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	<title>Biais cognitifs Archives - Science infused site d&#039;actualités</title>
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	<title>Biais cognitifs Archives - Science infused site d&#039;actualités</title>
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		<title>« Cancer Backlash » ou opération Bashing ? Quand la contre-offensive au nom de la science devient tentative de bâillon d&#8217;opinion</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Fabienne Blum]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 06 Mar 2026 14:47:29 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
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					<description><![CDATA[Deux textes d’opinion publiés en février 2026, à savoir une chronique dans Le Monde et une tribune présentée comme «]]></description>
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<p></p>



<h3 class="wp-block-heading"><br>Deux textes d’opinion publiés en février 2026, à savoir une chronique dans Le Monde et une tribune présentée comme « droit de réponse » sur le blog Atlantico, mobilisent les mêmes données épidémiologiques pour défendre des thèses opposées sur les causes du cancer. Cet affrontement révèle comment la vérification des faits (factchecking) peut se transformer en outil de polarisation idéologique et finir par détruire sa propre crédibilité et la confiance en la science.</h3>



<p><a href="https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/02/22/la-rhetorique-du-cancer-backlash-presente-de-nombreuses-analogies-avec-le-climatoscepticisme_6667771_3232.html">La chronique du journal <em>Le Monde</em> </a>intitulée « La rhétorique du cancer backlash présente de nombreuses analogies avec le climatoscepticisme » datée du 22 février 2026 et la <a href="https://atlantico.fr/article/decryptage/la-fabrique-de-la-peur-contre-le-cancer-backlash-le-doute-scientifique-oublie-jacques-robert-jerome-barriere">tribune de contre-attaque sur le blog Atlantico</a> intituée « La fabrique de la peur contre le cancer backlash » le 24 février 2026 partagent les mêmes références de Santé publique France (2015) mais les encadrent dans des récits antagonistes. La première dénonce une rhétorique qui minimiserait les déterminants environnementaux au profit d’une focalisation sur tabac, alcool et hasard, d&rsquo;où « backlash » dans le sens risque de « retour de bâton » ; la seconde accuse cette alerte d’être une « fabrique de la peur » militante qui efface les ordres de grandeur établis. Cette symétrie rhétorique illustre un phénomène plus large : quand le militantisme s’empare du fact-checking, il le vide de sa substance méthodologique et le rend inopérant pour le débat public.</p><div id="citiz-3934512974" class="citiz-contenu citiz-entity-placement"><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-9064228701299411" crossorigin="anonymous"></script><ins class="adsbygoogle" style="display:block;" data-ad-client="ca-pub-9064228701299411" 
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<p>Précisons-le en préambule : ici et comme souvent dans nos colonnes, nous nous intéressons plus aux contenus qu&rsquo;aux contenants, esprit critique oblige. Ainsi dans notre affaire, nous ne citerons même pas les auteurs, mais il est intéressant de noter qu&rsquo;ils ont en commun un fort militantisme : l&rsquo;auteur de la chronique est un journaliste professionnel engagé, qui a ses bêtes noires notamment les industries pharmaceutique et agro-chimique. Les auteur principal du texte de blog sont deux cancérologue dont l&rsquo;un militant sur les réseaux sociaux.</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<h2 class="wp-block-heading">Quand l&rsquo;attaque lourde se fait passer abusivement pour droit de réponse </h2>



<p>Le droit de réponse, prévu par l’article 13 de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse, est un mécanisme judridique, précis et limité. Il permet à toute personne nommée ou désignée dans un écrit périodique de faire insérer une rectification courte, factuelle et non abusive, visant à rétablir des faits précis qui portent atteinte à son honneur ou à sa considération. La réponse doit être proportionnée à la mise en cause, polie, non injurieuse et ne pas attaquer des tiers. Le directeur de publication est tenu de l&rsquo;insérer à la même place et en mêmes caractères que l’article initial, sous peine d’amende et de dommages-intérêts. </p>



<p>La tribune publiée sur le site Atlantico, présentée comme telle est très longue, soit environ 2000 mots contre la chronique d&rsquo;opinion, un format court soit ici 875 mots. Elle est structurée en introduction, rejet du terme « backlash », description de quatre « inversions accusatoires » numérotées et d&rsquo;une conclusion morale. Rien ici n’entre dans les cases du droit de réponse. . D&rsquo;ailleurs, elle se ne rectifie pas des imputations factuelles nominatives ; elle construit une contre-démonstration offensive qui accuse explicitement le chronique attaquée de « caricature militante », de « glissement vers les intentions », de « fabrique de la peur » et de « récit totalisant ». Nul ne pourra douter ici qu&rsquo;il s&rsquo;agit de jugement.  <em>Le Monde</em> a donc refusé son insertion, ce qui est parfaitement conforme au cadre légal et éditorial : un journal n’est pas tenu d’ouvrir ses colonnes à une tribune contradictoire déguisée en droit de réponse, et encore moins sur un sujet d’opinion.</p>



<p>En maintenant l’étiquette « droit de réponse » malgré ce refus éclairant, le texte de blog adopte une stratégie de victimisation, d&rsquo;ailleurs exprimée avec colère et indignation sur les réseaux sociaux, qui vise à délégitimer le refus et à forcer une visibilité médiatique alternative.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Mobilisation sélective des données : cherry-picking et cadrage biaisé</h2>



<p>Ce qui est intéressant notamment, c&rsquo;est que la chronique et le texte de blog citent les mêmes estimations de Santé publique France sur des données 2015 : 41 % des cancers attribuables à des facteurs modifiables connus (tabac environ 20 %, alcool  environ 8 %, expositions professionnelles environ 3,6 %, pollution de l’air extérieur environ 0,4 %), et 59 % non attribués.</p>



<p>La chronique met l’accent sur ces 59 % comme une marge substantielle potentiellement liée à des expositions chroniques à bas bruit (néonicotinoïdes, perturbateurs endocriniens, PFAS), pour lesquelles les cohortes longitudinales font défaut , la biosurveillance des néonicotinoïdes n’ayant commencé qu’en 2025. Elle rappelle aussi le déclin marqué du tabagisme (fumeurs quotidiens de 28,7 % en 2015 à 18,4 % en 2024) et de l’alcool pour contester l’idée que ces facteurs suffiraient à expliquer les tendances récentes. </p>



<p>La tribune, elle, martèle ces pourcentages pour réduire la part résiduelle à du vieillissement (plus de six cancers sur dix après 65 ans), du hasard et des susceptibilités individuelles. On remarque qu&rsquo;elle omet de préciser que les 59 % « non attribués » datent d’une méthodologie qui, par construction, excluait les expositions chroniques mal documentées à l’époque. Cette sélection sélective des mêmes données, à savoir pondération maximale sur les facteurs quantifiés d’un côté, minimisation des incertitudes de l’autre, constitue un « cherry-picking » classique : les chiffres sont vrais, mais leur usage sert un cadrage idéologique préexistant plutôt qu’une analyse équilibrée.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le faux dilemme renforcé et le sophisme de la relativisation</h2>



<p>Les deux écrits construisent un faux dilemme symétrique.</p>



<p>La chronique insinue que recentrer le discours sur tabac et alcool revient à « agiter ces deux fléaux pour faire oublier tout le reste » et à servir la démolition des normes environnementales.</p>



<p>La tribune réplique que toute mise en avant des expositions chroniques « efface les ordres de grandeur » et favorise une relativisation dangereuse des comportements individuels. Or aucun des deux ne propose d’abandonner la lutte contre le tabac ou l’alcool. Les études mentionnées implicitement (comportements globalement plus protecteurs chez les consommateurs de produits bio en France, Allemagne et Danemark) contredisent même l’idée d’un effet de substitution négatif. En posant un choix binaire – hiérarchie stricte ou dilution des priorités –, chaque partie disqualifie l’adversaire sans démontrer l’incompatibilité réelle des approches. Ce sophisme transforme un débat sur la proportionnalité des actions en confrontation morale : science rigoureuse contre alarme irraisonnée, ou alerte légitime contre déni déguisé.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’inversion accusatoire miroir et la disqualification mutuelle</h2>



<p>La tribune reproche à la chronique de déplacer le débat « du terrain des faits vers celui des intentions », d’assimiler le sujet au climatoscepticisme et d’employer des étiquettes disqualifiantes (« mensonge au nom de la science », « marchands de peur »).</p>



<p>Pourtant, elle procède exactement de la même façon : accusation de « caricature militante », de « récit totalisant », de « fabrique de la peur » et de « glissement moral ».</p>



<p>Cette inversion accusatoire symétrique annule la portée de la critique initiale. En effet, quand les deux camps se renvoient les mêmes procédés avec la même virulence, le lecteur n’a plus de critère fiable pour distinguer l’analyse méthodique de la posture idéologique. Le débat s’enlise dans une boucle de défiance réciproque qui érode la confiance envers toutes les sources.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le populisme rhétorique paternaliste : appel à la raison contre la peur</h2>



