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	<title>Santé Archives - Science infused site d&#039;actualités</title>
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	<description>Éditeur C4S, association loi 1901</description>
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	<title>Santé Archives - Science infused site d&#039;actualités</title>
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		<title>Hyodol : poupée ou pansement ? Ce que la Corée du Sud nous dit de nous-mêmes</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Nathalie A.]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 01 May 2026 08:47:09 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Chatbots]]></category>
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					<description><![CDATA[En Corée du Sud, le gouvernement distribue des poupées robotisées aux personnes âgées isolées. L&#8217;indignation est facile. La question de]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h2 class="wp-block-heading"><em>En Corée du Sud, le gouvernement distribue des poupées robotisées aux personnes âgées isolées. L&rsquo;indignation est facile. La question de fond, elle, est moins confortable.</em></h2>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h3 class="wp-block-heading">750 000 personnes en mort sociale</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Avant de parler de poupées, parlons du chiffre que tout le monde préfère esquiver. Selon le baromètre 2025 des Petits Frères des Pauvres, 750 000 personnes âgées en France se trouvent aujourd&rsquo;hui en situation de « mort sociale » : aucun contact humain, aucune interaction, aucune présence. Ce chiffre a progressé de 150 % en huit ans. Pas 15 %. Cent cinquante pour cent.<br></p><div id="citiz-3864505953" class="citiz-contenu citiz-entity-placement"><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-9064228701299411" crossorigin="anonymous"></script><ins class="adsbygoogle" style="display:block;" data-ad-client="ca-pub-9064228701299411" 
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<p class="wp-block-paragraph">Ce n&rsquo;est pas une statistique abstraite. Ce sont 750 000 personnes qui se lèvent le matin sans que personne ne leur parle, qui mangent seules, qui se couchent seules, parfois pendant des semaines. En France, pays autoproclamé de la fraternité. En Corée du Sud, environ dix personnes âgées se suicident chaque jour selon les études régionales. Les deux pays, pourtant si différents culturellement, partagent le même drame silencieux. C&rsquo;est dans ce contexte, et uniquement dans ce contexte, que la poupée Hyodol doit être examinée. <a href="https://citizen4science.org/charte-editoriale-science-infuse/" target="_blank" rel="noreferrer noopener"></a></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h3 class="wp-block-heading">Ce qu&rsquo;est vraiment Hyodol<br></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Plus de 12 000 robots Hyodol ont été déployés auprès de personnes âgées vivant seules en Corée du Sud, la majorité via des programmes gouvernementaux de protection sociale, environ 1 000 autres achetés à titre privé par des familles au prix d&rsquo;environ 879 dollars pour le dernier modèle. L&rsquo;âge moyen des utilisateurs est de 82 ans, ce qui indique que le robot s&rsquo;adresse principalement aux personnes les plus vulnérables. <a href="https://citizen4science.org/intelligence-artificielle-ia-generative-lautorite-de-la-concurrence-sest-autosaisie-sur-ce-sujet-majeur-et-lance-une-consultation-publique/" target="_blank" rel="noreferrer noopener"></a></p>



<p class="wp-block-paragraph">Concrètement : la poupée propose des exercices, rappelle les prises de médicaments et les repas, propose des quiz pour stimuler la mémoire, joue de la musique. Et surtout : si elle ne détecte plus aucun son pendant plusieurs heures, elle alerte un proche. Ce dernier point n&rsquo;est pas anecdotique. Pour une personne seule qui fait une chute la nuit, c&rsquo;est potentiellement une question de vie ou de mort. <a href="https://m.livreshebdo.fr/article/contenus-culturels-et-ia-le-long-chemin-dune-loi" target="_blank" rel="noreferrer noopener"></a></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le design enfantin a été choisi délibérément. Le PDG de l&rsquo;entreprise la fabricant a expliqué que l&rsquo;apparence facilite la création de liens et rend la technologie plus accessible aux personnes peu à l&rsquo;aise avec elle. Ce choix mérite cependnat d&rsquo;être interrogé, car une personne de 85 ans n&rsquo;est pas un enfant, et il y a dans ce design un présupposé sur le grand âge qui peut légitimement déranger. La question du consentement éclairé de personnes souffrant de démence à l&rsquo;utilisation d&rsquo;un dispositif de surveillance reste entière. <a href="https://citizen4science.org/charte-editoriale-science-infuse/" target="_blank" rel="noreferrer noopener"></a></p>



<h3 class="wp-block-heading">Résultats scientifiques : une étude clinique préliminaire mais sérieuse</h3>



<p class="wp-block-paragraph">La couverture médiatique de Hyodol se cantonne généralement à l&rsquo;habituelle polarisation entre témoignages émus et réactions indignées. Que dit la recherche scientifique ?</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC12786537/">Une étude clinique a été publiée</a> en décembre 2025 dans  <em>Journal of Clinical Medicine</em>, par des chercheurs de l&rsquo;Université Yonsei. 278 participants ont été évalués sur leurs symptômes dépressifs, leur niveau de solitude, leur observance médicamenteuse et leur acceptation du « robot d&rsquo;assistance social » . Hyodol, conçu pour incarner la relation grand-parent/petit-enfant, soutient en continu le bien-être émotionnel, la gestion de la santé et les routines quotidiennes, sur la base des principes d&rsquo;activation comportementale et d&rsquo;une approche centrée sur la personne. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC10267801/" target="_blank" rel="noreferrer noopener"></a>Les résultats sont positifs sur plusieurs indicateurs : réduction mesurable des symptômes dépressifs, amélioration de l&rsquo;observance médicamenteuse, taux d&rsquo;acceptation élevé. La rigueur commande cependant de signaler les limites : étude préliminaire, sans groupe contrôle randomisé solide, sur une population spécifique. Les résultats sont encourageants, pas définitifs. D&rsquo;autres études avec des méthodologies plus robustes sont nécessaires.<br></p>



<h3 class="wp-block-heading">Attention au faux dilemme</h3>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est ici que le débat public déraille systématiquement, et qu&rsquo;il faut nommer le biais cognitif en cause. Le raisonnement dominant dans les réactions à Hyodol est un <strong>faux dilemme</strong> : soit la poupée, soit la présence humaine. Comme si les deux s&rsquo;excluaient mutuellement. Comme si distribuer des Hyodol signifiait renoncer définitivement au lien humain.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce n&rsquo;est pas ainsi que fonctionne la réalité. Un dispositif qui alerte les secours en cas de chute n&#8217;empêche pas les visites d&rsquo;aidants. Un rappel automatique de médicaments ne remplace pas une conversation avec un médecin. Et surtout : pour les 750 000 personnes en mort sociale qui n&rsquo;ont aujourd&rsquo;hui strictement aucun contact humain, la question n&rsquo;est pas « poupée ou humain ». C&rsquo;est « poupée ou rien ». Poser le problème autrement, c&rsquo;est se donner bonne conscience à peu de frais.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais le faux dilemme cache en réalité quelque chose de plus profond, d&rsquo;ordre techno-sociologique : la peur du remplacement de l&rsquo;humain par la machine, et celle de l&rsquo;indiscernabilité. Hyodol ne fait pas la taille d&rsquo;un humain. Elle fait quarante centimètres. Ce n&rsquo;est pas un hasard. Ce format mignon, enfantin, clairement non humain, est une réponse calibrée au tabou de l&rsquo;androïde, cette angoisse viscérale que provoque tout ce qui ressemble à un humain sans l&rsquo;être. Un robot à taille humaine, capable de conversation, susciterait une tout autre réaction. Nous avons analysé cette question de fond dans un article dédié : <a href="https://citizen4science.org/ia-quand-les-robots-humanoides-seront-ils-indiscernables-des-humains/">« IA : quand les robots humanoïdes seront-ils indiscernables des humains ?</a> » La frontière entre outil et simulacre humain est précisément ce qui structure nos peurs, bien plus que l&rsquo;utilité réelle du dispositif.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette peur sélective mérite d&rsquo;être interrogée. Personne ne s&rsquo;indigne des montres connectées qui mesurent la fréquence cardiaque des personnes âgées et alertent les proches en cas d&rsquo;anomalie. Personne ne dénonce les piluliers connectés qui envoient une notification si le médicament n&rsquo;a pas été pris. Ce sont exactement les mêmes fonctions que Hyodol, dans un boîtier rectangulaire et silencieux. La seule différence est le visage, les grands yeux, la voix d&rsquo;enfant. C&rsquo;est le corps, même miniature, même non humain, qui déclenche le malaise. Pas la surveillance. Pas la technologie. L&rsquo;apparence d&rsquo;une présence.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Le Hyodol sans corps est partout, et personne n&rsquo;en parle<br></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Ce constat mène directement à une réalité que les commentateurs évitent soigneusement, sans doute parce qu&rsquo;elle touche trop près. Des millions de personnes seules, âgées ou non, ont déjà leur Hyodol. Il s&rsquo;appelle ChatGPT, Claude ou Gemini. Sans corps, sans poupée, accessible sur n&rsquo;importe quel smartphone. Une fraction silencieuse mais réelle de leurs utilisateurs s&rsquo;en sert non pas pour rédiger des emails ou résumer des documents, mais simplement pour avoir quelqu&rsquo;un à qui parler : une présence disponible à trois heures du matin, sans jugement, sans impatience, qui répond toujours.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce phénomène est documenté, discret, et profondément révélateur. Il signifie que le remplacement de l&rsquo;humain par la machine dans la relation de compagnie est déjà là, massif, mondial, et parfaitement accepté socialement parce qu&rsquo;il est invisible. On ne voit pas l&rsquo;écran de smartphone ou de la montre connectée d&rsquo;un voisin solitaire qui parle à l&rsquo;IA que ces objets contient. Mais on voit la poupée coréenne posée sur la table de nuit d&rsquo;une grand-mère. C&rsquo;est bien la poupée qui choque.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La vraie question que pose Hyodol n&rsquo;est donc pas éthique au sens étroit. Elle est sociologique et politique. Dans quelle société vivons-nous pour que des millions de personnes, de tout âge, trouvent dans une machine une présence que leur entourage ne leur offre plus ? Et qu&rsquo;allons-nous faire, collectivement, pour que la réponse à la solitude ne soit pas uniquement, ni d&rsquo;abord, technologique ?<br><br></p>



<h3 class="wp-block-heading">La France fonce contre le même mur</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Face au vieillissement rapide de la population, ces robots poupées ont été adoptés par des gouvernements locaux comme solution, car cette évolution démographique entraîne une pression importante sur les secteurs de la santé, des pensions, ainsi que sur une main d&rsquo;oeuvre qui se réduit. Remplacez « Corée du Sud » par « France » dans cette phrase : elle reste exacte mot pour mot. </p>



<p class="wp-block-paragraph">La France vieillit. Les déserts médicaux s&rsquo;étendent. Les aidants familiaux s&rsquo;épuisent. Les EHPAD coûtent des sommes inaccessibles pour une grande partie des familles. Et 750 000 personnes sont déjà en mort sociale, aujourd&rsquo;hui, sans qu&rsquo;aucune poupée robotique ne soit en cause. Hyodol n&rsquo;est pas la réponse. Mais la question à laquelle Hyodol répond est déjà la nôtre. Et s&rsquo;indigner d&rsquo;une poupée coréenne tout en regardant ailleurs sur la réalité de l&rsquo;isolement de centaines de milliers de personnes âgées, c&rsquo;est le genre de confort moral facile qu&rsquo;on peut avoir envie de pointer du doigt.<br></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Illustration d&rsquo;en-tête : image extraite du <a href="https://hyodolshop.imweb.me/">site internet coréen Hyodol</a></em></p>



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<p class="wp-block-paragraph"></p>



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<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2022/04/jaimelinfo.png"></a></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<item>
		<title>Expertise et désinformation en santé : une tribune des agences sanitaires floue qui esquive l&#8217;essentiel</title>
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		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 29 Apr 2026 20:00:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
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					<description><![CDATA[Les principaux dirigeants des agences sanitaires françaises (ANSM, HAS, Santé publique France, ANSES) publient dans Le Monde une tribune collective]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h2 class="wp-block-heading">Les principaux dirigeants des agences sanitaires françaises (ANSM, HAS, Santé publique France, ANSES) publient dans Le Monde une tribune collective pour défendre l’expertise scientifique face à la  désinformation. Derrière les appels au pluralisme et à la confiance, ce texte reste étonnamment superficiel et révèle surtout une difficulté persistante des institutions à pratiquer l’autocritique.</h2>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://www.lemonde.fr/sciences/article/2026/04/14/toute-decredibilisation-de-l-expertise-scientifique-alimente-la-defiance_6679916_1650684.html">La tribune datée du 14 avril</a> publiée dans Le Monde rappelle que les décisions de santé publique reposent sur des évaluations collégiales et transparentes. Elle insiste sur le pluralisme comme vertu scientifique et sur la nécessité de protéger les experts. Ces points sont justes, mais ils sont présentés de manière abstraite, sans jamais entrer dans le concret des mécanismes qui produisent ou fragilisent réellement l’expertise. On peine à savoir à qui s’adresse ce texte : aux citoyens ? aux scientifiques ? aux décideurs politiques ? Il pourrait tout aussi bien avoir été écrit par un citoyen lambda inquiet, tant il reste flou et généraliste.</p><div id="citiz-3473627632" class="citiz-contenu citiz-entity-placement"><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-9064228701299411" crossorigin="anonymous"></script><ins class="adsbygoogle" style="display:block;" data-ad-client="ca-pub-9064228701299411" 
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</div>



