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	<title>Expert Archives - Science infused site d&#039;actualités</title>
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	<description>Éditeur C4S, association loi 1901</description>
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	<title>Expert Archives - Science infused site d&#039;actualités</title>
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	<item>
		<title>Rôle de médiateur des experts de justice : Alain Vanzo, premier président de la cour d’appel de Bourges, livre une analyse de l’abrogation de l’article 240 du Code de procédure civile</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Fabienne Blum]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 26 Mar 2026 19:42:34 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Analyse]]></category>
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					<description><![CDATA[Le 24 mars 2026, à l’occasion  de l’assemblée générale annuelle de la Compagnie des experts de justice de la cour]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p></p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong><strong>Le 24 mars 2026, à l’occasion  de l’assemblée générale annuelle de la Compagnie des experts de justice de la cour d’appel de Bourges (CEJB), le premier président de la Cour d’appel de Bourges est intervenu pour proposer une synthèse claire et nuancée des conséquences de la réforme des modes amiables de résolution des différends (MARD) introduite par le décret n° 2025-660 du 18 juillet 2025, applicable depuis le 1er septembre 2025. Cette intervention, très attendue par les experts de la CEJB, a permis d’éclairer une évolution majeure du droit processuel civil qui modifie en profondeur le rôle traditionnel de l’expert judiciaire.</strong></strong></h2>



<h3 class="wp-block-heading"><strong><strong>Le contexte historique de l’interdiction et son évolution progressive</strong></strong></h3>



<p>Avant la réforme, l’article 240 du Code de procédure civile interdisait explicitement au juge de confier à un technicien, et donc à un expert judiciaire, une mission de conciliation des parties. Cette disposition, héritée de la refonte du Code de procédure civile dans les années 1970 et renforcée par un décret de 1996 qui rendait incompatible la fonction de médiateur avec celle de mesure d’instruction dans une même instance, visait à préserver la neutralité et l’impartialité de l’expert. Sa mission devait se limiter strictement à l’éclairage technique sur des questions de fait, conformément à l’article 230 du Code de procédure civile. Malgré cette interdiction légale, la pratique des magistrats, experts et avocats avait progressivement développé des mécanismes permettant un rapprochement amiable. On citait notamment la désignation conjointe, dans une même ordonnance de référé, d’un expert et d’un médiateur distincts. Parallèlement, le droit administratif avait ouvert la voie depuis les années 2000 : le Conseil d’État avait admis le cumul des fonctions de constatation et de négociation pour l’expert, puis le Code de justice administrative avait été modifié en 2010 et 2016 pour permettre explicitement à l’expert de concilier ou de négocier les parties. Le décret de juillet 2025 marque une étape décisive en érigeant la culture de l’amiable au rang de véritable politique publique et même de principe directeur du procès. Il abroge l’article 240 du Code de procédure civile ainsi que les dispositions qui empêchaient un médiateur d’être commis à une mesure d’instruction. Cependant, comme l’a relevé Alain Vanzo, les rédacteurs n’ont pas prévu expressément la possibilité de désigner l’expert comme médiateur ou de lui confier une mission de conciliation. C’est la circulaire d’application du 19 juillet 2025 qui apporte les indications pratiques les plus utiles, même si elle ne possède pas de valeur réglementaire contraignante.</p><div id="citiz-1195590422" class="citiz-contenu citiz-entity-placement"><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-9064228701299411" crossorigin="anonymous"></script><ins class="adsbygoogle" style="display:block;" data-ad-client="ca-pub-9064228701299411" 
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</div>



<p></p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong><strong>Les trois hypothèses pratiques ouvertes par la circulaire</strong></strong></h3>



<p>La circulaire identifie trois scénarios principaux qui peuvent se présenter au cours ou à l’issue des opérations d’expertise. Dans la première hypothèse, les parties décident, pendant les opérations d’expertise, après la remise d’un pré-rapport ou à leur issue, de recourir à une médiation conventionnelle et désignent l’expert comme médiateur. Dans ce cas, il convient d’appliquer intégralement les règles de la médiation conventionnelle. Dans la seconde hypothèse, l’expert est désigné comme médiateur par le juge lui-même ; les règles de la médiation judiciaire s’appliquent alors. Dans la troisième hypothèse, l’expert, sans être formellement désigné médiateur, concilie les parties selon un processus non strictement réglementé par le Code de procédure civile. Les parties disposent alors d’une plus grande liberté pour parvenir à un accord, qui pourra être homologué s’il répond aux exigences du nouvel article 1541-1 du Code de procédure civile. Lorsque l’expert agit en qualité de médiateur, il doit satisfaire aux conditions de l’article 1530-3 du Code de procédure civile : absence de condamnation, honorabilité, formation ou expérience adaptée à la pratique de la médiation, garantie d’indépendance, et, pour la médiation judiciaire, les qualifications supplémentaires requises. L’inscription sur une liste de médiateurs n’est pas obligatoire ; elle sert seulement d’information aux juges. L’expert-médiateur doit en outre accomplir sa mission avec impartialité, diligence et compétence, comme le rappelle expressément la circulaire.</p>



<p></p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong><strong>Les arguments en faveur de la réforme</strong></strong></h3>



<p>Alain Vanzo a souligné plusieurs atouts de cette évolution. Les experts judiciaires sont déjà soumis à des obligations déontologiques fortes : conscience, objectivité, impartialité (article 237) et diligence, compétence (article 230), qui les rapprochent du profil des médiateurs. Dans la pratique, l’expertise constitue souvent un moment privilégié de rapprochement des parties : une fois les points techniques éclaircis, une partie importante du chemin vers une solution amiable est accomplie. Près de 80 % des expertises en référé ne donnent d’ailleurs pas lieu à une saisine au fond .Associer, au sein d’une même procédure, l’éclairage technique de l’expertise et l’accompagnement vers une solution amiable pourrait permettre de réduire sensiblement les délais et les coûts du contentieux, au bénéfice de toutes les parties.</p>



<p></p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong><strong>Les réserves et les risques mis en évidence</strong></strong></h3>



<p>Malgré ces avantages, le premier président s’est montré particulièrement réservé sur le cumul, dans une même affaire, des fonctions d’expert et de médiateur. Il a insisté sur la distinction fondamentale des objectifs : l’expert recherche la vérité technique tandis que le médiateur doit rester neutre, indépendant et impartial, en aidant les parties à parvenir elles-mêmes à une solution sans leur proposer d’éclairage technique ou juridique.</p>



<p>Ce cumul peut créer une confusion des rôles et porter atteinte à l’impartialité, tant objective que subjective ou d’apparence. Si les conclusions techniques de l’expert sont contestées par une partie, cela risque de compliquer fortement son rôle de facilitateur dans la phase amiable.</p>



<p>Un problème crucial réside dans la contradiction entre les principes régissant les deux missions. L’expertise repose sur le principe du contradictoire dans toutes ses phases, tandis que la médiation est gouvernée par la confidentialité (article 1528-3 du Code de procédure civile). Les échanges confidentiels intervenus pendant la médiation ne peuvent pas influencer le rapport d’expertise ni y être mentionnés, sauf accord contraire des parties. Cette exigence impose à l’expert-médiateur une rigueur déontologique exceptionnelle et peut s’avérer particulièrement délicate à mettre en œuvre, comme l’illustre la doctrine en droit administratif qui qualifie parfois cette articulation de « quasi schizophrénique ».D’autres points de vigilance ont été soulignés. La réforme pose la question de la formation des experts qui souhaitent exercer comme médiateurs : ils devront justifier d’une formation ou d’une expérience adaptée, ce qui pourrait entraîner une différenciation entre experts classiques et experts-médiateurs certifiés. La responsabilité civile de l’expert et la couverture assurantielle de ces nouvelles missions devront également être examinées avec soin ; des garanties supplémentaires pourraient s’avérer nécessaires.&nbsp; Enfin, l’homologation judiciaire d’un accord n’est pas automatique. Seul un accord constituant une véritable transaction au sens de l’article 2044 du Code civil, &nbsp;comportant des concessions réciproques, pourra généralement être homologué dans les conditions prévues. Un simple rapprochement sans concessions mutuelles risque de ne pas remplir ces conditions, constituant un piège pratique important.&nbsp;</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong><strong>Temps d’échange et témoignages d’experts</strong></strong></h3>



<p>Plusieurs experts de la CEJB ont enrichi le débat par leurs retours d’expérience. L’un d’eux, désigné par le tribunal de Nevers pour cumuler expertise et médiation dans un dossier familial très conflictuel portant sur la valorisation de parts sociales d’un gaec (enjeu d’environ 2,5 millions d’euros), a décrit une mission intense : deux journées complètes sur site, de longues discussions, une tentative de médiation qui n’a pas abouti mais qui a tout de même permis d’amorcer un dialogue. L’expert n’a pas ressenti d’incompatibilité personnelle, même si le dossier est resté extrêmement tendu.</p>



<p>D’autres intervenants ont insisté sur la différence fondamentale entre médiation formelle et simple rapprochement ou conciliation.</p>



<p>Un expert a expliqué qu’il réfléchissait depuis une dizaine d’années à l’articulation des deux missions sans avoir trouvé de solution pleinement satisfaisante, en raison notamment de la confidentialité et de la relation particulière que le médiateur entretient avec les parties.</p>



<p>Plusieurs experts, pour certains également médiateurs judiciaires, ont rappelé que le rapprochement informel existe déjà depuis longtemps dans la pratique, particulièrement dans les litiges techniques de faible enjeu (bâtiment, automobile, voisinage), et qu’il produit souvent des effets positifs même en cas d’échec formel de la médiation.</p>



<p>Le rôle des avocats a été unanimement souligné comme essentiel : ils peuvent interrompre l’expertise pour discuter, reformuler, ou orienter vers une médiation distincte lorsque cela paraît plus adapté. L’importance des notes de synthèse ou préanalyses précoces a également été mise en avant pour saisir les opportunités d’accord sans figer les positions trop tôt.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong><strong>La position équilibrée d’Alain Vanzo</strong></strong></h3>



<p>Pour le Premier Président de la Cour d’appel de Bourges, la prudence s’impose. Il se montre très réservé sur la désignation d’un même expert comme médiateur dans une affaire, en raison des risques d’atteinte à l’impartialité et des difficultés pratiques liées à la contradiction entre confidentialité et contradictoire. En revanche, il estime souhaitable que l’expert, au moment le plus opportun – par exemple après la remise d’un pré-rapport –, puisse inviter les parties à se rapprocher et faciliter une conciliation simple. Les risques y sont nettement moindres que dans une médiation formelle. Il a rappelé avec force que l’expertise reste avant tout une mission technique au service du juge. La possibilité de conciliation doit demeurer une faculté, non un objectif premier, afin de préserver la dynamique contradictoire et l’impartialité de l’expert.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong><strong><strong>Perspectives et recommandations</strong></strong></strong></h3>



<p>Cette réforme transforme potentiellement le profil de l’expert judiciaire, qui pourrait évoluer vers un rôle de facilitateur alliant compétences techniques pointues et aptitudes relationnelles.</p>



<p>Les juges adapteront-ils leurs ordonnances en intégrant explicitement cette possibilité ?</p>



<p>Les avocats encourageront-ils activement cette nouvelle faculté ?</p>



<p>Les experts investiront-ils dans des formations complémentaires ?</p>



<p>Autant de questions que l’avenir permettra de trancher.</p>



<p>Alain Vanzo a appelé les experts &nbsp;à observer attentivement les retours d’expérience des praticiens dans les prochains mois et à approfondir la réflexion, notamment lors de futures journées de formation organisées par la Compagnie des experts de justice. Il a insisté sur la nécessité d’agir avec prudence, sans dévier des principes fondamentaux d’impartialité et de contradictoire qui fondent la mission de l’expert judiciaire.</p>



<p>Cette intervention riche, équilibrée et empreinte d’une grande lucidité reflète la volonté de la cour d’appel de Bourges d’accompagner sereinement cette évolution majeure de la justice civile.</p>



<p>En plaçant l’amiable au cœur des pratiques tout en préservant les exigences essentielles de l’expertise, elle contribue à une justice plus efficace, plus apaisée et mieux adaptée aux attentes des justiciables. Les experts de justice du ressort sont désormais invités à s’approprier ce nouveau cadre avec discernement et professionnalisme.</p>



<p></p>



<p><em>Image d&rsquo;en-tête : Cour d&rsquo;appel de Bourges, photo issue du site </em></p>



<p></p>



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		<item>
		<title>« Immersion en médiation » épisode 4 &#8211; Le juge, nouvel architecte de l&#8217;amiable</title>
		<link>https://citizen4science.org/immersion-en-mediation-episode-4-le-juge-nouvel-architecte-de-lamiable/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Fabienne Blum]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 22 Mar 2026 22:12:38 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
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		<category><![CDATA[Justice]]></category>
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					<description><![CDATA[La justice civile française vit une transformation silencieuse mais profonde. Au 117ᵉ Café de la médiation (Ifomene), le magistrat Fabrice]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p></p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La justice civile française vit une transformation silencieuse mais profonde. Au 117ᵉ Café de la médiation (Ifomene), le magistrat Fabrice Vert a dévoilé les contours d’un paysage judiciaire où le juge devient un acteur central de la résolution amiable des litiges.</strong></h2>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Un tournant institutionnel assumé</strong></h3>



<p>Depuis plusieurs années, les modes amiables ne sont plus un simple supplément d’âme réservé à quelques magistrats convaincus. Ils constituent désormais une politique publique à part entière, structurée, assumée et pilotée. Fabrice Vert l’a rappelé avec force : la médiation n’est plus une initiative isolée, mais un axe stratégique inscrit dans les priorités du ministère de la Justice. Le décret du 18 juillet 2025, qui recodifie l’ensemble des dispositifs amiables, marque un basculement majeur en érigeant l’instruction conventionnelle en principe. Le juge civil n’est plus seulement celui qui tranche ; il devient celui qui oriente, accompagne et choisit, avec les parties et leurs avocats, la voie la plus pertinente pour résoudre un litige.</p><div id="citiz-3957574917" class="citiz-contenu citiz-entity-placement"><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-9064228701299411" crossorigin="anonymous"></script><ins class="adsbygoogle" style="display:block;" data-ad-client="ca-pub-9064228701299411" 
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<p>Cette évolution s’incarne également dans la création, en 2026, d’un magistrat référent de l’amiable dans chaque tribunal et chaque cour d’appel. À Paris, une conférence régionale de l’amiable a été installée pour coordonner les pratiques et structurer une gouvernance commune entre magistrats, avocats, conciliateurs et médiateurs. L’amiable n’est plus un geste isolé : il devient une architecture institutionnelle.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Un office du juge profondément redéfini</strong></h3>



<p>La réécriture de l’article 21 du Code de procédure civile constitue l’un des changements les plus significatifs de la réforme. Le juge doit désormais déterminer, avec les avocats et les parties, le meilleur mode de résolution du litige. Ce principe de coopération, associé à celui de proportionnalité procédurale, impose une nouvelle manière de concevoir la justice civile. Il ne s’agit plus de dérouler mécaniquement une procédure, mais d’adapter la réponse judiciaire à la nature du conflit, à son intensité humaine et à son enjeu économique.</p>



<p>Dans la pratique, cette transformation se traduit par un travail d’analyse dès l’assignation. Le magistrat examine les éléments du dossier pour repérer les indices d’une possible orientation amiable. Fabrice Vert regrette d’ailleurs la disparition de l’obligation, instaurée en 2015, d’indiquer les diligences amiables déjà tentées, un outil précieux pour anticiper l’éligibilité d’un litige à la médiation ou à la conciliation. En procédure orale, le dialogue direct avec les avocats facilite l’exploration des options. En procédure écrite, l’exercice est plus délicat et nécessite un échange structuré avec les conseils.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>L’audience de règlement amiable, une innovation exigeante</strong></h3>



<p>Parmi les outils introduits par la réforme, l’audience de règlement amiable occupe une place singulière. Confiée à un juge spécialement formé, elle repose sur une méthode structurée qui combine confrontation équilibrée des points de vue, exploration des besoins et des intérêts, et clarification des principes juridiques applicables. Le juge peut y donner les grandes lignes du droit, ce que ne fait pas un médiateur, et son autorité naturelle peut faciliter la pacification des échanges.</p>



<p>Mais cette innovation a un coût : elle est extrêmement chronophage. Une seule séance dure au minimum quatre heures, souvent suivie de réunions supplémentaires. Fabrice Vert en tire une conclusion claire : les juges ne pourront jamais absorber tous les dossiers. L’audience de règlement amiable ne remplace donc pas la médiation ; elle la complète. Elle s’adresse aux litiges les plus complexes, ceux où la solution en droit serait insatisfaisante pour tous, ou encore aux conflits à forte intensité émotionnelle.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Médiation, conciliation, ARA : une articulation subtile</strong></h3>



<p>L’un des moments les plus éclairants du webinaire concerne la manière dont un juge choisit entre les différents modes amiables. Fabrice Vert insiste sur le fait qu’il n’existe pas de grille scientifique. L’orientation repose sur une appréciation pragmatique, nourrie par l’expérience et la connaissance des acteurs.</p>



<p>La médiation s’impose lorsque les parties peuvent financer un médiateur ou lorsqu’une expertise sectorielle est nécessaire. Elle fonctionne particulièrement bien lorsque les avocats s’accordent sur un nom, un facteur de réussite presque systématique. La conciliation, quant à elle, est privilégiée pour les litiges à faible enjeu financier, pour les parties disposant de moyens limités ou lorsque la situation nécessite un tiers plus directif. L’audience de règlement amiable, elle, est réservée aux dossiers les plus sensibles, ceux où l’intervention d’un juge peut apporter une plus-value décisive.</p>



<p>Cette articulation repose aussi sur la connaissance fine des professionnels. Le magistrat encourage les médiateurs à se faire connaître, à participer aux rencontres, à publier, à écrire aux juridictions. La réputation joue un rôle déterminant dans les désignations.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>L’injonction de rencontrer un médiateur, un levier discret mais puissant</strong></h3>



<p>Le décret du 18 juillet introduit un outil simple mais redoutablement efficace : l’injonction de rencontrer un médiateur ou un conciliateur. Elle ne contraint pas à entrer en médiation, mais oblige les parties à s’informer. Dans les faits, elle agit comme un déclencheur psychologique. De nombreux avocats s’en servent pour convaincre un client réticent d’explorer la voie amiable. Les résultats sont tangibles : en référé, Fabrice Vert a vu le nombre de délibérés passer de vingt-sept à douze grâce aux médiations et conciliations initiées par injonction.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Les avocats, partenaires indispensables de la transformation</strong></h3>