<p>La tribune adopte un ton populiste empreint de paternalisme : elle se présente comme la voix de la « rigueur sans bord politique », appelle à refuser « l’affolement » et oppose la « prévention efficace » fondée sur la quantification à une mobilisation basée sur la peur. Cette posture qui consiste à se revendiquer de la modération et du rationalisme contre les alarmistes est efficace sur le plan émotionnel mais fallacieuse sur le fond : elle disqualifie toute alerte sur des expositions mal quantifiées comme intrinsèquement irrationnelle, sans proposer de protocole concret pour combler les lacunes, comme par exemple l&rsquo;extension massive de cohortes et la biosurveillance accélérée. Cette rhétorique populiste, qui joue sur l’opposition raison/peur, sert à clore le débat plutôt qu’à l’ouvrir sur des priorités opérationnelles.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une contre-offensive en miroir décuplé qui renforce la chronique dénoncée</h2>



<p>Loin de réfuter la thèse de la chronique, la tribune d’Atlantico la valide par sa forme même. </p>



<p>Le journaliste décrit le « cancer backlash » comme un discours qui, sous l’apparat de la science prudente, mélange omissions, sophismes et inversions accusatoires pour disqualifier les alertes environnementales et servir des intérêts anti-régulation. Or, l&rsquo;attaque en retour sur le blog accumule précisément ces mécanismes : cherry-picking sélectif, inversion miroir des accusations, disqualification morale symétrique, faux dilemme renforcé, et cadrage biaisé qui minimise les incertitudes chroniques pour justifier le statu quo. En voulant opposer la « rigueur » autoattribuée à la « peur », elle décuple les procédés qu’elle dénonce et fournit un exemple vivant de ce schéma. Ironiquement, cette contre-offensive renforce le diagnostic initial plutôt que de le contredire : elle montre comment un discours qui se veut rationnel peut, par sa propre rhétorique, confirmer les analogies avec le climatoscepticisme et les stratégies de dépolitisation de la pathologie.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Tentative de sortie de bulle numérique :  un effet de loupe sur les biais polarisés</h2>



<p>Ce pouvait rester une passe d’armes confinée à X (ex Twitter, où les biais se renforcent mutuellement par like et retweet) devient, une fois transposé en tribune, une démonstration grossissante des travers de ces bulles polarisées : écho-chambre qui amplifie les sophismes, double standard sur la « rigueur », disqualification systématique de l’autre camp, et illusion que répéter la même grille de lecture hors de la bulle étanche formés par les militants sur les réseaux sociaux, va lui donner force et crédibilité.  Au contraire, le passage au format « article » agit comme une loupe : les excès rhétoriques, les omissions sélectives et le populisme raison/peur deviennent flagrants, et finissent par renforcer la thèse initiale de la chronique du Monde plutôt que de la démonter. C’est un cas d’école : quand des militants de réseaux sociaux tentent de « sortir » leur bulle en forçant une tribune, ils ne gagnent pas en légitimité ; ils exposent simplement, en haute définition, les biais et les fermetures qui la caractérisent déjà sur leur microcosme protégé sur le réseau social.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le bashing comme tentative de bâillon</h2>



<p>La chronique du Monde, en nommant un phénomène « cancer backlash » sans pour autant désigner nommément ses promoteurs, a provoqué, sur la base de l&rsquo;attaque déguisée en droit de réponse, une réaction en chaîne qui s’apparente davantage à un bashing massif qu’à une réfutation argumentée. Ce qui devait être une critique d’un discours récurrent dans certains cercles s’est par la suite transformé, via l&rsquo;activation de la bulle militante sur X, en campagne coordonnée de disqualification personnelle visant le chroniqueur : accusations répétées de militantisme, de mensonge, de peur irrationnelle, de pseudo-science. La tentative répétée et indignée d’obtenir un « droit de réponse » n’est pas ici un exercice de rétablissement des faits ; c’est une volonté affichée d’avoir le dernier mot, de baillonner l’opinion divergente en écrasant sa visibilité et en la renvoyant systématiquement à du militantisme illégitime. Cette dynamique constitue une atteinte paradoxale à la liberté d’expression : on invoque la censure quand on est refusé, mais on pratique l’écrasement numérique quand on est coordonné dans sa bulle cognitive ; une opération de destruction de l’adversaire plutôt que de ses arguments, comme un aveu d&rsquo;une défaite sur le plan des idées et des faits.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le fact-checking militant tue le fact-checking</h2>



<p>La chronique du Monde et la tribune l&rsquo;attaquant montrent comment des données épidémiologiques solides peuvent être sélectionnées, pondérées et cadrées pour servir des récits antagonistes, chacun accusant l’autre des mêmes biais rhétoriques. Le résultat est une polarisation accrue, une érosion généralisée de la confiance envers les sources scientifiques et médiatiques, et un report indéfini des enjeux concrets : ici, production transparente de données longitudinales sur les expositions chroniques, hiérarchisation explicite et proportionnée des facteurs modifiables, politiques de prévention équilibrées. Appeler rigueur scientifique un bouclier rhétorique à base de contre-feu massif au service d’un camp ou d’un autre est  compréhension collective des causes du cancer continuera d’être sacrifiée à des postures militantes plutôt qu’éclairée par la science.</p>



<p><em>Image d&rsquo;en-tête : en-tête chronique en ligne Le Monde</em> (capture d&rsquo;écran)</p>



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		<title>Des médias à la non-médiation sur les réseaux sociaux : un cas pratique dans le domaine pharmaceutique</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Fabienne Blum]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 09 Feb 2026 17:33:33 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
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					<description><![CDATA[Le classique criblage de molécules, quand bien même assisté par l&#8217;IA, présenté comme la révolution du « médicament entièrement conçu par]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h3 class="wp-block-heading"><br>Le classique criblage de molécules, quand bien même assisté par l&rsquo;IA, présenté comme la révolution du « médicament entièrement conçu par l&rsquo;IA », est un très bon exemple de narratif biaisé déformé sur les réseaux sociaux. Comment l’absence de médiation scientifique dans ces espaces nourrit-elle la mésinformation et les croyances ?</h3>



<h2 class="wp-block-heading">Documentaire ou publireportage ?</h2>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p>Notre étude de cas consiste en l&rsquo;interprétation sur les réseaux sociaux d&rsquo;une <a href="https://www.youtube.com/watch?v=KyUDHnePu6M">vidéo institutionnelle</a> (2025) de la biotech <em>Insilico Medicine</em> publiée sur YouTube. Elle raconte l&rsquo;histoire de la naissance de l&rsquo;entreprise, dans un soi-disant « documentaire »<em>fait maison</em> qui s&rsquo;apparente plutôt au biopic cinématographique. La vidéo semble vouloir adopter le modèle de l&rsquo;histoire entrepreneuriale triomphale d&rsquo;étudiants visionnaires, comme celle de Steve Jobs et son Apple ou Mark Zuckerberg et son Facebook. Les images vintage des étudiants à la faculté sont peu a peu remplacées par des images high tech voire futuristes de robots industriels et d&rsquo;écrans où défilent des formules chimiques et des images tridimensionnelles de molécules, le tout dans une explosion colorée et une belle mise en scène ponctuées d&rsquo;interviews des leaders. On suit aussi nos stars jusque dans les rue de Hong-Kong ou de Shangai,&#8230;<br>Mais quel blockbuster la biotech Insilico Medicine a-t-elle commercialisé ? À ce jour, aucun. Pas même le moindre médicament enregistré par une autorité sanitaire dans le monde.</p><div id="citiz-1299926338" class="citiz-contenu citiz-entity-placement"><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-9064228701299411" crossorigin="anonymous"></script><ins class="adsbygoogle" style="display:block;" data-ad-client="ca-pub-9064228701299411" 
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</div>



