3 class="wp-block-heading"><em><em>Les résultats de l&rsquo;essai clinique RASolute 302 présentés à l&rsquo;ASCO 2026 ont provoqué un moment rare en oncologie : une salle de chercheurs debout. Le daraxonrasib, développé par Revolution Medicines, double la survie médiane des patients en deuxième ligne de traitement. C&rsquo;est réel, c&rsquo;est solide, avec les nuances qui s&rsquo;imposent.</em></em></h3>



<h3 class="wp-block-heading">Un cancer particulier au pronostic défavorable<br></h3>



<p class="wp-block-paragraph"><br>Le cancer du pancréas métastatique est l&rsquo;un des rares cancers dont le pronostic n&rsquo;a quasiment pas changé depuis vingt ans. Moins de 4 % des patients atteints d&rsquo;un adénocarcinome canalaire pancréatique métastatique survivent cinq ans après le diagnostic. En deuxième ligne de traitement, c&rsquo;est-à-dire après l&rsquo;échec d&rsquo;une première chimiothérapie, les options disponibles offrent une survie médiane de six à sept mois. Ce chiffre brutal résume à lui seul pourquoi les résultats présentés le 31 mai 2026 en session plénière à l&rsquo;ASCO, grand congrès annuel de la recherche en oncologie, et publiés simultanément dans le <a href="https://www.nejm.org/doi/10.1056/NEJMoa2505783">New England Journal of Medicine</a>, ont provoqué une réaction inhabituelle dans un congrès d&rsquo;oncologie : une salle debout.</p><div id="citiz-3584101795" class="citiz-contenu citiz-entity-placement"><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-9064228701299411" crossorigin="anonymous"></script><ins class="adsbygoogle" style="display:block;" data-ad-client="ca-pub-9064228701299411" 
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<p class="wp-block-paragraph">Pour comprendre l&rsquo;avancée, il faut comprendre que plus de 90 % des cancers du pancréas sont porteurs d&rsquo;une mutation de la protéine RAS, un interrupteur de croissance cellulaire qui, lorsqu&rsquo;il est l&rsquo;objet d&rsquo;une mutation, reste bloqué en position « ON » et pousse les cellules à se diviser sans contrôle. Pendant des décennies, RAS a été considéré comme non susceptible d&rsquo;être sensible à des médicaments. La mise au point d&rsquo;inhibiteurs RAS(ON), qui ciblent précisément la forme active de cette protéine, représente l&rsquo;aboutissement de trente ans de recherche fondamentale.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h3 class="wp-block-heading">Ce que démontre l&rsquo;étude clinique RASolute 302</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Dans l&rsquo;essai de phase 3 RASolute 302 portant sur 500 patients, le daraxonrasib a démontré une survie globale médiane de 13,2 mois contre 6,7 mois sous chimiothérapie de référence, soit un doublement de la durée de survie des patients. Les deux critères principaux de l&rsquo;essai, survie sans progression et survie globale, ont été atteints. L&rsquo;essai incluait des patients avec tumeurs à mutation  RAS et RAS sauvages, ce qui élargit la population potentiellement admissible au-delà des seuls porteurs de mutations KRAS.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui distingue ce résultat des avancées précédentes, c&rsquo;est sa robustesse méthodologique : essai randomisé contrôlé, avec médicament comparateur actif représentatif de la pratique clinique mondiale, résultats considérés comme finaux dès la première analyse intermédiaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le profil de tolérance est également notable : moins d&rsquo;arrêts de traitement que sous chimiothérapie, effets indésirables de grade 3 ou plus chez environ un tiers des patients, et contraitement aux chimiothérapies nécessitant perfusion à l&rsquo;hôpital, une administration par voie orale orale quotidienne qui change concrètement la vie des patients traités.</p>



<h3 class="wp-block-heading">La suite : une stratégie d&rsquo;association déjà en préparation<br></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le daraxonrasib n&rsquo;est pas une fin en soi dans la stratégie de Revolution Medicines, et le programme de développement avance avec grande célérité. Le zoldonrasib (RMC-9805), inhibiteur sélectif de la mutation KRAS G12D, présente dans plus de 40 % des cancers du pancréas. Il est déjà est en cours d&rsquo;évaluation et a donné des résultats prometteurs en phase précoce. Le zoldonrasib a obtenu le statut de thérapie imnnovate par la FDA pour le cancer du poumon KRAS G12D, ce qui accélère son développement clinique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;objectif à terme est un doublet associantt deux cibles : le daraxonrasib, objet de la communication de l&rsquo;ASCO 2026, pour inhiber la voie RAS de façon large,et le zoldonrasib pour cibler spécifiquement la mutation dominante. Un essai de phase 3 évaluant précisément cette association en première ligne de cancer du pancréas métastatique, l&rsquo;essai RASolute 309, est prévu pour la seconde moitié de 2026 en Europe, soit demain. La logique est celle de la résistance : inhiber simultanément plusieurs points d&rsquo;une même voie oncogénique pour retarder les mécanismes d&rsquo;échappement tumoral.</p>



<h3 class="wp-block-heading">L&rsquo;accès au daraxonrasib en France : entre urgence et réalisme<br></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le daraxonrasib n&rsquo;est pas encore approuvé tant aux États-Unis qu&rsquo;en Europe. Revolution Medicines a annoncé son intention de soumettre une demande auprès des autorités réglementaires mondiales, dont la FDA américaine. L&rsquo;autorité réglementaires des États-Unis a  néeanmoins ouvert un programme d&rsquo;accès élargi le mois dernier, en mai 2026. Les demandes des patients dépassent actuellement les capacités du laboratoire pharmaceutique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En France, deux voies existent pour les patients qui ne peuvent pas attendre : l&rsquo;Autorisation d&rsquo;accès Compassionnel nominative via l&rsquo;ANSM pour les cas individuels, et la procédure d&rsquo;accès précoce pour les innovations à fort besoin médical non couvert. Cette deuxième voie est d&rsquo;ores et déjà étudiée, le processus américain d&rsquo;accès élargi actuel étant scruté.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les données justifient un examen accéléré et transparent par les autorités européennes et françaises, sans précipitation ni sur-promesse. Pour les patients et oncologues, il convient de consulter les registres d&rsquo;essais cliniques en cours, et d&rsquo;évoquer des demandes d’accès compassionnel avec les équipes spécialisées.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h3 class="wp-block-heading">Ce que ces résultats d&rsquo;étude ne sont pas</h3>



<p class="wp-block-paragraph">La rigueur scientifique et l&rsquo;éthique pour ne pas créer de faux espoirs commande de dire clairement ce que ces résultats ne signifient pas.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ils ne signifient pas une guérison. La survie médiane de 13,2 mois, si elle représente un doublement par rapport à la chimiothérapie, reste une médiane : la moitié des patients ne la dépassent pas. Les réponses prolongées existent, mais elles ne concernent pas tous les patients, et les mécanismes de résistance restent un défi majeur que la recherche commence à peine à caractériser.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les résultats ne s&rsquo;appliquent pas à tous les cancers du pancréas. Le daraxonrasib a montré une efficacité quelle que soit la mutation RAS, mais d&rsquo;autres sous-types histologiques ou moléculaires peuvent répondre différemment.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ils n&rsquo;exemptent pas les patients de l&rsquo;évaluation oncologique individuelle. Les biomarqueurs moléculaires, le profil de mutation RAS, l&rsquo;état général du patient et les comorbidités restent des éléments déterminants pour la décision thérapeutique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si le profil de tolérance et de sécurité est favorable, on manque encore de recul, médicament expérimental oblige, sur les effets indésirables potentiels et leur fréquence.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Enfin, ces résultats ne doivent pas faire oublier les priorités parallèles que ces avancées thérapeutiques ne remplaceront jamais : le diagnostic précoce, qui reste la clé de la survie à long terme dans ce cancer, et l&rsquo;accès équitable aux soins pour tous les patients, quelle que soit leur géographie ou leur situation sociale.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Un moment historique, avec les mots qu&rsquo;il mérite<br></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a dans cette étude clinique quelque chose qui dépasse les statistiques. Le cancer du pancréas est l&rsquo;un des cancers qui a le plus longtemps résisté aux progrès thérapeutiques de ces vingt dernières années. Pour les patients diagnostiqués en stade métastatique et pour les oncologues qui les accompagnent, doubler la survie médiane en deuxième ligne n&rsquo;est pas un chiffre : c&rsquo;est du temps précieux gagné, qui certes ne se compte qu&rsquo;en quelques mois, mais quand même la possibilité de voir deux fois plus loin, avec tous les événements de vie supplémentaires que ce la peut comprendre pour un patient. C&rsquo;est quelque chose que la chimiothérapie, traitement standard, ne permet pas d&rsquo;envisager.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La science avance par accumulation. Ce résultat est l&rsquo;aboutissement de trente ans de recherche fondamentale sur RAS, de nombreux essais aux résultats négatifs, et une ténacité collective qui mérite d&rsquo;être nommée. Il ouvre une ère nouvelle dans la prise en charge de ce cancer, à condition que les délais d&rsquo;accès en Europe soient réduits au minimum, que les essais d&rsquo;association se déroulent dans des délais raisonnables, et que les résultats continuent d&rsquo;être rapportés avec la même rigueur que ceux de RASolute 302. On devrait pouvoir compter sur Revolution Medicines qui à ce stade, porte bien son nom.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><br></p>