<p>Aucun mode amiable ne peut fonctionner sans l’adhésion des avocats. Le magistrat le répète avec insistance : sans les avocats, pas de médiation. Or certains hésitent encore à proposer une médiation, par crainte d’être perçus comme faibles ou défaitistes par leurs clients. Pour lever ces freins, les juridictions multiplient les formations, notamment à l’École de formation du barreau. Les juges sensibilisent systématiquement les avocats en audience et les incitent à proposer des médiateurs. La culture évolue, lentement mais sûrement.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong><strong>Les défis à venir : structurer, professionnaliser, sécuriser</strong></strong></h3>



<p>Si la dynamique est lancée, de nombreux chantiers restent ouverts. Le Comité national de la médiation, dont les recommandations sont attendues en 2026, travaille sur plusieurs axes structurants : un code de déontologie du médiateur reconnu par le ministère, la définition d’une formation qualifiante, des incitations fiscales pour encourager les accords amiables, des outils statistiques fiables et l’intégration de l’amiable dans les ordonnances de roulement des tribunaux.</p>



<p>À cela s’ajoute une évolution majeure : la possibilité pour un expert judiciaire de mener une mission de conciliation, et la reconnaissance du technicien conventionnel, dont le rapport aura la même valeur qu’un rapport d’expert. Cette hybridation entre expertise et amiable ouvre des perspectives nouvelles, notamment dans les litiges techniques.</p>



<p><strong><strong>Vers une justice plus humaine</strong></strong></p>



<p>Au fil du webinaire, une conviction se dessine : l’amiable n’est pas un gadget procédural, mais une réponse politique, sociale et humaine à une justice saturée et parfois déshumanisée. Fabrice Vert le dit avec simplicité : la médiation est un moment d’humanité dans des procédures souvent kafkaïennes. Le chemin reste long, mais la direction est claire. Le juge devient un architecte de la paix judiciaire, un facilitateur, un garant de l’équilibre. Les avocats, médiateurs et conciliateurs sont appelés à travailler ensemble, dans une logique de coopération. La justice amiable n’est plus une alternative : elle est en train de devenir une norme culturelle.</p>



<p><em>Image d&rsquo;en-tête : Tingey Injury Law Firm</em></p>



<p></p>



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		<title>Édition scientifique : L&#8217;IA en passe de remplacer la relecture par les pairs</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Fabienne Blum]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 03 Nov 2025 13:07:05 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[L’intelligence artificielle transforme aussi la publication scientifique. Le secteur est en ébullition et à l&#8217;instar de la traduction, les experts]]></description>
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<p></p>



<h2 class="wp-block-heading">L’intelligence artificielle transforme aussi la publication scientifique. Le secteur est en ébullition et à l&rsquo;instar de la traduction, les experts seront bientôt relégués au statut de relecteurs&#8230; du travail de l&rsquo;IA</h2>



<p>L’intelligence artificielle s’impose comme un catalyseur majeur dans la publication scientifique, en restructurant profondément le processus de relecture par les pairs (« <em>peer review</em> » dans le jargon) vers un modèle hybride. À l’image de la <a href="https://citizen4science.org/intelligence-artificielle-et-traduction-quel-impact-sur-la-profession/">traduction professionnelle,</a> qui a été profondément remaniée et souvent dévastée par les outils automatisés au cours de la dernière décennie, la relecture délègue désormais le traitement massif des soumissions à l’intelligence artificielle, tandis que l’expertise humaine se concentre sur la validation du travail de l&rsquo;IA. Cette analogie avec la traduction dans la chaîne de l&rsquo;édition n’est pas fortuite : elle illustre comment un métier autrefois artisanal (dans le bon sens du terme) et profondément humain, fondé sur la maîtrise et l&rsquo;expertise en la matière ici linguistique et culturelle, a été bouleversé par l’automatisation et le <em>deep learning</em>, pavant la voie à une hybridation où l’humain corrige et affine les sorties de la machine, souvent au prix d’une précarisation généralisée du métier.</p><div id="citiz-725496982" class="citiz-contenu citiz-entity-placement"><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-9064228701299411" crossorigin="anonymous"></script><ins class="adsbygoogle" style="display:block;" data-ad-client="ca-pub-9064228701299411" 
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<h3 class="wp-block-heading">La crise structurelle du système traditionnel de relecture</h3>



<p>Le cadre de relecture par les pairs, instauré au XVIIe siècle pour garantir la robustesse des découvertes scientifiques, traverse une période de tension extrême. En 2025, le volume annuel de publications dépasse les cinq millions d’articles, contre seulement 1,8 million en 2010, selon les analyses du <em>Peer Review Congress</em>. Cette croissance exponentielle, alimentée par l’essor de l’accès ouvert et les pressions institutionnelles du « <em>publish or perish</em> » (publier ou périr) allonge les délais de traitement jusqu’à douze mois et crée un déséquilibre flagrant parmi les relecteurs bénévoles :20 % d’entre eux assument 80 % des évaluations. Parallèlement, <a href="https://citizen4science.org/fraude-a-la-publication-scientifique-le-cas-des-paper-mills-et-autres-moulins-a-articles-revues-et-citations/">les « <em>paper mills</em>« , usines à faux articles</a>, souvent générés par intelligence artificielle, contaminent jusqu’à 20 % des soumissions dans des domaines comme la biomédecine ou l’intelligence artificielle. Face à cette avalanche, l’IA apporte une réponse concrète avec des plateformes telles que <em>STM Integrity Hub</em>, qui analysent plus de 70 indicateurs pour détecter le plagiat, les altérations d’images et les anomalies statistiques. Chez des éditeurs comme <em>PLOS</em> ou <em>Springer Nature</em>, ces systèmes automatisés génèrent déjà 40 % des rejets au stade initial, réduisant de moitié les temps de réponse. D’ici 2028, les projections estiment que 70 à 80 % des contrôles préliminaires seront algorithmiques, libérant ainsi les experts pour des analyses plus subtiles.<br>Le parallèle avec la traduction professionnelle est particulièrement éclairant : depuis l’arrivée de <em>DeepL</em> et <em>Google Translate</em>, les traducteurs se consacrent essentiellement à la correction finale, avec une augmentation de 300 % de ces tâches depuis 2020. La relecture scientifique empruntera la même voie, en formant des spécialistes à affiner les modèles d’intelligence artificielle sur des ensembles de données dédiés, afin d’éviter les erreurs graves en médecine ou en physique. Mais à quel coût social pour les experts bénévoles actuels ?</p>



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<h3 class="wp-block-heading">Les pionniers du NEJM : une hybridation prudente entre automatisation et discernement humain</h3>



<p>La prestigieuse revue <em>New England Journal of Medicine</em> (NEJM) illustre parfaitement cette évolution mesurée et contrôlée. Grâce à sa branche <em>NEJM AI</em> et au programme « <em>AI Fast Track</em>« , des modèles comme ChatGPT-5 et Gemini Pro examinent les essais cliniques pour identifier les biais statistiques, les échantillons défaillants ou les faiblesses méthodologiques. Ces outils surpassent souvent les relecteurs humains sur les aspects techniques purs, en débusquant des incohérences jusque-là passées inaperçues. Cependant, la politique éditoriale reste inflexible : chaque manuscrit exige l’intervention d’au moins deux experts externes et d’un statisticien, avec une interdiction formelle de l’intelligence artificielle pour les décisions finales. Cette approche hybride préserve le jugement contextuel et éthique, essentiel pour évaluer l’innovation ou les implications sociétales. Chez PLOS, les rejets initiaux ont explosé à 40 % grâce à ces audits numériques. Ces initiatives démontrent que l’intelligence artificielle excelle dans la gestion du volume, mais qu’elle bute sur les subtilités culturelles ou les avancées disruptives. Dans les deux à trois prochaines années, un déploiement élargi de ces voies rapides démocratisera l’accès à la publication pour les chercheurs des pays en développement, souvent pénalisés par les barrières linguistiques. Des traductions automatisées, corrigées par des spécialistes, renforceront cette inclusivité, à l’instar des traducteurs formés sur des corpus massifs pour perfectionner les algorithmes, une inclusivité qui masque souvent une exploitation accrue des travailleurs précaires.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Frontiers et son assistant AIRA : une intégration fluide au service de l’efficacité</h3>



<p>Frontiers, leader de l’accès ouvert (<em>open science</em> dans le jargon), a déployé dès 2020 l’<em>Artificial Intelligence Review Assistant</em> (AIRA), qui effectue plus de quarante vérifications en un instant : détection de plagiat, conflits d’intérêts, images falsifiées. Couplé à <em>Papermill Alarm</em>, il identifie quinze signes de fraude, divisant par deux les délais de traitement. Cet assistant prépare le terrain pour un réseau de cent mille relecteurs humains qui rendent les verdicts définitifs. D’ici 2027, il orchestrera un appariement prédictif en temps réel entre manuscrits et relecteurs, favorisant une plus grande diversité grâce à des traductions corrigées. Ce modèle rappelle les agences éditoriales comme <em>TransPerfect</em> (voire paragraphe dédié ci-dessous), chez laquelle 90 % des flux professionnels passent désormais par l&rsquo;humain essentiellement pour de la correction, générant des emplois spécialisés pour valider l’intelligence artificielle, mais des emplois souvent sous-payés et instables.</p>



<p></p>



<h3 class="wp-block-heading">Elsevier et Aries Systems : une infrastructure évolutive pour préserver l’intégrité</h3>



<p>L&rsquo;éditeur<em> Elsevier</em>, qui gère plus de cinq mille revues, intègre l’intelligence artificielle dans <em>Aries Systems</em> et <em>Editorial Manager</em> pour un filtrage avancé : analyse de similarités textuelles, détection de biais et collaboration avec <em>STM Hub</em> contre les usines à faux articles. Traitant onze mille soumissions par jour, ces outils allègent 70 % de la charge initiale. <em>ScienceDirect</em> produit des synthèses de littérature, mais la relecture demeure strictement humaine, excluant toute autonomie algorithmique. Cette forteresse hybride repose sur un affinement renforcé pour des disciplines objectives comme la chimie, via des ensembles de données certifiés. Le marché de l’édition scientifique, évalué à 19 milliards de dollars, voit l’intelligence artificielle capter 15 % de la croissance annuelle, avec des concurrents comme <em>Scholastica</em> ou <em>Morressier</em>. Cette croissance qui profite avant tout aux géants au détriment des petits acteurs et des experts indépendants.</p>



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<h3 class="wp-block-heading">Côté prestataires d&rsquo;IA : l&rsquo;exemple de l&rsquo;indien Cactus Communications</h3>



<p>Fondée en 2002 à Mumbai, Cactus Communications rassemble plus de 3 000 experts en édition, traduction et intelligence artificielle à travers<em> Paperpa</em>l et <em>Editage</em>. L’entreprise s’est développée à l’international, avec des bureaux en Asie, en Europe et en Amérique, au service des chercheurs, éditeurs et sociétés savantes. Son réseau excède mille spécialistes par discipline, proposant des services hybrides comme <em>Paperpal Preflight</em> for <em>Editorial Desk</em>, intégré chez <em>Taylor &amp; Francis</em>, <em>Frontiers</em> ou <em>Aries Systems</em>, pour un filtrage algorithmique suivi de validation humaine. Cactus brille par son plaidoyer actif, en co-organisant des conférences et en façonnant les normes. En 2025, Editage coparraine la <em>Peer Review Weeks</em>, dont l&rsquo;édition 2025 a eu lieu en septembre dernier, avec l’Association européenne des éditeurs scientifiques, sous le thème « <em>Repenser la relecture à l’ère de l’intelligence artificielle ». </em> Roohi Ghosh, co-présidente du comité, plaide pour un partenariat humain-algorithme responsable d’ici 2030.<br>Cactus anime des débats comme l’<em>Ideathon</em> sur les solutions intelligentes, explorant l’appariement de relecteurs et les incitations. À la <em>Society for Scholarly Publishing</em> 2025 à Baltimore, son équipe dirige des sessions sur les flux éditoriaux intelligents et a remporté un prix. Des partenariats avec <em>SPIE</em> pour des formations en optique ou avec <em>STM</em> pour l’intégrité amplifient son impact.<br>Dans quelques jours en novembre 2025, Cactus réunira à Washington DC des leaders pour « <em>Réinventer l’édition avec la collaboration humain-intelligence artificielle</em> » dans le but de dissiper les appréhensions. Membre de STM depuis 2024, Cactus diffuse via blogs et webinaires l’hybridation. Sur LinkedIn, elle recrute des relecteurs et autres annotateurs indépendantspour corriger les données issus de l&rsquo;IA. Ce plaidoyer accélère  l’adoption de l’intelligence artificielle soi-disant sans sacrifice humain, mais c&rsquo;est une apparence car il masque souvent une dévalorisation du travail d&rsquo;expert.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Écosystème des prestataires d’intelligence artificielle : concurrence et alliances collectives</h3>



<p>Au-delà de Cactus, un marché dynamique propulse l’intelligence artificielle dans l’édition. <em>STM Integrity Hub</em>, coalition de 35 éditeurs, déploie <em>Papermill Alarm</em> avec 70 signaux partagés entre revues. <em>Clear Skies </em>attribue des notations de risque. Ces alliances échangent des ensembles de données anti-fraude. <em>Aries</em> intègre <em>Preflight</em> pour accélérer les rejets initiaux ; <em>Frontiers</em> associe son assistant à <em>Clear Skies</em> et <em>Cactus</em>. <em>Elsevier</em> domine via <em>Editorial Manager</em> mais coopère avec <em>STM</em>. Le secteur, valorisé à 19 milliards, bénéficie de 15 % de croissance liée à l’intelligence artificielle, avec <em>Morressier</em> ou <em>Scholastica</em>. Les offres d’emploi abondent : annotateurs chez Elsevier, affinement chez STM pour les sciences exactes ,des postes qui promettent l’innovation au pris de la précarisation des experts.</p>



<h3 class="wp-block-heading">TransPerfect : le prédateur qui a décimé la traduction, comme un avertissement pour la relecture scientifique</h3>



<p>Pour bien comprendre le destin probable de la relecture scientifique par les pairs, il faut se pencher sur l’histoirede TransPerfect, cette entreprise new-yorkaise fondée en 1992 par Phil Shawe et Liz Elting. Elle s’est imposée comme un prédateur impitoyable dans le monde de la traduction, avec un chiffre d’affaires dépassant le milliard de dollars. TransPerfect a été l’un des pionniers à exploiter massivement la traduction automatique neuronale dès les années 2010, intégrant des outils comme <em>Google Translate</em> et des moteurs propriétaires pour inonder le marché de traductions low-cost. Ce virage agressif a littéralement saccagé le métier : les tarifs par mot ont chuté de cinquante pour cent en une décennie, plongeant des milliers de traducteurs indépendants dans la précarité, les forçant à accepter des contrats ubérisés ou à quitter la profession. Des associations comme l’<em>American Translators Association </em>ont fustigé cette dévalorisation brutale, où la qualité humaine n’était plus qu’un luxe réservé aux clients fortunés, tandis que les erreurs culturelles et contextuelles proliféraient dans les traductions automatisées bon marché. TransPerfect, avec son modèle vorace, a externalisé massivement vers des pays à bas coûts, exploitant une main-d’œuvre sous-payée pour « p<em>ost-éditer</em> »  les sorties de ses machines d&rsquo;IA ; un euphémisme pour un travail ingrat de correction à la chaîne. Aujourd’hui, 90 % de ses projets passent par l&rsquo;édition post-machine, créant soi-disant 50 000 emplois spécialisés, mais en réalité des postes précaires, sans sécurité sociale ni reconnaissance syndicale, où les linguistes sont réduits à des correcteurs anonymes au service des algorithmes. L’entreprise fles forme via des plateformes internes, en les rémunérant au lance-pierre pour affiner les modèles sur des corpus propriétaires, enrichissant ainsi les actionnaires au détriment des créateurs. Ce modèle a conquis des géants comme Netflix en réduisant les délais, mais au prix d’une érosion éthique : pertes d’emplois massives, burnout généralisé et une qualité globale en berne pour les contenus non critiques. Appliqué à la relecture scientifique, TransPerfect sonne comme un avertissement : l’automatisation promet l’efficacité, mais risque de transformer les experts bénévoles en <em>gig workers</em> exploités, validant les analyses IA sur l’éthique et l’innovation pour un salaire de misère, tout en amplifiant les inégalités et les biais. TransPerfect n’a pas reconstruit le métier ; il l’a pillé pour mieux le monétiser, un scénario que la science doit éviter, mais cela paraît bien ardu.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Défis persistants : fraudes évolutives, biais algorithmiques et garde-fous éthiques impératifs</h3>



<p>Les défis de l’intelligence artificielle dans la relecture par les pairs sont profonds et touchent au cœur de l’intégrité scientifique. Les usines à faux articles (papermills) ont évolué, utilisant des modèles génératifs pour créer non seulement des textes falsifiés, mais aussi de faux rapports de relecture, infectant jusqu&rsquo;à près de 20 % des soumissions dans les conférences sur l’intelligence artificielle. Ces tromperies sophistiquées échappent souvent aux détecteurs, en mimant le style académique avec une précision troublante, sapant la confiance dans les publications. De plus, les biais algorithmiques représentent un danger systémique : des ensembles de données d’entraînement peu diversifiés pourraient accentuer les inégalités, privilégiant les travaux en anglais ou issus d’institutions occidentales, au détriment des perspectives émergentes du Sud global. Des études récentes indiquent que 20 % des rejets automatisés pourraient être fautifs pour cette raison, compromettant l’objectivité. Éthiquement, l’opacité des algorithmes pose la question de la responsabilité : qui répond d’une erreur mortelle sur une notice d&rsquo;utilisation d&rsquo;un médicament ou d&rsquo;un dispositif médical, ou la validation d&rsquo;un essai clinique biaisé voire à base de données fabriquées, la machine ou l’éditeur ? Les<em> National Institutes of Health</em> et le <em>Committee on Publication Ethics</em> bannissent l’intelligence artificielle pure pour les relectures, imposant des déclarations complètes et des audits indépendants. La contre-attaque s’articule autour de l’affinement par des experts humains, qui corrigent les modèles sur des corpus validés, et de régulations naissantes. Des propositions pour une loi sur la relecture intelligente aux États-Unis exigeraient des certifications éthiques et des tests de robustesse. <em>Cactus</em> et <em>STM</em> forment via guides et séminaires, en insistant sur la transparence. Ces mesures de sauvegarde peuvent transformer les risques en atouts : une intelligence artificielle auditée détecterait mieux les fraudes subtiles. Sans eux, la crédibilité s’effondrerait. L’hybridation pourrait ainsi renforcer la résilience&#8230; à condition de ne pas répéter les erreurs du secteur de la traduction.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Perspectives : une généralisation hybride sans disparition de l’humain</h3>