<p><br>Ici, on raconte une histoire en devenir dont on espère l&rsquo;issue favorable et on fait preque comme si c&rsquo;était fait. il faut dire qu&rsquo;il y a beaucoup d&rsquo;argent à la clé, en premier lieu un gros besoin d&rsquo;investisseurs avec des levées de fond qui s&rsquo;enchaînent pour un projet lancé et certes prometteur.<br>L&rsquo;entreprise a développe une plateforme à grand renfort d&rsquo;IA avec l&rsquo;intention de <em>booster</em> la découverte de futurs médicaments. La vidéo met en avant la plateforme IA qui vante surtout l&rsquo;IA elle-même, faisant que les fondements de l&rsquo;outil restera une nébuleuse pour les novices, source de toutes les interprétations possibles. <br>La vidéo finit par vanter une molécule expérimentale en cours d&rsquo;évaluation issue de sa plateforme, le rentosertib, visant à traiter la fibrose pulmonaire idiopathique (FPI). La substance est en cours d&rsquo;essai clinique très précoce. Ce n&rsquo;est donc pas un médicament pour l&rsquo;heure et nul ne sait si elle le deviendra un jour, au mieux dans plusieurs années.<br>Pour raconter la <em>success story</em> cependant, on met fortement en avant les résultats préliminaires (chez quelques dizaines de patients) et l&rsquo;on fait comprendre, avec enthousiasme et renfort émotionnel que le produit expérimental fonctionne chez les patients. Cet aspect est problématique d&rsquo;un point de vue éthique voire réglementaire, car la vidéo ne peut susciter que de l&rsquo;admiration pour ce produit présenté comme tout simplement efficace, validant la fameuse plateforme IA, mais aussi la croyance d&rsquo;un « médicament  » livré prêt-à-l&#8217;emploi par l&rsquo;IA. <br><br>Cette vidéo doit être prise pour ce qu&rsquo;elle est : du marketing. Vendre ainsi l&rsquo;entreprise et sa plateforme technologique, qui le mérite, est compréhensible et enthousiasmant. En revanche, vendre la molécule expérimentale comme efficace à ce stade de son développement précoce l&rsquo;est beaucoup moins.</p>



<h2 class="wp-block-heading">De l&rsquo;interpréation biaisée de la science sur les réseaux sociaux</h2>



<p>Ce qui nous intéresse aujourd&rsquo;hui, c&rsquo;est comment le grand public accueille ce genre de communication.</p>



<p>Nous avons la chance d&rsquo;avoir aujourd&rsquo;hui un exemple concret très parlant sur X (ex Twitter), particulièrement révélateur de ce que le manque de littératie scientifique associé à l&rsquo;espace de non-médiation que sont les réseaux sociaux peuvent produire. Ici, il faut dire que l&rsquo;on parle d&rsquo;un domaine scientifique complexe qu&rsquo;est le développement pharmaceutique. Les experts en la matière n&rsquo;interviennent pas sur les réseaux sociaux, les médiateurs scientifiques ont déserté la place, aussi l&rsquo;espace donne-t-il libre cours à l&rsquo;interprétation sans contradiction, surtout quand on tombe dans le piège du story-telling présenté comme un documentaire. Les biais de confirmation et de sélection s&rsquo;invitant, le narratif qui en ressort est fort intéressant.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le mythe de la génération spontanée de médicaments par une IA </h2>



<p>Examinons donc le long <a href="https://x.com/lel_media/status/2020739420115107914">post</a> d&rsquo;interprétation de la vidéo de la biotech que nous avons identifié : pour résumer, on y annonce le « 1er médicament entièrement conçu par une IA ! », qui constitue une « bascule historique dans la médecine ». Le produit expérimental est appelé « médicament » et il soigne une maladie mortelle. Il n&rsquo;aurait fallu que 30 mois pour le voir administré à l&rsquo;homme, alors que « la procédure classique prend 10 à 15 ans », et en plus cela coûte très cher. On en conclut que « l&rsquo;IA peut créer des molécules validées cliniquement chez l&rsquo;humain »  vite et pour moins cher, et que le « médicament » pourrait être commercialisé « vers 2030 » soit dans trois à quatre ans.</p>



<p>On l&rsquo;a vu, il n&rsquo;y a pas de médicament tant qu&rsquo;il n&rsquo;est pas reconnu comme tel sur la base d&rsquo;un très gros dossier scientifique. Il faut dire que la vidéo est trompeuse, et on l&rsquo;a dit. Mais ce que l&rsquo;on voit ici aussi, c&rsquo;est une incompréhension des phases de R&amp;D des médicaments , leurs enjeux, leur temporalité. Et enfin, l y a cette fameuse plateforme IA qui a interprétée ici comme une IA quasi-autonome qui, toute seule, comme un grande, aurait conçu un médicament. Or cette plateforme utilise le processus habituel de sélection de molécules candidates à l&rsquo;expérimentation reste basé comme il l&rsquo;a toujours été sur nos connaissances socles dans différents domaines scientifiques.</p>



<h2 class="wp-block-heading">De la molécule au médicament : un siècle de continuité</h2>



<p>La découverte de médicaments, appelée dans le jargon « <em>Drug discovery</em> » repose depuis plus d’un siècle sur un schéma scientifique assez standardisé, hors bien sûr découvertes fortuites. Elle combine chimie médicinale, relations structure‑activité, pharmacologie entre autres,  et criblage systématique.<br>Dès la première moitié du XXᵉ siècle, les chercheurs synthétisaient des composés chimiques et les testaient in vitro et in vivo chez l&rsquo;animal. En cas d&rsquo;effets positifs alors seulement, un essai clinique (administration à l&rsquo;homme) était mené. Cette approche rigoureuse et séquentielle reste le fondement du développement pharmaceutique, même à l’ère de l’IA.<br>Les campagnes médiatiques récentes, notamment lors de la pandémie de Covid‑19, ont amplifié la croyance selon laquelle les médicaments sont souvent des découvertes fortuites à partir de produits naturels ou des repositionnement de molécules existantes, laissant dans l&rsquo;ombre les techniques standardisées de <em>Drug Discovery</em>. L’hydroxychloroquine et l’ivermectine sont ainsi devenues des symboles médiatiques porteurs de de cette idée : présentées comme des solutions rapides en raison de propriétés découvertes par hasard ou par repositionnement, ces molécules ont été promues sans validation scientifique robuste, générant confusion et débats polarisés. Le post que nous avons pointé reproduit en quelque sorte la même dynamique : la génération spontanée de médicaments avant même l&rsquo;essentiel du développement, les phases cliniques longues réalisées avec succès, jusqu&rsquo;au bout. C&rsquo;est un peu comme si l&rsquo;IA était une génération high-tech du Professeur Raoult. <br>Cette méconnaissance historique et technique alimente les fantasmes sur la création des nouveaux médicaments. En réalité, le criblage ou « <em>screening</em>« , la sélection de molécules susceptibles d&rsquo;être testées s&rsquo;automatise de plus en plus au fil du temps. L&rsquo;IA est certes un accélérateur comme dans tous domaines, mais ici pas un changement de paradigme. La plateforme créée par la biotech est constituée de modules de base sur les domaines scientifiques socles précités, l&rsquo;IA générative favorisant leur interaction rapide et approfondie. <br>La plateforme permet de proposer et d&rsquo;optimiser des molécules, mais ne crée pas un médicament. Celui-ci nécessite encore et toujours un développement clinique classique impliquant chimistes, biologistes, statisticiens, méthodologistes, cliniciens, éthiciens, pour de très longues études chez beaucoup de patients. Et c&rsquo;est cela qui est long et cher&#8230; c&rsquo;est là que sont essentiellement les « 10 à 15 ans » évoqué par le post X de l&rsquo; internaute qui interprète la vidéo maison d&rsquo;Insilico Medicine.<br>La réalité est donc que le véritable apport de l’IA réside dans l’accélération de certaines étapes de génération de molécules dont on pense qu&rsquo;elles pourraient avoir un potentiel thérapeutique. C&rsquo;est ce que fait l&rsquo;IA dans de nombreux domaines aujourd&rsquo;hui : accélérer les processus.<br></p>



<h2 class="wp-block-heading">Rentosertib : une molécule candidate au devenir incertain</h2>



<p>Cette molécule développée par la plateforme générative d’Insilico Medicine cible une fibrose pulmonaire prgressive. Elle appartient à la classe des inhibiteurs sélectifs de kinases, une classe pharmacologique bien connue avec des médicaments d&rsquo;ores et déjà commercialisés. La molécule a été validée sur des modèles cellulaires humains et animaux, montrant une inhibition de la transition FMT/EMT et une amélioration fonctionnelle des poumons chez des souris modèles de fibrose.<br>Les essais cliniques à ce stade incluent deux études de phase 1 visant à évaluer la sécurité et la tolérance, et une phase 2a évaluant l’efficacité préliminaire et la sécurité d&#8217;emploi. La phase 3, le gros morceau le plus long et le plus coûteux, décisif n’est pas lancé, ni même validé par les autorités sanitaires.</p>



<p>Parlons des délais et jalons du développement clinique. Atteindre la phase 2 comme ici pour le rentosertib peut susciter des espoirs incertains, rien de plus. Seuls 20 % des candidats au titre de médicament à ce stade franchiront le cap par la suite&#8230;. cela donne une idée de la raison pour laquelle il ne faut jamais parler de médicament en phase précoce, d&rsquo;autant que pour le rentosertib, le signal d&rsquo;efficacité est limité (un paramètre clinique parmi d&rsquo;autres, sur une durée d&rsquo;étude relativement courte puisqu&rsquo;on qu&rsquo;on l&rsquo;évalue dans une maladie chronique et progressive).</p>