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		<title>Journalisme scientifique et récits marketing : des liaisons dangereuses illustrées par un étude de cas</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Fabienne Blum]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 02 May 2026 12:19:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Analyse]]></category>
		<category><![CDATA[Communication scientifique]]></category>
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					<description><![CDATA[L&#8217;hebdomadaire L&#8217;Express vient de consacrer un article enthousiaste à des travaux de recherche sérieux, les présentant comme un « changement de]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h2 class="wp-block-heading"><em>L&rsquo;hebdomadaire L&rsquo;Express vient de consacrer un article enthousiaste à des travaux de recherche sérieux, les présentant comme un « changement de paradigme » pour le combat contre le cancer et menés par un chercheur « baroque » à contre-tendance. Un exemple particulièrement éclairant de déformation narrative de l&rsquo;information scientifique</em></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La tendance est inquiétante, sans être pour autant nouvelle. C&rsquo;est un article de L&rsquo;Express datée du 28 mars dernier qui a attiré notre attention. L&rsquo;article est payant, mais le peu qui est lisible sur internet a de quoi émoustiller : on y parle de « projet à front renversé », par un chercheur au « CV baroque » n&rsquo;est « ni oncologue ni épidémiologiste », « ny connaît pas grand chose aux tumeurs » mais il va peut-être bien « modeler quelques-unes des futures révolutions en cancérologie ».</p><div id="citiz-3584101795" class="citiz-contenu citiz-entity-placement"><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-9064228701299411" crossorigin="anonymous"></script><ins class="adsbygoogle" style="display:block;" data-ad-client="ca-pub-9064228701299411" 
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<p class="wp-block-paragraph">On aurait donc un chercheur qui décroche une bourse prestigieuse pour mener des recherches à contre-pied de la recherche normale hors de son domaine d&rsquo;expertise ? Scandale ou génie ? Il nous faut nous procurer cet article. Au kiosque à journeaux, L&rsquo;Express est arrivé à ses fins, nous extirpant quelques euros. Nous nous préparons donc à lire un article de révolution scientifique par un scientifique révolutionnaire. Nous allons être surpris. Mais dans quel sens ?</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h3 class="wp-block-heading">De la vraie science, un récit inventé</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Nous analysons souvent dans nos colonnes l&rsquo;information et la désinformation en science et santé. Cette dernière est parfois grossière, ce qui a l&rsquo;intérêt de la rendre facilement identifiable.  On peut citer dans nos sujets récents les blogs « techno-enthousiastes » à base d&rsquo;annonces spectaculaires reprenant ce qui buzz sur les réseaux sociaux, des promesses excessives sur résultats scientifiques préliminaires, qui donne l&rsquo;image d&rsquo;une science faite d&rsquo;une succession de ruptures spectaculaires permanentes.  Ces formats sensationnalistes sont relativement faciles à identifier. Ils exagèrent, ils dramatisent, politisent souvent, et leur façon de rouler des mécanique finit généralement par se voir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une forme plus subtile de déformation et d&rsquo;exploitation narrative de la science existe. Elle ne repose pas sur l&rsquo;invention et l&rsquo;extrapolation à outrance de résultats, mais sur une transformation plus profonde du récit scientifique lui-même : construire, autour de recherches parfaitement solides, une histoire inventée de changement de paradigme dans la manière dont fonctionne la recherche biomédicale, comme si certaines approches constituaient des renversements méthodologiques alors qu&rsquo;elles relèvent de continuités anciennes et parfaitement établies.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://www.lexpress.fr/sciences-sante/cancer-paul-bastard-25-millions-de-dollars-pour-renverser-le-combat-contre-les-tumeurs-FU5B3PRXAJE7NJBYOECZEMTOSI/">L&rsquo;article publié par L&rsquo;Express le 28 mars 2026</a> autour du projet ATLAS coordonné par le Dr Paul Bastard, en fournit une illustration particulièrement éclairante sur ses mécanismes. Le projet vient d&rsquo;obtenir un financement de 25 millions de dollars dans le cadre de Cancer Grand Challenges, initiative portée notamment par Cancer Research UK et le National Cancer Institute. Les travaux sont sérieux, le financement est prestigieux, la question scientifique est pertinente. Le problème n&rsquo;est pas la science, mais la construction d&rsquo;un récit qui en déforme des aspects notables.<br></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h3 class="wp-block-heading">Les règles du journalisme : savoir analyser les sources</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Nous aurions pu placer ce paragraphe ultérieurement, mais autant le dire tout de suite parce c&rsquo;est clé : La règle cardinale du journalisme, scientifique ou autre, est simple : savoir analyser la nature et la fiabilité des sources, privilégier les sources primaires. Le Conseil de Déontologie Journalistique et de Médiation (CDJM) le rappelle explicitement dans sa <a href="http://cdjm.org/le-traitement-des-questions-scientifiques">recommandation sur le traitement journalistique des questions scientifiques</a> : Il est essentiel de privilégier les publications originelles plutôt que les communiqués de presse et les briefings des communicants. L&rsquo;exigence est la même dans le code d&rsquo;éthique de la <a href="http://spj.org">Society of Professional Journalists</a> , référence mondiale depuis 1973 : utiliser les sources originales chaque fois que possible, vérifier l&rsquo;information avant publication, et ne jamais laisser la vitesse de publication prendre le pas sur l&rsquo;exactitude des faits. Les standards internationaux du journalisme scientifique, ou tout simplement la charte de Munich  sont plus directs encore : les communiqués de presse sont des documents de marketing et le journaliste n&rsquo;est pas un publicitaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour le sujet en question, quelle est la source ? S&rsquo;agissant d&rsquo;une bourse de recherche, elle se trouve sur le site de Cancer Grand Challenges, accessible au public. L&rsquo;organisme explique ce qu&rsquo;il finance avec cette bourse et la justification de son attribution. On nous y explique que si de nombreuses études se concentrent sur les causes actives du cancer, et qu&rsquo;il est « également nécessaire » de comprendre comment les réponses naturelles de l&rsquo;organisme peuvent empêcher son développement. Ce « également » est essentiel : il exprime une complémentarité, pas une inversion, pas une rupture, pas un changement de paradigme. Nulle part est-il question de changement de paradigme pour le projet choisi. Elle décrit en fait un projet ambitieux par son envergure, explorant le rôle possible d&rsquo;auto-anticorps modulateurs d&rsquo;immunité dans les mécanismes de résistance au cancer. Un projet important, prometteur, mais inscrit dans les continuités classiques de l&rsquo;immunologie translationnelle en oncologie.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Ce que l&rsquo;article affirme à la place, et l&rsquo;erreur factuelle<br></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le contraste avec le traitement de L&rsquo;Express est saisissant. Le titre évoque une lutte « à front renversé », le chapô parle de « contre-pied », le texte multiplie les références à une démarche « hors des clous », « impertinente », « renversant les paradigmes ». L&rsquo;article affirme par ailleurs que le financement obtenu relèverait d&rsquo;une bourse examinant « uniquement les projets de rupture ». Cette formulation est factuellement contestable. Le programme Cancer Grand Challenges finance des projets ambitieux, interdisciplinaires et à fort potentiel, sélectionnés pour leur capacité à répondre à des défis scientifiques complexes identifiés par un comité international, parmi dix-huit défis médicaux actifs allant des tumeurs pédiatriques aux inégalités face au cancer. Il ne se définit nulle part comme un mécanisme exclusivement réservé à des changements de paradigme. La nuance est décisive : un projet peut être ambitieux pour son impact en santé publique, sans constituer un renversement méthodologique, et confondre ambition scientifique et rupture conceptuelle déforme la nature même de la recherche. Le CDJM est sans ambiguïté sur ce point : il importe, sur les questions scientifiques, d&rsquo;être particulièrement attentif à ce que titraille, chapô et annonces d&rsquo;un sujet n&rsquo;en altèrent pas le sens ou la portée.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Un parcours « baroque » ou cohérent ?</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le storytelling de l&rsquo;article a été posé. Mais il va être enjolivé, tant qu&rsquo;à faire, par la présentation d&rsquo;un chercheur, totalement « profane » en oncologie. On peut imaginer dans l&rsquo;esprit du lecteur que se forme alors l&rsquo;idée du génie, qui débarque dans un domaine médical complexe sans la moindre formation ou expertise dans le domaine. C&rsquo;est fâcheux pour l&rsquo;image de la science, basée sur l&rsquo;expertise en la matière.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors, qu&rsquo;en est-il ?  Sans surprise, cette présentation ne résiste pas à l&rsquo;examen. Paul Bastard est médecin pédiatre, formé à Paris et Madrid, ayant suivi un master à l&rsquo;Université Rockefeller de New York avant de revenir en résidence d&rsquo;immunologie pédiatrique et de soutenir une thèse. Ses recherches portent sur les déterminants génétiques et immunologiques des maladies virales graves, notamment les causes et conséquences des auto-anticorps dirigés contre les interférons de type I. Ce parcours n&rsquo;a rien de marginal : il est précisément situé à l&rsquo;intersection de l&rsquo;immunologie fondamentale et de l&rsquo;immunopathologie clinique, dans des institutions académiques de tout premier rang mondial.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Or l&rsquo;immunologie constitue aujourd&rsquo;hui l&rsquo;un des piliers centraux de la recherche oncologique contemporaine. L&rsquo;immuno-oncologie, qui intègre des approches conçues pour renforcer ou réactiver la capacité du système immunitaire à lutter contre le cancer, a connu une transformation majeure récompensée par le prix Nobel de médecine 2018. Des milliers d&rsquo;immunologistes travaillent aujourd&rsquo;hui sur le cancer dans le monde entier. Présenter un immunologiste spécialiste des auto-anticorps qui s&rsquo;attaque à une question d&rsquo;oncologie comme profane du domaine relève moins de l&rsquo;analyse scientifique que de la scénarisation journalistique assez trompeuse, quand on sait que nombre de médicaments oncologiques de dernière génération sont des médicaments biologiques, précisément des &#8230; anticorps humanisés. L&rsquo;éducation du public à ces disciplines scientifiques et leur présentation erronée comme s&rsquo;il s&rsquo;agissait de silos, en prend donc un sérieux coup.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La figure du « génie outsider » est un ressort narratif classique. Elle fonctionne bien. Mais elle déforme ici la réalité. D&rsquo;ailleurs, le CDJM met en garde contre ce biais en lien avec l&rsquo;expertise ou la non-expertise : vérifier la valeur d&rsquo;un expert auprès de ses pairs, en particulier quand sa position détonne, et ne pas considérer que le statut social ou la renommée d&rsquo;un scientifique en font automatiquement un porteur de vérité scientifique. Mais aussi l&rsquo;inverse, et c&rsquo;est ce qui nous intéresse dans notre cas pratique : ne pas construire un récit de rupture sur la prétendue marginalité d&rsquo;un chercheur qui n&rsquo;est en réalité pas marginal.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h3 class="wp-block-heading">Une rupture historiquement imaginaire<br></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le cœur du récit repose sur une opposition : la recherche se serait historiquement concentrée sur les causes du cancer, tandis que le projet adopterait une approche « inverse » centrée sur les mécanismes de résistance. Cette opposition est historiquement inexacte. On joue ici d&rsquo;un biais cognitif classique : le faux dilemme. Faire croire que la recherche scientifique est centrée sur un aspect technique alors qu&rsquo;elle est multfactorielle et désormais translationnelle.  L&rsquo;étude des personnes exposés mais non malades, des trajectoires atypiques, des résistances naturelles et des facteurs protecteurs est constitutive de l&rsquo;épidémiologie, de l&rsquo;immunologie et de la médecine expérimentale depuis des décennies. La pandémie de Covid-19 en a fourni une illustration récente et frappante : l&rsquo;analyse de clusters familiaux où certains individus restaient indemnes malgré une exposition comparable a conduit à l&rsquo;identification de déterminants immunologiques et génétiques spécifiques. C&rsquo;est une logique que les membres de l&rsquo;équipe ATLAS ont eux-mêmes appliquée en découvrant le lien entre auto-anticorps et sévérité du Covid-19. Cette démarche n&rsquo;a rien de nouveau. Elle appartient au socle classique de la recherche scientifique. Présenter cette continuité comme un « pari inverse » revient à fabriquer artificiellement de la nouveauté là où il n&rsquo;y a qu&rsquo;un approfondissement légitime et parfaitement attendu. <a href="https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/dossiers/DLR5L17N53359" target="_blank" rel="noreferrer noopener"></a></p>