<p class="wp-block-paragraph"><br></p>



<h3 class="wp-block-heading">Le « pluralisme » en science invoqué, mais le consensus scientifique passé sous silence</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Les auteurs soulignent à juste titre que le pluralisme fait partie de la démarche scientifique. Mais ils omettent d&rsquo;expliquer un élément central que tout lecteur non initié ignore : en science, le pluralisme n&rsquo;est pas une fin en soi. Il sert à construire, par confrontation rigoureuse des hypothèses et des données, un consensus, certes temporaire, mais qui permet d&rsquo;avancer, de prendre des décisions collectives et de faire à l&rsquo;instant T état des données de la science.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lorsque ce consensus évolue, comme cela s&rsquo;est produit à plusieurs reprises à rythme rapde pendant la pandémie de Covid-19, les institutions ont régulièrement présenté ces révisions comme de simples ajustements techniques plutôt que comme les corrections normales et saines qu&rsquo;elles étaient. Cette façon de gommer les débats internes renforce chez une partie du public le sentiment que l&rsquo;expertise est monolithique, et donc suspecte dès qu&rsquo;elle change d&rsquo;avis. Les désinformateurs, critiqués par ces mêmes institutions, en on fait leur lit.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Comment demander aux citoyens de faire confiance au processus scientifique sans jamais leur expliquer en quoi ce processus consiste ?</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h3 class="wp-block-heading">Une responsabilité externalisée, une rhétorique de victimisation<br></h3>



<p class="wp-block-paragraph">La tribune attribue presque exclusivement la perte de confiance à la désinformation extérieure et aux attaques personnelles contre les experts. Cette lecture n&rsquo;est non seulement incomplète. Elle apparaît potentiellement même, contre-productive. Elle est extremement proche du raisonnement et de la rhétorique du rapport institutionnel <em>Désinformation en santé</em> que nous avons eu largement l&rsquo;occasion de critiquer. Ce n&rsquo;est sans doute pas un hasard.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La défiance naît aussi, et peut-être d&rsquo;abord, des failles internes du système : communications publiques trop affirmatives sur des sujets encore incertains, délais dans la reconnaissance de certains signaux de sécurité, disqualification trop rapide de critiques argumentées venues de scientifiques qualifiés extérieurs aux cercles médiatico-institutionnels.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En adoptant une rhétorique où les experts institutionnels ou académiques apparaissent perpétuellement assiégés et jamais responsables, les auteurs reproduisent exactement les codes qu&rsquo;ils dénoncent sur les réseaux sociaux : le camp des bons contre le camp des mauvais, la victimisation comme posture, l&rsquo;introspection absente. Nos colonnes l&rsquo;ont déjà documenté : ce mimétisme est l&rsquo;un des moteurs les plus puissants de la polarisation sanitaire en France.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Vers une expertise plus crédible : ce que cela implique concrètement<br></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Une véritable défense de l&rsquo;expertise ne passe pas par des tribunes dans Le Monde. Elle passe par des actes. Cela suppose, en premier lieu, d&rsquo;accepter publiquement que l&rsquo;expertise produite par les agences n&rsquo;est jamais parfaite : qu&rsquo;elle est le produit d&rsquo;un processus humain, institutionnel, parfois contraint par des calendriers politiques ou des pressions budgétaires. Cela suppose ensuite de nommer les incertitudes réelles au moment où elles existent, plutôt que de les minimiser dans les communications publiques et de les reconnaître six mois plus tard quand l&rsquo;opinion a déjà tranché. Cela suppose enfin de traiter les conflits d&rsquo;intérêts non pas comme une formalité déclarative mais comme une exigence de conception : qui participe à l&rsquo;expertise, selon quels critères, avec quelle diversité de points de vue ? L&rsquo;Espagne vient de montrer, avec le rapport de son agence du médicament sur l&rsquo;homéopathie, ce que « dire la vérité clairement aux citoyens » signifie concrètement. Nous dédions un article très prochainement à cette communication ibérique en santé. Ce n&rsquo;est pas hors de portée.</p>



<h3 class="wp-block-heading">La confiance ne se décrète pas<br></h3>



<p class="wp-block-paragraph">La tribune des dirigeants d&rsquo;agences sanitaires françaises est en fait révélatrice d&rsquo;un malaise plus large et plus ancien. Tant que les institutions sanitaires françaises continueront à se poser en victimes sans pratiquer une introspection rigoureuse sur leurs propres pratiques de communication, elles contribueront elles-mêmes à la défiance qu&rsquo;elles déplorent. La crise de l&rsquo;expertise sanitaire n&rsquo;est pas seulement une attaque extérieure contre la science. Elle est aussi le symptôme d&rsquo;un système qui doit se réformer s&rsquo;il veut retrouver sa légitimité auprès des citoyens.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La confiance ne se décrète pas. Elle se reconquiert par la rigueur, la transparence et l&rsquo;honnêteté intellectuelle, y compris, et peut-être surtout, lorsqu&rsquo;il s&rsquo;agit de reconnaître ses propres erreurs.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">Face à cette obstination politique, le regard incisif et humoristique de <a href="http://&lt;!-- wp:html --&gt; https://www.facebook.com/watch/?v=750090884728181 &lt;!-- /wp:html --&gt;">Nicole Ferroni fait mouche. Dans son sketch viral,</a> elle met en scène le retour du « nouvel album Loi Duplomb 2 », comme si rien n’avait changé. </p>



<p class="wp-block-paragraph">« L’erreur est humaine, mais persévérer… « , lance-t-elle avec justesse. Ce clin d’œil citoyen rappelle utilement qu’il ne suffit pas de revenir à la charge pour avoir raison face aux faits et à l’exigence de précaution.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Illustration d&rsquo;en-tête : Andrea pour Science infused</em></p>



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<p class="wp-block-paragraph"></p>



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<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2022/04/jaimelinfo.png"></a></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Désinformation en santé : le Comité Citoyen Saison 4 privilégie la promotion positive et la médiation face à l&#8217;approche verticale et répressive du rapport institutionnel</title>
		<link>https://citizen4science.org/desinformation-en-sante-le-comite-citoyen-saison-4-privilegie-la-promotion-positive-et-la-mediation-face-a-lapproche-verticale-et-repressive-du-rapport-institutionnel/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Fabienne Blum]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 03 Apr 2026 11:55:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Analyse]]></category>
		<category><![CDATA[Désinformation]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[Médiation]]></category>
		<category><![CDATA[Médiation scientifique]]></category>
		<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Pensée critique]]></category>
		<category><![CDATA[Santé]]></category>
		<category><![CDATA[Science]]></category>
		<category><![CDATA[Sciences de l'information et de la communication]]></category>
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					<description><![CDATA[Le rapport remis fin février 2026 constitue un désaveu démocratique d&#8217;une bonne partie de la stratégie de centralisation punitive proposée]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h3 class="wp-block-heading">Le rapport remis fin février 2026 constitue un désaveu démocratique d&rsquo;une bonne partie de la stratégie de centralisation punitive proposée par le rapport sur la désinformation en santé commandé par l&rsquo;éphémère ministre de la Santé Yannick Neuder. </h3>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<h2 class="wp-block-heading">Rapport Désinformation en santé : une logique de guerre née d’un entre-soi institutionnel et de luttes de clans sur les réseaux sociaux</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Remis le 12 janvier 2026 à Stéphanie Rist, ministre de la Santé, par leurs auteurs Mathieu Molimard, Dominique Costagliola et Hervé Maisonneuve à la suite de pas moins de 156 entretiens auprès de 270 acteurs (agences sanitaires, médias, plateformes, associations et militants des controverses de la période Covid), ce texte est intitué : « Information en santé &#8211;  Bilan des forces et des faiblesses &#8211; Recommandations pour une stratégie nationale d’information et de lutte contre la désinformation en santé ».<br>Il avait été commandé par Yannick Neuder (les Républicains) pendant ses huit mois en 2025 à la tête du ministère de la Santé.</p><div id="citiz-940752214" class="citiz-contenu citiz-entity-placement"><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-9064228701299411" crossorigin="anonymous"></script><ins class="adsbygoogle" style="display:block;" data-ad-client="ca-pub-9064228701299411" 
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<p class="wp-block-paragraph">Ce rapport  structure sa stratégie autour de six piliers. Il place au centre la création d’un Observatoire national doté d’IA et d’infovigilance, un Info-Score Santé classant les sources d&rsquo;information de A à E, et <br>« l’inversion du risque » : sanctionner les désinformateurs, protéger les scientifiques, communiquer sur les peines appliquées pour dissuader. </p>



<p class="wp-block-paragraph">La confiance en la science et la santé y apparaît dès lors avant tout comme le résultat d’un contrôle institutionnel renforcé, avec, comme il se doit dans notre culture politique, la création d&rsquo;une nième structure institutionnelle prête à s&#8217;empiler sur notre millefeuille administratif pléthorique.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L&rsquo;indépendance à géométrie variable</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Notons que si les auteurs du rapport Désinformation en santé clament leur indépendance, deux des trois étaient fonctionnaires du service public de santé au moment de la remise du rapport, et le troisième, M. Maisonneuve en est le conseiller à plus d&rsquo;un titre puisqu&rsquo;il est membre de l&rsquo;Office d&rsquo;intégrité scientifique de Assistance Publique des Hôpitaux de Paris (AP-HP), membre de la Conférence des Doyens des facultés de médecine et du Conseil national des Universités (CNU) et vient en outre d&rsquo;être nommé par Santé Publique France comme référent sur &#8230; la désinfomation en santé. CQFD.</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<h2 class="wp-block-heading">Notre analyse prémonitoire de l&rsquo;approche du Comité Citoyen </h2>



<p class="wp-block-paragraph">Nous l’avions déjà souligné dans notre article d&rsquo;analyse « <a href="https://citizen4science.org/desinformation-en-sante-un-rapport-sans-idees-nouvelles/">Désinformation en santé : un rapport sans idées nouvelles et une méthodologie qui interroge</a> » : la mission commandée par M. Neuder a abouti à un rapport qui s&rsquo;avère issu, malgré les chiffres impressionnants mis en avant quant au nombre d&rsquo;entretiens réalisés par les auteurs, de façon écrasante d&rsquo;une consultation effectuée dans l&rsquo;entre-soi d&rsquo;un double réseau institutionnel et militant de réseaux sociaux. Il reformule des recettes déjà connues sans renouveler le cadre relationnel et culture du problème, préférant le dirigisme et la centralisation assorti de mesures dissuasives et répressives.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://sante.gouv.fr/IMG/pdf/260218_rapport_comite_citoyen_saison_4-2.pdf">La réflexion du Comité citoyen</a> apporte un contraste saisissant. Entre décembre 2025 et février 2026, la Délégation au numérique en santé a réuni 26 citoyens tirés au sort par Harris Interactive, reflétant la diversité française. Ils ont travaillé durant trois week-ends pour répondre à une question précise : « Quel est le rôle des pouvoirs publics pour garantir l’accès à une information fiable en santé, favoriser une meilleure santé pour chacun et préserver la confiance dans le savoir scientifique ? »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Leur diagnostic est lucide : la désinformation prospère non par manque de sanctions, mais parce que l’information fiable reste distante, anonyme et parfois condescendante. Dès l’introduction, ils tranchent : <br>« Nous ne pensons plus que la priorité est de traquer toutes les fausses informations. Cette tâche est infinie. Nous pensons que l’enjeu principal est ailleurs : rendre l’information en santé fiable, claire et accessible, beaucoup plus visible. »</p>