<p></p>



<h2 class="wp-block-heading">Les recettes de la mésinformation en santé ne changent pas</h2>



<p>Les réseaux sociaux, espaces de liberté d&rsquo;expression mais aussi bulles cognitives d&rsquo;auto-validation et de polarisation, sont également désertés, en matière de sciences médico-pharmaceutiques, par les experts en la matière capables de faire la différence entre l&rsquo;information scientifique et le discours marketing. En l&rsquo;absence de vulgarisateurs et de médiateurs, le vide est rempli facilement par les discours sensationnalistes qui interprètent et amplifient des narratifs vendeurs, au grand détriment de l&rsquo;intégrité de l&rsquo;information scientifique. Dans notre étude de cas, nous avons vu comment une narration techno‑entousiaste méconnaissante d&rsquo;une matière scientifique complexe, transforme l’IA en agent quasi-autonome capable de sauver des vies, sans contextualiser le rôle fondamental des chercheurs humains, les fondements de la R&amp;D clinique, ni les risques et limites expérimentales. La progression de la molécule est construite comme une histoire héroïque et linéaire, où chaque étape est un succès spectaculaire. En science, fantasmes et mythes ont la vie facile, créant un terrain propice à la propagation de récits erronés ou trompeurs. Là aussi l&rsquo;IA pourrait en être un facilitateur, voire un catalyseur à divers titres.</p>



<p></p>



<p><em>Illustration d&rsquo;en-tête : Andrea pour Science infused</em></p>



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		<title>Musée d&#8217;Orsay : « Un soir avec les impressionnistes Paris 1874 » : une immersion virtuelle saisissante</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Lou Serena]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 05 May 2024 13:27:46 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Arts]]></category>
		<category><![CDATA[Biais cognitifs]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
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		<category><![CDATA[Réalité virtuelle]]></category>
		<category><![CDATA[Technologie]]></category>
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					<description><![CDATA[Ambiances, couleurs et émotions sont au rendez-vous au cœur de la première exposition impressionniste en compagnie de ses peintres pionniers]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading">Ambiances, couleurs et émotions sont au rendez-vous au cœur de la première exposition impressionniste en compagnie de ses peintres pionniers du mouvement. Courez-y.</h2>



<p>L’expérience est tout d’abord assez déroutante et surprenante, surtout dans le cadre d’une première expérience en réalité virtuelle, car on est littéralement plongé dans un autre univers d&rsquo;un clic de l&rsquo;opérateur des casques de réalité virtuelle arrimés à nos têtes. On ne voit plus la réalité du monde qui nous entoure, puisqu&rsquo;elle est comme effacée pour être réinventée, avec un introduction notre téléportation instantanée dans une rue de Paris fin XIX siècle riche en couleurs et animations. Ce n’est pas simplement des éléments imaginaires ajoutés à un décor existant, c&rsquo;est une construction totale d’une nouvelle réalité via le virtuel.</p><div id="citiz-3751956695" class="citiz-contenu citiz-entity-placement"><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-9064228701299411" crossorigin="anonymous"></script><ins class="adsbygoogle" style="display:block;" data-ad-client="ca-pub-9064228701299411" 
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<h2 class="wp-block-heading">Vivre un événement historique, guidé par un personnage fictif à nos côtés</h2>



<p>C’est aussi une <em>histoire </em>à laquelle nous prenons part, dont le scénario vraie se déroule (ou plutôt, se joue à nouveau) à Paris, en 1874, devant nos yeux émerveillés. En effet, nous sommes en fait invités à suivre son cours comme si nous avions utilisé le « <em>retourneur de temps</em> » d’Harry Potter, nous transformant à la fois en spectateurs et acteurs de l’ombre pour explorer le passé.</p>



<p>Nous ne sommes cependant pas tout à fait invisibles, puisqu&rsquo;un personnage fictif d&rsquo;époque ou « <em>PNJ </em>» comme on pourrait les appeler en faisant un parallèle logique avec les jeux vidéo, une femme élégante vêtue d&rsquo;une robe bleue, d&rsquo;un chapeau et d&rsquo;une ombrelle, mène la visite et nous parle directement, donnant  l&rsquo;impression d&rsquo;un tête-à-tête troublant, intimité suggérée par des impressions de regards qui ne semblent dédiées qu&rsquo;à nous et sur le ton de la confidence. Elle nous entraîne sur ses pas, aidée de temps à autre par des marquages lumineux éphémères de périmètres au sol, tout au long de cette aventure qui s’apparente à une agréable promenade très riche en émotions Car nous sommes bien en mouvement, nous marchons individuellement et librement ou presque, nous retournons, avançons attirés par tel ou tel détail du décor virtuel, explorons les lieux virtuels, acteurs de nos déplacements. Cette <em>liberté</em> octroyée intensifie la magie du moment.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><a href="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2024/05/image-4.png"><img loading="lazy" decoding="async" width="539" height="356" src="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2024/05/image-4.png" alt="" class="wp-image-14678" srcset="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2024/05/image-4.png 539w, https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2024/05/image-4-300x198.png 300w" sizes="auto, (max-width: 539px) 100vw, 539px" /></a><figcaption class="wp-element-caption"><em>Dans les rue de Paris, 15 avril 1874 &#8211; @2024, Excurio</em>  GEDEON Experiences- Au centre, notre guide de visite virtuelle</figcaption></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Techniques de cohabitation des réalités physique et virtuelle</h2>



<p>L&rsquo;expérience a lieu sous forme de sessions d&rsquo;une vingtaine de personnes, que nous ne verrons que brièvement au moment de la distribution réelles autour de nous, elles sont désormais représentées par des silhouettes fantomatiques, des sortes de <em>bonhommes blancs-clones</em> qui renforcent l’impression d’être ailleurs, plongé dans un univers parallèle. La seule façon de reconnaître ses proches : lire le nom indiqué au-dessus de leur tête, noms soigneusement collectés par les organisateurs lors de la distribution des casques. Ces noms sont en fait, avec les murs réels qui si on s&rsquo;y cogne, apparaissent comme un grillage lumineux, le seul élément qui nous rattache à la réalité, nous rassurant face à cette petite voix dans notre tête qui peut potentiellement nous rappeler qu’en fait, nous n’avons aucune idée d’où nous nous trouvons dans l&rsquo;espace réel de l&rsquo;exposition: en effet nous n’avons même pas vu la salle dans laquelle se déroule l’expérience.</p>



<p>Malgré quelques incidents (risque de collision avec d’autres personnes possible, à très faible vitesse car nous ne faisons que marcher lentement et stationner, alternativement), l’organisation des déplacements est solide, permettant une immersion quasi-totale. On s’imagine d’ailleurs à un lieu pour cette expérience relativement grand au vu de la liberté de mouvements que nous avons malgré la taille du groupe présent qui n’est pas moindre, et la durée de 45 minutes de la session où nous ne cessons de nous déplacer.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="Un soir avec les Impressionnistes Paris 1874 - Trailer" width="800" height="450" src="https://www.youtube.com/embed/RVYBxgHqnVI?start=1&#038;feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">L&rsquo;expérience virtuelle à 100 % sans la distraction du réel</h2>



<p>Tout est question de perception et on se concentre alors sur sa vue et sur son ouïe, sens qui sont comme amplifiés du fait que l’on n’a plus accès aux autres, et surtout puisqu’aucune distraction n’est désormais possible (on ne voit même pas sa propre main donc une utilisation du téléphone ou de tout autre chose serait encore moins envisageable). À l’ère où tout est question de s’organiser pour capturer un moment plaisant (concert, voyage, visite…), ce qui nous distrait malgré nous, on est ici invité à profiter pleinement du moment présent qui n’existe que « <em>dans nos yeux</em> » grâce à la technologie et cet instant avec soi-même. Il ne reste alors qu’à observer et ressentir sans aucune autre préoccupation.</p>



<p>Le cerveau est bel et bien dupé par cette construction de la réalité, ce que l’on constate lorsqu’il y a par exemple une marche de ponton à descendre : cela provoque une sorte de « bug » interne, car étant sur un terrain plat dans la réalité, on se met alors à être réticent à l’idée de descendre cette marche, qui n’existe pourtant pas (ou encore, quand nous montons les toits étriqués de Paris et n’osons pas poser le pied sur une zone de « <em>vide</em> »).</p>



<h2 class="wp-block-heading">Décors à explorer</h2>



<p>On est transporté dans différents décors très diversifiés de l’ancien Paris typique de la fin du 19e siècle (cadre intimiste dans un <em>appartement-atelier</em> d’artiste &#8211; celui du peintre Bazille, luxueux pour la 1ère exposition impressionniste, musée, ou encore sous le soleil en plein milieu d’une place animée de passants et de calèches tirées par des chevaux…) – mais aussi ailleurs : à une guinguette, en bord de mer (Le Havre), sur une falaise (Étretat), sur une île (La Grenouillère) dans une ambiance toujours dynamique, emplie de charme et de détails. Nous l&rsquo;avons compris, ou reconnu en fonction du degré de notre érudition en matière d&rsquo;œuvres impressionnistes : cette immersion virtuelle nous plonge au cœur de célèbres tableaux aux couleurs chatoyantes, et cela nous transperce littéralement. </p>