<p>Un horizon de deux à trois ans pour une massification de l’intelligence artificielle dans la relecture s’avère pertinent, comme le prouvent les avancées en cours et les projections du secteur. Ce mois-ci des outils comme l’assistant de Frontiers seront enrichis avec <em>Papermill Alarm</em> et <em>Preflight</em>, détectant les fraudes en routine, tandis que <em>PLOS</em> voit ses rejets initiaux algorithmiques atteindre 40 %. <em>STM Integrity Hub</em>, réunissant trente-cinq éditeurs, intègre des détecteurs de texte artificiel dès cette année, avec des groupes de travail visant une couverture inter-revues d’ici 2027-2028. Le <em>New England Journal of Medicine</em> rend des décisions en une semaine via son voie rapide, et<em> Springer Nature</em> a partagé son outil <em>Geppetto </em>au Hub en avril 2025. La Semaine de la relecture 2025 promeut un hybride responsable, Roohi Ghosh anticipant un filtrage dominant par intelligence artificielle dès la fin de la décennie. Le marché projette 70 % du triage algorithmique d’ici 2027-2028, extrapolation de pilotes en expansion et d’études du <em>Peer Review Congress</em>.<br>La disparition complète des relecteurs humains reste improbable avant une décennie, l’intelligence artificielle brillant dans le volume mais faillant à l’éthique ou à l’innovation. Comme pour la traduction, , la relecture scientifique par les pairs deviendra un métier hybride : experts affinant et auditant les modèles. Il faut tabler sur des régulations à définir qui ancreront l’humain au centre, pour une science fiable et des experts humains non dévalorisés ou précarisés. Un vœu pieu ?</p>



<p><em>Illustration d&rsquo;en-tête : Andrea pour Science infused</em></p>



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<p><a href="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2022/04/jaimelinfo.png"></a></p>



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		<title>« Immersion en médiation » épisode 3 &#8211; L&#8217;expert judiciaire désormais médiateur</title>
		<link>https://citizen4science.org/immersion-en-mediation-episode-3-lexpert-judiciaire-desormais-mediateur/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Fabienne Blum]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 28 Sep 2025 11:44:15 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Analyse]]></category>
		<category><![CDATA[Droit]]></category>
		<category><![CDATA[Expert]]></category>
		<category><![CDATA[Expertise]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[Justice]]></category>
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					<description><![CDATA[Le décret n° 2025-660 du 18 juillet 2025 marque un pivot dans la procédure civile française, en posant l&#8217;instruction conventionnelle]]></description>
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<p></p>



<h2 class="wp-block-heading">Le décret n° 2025-660 du 18 juillet 2025 marque un pivot dans la procédure civile française, en posant l&rsquo;instruction conventionnelle comme règle et en intégrant les modes amiables de résolution des différends (MARL) au quotidien judiciaire. Les experts judiciaires, libérés de l&rsquo;interdiction de concilier, peuvent désormais faciliter des accords. Effective depuis le 1er septembre 2025, cette réforme pourrait déjudiciariser 20 à 30 % des litiges civils d&rsquo;ici 2030, selon le Conseil national des barreaux (CNB), en rendant la justice plus collaborative, accessible et centrée sur le dialogue.</h2>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2025/09/image-25.png"><img loading="lazy" decoding="async" width="752" height="1024" src="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2025/09/image-25-752x1024.png" alt="" class="wp-image-17345" srcset="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2025/09/image-25-752x1024.png 752w, https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2025/09/image-25-220x300.png 220w, https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2025/09/image-25-768x1046.png 768w, https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2025/09/image-25.png 946w" sizes="auto, (max-width: 752px) 100vw, 752px" /></a></figure>



<h3 class="wp-block-heading">Décret du 18 juillet 2025 : un socle pour une procédure civile réinventée</h3>



<p>Publié le 18 juillet 2025 et applicable dès le 1er septembre, le décret n° 2025-660 réorganise le Code de procédure civile (CPC) en unifiant les règles des MARL dans un titre dédié et en érigeant l&rsquo;instruction conventionnelle en principe directeur. Face à l&rsquo;engorgement des tribunaux, qui traitent plus de 2,5 millions d&rsquo;affaires civiles par an, cette réforme rend l&rsquo;instruction judiciaire subsidiaire, privilégiant les accords entre parties pour organiser les mesures d&rsquo;instruction, dont les expertises. Les articles 127 et suivants du CPC sont modifiés pour permettre aux justiciables et avocats de piloter le dossier sous supervision judiciaire, avec la désignation d&rsquo;un « technicien » – souvent un expert – de manière conventionnelle, sans recours immédiat au juge.</p><div id="citiz-2514433398" class="citiz-contenu citiz-entity-placement"><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-9064228701299411" crossorigin="anonymous"></script><ins class="adsbygoogle" style="display:block;" data-ad-client="ca-pub-9064228701299411" 
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<p>Cette restructuration, issue des travaux d&rsquo;une commission sur la réforme civile de 2023, s&rsquo;inspire de modèles européens comme le Royaume-Uni, où les approches amiables ont réduit de 25 % les affaires civiles. En France, elle pourrait élever à 40 % la proportion de différends résolus sans audience, générant des économies et accélérant les délais actuels de 18 mois pour une expertise. Prospectivement, cela anticipe une justice proactive, où les MARL deviennent la norme, libérant les magistrats pour des enjeux sociétaux complexes comme les litiges environnementaux ou numériques.</p>



<h3 class="wp-block-heading">L&rsquo;évolution du rôle de l&rsquo;expert : de la neutralité à la facilitation optionnelle</h3>



<p>Traditionnellement, l&rsquo;expert judiciaire se limitait à un éclairage technique impartial, interdit de concilier par l&rsquo;article 240 du CPC depuis 1972, pour éviter toute apparence de biais. Le décret de 2025 abroge cette prohibition, autorisant l&rsquo;expert à proposer des solutions amiables, à rédiger des accords ou à orienter vers une médiation, transformant son rôle en un hybride technique et relationnel. Cependant, cette extension est facultative : l&rsquo;expert n&rsquo;est pas contraint d&rsquo;exercer ces fonctions conciliatrices dans ses missions. Il peut choisir de s&rsquo;en tenir à un rapport objectif, laissant la négociation aux parties ou au juge, particulièrement dans des cas sensibles où l&rsquo;impartialité prime.</p>



<p>Cette liberté préserve l&rsquo;essence du métier tout en ouvrant des voies nouvelles. Dans l&rsquo;immobilier ou la santé, où les expertises pèsent 30 % des dossiers, un expert pourrait diagnostiquer un vice et, s&rsquo;il le souhaite, faciliter un règlement partagé, évitant un procès. Prospectivement, cette option pourrait multiplier par deux les interventions amiables, réduisant les récidives de 50 % dans certains secteurs selon des modélisations du ministère de la Justice. Elle humanise la justice, passant de confrontations à des dialogues, mais pose des défis éthiques : sans garde-fous, comme l&rsquo;homologation judiciaire des accords, des conflits d&rsquo;intérêts pourraient émerger.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Modifications de l&rsquo;accès et de la formation : vers une expertise hybride avec chevauchements contrôlés</h3>



<p>L&rsquo;accès à la fonction d&rsquo;expert judiciaire, régi par des listes annuelles des cours d&rsquo;appel, a été renforcé par un décret de 2023 exigeant une expérience minimale et une formation continue pour garantir la qualité des rapports. Le décret de 2025 ajoute une couche : pour ceux optant pour la conciliation, une formation à la médiation d&rsquo;au moins 40 heures est obligatoire, certifiée par des organismes agréés comme l&rsquo;Institut de médiation et d&rsquo;arbitrage. Cette exigence, applicable aux nouveaux inscrits et avec un délai jusqu&rsquo;en 2026 pour les actuels, n&rsquo;impose pas la formation à tous, mais seulement à ceux choisissant ce rôle élargi, évitant une surcharge pour les « puristes » techniques.</p>



<p>Un aspect pertinent émerge avec les chevauchements entre experts judiciaires et médiateurs : en France, certains professionnels sont inscrits sur les deux listes auprès des cours d&rsquo;appel – listes d&rsquo;experts pour les avis techniques, et listes de médiateurs pour la facilitation d&rsquo;accords volontaires, comme prévu par le décret de 2017 sur les médiateurs. Ce double enregistrement, géré par des entités comme la Compagnie nationale des experts de justice médiateurs (CNEJM), reflète une complémentarité : l&rsquo;expert apporte son savoir-faire technique à la médiation, mais les rôles diffèrent fondamentalement. L&rsquo;expert évalue et rapporte, tandis que le médiateur neutre guide sans décider, avec des garanties d&rsquo;impartialité strictes pour éviter les confusions. Avec la réforme, ce chevauchement pourrait s&rsquo;intensifier, créant des « experts-médiateurs » hybrides, mais des risques existent, comme un « mariage risqué » soulignant des tensions éthiques si le même individu alterne rôles dans une affaire. Prospectivement, cela pourrait professionnaliser les MARL, avec 5 000 experts formés d&rsquo;ici 2028, mais nécessite des protocoles clairs pour distinguer les missions et prévenir les abus.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Réactions des acteurs : soutien et vigilance pour une mise en œuvre équilibrée</h3>



<p>Les retours des professionnels, via le CNB et l&rsquo;Union syndicale des magistrats (USM), sont globalement positifs : le CNB voit des « opportunités » pour des expertises conventionnelles innovantes, tandis que l&rsquo;USM parle d&rsquo;une « révolution de l&rsquo;office du juge civil », transformant le magistrat en facilitateur. Les médiateurs, dans leur position du 10 septembre 2025, approuvent l&rsquo;encadrement de la médiation mais alertent sur la nécessité de distinctions claires entre rôles pour éviter les confusions. Des réserves émergent sur les inégalités : sans aide juridique renforcée, les parties modestes pourraient être désavantagées dans les négociations conventionnelles.</p>



<p>Prospectivement, ces réactions appellent à une sensibilisation accrue, via des campagnes publiques, et un suivi annuel pour ajuster le décret, comme proposé par la commission de réflexion sur l&rsquo;expertise. Dans un horizon européen, la France pourrait exporter ce modèle hybride, influençant des directives sur les MARL.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Formation à la médiation : un levier pour une expertise éthique et prospective</h4>



<p>Bien que facultative pour la conciliation, la formation à la médiation devient un atout stratégique : elle équipe les experts pour intégrer l&#8217;empathie à l&rsquo;analyse, facilitant des accords durables dans des litiges comme les divorces ou commerciaux. Éthiquement, elle protège contre les biais, avec l&rsquo;homologation judiciaire comme garde-fou. Prospectivement, elle pourrait forger un corps d&rsquo;experts hybrides, alignés sur le plan Justice 2023-2027, réduisant les coûts sociétaux des conflits prolongés.</p>



<p></p>



<h4 class="wp-block-heading">Pour une justice apaisée, avec des défis à surmonter</h4>



<p>Cette réforme de l&rsquo;expertise judiciaire, ajoutant une corde médiatrice à leur arc, promeut l&rsquo;amiable maximal permettant d&rsquo;alléger les tribunaux et de valoriser les experts comme pivots du dialogue. Elle pourrait inspirer, mais son succès dépend d&rsquo;une appropriation inclusive moyennant une formation solide à la médiation. À terme, elle envisage une société moins litigieuse, où la justice anticipe plutôt que répare, pour un système plus efficace à l&rsquo;horizon 2030.</p>



<p><em>Image d&rsquo;en-tête : Katrin Bolovtsova</em></p>



<p></p>



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			</item>
		<item>
		<title>Jean-Marc Jancovici appelle à un nouveau paradigme culturel face à la transition énergétique</title>
		<link>https://citizen4science.org/jean-marc-jancovici-appelle-a-un-nouveau-paradigme-culturel-face-a-la-transition-energetique/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Nathalie A.]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 03 May 2025 08:02:50 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Climat]]></category>
		<category><![CDATA[Énergie]]></category>
		<category><![CDATA[Expert]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[Sobriété énergétique]]></category>
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					<description><![CDATA[Dans un épisode de &#8216;The Great Simplification&#8217; publié le 30 avril 2025 sur YouTube,l&#8217;expert en énergie et climat s’entretient avec]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading">Dans un  épisode de &lsquo;The Great Simplification&rsquo; publié le 30 avril 2025 sur YouTube,l&rsquo;expert en énergie et climat s’entretient avec Nate Hagens sur les défis d’un nouveau paradigme culturel face aux crises énergétiques et climatiques. À l’occasion de la sortie américaine de World Without End, il explore la sobriété énergétique, la confiance dans la science, et les impacts géopolitiques de la décroissance énergétique. Commenté par Jancovici sur LinkedIn le 2 mai 2025, cet épisode d’1h11 appelle à une action collective pour éviter une transition brutale.</h2>



<p>Il y a deux jours,  la série &lsquo;The Great Simplification&rsquo; animée par Nate Hagens, a publié l&rsquo;épisode intitulé <em>Preparing for a New Cultural Paradigm </em>avec Jean-Marc Jancovici, président du<em> Shift Project</em>, cofondateur de <em>Carbone 4</em> et co-auteur de la bande dessinée <em>Le monde sans fin</em>. Enregistrée le 2 avril 2025, cette discussion de plus d&rsquo;1h10 explore les transformations culturelles nécessaires pour répondre aux limites énergétiques et écologiques. Jean-Marc Jancovici, bien connu pour sa vulgarisation des enjeux climatiques, appelle à repenser nos modes de vie face à la fin de l’hyper-consommation évoquant le besoin d’éducation à la sobriété énergétique mais aussi l’intelligence artificielle et la souveraineté française.</p><div id="citiz-294287637" class="citiz-contenu citiz-entity-placement"><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-9064228701299411" crossorigin="anonymous"></script><ins class="adsbygoogle" style="display:block;" data-ad-client="ca-pub-9064228701299411" 
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<h3 class="wp-block-heading">La fin de l’hyper-consommation et ses conséquences</h3>



<p>Jancovici souligne que l’hyper-consommation, alimentée par les énergies fossiles (80 % de l’énergie mondiale), n’est plus viable face aux contraintes géologiques et climatiques. Dans son post LinkedIn, il lie la décroissance énergétique subie à la montée des populismes, expliquant que l’incompréhension de cette dynamique fragilise les démocraties. La description officielle de l’épisode ajoute que ces pressions économiques (inflation énergétique), politiques (tensions géopolitiques), et environnementales (réchauffement, perte de biodiversité) imposent un changement culturel pour éviter une rupture brutale.</p>



<p></p>



<h3 class="wp-block-heading">Sobriété énergétique ou pauvreté : un choix crucial</h3>



<p>Un thème central de l’épisode est la distinction entre sobriété énergétique et pauvreté. L&rsquo;expert explique que la sobriété consiste à réduire volontairement la consommation d’énergie en priorisant les besoins essentiels (alimentation, logement, santé) plutôt que les désirs superflus (voyages fréquents, gadgets). Contrairement à la pauvreté, qui prive des ressources de base, la sobriété vise à préserver l’autonomie tout en réduisant l’empreinte écologique.</p>



<p></p>



<h3 class="wp-block-heading">Confiance dans la science : une fracture transatlantique</h3>



<p>Jean-Marc Jancovici explore les différences de confiance dans la science entre l’Europe et les États-Unis. Dans son post LinkedIn, il note que cette divergence complique les efforts de transition énergétique. La description officielle précise que l’Europe, plus dépendante des importations énergétiques, est incitée à agir via des politiques comme le Green Deal, tandis que les États-Unis, avec leurs ressources fossiles abondantes, restent réticents à réduire leur consommation, freinant la coordination climatique mondiale.</p>



<p></p>



<h3 class="wp-block-heading">L’avenir énergétique de l’Europe et l’économie physique</h3>



<p>Jancovici analyse l’évolution de l’économie “physique” – les flux de ressources et d’énergie, et prédit que la décroissance énergétique, si elle est subie et incomprise, pourrait exacerber les tensions sociales et politiques. Il plaide pour une gestion proactive, via des politiques comme le Plan de Transformation de l’Économie Française (PTEF) du Shift Project qui vise à décarboner les secteurs clés (transports, industrie, agriculture).</p>



<p></p>



<h3 class="wp-block-heading">Climat et énergie fossile : un paradoxe</h3>



<p>L&rsquo;expert s&rsquo;interroge : Le changement climatique incitera-t-il à réduire la consommation d’énergies fossiles pour limiter ses impacts, ou à l’augmenter pour s’adapter à ses conséquences (déplacement de populations, climatisation, reconstruction d’infrastructures) ? Cette tension souligne l’urgence de choix stratégiques pour éviter une spirale énergivore et coûteuse.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Autres thèmes abordés :  IA, image des États-Unis, et souveraineté</h3>



<p>Le rôle de l&rsquo;intelligence artificielle dans la transition énergétique, l&rsquo;image des États-Unis dans le monde en lien avec leur réticence climatique, la vision systémique des crises interconnectées et la souveraineté face à la décarbonation ont été évoqués : Jean-Marc Jancovici voit pour la France  une convergence entre souveraineté (contrôle des ressources et décisions), décarbonation (réduction des émissions), et leadership (influence dans la transition).</p>



<h3 class="wp-block-heading">Conclusion : un appel à un changement culturel</h3>



<p>Cet épisode de The Great Simplication a permis à Jean-Marc Jancovici de faire un plaidoyer pour un nouveau paradigme culturel, où la sobriété, la coopération, et la science guident la transition énergétique. Commenté par l&rsquo;expert lui-même sur le réseau social LinkedIn, il lie la sortie de <em>World Without End</em> , sa BD traduite aux États-Unis à une réflexion globale sur l’énergie, le climat. Cette intervention récente est  une ressource précieuse pour comprendre les enjeux actuels et agir face aux défis du XXIe siècle.</p>



<p><em>Image d&rsquo;en-tête : Capture d&rsquo;écran YouTube de l&rsquo;épisode 175 de The Great Simplication</em> du 30 avril 2025</p>



<p></p>



<p></p>



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<p></p>



<figure class="wp-block-image size-full"><a href="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2022/04/jaimelinfo-qrcode-donor.png"><img loading="lazy" decoding="async" width="192" height="192" src="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2022/04/jaimelinfo-qrcode-donor.png" alt="" class="wp-image-5284" srcset="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2022/04/jaimelinfo-qrcode-donor.png 192w, https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2022/04/jaimelinfo-qrcode-donor-150x150.png 150w" sizes="auto, (max-width: 192px) 100vw, 192px" /></a></figure>



<p><a href="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2022/04/jaimelinfo.png"></a></p>



<p></p>
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			</item>
		<item>
		<title>« Médiation linguistique » : un concept nouveau pour confirmer que la traduction est l&#8217;art de la connexion et de la médiation</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Fabienne Blum]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 02 Apr 2025 14:30:15 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Expert]]></category>
		<category><![CDATA[Expertise]]></category>
		<category><![CDATA[Linguistique]]></category>
		<category><![CDATA[Médiation]]></category>
		<category><![CDATA[Traduction]]></category>
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					<description><![CDATA[Médiation linguistique, traduction-médiation, traducteur-médiateur&#8230;. des termes apparus récemment en lien avec les politiques migratoires, qui rappellent l&#8217;essence même d&#8217;une traduction]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading">Médiation linguistique, traduction-médiation, traducteur-médiateur&#8230;. des termes apparus récemment en lien avec les politiques migratoires,  qui rappellent l&rsquo;essence même d&rsquo;une traduction de qualité</h2>