<h2 class="wp-block-heading"><br>Promotion constructive, médiation et humanisation : le cœur du choix citoyen</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le rapport privilégie une communication sur le temps long : contenus incarnés par des visages identifiés (professionnels de santé, experts accessibles), ton humain, non moralisateur, ludique et humoristique, avec gamification. Les réseaux sociaux sont investis avec les mêmes codes que les contenus viraux, mais au service de repères fiables. Un indice de fiabilité santé est soutenu, mais uniquement pour évaluer la méthode de production de façon pédagogique. Aucune création d’Observatoire national, aucune infovigilance automatisée, aucune communication sur les sanctions. La répression reste une réflexion marginale. L’éducation progressive dès l’école, la formation des soignants à la reconnaissance des incertitudes et la médiation de proximité complètent un dispositif qui mise sur la durée et la confiance construite.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les voix fiables : professionnels de santé au centre, influenceurs en relais secondaires seulement</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le rapport citoyen affirme sans ambiguïté que les professionnels de santé coordonnés par les institutions constituent « les acteurs les plus légitimes en matière d’information en santé ». Ils doivent être placés au cœur de l’action. Les influenceurs ne sont mobilisés qu’en partenariat pour relayer des messages validés, jamais comme des sources primaires ou des voix d&rsquo;experts. Une distinction nette est maintenue entre pratiques conventionnelles et non conventionnelles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette position du panel de citoyens met en lumière une limite méthodologique et structurelle du rapport de M. Molimard et collègues : la consultation s’est largement appuyée sur des acteurs non professionnels de santé (journalistes, militants,  fact-checkers, influenceurs), qui se sont positionnés opportunément lors de la crise sanitaire comme voix de la science et détenteurs d&rsquo;expertise en santé sans légitimité, concourant à brouiller les cartes dans l&rsquo;esprit du public.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quant au renoncement à traquer les « fake news », le Comité Citoyen semble a voir compris qu&rsquo;il s&rsquo;agit surtout d&rsquo;un business au même titre que les disséminer en est un.  Sans la nommer, la loi de Brandolini  est à la rescousse pour choisir de clore ce volet visant à traquer le faux et publir leurs auteurs.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La non-médiation scientifique : le vide laissé aux cercles polarisés des réseaux sociaux</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le rapport citoyen comble précisément le vide que nous analysons depuis plusieurs années et avons baptisé la « non-médiation scientifique ». Sur les réseaux sociaux, principale source d’information pour les 15-30 ans, les vrais experts médicaux ont souvent déserté l’espace. Celui-ci a été occupé par des cercles militants qui ont également nourri la consultation du rapport commandé par Yannick Neudeur de leurs vues polarisées et souvent non expertes en la matière : groupes baptisés « pro-science », fact-checkers autoproclamés ou désignés, surfeurs numériques de la vague Covid, qui parlent au nom de la science sans en maîtriser pleinement les bases,  les incertitudes ou la pratique quotidienne. Au lieu d’expliquer ce qui est connu, ce qui reste incertain et ce qui peut évoluer, ces voix opposent souvent vérité absolue et mensonge, autorité et conspiration, bons et méchants avec des actions aggressives dirigées sur des cibles humaines. <br>Le Comité Citoyen l&rsquo;a bien compris : « Reconnaître les incertitudes scientifiques, expliquer les choix, admettre les erreurs passées, parler avec pédagogie plutôt qu’avec autorité, renforce la crédibilité au lieu de l’affaiblir. », appellent-ils de leurs vœux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Comité Citoyen propose donc une voie prospective : rendre les professionnels de santé visibles et formés à la médiation, investir le ludique et la proximité, construire des repères durables plutôt que poursuivre la logique de guerre en traquant des ennemis. Il refuse la centralisation punitive,  etreplace le citoyen au cœur du dialogue.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le message démocratique est puissant : face à la défiance, la solution n’est pas plus d’observatoires ni plus de sanctions venues d’un entre-soi militant, mais plus d’humanité, plus de communication non vioente, plus d’honnêteté sur les incertitudes et plus de légitimité médicale réelle. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Les pouvoirs publics ont désormais le choix : écouter la voix pragmatique des citoyens ordinaires ou persister dans une guerre informationnelle qui, depuis les réseaux, n’a fait qu’aggraver la crise.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’avenir de la confiance du public en la science et la santé se joue probablement sur ce terrain.</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><br><br><br></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Illustration d&rsquo;en-tête : Samuel Regan-Asante</em></p>



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		<item>
		<title>&#8216;Les vaches laitières ont aussi de beaux yeux&#8217; au théâtre le Funambule Montmartre</title>
		<link>https://citizen4science.org/les-vaches-laitieres-ont-aussi-de-beaux-yeux-au-theatre-le-funambule-montmartre/</link>
					<comments>https://citizen4science.org/les-vaches-laitieres-ont-aussi-de-beaux-yeux-au-theatre-le-funambule-montmartre/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Alain Girodet]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 26 Mar 2026 18:53:46 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Arts]]></category>
		<category><![CDATA[Critique théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[Obésité]]></category>
		<category><![CDATA[Santé]]></category>
		<category><![CDATA[Santé publique]]></category>
		<category><![CDATA[Sociologie]]></category>
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					<description><![CDATA[Le spectacle a pour thème un problème majeur de santé publique encore trop souvent méconnu ou négligé : celui des TCA]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap has-medium-font-size wp-block-paragraph">Le spectacle a pour thème un problème majeur de santé publique encore trop souvent méconnu ou négligé : celui des TCA (Troubles des Conduites Alimentaires). Ce problème se rencontre essentiellement chez les femmes et, la plupart du temps, chez les jeunes femmes. Parmi ces dernières, 28 % seraient concernées, et les TCA sont répertoriés comme étant la deuxième cause de mortalité prématurée chez les 15-24 ans.</p><div id="citiz-169440497" class="citiz-contenu citiz-entity-placement"><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-9064228701299411" crossorigin="anonymous"></script><ins class="adsbygoogle" style="display:block;" data-ad-client="ca-pub-9064228701299411" 
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<p class="wp-block-paragraph">Or, non seulement on en parle peu, ou pas, mais le problème est entretenu, et quasi encouragé, par les réseaux sociaux et un certain nombre de ces défis absurdes qu’aiment à se lancer les jeunes entre eux,pour s’affirmer, se différencier, s’exprimer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les TCA concernent majoritairement les femmes car ce sont elles, dans leur grande majorité, encore maintenant en 2026, qui sont victimes de la dictature des apparences, de l’obligation de se conformer à des stéréotypes de beauté et de minceur, de s’aligner sur l’image des magazines et des peoples. «&nbsp;Les vaches laitières&nbsp;» s’intitule le spectacle d’Aurélie Bargème car telle est l’expression dont elle s’est vue, elle, Aurélie Bargème, publiquement affublée à une période de sa vie. Et il en est bien d’autres encore, tout aussi méprisantes, insultantes, monstrueuses, tant une femme n’a pas le droit, ne peut pas, être différente, trop grosse ou trop maigre, trop différente de ce qu’on attend d’une femme. De cette situation nous sommes tous co-responsables, tous, les hommes bien entendu, mais également certaines femmes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Aurélie Bargème s’en est allée puiser dans son propre vécu pour écrire ce spectacle étonnant, original et déstabilisant. Qu’on ne s’y trompe pas, s’il est question d’un thème grave et douloureux, le spectacle, lui, demeure joyeux, drôle et tonifiant&nbsp;: on est ému mais on ne pleure pas, on est touché mais on n’en meurt pas, on est concerné et c’est tant mieux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour œuvrer, Aurélie Bargème, qui tient le rôle principal de Victoire (un avatar d’elle-même) s’est entourée de Maxime Perrin, excellent musicien capable de créer une ambiance tout à la fois rythmée et élégante à l’accordéon, au clavier et aux percussions, et de Marie Petiot, éblouissante comédienne, véritable lutin endiablé capable de donner vie à toute une pléiade de personnages, à la fois drôlatiques et, à chaque fois, justes, qui vont de l’adolescente dégingandée à la vieillarde rigide en passant par la psy incongrue.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La mise en scène de Didier Brice est brillante, avec ce rideau transparent qui permet de voyager dans le passé, quand les comédiens sont derrière, au présent quand ils sont devant, et cet immense réfrigérateur, symbole, ô combien, de la nourriture emmagasinée et du ventre nourricier, que son absence de fond transforme, lorsque les comédiens s’y introduisent, en lieu de transition, tunnel vers l’ailleurs, ouverture sur soi-même…</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le tout est drôle, enlevé, énergique, mené avec brio et bonne humeur, pour nous compter, sur le ton de la blague, de la comédie, de la confidence complice, l’Odyssée tragique du rapport faussé qu’une jeune femme a pu mener avec la nourriture qu’elle ingérait, de l’engrenage atroce entre boulimie et vomissement, du voyage absurde du Charybde de la prise de poids en Scylla de la tentative risible de régime.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au passage, le spectacle aborde le problème des causes ( la religion, la famille, les autres, l’éducation, la normalité, la société) celui des conséquences tant physiques que psychiques, et ce n’est jamais ni lourd ni désespérant, car l’autrice a su trouver le très juste équilibre entre le récit de son expérience individuelle et ce qui peut concerner les données collectives du mal. Un spectacle à conseiller vivement à tout le monde, jeunes et moins jeunes, car il met en lumière pas mal des impasses dans lesquelles se trouve notre société contemporaine. Les vaches laitières ont aussi de beaux yeux est une œuvre de salubrité publique.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>de et avec Aurélie Bargème</em></p>



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</div>



<p class="has-small-font-size wp-block-paragraph"><em>Photos : Jean Reynès</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>autrice</strong>&nbsp;Aurélie Bargème</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>mise en scène</strong>&nbsp;Didier Brice&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>avec</strong>&nbsp;Aurélie Bargème, Marie Petiot, Maxime Perrin</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>création lumières&nbsp;</strong>Moïse Hill</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>musique originale</strong>&nbsp;Maxime Perrin</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>chorégraphie</strong>&nbsp;Nathalie Lefèvre</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>décor</strong>&nbsp;Florian Guerbe</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>production</strong>&nbsp;La compagnie 172&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>durée</strong> 1h15</p>



<p class="wp-block-paragraph">Du 10 mars au 29 avril 2026</p>



<p class="has-small-font-size wp-block-paragraph"><em>Théâtre Le Funambule Montmartre, 53 rue des Saules- 75018 Paris</em></p>



<p class="has-small-font-size wp-block-paragraph"></p>



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<p class="has-small-font-size wp-block-paragraph"></p>



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<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC4665175/"></a></p>



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		<title>Vaccin à ARNm contre le mélanome : une avancée médicale prometteuse, vite instrumentalisée sur les réseaux sociaux</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Fabienne Blum]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 25 Jan 2026 11:32:46 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Analyse]]></category>
		<category><![CDATA[cancérologie]]></category>
		<category><![CDATA[Désinformation]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
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		<category><![CDATA[Santé]]></category>
		<category><![CDATA[Sciences de l'information et de la communication]]></category>
		<category><![CDATA[Vaccins]]></category>
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					<description><![CDATA[Selon le communiqué de presse de ses promoteurs, les résultats actualisés à cinq ans de l’étude clinique KEYNOTE-942 confirment un]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h3 class="wp-block-heading">Selon le communiqué de presse de ses promoteurs, les résultats actualisés à cinq ans de l’étude clinique KEYNOTE-942 confirment un bénéfice durable et prometteur en immunothérapie. Mais ils suscitent déjà une polarisation extrême sur les réseaux sociaux, où certains militants instrumentalisent ces données précoces pour se promouvoir</h3>



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<h2 class="wp-block-heading">Principes et mécanismes scientifiques de l&rsquo;mmunothérapie personnalisée à base d&rsquo;ARN messager</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La technologie ARNm permet à l&rsquo;organisme de produire des protéines thérapeutiques sans introduire de virus ou de cellules cancéreuses. Dans le cas du mélanome, ce vaccin thérapeutique dont le principe actif est l&rsquo;intismeran autogene, nom de code RNA-4157/V940) est conçu sur mesure pour chaque patient. On commence par séquencer l’ADN de la tumeur réséquée pour identifier une vingtaine de mutations spécifiques, appelées néoantigènes, qui ne sont présents que dans les cellules cancéreuses. Ces néoantigènes sont ensuite encodés dans des molécules d’ARNm synthétique, elles-mêmes encapsulées dans des nanoparticules lipidiques pour une délivrance efficace du médicament dans l&rsquo;organisme du patient.</p><div id="citiz-4282456573" class="citiz-contenu citiz-entity-placement"><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-9064228701299411" crossorigin="anonymous"></script><ins class="adsbygoogle" style="display:block;" data-ad-client="ca-pub-9064228701299411" 
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<p class="wp-block-paragraph">Une fois injecté, l’ARNm est traduit par les cellules dendritiques du système immunitaire, qui présentent ces néoantigènes aux lymphocytes T. Cela déclenche une réponse immune ciblée : les lymphocytes T CD8+ deviennent cytotoxiques contre les cellules tumorales porteuses de ces marqueurs, tandis que des lymphocytes T mémoire se forment pour une protection à long terme. Associé au pembrolizumab (nom de marque : Keytruda), un médicament anticancéreux inhibiteur PD1 du point de contrôle qui empêche les tumeurs de freiner l’immunité, l’effet thérapeutique est amplifié. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Des études précliniques ont montré une activation robuste et spécifique, avec une mémoire immunitaire durable, évitant les toxicités systémiques des chimiothérapies classiques. L’intérêt scientifique est majeur : cette plateforme personnalisée pourrait s’adapter à d’autres cancers solides (poumon, côlon, pancréas), en passant d’une médecine standardisée à la précision génomique individualisée.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