<h2 class="wp-block-heading">Émotions et Histoire</h2>



<p>L’expression « <em>en avoir plein la vue</em> » prend ici tout son sens : les paysages sont de toute beauté, presque <em>oniriques</em>, avec des couleurs et lumières magnifiques sur lesquelles les créateurs du concept semblent jouer pour ajouter une dimension poétique à l’histoire, nous plongeant dans les codes de l’impressionnisme même). On se retrouve aussi bien en pleine journée (par exemple, moment avec les baigneurs sur une île dans une ambiance champêtre) qu’en pleine <em>golden hour</em> sous un impressionnant lever de soleil en bord de mer. Et la « <em>scène </em>» finale qui clôt l’<em>expédition</em> en apothéose se déroule dans la douceur nocturne parisienne, sur ses toits devant un <em>spectacle coloré </em>(pour ne pas spoiler).</p>



<p>Au-delà de l’aspect visuel, la portée historique est riche, nous permettant de découvrir via des reconstructions sans doute très authentiques, les lieux ayant marqué les débuts de l’impressionnisme ainsi que les figures les plus emblématiques du mouvement, telles que Renoir, Monet, Cézanne, ou Bazille. Le scénario nous embarque dans la genèse de sa création par les artistes qui l’ont bouleversé, et que nous pouvons alors en quelque sorte rencontrer (au début, dans l’atelier avec une exposition à l’ambiance de fête), puis dont nous pouvons suivre les aventures et leurs riches conversations dans des lieux qu’ils affectionnaient particulièrement, allant jusqu’à les peindre en direct devant nous afin que nous puissions <em>(re)découvrir</em> leurs œuvres marquantes, si tant est que nous ne les avons pas reconnues en s&rsquo;y promenant virtuellement et en 3D.  Dans tous les cas, on en ressort bouleversé.</p>



<p></p>



<h2 class="wp-block-heading">La VR, must éducatif</h2>



<p>Ainsi, la technologie nous permet (presque) d’oublier qu’elle est là. La puissance de l’esthétique est mise au service d’une documentation admirable. Nous pouvons, individuellement, nous déplacer dans les recoins d&rsquo;intérêt du décor virtuel, nous éloigner de notre accompagnatrice fictive, dévisager les peintres et suivre leurs conversations ou préférer jeter un coup d&rsquo;œil par les fenêtres virtuelles qui nous plongent dans le Paris d&rsquo;antan.<br>On peut donc dire que le cocktail original « <em>Histoire de l’Art et réalité virtuelle </em>» au service du <em>Beau</em> (dans les sens artistique et esthétique du terme) est réussi. Malgré un « <em>graphisme</em> » qui reste encore perfectible concernant surtout les personnages et leurs visages, il est tout de même intéressant de noter à quel point la technologie parvient à tromper le cerveau et à créer des réactions physiques, comme la réticence à descendre une marche virtuelle. On en ressort avec une meilleure compréhension de l’impressionnisme, et plein d’émotions grâce à l’expérience immersive : la VR, c’est comme le luxe de l’éducation à l’Histoire de l’Art&nbsp;!</p>



<p>Alors, prêts à abandonner la toile pour vous engouffrer dans les toiles des maîtres impressionnistes ? Une expérience de machine virtuelle à remonter le temps aussi instructive que chargée d&rsquo;art et d&rsquo;émotion. On n&rsquo;en ressort pas indemne&#8230; À ne pas rater !</p>



<figure class="wp-block-image aligncenter size-full is-resized"><a href="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2024/05/image-5.png"><img loading="lazy" decoding="async" width="470" height="634" src="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2024/05/image-5.png" alt="" class="wp-image-14683" style="width:568px;height:auto" srcset="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2024/05/image-5.png 470w, https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2024/05/image-5-222x300.png 222w" sizes="auto, (max-width: 470px) 100vw, 470px" /></a><figcaption class="wp-element-caption"><em>Frédéric Bazille, peinture de Pierre Auguste Renoir &#8211; Huile sur toile, 1867 &#8211; Musée d&rsquo;Orsay</em> (photo de l&rsquo;auteur)</figcaption></figure>



<p></p>



<p><strong><em>Musée d&rsquo;Orsay, Paris, jusqu&rsquo;au 11 août 2024</em></strong></p>



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		<title>Thomas Pesquet recadre Idriss Aberkane et autres complotistes pourvoyeurs de désinformation</title>
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		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 31 Aug 2022 19:07:51 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Sur Twitter, l&#8217;astronaute français a vivement réagi à une publication de « l&#8217;hyperdoctor » à propos des voyages sur la lune C&#8217;était]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading">Sur Twitter, l&rsquo;astronaute français a vivement réagi à une publication de « l&rsquo;hyperdoctor » à propos des voyages sur la lune</h2>



<p>C&rsquo;était hier soir tard, à propos de la mission Artemis vers la lune dont la première étape, un vol de fusée sans humains dont le décollage, retardé, doit avoir lieu samedi en Floride.<br>Thomas Pesquet avait expliqué dans le cadre d&rsquo;un reportage sur France 2 que la mission spatiale pour son volet III prévu en 2025, embarquant cette fois-ci des astronautes, avait pour objectif de les emmener en orbite large autour de la lune soit à 40 000 miles de l&rsquo;astre lunaire c&rsquo;est-à-dire 65 000 km. Et donc bien plus loin de la Terre que jamais puisque la mission Apollo 13 a emmené ses astronautes à une distance maximale de la lune d&rsquo;environ 250 km.</p><div id="citiz-3182172643" class="citiz-contenu citiz-entity-placement"><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-9064228701299411" crossorigin="anonymous"></script><ins class="adsbygoogle" style="display:block;" data-ad-client="ca-pub-9064228701299411" 
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</div>



<p>Mais Idriss Aberkane a tronqué le message de Thomas Pesquet, pratiquant ainsi un bon « cherry-picking » déformant le sens des propos de l&rsquo;astronaute :</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-rich is-provider-twitter wp-block-embed-twitter"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="twitter-tweet" data-width="550" data-dnt="true"><p lang="fr" dir="ltr">Bon alors je suis consterné, moi aussi j’ai voulu y croire mais la vidéo de Thomas Pesquet qui se demande en parlant de la Lune « est-ce que c’est humainement possible d’aller là-bas ? » n’était PAS un fake, il a bien dit ça au JT.</p>&mdash; Idriss J. Aberkane Ph.D, Ph.D &amp; Ph.D (@idrissaberkane) <a href="https://twitter.com/idrissaberkane/status/1564730911643549697?ref_src=twsrc%5Etfw">August 30, 2022</a></blockquote><script async src="https://platform.twitter.com/widgets.js" charset="utf-8"></script>
</div></figure>



<p>L' »hyperdoctor » « soldat-docteur », comme il se qualifie lui-même, a mis en émoi ses fans portés sur le complotisme qu&rsquo;il pratique et exploite auprès d&rsquo;eux. Dès le début la crise sanitaire, Aberkane s&rsquo;est en effet rangé en soutien indéfectible de Didier Raoult, défendant son hydroxychloroquine en jouant les experts médico-pharmaceutiques, colportant par la suite tout le complotisme lié à Big Pharma, les vaccins, et bien plus encore.</p>



<p>Il faut dire que l&rsquo;opportunité, pour un surfeur de vague tel que lui, était immense : la mission Apollo qui a permis à des astronautes américains de marcher sur la lune, est une star des théories complotistes avec la thèse selon laquelle cette mission n&rsquo;a jamais eu lieu, ou en tout cas n&rsquo;aurait pas permis à des hommes de poser le pied sur notre satellite naturel : les images filmées de cette prouesse historique seraient un film créé en studio.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2022/08/image-39.png"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2022/08/image-39.png" alt="" class="wp-image-8176" width="807" height="1056" srcset="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2022/08/image-39.png 654w, https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2022/08/image-39-229x300.png 229w" sizes="auto, (max-width: 807px) 100vw, 807px" /></a><figcaption><em><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Buzz_Aldrin">Buzz Aldrin</a>&nbsp;et&nbsp;<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Neil_Armstrong">Neil Armstrong</a>&nbsp;s&rsquo;entraînent dans un décor lunaire de la NASA. Les tenants des rumeurs estiment que la mission entière a été filmée dans des décors tels que celui-ci. Source : Wikipédia</em></figcaption></figure>