<h3 class="wp-block-heading">D&rsquo;où vient ce récit déformant ? Circulation mimétique et amplification d&rsquo;un briefing institutionnel</h3>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est ici que le dossier devient particulièrement instructif, parce que nous avons pu idenifier la source du récit marketing de L&rsquo;Express. Nous l&rsquo;avons vu, le cadrage de rupture n&rsquo;est pas donné par l&rsquo;organisme prestigieux qui a analysé les travaux de recherche et décidé de les financer par une bourse. Pour autant, ce n&rsquo;est pas une invention de L&rsquo;Express. Le storytelling marketing apparaît dans certaines communications institutionnelles intermédiaires : des formulations évoquant une approche « inverse » ou un « changement de paradigme » circulent dans des supports de valorisation académique, comme la communication officielle de l&rsquo;Université Paris Cité qui titre « Un changement de paradigme en oncologie ». Paris Cité n&rsquo;a rien inventé non plus, elle reprend en fait mot pour mot le paragraphe d&rsquo;une communication institutionnelle de l&rsquo;Institut Imagine auquel est affilié le Dr Bastard : « Un changement de paradigme en oncologie &#8211; Traditionnellement, la recherche s&rsquo;est concentrée sur l&rsquo;identification des facteurs qui favorisent l&rsquo;apparition des tumeurs. L&rsquo;équipe ATLAS fait le pari inverse : étudier les barrières qui s’opposent à leur développement sur une recherche ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Chaque mot de cette phrase mérite examen, car c&rsquo;est elle qui a fourni à L&rsquo;Express son titre, son chapô et l&rsquo;ensemble de son lexique de rupture.</p>



<p class="wp-block-paragraph">« Traditionnellement » est le premier signal d&rsquo;alarme, et le plus profond. En science, ce mot est presque une contradiction dans les termes. La recherche scientifique, y compris méthodes  ne fonctionne pas par tradition : elle fonctionne par accumulation de preuves, révision permanente des hypothèses et méthodologies, et remise en question constante des résultats antérieurs. Ce qui est vrai aujourd&rsquo;hui peut être infirmé demain. Ce qui semblait établi peut être nuancé par une nouvelle étude, évoluer au gré d&rsquo;une nouvelle méthodologie en raisons des limites de la précédente. La tradition, au sens de pratique reconduite par habitude ou convention, est précisément ce contre quoi la méthode scientifique est construite. Dire que la recherche a « traditionnellement » procédé d&rsquo;une certaine façon, c&rsquo;est donc appliquer à la science un concept qui lui est étranger, et qui sert ici un seul objectif : construire artificiellement un avant figé pour mieux faire briller un après innovant. Ce mot devrait toujours déclencher une question réflexe : traditionnel par rapport à quoi, sur quelle période, avec quelles sources à l&rsquo;appui ? Ici, il n&rsquo;est suivi d&rsquo;aucune de ces précisions, parce que son rôle n&rsquo;est pas descriptif : il est narratif. « Fait le pari » est plus révélateur encore. Une hypothèse de recherche n&rsquo;est pas un pari : c&rsquo;est une proposition fondée sur  des observations préliminaires, des données existantes, une logique théorique cohérente. L&rsquo;éthique de la recherche  médicale veut d&rsquo;ailleurs que tout projet de recherche soit justifié. Présenter un chercheur comme un parieur est dès lors problématique. Ce mot appartient au registre de la communication, pas à celui de la science. « L&rsquo;approche inverse », enfin, est le nœud logique de toute la phrase : elle transforme un continuum de recherche en dichotomie, une complémentarité en opposition radicale. C&rsquo;est ce terme qui a possiblement donné la paraphrase  « à front renversé » et « contre-pied » de L&rsquo;Express, et l&rsquo;ensemble du lexique de rupture de l&rsquo;article de leur article. La chaîne causale est limpide : l&rsquo;institution écrit « approche inverse », le journaliste lit « renversement », le lecteur reçoit « révolution ». Chaque maillon amplifie légèrement le précédent. La communication institutionnelle valorise, positionne, séduit. C&rsquo;est un récit pour vendre ce que le journalisme n&rsquo;est pas.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Le contraste saisissant du traitement journalistique international</h3>



<p class="wp-block-paragraph">La comparaison avec la presse anglo-saxonne est particulièrement éclairante, parce qu&rsquo;elle démontre que le récit marketing de rupture est une création française. Cancer Research UK décrit ATLAS comme un projet dont les travaux « ont le potentiel de changer notre compréhension du rôle du système immunitaire dans le cancer. » Pharmaphorum résume sobrement : l&rsquo;équipe « examinera ce qu&rsquo;on peut apprendre de personnes qui ne développent pas de cancer malgré des habitudes à risque. » UT Southwestern écrit que l&rsquo;équipe « cherchera à identifier les mécanismes biologiques sous-jacents à la résistance aux tumeurs. » Pas un seul « paradigme », pas un seul « renversement », pas un seul « contre-pied » dans l&rsquo;ensemble de la couverture institutionnelle et journalistique anglophone, et pour cause.  Evidemment, c&rsquo;est moins vendeur pour le grand public. C&rsquo;est le cours ordinaire des choses en science, et « la science, c&rsquo;est long » (Emmanuelle Charpentier, prix Nobel de chimie).<a href="https://42mag.fr/2026/04/senat-adopte-une-proposition-de-loi-contre-le-pillage-des-contenus-culturels-par-lia/" target="_blank" rel="noreferrer noopener"></a></p>



<h3 class="wp-block-heading">Une déformation narrative qui questionne d&rsquo;un point de vue déontologique mais aussi éthique</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Il n&rsquo;y a ici aucune falsification. Les données sont réelles, les financements existent, le projet est scientifiquement solide. Mais l&rsquo;histoire racontée les déforment, parce qu&rsquo;elle transforme une continuité scientifique en rupture spectaculaire, qu&rsquo;elle substitue une dramaturgie de l&rsquo;innovation à une description rigoureuse de la méthode, parce qu&rsquo;elle remplace l&rsquo;analyse journalistique critique des sources par la reprise amplifiée d&rsquo;un récit marketing nstitutionnel. Le CDJM nomme précisément ce risque en matière médicale ;  il est éthique : veiller à ne pas créer d&rsquo;espoirs non fondés chez des personnes atteintes de maladies graves, et rendre compte avec prudence des recherches et découvertes médicales annoncées par des chercheurs, qui ont rarement un impact immédiat sur l&rsquo;amélioration des traitements. Ce principe s&rsquo;applique avec une force redoublée lorsque la découverte est présentée non seulement comme prometteuse, mais comme révolutionnaire. <a href="https://www.seban-associes.avocat.fr/proposition-de-loi-darcos-instauration-dune-presomption-dexploitation-des-contenus-culturels-par-les-fournisseurs-dintelligence-artificielle/" target="_blank" rel="noreferrer noopener"></a></p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://42mag.fr/2026/04/senat-adopte-une-proposition-de-loi-contre-le-pillage-des-contenus-culturels-par-lia/" target="_blank" rel="noreferrer noopener"></a></p>



<h3 class="wp-block-heading">Former au journalisme scientifique est aussi urgent que de former les citoyens à la démarche scientifique </h3>



<p class="wp-block-paragraph">Ce cas dépasse largement un article particulier. Il révèle une faiblesse structurelle du journalisme scientifique français : l&rsquo;insuffisante qualification des sources et la trop grande perméabilité aux récits de valorisation institutionnelle. </p>



<p class="wp-block-paragraph">On a l&rsquo;habitude, à juste titre, d&rsquo;insister sur la nécessité d&rsquo;éduquer le grand public à l&rsquo;esprit critique et à la science, et à lutter contre la désinformation en santé.<br>Mais cette exigence doit s&rsquo;appliquer avec la même force aux professionnels chargés de transmettre l&rsquo;information scientifique. Former les journalistes à distinguer une source objective d&rsquo;un communiqué de presse de valorisation, à identifier les glissements narratifs entre niveaux institutionnels, à repérer les reformulations promotionnelles qui circulent d&rsquo;une institution à l&rsquo;autre avant d&rsquo;atterrir dans la presse grand public : voilà un chantier important.  Car une société ne peut développer une culture scientifique solide si l&rsquo;information censée la transmettre se transforme en récit marketing qui malmène la réalité scientifique. En France, sur ce second chantier, il reste beaucoup de chemin à faire. La science n&rsquo;a pas besoin d&rsquo;être scénarisée de façon spectaculaire pour être passionnante. Elle demande d&rsquo;être lue, comprise, contextualisée, puis racontée avec exactitude. C&rsquo;est précisément à cette condition que le journalisme scientifique demeure du journalisme, et non le relais de communications marketing.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Illustration d&rsquo;en-tête : Andrea pour Science infused</em></p>