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<h2 class="wp-block-heading">Résultats concrets de l’essai KEYNOTE-942 et perspectives futures</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’étude clinique KEYNOTE-942 de Moderna et Merck est un essai randomisé de phase 2b, c&rsquo;est-à-dire une phase précoce d&rsquo;administration du vaccin expérimental aux patients. iL inclut 157 patients atteints de mélanome de stade III/IV à haut risque après résection complète (chirurgie). Les participants reçoivent soit l&rsquo;association expérimentale  (vaccin + Keytruda, neuf doses sur un an) soit Keytruda seul à titre de médicament comparateur. Les données à cinq ans, annoncées le 20 janvier 2026 par les promoteurs (Moderna et Merck), montrent une réduction soutenue de 49 % du risque de récidive ou de décès (HR = 0,510 ; IC 95 % : 0,294–0,887 ; p nominal = 0,0075), cohérente avec les analyses à trois ans. Le bénéfice ne s’atténue pas, indiquant une immunité persistante. Le profil de sécurité est gérable : fatigue, douleurs locales et frissons dominent, avec des événements graves comparables entre groupes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce profil homogène ne disqualifie pas le travail produit, mais il en oriente fortement la perspective. Le rapport adopte une lecture du problème largement façonnée par les logiques propres aux réseaux sociaux : affrontements discursifs, personnalisation des controverses, construction de camps antagonistes, polarisation et escalade quel que soit le camp. D’autres approches, pourtant essentielles pour comprendre la défiance telles que sociologie des institutions, relation de soin, médiation de terrain, sciences de l’éducation et de la communication restent marginales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces résultats, révélés au grand public par le <a href="https://www.washingtonpost.com/health/2026/01/20/cancer-drug-mrna-melanoma/">Washington Post</a> , concernent un traitement adjuvant post-chirurgical, et non un traitement du mélanomes métastatique inopérable. Pour confirmer et déterminersi le vaccin expérimental est efficace est sûr, un essai de phase 3 (INTerpath-001), plus large tentera de confirmer les résultats de la phase précoce chez des milliers de patients, avec résultats attendus en 2026. Si ces résultats sont positifs, ils pourraient ouvrir la voie à une autorisation de mise sur le marché qui alors, marquant un tournant en oncologie personnalisée.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><br>L’instrumentalisation rapide de la science sur les réseaux sociaux</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Sur X (ex-Twitter), l’article de vulgarisation a été immédiatement diffusé par des militants autodéclarés « pro-science », déclenchant un clivage immédiat habituel. Le clan en question a relancé des fils éducatifs anciens pour célébrer ces résultats comme une validation définitive de la technologie, opposant explicitement leur camp victorieux aux dangereux clan « antivax ». Les données cliniques préliminaires fournies par les laboratoires pharmaceutiques ont été transformés argument idéologique opposable à  toute critique. À l’opposé, des voix sceptiques dénoncent une « campagne de presse sous influence des firmes », minimisent également les résultats comme étant non significatifs (en invoquant une p-value bilatérale supposée >0,05 ou un essai sous-puissant) ou les relient à des théories non étayées comme les « turbo-cancers ».</p>



<h2 class="wp-block-heading">Contradictions et instrumentalisation politique</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Cette binarité révèle des incohérences flagrantes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les militants autoproclamés « pro-science » exigeaient pendant la pandémie des publications scientifiques revues par les pairs et dénonçaient toute extrapolation hâtive. Aujourd&rsquo;hui, ils s’appuient sur un simple communiqué de presse des laboratoires promoteurs pour clamer une  » victoire » contre les « anti-vax ». <br>Pourtant, toute diffusion d&rsquo;un communiqué de presse était il y a peu qualifiée d&rsquo;anti-science, à coup du slogan-hashtag « Show me the data » signifiant l&rsquo;absence de toute valeur d&rsquo;une communication émanant directement des laboratoires sans publication scientifique. On voit ainsi que ce saint principe est à géométrie variable en fonction du contenu des annonces &#8230;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le camp d&rsquo;en face, lui, recycle des arguments non fondés pour discréditer l’ensemble de la technologie ARNm. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette instrumentalisation politique, ici la transformation de données précoces de phase 2b sans données publiées en arme idéologique, pose un problème éthique sérieux : elle érode la confiance publique en la science, particulièrement fragilisée depuis le Covid-19. </p>



<p class="wp-block-paragraph">À un moment où la prudence est essentielle (données non encore publiées en revue à comité de lecture, phase 3 en attente, accès limité par le coût de la personnalisation), surestimer ou dénigrer prématurément risque de polariser davantage et de freiner une adoption raisonnée. C&rsquo;est l&rsquo;une des leçons de la crise sanitaire.</p>



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<h2 class="wp-block-heading">Prioriser la rigueur et l&rsquo;esprit critique face aux camps de tous bords instrumentalisant la science </h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le médicament expérimental intismeran autogene incarne un espoir concret et scientifiquement solide : une réduction durable du risque de récidive grâce à une immunothérapie ciblée et personnalisée. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces progrès méritent enthousiasme mesuré et vulgarisation honnête, sans instrumentalisation. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce sont finalement les promoteurs eux-mêmes qui appellent comme il se doit à la prudence, comme l&rsquo;indique leur <a href="https://www.merck.com/news/moderna-merck-announce-5-year-data-for-intismeran-autogene-in-combination-with-keytruda-pembrolizumab-demonstrated-sustained-improvement-in-the-primary-endpoint-of-recurrence-free-survival-i">communiqué de presse</a> :   les résultats sont « soutenus » selon leurs dires,  mais tout à fait préliminaires, non extrapolables.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La vigilance s&rsquo;impose: la science avance par accumulation de preuves solides, et le parcours est parfaitement borné et long pour le développement clinique des médicaments, sous Le signe du labeur, de la rigueur et de l&rsquo;expertise. Les invectives peu rigoureuses et non cohérentes de camps binaires politisés drapés de science non maîtrisée ne servent assurément ni son image ni sa compréhension par le grand public. Une leçon malheureusement non tirée de l&rsquo;expérience Covid-19. On ne s&rsquo;en étonnera pas, les mêmes surfeurs de vague foubis des mêmes armes restent à l&rsquo;œuvre sur les réseaux sociaux.</p>



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<p class="wp-block-paragraph"><br><em>Illustration d&rsquo;en-tête : Thirdman</em></p>



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			</item>
		<item>
		<title>Désinformation en santé : un rapport sans idées nouvelles et une méthodologie qui interroge</title>
		<link>https://citizen4science.org/desinformation-en-sante-un-rapport-sans-idees-nouvelles/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Fabienne Blum]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 13 Jan 2026 14:14:59 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Analyse]]></category>
		<category><![CDATA[Désinformation]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[Médiation]]></category>
		<category><![CDATA[Médiation scientifique]]></category>
		<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Pensée critique]]></category>
		<category><![CDATA[Santé]]></category>
		<category><![CDATA[Sciences de l'information et de la communication]]></category>
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					<description><![CDATA[Constats déjà largement documentés, solutions connues reconditionnées et glissement vers des réponses rigides, centralisées et répressives : le rapport remis]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h3 class="wp-block-heading">Constats déjà largement documentés, solutions connues reconditionnées et glissement vers des réponses rigides, centralisées et répressives : le rapport remis à la ministre de la Santé peine à ouvrir des perspectives nouvelles, tout en reléguant la médiation au second plan. L’affichage d’une large concertation masque une forte homogénéité des acteurs mobilisés, qui oriente le dispositif proposé vers l&rsquo;administration de la défiance plutôt que la restauration de la confiance</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Sous couvert d’approche nationale et s’appuyant sur des diagnostics connus de longue date tout en écartant les leviers relationnels, le rapport remis à Stéphanie Rist propose une stratégie normative, centralisée et aux velléités répressives, qui interroge ses effets à long terme sur la confiance, le débat scientifique et la liberté d&rsquo;expression. Présenté comme une réponse structurante à un phénomène complexe, il privilégie l’outillage institutionnel et le cadrage des discours au détriment d’une réflexion approfondie sur les conditions sociales, culturelles et relationnelles de la circulation de l’information en santé. L’occasion de proposer une stratégie véritablement innovante, capable de retisser du lien plutôt que de le réguler, s’en trouve largement manquée.</p><div id="citiz-3234208080" class="citiz-contenu citiz-entity-placement"><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-9064228701299411" crossorigin="anonymous"></script><ins class="adsbygoogle" style="display:block;" data-ad-client="ca-pub-9064228701299411" 
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<h2 class="wp-block-heading">Un diagnostic désormais largement consensuel</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le rapport dresse un tableau familier : circulation accélérée de contenus trompeurs, confusion entre opinions et savoirs établis, difficulté du public à hiérarchiser les sources, fragilisation de la parole scientifique dans l’espace médiatique. La crise sanitaire du Covid-19 a servi de révélateur à ces phénomènes, en les rendant visibles à grande échelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce diagnostic est solide. Mais il est aussi ancien. Les sciences sociales, l’infodémiologie et la médiation scientifique analysent ces mécanismes depuis plus d’une décennie. Les institutions européennes et internationales ont multiplié les rapports sur les liens entre information, confiance et santé publique. De nombreuses initiatives citoyennes et associatives ont expérimenté, souvent avec peu de moyens, des réponses éducatives et participatives.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le rapport s’inscrit clairement dans cette continuité. Il ne renouvelle ni les concepts, ni les cadres d’analyse, mais les reformule dans un langage institutionnel.</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<h2 class="wp-block-heading">Une mission construite dans un entre-soi informationnel</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le choix des rapporteurs constitue un élément central pour comprendre la tonalité du document. Tous sont issus d’un même espace : celui des controverses sanitaires très polarisées sur les réseaux sociaux. Tous ont été, à des degrés divers, des acteurs engagés dans les débats autour du Covid-19, et particulièrement identifiés par leur opposition frontale à certaines figures médiatiques devenues emblématiques de ces conflits.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce profil homogène ne disqualifie pas le travail produit, mais il en oriente fortement la perspective. Le rapport adopte une lecture du problème largement façonnée par les logiques propres aux réseaux sociaux : affrontements discursifs, personnalisation des controverses, construction de camps antagonistes, polarisation et escalade quel que soit le camp. D’autres approches, pourtant essentielles pour comprendre la défiance telles que sociologie des institutions, relation de soin, médiation de terrain, sciences de l’éducation et de la communication restent marginales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce biais initial explique en partie la difficulté du rapport à se décentrer des conflits passés pour penser des réponses véritablement prospectives. Il explique également sans doute le biais de sélection des entretiens qui a précipité l&rsquo;initative dans cet entre-soi peu propice aux idées nouvelles.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><br>Qui parle ? Des entretiens nombreux, mais dans un périmètre étroit</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le rapport met en avant un chiffre impressionnant : 156 entretiens, ayant mobilisé près de 270 personnes. Ce volume donne l’image d’une consultation large et pluraliste. Pourtant, la lecture attentive des profils auditionnés révèle un périmètre nettement plus homogène qu’il n’y paraît. Les personnes interrogées appartiennent majoritairement à trois catégories : militants numériques (réseaux sociaux) en croisade dont leurs relais  habituels au sein de médias et autres fact-checkers, représentants de la fonction publique (institutions sanitaires, universitaires, chercheurs, société sanvantes). Il s’agit, pour l’essentiel, de personnes déjà convaincues de la centralité du problème et largement alignés sur le diagnostic posé par les rapporteurs. À l’inverse, le rapport reste discret, voire silencieux, sur l’audition de profils susceptibles de déplacer le regard : associations citoyennes et de médiation scientifique, médiateurs indépendants de terrain, soignants de premier recours confrontés à la défiance des patients, chercheurs en sciences sociales critiques des politiques publiques de communication, Leur absence interroge. Ainsi, derrière l’affichage d’une consultation large et exhaustive, la composition du panel révèle un angle unique, la pluralité des expériences et des points de vue non institutionnels demeurant très largement marginalisée.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un noyau militant polarisé bruyant comme illusion du consensus</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’analyse détaillée de la liste nominative révèle une configuration plus problématique encore. <br>Environ 15 à 20 % des personnes consultées sont un noyau d’acteurs fortement polarisés constitué récemment (pandémie du Covid-19), très actifs sur les réseaux sociaux, engagés dans des luttes souvent politisées et structurées autour de conflictualités personnalisées. Ces personnes revendiquent une posture scientifique tout en mobilisant des pratiques caractéristiques du militantisme numérique : interpellations publiques agressives, campagnes coordonnées, judiciarisation systématique des controverses et mise en scène récurrente de leur victimisation. Les rapporteurs s’inscrivent eux-mêmes dans ces réseaux d’interactions, brouillant davantage la frontière entre expertise, engagement et combat personnel. Pour enfoncer le clou, comme précédemment indiqué, des journalistes liés à ce noyau militant et constituant sa fidèle chambre d&rsquo;écho dans les médias, ne manquent pas à l&rsquo;appel.<br>Numériquement minoritaire mais très bruyant, ce noyau entretient une forte circularité discursive faite de citations croisées, de références mutuelles et de reprises d’arguments identiques d’un support à l’autre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À cette dynamique s’ajoute donc la surreprésentation d’acteurs institutionnels issus des mêmes cercles de diffusion, certains ayant pu être sollicités via les réseaux professionnels et la liste des lecteurs du blog personnel d’un autre rapporteur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La consultation donne ainsi à voir moins une confrontation pluraliste des approches qu’un écosystème fermé, où les sources, les analyses et les relais médiatiques tendent à se recouper, nourrissant un effet d’auto-validation dans lequel le consensus affiché apparaît en partie produit par l’entre-soi et l’auto-citation plutôt que par la diversité réelle des cadres d’analyse.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