<p>Thomas Pesquet, consterné et en colère, a réagi avec une longue série de tweets en milieu d&rsquo;après midi aujourd&rsquo;hui :</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-rich is-provider-twitter wp-block-embed-twitter"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="twitter-tweet" data-width="550" data-dnt="true"><p lang="fr" dir="ltr">Mais pourquoi doit-on perdre un temps précieux avec ça une fois de plus : bien sûr que oui, l’humain est allé sur la lune pendant les missions Apollo. Et on va y retourner.</p>&mdash; Thomas Pesquet (@Thom_astro) <a href="https://twitter.com/Thom_astro/status/1564977547028451335?ref_src=twsrc%5Etfw">August 31, 2022</a></blockquote><script async src="https://platform.twitter.com/widgets.js" charset="utf-8"></script>
</div></figure>



<p>Sa déclaration dénonce le business des exploiteurs de crédulité, désinformateurs et pourvoyeurs de théories du complot, dans une déclaration que nous souhaitons reproduire dans son intégralité.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La déclaration de Thomas Pesquet sur Twitter</h2>



<p><em>« Mais pourquoi doit-on perdre un temps précieux avec ça une fois de plus : bien sûr que oui, l’humain est allé sur la lune pendant les missions Apollo. Et on va y retourner.</em><br><em>Et oui peu importent mes émotions mais ça me fait de la peine, après tout ce que j’ai fait depuis 10 ans, mes deux missions, les milliers d’heures de boulot en plus pour les partager et expliquer la science et la technologie, d’avoir à faire ce tweet aujourd’hui. </em></p>



<p><em>Ça m’inquiète aussi énormément de voir à quel point certains s’amusent à brouiller la vérité et d’autres se font avoir. Sérieux posez-vous la question : qui y gagne à tout ça ?</em><br><em>Pas la NASA non, mais les manipulateurs qui vous racontent que tout est faux. t non on ne va pas démontrer ici que les alunissages ont bien eu lieu, parce que ça a déjà été fait des MILLIONS de fois, c’est partout sur le web, et les mecs n’écoutent pas de toute façon, ils parlent de vérité mais choisissent des trucs qui les arrangent et ignorent le reste. En vrai ca me saoule d’écrire tout ca. </em><br><em>Ça ne devrait pas et je devrais être plus patient, mais c’est rageant. Les mecs qui vous disent «&nbsp;on vous ment, regardez, la vérité est ici, moi je ne vous mens pas, bien sûr&nbsp;», ça ne paraît pas un peu facile ? Ils ont tout à y gagner. Et surtout ça nie tout le (vrai) boulot incroyable que des milliers de gens font dans le monde pour les missions spatiales (entre autres). Ils/elles méritent mieux que ça. Et on ne parle même pas des gens qui ont en plus risqué leur vie pour ces missions…</em></p>



<p><em>Parce que oui à côté, tu as ceux qui font le boulot, qui inventent, qui construisent, qui travaillent tous les jours pour mettre, par exemple, une fusée incroyablement complexe en position de remplir sa mission. C’est beau, c’est positif, c’est utile. Mais c’est HYPER difficile. Alors qu’il n’y a rien de plus facile pour un type que d’arriver planqué derrière son clavier et de raconter des trucs parce que ça l’arrange que vous l’écoutiez. Ça ne demande pas vraiment d’effort. Alors en vrai faites attention, je sais que les mecs font en sorte que ça ait l’air vrai. Ils critiquent les vrais scientifiques, mais ils se bardent de diplômes (souvent faux) pour vous impressionner. </em></p>



<p><em>Il y a d’un côté des gens qui expliquent les choses pour de vrai, comme Jamy Gourmaud et des centaines d’autres, et de l’autre des gens qui essaient juste de créer du chaos en ayant l’air d’expliquer. Il faut voir la différence dans les intentions et dans les méthodes.</em></p>



<p><em>Si vous êtes pris là-dedans de bonne foi, ça arrive : sortez de Twitter et essayez par exemple de trouver l’info dans les livres. C’est plus sûr. Bref c’est tout sur ce sujet parce que c’est pas mon domaine et j’ai plein de boulot. On va retourner passer tout notre temps et toute notre énergie pour faire en sorte que des trucs comme l’ISS et Artemis arrivent, parce que c’est bien pour l’humanité. N’en déplaise à certains.</em></p>



<p><em>Rendez-vous sur la lune dans quelques années.<strong>« </strong></em></p>



<p></p>



<p>Idriss Aberkane a pourtant envie d&rsquo;avoir le dernier mot, il insiste encore à l&rsquo;heure où nous écrivons ces lignes :</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-rich is-provider-twitter wp-block-embed-twitter"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="twitter-tweet" data-width="550" data-dnt="true"><p lang="fr" dir="ltr">Incroyable de devoir rappeler cette évidence : <br><br>En 2022, se demander publiquement s’il est « humainement possible d’aller sur la Lune » alors qu’on y est allés en 1969… c’est consternant. Sorry not sorry.</p>&mdash; Idriss J. Aberkane Ph.D, Ph.D &amp; Ph.D (@idrissaberkane) <a href="https://twitter.com/idrissaberkane/status/1565024610378301455?ref_src=twsrc%5Etfw">August 31, 2022</a></blockquote><script async src="https://platform.twitter.com/widgets.js" charset="utf-8"></script>
</div></figure>



<p>Et à l&rsquo;évidence, tente de rattraper son surf de vague sur le complotisme à propos de la réalité de la mission humaines réalisées sur la lune en 1969. Oui, comme il l&rsquo;indique, c&rsquo;est consternant.<br>On est consterné par sa tentative d&rsquo;acrobatie médiatique, comme une cerise sur le gâteau.<br><br>Merci toutefois à Thomas Pesquet pour sa réaction à chaud, sincère et accessible au public, qui nous l&rsquo;espérons, pourra grâce à la popularité de notre astronaute national, être utile pour sensibiliser aux commerces infâmes de la désinformation et du complotisme.</p>



<p><em>Science infuse&nbsp;est un service de presse en ligne agréé (n° 0324 x 94873) piloté par&nbsp;Citizen4Science, association à but non lucratif d’information et de médiation scientifique.<br>Notre média dépend entièrement de ses lecteur pour continuer à informer, analyser, avec un angle souvent différent car farouchement indépendant. Pour nous soutenir, et soutenir la presse indépendante et sa pluralité, faites un don pour que notre section presse reste d’accès gratuit, et abonnez-vous à la newsletter gratuite également&nbsp;!.</em></p>



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<p><a href="https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC4665175/"></a></p>
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			</item>
		<item>
		<title>L&#8217;histoire de fantômes d&#8217;une personne sceptique</title>
		<link>https://citizen4science.org/lhistoire-de-fantomes-dune-personne-sceptique/</link>
					<comments>https://citizen4science.org/lhistoire-de-fantomes-dune-personne-sceptique/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 18 Jul 2022 10:19:03 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Biais cognitifs]]></category>
		<category><![CDATA[Esprit critique]]></category>
		<category><![CDATA[hallucinations]]></category>
		<category><![CDATA[Psychologie]]></category>
		<category><![CDATA[Science]]></category>
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					<description><![CDATA[par Melanie Trecek-King et traduit par Citizen4Science, issu de son site internet anglophone Thinking is Power dédié à la pensée]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<div class="wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-28f84493 wp-block-columns-is-layout-flex">
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<figure class="wp-block-image aligncenter size-large is-resized"><a href="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2021/09/image-43.png"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2021/09/image-43.png" alt="" class="wp-image-2583" width="105" height="79"/></a></figure>
</div>



<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow" style="flex-basis:66.66%">
<p><em>par <a href="https://citizen4science.org/melanie-trecek-king">Melanie Trecek-King </a>et traduit par Citizen4Science, issu de son site internet anglophone <a href="https://thinkingispower.com/">Thinking is Power</a> dédié à la pensée critique pour le grand public sur de nombreux aspects. Parcourez le blog pour retrouver de nombreuses productions de Melanie en version française sur le site de C4S.</em></p>
</div>
</div>



<h2 class="wp-block-heading"><em>La chasse aux fantômes à l&rsquo;aide de la science et du scepticisme</em></h2>



<h3 class="wp-block-heading">Le laboratoire hanté</h3>



<p>Le personnel du laboratoire savait que le laboratoire était hanté. L&rsquo;atmosphère autour de l&rsquo;endroit était… troublante. Les travailleurs du vieux bâtiment grinçant ont décrit quelque chose qui les regardait par-dessus leurs épaules et qui leur donnait des sueurs froides. Et tôt un matin récent, une femme de ménage est sortie en courant du bâtiment et a donné son préavis après avoir ressenti un sentiment d&rsquo;effroi et vu une silhouette grise du coin de l&rsquo;œil.</p><div id="citiz-2642893630" class="citiz-contenu citiz-entity-placement"><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-9064228701299411" crossorigin="anonymous"></script><ins class="adsbygoogle" style="display:block;" data-ad-client="ca-pub-9064228701299411" 
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</div>