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			</item>
		<item>
		<title>Expertise et désinformation en santé : une tribune des agences sanitaires floue qui esquive l&#8217;essentiel</title>
		<link>https://citizen4science.org/expertise-et-desinformation-en-sante-une-tribune-des-agences-sanitaires-floue-qui-esquive-lessentiel/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 29 Apr 2026 20:00:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Analyse]]></category>
		<category><![CDATA[Communication scientifique]]></category>
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		<category><![CDATA[Expert]]></category>
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		<category><![CDATA[France]]></category>
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		<category><![CDATA[Sciences de l'information et de la communication]]></category>
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					<description><![CDATA[Les principaux dirigeants des agences sanitaires françaises (ANSM, HAS, Santé publique France, ANSES) publient dans Le Monde une tribune collective]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h2 class="wp-block-heading">Les principaux dirigeants des agences sanitaires françaises (ANSM, HAS, Santé publique France, ANSES) publient dans Le Monde une tribune collective pour défendre l’expertise scientifique face à la  désinformation. Derrière les appels au pluralisme et à la confiance, ce texte reste étonnamment superficiel et révèle surtout une difficulté persistante des institutions à pratiquer l’autocritique.</h2>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://www.lemonde.fr/sciences/article/2026/04/14/toute-decredibilisation-de-l-expertise-scientifique-alimente-la-defiance_6679916_1650684.html">La tribune datée du 14 avril</a> publiée dans Le Monde rappelle que les décisions de santé publique reposent sur des évaluations collégiales et transparentes. Elle insiste sur le pluralisme comme vertu scientifique et sur la nécessité de protéger les experts. Ces points sont justes, mais ils sont présentés de manière abstraite, sans jamais entrer dans le concret des mécanismes qui produisent ou fragilisent réellement l’expertise. On peine à savoir à qui s’adresse ce texte : aux citoyens ? aux scientifiques ? aux décideurs politiques ? Il pourrait tout aussi bien avoir été écrit par un citoyen lambda inquiet, tant il reste flou et généraliste.</p><div id="citiz-3584101795" class="citiz-contenu citiz-entity-placement"><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-9064228701299411" crossorigin="anonymous"></script><ins class="adsbygoogle" style="display:block;" data-ad-client="ca-pub-9064228701299411" 
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</div>



<p class="wp-block-paragraph"><br></p>



<h3 class="wp-block-heading">Le « pluralisme » en science invoqué, mais le consensus scientifique passé sous silence</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Les auteurs soulignent à juste titre que le pluralisme fait partie de la démarche scientifique. Mais ils omettent d&rsquo;expliquer un élément central que tout lecteur non initié ignore : en science, le pluralisme n&rsquo;est pas une fin en soi. Il sert à construire, par confrontation rigoureuse des hypothèses et des données, un consensus, certes temporaire, mais qui permet d&rsquo;avancer, de prendre des décisions collectives et de faire à l&rsquo;instant T état des données de la science.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lorsque ce consensus évolue, comme cela s&rsquo;est produit à plusieurs reprises à rythme rapde pendant la pandémie de Covid-19, les institutions ont régulièrement présenté ces révisions comme de simples ajustements techniques plutôt que comme les corrections normales et saines qu&rsquo;elles étaient. Cette façon de gommer les débats internes renforce chez une partie du public le sentiment que l&rsquo;expertise est monolithique, et donc suspecte dès qu&rsquo;elle change d&rsquo;avis. Les désinformateurs, critiqués par ces mêmes institutions, en on fait leur lit.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Comment demander aux citoyens de faire confiance au processus scientifique sans jamais leur expliquer en quoi ce processus consiste ?</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h3 class="wp-block-heading">Une responsabilité externalisée, une rhétorique de victimisation<br></h3>



<p class="wp-block-paragraph">La tribune attribue presque exclusivement la perte de confiance à la désinformation extérieure et aux attaques personnelles contre les experts. Cette lecture n&rsquo;est non seulement incomplète. Elle apparaît potentiellement même, contre-productive. Elle est extremement proche du raisonnement et de la rhétorique du rapport institutionnel <em>Désinformation en santé</em> que nous avons eu largement l&rsquo;occasion de critiquer. Ce n&rsquo;est sans doute pas un hasard.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La défiance naît aussi, et peut-être d&rsquo;abord, des failles internes du système : communications publiques trop affirmatives sur des sujets encore incertains, délais dans la reconnaissance de certains signaux de sécurité, disqualification trop rapide de critiques argumentées venues de scientifiques qualifiés extérieurs aux cercles médiatico-institutionnels.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En adoptant une rhétorique où les experts institutionnels ou académiques apparaissent perpétuellement assiégés et jamais responsables, les auteurs reproduisent exactement les codes qu&rsquo;ils dénoncent sur les réseaux sociaux : le camp des bons contre le camp des mauvais, la victimisation comme posture, l&rsquo;introspection absente. Nos colonnes l&rsquo;ont déjà documenté : ce mimétisme est l&rsquo;un des moteurs les plus puissants de la polarisation sanitaire en France.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Vers une expertise plus crédible : ce que cela implique concrètement<br></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Une véritable défense de l&rsquo;expertise ne passe pas par des tribunes dans Le Monde. Elle passe par des actes. Cela suppose, en premier lieu, d&rsquo;accepter publiquement que l&rsquo;expertise produite par les agences n&rsquo;est jamais parfaite : qu&rsquo;elle est le produit d&rsquo;un processus humain, institutionnel, parfois contraint par des calendriers politiques ou des pressions budgétaires. Cela suppose ensuite de nommer les incertitudes réelles au moment où elles existent, plutôt que de les minimiser dans les communications publiques et de les reconnaître six mois plus tard quand l&rsquo;opinion a déjà tranché. Cela suppose enfin de traiter les conflits d&rsquo;intérêts non pas comme une formalité déclarative mais comme une exigence de conception : qui participe à l&rsquo;expertise, selon quels critères, avec quelle diversité de points de vue ? L&rsquo;Espagne vient de montrer, avec le rapport de son agence du médicament sur l&rsquo;homéopathie, ce que « dire la vérité clairement aux citoyens » signifie concrètement. Nous dédions un article très prochainement à cette communication ibérique en santé. Ce n&rsquo;est pas hors de portée.</p>



<h3 class="wp-block-heading">La confiance ne se décrète pas<br></h3>



<p class="wp-block-paragraph">La tribune des dirigeants d&rsquo;agences sanitaires françaises est en fait révélatrice d&rsquo;un malaise plus large et plus ancien. Tant que les institutions sanitaires françaises continueront à se poser en victimes sans pratiquer une introspection rigoureuse sur leurs propres pratiques de communication, elles contribueront elles-mêmes à la défiance qu&rsquo;elles déplorent. La crise de l&rsquo;expertise sanitaire n&rsquo;est pas seulement une attaque extérieure contre la science. Elle est aussi le symptôme d&rsquo;un système qui doit se réformer s&rsquo;il veut retrouver sa légitimité auprès des citoyens.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La confiance ne se décrète pas. Elle se reconquiert par la rigueur, la transparence et l&rsquo;honnêteté intellectuelle, y compris, et peut-être surtout, lorsqu&rsquo;il s&rsquo;agit de reconnaître ses propres erreurs.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">Face à cette obstination politique, le regard incisif et humoristique de <a href="http://&lt;!-- wp:html --&gt; https://www.facebook.com/watch/?v=750090884728181 &lt;!-- /wp:html --&gt;">Nicole Ferroni fait mouche. Dans son sketch viral,</a> elle met en scène le retour du « nouvel album Loi Duplomb 2 », comme si rien n’avait changé. </p>



<p class="wp-block-paragraph">« L’erreur est humaine, mais persévérer… « , lance-t-elle avec justesse. Ce clin d’œil citoyen rappelle utilement qu’il ne suffit pas de revenir à la charge pour avoir raison face aux faits et à l’exigence de précaution.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Illustration d&rsquo;en-tête : Andrea pour Science infused</em></p>



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<p class="wp-block-paragraph"></p>



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<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2022/04/jaimelinfo.png"></a></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>&#8216;Frontière », exposition à la Cité des Sciences et de l&#8217;Industrie</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Alain Girodet]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 17 Apr 2026 20:02:54 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Chronique]]></category>
		<category><![CDATA[Cité des Sciences et de l'Industrie]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Exposition]]></category>
		<category><![CDATA[Géographie]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Science]]></category>
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					<description><![CDATA[Rien peut-être ne paraît plus évident à définir et à concevoir que l’idée de la frontière et combien de millions]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap has-medium-font-size wp-block-paragraph">Rien peut-être ne paraît plus évident à définir et à concevoir que l’idée de la frontière et combien de millions d’hommes, malheureux naïfs, depuis tant de siècles, sont morts d’avoir voulu croire que tout, à tout jamais, de façon nette et claire, les différenciait des habitants du pays voisin ?</p><div id="citiz-3584101795" class="citiz-contenu citiz-entity-placement"><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-9064228701299411" crossorigin="anonymous"></script><ins class="adsbygoogle" style="display:block;" data-ad-client="ca-pub-9064228701299411" 
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</div>



<p class="has-drop-cap has-medium-font-size wp-block-paragraph"></p>



<p class="has-medium-font-size wp-block-paragraph">Pourtant, avec son habituel savoir faire technique et pédagogique, la Cité des Sciences de La Villette s’empare du thème de la frontière pour remettre en question nos idées reçues et questionner nos évidences.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il n’y a pas, nous apprend-on de véritable différence entre « frontière naturelle » et « frontière artificielle ». En fait, en réalité, toutes les frontières sont toujours artificielles. La notion-même de frontière est de création très récente, et les langues nous montrent à quel point elle peut renvoyer à des idées très différentes : le mot français « frontière » insiste sur l’idée de confrontation, tandis que le mot italien « confine » renvoie, lui, à l’idée d’un partage. En anglais, « <em>border</em> » signifie la relation tandis que « <em>bordering</em> » signifie, lui, la mise à distance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lorsqu’on les croit «&nbsp;naturelles&nbsp;», les frontières ne se devinent guère, voire pas du tout. C’est ce qui apparaît nettement sur les photos de Valerio Vincenzo (frontières entre la Pologne ou la Lituanie ou entre l’Allemagne et le Danemark).</p>



<p class="wp-block-paragraph">D’ailleurs certains pays peinent à connaître réellement la frontière avec leur voisin immédiat ( ainsi la frontière guyanaise et brésilienne, totalement imperceptible au milieu de la jungle amazonienne).</p>