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<h2 class="wp-block-heading">Un entre-soi cognitif plus qu’un pluralisme réel</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ce biais de sélection ne relève pas nécessairement d’une intention, mais il produit un effet bien identifié en sociologie des organisations : l’entre-soi cognitif. En interrogeant majoritairement des acteurs issus des mêmes sphères professionnelles et informationnelles, voire des compagnons de millitantisme, sphères souvent très actives sur les réseaux sociaux, le rapport consolide des cadres d’analyse déjà dominants sans les mettre réellement à l’épreuve.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette homogénéité explique en partie pourquoi les recommandations finales apparaissent si peu contrastées. Les constats convergent, les solutions se ressemblent, et les tensions inhérentes à toute politique de l’information en santé sont peu explorées. Le débat scientifique, pourtant fondé sur la confrontation d’approches et de disciplines, se trouve ici lissé au profit d’un consensus de surface.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Interroger la désinformation sans interroger ses propres conditions de production constitue une limite méthodologique majeure. En ce sens, le rapport illustre paradoxalement ce qu’il dénonce : la difficulté à sortir de cadres interprétatifs fermés lorsqu’un problème est abordé sous un angle trop homogène.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’absence de cartographie d&rsquo;analyse des personnes auditionnées, c&rsquo;est-à-dire les disciplines, les positions institutionnelles, les degrés d’engagement public, empêche toute évaluation indépendante de la pluralité réelle des points de vue. Cette lacune est d’autant plus problématique que le rapport plaide par ailleurs pour plus de transparence et de rigueur dans l’information en santé.</p>



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<h2 class="wp-block-heading">Des solutions connues, reconditionnées</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les principales recommandations du rapport relèvent davantage de la formalisation que de l’innovation. L’idée d’un indicateur de fiabilité de l’information en santé, inspiré du Nutri-Score, illustre cette logique. Or il  s&rsquo;agit d&rsquo;une solution de labellisation de l&rsquo;information qu&rsquo;a préconisé récemment Emmanue Macon. Coïncidence ? Quoi qu&rsquo;il en soit, présentée comme structurante, elle reprend une proposition ancienne, régulièrement discutée dans les milieux de la médiation scientifique. Les limites sont bien identifiées : réduction excessive de la complexité, dépendance aux critères retenus, risque de rejet par les publics déjà défiants envers les institutions.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De même, la création d’un observatoire national et d’un dispositif d’infovigilance prolonge des dispositifs existants sans démontrer en quoi une nouvelle structure résoudrait les problèmes de coordination, de légitimité et d’efficacité déjà rencontrés. Le rapport privilégie une réponse organisationnelle, rajoutant une couche organisationnelle comme on ajoute une loi au millefeuille existant, à un problème qui est pourtant aussi, fondamentalement, relationnel et culturel.</p>



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<h2 class="wp-block-heading">Angle mort du rapport : ce que font les autres pays européens</h2>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est aussi une composante de l&rsquo;entre-soi qui transpire de ce travail, réduisant la problématique à un sujet hexagonal. Le rapport évoque à plusieurs reprises le cadre international et européen, sans toutefois proposer de véritable analyse comparative des stratégies mises en œuvre dans d’autres pays. Cette absence est regrettable : elle prive la réflexion de retours d’expérience pourtant précieux, dans un domaine où les réponses éducatives, participatives ou fondées sur la médiation ont parfois montré des résultats plus durables que les approches strictement normatives.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La comparaison européenne aurait pourtant apporté un éclairage utile. Dans plusieurs pays, les stratégies de lutte contre la désinformation en santé privilégient des approches plus distribuées. Les pays nordiques, notamment, investissent prioritairement dans l’éducation aux médias et à la science dès le plus jeune âge, en s’appuyant sur des partenariats étroits entre écoles, chercheurs et acteurs associatifs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En Allemagne ou aux Pays-Bas, les dispositifs de veille existent, mais sont souvent accompagnés d’un effort marqué de transparence institutionnelle et d’un soutien à des plateformes de médiation indépendantes. L’accent est mis moins sur la labellisation ou la sanction que sur la capacité du public à comprendre les incertitudes scientifiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces expériences montrent que la réponse à la désinformation ne se limite pas à l’outillage réglementaire, mais repose sur un écosystème de confiance construit dans le temps.</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<h2 class="wp-block-heading">Une conception verticale et autoritaire de la confiance</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le rapport français repose implicitement sur une idée simple : apposer un tampon de score sur l&rsquo;information et secondairement améliorer la qualité de l’information disponible suffirait à restaurer la confiance. Cette approche néglige une dimension pourtant centrale des crises récentes : la défiance ne procède pas uniquement d’un déficit de connaissances, mais d&rsquo;une perte de pensée critique et  d’un rapport dégradé aux institutions.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les messages contradictoires, les revirements mal expliqués, les zones d’ombre sur les processus de décision ont durablement entamé la crédibilité de la parole publique. Sur ce point, le rapport reste discret et ainsi, politiquement correct. Il interroge peu la responsabilité des institutions dans la perte de confiance qu’il constate par ailleurs. Il faut dire que les voix qui s&rsquo;expriment dans ce rapport sont pour l&rsquo;écrasante majorité les institutions elles-mêmes. </p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<h2 class="wp-block-heading">Le risque d’un tournant répressif mal encadré</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La volonté de mieux protéger les scientifiques face au harcèlement est légitime. Mais la place accordée aux sanctions dans le rapport soulève des questions importantes. Les frontières entre désinformation, erreur, controverse scientifique et critique légitime ne sont ni simples ni stables. En l’absence de garde-fous clairement définis, toute approche répressive comporte un risque de confusion entre régulation de contenus manifestement frauduleux et contrôle du débat scientifique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans un contexte où la science progresse par la confrontation d’hypothèses, ce glissement mérite une vigilance particulière.</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<h2 class="wp-block-heading">Un rapport utile à la formalisation, mais insuffisant et biaisé</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ce rapport remplit une fonction politique claire : structurer un discours public sur la désinformation en santé et légitimer des orientations déjà présentes dans le débat institutionnel. Il est moins convaincant comme texte analytique et prospectif. Il peine à intégrer la pluralité des expériences de terrain et des points de vue, à reconnaître les limites de l’action institutionnelle et à proposer des outils réellement nouveaux.</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<h2 class="wp-block-heading">Repenser la lutte contre la désinformation</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Lutter durablement contre la désinformation en santé suppose d’accepter une part d’inconfort. Celui de l’incertitude scientifique, du débat contradictoire et de la critique des institutions elles-mêmes. Les réponses les plus efficaces observées en Europe reposent sur la médiation, l’éducation, la transparence et le dialogue, bien plus que sur la labellisation ou la sanction. À défaut, le risque est réel de transformer la lutte contre la désinformation en un nouvel objet de défiance.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La médiation scientifique, un angle encore largement sous-exploité</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Un aspect frappant du rapport est la place marginale accordée à la médiation scientifique, pourtant identifiée depuis longtemps comme un levier central de confiance. Là où le texte privilégie des réponses descendantes, labellisation, observatoires, dispositifs de surveillance,  la médiation repose sur une logique inverse : créer des espaces d’échange où les savoirs circulent, se discutent et se contextualisent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La médiation ne se réduit pas à une simplification des contenus scientifiques. Elle suppose un travail patient d’explicitation des incertitudes, des controverses et des processus de production des connaissances. Elle reconnaît que la défiance n’est pas seulement un déficit d’information, mais souvent une réaction à un sentiment d’exclusion du débat ou à une expérience antérieure de dissonance institutionnelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En France comme ailleurs en Europe, les initiatives de médiation portées par des associations, des collectifs de chercheurs ou des journalistes spécialisés ont montré leur capacité à toucher des publics éloignés des canaux institutionnels. Ces dispositifs, lorsqu’ils sont indépendants, pluralistes et inscrits dans la durée, favorisent une appropriation active des savoirs, bien plus efficace que toute tentative de normalisation des discours.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En reléguant la médiation au second plan, le rapport passe à côté d’une voie pourtant prometteuse : celle d’une politique de l’information fondée sur la relation, la confiance construite et la reconnaissance du citoyen comme acteur du débat scientifique, et non comme simple destinataire à corriger.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’entre-soi médiatique : une chambre d’écho bien rodée<br></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La publication du rapport a donné lieu à une séquence de prises de parole d’une remarquable homogénéité. Plusieurs grands médias nationaux (<em>L’Express</em>, <em>Le Point</em>, <em>Libération</em> notamment) ont relayé, à un rythme soutenu, la parole des mêmes rapporteurs, selon un cadrage identique et un lexique commun. Cette convergence n’a rien de spontané : elle repose sur des journalistes intégrés dans le réseau militant polarisé et bruyant, souvent auditionnés dans le cadre même du rapport, et qui en deviennent ensuite les relais naturels. L’entre-soi, ici, ne se limite plus à la production du diagnostic ; il s’étend à sa mise en scène médiatique et à sa validation publique, au prix d’une pluralité d’angles largement absente.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La prise de distance de l’exécutif : un signal politique fort<br></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Face à cette séquence médiatique très alignée, la ministre de la Santé Stéphanie Rist, qui n&rsquo;a ni lancée cette mission ni désigné les rapporteurs, a toutefois introduit une inflexion notable. Si la stratégie gouvernementale s’appuie sur le rapport, elle n’en reprend pas plusieurs propositions structurantes. Ont ainsi été écartées la création d’un « Info-score santé », assimilable à une notation normative des sources d’information, l’instauration de sanctions spécifiques à l’encontre des producteurs de contenus, ou encore une judiciarisation renforcée de la lutte contre la désinformation. La ministre a également renoncé à confier l’infovigilance à une instance indépendante, privilégiant une mise en œuvre plus progressive et prudente. Ces arbitrages traduisent une conscience aiguë des risques politiques, juridiques et démocratiques associés à une approche trop coercitive de l’information scientifique.<br></p>



<h2 class="wp-block-heading">Quand la lutte se mue en guerre informationnelle</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Cette retenue gouvernementale contraste avec le discours porté par les rapporteurs dans l’espace médiatique et sur les réseaux sociaux. À mesure que leurs interventions se multiplient, un glissement s’opère : la désinformation n’est plus pensée comme un phénomène complexe à analyser, mais comme une menace à neutraliser ; le débat public comme un espace à réguler ; les plateformes numériques, jusqu’à l’évocation explicite de leur fermeture, comme des problèmes à éliminer. Ces positions, même lorsqu’elles ne sont pas retenues par l’exécutif, révèlent une conception de la lutte contre la désinformation fondée d’abord sur la contrainte, la normalisation et la répression, reléguant au second plan la médiation, l’accompagnement et le travail sur la confiance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le rapport peine ainsi à reconnaître la frontière poreuse entre expertise scientifique, engagement militant et logique de guerre informationnelle. Lorsque des rapporteurs adoptent eux-mêmes, sur les réseaux sociaux, une posture vindicative et judiciarisée, appelant implicitement à des sanctions plutôt qu’à des mécanismes de délibération contradictoire, ils donnent corps aux inquiétudes que suscite ce texte. La question dépasse dès lors le seul champ de l’information en santé : elle engage notre capacité collective à répondre à la défiance sans refermer l’espace du débat, ni affaiblir le pluralisme et la démocratie que cette politique prétend pourtant défendre.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Rapport « désinformation en santé » : un arrière-goût orwellien ?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Au terme de cette analyse, une impression domine : ce qui devait être une mission de réflexion s’est progressivement transformé en tentative de reprise autoritaire du contrôle de l’espace informationnel. Sous couvert de lutte contre la désinformation scientifique, le rapport laisse affleurer une vision profondément scientiste du débat public, où la controverse est disqualifiée, la contradiction délégitimée et la sanction érigée en réponse politique. Il transpire de cet exercice l’idée d’une expédition punitive menée par le haut, visant à institutionnaliser la revanche d’un noyau militant bruyant, celui-là même dont les rapporteurs sont partie prenante sur les réseaux sociaux, pour tenter de gagner, par l’appareil d’État, une guerre numérique qui peine à convaincre dans l’espace ouvert du débat.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En prétendant protéger la démocratie sanitaire, le rapport en fragilise les fondements : pluralisme des savoirs, délibération contradictoire, médiation scientifique, et même, médiation tout cours comme maître-mot. La défiance n’y est pas travaillée, elle est contenue ; la complexité n’y est pas éclairée, elle est normalisée. L’ombre d’un <em>ministère de la Vérité</em> version scientifique, longtemps invoquée comme une caricature excessive, se trouve ici formulée de manière bien réelle. La lutte contre la désinformation ne saurait pourtant justifier que l’on referme l’espace démocratique au nom de sa défense.<br><br><br></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Illustration d&rsquo;en-tête : Samuel Regan-Asante</em></p>