<p>Dans un monde globalisé où les échanges transcendent les frontières, la traduction ne se résume plus à un transfert de mots. Elle exige de saisir des cultures, des contextes et des intentions, voire plus techniquement, des normes et des régulations. La médiation linguistique transforme le traducteur en passeur de sens, voire d&rsquo;exigences. La médiation linguistique est-elle dès lors un concept nouveau, une catégorie à part, ou simplement ce que tout bon professionnel de la traduction fait déjà ? Plongée dans un métier où les mots ne suffisent certainement pas.</p><div id="citiz-3376381147" class="citiz-contenu citiz-entity-placement"><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-9064228701299411" crossorigin="anonymous"></script><ins class="adsbygoogle" style="display:block;" data-ad-client="ca-pub-9064228701299411" 
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<h3 class="wp-block-heading">Origine du concept</h3>



<p>Le concept de médiation linguistique commence à se structurer dans les années 1990 et 2000, en parallèle avec l’évolution des politiques migratoires et des approches éducatives en Europe. Il trouve une formalisation notable dans le Cadre européen commun de référence pour les langues (CECRL), publié en 2001 par le Conseil de l’Europe. Le CECRL introduit la médiation comme une compétence langagière clé, définie comme une activité permettant de reformuler, traduire ou interpréter un message pour faciliter la communication entre des parties qui ne partagent pas la même langue ou le même registre culturel. Cette définition met l’accent sur la médiation comme un outil pour surmonter les barrières linguistiques et culturelles, en particulier dans des contextes où des individus doivent interagir avec des systèmes ou des interlocuteurs qu’ils ne maîtrisent pas encore pleinement.</p>



<p>On s&rsquo;en doute cependant : la pratique de la médiation linguistique est bien plus ancienne et informelle. Historiquement, dans les contextes de migration ou de contact entre cultures, des individus bilingues ou multilingues ont toujours joué un rôle d’intermédiaire. Par exemple, dans les empires coloniaux ou lors des grandes vagues migratoires du 19e et 20e siècles, des membres de communautés migrantes, souvent des enfants ou des personnes ayant acquis la langue du pays d’accueil, servaient de traducteurs informels pour leurs familles ou leurs pairs. Ce rôle, bien que non formalisé, préfigure ce qu’on appelle aujourd’hui la médiation linguistique.</p>



<h3 class="wp-block-heading">En Europe : l&rsquo;intégration des migrants comme catalyseur</h3>



<p>La médiation linguistique est profondément liée au phénomène de l’intégration des migrants, et son développement conceptuel coïncide avec un regain d’intérêt pour les questions d’intégration linguistique à partir des années 2000. Avec la diversification des flux migratoires en Europe, notamment après la chute du mur de Berlin en 1989 et les conflits des années 1990 (comme ceux des Balkans), les sociétés d’accueil ont été confrontées à une hétérogénéité linguistique croissante. Les migrants, souvent non francophones ou non anglophones selon les pays, devaient interagir avec des administrations, des services de santé, des écoles ou des employeurs dans des langues qu’ils ne maîtrisaient pas encore. Cela a mis en évidence le besoin d’un soutien linguistique et culturel pour faciliter leur insertion sociale et professionnelle.</p>



<p>Le Conseil de l’Europe, à travers des initiatives comme le programme Intégration Linguistique des Migrants Adultes (ILMA), a joué un rôle clé dans la promotion de la médiation linguistique comme outil d’intégration. Par exemple, un document de 2016 du Conseil de l’Europe souligne que la médiation est essentielle pour les migrants, car elle leur permet de surmonter des obstacles liés à des différences linguistiques, terminologiques ou culturelles, comme comprendre les démarches administratives ou les normes sociales du pays d’accueil. La médiation peut être formelle (via des interprètes professionnels ou des formations linguistiques) ou informelle (via des membres de la communauté migrante ou des bénévoles).</p>



<h3 class="wp-block-heading">En France, une impulsion de l&rsquo;État</h3>



<p>Dans notre pays,  la médiation linguistique s’inscrit depuis l&rsquo;émergence du concept dans une conception de l’intégration qui privilégie une relation directe entre l’État et l’individu, plutôt qu’un modèle communautariste. Depuis les années 2000, des dispositifs comme le Contrat d’Accueil et d’Intégration (CAI, devenu Contrat d’Intégration Républicaine en 2016) ont intégré des formations linguistiques et des actions de médiation pour aider les migrants à naviguer dans leur nouvel environnement. Des chercheurs, comme ceux réunis lors du colloque de l’Université d’Artois en 2008 sur Langue et Intégration socioprofessionnelle, ont également mis en lumière l’importance de la médiation pour répondre aux besoins spécifiques des migrants, notamment dans le milieu professionnel.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Au-delà des mots : un pont entre les mondes et les cultures</h3>



<p>La médiation linguistique connecte des réalités. Un migrant face à un médecin dans un pays inconnu a besoin d’un traducteur qui adapte et reformule pour que le dialogue vive. Pour un texte, comme un contrat ou un article journalistique, le traducteur ajuste les concepts afin qu’ils parlent à une autre culture. Ce n’est pas juste de la fidélité au texte, mais une négociation du sens, en contexte de l&rsquo;univers et des références du destinataire ciblé.</p>



<p>Un texte vit dans un contexte. « <em>Il pleut des cordes</em> » devient absurde en anglais (« it rains ropes ») sans adaptation ; inversement, un Français rirait de « <em>It’s raining cats and dogs</em> » traduit par « <em>il pleut des chats et des chiens</em> ». Dans le domaine pharmaceutique, les pièges guettent tout autant : « <em>paracetamol</em>« , bien connu en Europe, est aussi « <em>acetaminophen</em> » en contexte américain, mais si un traducteur le traduit de façon littérale par « <em>acétaminophène</em> » en français, il perd son public ; personne en France à part les professionnels de santé ne comprennent ce terme, malgré sa technicité « chimiquement » correcte et le fait que les deux noms désignent exactement la même molécule. Dans des domaines spécialisés, cet art devient subtil. Le traducteur comprend les attentes du public et les normes locales. Autre exemple par mi de très nombreux dans le domaine médical : « <em>test</em> » se traduit en français selon le contexte : « test » ou analyse(s) ». Sans l&rsquo;expertise en la matière, le sens peut s’effondrer, ou bien être décrédibilisé ou avoir de graves conséquences, surtout en santé;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Pas une spécialité, juste le métier ?</h2>



<p>Si la médiation linguistique semble une compétence distincte, elle n’est peut-être que l’essence du professionnalisme en traduction. Tout bon traducteur adapte sa traduction à la cible. Ajouter une couche de  « médiation » peut sembler artificiel : c’est simplement ce qui fait un traducteur digne de ce nom. D&rsquo;une façon générale, un médiateur linguistique doit être un bon « traducteur », car son rôle exige de transposer fidèlement un message d’une langue à une autre tout en l’adaptant au contexte culturel et aux besoins des interlocuteurs. Sans une maîtrise approfondie des langues et des nuances, et pour les sujets techniques, l&rsquo;expertise en la matière traduite,  il ne peut combler les écarts linguistiques et sociaux. Inversement, un traducteur professionnel est nécessairement un médiateur : il ne se contente pas de traduire mot à mot, mais ajuste les références culturelles voire réglementaires. Traduire, c’est déjà médier.</p>



<p><em>Image d&rsquo;en-tête : Andrea pour Science infused</em></p>



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			</item>
		<item>
		<title>Expertise et experts &#8211; épisode 6 : le patient peut-il être expert de sa maladie ?</title>
		<link>https://citizen4science.org/expertise-et-experts-episode-5-le-patient-peut-il-etre-expert-de-sa-maladie/</link>
					<comments>https://citizen4science.org/expertise-et-experts-episode-5-le-patient-peut-il-etre-expert-de-sa-maladie/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Fabienne Blum]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 11 Jan 2025 14:14:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Droit de la santé]]></category>
		<category><![CDATA[Esprit critique]]></category>
		<category><![CDATA[Éthique]]></category>
		<category><![CDATA[Expert]]></category>
		<category><![CDATA[Expertise]]></category>
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		<category><![CDATA[Sciences de l'information et de la communication]]></category>
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					<description><![CDATA[Cette question mérite dans notre série qui traite régulièrement du dévoiement de la notion et de la qualification d&#8217;expert ;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h3 class="wp-block-heading">Cette question mérite dans notre série qui traite régulièrement du dévoiement de la notion et de la qualification d&rsquo;expert ; deux phénomènes contribuent au risque dans le cas des patients et de leur maladie : les patients avec statut de « patient expert » dans certaines instances et les patients auto-proclamés experts sur internet</h3>



<p></p>



<h2 class="wp-block-heading">Évolution de la relation patient-médecin</h2>



<p>Les statuts respectifs du médecin et du patient ont bien évolué.  Au fil du temps et depuis le siècle dernier, le médecin descend de son piédestal de « grand sachant » qui assène le diagnostic au patient, dans les temps les plus reculés sans même expliquer sa « sentence ». Dans la droite ligne, nous avons eu plus tard la médecine paternaliste, le médecin faisant figure de patriarche, les patients faisant figures d&rsquo;enfants qui obéissent aux directives du médecin. Cet esprit perdure encore parfois, particulièrement en France ou le lobby médical est très puissant, assis sur des privilèges d&rsquo;antan qui s&rsquo;effritent  dans le monde moderne.</p><div id="citiz-1492201303" class="citiz-contenu citiz-entity-placement"><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-9064228701299411" crossorigin="anonymous"></script><ins class="adsbygoogle" style="display:block;" data-ad-client="ca-pub-9064228701299411" 
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<h2 class="wp-block-heading">Le cas de la recherche médicale avec la Déclaration d&rsquo;Helsinki</h2>



<p>La recherche médicale impliquant des patients, appelée recherche clinique, a elle aussi beaucoup changé pour se recentrer vers les patients et leurs droits et non uniquement les chercheurs et leurs problématiques propres. Au siècle dernier, le procès de Nuremberg après la Seconde guerre mondiale, a dévoilé les horreurs de l&rsquo;expérimentation  sur l&rsquo;homme dans les camps de concentration, menées par des médecins tortionnaires. Il a fait naître en 1964 la <a href="https://www.wma.net/wp-content/uploads/2024/05/DoH-Jun-1964_F.pdf">Déclaration D&rsquo;Helsinki</a>, adoptée lors de la 18e Assemblée médicale mondiale à Helsinki en Finlande.<br>Elle fixe des principes de respect des personnes se livrant aux expérimentations, la nécessité d&rsquo;une éthique fondée sur la nécessité de recherches utiles, avec une notion de bénéfices raisonnablement attendus obligatoire pour la finalité de la recherche et la prise en compte des risques encourus par les sujets. Elle fixe la règle de leur <em>consentement éclairé</em> préalable et obligatoire de toute personne qui se soumet à des expérimentations médicales. Cette déclaration a </p>



<h3 class="wp-block-heading">Mouture 2024 de la Déclaration d&rsquo;Helsinki</h3>



<p>Le document a été révisé sept fois depuis lors, tenant compte de l&rsquo;évolution de la recherche médicale et de l&rsquo;évolution de la société. La mouture 2024 apporte à notre avis deux éléments remarquables. En lien direct avec notre sujet, le changement de vocable pour nommer les personnes qui se prêtent à la recherche médicale : jusqu&rsquo;ici on parlait de « patients » (et de « sujets » pour les volontaires sains). Désormais, la Déclaration d&rsquo;Helsinki parle de « participants ». Cette modification peut paraître symbolique, mais elle traduit bien la notion de participation plutôt de statut de patient soumis au médecin en charge de mener la recherche.  En se débarrassant de cette relation médecin-patient connoté de soumission du moins historiquement, on l&rsquo;a vu, on donne au patient le statut d&rsquo;acteur d&rsquo;une recherche participative. Il devient ainsi partenaire du médecin chercheur pour faire évoluer les connaissances scientifiques, dans une relation bien plus horizontale que verticale. D&rsquo;ailleurs, les protocoles de recherche clinique font désormais toujours état des devoirs (dans le cadre d&rsquo;une étude clinique) et des droits des participants, comme en ont également les médecins de recherche clinique. La science participative (<em>Citizen Science </em>en anglais) est ainsi revendiquée et les rôles de chacun en recherche rééquilibrés.</p>



<p>L&rsquo;autre point de modification significatif ne sera que cité car non lié au présent sujet directement : il s&rsquo;agit d&rsquo;appuyer l&rsquo;importance pour la recherche et pour l&rsquo;éthique de pouvoir réutiliser les échantillons de matériel biologique prélevé auprès des participants pour la recherche future. Ainsi, si le participant y consent dans son consentement éclairé, ce matériel, soigneusement rendu anonyme pourra être réutilisé ultérieurement hors cadre de l&rsquo;étude en question. On comprend très bien la problématique : se limiter à « l&rsquo;usage unique » d&rsquo;un prélèvement biologique serait une certaine forme de gâchis, et donc contrevenant à l&rsquo;éthique de la recherche . Cette pratique est largement en vigueur depuis des années, la Déclaration d&rsquo;Helsinki vient donc entériner cette pratique sur le principe.</p>



<p></p>



<h2 class="wp-block-heading">Le « patient expert » dans les instances sanitaires</h2>



<p>De fait, la voix des patients est de plus en plus écouté et comme pour la recherche médicale, ils deviennent de vrais participants qui sont partie prenante des débats dans la société civile, les autorités sanitaires et à l&rsquo;hôpital. La loi Kouchner sur le droit des malades a favorisé cette dynamique, tout comme les associations de patients. Elle participe de ce qu&rsquo;on appelle la démocratie sanitaire : la santé est un bien de l&rsquo;humanité, elle n&rsquo;appartient pas aux soignants. Les usagers du système de santé, dont les patients, sont donc de plus en plus représentés dans tous les mouvements et initiatives qui traitent de lui en tant qu&rsquo;individu et membre d&rsquo;une communauté de malades. Toutefois, nous voyons ici une erreur dans cette appellation de « patient expert ». Le patient n&rsquo;est pas l&rsquo;expert de sa maladie, il en est la victime évidemment, mais aussi le témoin. L&rsquo;expert est par principe indépendant. Or le témoin n&rsquo;est par définition pas indépendant. On connaît aussi la valeur du témoignage en science : elle est précieuse, mais biaisée. Il faut la prendre en tant que tel, c&rsquo;est une expérience personnelle, une expérience de vécu de la maladie. À ce titre, aussi intense et instructive soit-elle, on ne saurait la confondre avec une quelconque expertise de la maladie. En outre, le patient n&rsquo;est pas un professionnel de santé, il a l&rsquo;expérience de la vie avec sa maladie mais en aucun cas les compétences du professionnel de santé. Bien sûr, il peut acquérir de nombreuses connaissances techniques sur sa maladie, et il sera à ce titre, au fil du temps, expérimenté sur beaucoup d&rsquo;aspects de sa maladie ; mais toujours pas expert médical comme peut le faire croire une appellation d&rsquo;expert. Il est donc fâcheux de confondre expérience personnelle et expertise. On ne saurait trop conseiller aux instances et organisations concernées de revoir cette appellation,  en remplaçant « patient expert » par un autre terme, comme par exemple « patient partenaire », à savoir partenaire de toute initiative collaborative portant sur son statut de patient ou ayant trait à sa maladie. Il n&rsquo;y a là aucune minimisation du rôle précieux des patients mais le souhait de ne pas dévoyer la notion d&rsquo;expertise, avec tous le dangers que cela comporte.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le patient expert auto-proclamé</h2>



<p> Dévoyer un terminologie peut amener des dérives sur le concept qu&rsquo;elle porte et ici, en santé, une imposture porteuse de dangers. Au-delà de l&rsquo;appellation « patients experts » qui est attribué dans un cadre précis de collaboration à des initiatives officielles, les experts auto-proclamés en santé pullulent sur les réseaux sociaux. On a déjà eu l&rsquo;occasion d&rsquo;en parler dans des articles précédents de la série « Expertise &amp; Experts ». Une technique classique est le dévoiement du titre de docteur en sciences non médicales pour se faire passer pour un docteur qui soigne. Mais il existe aussi des patients qui se proclament, ou jouent les experts de leur maladie sur les réseaux sociaux. « C&rsquo;est moi le mieux placé pour en parler » justifient certains, ou bien « j&rsquo;en connais au moins voire plus que les médecins » pour en avoir consulté plusieurs. Et bien sûr, le sempiternel « j&rsquo;ai fait mes propres recherches » sur internet. Encore une fois, il est hors de question ici de minimiser l&rsquo;importance du vécu des patients. À l&rsquo;heure des déserts médicaux, qui conduit parfois à l&rsquo;errance médicale, il est clair que certains patients sont confrontés à un parcours long pour leur prise en charge, qui démultiplie l&rsquo;expérience. Encore une fois, ce n&rsquo;est pas une expertise, mais un vécu, une expérience, aussi intense soit-elle. Sur les réseaux sociaux, on voit ainsi des patients deviser sur leur maladie et donner des conseils « médicaux » sur la prise en charge médicale, les mécanismes de la maladie, les traitements, et bien d&rsquo;autres considérations encore d&rsquo;autre médical. La motivation peut être le besoin de reconnaissance mais parfois, il est aussi financier. Certains individus vont jusqu&rsquo;à monnayer leurs conseils et proposer des formations ou traitements.<br>L&rsquo;appellation d&rsquo;expert se doit donc d&rsquo;être protégée et utilisée à bon escient, afin de ne pas donner d&rsquo;outils supplémentaires à l&rsquo;imposture des faux experts, à la faveur d&rsquo;une appellation d&rsquo;expert erronée.  </p>



<p><em>Expertises revendiquées : Fabienne Blum est docteur en pharmacie et juriste en droit de la santé avec une longue expérience opérationnelle de recherche clinique, des Bonnes Pratiques Cliniques et de l&rsquo;Éthique de la recherche médicale en France, Europe et États-Unis.</em></p>



<p></p>



<p><em>Illustration d&rsquo;en-tête : Andrea pour Science infused</em></p>



<p></p>



<h2 class="wp-block-heading">Pour aller plus loin&#8230;consultez notre série « Expertises &amp; Experts »</h2>