<p class="wp-block-paragraph">En revanche, même lorsqu’elle a disparu, la frontière marque longtemps les esprits humains&nbsp;: elle subsiste dans les mémoires des hommes, bien longtemps après leur effacement sur les cartes. Ainsi, le fantôme de la frontière de la guerre froide qui se retrouve sur la carte des élections fédérales de 2025 (la différence de vote est très nette entre les pays de l’ex RFA et ceux de l’ex RDA&nbsp;: on est d’un même pays, à présent, mais l’on continue à penser différemment, très à gauche ou très à droite) Ou bien encore l’absence de relation cordiale entre les villes d’Aisleben (autrefois en Allemagne de l’ouest) et celle de Gompertshausen (autrefois en Allemagne de l’est).</p>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><a href="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2026/04/DSC0021-scaled.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="778" src="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2026/04/DSC0021-1024x778.jpg" alt="" class="wp-image-17939" style="aspect-ratio:1.3162309898793094;width:510px;height:auto" srcset="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2026/04/DSC0021-1024x778.jpg 1024w, https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2026/04/DSC0021-300x228.jpg 300w, https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2026/04/DSC0021-768x584.jpg 768w, https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2026/04/DSC0021-1536x1168.jpg 1536w, https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2026/04/DSC0021-2048x1557.jpg 2048w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Et puis, certaines frontières peuvent paraître totalement invisibles et néanmoins conserver une présence forte. C’est le cas du cyberespace. Rien ne se voit à l’extérieur et pourtant le chemin est balisé et bien concret (câbles sous-marins ou terrestres, satellites) et il exige des accords réciproques des autorités limitrophes. Les frontières sont invisibles mais bien réelles&nbsp;:&nbsp; en Ukraine, durant une partie de la guerre, la circulation d’information a pu être interrompue par les interventions russes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Finalement, les incidences de cette frontière du cyberespace sont bien plus évidentes que celles de la frontière entre le Mexique et les États-Unis, le fameux mur&nbsp; de Monsieur Trump&nbsp;: 3200 kilomètres de béton réputés inviolables, mais qui, en fait, laissent passer 250 millions de personne par an par 42 points officiels. Un comble&nbsp;!</p>



<p class="wp-block-paragraph">Certaines frontières, de par leur complexité, autorisent des régimes d’application discutables, c’est le cas des frontières maritimes, régies par trois lignes successives&nbsp;: ligne de côte, mer territoriale et zone économique exclusive.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Certaines autres frontières étaient laissées plus ou moins sans surveillance, jusqu’à un incident particulier. Pendant longtemps, entre l’Algérie et le Niger, il n’y avait que le Sahara, sans que personne ne s’en soucie, jusqu’à la découverte d’un filon aurifère. Les autorités algériennes décidèrent, à grands coups de pelleteuses, l’édification de murs de sable, afin d’interdire aux orpailleurs de venir piller ce qu’elles considèrent comme leur bien. Ces murs de sable sont devenus, avec quelques camps militaires de temps en temps, la trace perceptible de la frontière, dorénavant fixée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">D’ailleurs, la frontière souvent n’a guère d’importance jusqu’à quelque difficulté politique. Ainsi celle qui sépare le Venezuela&nbsp; de la Colombie, et qui, depuis la crise économique et sociale du Venezuela, entre 2016 et 2026, a vu passer 8 millions de personnes ou celle entre la République Centre Africaine et le Cameroun. Dans ces cas, comme le souligne Fernando Garlin Politis, observateur en Colombie, la frontière devient le «&nbsp;théâtre d’une violence banalisée&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est le cas, plus proche de nous, aux frontières de l’Europe, et une section de l’exposition présente, sous forme de colonne défilante, une édifiante et tragique liste des 70 000 morts à la frontière de l’Europe depuis 1993. On éprouve toujours en Europe une immense difficulté à distinguer entre immigrés (qui auraient, pense-t-on ordinairement, des raisons majeures de vouloir quitter leur pays d’origine) et migrants (qui ne le feraient, pense-t-on encore, que pour leur confort personnel). Les circonstances d’accueil sont souvent des plus dramatiques et beaucoup trouvent la mort. En fait, comme l’illustre une représentation de l’architecte Theo Deutinger datant de 2006, un monde riche inquiet «&nbsp;s’enferme&nbsp;» derrière ses frontières.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il peut arriver, cependant, que la folie des hommes débouche sur un bienfait pour la terre. On en trouve un exemple en Asie. La frontière entre les deux Corées négocie une zone démilitarisée nommée DMZ de 4 kilomètres de large, zone qui n’a aucune raison d’exister puisque les deux pays sont officiellement toujours en guerre, aucun traité de paix n’ayant suivi l’Armistice de 1953, et zone dans laquelle, en théorie, nul n’ a le droit de pénétrer. Dans les faits, comme a pu l’observer, sur place, Valérie Gelézeau, cette zone contient encore des lieux mémoriels ou d’observatoire. On y va, on s’y promène, on y prie, on y vit, et puis, peut-être surtout, cette zone est devenue l’une des plus grandes réserves naturelles d’oiseaux rares. La guerre absurde et la frontière la plus inique offrent une paix inattendue dans des conditions quasi surréalistes auxquelles nul n’aurait pu croire.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2026/04/DSC0048-scaled.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2026/04/DSC0048-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-17942" srcset="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2026/04/DSC0048-1024x683.jpg 1024w, https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2026/04/DSC0048-300x200.jpg 300w, https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2026/04/DSC0048-768x512.jpg 768w, https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2026/04/DSC0048-1536x1024.jpg 1536w, https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2026/04/DSC0048-2048x1365.jpg 2048w, https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2026/04/DSC0048-1200x800.jpg 1200w, https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2026/04/DSC0048-600x400.jpg 600w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Cette exposition riche et forte ne se prive pas d’un certain humour. On y découvre ainsi le Bir Tawil, ce pays perdu dont personne ne veut, les îles Diomède, l’une américaine et l’autre russe, séparées par un bras de mer de 4 kilomètres mais de part et d’autre du fuseau horaire de changement de jour, si bien qu’une des îles est toujours située un jour avant l’autre, sa jumelle pourtant, </p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2026/04/DSC0040-scaled.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2026/04/DSC0040-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-17940" srcset="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2026/04/DSC0040-1024x683.jpg 1024w, https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2026/04/DSC0040-300x200.jpg 300w, https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2026/04/DSC0040-768x512.jpg 768w, https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2026/04/DSC0040-1536x1024.jpg 1536w, https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2026/04/DSC0040-2048x1365.jpg 2048w, https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2026/04/DSC0040-1200x800.jpg 1200w, https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2026/04/DSC0040-600x400.jpg 600w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph">et puis l’île des Faisans, qui n’est habitée par personne et qui n’est française que six mois dans l’année pour redevenir espagnole les six autres mois.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2026/04/DSC0042-scaled.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2026/04/DSC0042-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-17941" srcset="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2026/04/DSC0042-1024x683.jpg 1024w, https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2026/04/DSC0042-300x200.jpg 300w, https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2026/04/DSC0042-768x512.jpg 768w, https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2026/04/DSC0042-1536x1024.jpg 1536w, https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2026/04/DSC0042-2048x1365.jpg 2048w, https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2026/04/DSC0042-1200x800.jpg 1200w, https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2026/04/DSC0042-600x400.jpg 600w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph">La Cité des Sciences sait, comme toujours, nous enseigner tout en nous distrayant&nbsp;: un bien agréable souci.</p>



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<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="has-small-font-size wp-block-paragraph"><br>Exposition jusqu&rsquo;au 2 janvier 2025 &#8211; Cité des Sciences et de l&rsquo;Industrie &#8211; Parc de la Villette, Paris</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Image d&rsquo;en-tête : site internet de la Cité des Sciences</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Photos de l&rsquo;exposition : @Alain Girodet avril 2026</p>



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<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC4665175/"></a></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Artermis II : Un petit tour de lune et puis s&#8217;en va</title>
		<link>https://citizen4science.org/artermis-ii-un-petit-tour-de-lune-et-puis-sen-va/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Nathalie A.]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 07 Apr 2026 15:11:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Aérospatial]]></category>
		<category><![CDATA[Astronautes]]></category>
		<category><![CDATA[États-Unis]]></category>
		<category><![CDATA[Mission Artemis]]></category>
		<category><![CDATA[Science]]></category>
		<category><![CDATA[Technologie]]></category>
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					<description><![CDATA[La mission Artemis II de la NASA a été lancée avec succès le 1er avril 2026 avec quatre astronautes à]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h3 class="wp-block-heading"><br>La mission Artemis II de la NASA a été lancée avec succès le 1er avril 2026 avec quatre astronautes à bord. C&rsquo;est le premier vol habité d&rsquo;humains depuis Apollo 17 en 1972. Le vaisseau, sur le retour, devrait amerrir dans le Pacifique autour du 10 avril.</h3>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<h2 class="wp-block-heading">Un vol de test technique ambitieux en cours</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Après un décollage parfait à bord du SLS (Space Launch System), la nouvelle fusée super-lourde de la NASA conçue spécifiquement  pour la mission Artemis,  la capsule Orion a réalisé l’injection translunaire, plusieurs corrections de trajectoire et un survol lunaire à environ 6 500 km de la surface de la Lune. Si on a toujours pa remarché sur la Lune, l’équipage a toute fois battu le record de distance de l’humanité loin de la Terre.</p><div id="citiz-3584101795" class="citiz-contenu citiz-entity-placement"><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-9064228701299411" crossorigin="anonymous"></script><ins class="adsbygoogle" style="display:block;" data-ad-client="ca-pub-9064228701299411" 
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<p class="wp-block-paragraph">Les objectifs principaux sont de valider le bouclier thermique d’Orion lors de la rentrée à très haute vitesse, tester les systèmes de support de vie sur une durée de dix jours, évaluer l’exposition au rayonnement cosmique et vérifier les communications en <em>blackout</em> derrière la Lune.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h2 class="wp-block-heading">Pourquoi Artemis II ne se pose pas sur la Lune ? Le paradoxe expliqué</h2>