<p>Mais l&rsquo;ingénieur Vic Tandy était sceptique.</p>



<p>Pourtant, tard dans la soirée, alors qu&rsquo;il travaillait seul dans le laboratoire de l&rsquo;université, la silhouette grise est venue le chercher.</p>



<p>Il était assis à son bureau, en train d&rsquo;écrire, mais il était de plus en plus mal à l&rsquo;aise. Il transpirait, mais il y avait un froid dans la pièce… et il avait un sentiment notable de dépression.</p>



<p>Tandy n&rsquo;était pas seul. Il pouvait sentir que quelqu&rsquo;un d&rsquo;autre était dans la pièce, et l&rsquo;observait. Les poils de sa nuque se sont hérissés.</p>



<p>Du coin de l&rsquo;œil, il a vu l&rsquo;apparition grise. Elle se trouvait entre lui et la porte, alors il a décidé de lui faire face directement. Mais quand il a tourné la tête, elle a disparu.</p>



<p>Terrifié, il est rentré chez lui.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Pourquio voit-on des fantômes ?</h3>



<p>Personnellement j&rsquo;adore les bonnes histoire de fantômes ! Bien sûr, certaines sont probablement des mensonges ou des <a href="https://www.youtube.com/watch?v=BIKqI0B6D-A">canulars,</a> mais beaucoup impliquent des expériences qui sont honnêtement difficiles à expliquer.</p>



<p>La question est la suivante : les fantômes sont-ils réels ?</p>



<p><a href="https://today.yougov.com/topics/lifestyle/articles-reports/2019/10/21/paranormal-beliefs-ghosts-demons-poll">Près de la moitié des Américains</a> croient aux fantômes. Et beaucoup rapportent personnellement avoir senti, vu ou même communiqué avec des spectres. (Moi y compris… j&rsquo;y reviendrai dans un instant.)</p>



<p>En tant que <strong>sceptiques</strong>, nous devons être ouverts à toutes les affirmations, y compris celles concernant les fantômes. Mais nous devons également proportionner nos croyances aux preuves. Les fantômes sont une affirmation extraordinaire, et les affirmations extraordinaires nécessitent des preuves extraordinaires.</p>



<p>Explorons donc les preuves de l&rsquo;existence des fantômes en faisant appel à la science, au scepticisme et à l&rsquo;esprit critique.</p>



<p>[En line : <a href="https://citizen4science.org/apprenez-a-devenir-medium-grace-a-ces-sept-astuces/">Apprenez à devenir médium grâce à ces astuces</a>].</p>



<h3 class="wp-block-heading">Nos cerveaux trouvent des modèles et supposent une intention</h3>



<p>Nos cerveaux sont des machines à détecter les formes. Imaginez être un humain préhistorique dans les plaines d&rsquo;Afrique. Ce bruissement dans l&rsquo;herbe est-il dû au vent ou à un prédateur ? Si vous pensez que c&rsquo;est le vent mais que c&rsquo;est un prédateur… vous êtes mort. Vous aviez plus de chances de survivre si vous pensiez que c&rsquo;était un prédateur même si c&rsquo;était juste le vent.</p>



<p>Le fait est que nous sommes les descendants de ceux qui ont supposé que tous les modèles étaient réels et le résultat d&rsquo;actions intentionnelles.</p>



<p>Certains modèles sont réels, bien sûr, et il est important d&rsquo;être capable de les identifier. Mais nous sommes si doués pour trouver des modèles que nous les percevons partout. Cette tendance à voir des modèles dans des stimuli aléatoires, ou <a href="https://www.bbc.com/news/magazine-22686500">paréidolie</a>, est une fonction naturelle du cerveau humain, mais elle peut avoir des conséquences intéressantes. Nous voyons des visages sur des fromages grillés. Nous dessinons des constellations dans les étoiles. Nous faisons le lien entre nos chaussettes porte-bonheur et le fait de gagner le match. Nous entendons des messages sataniques dans la musique rock jouée à l&rsquo;envers.</p>



<p>Plus encore, nous attribuons ces faux modèles à tout, des dieux aux anges en passant par les fantômes. Et <a href="https://psmag.com/social-justice/believe-ghosts-youll-see-ghost-69599">plus vous croyez</a> au paranormal, plus vous êtes susceptible de penser que l&rsquo;ombre brumeuse que vous voyez est un corps fantôme ou que le bruit aléatoire que vous venez d&rsquo;entendre est le son d&rsquo;une voix d&rsquo;un autre monde.</p>



<p>Comme le dit Michael Shermer, « <a href="https://www.scientificamerican.com/article/skeptic-agenticity/">Nous sommes des surnaturalistes nés</a>« .</p>



<p></p>



<figure class="wp-block-image aligncenter size-full is-resized"><a href="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2022/07/image-68.png"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2022/07/image-68.png" alt="" class="wp-image-7801" width="793" height="449" srcset="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2022/07/image-68.png 728w, https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2022/07/image-68-300x170.png 300w" sizes="auto, (max-width: 793px) 100vw, 793px" /></a><figcaption>Photo du Visage de Mars en 1976, et une image plus récente avec  une caméra à haute résolution<br>(crédit image : NASA, issu de : <a href="https://www.bbc.com/news/magazine-22686500">BBC</a>)</figcaption></figure>



<h3 class="wp-block-heading">Nos expériences ne sont pas aussi fiables que nous le pensons</h3>



<p>Beaucoup de gens supposent que les expériences personnelles sont les meilleures preuves. On dit qu&rsquo;on « croira quand on le verra ».</p>



<p>Le problème est que nous pouvons <a href="https://citizen4science.org/quatre-facons-dont-vos-experiences-personnelles-peuvent-vous-egarer/#.YtUwar1ByUk">facilement mal percevoir nos expériences</a>.</p>



<p>Nos sens ne captent qu&rsquo;une fraction des informations qui nous entourent, et notre cerveau doit ensuite les interpréter et leur donner un sens. Une grande partie du processus de perception implique que notre cerveau comble les lacunes en se basant sur des expériences antérieures, des attentes et des suggestions pour construire notre « réalité ».</p>



<p>Notre cerveau déteste l&rsquo;incertitude et s&#8217;empresse de donner un sens au hasard, si bien que nous avons tendance à voir les faux modèles plus facilement lorsque nos perceptions sont mauvaises. Il y a une raison pour laquelle la plupart des observations de fantômes (ou même les émissions de chasse aux fantômes) ont lieu la nuit : il est difficile de distinguer les détails dans l&rsquo;obscurité ! Pensez aussi aux fois où vous avez vu quelque chose bouger « du coin de l&rsquo;œil », mais où, lorsque vous vous êtes retourné pour regarder, il a « disparu ». Notre vision périphérique peut détecter les mouvements, mais elle ne fournit pas autant de détails.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Nos attentes influencent ce que nous voyons</h3>



<p>Si les fantômes sont les esprits des morts, on pourrait s&rsquo;attendre à ce que leur apparence et leur comportement soient les mêmes à travers l&rsquo;histoire et les cultures d&rsquo;aujourd&rsquo;hui. Cependant, les fantômes que les gens « voient » sont fortement influencés par leurs attentes culturelles.</p>



<p>Dans le monde antique, <a href="https://www.worldhistory.org/ghost/">les fantômes ont pris de nombreuses formes</a>. En Mésopotamie, si une personne n&rsquo;avait pas été enterrée correctement, son esprit, ou Gidim, revenait hanter les vivants. En Chine, l&rsquo;esprit d&rsquo;un ancêtre pouvait apparaître en rêve pour transmettre des informations ou des avertissements. Et à Rome, les âmes voltigeaient et couinaient comme des chauves-souris vers les enfers.</p>



<p>Aujourd&rsquo;hui encore, les fantômes varient considérablement selon les cultures. Dans toute l&rsquo;Asie du Sud-Est, la terrifiante <a href="https://youtu.be/u-n4ws9EzUU">Pontianak</a> est le fantôme d&rsquo;une femme enceinte morte pendant l&rsquo;accouchement… ou aux mains des hommes. Pendant la pleine lune, elle prend la forme d&rsquo;une belle femme à la peau blanche et aux longs cheveux noirs pour se venger. Une fois qu&rsquo;elle a attiré un homme, elle utilise ses longs ongles pour lui arracher les organes, qu&rsquo;elle mange. (Bien sûr.) Si vous parvenez à enfoncer un clou dans le trou situé à la nuque de la Pontianak, elle redevient une épouse belle et soumise.</p>