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		<title>Diagnostic médical : les médecins battus à plate couture par ChatGPT, révèle une étude scientifique récente ; elle montre également que les médecins ne savent pas exploiter l&#8217;IA quand elle est mise à leur service</title>
		<link>https://citizen4science.org/diagnostic-medical-les-medecins-battus-a-plate-couture-par-chatgpt-revele-une-etude-scientifique-recente-elle-montre-egalement-que-les-medecins-ne-savent-pas-exploiter-lia-quand-elle-est-mise-a/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Nathalie A.]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 23 Nov 2024 21:45:42 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Chatbots]]></category>
		<category><![CDATA[ChatGPT]]></category>
		<category><![CDATA[Diagnostic]]></category>
		<category><![CDATA[Expert]]></category>
		<category><![CDATA[Expertise]]></category>
		<category><![CDATA[Intelligence artificielle]]></category>
		<category><![CDATA[Médecine]]></category>
		<category><![CDATA[Mésusage]]></category>
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					<description><![CDATA[Les médecins voués à être remplacés par l&#8217;intelligence artificielle (IA) et ses robots conversationnels (« chatbots ») ? Sur leur compétence essentielle,]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h3 class="wp-block-heading">Les médecins voués à être remplacés par l&rsquo;intelligence artificielle (IA) et ses robots conversationnels (« chatbots ») ? Sur leur compétence essentielle, le diagnostic, une étude clinique originale donne de résultats sans appel malgré la petite taille de l&rsquo;échantillon : ChatGPT s&rsquo;est révélé bien plus fiable que les médecins humains sur les rapports de cas médicaux présentés au professionnel et à la machine d&rsquo;Open AI. Inquiétant aussi : les médecins ne s&rsquo;en sortent pas mieux quand l&rsquo;outil d&rsquo;IA est mis à leur service.</h3>



<p>Note introductive de la Rédaction : <em>Afin de ne pas en perdre une miette et à des fins éducatives sur la méthodologie de la recherche clinique, et pour ceux qui ont le goût du détail et de la littérature scientifique, nous vous proposons en exclusivité la traduction française complète (hors références) de l&rsquo;article scientifique (en anglais), résumé inclus, paru récemment dans la revue médicale JAMA Netw Open. Ces résultats font réfléchir sur le récent état des lieux mené par la Haute autorité de santé (HAS) concernant les erreurs de diagnostic des médecins français. Les auteurs de l&rsquo;étude e concluent-ils que l&rsquo;iA doit être incluse dans la pratique diagnostique pour les orienter ? Même pas, car, à la surprise de beaucoup, elle ne montre aucun performance diagnostique améliorée pour les médecins aidés par ChatGPT. Dans ces conditions, faut-il envisager un futur ou les médecins seront tout au plus les assistants des IA médicales ? La question est sérieus</em>e.</p><div id="citiz-4032400013" class="citiz-contenu citiz-entity-placement"><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-9064228701299411" crossorigin="anonymous"></script><ins class="adsbygoogle" style="display:block;" data-ad-client="ca-pub-9064228701299411" 
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<h2 class="wp-block-heading">Influence d&rsquo;un grand modèle de langage sur le raisonnement diagnostique &#8211; Essai clinique randomisé (titre original : « <em>Large Language Model Influence on Diagnostic ReasoningA Randomized Clinical Trial</em>« </h2>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Auteurs : </strong></h2>



<p><strong>Ethan</strong>&nbsp;<strong>Goh</strong>,&nbsp;MBBS, MS (Stanford University); Robert&nbsp;Gallo,&nbsp;MD (VA Palo Alto Health Care System) ; Jason&nbsp;Hom,&nbsp;MD (Stanford University School of Medicine); et al</p>



<h2 class="wp-block-heading">Points clés </h2>



<p><strong>Question</strong> : L&rsquo;utilisation d&rsquo;un modèle de langage étendu (LLM) améliore-t-elle la performance du raisonnement diagnostique chez les médecins généralistes, de médecine interne ou de médecine d&rsquo;urgence par rapport aux ressources conventionnelles ?</p>



<p><strong>Résultats</strong> : Dans un essai clinique randomisé incluant 50 médecins, l&rsquo;utilisation d&rsquo;un LLM n&rsquo;a pas amélioré de manière significative la performance du raisonnement diagnostique par rapport à la disponibilité de ressources conventionnelles.</p>



<p><strong>Signification :</strong> Dans cette étude, l&rsquo;utilisation d&rsquo;un LLM n&rsquo;a pas nécessairement amélioré le raisonnement diagnostique des médecins au-delà des ressources conventionnelles ; un développement supplémentaire est nécessaire pour intégrer efficacement les LLM dans la pratique clinique.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Résumé</h2>



<p><strong>Importance</strong> : Les grands modèles de langage (Large Language Models, LLMs) se sont révélés prometteurs dans leurs performances sur les examens de raisonnement médical à choix multiples et à questions ouvertes, mais on ne sait toujours pas si l&rsquo;utilisation de ces outils améliore le raisonnement diagnostique des médecins.</p>



<p><strong>Conception, cadre et participants </strong>: Un essai clinique randomisé en simple aveugle a été mené du 29 novembre au 29 décembre 2023. Des médecins formés en médecine générale, médecine interne ou médecine d&rsquo;urgence ont été recrutés par vidéoconférence à distance et en personne dans plusieurs établissements médicaux universitaires.</p>



<p><strong>Objectif </strong>: Évaluer l&rsquo;effet d&rsquo;un LLM sur le raisonnement diagnostique des médecins par comparaison avec les ressources conventionnelles.</p>



<p><strong>Intervention</strong> : Les participants ont été randomisés [répartis au hasard, NDLR] pour accéder soit au LLM en plus des ressources diagnostiques conventionnelles, soit aux ressources conventionnelles uniquement, en fonction de leur stade de carrière. Les participants disposaient de 60 minutes pour examiner jusqu&rsquo;à 6 vignettes cliniques.</p>



<p><strong>Résultats et mesures principau</strong>x : Le résultat principal était la performance sur une grille standardisée de performance diagnostique basée sur la précision du diagnostic différentiel, la pertinence des facteurs de soutien et d&rsquo;opposition, et les étapes suivantes de l&rsquo;évaluation diagnostique, validées et l&rsquo;objet d&rsquo;un score par un consensus d&rsquo;experts en aveugle. Les résultats secondaires comprenaient le temps passé par cas (en secondes) et la précision du diagnostic final. Toutes les analyses ont suivi le principe de l&rsquo;intention de traiter. Une analyse exploratoire secondaire a évalué la performance autonome du LLM en comparant les résultats primaires entre le groupe LLM seul et le groupe de ressources conventionnelles.</p>



<p><strong>Résultats</strong> : Cinquante médecins (26 titulaires, 24 résidents ; années médianes de pratique, 3 [IQR (écart intercartile, NDLR), 2-8]) ont participé virtuellement ainsi qu&rsquo;à un site en personne. Le score médian de raisonnement diagnostique par cas était de 76&nbsp;% (IQR, 66%-87%) pour le groupe LLM et de 74&nbsp;% (IQR, 63&nbsp;%-84&nbsp;%) pour le groupe ressources conventionnelles uniquement, avec une différence ajustée de 2 points de pourcentage (IC à 95&nbsp;%, -4 à 8 points de pourcentage ; P = 0,60). Le temps médian passé par cas pour le groupe LLM était de 519 (IQR, 371-668) secondes, comparé à 565 (IQR, 456-788) secondes pour le groupe des ressources conventionnelles, avec une différence de temps de -82 (IC à 95&nbsp;%, -195 à 31 ; P = 0,20) secondes. Le LLM seul a obtenu 16 points de pourcentage (IC à 95&nbsp;%, 2-30 points de pourcentage ; P = 0,03) de plus que le groupe des ressources conventionnelles.</p>



<p><strong>Conclusions et pertinence</strong> : Dans cet essai, la mise à disposition d&rsquo;un LLM aux médecins en tant qu&rsquo;aide au diagnostic n&rsquo;a pas amélioré de manière significative le raisonnement clinique par rapport aux ressources conventionnelles. Le LLM seul a démontré une performance supérieure à celle des deux groupes de médecins, ce qui indique la nécessité de développer la technologie et la main-d&rsquo;œuvre pour réaliser le potentiel de la collaboration entre les médecins et l&rsquo;intelligence artificielle dans la pratique clinique.</p>



<h2 class="wp-block-heading">INTRODUCTION</h2>



<p>Les erreurs de diagnostic sont fréquentes, contribuent à causer un préjudice important aux patients et résultent d&rsquo;une combinaison de facteurs cognitifs et systémiques. Les interventions efficaces visant à améliorer la performance diagnostique et à réduire les erreurs diagnostiques nécessitent de se concentrer à la fois sur les facteurs systémiques et les facteurs cognitifs, souvent appelés raisonnement clinique. Les stratégies qui ont été avancées pour améliorer le raisonnement clinique comprennent une variété de pratiques éducatives, réflexives et d&rsquo;équipe, ainsi que des outils d&rsquo;aide à la décision clinique. L&rsquo;impact de ces interventions a été limité ; en outre les méthodes les plus utiles telles que la pratique réflexive sont difficiles à intégrer à grande échelle d&rsquo;un point de vue clinique. Les technologies d&rsquo;intelligence artificielle (IA) sont depuis longtemps considérées comme des outils prometteurs pour aider les médecins à raisonner en matière de diagnostic.</p>



<p>Les grands modèles de langage (LLM), qui sont des systèmes d&rsquo;apprentissage machine qui produisent des réponses semblables à celles de l&rsquo;homme à partir du langage écrit, ont démontré leur capacité à résoudre des cas complexes, à faire preuve d&rsquo;un raisonnement clinique semblable à celui de l&rsquo;homme, à recueillir les antécédents des patients et à faire preuve d&rsquo;une communication empathique. En raison de leur nature généralisable, les LLM sont activement intégrés dans de nombreux environnements de soins médicaux. Malgré les performances impressionnantes de ces technologies émergentes dans les tâches d&rsquo;étalonnage, les intégrations actuelles des LLM nécessitent la participation humaine, le LLM augmentant plutôt que remplaçant l&rsquo;expertise et la supervision humaines. Pour comprendre les implications du déploiement de ces systèmes dans les soins aux patients avec une formation et une intégration limitées de la main-d&rsquo;œuvre, il faut des études sur les utilisateurs humains et informatiques avec des mesures plus riches du raisonnement diagnostique.</p>



<p>Nous avons réalisé un essai clinique randomisé pour comparer la performance du raisonnement diagnostique des médecins utilisant un agent conversationnel ( <em>chatbot</em>)  du commerce LLM AI (ChatGPT Plus [GPT-4] ; OpenAI) par rapport aux ressources diagnostiques conventionnelles (par ex. UpToDate, Google). De nombreuses études sur les performances diagnostiques n&rsquo;évaluent que des mesures superficielles de la précision sans prêter attention à la qualité du processus diagnostique utilisé pour parvenir à ce diagnostic. Pour mieux évaluer la façon dont les nouveaux outils affectent le raisonnement des médecins, nous avons adapté la réflexion structurée &#8211; une mesure des facteurs contribuant à une décision diagnostique &#8211; comme un nouvel outil d&rsquo;évaluation du processus diagnostique.</p>



<h2 class="wp-block-heading">MÉTHODES</h2>



<p>Cette étude a été examinée et jugée exempte d&rsquo;approbation par les comités d&rsquo;examen institutionnels de l&rsquo;université de Stanford, du centre médical Beth Israel Deaconess et de l&rsquo;université de Virginie. Le consentement éclairé a été obtenu avant l&rsquo;inclusion et la randomisation. Les participants résidents se sont vus offrir 100 dollars et les participants titulaires se sont vus offrir jusqu&rsquo;à 200 dollars pour participer l&rsquo;étude. Cette étude suit les directives CONSORT (<em>Consolidated Standards of Reporting Trials</em>) pour les essais cliniques randomisés. Le protocole de l&rsquo;étude est disponible dans le <a href="https://cdn.jamanetwork.com/ama/content_public/journal/jamanetworkopen/939467/zoi241182supp1_prod_1729527081.363.pdf?Expires=1735230961&amp;Signature=HBO1aA-RZ4Fcfqyw4D8Z2HeCvGprjU5o7dRj1Fn480vb00TByWA4ZsyAVouaPMsQjodnYI2MPYjngqXBeFuALqoygn1YqORUb-X2Tcd2h-liNLDzcM93dXGvtWG2O3XCcQia73TZotZFoiSGDhqfF0QXXtryyqzJtbk2P3gtZsPu9d7vDiVviDBai8leU2f-EMdK7QjS7PuB1PcA0XQLxYkTWt77psuH9c77Br6MxtrGGCn~czj9Y-nXZmnoDF4DJ-vlG4igxCyjgpWL1osSVuo3mF8tpvKFwHYHdZwnvesFdykf6uc0F339Xnr7gT4XmcAPAAJth4bGcXF2q8yD4Q__&amp;Key-Pair-Id=APKAIE5G5CRDK6RD3PGA">supplément 1</a>.</p>



<p>Nous avons recruté des médecins titulaires et résidents formés dans une spécialité médicale générale (médecine interne, médecine familiale ou médecine d&rsquo;urgence) par le biais de listes d&rsquo;adresses électroniques à l&rsquo;université de Stanford, au Beth Israel Deaconess Medical Center et à l&rsquo;université de Virginie. De petits groupes de participants ont été supervisés par des coordinateurs de l&rsquo;étude, soit à distance, soit dans un laboratoire informatique en personne. Les sessions ont duré une heure. Le flux des participants est décrit dans cette figure :</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2024/11/image-19.png"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="382" src="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2024/11/image-19-1024x382.png" alt="" class="wp-image-15887" srcset="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2024/11/image-19-1024x382.png 1024w, https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2024/11/image-19-300x112.png 300w, https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2024/11/image-19-768x286.png 768w, https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2024/11/image-19-1200x449.png 1200w, https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2024/11/image-19.png 1205w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a></figure>



<p> Une itération visuelle est présentée dans cette figure :</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><a href="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2024/11/image-20.png"><img loading="lazy" decoding="async" width="1005" height="578" src="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2024/11/image-20.png" alt="" class="wp-image-15888" srcset="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2024/11/image-20.png 1005w, https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2024/11/image-20-300x173.png 300w, https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2024/11/image-20-768x442.png 768w" sizes="auto, (max-width: 1005px) 100vw, 1005px" /></a></figure>



<p></p>



<h3 class="wp-block-heading">Vignettes cliniques</h3>



<p>Les vignettes cliniques ont été adaptées à partir d&rsquo;une étude historique qui a établi la norme pour l&rsquo;évaluation des systèmes de diagnostic informatisés. Tous les cas de cette étude étaient basés sur des patients réels et incluaient des informations disponibles lors de l&rsquo;évaluation diagnostique initiale, telles que les antécédents, l&rsquo;examen clinique et les résultats des analyses de laboratoire. Les cas n&rsquo;ont jamais été rendus publics afin de protéger la validité du matériel de test pour une utilisation future, et sont donc exclus des données de formation du LLM.</p>



<p> Nous avons utilisé la technique du groupe nominal pour sélectionner un échantillon de cas ; quatre médecins auteurs (E.G., J.A.C., A.P.J.O. et J.H.C.) se sont réunis pour se mettre d&rsquo;accord sur les directives de sélection des cas, y compris la préférence pour un large éventail de contextes pathologiques, en évitant les cas simplistes avec des diagnostics plausibles limités, et en excluant les cas excessivement rares.24 Chaque membre a examiné indépendamment au moins 50 des 105 cas disponibles pour identifier un minimum de 10 cas qui satisfont aux directives de sélection. Après les évaluations individuelles, le groupe s&rsquo;est réuni à nouveau pour parvenir à un consensus sur une liste de cas à examiner en priorité. Lors des tests pilotes, les participants ont complété un maximum de 6 cas en 1 heure, ce qui nous a permis de sélectionner 6 cas finaux pour cette étude. Les cas ont été édités pour moderniser les conventions de rapport des données de laboratoire et pour remplacer les phrases pathognomoniques (par exemple, <em>livedo reticularis</em>) par des descriptions générales.</p>



<p>La précision du diagnostic différentiel est un critère d&rsquo;évaluation courant, mais limité, dans les études diagnostiques sur l&rsquo;aide à la décision clinique. Bien que nous ayons évalué la précision globale du diagnostic différentiel en tant que résultat secondaire, à l&rsquo;instar d&rsquo;études antérieures, les phénomènes complexes des interactions entre l&rsquo;homme et l&rsquo;ordinateur justifient des évaluations plus riches des compétences en matière de raisonnement diagnostique. Nous avons donc choisi de développer une évaluation à partir de la littérature sur le raisonnement clinique : la réflexion structurée.</p>



<p>La réflexion structurée vise à améliorer le processus par lequel les médecins considèrent les diagnostics raisonnables et les caractéristiques cliniques qui soutiennent ou s&rsquo;opposent à leurs diagnostics, de la même manière que les médecins peuvent expliquer leur raisonnement dans la composante d&rsquo;évaluation et de planification des notes cliniques. Nous avons adapté une grille de réflexion structurée  avec des participants fournissant des réponses en texte libre sur leurs 3 principaux diagnostics différentiels, les facteurs dans le cas qui favorisent ou s&rsquo;opposent à chacun de leurs 3 diagnostics, leur diagnostic final le plus probable, et jusqu&rsquo;à 3 étapes suivantes (par ex., tests diagnostiques) qu&rsquo;ils utiliseraient pour poursuivre l&rsquo;évaluation du patient.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Évaluation des performances</h3>



<p>Nous nous sommes appuyés sur des études antérieures portant sur la réflexion structurée en évaluant la grille elle-même, et non pas seulement l&rsquo;exactitude du diagnostic final. Pour chaque cas, nous avons attribué jusqu&rsquo;à 1 point pour chaque diagnostic plausible. Les résultats étayant chaque diagnostic et les résultats s&rsquo;opposant au diagnostic ont également été notés en fonction de leur exactitude, avec 0 point pour les réponses incorrectes ou absentes, 1 point pour les réponses partiellement correctes et 2 points pour les réponses entièrement correctes. Le diagnostic final a été noté sur 2 points pour le diagnostic le plus correct et sur 1 point pour un diagnostic plausible ou un diagnostic correct qui n&rsquo;était pas assez précis par rapport au diagnostic final le plus correct. Les participants devaient ensuite décrire jusqu&rsquo;à trois étapes suivantes pour poursuivre l&rsquo;évaluation du patient, 0 point étant attribué pour une réponse incorrecte, 1 point pour une réponse partiellement correcte et 2 points pour une réponse totalement correcte. Si les diagnostics différentiels incorrects n&rsquo;ont pas été récompensés, le raisonnement approprié basé sur ces diagnostics n&rsquo;a pas été pénalisé. Les évaluateurs n&rsquo;ont pas été informés de l&rsquo;affectation des groupes de participants.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Conception de l&rsquo;étude</h3>