<p class="wp-block-paragraph">C’est une espèce de grand paradoxe qui interpelle le public : comment, plus de 50 ans après Apollo 11, la NASA envoie-t-elle des astronautes autour de la Lune sans s’y poser ? Les missions actuelles sont-elles dès lors véritablement une avancée scientifique ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">La réponse est à chercher dans la différence de philosophie de la série de mission en cours. Dans les années 1960, la course contre l’URSS imposait une prise de risque extrême. Aujourd’hui, la NASA adopte une approche beaucoup plus prudente et progressive. Artemis II est un vol de qualification avec équipage : elle teste tous les systèmes critiques (propulsion, navigation, survie, rentrée atmosphérique) en environnement cislunaire réel, sans prendre le risque supplémentaire et très complexe d’un alunissage et surtout d’un décollage depuis la surface lunaire. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce n’est qu’une fois cette étape multifactorielle validée qu’Artemis III tentera le premier alunissage avec le lander Starship. Cette approche est plus lente, moins spectaculaire sans doute, mais bien plus sûre, visant à éviter une catastrophe qui pourrait stopper le programme pendant des années.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h2 class="wp-block-heading">Le rôle clé du module de service européen</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Si le programme Artemis est américain, pensé et mis en œuvre par la NASA, le « moteur » de la mission est le <em>European Service Module</em> (ESM-2) fourni par l’ESA. Il assure la propulsion principale, la génération d’électricité, le contrôle thermique et la gestion des ressources vitales. Bref, il est essentiel. Sans ce module européen, Orion ne pourrait tout simplement  pas réaliser ce voyage. Ses performances actuelles sont excellentes et confirment la solidité de la contribution industrielle européenne. </p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h2 class="wp-block-heading">Conccurence USA-Chine et enjeux scientifiques</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Artemis II s’inscrit dans une course spatiale renouvelée face à la Chine, qui prépare ses propres missions lunaires habitées. Scientifiquement, cette mission fournit des données précieuses sur le rayonnement en environnement cislunaire et sur les performances des systèmes pour les futures missions de longue durée.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Prochaines étapes</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Après le succès d’Artemis II, la NASA prévoit Artemis III en 2027 (un vol de répétition en orbite terrestre avec les futurs atterrisseurs), puis Artemis IV en 2028, qui devrait marquer le premier retour des humains sur la surface de la Lune depuis Apollo 17 en 1972.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’objectif est ensuite d’installer une présence durable avec la station Gateway en orbite lunaire et plusieurs missions par an à partir de 2028-2029, en vue de préparer à terme l’exploration de Mars. Un calendrier ambitieux, mais réaliste seulement si tous les tests actuels se déroulent parfaitement.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><a href="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2026/04/image-8.png"><img loading="lazy" decoding="async" width="909" height="463" src="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2026/04/image-8.png" alt="" class="wp-image-17906" srcset="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2026/04/image-8.png 909w, https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2026/04/image-8-300x153.png 300w, https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2026/04/image-8-768x391.png 768w" sizes="auto, (max-width: 909px) 100vw, 909px" /></a><figcaption class="wp-element-caption"><em>La capsule Orion dans l&rsquo;espace (caméra montée sur la capsule) &#8211; 1er avril 2027</em></figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-full"><a href="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2026/04/image-10.png"><img loading="lazy" decoding="async" width="910" height="446" src="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2026/04/image-10.png" alt="" class="wp-image-17908" srcset="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2026/04/image-10.png 910w, https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2026/04/image-10-300x147.png 300w, https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2026/04/image-10-768x376.png 768w" sizes="auto, (max-width: 910px) 100vw, 910px" /></a><figcaption class="wp-element-caption"><em>Jour 5 de la mission Artemis II -vue de la lune de l&rsquo;intérieur de la capsule Orien</em></figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<figure class="wp-block-image size-full"><a href="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2026/04/image-7.png"><img loading="lazy" decoding="async" width="573" height="387" src="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2026/04/image-7.png" alt="" class="wp-image-17905" srcset="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2026/04/image-7.png 573w, https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2026/04/image-7-300x203.png 300w" sizes="auto, (max-width: 573px) 100vw, 573px" /></a><figcaption class="wp-element-caption"><em>Croissant de Terre vu de la capsule Orion derrrière la Lune &#8211; Avril 2026</em></figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Photos : Crédit NASA &#8211; en-tête : l&rsquo;astronaute Christina Koch dans la capsule Orion &#8211; Avril 2026</em></p>



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			</item>
		<item>
		<title>Géo-ingénierie solaire : une start-up US-Israël s&#8217;apprête à tester en extérieur la « climatisation » de la planète</title>
		<link>https://citizen4science.org/geo-ingenierie-solaire-une-start-up-us-israel-sapprete-a-tester-en-exterieur-la-climatisation-de-la-planete/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 06 Apr 2026 08:46:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Analyse]]></category>
		<category><![CDATA[Climat]]></category>
		<category><![CDATA[Éthique]]></category>
		<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[Juridique]]></category>
		<category><![CDATA[Modélisation]]></category>
		<category><![CDATA[Recherche]]></category>
		<category><![CDATA[Science]]></category>
		<category><![CDATA[Technologie]]></category>
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					<description><![CDATA[Une startup israélo-américaine, Stardust Solutions, franchit un seuil inédit ce mois-ci : des expérimentations en conditions réelles de géo-ingénierie solaire.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h3 class="wp-block-heading"><br>Une startup israélo-américaine, Stardust Solutions, franchit un seuil inédit ce mois-ci : des expérimentations en conditions réelles de géo-ingénierie solaire. Son projet ? Disperser des particules réfléchissantes dans la stratosphère pour renvoyer une partie du rayonnement solaire et refroidir temporairement la Terre. Au-delà des aspects techniques, cette initiative privée pose une question fondamentale : peut-on confier à une entreprise le pouvoir de modifier le climat mondial sans cadre international ?</h3>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<h2 class="wp-block-heading">Qu’est-ce que la géo-ingénierie, et pourquoi distinguer deux grandes familles d’approches ?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La géo-ingénierie désigne l’ensemble des interventions délibérées et à grande échelle dans le système climatique pour contrer le réchauffement. Imaginez un « thermostat planétaire » que l’humanité chercherait à ajuster manuellement. Contrairement aux efforts classiques de réduction des émissions de gaz à effet de serre, ces techniques interviennent directement sur le bilan énergétique de la Terre.On distingue deux grandes voies.</p><div id="citiz-3584101795" class="citiz-contenu citiz-entity-placement"><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-9064228701299411" crossorigin="anonymous"></script><ins class="adsbygoogle" style="display:block;" data-ad-client="ca-pub-9064228701299411" 
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<p class="wp-block-paragraph">La première voie, le retrait du dioxyde de carbone (CDR pour Carbon Dioxide Removal), s’attaque à la cause profonde : elle capture et stocke le CO₂ déjà présent dans l’atmosphère. Des exemples concrets sont les plantations massives d’arbres, la capture directe dans l’air via des usines chimiques ou la fertilisation des océans pour stimuler le plancton qui absorbe le carbone. C’est lent, coûteux, mais relativement « naturel » car il est question ici de restaurer l’équilibre chimique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La seconde voie, une variante de la technologie de réfléchissement des rayons solaire (SRT, Sunlight Reflection Technology),  la modification du rayonnement solaire (SRM pour <em>Solar Radiation Modification</em>), agit comme un parasol géant : elle réfléchit une fraction de la lumière du soleil avant qu’elle ne chauffe la surface. Théoriquement plus rapide soit un effet attendu en quelques années, elle ne réduit pas les concentrations de CO₂ et n’empêche donc pas l’acidification des océans. On oserait dire qu&rsquo;elle masque le symptôme sans guérir la maladie. Parmi les méthodes SRM, la plus étudiée est l’injection d’aérosols stratosphériques (SAI) : on libère des particules très fines à 15 à 20 km d’altitude, là où elles restent en suspension pendant des mois ou des années, imitant l’effet refroidissant d’une éruption volcanique comme celle du Pinatubo en 1991.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h2 class="wp-block-heading">La technologie de Stardust revendique une version « propre » et brevetable de l’injection stratosphérique </h2>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://www.stardustsolutions.com/">Stardust Solutions</a> mise précisément sur cette technique SAI, mais avec une innovation revendiquée : une particule propriétaire, présentée comme « abondante dans la nature, chimiquement inerte dans la stratosphère et aussi sûre que de la farine ». Contrairement aux approches classiques qui utilisent du dioxyde de soufre (sulfate), la startup refuse de révéler la composition exacte pour l’instant – elle promet une publication scientifique dans les prochains mois. L’idée est de déployer des flottes d’avions modifiés pour disperser des millions de tonnes de ces particules à haute altitude, créant un voile réfléchissant qui diminuerait le rayonnement incident de 1 % environ, soit un refroidissement de 0,5 à 1 °C selon les modèles</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les premiers essais extérieurs « contenus » débutent dès avril 2026 : prélèvements et lâchers limités depuis des avions à 18 km d’altitude, sans dispersion massive. La société insiste sur un protocole prudent avec des modélisations et des tests en laboratoire depuis 2023, puis des phases progressives et surveillées. Elle vient de publier en ce début avril ses « principes directeurs » : transparence totale (y compris résultats négatifs), engagement à ne pas déployer sans autorisation gouvernementale, et priorité à la sécurité.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une course financée par le privé : 75 millions de dollars pour « breveter le soleil »</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Avec <a href="https://www.politico.com/news/2025/10/24/global-cooling-startup-raises-60-million-dollars-to-test-sun-reflecting-technology-00620340">60 millions de dollars levés </a>en octobre 2025 (la plus grosse levée jamais réalisée dans ce domaine), Stardust totalise environ 75 millions. Ses investisseurs mêlent capital-risque de la Silicon Valley, fonds liés à la défense israélienne (Awz Ventures) et grands noms de l’industrie (famille Agnelli via Exor). Dirigée par Yanai Yedvab, ancien physicien nucléaire de haut niveau en Israël, l’entreprise emploie une vingtaine de scientifiques et voit dans cette technologie un marché futur : contrats gouvernementaux pour « louer » un climat plus frais</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette entrée du privé change tout. Jusqu’ici, la recherche SRM était surtout universitaire ou étatique, avec des budgets modestes et un débat encadré. Ici, une startup fixe elle-même ses règles de gouvernance dans un vide juridique international quasi-total. Pas de traité contraignant, pas d’autorité mondiale : seulement des principes volontaires publiés sur son site. De quoi donner le vertige.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Risques réels et illusions dangereuses : ce que la science nous dit déjà</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les <a href="https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0048969726002950">modèles</a>  et <a href="https://csl.noaa.gov/assessments/ozone/2022/downloads/Chapter6_2022OzoneAssessment.pdf">études</a> sont clairs : même une injection modérée pourrait perturber les régimes de pluie (affaiblissement de la mousson en Asie ou en Afrique), altérer la couche d’ozone, ou modifier les températures régionales de façon imprévisible. Surtout, elle créerait une dépendance : arrêter net les injections provoquerait un « <a href="https://agupubs.onlinelibrary.wiley.com/doi/full/10.1002/2017ef000735">choc de terminaison</a>« , un réchauffement brutal et catastrophique en quelques années. Sans compter les effets sur la photosynthèse ou la visibilité du ciel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour la France et l’Europe, l’enjeu est double. Nous misons sur la décarbonation réelle (nucléaire, renouvelables) et restons très prudents face à toute SRM. Pourtant, si d’autres puissances ou acteurs privés avancent seuls, nous pourrions subir des effets transfrontaliers sans avoir décidé. Le vrai danger ? La distraction : croire qu’un voile stratosphérique nous dispense d’efforts massifs sur les émissions. C’est un raccourci technologique séduisant, mais qui reporte le problème structurel à nos enfants.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Rers une gouvernance mondiale ou un Far West climatique ?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Face à ces incertitudes, une commission internationale indépendante, l’Overshoot Commission, a été créée en 2022 pour réfléchir précisément à la gouvernance de ces outils en cas de dépassement des seuils climatiques. <a href="https://citizen4science.org/climat-lancement-dovershoot-la-commission-sur-la-gouvernance-des-risques-lies-au-depassement-climatique/">Nous l&rsquo;évoquions dans ces colonnes à son lancement.</a> Elle identifie les Méthodes de Réflexion de la Lumière Solaire (MRLS), dont l’injection d’aérosols stratosphériques et l’éclaircissement des nuages marins, comme des approches supplémentaires possibles, tout en soulignant leurs « sérieuses incertitudes, risques et problèmes de gouvernance », notamment sur les effets régionaux très variables et la nécessité d’un cadre international</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’initiative de Stardust n’est ni pure folie ni baguette magique. Elle révèle surtout notre impuissance collective face à l’urgence. Parce que les négociations climatiques peinent, certains parient sur une technologie de dernier recours. Mais confier à une entreprise le droit de breveter, tester et commercialiser le thermostat planétaire en injectant des produits dans l&rsquo;air interroge la démocratie. Qui autorise le principe ? Qui valide la technologie ? Qui décide de la dose ? Qui indemnise les perdants, que ce soit pays vulnérables touchés par des sécheresses accrues voire la planète et l&rsquo;humanité ? Qui assume les risques ? Si l&rsquo;on peut espérer beaucoup de la science et des évolutions technologiques, le vide juridique béant pose des problèmes éthiques fondamentaux et de vrais inquiétudes.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