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		<title>Collectif No FakeMed : du rempart anti-pseudoscience à la table des négociations avec l&#8217;ennemie</title>
		<link>https://citizen4science.org/collectif-no-fakemed-du-rempart-anti-pseudoscience-a-la-table-des-negociations-avec-lennemie/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 30 Dec 2025 16:28:49 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Analyse]]></category>
		<category><![CDATA[Esprit critique]]></category>
		<category><![CDATA[Fake Médecine]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[Gouvernement]]></category>
		<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Pensée critique]]></category>
		<category><![CDATA[Pseudoscience]]></category>
		<category><![CDATA[Santé]]></category>
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					<description><![CDATA[Il était né pour chasser sans compromis les pratiques en santé non éprouvées par la science. Quelques années plus tard,]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h3 class="wp-block-heading">Il était né pour chasser sans compromis les pratiques en santé non éprouvées par la science. Quelques années plus tard, il lui offre un pont d&rsquo;or. Tentons d&rsquo;analyser l&rsquo;étonnant virage.</h3>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est l&rsquo;histoire d&rsquo;une initiative collective sur le papier très honorable qui n&rsquo;a pas résisté aux sirènes du buzz et de la politique, comme beaucoup de celles tombées dans les rets des réseaux sociaux et de la proximité avec les gouvernements. Celle-ci a cela de remarquable qu&rsquo;elle a fini par aider ses ennemis déclarés à se promouvoir. Il nous faut l&rsquo;exposer en préambule : ici l&rsquo;on ne s&rsquo;intéresse pas à une association somme toute confidentielle , mais à un mécanisme, à savoir comment politique, populisme, corporatisme et militantisme peuvent broyer des projets au point d&rsquo;entraver leur propres objectifs.</p><div id="citiz-1134477587" class="citiz-contenu citiz-entity-placement"><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-9064228701299411" crossorigin="anonymous"></script><ins class="adsbygoogle" style="display:block;" data-ad-client="ca-pub-9064228701299411" 
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<h2 class="wp-block-heading">Origine et corporatisme élitiste </h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le collectif No FakeMed voit le jour en mars 2018 après une <a href="http://(https://www.lefigaro.fr/vox/societe/2018/03/19/31003-20180319ARTFIG00276-il-n-existe-pas-de-medecine-alternative-il-n-y-a-que-de-la-medecine-qui-marche-et-celle-qui-ne-marche-pas.php).">tribune</a> retentissante dans <em>Le Figaro</em> signée par 124 personnes dont des professionnels de santé exigeant le déremboursement de l’homéopathie. Très vite soit quelques mois plus tard, il se structure en association loi 1901 dont l&rsquo;objet est la « p<em>romotion de la médecine, des soins et des thérapeutiques, fondées sur les preuves scientifiques ; soutien et défense de ceux qui assurent cette promotion ; information des professionnels et du public sur la médecine, des soins, et des thérapeutiques, fondées sur les preuves scientifiques ; lutte active contre les pratiques de soins non scientifiques, déviantes, délétères, aliénantes ou sectaires</em>« . <br>Ses statuts sont particulièrement verrouillés, à la saveur corporatiste sinon élitiste : seuls les professionnels de santé (médecins, pharmaciens, sages-femmes et dentistes selon le Code de la santé publique) en exercice ont le droit de vote (« collège votants »). Les autres, paramédicaux non soumis à Ordre professionnel, grand public, sympathisants, peuvent adhérer mais restent <a href="https://www.nofakemed.fr/statuts/">explicitement exclus</a> de toute voix délibérative (« collège non votants »). L&rsquo;association se présente d&rsquo;ailleurs comme sur son site internet comme « un groupe de professionnels de santé ». Pourtant, si l’association ne publie aucun rapport détaillé, les estimations croisées (informations qui restent donc à vérifier) font état d’un noyau dur de 200 à 400 membres actifs votants (10 à 20 % des effectifs) face à plusieurs milliers de sympathisants sans droit de vote. Le Conseil d&rsquo;administration affiché sur le site confirme cette proportion, composé de huit professionnels de santé et deux paramédicaux en décembre 2025.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un avant-goût de contradiction et de populisme</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Un autre élément notable dans les statuts du Collectif NoFakeMed est « <em>l&rsquo;exclusion des personnes morales dont l’activité professionnelle est en lien avec le commerce de produits pharmaceutiques ou destinés aux soins</em>« . C&rsquo;est une position forte d&rsquo;opposition aux entreprises du médicament et des soins de santé qui sont les acteurs qui permettent finalement aux membres de ce collectif de leur donner les outils pour soigner. Ces entreprises sont au cœur de science médicale et façonnent la médecine de demain, et fourmillent bien évidemment de professionnels de santé à leur bord.<br> On aurait pu comprendre l&rsquo;exclusion des entreprises qui fabriquent ou vendent des produits et soins non éprouvés, car cela aurait été cohérent avec la mission de l&rsquo;association. Comment expliquer alors cette contradiction ? La raison la plus plausible est le populisme « anti-big pharma », qui s&rsquo;est fortement développé dans la crise sanitaire de la pandémie de Covid-19, avec son cortèges de théories complotistes et de manichéisme : les laboratoires pharmaceutiques représentent le mal face aux professionnels de santé, opposition non pertinente puisqu&rsquo;ils sont largement représentés dans ces entreprises.<br><br>Plus cocasse et anecdotique, mais tout aussi contradictoire : le collectif vend des produits à son effigie, avec une boutique en ligne sur son site internet. Les visuels sont principalement à base du logo du collectif associé à la formule chimique du glucose. Or le glucose, c&rsquo;est le sucre, soit l&rsquo;ennemi public numéro un en santé publique pour les conséquences dramatiques de sa surconsommation à travers le monde.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La mobilisation sur les réseaux sociaux&#8230; et son revers</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le collectif est très actif sur X (ex Twitter) dans un objectif de visibilité et de mobilisation. Le compte @NoFakeMedecine dépase ainsi les 10 000 abonnés. Les fiches anti-fakemed, tribunes et appels à l’action génèrent des milliers d’interactions. Toutefois la majorité des comptes les plus actifs gravitant autour n’ont pas la formation médicale exigée au sein du collectif. On voit défiler des militants politisés et/ou polarisés qui utilisent la cause comme étendard idéologique ou quête de visibilité. Beaucoup de ces comptes sont apparus à la faveur de la récente crise sanitaire et ont découvert le concept de pseudoscience à cette occasion. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais aujourd&rsquo;hui, les critiques pleuvent à l&rsquo;encontre de No FakeMed : les critiques relevées vont d&rsquo;accusations de « meutes », de victimisation après des années d’insultes, d’infiltration par les promoteurs de médecine intégrative, ou de populisme officiel. Ces reproches révèlent une fracture profonde au sein de la communauté en ligne et des interrogations légitimes sur les actions du collectif.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La victoire politique et les premières ambiguïtés</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le succès de l&rsquo;action initiale du collectif, avant qu&rsquo;il ne soit formalisé, est incontestable. Grâce à la pression de No FakeMed, Agnès Buzyn alors ministre de la santé mandate la Haute autorité de santé (HAS) en 2018, et <a href="https://www.has-sante.fr/jcms/c_2889138/fr/evaluation-de-l-homeopathie-par-la-has">l’homéopathie est déremboursée </a>en 2021.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais au fil du temps et finalement assez rapidement, le collectif accepte des échanges discrets avec l’entourage gouvernemental et on va le voir, finira par les afficher avec fierté, dans un contexte pourtant connu de complaisance voire de soutien au plus haut niveau de l&rsquo;État de pratiques pseudoscientifiques et de son lobby. Dans ce contexte, un choix de proximité peut concourir à une régulation large des pratiques alternatives permettant de leur donner une légitimité.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le virage institutionnel de 2023</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ce virage progressif devient véritablement spectaculaire en 2023. Agnès Firmin Le Bodo est signataire en 2021 d&rsquo;un projet résolution parlementaire qui veut institutionnaliser l’A-MCA, une association auto-proclamée « agence » des médecines alternatives et complémentaires, véritable lobby de la pseudoscience. Elle invite officiellement le collectif NoFakeMed, le CUMIC et l’A-MCA à siéger dans le même comité ministériel chargé de « faire le tri » dans les pratiques non conventionnelles (pratiques non éprouvées soit-disant combattues par le collectif.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Comme nous l’avions déjà dénoncé dans ces colonnes en 2023, cette configuration  pose un problème majeur  sur le fond mais aussi sur la forme: inclure des promoteurs de pratiques non éprouvées dans l’instance censée les réguler risque de transformer la vigilance en caution scientifique. Y ajouter des groupes censées combattre ces pratiques peut achever de brouiller les pistes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;intention de la ministre paraissait pourtant claire : institutionnaliser l&rsquo;A-MCA comme prévu initialement via la résolution parlementaire qui n&rsquo;a pas abouti deux ans plus tôt.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il n&rsquo;y a dès lors qu&rsquo;un pas à voir comme une compromission inacceptable le fait que le collectif No FakeMed ait accepté de participer à ce projet.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les alertes de Science infused</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans notre article de juin 2023, nous avions alerté à nouveau sur Agnès Firmin Le Bodo et son projet inquiétant : « <a href="https://citizen4science.org/medecines-alternatives-agence-des-mca-association-qui-defend-des-pseudosciences-conviee-a-la-table-des-negociations-au-ministere-de-la-sante/">Agence des MCA, association qui défend des pseudosciences conviée à la table des négociations au ministère de la Santé</a> ». Nous dénoncions explicitement l’invitation de cette association, perçue comme un lobby pro-pseudosciences, aux discussions ministérielles, au moment même où la ministre était rattrapée par des affaires de cadeaux acceptés de la part d&rsquo;URGO.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nou pointions aussi déjà le collectif NoFakeMed cédant aux sirènes de l&rsquo;appel ministériel, avec des communications sur les réseaux sociaux particulièrement inquiétantes attestant d&rsquo;un virage incompatible selon nous avec la mission du collectif. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette alerte confirmait nos craintes récurrentes sur la porosité entre pouvoir, promoteurs de pratiques non éprouvées et politisation de structures censées lutter contre ces pratiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h2 class="wp-block-heading">La contribution du CUMIC au flou académique qui efface la ligne rouge</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Par ailleurs, le CUMIC (Collège Universitaire de médecines intégratives et Cmplémentaires) est un organisme universitaire qui promeut l’enseignement et la reconnaissance académique de pratiques non éprouvées scientifiquement, souvent sous l’étiquette « intégrative ». Avec l’A-MCA, qui vise à les réguler et à les légitimer politiquement, le CUMIC constitue ainsi le second fer de lance majeur de la promotion institutionnelle des pseudosciences en France, en leur offrant cette fois un vernis académique et scientifique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En janvier 2025, un <a href="https://www.em-consulte.com/article/1712400/what-the-fakemed-or-fake-medicines-according-to-a-">article scientifique</a> publié en ligne dans la revue Ethics, Medicine and Public Health marque un tournant significatif : intitulé « What the “FakeMed” »  or “fake medicines” according to a collective of French doctors ». il est co-signé par plusieurs membres éminents du CUMIC, dont Julien Nizard, vice-président du CUMIC et responsable du service Douleur et Médecine intégrative au CHU de Nantes. Les auteurs analysent la définition du « FakeMed » promue par le Collectif No FakeMed, en s’appuyant sur leurs publications et sur des entretiens directs réalisés avec les présidents du collectif, qui a donc accepté de se soumettre à un jeu dangereux.  Leur conclusion est sans ambiguïté : le terme « FakeMed » repose sur une démarcation illusoire entre médecine conventionnelle et non conventionnelle, et constitue lui-même un concept trompeur qui simplifie abusivement les nuances scientifiques. Ils plaident pour une approche plus nuancée, où certaines pratiques complémentaires pourraient s’intégrer légitimement à une médecine fondée sur les preuves. Ce texte, en donnant la parole aux dirigeants de NoFakeMed tout en déconstruisant leur discours qualifié de binaire, confirme ainsi les craintes que nous exprimions depuis plusieurs années : en acceptant de participer à des initiatives avec les ennemis déclarés, le collectif contribue à estomper la ligne rouge qu’il avait lui-même tracée, ouvrant la voie à une reconnaissance progressive des pratiques intégratives sous couvert de rigueur scientifique.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le (non) positionnement ambigu de NoFakemed vis-à-vis du CUMIC</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les convergences entre le Collectif No FakeMed et le CUMIC se manifestent par une série de signes qui alimentent les soupçons de dilution idéologique. Le collectif accepte en 2023 un débat public télévisé où l’une de ses porte-parole, Marion Lagneau, confronte directement un vice-président du CUMIC, Fabrice Berna, sans rejeter catégoriquement le cadre intégratif défendu par ce dernier. Plus troublant, le président de No FakeMed Pierre Brémond d&rsquo;ARS accorde en 2024 des entretiens approfondis aux auteurs de l&rsquo;article du CUMIC de janvier 2025 dans Ethics, Medicine and Public Health, qui permettent aux auteurs, comme nous l&rsquo;avons vu, de déconstruire et discréditer ce que défend le collectif. Ce dernier ne réagira d&rsquo;aucune façon.  Ce silence persistant du collectif face à ces initiatives  (aucun communiqué, aucune critique publique du CUMIC sur son site ou ses réseaux) renforce l’impression d’un pragmatisme institutionnel qui prime sur la radicalité originelle. Sur X, ces éléments nourrissent des accusations récurrentes de porosité, voire de parasitage intellectuel, où le collectif, autrefois intransigeant, semble tolérer un dialogue qui normalise progressivement l’universitarisation des pratiques intégratives autrefois qualifiées de pseudosciences.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un piège de populisme médical qui se referme sur lui-même ?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">En quelques années d&rsquo;existence, le collectif NoFakeMed est passé du statut de poil à gratter anti-charlatan à celui d’acteur institutionnel assis à la même table que l’A-MCA et un support au CUMIC, sous l’égide d’un gouvernement qui promeut une « santé intégrative ». Avec un noyau décisionnel ultra-restreint de 200 à 500 votants et des milliers de sympathisants réduits au rôle de porte-voix sur les réseaux sociaux, le collectif semble être tombé exactement dans le piège qu’il dénonçait : celui du populisme médical, de la quête de pouvoir et de notoriété, au détriment de la lutte sans compromis qu’il clamait défendre et pourtant inscrite dans son objet. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Illustration d&rsquo;en-tête : Andrea pour Science infused</em></p>