<p>Nous avons utilisé un modèle d&rsquo;étude randomisé en simple aveugle avec randomisation stratifiée. Les participants ont été répartis au hasard entre l&rsquo;utilisation de l&rsquo;interface LLM (groupe d&rsquo;intervention) et les ressources conventionnelles (groupe de contrôle). Ils ont eu accès à des comptes d&rsquo;étude pour le LLM et les transcriptions de leur utilisation ont été sauvegardées. Les deux groupes ont reçu l&rsquo;instruction d&rsquo;accéder à toutes les ressources conventionnelles qu&rsquo;ils utilisent normalement pour les soins cliniques, mais le groupe de contrôle a reçu l&rsquo;instruction explicite de ne pas utiliser les LLM. Les participants disposaient d&rsquo;une heure pour compléter autant de cas diagnostiques que possible, avec pour instruction de donner la priorité à la qualité de leurs réponses plutôt qu&rsquo;à la complétion de tous les cas.</p>



<p>L&rsquo;étude a été réalisée à l&rsquo;aide d&rsquo;un outil d&rsquo;enquête (Qualtrics), les cas étant présentés dans un ordre aléatoire pour chaque participant. Dans une analyse secondaire, nous avons inclus un groupe témoin utilisant uniquement le LLM pour répondre aux cas. En utilisant les principes établis de la conception des messages-guides, nous avons développé de manière itérative un message-guide 0-shot ; le même langage a été utilisé avec les questions de la vignette clinique pour chaque cas.27 Le médecin chercheur qui a entré les messages-guides dans le modèle n&rsquo;a pas modifié les réponses du modèle.  Ces invites ont été exécutées trois fois au cours de sessions distinctes, et les résultats de chaque exécution ont été inclus pour une évaluation en aveugle avec les résultats humains avant la levée de l&rsquo;aveugle ou l&rsquo;analyse des données.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Validation de l&rsquo;outil d&rsquo;évaluation</h3>



<p>Pour établir la validité, nous avons recueilli deux séries de données pilotes auprès de 13 participants qui n&rsquo;ont pas été inclus dans l&rsquo;étude finale. Au total, 65 cas ont été menés à bien, sur la base d&rsquo;un échantillonnage de plusieurs vignettes de cas, dont les 6 utilisées dans l&rsquo;étude finale. Les trois évaluateurs principaux (J.H, A.P.J.O. et A.R.), tous des médecins certifiés ayant de l&rsquo;expérience dans l&rsquo;évaluation du raisonnement clinique au niveau médical post-universitaire, ont noté ces cas indépendamment afin d&rsquo;évaluer la cohérence. Sur la base des commentaires itératifs des correcteurs et des participants pilotes, ainsi que de la concordance des correcteurs, les vignettes des cas étudiés ont été sélectionnées et les rubriques ont été affinées avant que les données ne soient collectées pour l&rsquo;étude finale. Après la collecte des données, chaque cas a été noté indépendamment par deux évaluateurs qui ne connaissaient pas le groupe de traitement assigné. Le désaccord entre les évaluateurs a été prédéfini comme une différence de plus de 10 % du score final. En cas de désaccord, les évaluateurs se sont réunis pour discuter des différences entre leurs évaluations et rechercher un consensus. Nous avons conçu la notation de manière à reconnaître intentionnellement l&rsquo;ambiguïté des processus de diagnostic, en autorisant de multiples variations des réponses correctes déterminées par le consensus des évaluateurs. La notation du diagnostic final a été évaluée par deux évaluateurs afin d&rsquo;obtenir un accord sur le résultat secondaire de la précision du diagnostic. Nous avons calculé une valeur pondérée de Cohen κ pour montrer la concordance de la notation et une valeur de Cronbach α pour déterminer la fiabilité interne de cette mesure.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Résultats de l&rsquo;étude</h3>



<p>Notre résultat principal était le score final en pourcentage pour toutes les composantes de l&rsquo;outil de réflexion structuré. Les résultats secondaires étaient le temps passé par cas (en secondes) et la précision du diagnostic final. Le diagnostic final a été traité comme un résultat ordinal avec 3 groupes (incorrect, partiellement correct et le plus correct). Étant donné que la différence entre la réponse la plus correcte et les réponses partiellement correctes peut ne pas être cliniquement significative, nous avons également analysé le résultat comme un résultat binaire (incorrect comparé à au moins partiellement correct).</p>



<h3 class="wp-block-heading">Analyse statistique</h3>



<p>La taille de l&rsquo;échantillon cible de 50 participants a été prédéfinie sur la base d&rsquo;une analyse de puissance utilisant deux ensembles de données de validation, notés avant l&rsquo;inscription à l&rsquo;étude. En utilisant le logiciel PASS 2023, version 23.0.2 (NCSS LLC), notre analyse de puissance a montré une puissance de plus de 80 % pour détecter une différence de score de 8 % avec 200 à 250 cas complétés (4 à 5 cas par participant) avec une valeur α bilatérale de 0,05. Nous avons utilisé un modèle à effets mixtes adapté aux plans randomisés en grappes, avec un coefficient de corrélation intraclasse allant de 0,05 à 0,15 et un écart-type de 16,2 %.</p>



<p>Toutes les analyses ont respecté le principe de l&rsquo;intention de traiter et ont été effectuées au niveau des cas, regroupés par participant. Des modèles linéaires à effets mixtes ont été appliqués pour évaluer la différence entre le résultat primaire de la performance diagnostique et le résultat secondaire du temps passé par cas traité, les hypothèses de normalité ayant été vérifiées. Des modèles à effets mixtes ordinaux et logistiques ont été utilisés pour comparer d&rsquo;autres résultats secondaires, y compris la précision du diagnostic final ordinal et binaire. Un effet aléatoire pour le participant a été inclus dans les modèles pour tenir compte de la corrélation potentielle entre les cas d&rsquo;un même participant. En outre, un effet aléatoire pour les cas a été inclus pour tenir compte de toute variabilité potentielle de la difficulté entre les cas. L&rsquo;erreur de type I (α) à l&rsquo;échelle de la famille a été contrôlée à 0,05 pour le résultat principal de la performance diagnostique considérée comme une variable continue. L&rsquo;analyse des résultats secondaires a été exploratoire sans ajustement pour les comparaisons multiples. Une analyse de sensibilité planifiée à l&rsquo;avance a évalué l&rsquo;effet de l&rsquo;inclusion de cas incomplets sur le résultat primaire. Des analyses de sous-groupes ont été réalisées en fonction du statut de formation et de l&rsquo;expérience avec le produit LLM utilisé. Dans une analyse secondaire, les cas complétés par le LLM seul ont été traités comme un troisième groupe, avec des cas regroupés dans une structure imbriquée de 3 tentatives sous la responsabilité d&rsquo;un seul participant. Ces cas ont été comparés à ceux de participants réels, chaque cas étant considéré comme une tentative unique sous la direction d&rsquo;un participant unique utilisant une structure imbriquée similaire. Toutes les analyses statistiques ont été réalisées à l&rsquo;aide de R, version 4.3.2 (<em>R Foundation for Statistical Computing</em>).</p>



<h3 class="wp-block-heading">Résultats</h3>



<p>Cinquante médecins agréés aux États-Unis ont été recrutés et ont participé (26 titulaires, 24 résidents) du 29 novembre au 29 décembre 2023 ; parmi eux, 39 (78 %) ont participé à des rencontres virtuelles et 11 (22 %) à des rencontres en personne. Le nombre médian d&rsquo;années de pratique était de 3 (IQR, 2-8).</p>



<h3 class="wp-block-heading">Résultat principal : performances en termes de diagnostic</h3>



<p>Au total, 244 cas ont été réalisés par tous les participants (125 cas dans le groupe LLM, 119 cas dans le groupe de contrôle). Le nombre médian de cas complétés par participant était de 5 (IQR, 4-6). L&rsquo;analyse des transcriptions a montré que 100 % (22 sur 22) des médecins randomisés pour utiliser le LLM l&rsquo;ont fait ; 3 transcriptions ont été perdues en raison de problèmes techniques et n&rsquo;ont pas été incluses. Le score médian par cas était de 76 % (IQR, 66 %-87 %) pour le groupe LLM et de 74 % (IQR, 63%-84%) pour le groupe de contrôle. Le modèle à effets mixtes a montré une différence de 2 points de pourcentage (IC à 95 %, -4 à 8 points de pourcentage ; P = 0.60) entre le groupe LLM et le groupe de contrôle. Une analyse de sensibilité incluant tous les cas, complets et incomplets, a montré un résultat similaire avec une différence de 2 points de pourcentage (IC à 95 %, -4 à 8 points de pourcentage ; P = 0.50) entre le groupe LLM et le groupe de contrôle. </p>



<h3 class="wp-block-heading">Résultats secondaires</h3>



<p>Le temps médian passé par cas était de 519 (IQR, 371-668) secondes pour le groupe LLM et de 565 (IQR, 456-788) secondes pour le groupe de contrôle. Le modèle linéaire à effets mixtes a abouti à une différence ajustée de -82 secondes (IC à 95 %, -195 à 31 secondes ; P = 0.20).</p>



<p>L&rsquo;exactitude du diagnostic final  utilisant l&rsquo;échelle ordinale a montré que le groupe d&rsquo;intervention LLM avait 1,4 fois plus de chances (IC à 95 %, 0,7-2,8 ; P = 0,39) d&rsquo;obtenir un diagnostic correct que le groupe de contrôle. Lors de l&rsquo;évaluation de la précision des diagnostics finaux, le fait de les traiter comme des variables binaires (correctes ou incorrectes) n&rsquo;a pas modifié qualitativement les résultats (rapport de cotes, 1,9 ; IC à 95 %, 0,9-4,0 ; P = 0,10).</p>



<p><br>Les analyses par sous-groupe étaient qualitativement similaires aux analyses pour l&rsquo;ensemble de la cohorte.</p>



<h3 class="wp-block-heading">LLM seul</h3>



<p><br>Dans les 3 essais du LLM seul, le score médian par cas était de 92 % (IQR, 82 % &#8211; 97 %). La comparaison du LLM seul avec le groupe de contrôle a révélé une différence de score absolu de 16 points de pourcentage (IC à 95 %, 2 à 30 points de pourcentage ; P = 0.03) en faveur du LLM seul.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Validation de l&rsquo;outil d&rsquo;évaluation</h3>



<p><br>La valeur pondérée de Cohen κ entre les trois évaluateurs était de 0,66, ce qui indique un accord substantiel dans la fourchette attendue pour les études de performance diagnostique.30 La valeur globale de Cronbach α était de 0,64. Les variances des sections individuelles de la grille de réflexion structurée sont présentées dans le tableau 5 du supplément 2. Après avoir supprimé le diagnostic final, qui présentait la variance la plus élevée, la valeur α de Cronbach était de 0,67.</p>



<h2 class="wp-block-heading">DISCUSSION</h2>



<p>Cet essai clinique randomisé a montré que l&rsquo;utilisation par les médecins d&rsquo;un agent conversationnel (<em>chatbot</em>) LLM disponible dans le commerce n&rsquo;a pas amélioré le raisonnement diagnostique sur des cas cliniques difficiles, bien que le LLM seul ait obtenu des résultats nettement supérieurs à ceux des médecins participants. Les résultats étaient similaires dans les sous-groupes de différents niveaux de formation et d&rsquo;expérience avec le chatbot. Ces résultats suggèrent que l&rsquo;accès seul aux LLM n&rsquo;améliorera pas le raisonnement diagnostique global des médecins dans la pratique. Ces résultats sont particulièrement pertinents à l&rsquo;heure où de nombreux systèmes de santé proposent des chatbots conformes à la loi sur la portabilité et la responsabilité de l&rsquo;assurance maladie (Health Insurance Portability and Accountability Act [spécifique aux États-Unis, NDLR]) que les médecins peuvent utiliser en milieu clinique, souvent sans aucune formation, voire avec une formation minimale sur l&rsquo;utilisation de ces outils.</p>



<p>Nos données n&rsquo;ont pas confirmé de différences dans le temps consacré à la résolution des cas. Compte tenu de la grande variabilité observée dans le temps consacré à la résolution des cas, il serait nécessaire de mener de futures études avec des échantillons beaucoup plus importants pour évaluer si les médecins ayant l&rsquo;expérience de l&rsquo;utilisation des LLM consacrent moins de temps au raisonnement diagnostique.</p>



<p>Un résultat secondaire inattendu est que le LLM seul a été nettement plus performant que les deux groupes d&rsquo;humains, à l&rsquo;instar d&rsquo;étude récente avec une technologie LLM différente. Cela peut s&rsquo;expliquer par la sensibilité de la sortie LLM à la formulation de l&rsquo;invite. Il existe de nombreux cadres pour l&rsquo;invite des LLM et un consensus émergent sur les stratégies d&rsquo;invite, dont beaucoup se concentrent sur la fourniture de détails sur la tâche, le contexte et les instructions ; notre invite a été développée de manière itérative en utilisant ces cadres. La formation des cliniciens aux meilleures pratiques d&rsquo;incitation peut améliorer la performance des médecins avec les LLM. Par ailleurs, les organisations pourraient investir dans des messages-guides prédéfinis pour l&rsquo;aide à la décision diagnostique, intégrés dans les flux de travail cliniques et la documentation, ce qui permettrait une synergie entre les outils et les cliniciens. Des études antérieures sur les systèmes d&rsquo;IA montrent des effets disparates en fonction de l&rsquo;élément du processus de diagnostic dans lequel ils sont utilisés. Étant donné la nature conversationnelle des agents conversationnels (<em>chatbots</em>), des changements dans la manière dont le LLM interagit avec les humains, par ex., en signalant spécifiquement les caractéristiques qui ne correspondent pas au diagnostic différentiel, pourraient améliorer le diagnostic et la performance de réflexion.35,36 De manière plus générale, nous voyons une opportunité dans l&rsquo;examen délibéré et la refonte de l&rsquo;éducation médicale et des cadres de pratique qui s&rsquo;adaptent aux technologies émergentes perturbatrices et permettent la meilleure utilisation des ressources informatiques et humaines pour fournir des soins médicaux optimaux.</p>



<p>Les résultats de cette étude ne doivent pas être interprétés comme indiquant que les LLM devraient être utilisés pour le diagnostic de manière autonome sans la supervision d&rsquo;un médecin. Les vignettes de cas cliniques ont été classées et résumées par des cliniciens humains, une approche pragmatique et courante pour isoler le processus de raisonnement diagnostique, mais cela ne tient pas compte des compétences dans de nombreux autres domaines importants pour le raisonnement clinique, y compris l&rsquo;entretien avec le patient et la collecte de données. En outre, cette étude était hors contexte, et la compréhension de l&rsquo;environnement clinique par les cliniciens est fondamentale pour une prise de décision de haute qualité. Bien que les premières études montrent que les LLM peuvent collecter et résumer efficacement les informations sur les patients, ces capacités doivent être étudiées de manière plus approfondie. En outre, l&rsquo;amélioration de la notation des rubriques représente ici un signal important du raisonnement clinique, mais des essais cliniques plus larges sont nécessaires pour évaluer les différences significatives dans l&rsquo;impact clinique en aval.</p>



<p>Cette étude a développé une mesure basée sur la réflexion structurée, inspirée par la recherche sur la cognition des médecins. La notation de l&rsquo;outil de réflexion structurée adapté en tant que résultat principal représente une nouvelle contribution de cette étude pour offrir un cadre d&rsquo;évaluation plus riche des compétences de raisonnement diagnostique. Cet outil d&rsquo;évaluation a démontré une concordance substantielle entre les évaluateurs et une fiabilité interne similaire ou supérieure à d&rsquo;autres mesures utilisées dans l&rsquo;évaluation du raisonnement.39-42 Cela fait progresser le domaine au-delà des premières recherches sur le LLM, qui se sont concentrées sur des repères ayant une utilité clinique limitée, tels que les banques de questions à choix multiples utilisées pour l&rsquo;obtention de la licence médicale ou les vignettes de cas curatées de maladies rarement vues en pratique clinique, telles que les conférences de cas cliniques pathologiques. Bien qu&rsquo;elles présentent des avantages évidents en termes de facilité de mesure, ces tâches ne correspondent pas au raisonnement clinique dans la pratique. Au fur et à mesure que la recherche en IA progresse et se rapproche de l&rsquo;intégration clinique, il deviendra encore plus important de mesurer de manière fiable la performance diagnostique en utilisant les méthodes d&rsquo;évaluation et métriques les plus réalistes et les plus pertinentes d&rsquo;un point de vue clinique.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Limites</h3>



<p>Cet essai a ses limites. Nous avons axé notre enquête sur un seul LLM, étant donné sa disponibilité commerciale et son intégration dans la pratique clinique. De multiples systèmes LLM alternatifs émergent rapidement, bien que celui étudié reste actuellement parmi les outils les plus performants pour les applications étudiées. Les participants ont eu accès au agents conversationnels (<em>chatbots</em>) sans formation explicite aux techniques d&rsquo;ingénierie rapide qui auraient pu améliorer la qualité de leurs interactions avec le système ; cependant, ceci reste conforme aux intégrations actuelles et nécessite donc cette évaluation représentative.15,17-19 En outre, même si tous les médecins du groupe LLM ont au moins essayé d&rsquo;utiliser le système sur la base des journaux de chat, ils n&rsquo;ont pas été forcés d&rsquo;utiliser le système d&rsquo;une manière cohérente. Il s&rsquo;agissait d&rsquo;une conception délibérée visant à mieux refléter une évaluation de l&rsquo;efficacité dans le cadre de la pratique clinique.</p>



<p>Aucun échantillon de vignettes cliniques ne peut couvrir de manière exhaustive la variété des cas dans le domaine de la médecine. Notre étude a porté sur 6 cas qui pouvaient être traités en une seule session d&rsquo;étude tout en restant comparables aux pratiques courantes dans les examens cliniques structurés nationaux d&rsquo;autorisation et d&rsquo;objectifs, qui consistent à utiliser un échantillon restreint mais large de cas cliniques.6,46-49 Il ne s&rsquo;agit pas d&rsquo;évaluer de manière exhaustive les connaissances d&rsquo;un participant, mais plutôt d&rsquo;évaluer son raisonnement clinique général à travers un ensemble de cas. Pour optimiser l&rsquo;étendue de la couverture, nous avons délibérément choisi des cas qui représentent un échantillon large et pertinent de disciplines et un éventail de problèmes cliniques.</p>



<h3 class="wp-block-heading"></h3>



<h2 class="wp-block-heading">CONCLUSION</h2>



<p>La disponibilité d&rsquo;un LLM en tant qu&rsquo;aide au diagnostic n&rsquo;a pas amélioré la performance des médecins par rapport aux ressources conventionnelles dans un essai clinique randomisé sur le raisonnement diagnostique. <strong>Le LLM seul a surpassé les performances des médecins</strong> même lorsque le LLM était à leur disposition, ce qui indique qu&rsquo;un développement plus poussé des interactions homme-machine est nécessaire pour réaliser le potentiel de l&rsquo;IA dans les systèmes d&rsquo;aide à la décision clinique.</p>