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<p class="wp-block-paragraph"><em>Illustration d&rsquo;en-tête : Andrea pour Science infused</em></p>



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		<title>L&#8217;IA aux USA consomme autant que l&#8217;Islande&#8230; mais son impact climatique est bien moindre qu&#8217;on le croit : la bonne nouvelle cachée ?</title>
		<link>https://citizen4science.org/lia-aux-usa-consomme-autant-que-lislande-mais-son-impact-climatique-est-bien-moindre-quon-le-croit-la-bonne-nouvelle-cachee/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 04 Apr 2026 07:42:13 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Analyse]]></category>
		<category><![CDATA[Climat]]></category>
		<category><![CDATA[Énergie]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[Intelligence artificielle]]></category>
		<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[Recherche]]></category>
		<category><![CDATA[Science]]></category>
		<category><![CDATA[Sobriété énergétique]]></category>
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					<description><![CDATA[Une étude récente de l’Université de Waterloo montre que la consommation électrique de l’IA aux États-Unis équivaut à celle de]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h3 class="wp-block-heading"><br>Une étude récente de l’Université de Waterloo montre que la consommation électrique de l’IA aux États-Unis équivaut à celle de l’ensemble de l’Islande. Pourtant, son empreinte sur les émissions mondiales de gaz à effet de serre reste marginale. Au moment où les data centers font l’objet de toutes les inquiétudes, cette recherche invite à nuancer le récit alarmiste et à envisager l’IA comme un outil potentiel de la transition écologique.</h3>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<h2 class="wp-block-heading">Une consommation énergétique spectaculaire, mais marginale à l’échelle globale</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’intelligence artificielle générative a fait exploser les besoins en calcul. Les serveurs spécialisés (les fameux GPU) tournent en continu pour entraîner et faire tourner les modèles comme ceux de ChatGPT ou Gemini. Selon les données de l’Agence internationale de l’énergie (IEA), la consommation mondiale des data centers et de l’IA pourrait doubler d’ici 2030, passant d’environ 460 TWh en 2022 à près de 945 TWh dans un scénario central. Aux États-Unis, berceau de la plupart des grands modèles, l’IA représente déjà une part notable de cette croissance.</p><div id="citiz-3584101795" class="citiz-contenu citiz-entity-placement"><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-9064228701299411" crossorigin="anonymous"></script><ins class="adsbygoogle" style="display:block;" data-ad-client="ca-pub-9064228701299411" 
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<p class="wp-block-paragraph">Pourtant, une<a href="https://iopscience.iop.org/article/10.1088/1748-9326/ae0e3b"> étude </a>publiée en novembre 2025 dans <em>Environmental Research Letters</em> par des chercheurs de l’Université de Waterloo et du Georgia Institute of Technology vient tempérer ces craintes. En croisant les données macroéconomiques américaines de l’Energy Information Administration avec des estimations d’adoption de l’IA par secteur d’activité, ils concluent que la consommation électrique liée à l’IA aux États-Unis équivaut à la totalité de celle de l’Islande – un pays entier. À première vue, le chiffre est impressionnant. Mais rapporté à l’échelle de la première économie mondiale, il devient presque invisible. L’IA ne représente qu’une fraction infime de la demande totale d’électricité, et son poids dans le bilan énergétique national ou planétaire reste statistiquement négligeable à court terme.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h2 class="wp-block-heading">Empreinte carbone : un effet négligeable malgré les fossiles ?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le vrai test, c’est évidemment le carbone. Or, ici aussi, <a href="https://uwaterloo.ca/news/media/ais-energy-usage-less-previously-thought">la recherche de Waterloo</a> relativise fortement. Les États-Unis tirent encore 83 % de leur économie de combustibles fossiles (pétrole, charbon, gaz). Malgré cela, l’ajout d’énergie lié à l’IA ne déplacerait pas significativement les émissions globales de gaz à effet de serre. Les chercheurs estiment que l’impact climatique reste « trop petit pour être perceptible » à l’échelle nationale ou mondiale</p>



<p class="wp-block-paragraph">Juan Moreno-Cruz, professeur à Waterloo et co-auteur, insiste : « Les effets sur le climat ne sont pas si significatifs ». L’étude, relayée en mars 2026 par <a href="http://sciencedaily.com/releases/2026/03/260318033103.htm">ScienceDaily</a>, montre que l’augmentation de la demande n’est pas homogène : elle se concentre autour des sites de data centers, où la production locale d’électricité peut doubler temporairement, avec des émissions locales plus visibles. Mais à l’échelle macro, le signal se noie dans le bruit des autres secteurs. C’est une bonne nouvelle cachée au milieu du battage médiatique qui présente souvent l’IA comme une nouvelle menace climatique majeure</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette analyse tranche avec d’autres projections plus sombres. L’IEA elle-même alerte sur une croissance rapide des serveurs accélérés (30 % par an), mais elle ne contredit pas le constat de Waterloo : l’IA n’est pas (encore) le coupable numéro un du réchauffement.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Des impacts localisés et des opportunités pour la France</h2>



<p class="wp-block-paragraph">En France, le débat prend une couleur particulière grâce à notre mix électrique décarboné. Selon <a href="https://infos.ademe.fr/industrie-production-durable/2026/consommation-electrique-des-data-centers-5-scenarios-pour-demain/">l’ADEME</a>, les data centers consommaient environ 10 TWh en 2025, soit 2,2 % de la consommation nationale totale (449 TWh). L’agence a publié en janvier 2026 une étude prospective jusqu’en 2060 qui explore cinq scénarios : dans le plus tendanciel, la consommation pourrait être multipliée par 3,7 d’ici 2035 si rien n’est fait pour maîtriser les usages</p>



<p class="wp-block-paragraph">La France compte aujourd’hui plus de 350 data centers et ambitionne d’en porter le nombre à 500 d’ici 2030, avec 109 milliards d’euros d’investissements annoncés. Grâce au nucléaire (qui assure une intensité carbone d’environ 6 gCO₂/kWh, bien en deçà de la moyenne européenne), notre pays dispose d’un atout majeur : les data centers implantés ici émettent bien moins que leurs homologues américains ou chinois. Emmanuel Macron l’a d’ailleurs rappelé : la France peut « alimenter les data centers avec de l’énergie bas carbone ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pourtant, l’esprit critique reste de mise. Même avec un mix vertueux, l’augmentation brutale de la demande pourrait créer des tensions locales sur le réseau, la ressource en eau (pour le refroidissement) et l’occupation des sols. L’ADEME met en garde : sans « dénumérisation » sélective et sans optimisation des usages, le numérique risque de peser lourd dans nos bilans carbone, surtout si une partie des calculs est délocalisée vers des pays aux mix plus carbonés.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’IA comme levier de la décarbonation : prospective critique</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Là où l’étude de Waterloo apporte une vraie réflexion prospective, c’est sur le rôle positif potentiel de l’IA. Moreno-Cruz le dit clairement : « Nous pouvons utiliser l’IA pour développer des technologies vertes ou améliorer celles qui existent déjà ». L’intelligence artificielle pourrait optimiser les réseaux électriques, prévoir les pics de consommation, accélérer la conception de matériaux plus efficaces, ou modéliser le climat avec une précision inédite. En somme, elle consomme de l’énergie aujourd’hui pour potentiellement en économiser bien davantage demain.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est un pari, bien sûr. Il suppose que les gains d’efficacité l’emportent sur la croissance des usages, un équilibre fragile que les réglementations européennes (comme le AI Act ou la directive sur l’efficacité énergétique) tentent d’encadrer. La France, avec sa stratégie nationale sur l’IA et son parc nucléaire, est bien placée pour tester ce modèle : attirer les data centers tout en exigeant transparence sur leur consommation réelle et investissements dans l’innovation verte.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Reste une limite majeure : les données manquent encore cruellement. Les big tech communiquent peu sur leurs chiffres précis par requête ou par modèle. Sans mesure fine et vérifiable, il est difficile d’arbitrer entre hype et réalité. L’étude de Waterloo nous rappelle surtout une vérité simple : le climat ne se joue pas uniquement sur la consommation de l’IA, mais sur la manière dont nous produisons et utilisons l’électricité dans son ensemble.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En définitive, l’IA n’est ni le sauveur ni le fossoyeur du climat. Elle est un miroir de nos choix énergétiques. La « bonne nouvelle cachée » tient peut-être là : tant que nous gardons la tête froide et que nous pilotons son déploiement avec exigence, elle peut devenir un accélérateur plutôt qu’un boulet. À condition, bien sûr, de ne pas la laisser filer sans garde-fous.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Illustration d&rsquo;en-tête : Massimo Botturi</em></p>