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			</item>
		<item>
		<title>Grève des radiologues : est-elle justifiée ou abusive ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 09 Nov 2025 13:31:21 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Analyse]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[Médecine]]></category>
		<category><![CDATA[protection des animaux]]></category>
		<category><![CDATA[Santé]]></category>
		<category><![CDATA[Santé publique]]></category>
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					<description><![CDATA[La grève des radiologues français prévue demain 10 novembre 2025 s’inscrit dans un conflit persistant avec la Caisse Nationale de]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h3 class="wp-block-heading">La grève des radiologues français prévue demain 10 novembre 2025 s’inscrit dans un conflit persistant avec la Caisse Nationale de l’Assurance Maladie (CNAM) concernant une réduction proposée de 300 millions d’euros sur deux ans dans les dépenses d’imagerie. Les radiologues estiment que cette coupe menace l’accès aux soins, un argument qui alimente le débat sur la légitimité de leur mouvement.</h3>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h2 class="wp-block-heading">Une justification économique partielle</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les radiologues évoquent une baisse de leur revenu net moyen, passant de 700 000 € à moins de 460 000 € entre 2020 et 2023 selon l’AGAPS, soit environ 172 000 € par praticien après division par 2,67. Cependant, cette analyse omet les dividendes et rémunérations sur résultats, fréquents dans les structures privées comme Simago ou Imapôle. Ces compléments, souvent conséquents, atténuent l’impact des coupes, suggérant une stratégie pour maintenir un niveau de vie élevé plutôt qu’une réponse à une urgence économique.</p><div id="citiz-3261123640" class="citiz-contenu citiz-entity-placement"><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-9064228701299411" crossorigin="anonymous"></script><ins class="adsbygoogle" style="display:block;" data-ad-client="ca-pub-9064228701299411" 
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<h2 class="wp-block-heading">Position financièrement dominante parmi les spécialistes</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Au sein des médecins spécialistes, les radiologues se démarquent par des revenus dépassant ceux des généralistes ou de spécialités comme la pédiatrie, même après cette baisse. Leur influence s’appuie sur des relais puissants au sein des syndicats médicaux et en politique, où ils font pression pour préserver leurs acquis, notamment via des dépassements d’honoraires en secteur 2. Cette capacité à mobiliser des soutiens institutionnels renforce l’idée d’un mouvement corporatiste, loin d’une préoccupation générale pour le système de santé.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une mobilisation qui profite peu aux patients</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’argument de la protection de l’accès aux soins peine à convaincre, surtout face aux critiques sur le « saucissonnage » des examens, une pratique dénoncée pour maximiser les facturations. Pour les patients, déjà confrontés à des coûts élevés, cette grève peut apparaître davantage comme une défense d’intérêts particuliers, orchestrée par une profession qui bénéficie d’un lobbying médical bien établi, plutôt qu’une réponse aux besoins du public.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Comparaison avec l’Europe : un écart notable</h2>



<p class="wp-block-paragraph">En Europe, les radiologues français restent mieux lotis que leurs homologues. En Allemagne, les salaires de base, augmentés de 40 % pour les heures supplémentaires, atteignent environ 250 000 € brut par an, tandis qu’en Belgique, des estimations évoquent jusqu’à 400 000 € brut. Malgré leur baisse, les revenus français, enrichis par des dividendes, dépassent souvent ces standards, renforçant l’impression d’un mouvement excessif face à une situation qui reste avantageuse pour ces praticiens.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Perspectives : risque d’isolement accru</h2>



<p class="wp-block-paragraph">À court terme, la grève du 10 novembre pourrait contraindre la CNAM à des concessions, portée par les réseaux d’influence des radiologues. À long terme, un échec pourrait accélérer la consolidation du secteur par des investisseurs privés, augmentant les coûts pour les patients. Cependant, leur dépendance à un lobbying médical puissant pourrait les isoler davantage, rendant leur mouvement impopulaire dans un système de santé sous pression.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Illustration d&rsquo;en-tête : Tara Winstead</em><br></p>



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		<title>La propriétaire du chat Rémi à Agde écope d&#8217;une amende : analyse d&#8217;un buzz</title>
		<link>https://citizen4science.org/la-proprietaire-du-chat-remi-a-agde-ecope-dune-amende-analyse-dun-buzz/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Fabienne Blum]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 08 Nov 2025 16:22:06 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Animaux]]></category>
		<category><![CDATA[Chats]]></category>
		<category><![CDATA[Droit]]></category>
		<category><![CDATA[Droits des animaux]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[Juridique]]></category>
		<category><![CDATA[protection des animaux]]></category>
		<category><![CDATA[Pseudoscience]]></category>
		<category><![CDATA[Santé]]></category>
		<category><![CDATA[Violence]]></category>
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					<description><![CDATA[Derrière l&#8217;amende virale, une affaire de voisinage comme la France en compte des milliers, et des inquiétudes pour la gente]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h3 class="wp-block-heading">Derrière l&rsquo;amende virale, une affaire de voisinage comme la France en compte des milliers, et des inquiétudes pour la gente féline et son attrait comme animal de compagnie</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Un chat roux « condamné » à 1 250 euros d&rsquo;amence pour avoir uriné sur une couette : l’histoire a fait le tour des médias en quelques heures, <a href="https://www.leparisien.fr/herault-34/cette-habitante-dagde-ecope-de-1250-euros-damende-car-son-chat-se-rendait-chez-le-voisin-30-10-2025-HS62J455ONHTTIO2UZ4TL3L4PM.php">le Parisien</a> en tête. Le 17 janvier 2025, le tribunal judiciaire de Béziers n’a pas jugé un animal, comme l&rsquo;ont déformé certains médias, mais sa propriétaire. Cette dame d&rsquo;Agde, doit indemniser son voisin pour des dégradations répétées. Tout commence en 2023. Son voisin, fraîchement installé, refait son crépi, mais des traces de pattes apparaissent. Puis une couette mise à sécher est souillée et des excréments jonchent le jardin. Il installe des caméras, déclare le dispositif à la CNIL, et accumule les preuves. Rémi, chat roux au pelage distinctif, est filmé à plusieurs reprises. En août 2025, le voisin réclame 2 200 euros. Dominique refuse, et le dossier, épais de 90 pages, atterrit au tribunal.</p><div id="citiz-3292188153" class="citiz-contenu citiz-entity-placement"><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-9064228701299411" crossorigin="anonymous"></script><ins class="adsbygoogle" style="display:block;" data-ad-client="ca-pub-9064228701299411" 
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<h2 class="wp-block-heading">Le jugement : responsabilité automatique et astreinte</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le juge applique l’article 1242 du Code civil : le gardien d’un animal est responsable des dommages qu’il cause, même sans faute. Les vidéos sont irréfutables ; les arguments de la défense , soit l&rsquo;existence d’autres chats roux dans le quartier , sont balayés. Dominique est condamnée à 1 250 euros de dommages et intérêts, plus une astreinte de 30 euros par franchissement prouvé de la clôture. En cas de récidive, l’amende grimpera à 2 000 euros et l’astreinte à 150 euros. Le jugement n’est pas public (informations <em>Le Parisien</em>). L’astreinte n’est pas une punition, mais un moyen de pression : elle court tant que l’infraction persiste. Elle vise ici à forcer Dominique à empêcher Rémi d’entrer chez le voisin, avec comme moyens, clôture anti-chat, répulsifs ultrasoniques ou collier GPS. Il laisse une porte de sortie : l&rsquo;action de la propriétaire de Rémi.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Précédents en cascade</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’affaire n’a rien d’exceptionnel. En 2018, la Cour de cassation a confirmé la responsabilité d’un propriétaire dont le chat griffait une voiture voisine. En 2022, la cour d’appel de Paris a accordé 1 500 euros pour des plantes tuées par l’urine d’un félin. À Lyon, en 2023, un tribunal a imposé 1 200 euros plus une astreinte de 50 euros par récidive. Avec la généralisation des caméras, ces dossiers se multiplient ; les notaires de l’Hérault estiment à une plainte par heure les litiges impliquant des animaux.<br></p>



<h2 class="wp-block-heading">Comparaison internationale</h2>



<p class="wp-block-paragraph">En Europe, la France n’est pas isolée. En Allemagne, le principe est identique (article 833 du BGB), mais une médiation obligatoire précède souvent le tribunal. Au Royaume-Uni, l&rsquo;<em>Animals Act 1971</em> impose une responsabilité stricte : un cas similaire à Manchester, en 2023, a abouti à 900 livres sterling d’indemnisation. En Belgique, la cour d’appel de Liège a condamné en 2024 un propriétaire à 1 800 euros pour des excréments répétés, avec astreinte de 100 euros par semaine. Aux États-Unis, la règle varie selon les États : responsabilité stricte en Californie, preuve de négligence à New York. Les procès sont plus fréquents, les montants plus élevés, un chat ayant détruit un canapé en cuir a valu 3 200 dollars en 2024. Les juges américains privilégient les injonctions : confiner l’animal ou installer une clôture, sous peine d’amende quotidienne.<br></p>