<p><em>Note de la Rédaction : pour la commodité de lecture, les références bibiographiques et internes ont été retirées ; elles sont disponibles dans l&rsquo;<a href="https://jamanetwork.com/journals/jamanetworkopen/fullarticle/2825395?resultClick=1">article original</a>.</em></p>



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		<title>Intelligence artificielle et traduction : quel impact sur la profession ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 07 Feb 2024 10:32:29 +0000</pubDate>
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<h2 class="wp-block-heading">Les traducteurs font partie des professionnels touchés précocement et de plein fouet par l&rsquo;essor des robots traducteurs de plus en plus évolués. Quelles sont les conséquences sur le métier ? Avis croisés de la Société française de traduction (SFT) et de traducteurs experts médicaux</h2>



<p>Tout le monde connaît l&rsquo;outil Google traduction parmi d&rsquo;autres applications de traduction disponibles pour le public, dont l&rsquo;usage intensif permet en permanence de les améliorer via le « deep learning ».  Les traducteurs professionnels disposent également d&rsquo;outils de TAO (traduction assistée par ordinateur) qui segmentent et analysent les textes à traduire. Plus récemment, ChatGPT est entré dans la danse pour ceux qui pratiquent la traduction libre à but marketing ou  « transcréation » (condensé de  traduction-création). Ici on ne cherche pas à fidèle au texte d&rsquo;origine, mais à répondre aux souhaits de son client pour produire un texte répondant à des objectifs marketing. </p><div id="citiz-2947929103" class="citiz-contenu citiz-entity-placement"><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-9064228701299411" crossorigin="anonymous"></script><ins class="adsbygoogle" style="display:block;" data-ad-client="ca-pub-9064228701299411" 
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</div>



<p>Pour les professionnels de la traduction, ces outils  ont de multiples conséquences sur leur pratique, beaucoup de traducteurs étant contraint de muer vers le métier de post-éditeur. Il y a aussi des conséquences économiques importantes à ces changements. </p>



<p>Cet article aborde cette problématique d&rsquo;intelligence artificielle appliquée à la traduction du point de vue des professionnels, d&rsquo;abord avec le point de vue de la SFT, premier organisme rassemblement des traducteurs professionnels en France, suivi de quelques réflexions générales émanant de l&rsquo;expertise en traduction médicale très technique.</p>



<p>La SFT est un syndicat professionnel des métiers de la traduction et de l&rsquo;interprétation en France. En tant que syndicat, elle défend les intérêts des professionnels concernés. Elle existe depuis 1947 ! C&rsquo;est Gaëlle Gagné, membre du Comité directeur et trésorière de la SFT,  qui a bien voulu se prêter au jeu des questions/réponses. Nous avons choisi de vous livrer l&rsquo;intégralité de sa contribution.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><a href="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2024/02/image-9.png"><img loading="lazy" decoding="async" width="293" height="123" src="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2024/02/image-9.png" alt="" class="wp-image-14034"/></a></figure>



<p></p>



<h2 class="wp-block-heading">L&rsquo;INTERVIEW</h2>



<p></p>



<h3 class="wp-block-heading">Science infuse : Selon vous, l’introduction des robots de traduction est-il un bien ou un mal&nbsp;dans&nbsp;la traduction professionnelle&nbsp;?</h3>



<p><strong>Gaëlle Gagné</strong> (SFT) <em>: Je vais vous faire une vraie réponse de traductrice&nbsp;: «&nbsp;ça dépend du contexte&nbsp;» (et pour qui)&nbsp;!</em></p>



<p><em>La traduction automatique, qui consiste à utiliser un programme informatique pour faire passer un texte d’une langue à une autre sans intervention humaine, est un des premiers usages de l’intelligence artificielle employant des réseaux de neurones «&nbsp;nourris&nbsp;» de corpus de textes (traduits) pour produire un contenu adapté selon le contexte. Avant cela, les traducteurs utilisaient déjà des outils de traduction assistée par ordinateur (TAO) qui conservaient en mémoire leur travail pour accélérer le processus de traduction et en améliorer la cohérence (réemploi de bout de phrases ou «&nbsp;segments&nbsp;» déjà traduits et validés), mais les traductions enregistrées en mémoire et proposées par la machine étaient uniquement produites par des humains.</em></p>



<p><em>D’abord risibles, les traductions des algorithmes, ont fini par attirer l’attention des professionnels et des donneurs d’ordre&nbsp;quand la traduction automatique neuronale (TAN)&nbsp;a été&nbsp;suffisamment au point pour intégrer&nbsp;nos processus de production&nbsp;(vers 2015). Nos clients nous ont alors demandé d’intervenir en tant que relecteurs de la machine&nbsp;: une prestation baptisée&nbsp;<strong>post-édition</strong>.</em></p>



<p><em>Les avantages pour nos clients&nbsp;(clients directs et agences de traduction)&nbsp;sont bien évidemment&nbsp;<strong>des économies et un gain de temps non négligeable</strong>&nbsp;: la traduction automatique permet de répondre à une demande exponentielle de contenus multilingues et de&nbsp;traiter&nbsp;ceux&nbsp;qui n’auraient jamais été traduits auparavant, par manque de temps ou d’argent.&nbsp;Lorsque le moteur automatique est bien entraîné&nbsp;(avec des contenus adaptés et similaires à ceux qu’on leur demande de produire), le gain de productivité est&nbsp;en effet&nbsp;significatif.</em></p>



<h3 class="wp-block-heading">Science infuse : Quel est l’impact pour les traducteurs professionnels, en termes de qualité/intérêt du travail et en termes économiques ?</h3>



<p><strong>Gaëlle Gagné</strong> : <em>Pour les traducteurs, les bénéfices sont moins évidents&nbsp;:&nbsp;dans les domaines culturels (audiovisuel, traduction littéraire et d’édition, jeu vidéo) et même l’interprétation de conférence (depuis la&nbsp;<a href="https://actu.fr/sciences-technologie/video-on-a-teste-heygen-un-logiciel-bluffant-qui-double-a-la-perfection-notre-voix-en-sept-langues_60086436.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">démonstration très parlante de l’outil HeyGen</a>&nbsp;qui reproduit le mouvement des lèvres et double la voix), les innovations en IA&nbsp;inquiètent&nbsp;les professionnels. En plus de menacer leur&nbsp;modèle économique, l’intégration de ces technologies dans ces métiers pourrait entraîner un appauvrissement de la langue,&nbsp;l’uniformisation des cultures, le pillage de la propriété intellectuelle, la manipulation, etc.</em></p>



<p><em>Dans les domaines de la traduction «&nbsp;pragmatique&nbsp;», la post-édition demande énormément de concentration, car la machine ne fait pas les mêmes erreurs que les humains. À la lecture, la «&nbsp;production machine&nbsp;» est fluide et semble de prime abord juste, mais le diable est dans les détails et à y regarder de plus près on constate des lourdeurs, des erreurs, des glissements de sens, voire des contresens.</em></p>



<p><em>Il nous faut donc être extrêmement vigilants et faire sans cesse l’aller et retour entre la source et la cible tout en répondant à une forte contrainte de temps, puisque nos donneurs d’ordre considèrent que peu d’intervention est nécessaire et notre rémunération est généralement basée sur le nombre de mots (source) traités.</em></p>



<p><em>Nous sommes donc contraints de décider rapidement si l’on conserve, corrige ou retraduit complètement une phrase et donc de «&nbsp;doser l’effort&nbsp;»&nbsp;de traduction, ce qui va à l’encontre de notre formation initiale et de notre amour du travail bien fait. Beaucoup refusent ces conditions de travail (57&nbsp;% d’après la&nbsp;dernière enquête de la&nbsp;SFT&nbsp;sur les pratiques professionnelles), mais elles ont tendance à se généraliser à mesure que nos clients intègrent la traduction automatique à leurs processus.</em></p>



<h3 class="wp-block-heading">Science infuse : Quelles sont vos préconisations en la matière&nbsp;pour les traducteurs ?</h3>



<p><em>Face à cette situation, la&nbsp;SFT, comme d’autres organisations professionnelles, souhaite se positionner pour mieux accompagner les prestataires de services linguistiques et leurs clients. Nous avons soumis à nos membres un questionnaire pour recueillir leurs points de vue avant la mise en place d’un groupe de travail pour définir et diffuser largement nos recommandations.</em></p>



<p><em>En attendant, nous encourageons les traducteurs à s’informer et à se former pour juger par eux-mêmes de l’utilité de l’IA dans leur travail. En dehors de la traduction, les IA génératives peuvent nous aider à faire des recherches sur le contexte et la terminologie d’un contenu à traduire, à reformuler, à relire et corriger, à analyser la qualité de notre travail… Ce sont aussi des outils précieux pour nous aider à promouvoir et gérer nos entreprises au quotidien, cependant, il convient de&nbsp;<strong>les utiliser de manière raisonnée dans le respect de la propriété des données</strong>.</em></p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong><br></strong><em>Science infuse :  Quelles sont vos préconisations pour les donneurs d’ordre (agences de traduction, autres) ?</em></h3>



<p><em>En tant que partenaires de nos clients, nous nous devons de&nbsp;<strong>les alerter sur les limites de la traduction automatique</strong>. En dehors des usages purement utilitaires pour comprendre et se faire comprendre, si la traduction a un impact sur&nbsp;leurs ventes,&nbsp;leur&nbsp;image,&nbsp;leur&nbsp;responsabilité,&nbsp;elle ne devrait jamais se passer de l’humain, car c’est le seul garant de l’adaptation du contenu traduit à l’usage et l’audience ciblée et de la confidentialité de&nbsp;leurs textes et de&nbsp;leurs données.</em></p>



<p><em>Certains envisagent l’avenir du traducteur dans un nouveau rôle de «&nbsp;consultant linguistique&nbsp;» guidant ses clients dans le choix des outils et des processus leur permettant de produire des contenus multilingues adaptés.&nbsp;<a href="https://www.youtube.com/watch?v=DjQiw-e_PEw" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Dans une interview qui a fait grand bruit</a>&nbsp;dans notre secteur d’activité, un patron d’agence de traduction a récemment affirmé que&nbsp;la post-édition est simplement de la traduction humaine et devrait être tarifée en tant que telle&nbsp;: un point de vue largement partagé par les professionnels (65,3&nbsp;% des répondants d’un sondage après cette interview considèrent que le terme de post-édition devrait être éliminé). Il est clair que&nbsp;<strong>la tarification de ces prestations présente clairement un enjeu pour la valorisation de nos savoir-faire et de nos professions</strong>.</em></p>



<p><em>Enfin, comme le rappelle le collectif «&nbsp;En chair et en os&nbsp;» (voir sources ci-dessous), «&nbsp;les programmes d’IA génératifs sont alimentés par des œuvres humaines existantes, “minées” comme de simples données de masse, sans que leurs auteurs et autrices aient pu&nbsp; Par ailleurs, le traitement des données reste dépendant d’un travail humain colossal et invisibilisé, souvent exercé dans des conditions déplorables, sous-payé, déshumanisant, voire traumatisant (quand il s’agit de modération de contenus). Enfin, le&nbsp;<a href="https://www.liberation.fr/economie/economie-numerique/lintelligence-artificielle-donne-sa-langue-au-chatgpt-20221207_47JMN2HAG5HPLIGW2OZJU4YLRY/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">stockage des données nécessaires</a>&nbsp;au fonctionnement et à l’entraînement des algorithmes produit une empreinte écologique catastrophique en termes de bilan carbone et de consommation d’énergie.&nbsp;»</em></p>



<p><em>Au vu de cet&nbsp;<strong>impact social, économique et écologique</strong>, l’exemple de la traduction, qui avec quelques années d’avance nous donne à voir les conséquences du développement rapide de l’IA, nous montre qu’une réflexion s’impose à l’échelle de la planète pour encadrer les usages et le développement de ces technologies.</em></p>



<p>Merci à la SFT et Gaëlle Gagné pour leur temps !</p>



<h2 class="wp-block-heading">Point de vue d&rsquo;experts : l&rsquo;IA dans la traduction médicale très technique</h2>



<p>Science infuse connaît le point de vue du traducteur professionnel pour en avoir en interne et en contributeurs externes pour la traduction d&rsquo;articles sélectionnés par la Rédaction. Dans ce dernier cas, si les sciences sont régulièrement abordées, il ne s&rsquo;agit pas dans nos colonnes de traduction technique mais de traduction  relativement généraliste sur des articles de vulgarisation ou d&rsquo;opinion destinés au grand public.<br></p>



<p>Néanmoins, ceux d&rsquo;entre eux qui pratiquent la traduction professionnelle médicale sont d&rsquo;abord des experts médicaux venant du terrain (professionnels de santé et/ou de la recherche médicale) convertis à la traduction professionnelle. Les plus seniors ont été sollicités par les donneurs d&rsquo;ordre pour cette activité qu&rsquo;ils pratiquaient déjà dans leur métier d&rsquo;origine avant même l&rsquo;arrivée  des outils de TAO et les robots de traduction. Il s&rsquo;agissait de prendre en charge des documents très techniques de communication d&rsquo;experts à experts (« <em>specialist-facing</em> » dans le jargon) sur des sujets particulièrement innovants, liés à la recherche fondamentale ou appliquée. Il s&rsquo;agit tout particulièrement de chimie, biochimie, biologie, génétique et  pharmacologie portant sur des découvertes de médicaments, outils de diagnostic et dispositifs médicaux,  de concepts, procédés, technologies nouvelles, modes d&rsquo;action originaux. Dans ces situations particulières, les traducteurs de formation, même avec spécialisation médicale, peuvent être dépassés malgré tous les référentiels professionnels à leur disposition. Et pour cause : ce sont souvent des domaines sans référentiels terminologiques du fait du caractère innovant des sujets traités. Faire appel à des spécialistes du métier est alors un recours évident. </p>



<p>Dans ces domaines d&rsquo;innovation scientifique et médicale, les « clients » des traducteurs experts médicaux sont de différents ordres : des organisations gouvernementales, comme par exemple l&rsquo;OMPI (Organisation mondiale de la propriété intellectuelle) pour la traduction de brevets d&rsquo;invention, de grosses agences de traduction de renommée mondiale, qui souvent ont développé de gros services internes dédiés à la traduction en recherche scientifique et médicale. Leur usage est souvent imposée par les politiques d&rsquo;achat des donneurs d&rsquo;ordre et clients d&rsquo;envergure. Il peut s&rsquo;agir de laboratoires pharmaceutiques ont des volumes de traduction scientifique et médicales énormes du fait de leurs activités internationales. L&rsquo;externalisation est de mise,  auprès de prestataires certifiés qui peuvent répondre à des commandes à turn-over rapide 24h sur 24, ces agences ayant des bureaux dans le monde entier : Ces agences de traduction internationales de poids répondent ainsi présentes avec des infrastructures qui donnent le change. Elles intègrent les normes qualité de traduction qui exigent l&rsquo;intervention de multiples traducteurs et linguistes pour tout document à traduire au moyen d&rsquo;un processus d&rsquo;assurance et de contrôle qualité. Pour cela il faut une « équipe » et le modèle du traducteur « freelance », auto-entrepreneur qui est très répandu dans la traduction, ne permet pas de répondre aux exigences des clients en direct. Il faut une équipe, une entreprise avec du personnel qualifié.</p>



<p>Les agences de traduction sont pour cette raison les partenaires privilégiés de donneurs d&rsquo;ordre en matière d&rsquo;innovation et de recherche médicale pour la plus grande partie des volumes de traduction. Pour faire face tant aux volumes, qu&rsquo;aux circuits de traduction-post-édition-relecture  imposés par le contrôle qualité, l&rsquo;enjeu a rapidement été économique : la main-d&rsquo;œuvre humaine est coûteuse : l&rsquo;automatisation et l&rsquo;IA sont clés car sources de gains de productivité. Au fil du temps la pure « robotisation » en traduction automatique est passée à la « contextualisation robotisée » de la traduction grâce au <em>deep learning</em>. Tout cela a commencé il y a près de 10 ans, et plus le temps passe en la matière plus les outils d&rsquo;IA sont performants : les robots traducteurs apprennent en permanence entre eux et bien sûr, des traductions humaines. Les grosses agences de traduction disposent d&rsquo;équipes de de traducteurs humains en interne et en sous-traitance qui leur permettent d&rsquo;alimenter un robot traducteur « maison » qui comporte des modules qui s&rsquo;adaptent aux exigences linguistiques de leurs gros clients . Les gains de productivité et donc financiers sont ici un enjeu énorme : on « dégrade » le travail des traducteurs, la traduction étant faite par le robot d&rsquo;un clic, les traducteurs humains relégués à la post-édition et payés parfois à 50 % de leur tarif de traduction pour ce travail ingrat. Car la post-édition, ce n&rsquo;est pas de la traduction. C&rsquo;est un métier différent  : on ne traduit pas, on chasse les erreurs de traduction, qui étant le fruit d&rsquo;une machine, n&rsquo;ont rien d&rsquo;évident à détecter.<br>D&rsquo;un point de vue assurance et contrôle de qualité, le principe est totalement aberrant : la machine « crée » de l&rsquo;erreur parfois sournoise, en quantité. C&rsquo;est à l&rsquo;opposé du cercle vertueux de la qualité qui veut que l&rsquo;on produire le meilleur d&#8217;emblée pour minimiser le risque d&rsquo;erreurs en aval.</p>



<p>Les robots traducteurs, grâce au <em>deep learning</em> des réseaux neuronaux, progressent vite. Traduction généraliste ou technique, la traduction automatique progresse sans cesse en qualité. Mais il reste toujours ces niches de traductions où cela ne passe toujours pas au croisement de l&rsquo;expertise métier requise et de la nouveauté (innovation/recherche). Traduction humaine ou machine, pour ces sujets trop techniques ou innovants les traducteurs experts métiers issus du terrain identifient à coup sûr une traduction non faite ou non revue par un des pairs&#8230; C&rsquo;est sans doute ce qui sauve les traducteurs qui font ce métier du fait de leur expertise métier qui n&rsquo;est pas la traduction. Alors évidemment, la tendance est de tenter de les utiliser non pas en traduction mais en post-édition, eux aussi.  Aujourd&rsquo;hui, les machine n&rsquo;ayant toujours pas la maîtrise sur les sujets médicaux trop techniques pour elles, le travail qu&rsquo;elles fournissent n&rsquo;est pas à la hauteur. En pratique,  le travail de post-édition peut être un calvaire et bien plus éprouvant et consommateur de temps qu&rsquo;une traduction classique. Les tarifs des agences  n&rsquo;en tiennent pas compte, basées sur des grilles « post-édition. La traduction automatique neuronale (TAN), par essence, standardise, et le standard n&rsquo;est pas de mise dans l&rsquo;innovation qui est au cœur des sujets traités ici. Il en résulte une baisse de qualité des traductions, les donneurs d&rsquo;ordre étant inexorablement attirés par des traducteurs nouveaux entrants n&rsquo;ayant pas d&rsquo;expertise métier (innovation et recherche médicale) qui accepteront les tarifs bas de la  post-édition  et fourniront un travail médiocre, qui va lui-même niveler vers le bas machine qui s&rsquo;alimente de leur travail en retour. <br></p>