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		<title>Désinformation en santé : le Comité Citoyen Saison 4 privilégie la promotion positive et la médiation face à l&#8217;approche verticale et répressive du rapport institutionnel</title>
		<link>https://citizen4science.org/desinformation-en-sante-le-comite-citoyen-saison-4-privilegie-la-promotion-positive-et-la-mediation-face-a-lapproche-verticale-et-repressive-du-rapport-institutionnel/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Fabienne Blum]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 03 Apr 2026 11:55:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Analyse]]></category>
		<category><![CDATA[Désinformation]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[Médiation]]></category>
		<category><![CDATA[Médiation scientifique]]></category>
		<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Pensée critique]]></category>
		<category><![CDATA[Santé]]></category>
		<category><![CDATA[Science]]></category>
		<category><![CDATA[Sciences de l'information et de la communication]]></category>
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					<description><![CDATA[Le rapport remis fin février 2026 constitue un désaveu démocratique d&#8217;une bonne partie de la stratégie de centralisation punitive proposée]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h3 class="wp-block-heading">Le rapport remis fin février 2026 constitue un désaveu démocratique d&rsquo;une bonne partie de la stratégie de centralisation punitive proposée par le rapport sur la désinformation en santé commandé par l&rsquo;éphémère ministre de la Santé Yannick Neuder. </h3>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<h2 class="wp-block-heading">Rapport Désinformation en santé : une logique de guerre née d’un entre-soi institutionnel et de luttes de clans sur les réseaux sociaux</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Remis le 12 janvier 2026 à Stéphanie Rist, ministre de la Santé, par leurs auteurs Mathieu Molimard, Dominique Costagliola et Hervé Maisonneuve à la suite de pas moins de 156 entretiens auprès de 270 acteurs (agences sanitaires, médias, plateformes, associations et militants des controverses de la période Covid), ce texte est intitué : « Information en santé &#8211;  Bilan des forces et des faiblesses &#8211; Recommandations pour une stratégie nationale d’information et de lutte contre la désinformation en santé ».<br>Il avait été commandé par Yannick Neuder (les Républicains) pendant ses huit mois en 2025 à la tête du ministère de la Santé.</p><div id="citiz-3584101795" class="citiz-contenu citiz-entity-placement"><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-9064228701299411" crossorigin="anonymous"></script><ins class="adsbygoogle" style="display:block;" data-ad-client="ca-pub-9064228701299411" 
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<p class="wp-block-paragraph">Ce rapport  structure sa stratégie autour de six piliers. Il place au centre la création d’un Observatoire national doté d’IA et d’infovigilance, un Info-Score Santé classant les sources d&rsquo;information de A à E, et <br>« l’inversion du risque » : sanctionner les désinformateurs, protéger les scientifiques, communiquer sur les peines appliquées pour dissuader. </p>



<p class="wp-block-paragraph">La confiance en la science et la santé y apparaît dès lors avant tout comme le résultat d’un contrôle institutionnel renforcé, avec, comme il se doit dans notre culture politique, la création d&rsquo;une nième structure institutionnelle prête à s&#8217;empiler sur notre millefeuille administratif pléthorique.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L&rsquo;indépendance à géométrie variable</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Notons que si les auteurs du rapport Désinformation en santé clament leur indépendance, deux des trois étaient fonctionnaires du service public de santé au moment de la remise du rapport, et le troisième, M. Maisonneuve en est le conseiller à plus d&rsquo;un titre puisqu&rsquo;il est membre de l&rsquo;Office d&rsquo;intégrité scientifique de Assistance Publique des Hôpitaux de Paris (AP-HP), membre de la Conférence des Doyens des facultés de médecine et du Conseil national des Universités (CNU) et vient en outre d&rsquo;être nommé par Santé Publique France comme référent sur &#8230; la désinfomation en santé. CQFD.</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<h2 class="wp-block-heading">Notre analyse prémonitoire de l&rsquo;approche du Comité Citoyen </h2>



<p class="wp-block-paragraph">Nous l’avions déjà souligné dans notre article d&rsquo;analyse « <a href="https://citizen4science.org/desinformation-en-sante-un-rapport-sans-idees-nouvelles/">Désinformation en santé : un rapport sans idées nouvelles et une méthodologie qui interroge</a> » : la mission commandée par M. Neuder a abouti à un rapport qui s&rsquo;avère issu, malgré les chiffres impressionnants mis en avant quant au nombre d&rsquo;entretiens réalisés par les auteurs, de façon écrasante d&rsquo;une consultation effectuée dans l&rsquo;entre-soi d&rsquo;un double réseau institutionnel et militant de réseaux sociaux. Il reformule des recettes déjà connues sans renouveler le cadre relationnel et culture du problème, préférant le dirigisme et la centralisation assorti de mesures dissuasives et répressives.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://sante.gouv.fr/IMG/pdf/260218_rapport_comite_citoyen_saison_4-2.pdf">La réflexion du Comité citoyen</a> apporte un contraste saisissant. Entre décembre 2025 et février 2026, la Délégation au numérique en santé a réuni 26 citoyens tirés au sort par Harris Interactive, reflétant la diversité française. Ils ont travaillé durant trois week-ends pour répondre à une question précise : « Quel est le rôle des pouvoirs publics pour garantir l’accès à une information fiable en santé, favoriser une meilleure santé pour chacun et préserver la confiance dans le savoir scientifique ? »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Leur diagnostic est lucide : la désinformation prospère non par manque de sanctions, mais parce que l’information fiable reste distante, anonyme et parfois condescendante. Dès l’introduction, ils tranchent : <br>« Nous ne pensons plus que la priorité est de traquer toutes les fausses informations. Cette tâche est infinie. Nous pensons que l’enjeu principal est ailleurs : rendre l’information en santé fiable, claire et accessible, beaucoup plus visible. »</p>



<h2 class="wp-block-heading"><br>Promotion constructive, médiation et humanisation : le cœur du choix citoyen</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le rapport privilégie une communication sur le temps long : contenus incarnés par des visages identifiés (professionnels de santé, experts accessibles), ton humain, non moralisateur, ludique et humoristique, avec gamification. Les réseaux sociaux sont investis avec les mêmes codes que les contenus viraux, mais au service de repères fiables. Un indice de fiabilité santé est soutenu, mais uniquement pour évaluer la méthode de production de façon pédagogique. Aucune création d’Observatoire national, aucune infovigilance automatisée, aucune communication sur les sanctions. La répression reste une réflexion marginale. L’éducation progressive dès l’école, la formation des soignants à la reconnaissance des incertitudes et la médiation de proximité complètent un dispositif qui mise sur la durée et la confiance construite.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les voix fiables : professionnels de santé au centre, influenceurs en relais secondaires seulement</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le rapport citoyen affirme sans ambiguïté que les professionnels de santé coordonnés par les institutions constituent « les acteurs les plus légitimes en matière d’information en santé ». Ils doivent être placés au cœur de l’action. Les influenceurs ne sont mobilisés qu’en partenariat pour relayer des messages validés, jamais comme des sources primaires ou des voix d&rsquo;experts. Une distinction nette est maintenue entre pratiques conventionnelles et non conventionnelles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette position du panel de citoyens met en lumière une limite méthodologique et structurelle du rapport de M. Molimard et collègues : la consultation s’est largement appuyée sur des acteurs non professionnels de santé (journalistes, militants,  fact-checkers, influenceurs), qui se sont positionnés opportunément lors de la crise sanitaire comme voix de la science et détenteurs d&rsquo;expertise en santé sans légitimité, concourant à brouiller les cartes dans l&rsquo;esprit du public.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quant au renoncement à traquer les « fake news », le Comité Citoyen semble a voir compris qu&rsquo;il s&rsquo;agit surtout d&rsquo;un business au même titre que les disséminer en est un.  Sans la nommer, la loi de Brandolini  est à la rescousse pour choisir de clore ce volet visant à traquer le faux et publir leurs auteurs.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La non-médiation scientifique : le vide laissé aux cercles polarisés des réseaux sociaux</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le rapport citoyen comble précisément le vide que nous analysons depuis plusieurs années et avons baptisé la « non-médiation scientifique ». Sur les réseaux sociaux, principale source d’information pour les 15-30 ans, les vrais experts médicaux ont souvent déserté l’espace. Celui-ci a été occupé par des cercles militants qui ont également nourri la consultation du rapport commandé par Yannick Neudeur de leurs vues polarisées et souvent non expertes en la matière : groupes baptisés « pro-science », fact-checkers autoproclamés ou désignés, surfeurs numériques de la vague Covid, qui parlent au nom de la science sans en maîtriser pleinement les bases,  les incertitudes ou la pratique quotidienne. Au lieu d’expliquer ce qui est connu, ce qui reste incertain et ce qui peut évoluer, ces voix opposent souvent vérité absolue et mensonge, autorité et conspiration, bons et méchants avec des actions aggressives dirigées sur des cibles humaines. <br>Le Comité Citoyen l&rsquo;a bien compris : « Reconnaître les incertitudes scientifiques, expliquer les choix, admettre les erreurs passées, parler avec pédagogie plutôt qu’avec autorité, renforce la crédibilité au lieu de l’affaiblir. », appellent-ils de leurs vœux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Comité Citoyen propose donc une voie prospective : rendre les professionnels de santé visibles et formés à la médiation, investir le ludique et la proximité, construire des repères durables plutôt que poursuivre la logique de guerre en traquant des ennemis. Il refuse la centralisation punitive,  etreplace le citoyen au cœur du dialogue.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le message démocratique est puissant : face à la défiance, la solution n’est pas plus d’observatoires ni plus de sanctions venues d’un entre-soi militant, mais plus d’humanité, plus de communication non vioente, plus d’honnêteté sur les incertitudes et plus de légitimité médicale réelle. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Les pouvoirs publics ont désormais le choix : écouter la voix pragmatique des citoyens ordinaires ou persister dans une guerre informationnelle qui, depuis les réseaux, n’a fait qu’aggraver la crise.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’avenir de la confiance du public en la science et la santé se joue probablement sur ce terrain.</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><br><br><br></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Illustration d&rsquo;en-tête : Samuel Regan-Asante</em></p>



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