<h2 class="wp-block-heading">Les avantages d’une médiation et ce que révèle l’affaire</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Plutôt que d’enchaîner les audiences comme à Agde, une médiation aurait pu désamorcer le conflit dès 2023. En France, les conciliateurs de justice,  gratuits et accessibles sans avocat, traite 70 % des litiges de voisinage avec succès en deux rendez-vous. Confidentielle, rapide (quelques semaines contre des mois au tribunal) et impartiale, ils rétablissent le dialogue : le propriétaire installe un filet, le voisin tolère les passages occasionnels, et l’accord est homologué par le juge, avec force exécutoire. Dans l’Hérault, la commission départementale de conciliation gère précisément ces cas, évitant 80 % des procès pour troubles liés aux animaux. À Béziers, la Maison René Cassin propose une médiation locale pour nuisances de voisinage, transformant une guerre en cohabitation pacifique, sans buzz viral ni astreinte galopante. Derrière ce buzz, on trouve une réalité prosaïque : 15 millions de chats en France, des voisins équipés de caméras, et un droit qui ne transige pas avec les preuves. Le jugement n’est ni absurde ni disproportionné. Il est l’application mécanique d’une règle ancienne dans un monde nouveau. Dominique n’a pas fait appel, sur conseil de son avocat. Une nouvelle audience est prévue en décembre 2025 pour examiner la récidive.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’inquiétude des propriétaires de chats et les risques pour l’adoption</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Si l’affaire du chat Rémi met en lumière la responsabilité civile des propriétaires, elle soulève aussi une inquiétude légitime chez les 15 millions de foyers français comportant un chat : cette jurisprudence pourrait-elle transformer la divagation, un comportement naturel, en source de sanctions financières récurrentes, voire d&rsquo;une certaine forme de maltraitance animale finalement ? En zone pavillonnaire comme à Agde, où les jardins s’entremêlent sans clôtures infranchissables, les chats expriment leur instinct explorateur, essentiel à leur bien-être. Les vétérinaires et associations comme la SPA rappellent que les félins domestiques, surtout ceux adoptés en refuge comme Rémi (un ancien chat errant), ne sont pas conçus pour une vie confinée : l’enfermement prolongé mène souvent à l’obésité, au stress, à l’agressivité ou à la dépression, comme l’observe Dominique, qui décrit son compagnon « assigné à résidence » depuis janvier, ayant pris du poids et montrant des signes d’irritabilité. La SPA, par la voix de son directeur général Guillaume Sanchez, alerte selon <em>Le Parisien</em> sur un risque de « coup de frein terrible aux adoptions ». Cette peur est d’autant plus fondée que les refuges, déjà saturés (comme le souligne une étude SPA-Affinity de 2024 sur les abandons en hausse), pourraient voir les adoptions chuter si les futurs maîtres hésitent face à un risque judiciaire imprévisible. Pourtant, des solution plus ou moins simples à mettre en pratique existent pour les voisins plaignants : répulsifs naturels (agrumes, ultrasons) ou filets anti-intrusion chassent les chats sans cruauté, préservant la liberté de tous sans recourir au tribunal. Une jurisprudence trop stricte risquerait non seulement de pénaliser les animaux, mais aussi d’alimenter une culture de la délation entre voisins, au détriment du vivre-ensemble.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le vrai défi : vivre ensemble, pas se barricader</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les filets à deux mètres, les colliers GPS ou les répulsifs ultrasoniques ne sont pas des solutions miracles, car un chat déterminé franchira toujours une clôture, sautera par-dessus un mur ou sur un toit. Ce ne sont pas des moutons, mais des prédateurs territoriaux, et les quartiers pavillonnaires ne sont pas des enclos. Le vrai problème n’est pas technique, mais humain : pourquoi, dans une rue d’Agde comme ailleurs, préfère-t-on filmer, accumuler des preuves et saisir la justice plutôt que parler, tolérer ou repousser sans cruauté ? Le droit est clair, la responsabilité réelle, mais l’affaire Rémi interroge surtout notre capacité collective à cohabiter. Avec 15 millions de chats et autant de jardins, la France n’a pas besoin de forteresses anti-félins, mais de voisins qui acceptent que la liberté d’un animal, comme celle d’un enfant qui joue au ballon – s’arrête là où commence le dialogue, pas l’astreinte. Sinon, le prochain Rémi ne sera pas jugé : il ne sera jamais adopté.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Illustration d&rsquo;en-tête : Havvanur</em><br></p>



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		<title>Désaffection des études de pharmacie : un rapport bi-académique dénonce les failles de la réforme PASS/LAS et appelle à une refonte urgente</title>
		<link>https://citizen4science.org/desaffection-des-etudes-de-pharmacie-un-rapport-bi-academique-denonce-les-failles-de-la-reforme-pass-las-et-appelle-a-une-refonte-urgente/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Fabienne Blum]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 05 Nov 2025 19:45:31 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Académie nationale de médecine]]></category>
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		<category><![CDATA[Déserts médicaux]]></category>
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					<description><![CDATA[Validé le 9 octobre 2025 par les Académies nationales de médecine et de pharmacie, un rapport bi-académique dissèque la désaffection]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h2 class="wp-block-heading">Validé le 9 octobre 2025 par les Académies nationales de médecine et de pharmacie, un rapport bi-académique dissèque la désaffection pour les études de pharmacie, aggravée par la réforme PASS/LAS, et propose des solutions pour relancer une filière cruciale.</h2>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h3 class="wp-block-heading">Une crise d’attractivité qui fragilise un pilier de la santé publique</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le <a href="https://www.acadpharm.org/avis_propositions/rapports.php">rapport bi-académique</a> du 9 octobre 2025, piloté par Jean-Louis Beaudeux et Dominique Bertrand, alerte sur une crise préoccupante : la désaffection des études de pharmacie, marquée par 293 places vacantes en deuxième année (DFGSP2) en 2024 sur 3 413, après 471 en 2023 et 1 100 en 2022, soit 17 % des capacités nationales. Cette situation, inédite face à l’attraction intacte de la médecine, menace un secteur clé. Avec 75 080 pharmaciens inscrits à l’Ordre en 2024 (croissance de 1,8 % en dix ans contre 3,5 % pour la population), la pénurie estimée à 6 000 professionnels risque d’aggraver les déserts pharmaceutiques, particulièrement en zones rurales où les officines (30 pour 100 000 habitants) assurent un accès immédiat aux soins. Ce déclin reflète une sous-valorisation chronique de la pharmacie, reléguée dans l’ombre de la médecine malgré son rôle pivot en prévention (vaccination, éducation et suivi thérapeutique) et en gestion des crises, comme le Covid ou les pénuries médicamenteuses.</p><div id="citiz-1201168997" class="citiz-contenu citiz-entity-placement"><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-9064228701299411" crossorigin="anonymous"></script><ins class="adsbygoogle" style="display:block;" data-ad-client="ca-pub-9064228701299411" 
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<p class="wp-block-paragraph"><br></p>



<h3 class="wp-block-heading">PASS/LAS : une réforme brouillonne qui marginalise la pharmacie</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Nous avions déjà eu la réforme PACES qui a créé une première année de concours commune médecine et pharmacie, très discutable dans le principe puisqu&rsquo;elle introduit de facto une compétition entre ces deux formations de professionnels de santé. Puis, introduite en 2020 pour diversifier les profils et réduire les échecs précoces, la réforme PASS/LAS (Parcours Accès Santé Spécifique/Licence Accès Santé) a complexifié l’accès à la pharmacie. Dans Parcoursup, la filière disparaît sous l’étiquette générique « études de santé », perdant en visibilité. La lisibilité souffre aussi : les parcours PASS et LAS, aux épreuves orales et interclassements hétérogènes selon les universités, désorientent les bacheliers. À Paris Cité, le taux d’occupation en DFGSP2 tombe à 80 % en 2023-2024, avec un déficit marqué en LAS. Les passerelles (8 % des places) et l’intégration d’étudiants hors UE, limitée par des quotas stricts, ne comblent pas le vide. La Cour des comptes, en décembre 2024, fustige une réforme « mal conçue » qui n’atteint que marginalement ses objectifs de diversification sociale. Analysons : PASS/LAS, en voulant tout uniformiser, a renforcé la domination culturelle de la médecine, marginalisant la pharmacie comme choix par défaut pour 50 % des entrants. Cette opacité est un échec stratégique, ignorant la complémentarité des métiers de santé.<br>On pourra lire avec intérêt dans ce cadre, la <a href="https://www.lepoint.fr/sante/hidz-s-2385-hidz-e-2385-nous-refusons-des-etudiants-qui-veulent-faire-pharmacie-c-hidz-s-2343-hidz-e-2343-est-un-comble-hidz-s-2344-hidz-e-2344--05-11-2025-2602531_40.php">tribune</a> de Jean-Louis Beaudeux,  Doyen de la faculté de pharmacie de Paris.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><br></p>



<h3 class="wp-block-heading">Méconnaissance des débouchés : un déficit éducatif dès le lycée</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Une enquête auprès de 345 étudiants en DFGSP2 à Paris Cité (38 % de réponses) révèle une ignorance alarmante : 80 % méconnaissent les débouchés au-delà de l’officine (hôpital, industrie, biologie médicale, recherche). 68 % des LAS ont échoué une PASS, et seuls 14 % ont priorisé la pharmacie dès le départ. Les sources d’information sont familiales (62 %), loin devant les JPO ou unités d’enseignement (moins de 20 %). 37 % des PASS choisissent la filière par manque d’intérêt pour d’autres métiers ou peur des responsabilités médicales. Ce déficit s’explique par le remplacement des conseillers d’orientation par des psychologues axés sur la réussite scolaire, et une communication institutionnelle lacunaire malgré les efforts de l’Ordre depuis 2021. Nous avons déjà relaté dans ces colonnes comment des barrières culturelles et réglementaires freinent la compréhension des métiers. De là il n&rsquo;y a qu&rsquo;un pas à considérer que le manque d’éducation dès le secondaire est une faute systémique. Sans une campagne agressive pour valoriser la pharmacie, de la recherche à l’hôpital, les efforts apparents ne resteront qu&rsquo;un pis-aller, minant la motivation des futurs diplômés.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Pénurie et paradoxe en PUI : un gâchis de compétences</h3>



<p class="wp-block-paragraph">La démographie pharmaceutique, majoritairement féminine (âge moyen 46 ans stable), stagne. L’Ordre prévoit une baisse de 2,3 % des effectifs d’ici 2035 si les vacants persistent, avec un déclin des biologistes médicaux et une hausse limitée (+20 %) en hôpital et industrie. La DREES, en 2021, alertait déjà sur ce déséquilibre face à une population croissante. Mais un paradoxe criant, absent du rapport, aggrave la crise : la pénurie en Pharmacie à Usage Intérieur (PUI) hospitalière. Depuis le décret de 2017 (article L.5126-1), l’accès aux PUI exige un DES de pharmacie hospitalière via un internat de quatre ans. La dérogation temporaire (deux ans d’expérience pour non-DES) expire le 1er juin 2025, laissant des centaines de postes vacants et forçant des externalisations coûteuses. Nous avons <a href="https://citizen4science.org/lutte-contre-les-deserts-medicaux-peu-mediatisee-la-penurie-de-pharmaciens-hospitaliers-est-egalement-concernee-quelles-solutions-a-lhorizon/">récemment dénoncé ce levier au point mor</a>t qu&rsquo;est le frein à la mobilité public-privé : des pharmaciens industriels, experts en recherche clinique, gestion des essais ou pharmacovigilance, sont exclus des PUI pour des raisons réglementaires (DES obligatoire) et culturelles (défiance envers les « industriels »). Une question sénatoriale de novembre 2024 alerte sur ce blocage, plaidant pour des reconversions facilitées. Le CNOP confirme l’urgence, avec la fin des dérogations en 2025. Analysons : ce cloisonnement est un non-sens. Les pharmaciens industriels, formés à des standards rigoureux (bonnes pratiques cliniques, normes EMA), pourraient pallier les pénuries en PUI, où leur expertise en gestion des stocks et protocoles thérapeutiques est directement transférable. Ce verrou réglementaire, justifié par une quête de spécialisation et de protection de la section dédiée de l&rsquo;Ordre, frise l’absurde dans un contexte de crise hospitalière. En ignorant cette question, le rapport rate une opportunité de plaidoyer pour une mobilité fluide, essentielle à la résilience du système.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Le besoin d&rsquo;un plan pour redynamiser la filière</h3>



<p class="wp-block-paragraph"><br>Le rapport bi-académique propose neuf mesures pour la réforme de 2026-2027 : information obligatoire en lycée et portail Parcoursup dédié aux métiers ; enseignements équilibrés en première année (20-27 ECTS santé/disciplinaire/transversal) ; accès expérimental spécifique à la pharmacie (un tiers des places). Il prône aussi une professionnalisation (simulations, DES officine/industrie), l’extension du CESP pour zones sous-dotées, un oral recentré sur l’adéquation professionnelle, des passerelles élargies (10 à 30 % des places) et un « droit au remords » entre filières. Ces pistes, nourries par des auditions comme celle de Maryse Camus-Piszek (Ordre), s’alignent sur l’appel de la Cour des comptes à une voie unique simplifiée. Ces mesures apparaissent comme solides, mais leur timidité sur la mobilité post-diplôme, notamment vers les PUI, limite leur portée. Intégrer des passerelles pour pharmaciens industriels vers l’hôpital serait un signal fort d’innovation.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Fluidifier les carrières pour une pharmacie agile et résiliente</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Ce rapport est un cri d’alarme : sans réforme audacieuse, la pharmacie risque de s’effacer face à une médecine survalorisée, menaçant l’accès équitable aux soins. Les recommandations tracent une voie, mais elles esquivent un levier crucial : la mobilité public-privé et la nécessité de briser les silos entre officine, industrie et hôpital. C&rsquo;est ainsi que la France pourrait non seulement combler ses pénuries, mais faire de la pharmacie un modèle d’agilité interdisciplinaire pour une santé publique robuste et inclusive.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Mise à jour : 12/11/2025 &#8211; ajout de la tribune du Dr Beaudeux.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Illustration d&rsquo;en-tête :  Allison Saeng</em></p>



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