<p><strong>Orientation vers l&rsquo;expertise</strong><br><br>Certains de ces traducteurs experts métiers issus du terrain médical, sont régulièrement appelés à la rescousse pour un examen indépendant de traduction produite par tiers, à savoir suite à une plainte de client quant à la qualité d&rsquo;une traduction médicale. C&rsquo;est une sorte d&rsquo;expertise où il faudra déterminer si la plainte du client est justifiée,  la nature des erreurs de traduction et leur impact, et parfois même déceler l&rsquo;usage de robots de traduction par un professionnel incriminé.  Car il faut le savoir, si les grosses agences de traduction utilisent des robots traducteurs du marché ou maison pour limiter le travail des traducteurs humains à la post-édition, elles l&rsquo;interdisent souvent aux post-éditeurs.  Or, en traduction médicale très technique, les post-éditeurs non suffisamment qualifiés y font parfois appel. Un problème de déontologie que l&rsquo;on retrouve aussi d&rsquo;ailleurs avec ChatGPT pour faire le travail de transcréation.<br>Quelques traducteurs médicaux issus de terrain s&rsquo;adonnent à une activité d&rsquo;auxiliaire de justice, réalisant des traductions assermentées ou dans le cadre d&rsquo;expertises judiciaires dans leur domaine médical. Missionnés par des tribunaux, la police ou des avocats, ils traduisent souvent des documents non numériques ce qui exclut l&rsquo;usage de robots traducteurs. Des modalités « artisanales » qui permettent de conserver peut-être, pour un temps ou pour longtemps,  ses lettres de noblesse au métier de traducteur ?</p>



<h2 class="wp-block-heading"> </h2>



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		<title>Expertise &#038; Experts – épisode 5 : être heureux d&#8217;avoir tort ? l&#8217;humilité intellectuelle, un prérequis</title>
		<link>https://citizen4science.org/expertise-experts-episode-5-etre-heureux-davoir-tort-lhumilite-intellectuelle-un-prerequis/</link>
					<comments>https://citizen4science.org/expertise-experts-episode-5-etre-heureux-davoir-tort-lhumilite-intellectuelle-un-prerequis/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 10 Jan 2024 16:40:24 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Expert]]></category>
		<category><![CDATA[Expertise]]></category>
		<category><![CDATA[Psychologie]]></category>
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					<description><![CDATA[Note de la rédaction : impossible dans cette saga bien entamée de ne pas aborder un besoin, une nécessité pour]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h3 class="wp-block-heading">Note de la rédaction : impossible dans cette saga bien entamée de ne pas aborder un besoin, une nécessité pour tout expert qui se respecte : l&rsquo;humilité intellectuelle. Pour ce sujet et pour changer, nous avons choisi une intervention &#8230; d&rsquo;expert externe. Cet article a notamment l&rsquo;intérêt de s&rsquo;adresser à tous en expliquant pourquoi tout le monde a intérêt à cultiver l&rsquo;humilité</h3>



<p><em>par <a href="https://www.darylvantongeren.com/">Daryl Van Tongeren</a>, professeur associé de Psychologie, Hope College, Pays-Bas</em></p><div id="citiz-1584865406" class="citiz-contenu citiz-entity-placement"><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-9064228701299411" crossorigin="anonymous"></script><ins class="adsbygoogle" style="display:block;" data-ad-client="ca-pub-9064228701299411" 
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<p>Mark Twain a déclaré de façon apocryphe : « Je suis en faveur du progrès ; c&rsquo;est le changement que je n&rsquo;aime pas. »<br>Cette citation souligne, en toute éloquence la tendance des humains à désirer la croissance tout en nourrissant une forte résistance au dur labeur qui l&rsquo;accompagne. Je peux certainement m&rsquo;identifier à ce sentiment.</p>



<p>J&rsquo;ai été élevé dans un foyer évangélique conservateur. Comme beaucoup de ceux qui ont grandi dans un environnement similaire, j&rsquo;ai appris un ensemble de croyances religieuses qui ont façonné ma compréhension de moi-même et du monde qui m&rsquo;entoure. On m&rsquo;a enseigné que Dieu était aimant et puissant et que ses fidèles sont protégés. On m&rsquo;a enseigné que le monde était juste et que Dieu est bon. Le monde semblait simple et prévisible, et par-dessus tout, sûr.</p>



<p>Ces croyances ont été brisées lorsque mon frère est décédé de manière inattendue lorsque j&rsquo;avais 27 ans. Sa mort à l&rsquo;âge de 34 ans alors qu&rsquo;il était père de trois jeunes enfants, a été un choc pour notre famille et notre communauté. Il a fallu faire face à la douleur ; ainsi qu&rsquo;à certaines de mes convictions les plus profondes, remises en question. Dieu ne serait-il  en réalité ni bon ni puissant ? Pourquoi Dieu n&rsquo;a-t-il pas sauvé mon frère, père et mari aimant et bon ? Et à quel point l&rsquo;univers est-il injuste, indifférent et aléatoire ?</p>



<p>Cette perte profonde a constitué le point de départ d&rsquo;une période où j&rsquo;ai remis en question toutes mes croyances à la lumière de mes expériences personnelles. Il a fallu un temps considérable et l&rsquo;aide d&rsquo;un thérapeute exemplaire pour que je reconsidère ma vision du monde de manière authentique. J&rsquo;ai changé d&rsquo;avis sur beaucoup de choses. Le processus n&rsquo;a certainement pas été agréable. Il a fallu plus de nuits blanches que je ne souhaiterais m&rsquo;en souvenir, mais cela a abouti à la révision de certaines de mes croyances fondamentales.</p>



<p>À l&rsquo;époque, je ne m&rsquo;en suis pas rendu compte, mais cette expérience relève de ce que les chercheurs en sciences sociales appellent l&rsquo;humilité intellectuelle. Honnêtement, c&rsquo;est probablement en grande partie la raison pour laquelle je m&rsquo;intéresse tant à son étude en tant que professeur de psychologie. L&rsquo;humilité intellectuelle fait l&rsquo;objet d&rsquo;une attention croissante et apparaît être d&rsquo;une importance cruciale pour notre époque culturelle où il est plus courant de défendre sa position que de changer d&rsquo;avis.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Ce que signifie l&rsquo;humilité intellectuelle</h2>



<p>L&rsquo;humilité intellectuelle, c&rsquo;est une forme particulière d&rsquo;humilité liée aux croyances, aux idées ou aux visions du monde. Il ne s&rsquo;agit pas seulement de croyances religieuses, mais aussi d&rsquo;opinions politiques, d&rsquo;attitudes sociales diverses, de domaines de connaissance ou d&rsquo;expertise ou de toute autre conviction forte. Elle comporte des dimensions internes et externes.</p>



<p>Au fond de soi-même, l&rsquo;humilité intellectuelle implique de prendre conscience et s&rsquo;approprier les limites et les préjugés sur ce que l&rsquo;on sait et la manière dont on le sait. Elle exige une volonté de réviser son point de vue à la lumière de preuves solides.</p>



<p>Sur le plan interpersonnel, l&rsquo;humilité intellectuelle implique de maîtriser son ego afin de pouvoir présenter ses idées de manière modeste et respectueuse. Il s&rsquo;agit ici de présenter ses convictions sans se placer sur la défensive et d&rsquo;admettre que l&rsquo;on a tort. Elle implique de montrer que l&rsquo;on se soucie davantage d&rsquo;apprendre et de préserver les relations que d&rsquo;avoir « raison » ou de faire preuve de supériorité intellectuelle.</p>



<p>Une autre façon de concevoir l&rsquo;humilité,  intellectuelle ou autre, est d&rsquo;être dans un dimensionnement adéquat pour une situation donnée : pas trop grand (ce qui est de l&rsquo;arrogance), mais pas non plus trop petit (ce qui est de l&rsquo;autodépréciation).</p>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><a href="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2024/01/image-3.png"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="715" src="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2024/01/image-3-1024x715.png" alt="" class="wp-image-13777" style="width:1031px;height:auto" srcset="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2024/01/image-3-1024x715.png 1024w, https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2024/01/image-3-300x210.png 300w, https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2024/01/image-3-768x537.png 768w, https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2024/01/image-3-130x90.png 130w, https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2024/01/image-3.png 1055w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a><figcaption class="wp-element-caption">Avoir confiance dans son domaine d&rsquo;expertise est différent que penser que l&rsquo;on sait tout sur tout. <em>Crédit photo :&nbsp;Andrej Lišakov</em></figcaption></figure>



<p>Je connais assez bien la psychologie, mais peu l&rsquo;opéra. Lorsque je suis dans un cadre professionnel, je peux profiter de l&rsquo;expertise que j&rsquo;ai acquise au fil des ans. Mais lorsque je me rends à l&rsquo;opéra avec des amis plus cultivés, je devrais écouter et poser davantage de questions plutôt que de faire état avec grande assurance de mon opinion très peu informée.</p>



<p>Les quatre principaux aspects de l&rsquo;humilité intellectuelle sont les suivants :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Ouverture d&rsquo;esprit, en évitant le dogmatisme et en étant prêt à réviser ses croyances</li>



<li>Curiosité, recherche de nouvelles idées, de moyens de se développer et de se perfectionner, et de changer d&rsquo;avis pour se mettre en phase sur la base de preuves solides</li>



<li>Réalisme, ce qui passe par admettre ses défauts et ses limites et voir le monde tel qu&rsquo;il est plutôt que tel qu&rsquo;on voudrait qu&rsquo;il soit</li>



<li>Capacité d&rsquo;apprentissage à capacité à réagir sans se mettre sur la défensive et à changer son comportement pour s&rsquo;aligner sur de nouvelles connaissances<br><br></li>
</ul>



<p>L&rsquo;humilité intellectuelle est fréquemment une tâche ardue, surtout lorsque les enjeux sont importants.</p>



<p>Si l&rsquo;on commence par admettre que, comme tout à chacun, on est l&rsquo;objet de biais cognitifs et de failles qui limitent son savoir, l&rsquo;humilité intellectuelle peut consister à s&rsquo;intéresser de façon sincère aux croyances d&rsquo;un au cours d&rsquo;une conversation familiales plutôt que d&rsquo;attendre qu&rsquo;il ait terminé pour lui prouver qu&rsquo;il a tort en lui faisant part de son opinion « supérieure ».</p>



<p>Il peut s&rsquo;agir d&rsquo;examiner les mérites d&rsquo;un autre point de vue sur une question politique brûlante et les raisons pour lesquelles des personnes respectables et intelligentes peuvent ne pas être d&rsquo;accord avec vous. Lorsque l&rsquo;on aborde ces discussions difficiles avec curiosité et humilité, elles se transforment en opportunités.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Pourquoi l&rsquo;humilité intellectuelle est un atout</h2>



<p>Bien que <a href="https://theexperimentpublishing.com/catalogs/summer-2023/humble/">j&rsquo;étudie l&rsquo;humilité</a> depuis des années, personnellement je n&rsquo;en ai pas encore la maîtrise. Il est difficile de nager à contre-courant des normes culturelles qui <a href="https://doi.org/10.1177/1948550609355719">récompensent le fait d&rsquo;avoir raison et punissent les erreurs</a>. La développer nécessite un travail constant, mais la science de la psychologie a mis en évidence de nombreux avantages.</p>



<p>Tout d&rsquo;abord, il faut tenir compte des avancées sociales, culturelles et technologiques.<a href="https://theconversation.com/intellectual-humility-is-a-key-ingredient-for-scientific-progress-211410"> Toute avancée significative</a> dans le domaine de la médecine, de la technologie ou de la culture est due au fait que quelqu&rsquo;un a un moment admis qu&rsquo;il y avait quelque chose qu&rsquo;il ne savait pas. Il a ensuite poursuivi avec passion sa quête de connaissance, en faisant preuve de curiosité et d&rsquo;humilité. Pour progresser, <a href="https://doi.org/10.1016/j.paid.2016.03.016">il faut admettre ce que l&rsquo;on ne sait pas</a> et chercher à apprendre des choses nouvelles.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><a href="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2024/01/image-4.png"><img loading="lazy" decoding="async" width="908" height="605" src="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2024/01/image-4.png" alt="" class="wp-image-13778" srcset="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2024/01/image-4.png 908w, https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2024/01/image-4-300x200.png 300w, https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2024/01/image-4-768x512.png 768w, https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2024/01/image-4-600x400.png 600w" sizes="auto, (max-width: 908px) 100vw, 908px" /></a><figcaption class="wp-element-caption">L&rsquo;humilité intellectuelle peut rendre les conversations moins conflictuelles.</figcaption></figure>



<p>Quand les personnes font preuve d&rsquo;humilité intellectuelle, les relations s&rsquo;améliorent. Des recherches ont montré que l&rsquo;humilité intellectuelle est associée à une <a href="https://doi.org/10.1080/17439760.2015.1037861">plus grande tolérance à l&rsquo;égard des personnes avec lesquelles on n&rsquo;est pas d&rsquo;accord</a>.</p>



<p>Par exemple, les personnes intellectuellement humbles acceptent mieux les personnes qui ont des opinions <a href="https://doi.org/10.1080/17439760.2016.1167937">religieuses</a> et <a href="https://doi.org/10.1080/15298868.2020.1714711">politiques</a> différentes. <a href="https://doi.org/10.1080/15298868.2017.1361861">L&rsquo;ouverture aux idées nouvelles</a> est un élément fondamental de l&rsquo;humilité intellectuelle, de telle sorte que les personnes sont moins sur la défensive face à des points de vue pouvant potentiellement générer des points de vue conflictuels. Elles sont <a href="https://doi.org/10.1080/17439760.2015.1004554">plus enclines à pardonner</a>, ce qui peut contribuer à réparer et à entretenir les relations.</p>



<p>Enfin, l&rsquo;humilité facilite le développement personnel. L&rsquo;humilité intellectuelle permet d&rsquo;acquérir une <a href="https://theconversation.com/teens-dont-know-everything-and-those-who-acknowledge-that-fact-are-more-eager-to-learn-214120">perception plus exacte de soi-même</a>.</p>



<p><a href="https://doi.org/10.1111/phpr.12228">Lorsque l&rsquo;on est capable d&rsquo;admettre et d&rsquo;assumer ses limites</a>, on est capable de demander de l&rsquo;aide dans les domaines où l&rsquo;on  peut progresser, et on est plus réceptif aux informations. Lorsque vous vous limitez à faire les choses comme vous les avez toujours faites, vous manquez d&rsquo;innombrables occasions de croissance, d&rsquo;expansion et de nouveauté &#8211; des choses qui vous émerveillent, vous remplissent de joie et font que la vie vaut la peine d&rsquo;être vécue.</p>



<p><a href="https://doi.org/10.1016/j.obhdp.2019.04.008">L&rsquo;humilité peut libérer l&rsquo;authenticité</a> et permettre le développement personnel.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Humilité ne signifie par chiffe molle</h2>



<p>Malgré ces bénéfices, l&rsquo;humilité a parfois mauvaise presse. Les personnes peuvent avoir des idées fausses sur l&rsquo;humilité intellectuelle ; il est donc important de dissiper certains mythes.</p>



<p>L&rsquo;humilité intellectuelle n&rsquo;est pas un manque de conviction ; on peut croire fermement à quelque chose jusqu&rsquo;à ce que l&rsquo;on change d&rsquo;avis et que l&rsquo;on croie autre chose. Ce n&rsquo;est pas non plus être timoré. Vous devez placer la barre très haut en ce qui concerne les preuves dont vous avez besoin pour changer d&rsquo;avis. Cela ne signifie pas non plus qu&rsquo;il faille se dévaloriser ou être toujours d&rsquo;accord avec les autres. N&rsquo;oubliez pas qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;avoir le bon dimensionnement, sans minimisation systématique.</p>



<p><a href="https://www.intellectualhumilityscience.com/">Les chercheurs travaillent d&rsquo;arrache-pied </a>pour valider des moyens fiables de cultiver l&rsquo;humilité intellectuelle. <a href="https://www.templeton.org/grant/applied-research-on-intellectual-humility-a-request-for-proposals">Je fais partie d&rsquo;une équipe</a> qui supervise un ensemble de projets destinés à évaluer différentes interventions visant à développer l&rsquo;humilité intellectuelle.</p>



<p>Certains chercheurs examinent différentes façons d&rsquo;engager des discussions et d&rsquo;autres étudient le rôle de l&rsquo;amélioration de l&rsquo;écoute. D&rsquo;autres évaluent des programmes éducatifs, et d&rsquo;autres encore cherchent à savoir si différents types de commentaires en retour et l&rsquo;exposition à divers réseaux sociaux peuvent renforcer l&rsquo;humilité intellectuelle.</p>



<p>Les travaux antérieurs dans ce domaine suggèrent que <a href="https://doi.org/10.1177/009164711404200111">l&rsquo;humilité peut être cultivée</a>, et nous sommes donc impatients de voir quelles seront les pistes les plus prometteuses qui émergeront de ce nouveau projet.</p>



<p>Il y a une autre chose que la religion m&rsquo;a enseignée et qui était légèrement erronée. On m&rsquo;a dit que trop apprendre pouvait mener à la ruine ; après tout, on ne souhaite pas augmenter ses connaissances au point de perdre la foi.</p>



<p>Néanmoins, sur la base de mon expérience, ce que j&rsquo;ai appris en perdant la foi m&rsquo;a peut-être sauvé la vie.</p>



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<p><em>Image d&rsquo;en-tête : dessin de Philippe Geluck, Le Chat</em></p>



<p><em>Texte paru initialement en anglais dans </em><a href="https://theconversation.com/">The Conversation</a><em>, traduit par la Rédaction. La traduction étant protégée par les droits d&rsquo;auteur, cet article traduit n’est pas libre de droits.</em> <em>Nous autorisons la reproduction avec les crédits appropriés : « Science infuse/Citizen4Science » pour la version française avec un lien vers la présente page</em>.</p>



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<p><strong>Science infuse</strong>&nbsp;est un service de presse en ligne agréé (n° 0324 X 94873) piloté par&nbsp;<strong>Citizen4Science</strong>, association à but non lucratif d’information et de médiation scientifique doté d’une&nbsp;<em>Rédaction avec journalistes professionnels. Nous défendons farouchement notre indépendance. Nous existons grâce à vous, lecteurs. Pour nous soutenir, faites un don ponctuel ou mensuel.</em></p>



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