<p>Le <a href="https://www.astonishinglegends.com/astonishing-legends/2019/1/14/gjenganger">Gjenganger</a> scandinave est le fantôme de quelqu&rsquo;un qui est mort avant son heure, par exemple dans un meurtre ou un accident, et qui est revenu pour se venger. Il attaque en pinçant sa victime dans son sommeil, laissant une marque bleue qui est le signe de sa mort imminente. Pour éviter qu&rsquo;une personne ne se transforme en Gjenganger, elle doit être enterrée avec des inscriptions spécifiques dans son cercueil.</p>



<p>Les <a href="https://www.honolulumagazine.com/friday-night-frights-the-legend-of-hawaiis-night-marchers/">marcheurs de nuit </a>d&rsquo;Hawaï sont les fantômes d&rsquo;anciens guerriers qui errent sur les îles la nuit. Ils sont habillés pour la bataille, portent des torches allumées et battent des tambours en marchant. Malheureusement, les regarder signifie une mort certaine. Si vous êtes sur leur chemin, la légende dit que vous pouvez survivre si vous vous déshabillez, vous allongez sur le ventre et faites le mort.</p>



<p>Le fait est que nous voyons souvent ce que nous nous attendons à voir. Alors que nous pensons que « voir c&rsquo;est croire », il est également vrai que « croire c&rsquo;est voir ».</p>



<h3 class="wp-block-heading">Les fantômes terrifiants qui nous attaquent dans notre sommeil sont des hallucinations</h3>



<p>Quand j&rsquo;étais très jeune, j&rsquo;ai vu un fantôme. Je m&rsquo;étais endormie dans mon lit à côté de ma grand-mère. Je me souviens avoir senti un doigt froid sur ma main et des ongles grattant mon bras de haut en bas. Je me suis réveillée mais je ne pouvais pas bouger. Du coin de l&rsquo;œil, j&rsquo;ai vu une vieille femme aux longs cheveux gris. Elle me maintenait au sol et m&#8217;empêchait de crier à l&rsquo;aide. Cela m&rsquo;a paru une éternité et j&rsquo;étais absolument terrifiée.</p>



<p>Bien que je n&rsquo;aie (heureusement) jamais revu ce fantôme particulier, je suis encore aujourd&rsquo;hui tourmentée par la cause probable de mon expérience : la <a href="https://www.webmd.com/sleep-disorders/sleep-paralysis#1">paralysie du sommeil,</a> un état dans lequel vous êtes éveillé mais votre corps est incapable de bouger. Lorsque nous dormons profondément, notre corps est paralysé, probablement pour nous empêcher de réaliser nos rêves et de nous faire du mal (ou de faire du mal aux autres). La paralysie du sommeil est essentiellement un <a href="https://www.theatlantic.com/health/archive/2016/05/sleep-paralysis/484490/">cauchemar éveillé</a>.</p>



<p>Notre esprit tente d&rsquo;expliquer cette expérience terrifiante en s&rsquo;appuyant sur nos croyances culturelles, des démons aux extraterrestres en passant par les fantômes. Ou dans mon cas, un être qui ressemblait très fortement aux sorcières des films de Disney.</p>



<figure class="wp-block-image aligncenter size-full is-resized"><a href="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2022/07/image-69.png"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2022/07/image-69.png" alt="" class="wp-image-7802" width="805" height="655" srcset="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2022/07/image-69.png 745w, https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2022/07/image-69-300x244.png 300w" sizes="auto, (max-width: 805px) 100vw, 805px" /></a><figcaption>On pense que &lsquo;<em>The Nightmare</em>&lsquo; de Henry Fuseli (1781) est une description de la paralysie du sommeil.<br>(Source: <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Sleep_paralysis">Wikipedia</a>)</figcaption></figure>



<h3 class="wp-block-heading">Des produits chimiques dangereux peuvent provoquer des expériences fantômes</h3>



<p>En 1912, une famille emménage dans une vieille maison victorienne délabrée. Peu de temps après, ils ont commencé à entendre des bruits, comme des casseroles qui claquent, des portes qui claquent, des pas et des voix. Quelques membres de la famille ont vu des apparitions, comme une femme portant un chapeau à larges bords. L&rsquo;un des enfants s&rsquo;est même plaint qu&rsquo;un « gros homme » était assis sur sa poitrine pendant son sommeil. Comme les événements se répercutaient sur la santé de la famille, le médecin de famille a fait une visite à domicile et a <a href="https://thinkingispower.com/how-skepticism-can-protect-you-from-being-fooled/">découvert le problème</a> : la chaudière était mal installée et répandait du monoxyde de carbone dans la maison.</p>



<p>Le monoxyde de carbone est un gaz incolore et inodore qui empêche les globules rouges de fournir de l&rsquo;oxygène au corps. Il peut provoquer des maux de tête, des vertiges, des faiblesses, des nausées, de la confusion, des hallucinations visuelles et auditives, une pression thoracique et un sentiment inexpliqué d&rsquo;effroi.</p>



<p>Heureusement, la famille a quitté la maison ce jour-là jusqu&rsquo;à ce que la chaudière soit réparée, car l&#8217;empoisonnement au monoxyde de carbone peut également entraîner la mort.</p>



<p></p>



<h3 class="wp-block-heading">Retour au laboratoire hanté</h3>



<p>L&rsquo;ingénieur Vic Tandy était effrayé. Mais il était aussi sceptique.</p>



<p>Tandy était un escrimeur de compétition, et le lendemain, il a apporté son épée au laboratoire. Alors qu&rsquo;il s&rsquo;apprête à polir la lame, il remarque qu&rsquo;elle vibre, bien qu&rsquo;elle soit fermement serrée dans l&rsquo;étau.</p>



<p>Après enquête, il trouve le coupable : un ventilateur récemment installé qui émet des ondes sonores à basse fréquence.</p>



<p>L&rsquo;oreille humaine peut généralement entendre des sons entre 20 et 20 000 Hz. Tandy a calculé que les vibrations dans le laboratoire étaient de 19 Hz, c&rsquo;est-à-dire trop faibles pour être entendues.</p>



<p>Pourtant, ce n&rsquo;est pas parce que nous ne pouvons pas entendre les sons qu&rsquo;ils ne font pas vibrer les objets. Comme son épée. Et ses yeux.</p>



<p>Les ondes sonores autour de 19 Hz sont connues comme la « fréquence de la peur », car elles peuvent provoquer un malaise général, des frissons, des sueurs, des vertiges, une hyperventilation et une peur, ainsi que des attaques de panique. Et à cause des vibrations dans nos yeux, une vision floue et des illusions d&rsquo;optique, surtout dans la vision périphérique.</p>



<p>Alors, ils ont éteint le ventilateur… et les fantômes sont partis.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le message à retenir</h2>



<p>En tant que sceptiques, nous devons garder l&rsquo;esprit ouvert à toutes les affirmations, y compris celles concernant les fantômes. Mais nous devons également exiger des preuves suffisantes avant d&rsquo;accepter toute affirmation.</p>



<p>Il n&rsquo;existe actuellement aucune preuve scientifique valable de l&rsquo;existence des fantômes. Cela ne veut pas dire qu&rsquo;ils ne le sont pas, bien sûr, même si c&rsquo;est très peu probable.</p>



<p>Il existe cependant de nombreuses preuves des raisons pour lesquelles les gens pensent voir des fantômes. Il est facile de comprendre pourquoi les personnes mentionnées dans les histoires ci-dessus ont pu être « sûres » d&rsquo;avoir vu un fantôme, mais les anecdotes ne sont pas de bonnes preuves pour une raison bien précise. Nous sommes facilement trompés par nos expériences et nous voyons souvent ce que nous nous attendons (ou voulons) voir. Les fantômes sont une affirmation très extraordinaire, et les preuves sont tout à fait ordinaires.</p>



<p>Il y aura toujours des choses que nous ne pourrons pas expliquer. Mais ce n&rsquo;est pas parce que nous ne pouvons pas expliquer une chose qu&rsquo;elle est surnaturelle. Au contraire, nous devrions être sceptiques et supposer une explication naturelle.</p>



<p>Nous ne saurons peut-être jamais avec certitude si les fantômes sont réels. Mais une partie importante de la <strong>pensée critique</strong> consiste à apprendre à être à l&rsquo;aise avec l&rsquo;incertitude.</p>



<p>Alors la prochaine fois que vous verrez un fantôme, demandez-vous : Qu&rsquo;est-ce qui est le plus probable ? Malgré l&rsquo;absence de toute preuve scientifique valable, vous avez vu l&rsquo;esprit d&rsquo;une personne morte ? Ou que votre cerveau vous joue des tours ?</p>



<p></p>



<h3 class="wp-block-heading">Pour en savoir plus</h3>



<p>​Vic Tandy and Richard R. Lawrence, “<a href="http://www.richardwiseman.com/resources/ghost-in-machine.pdf">The Ghost in the Machine</a>,” Published in the ​Journal of the Society for Psychical Research​, Vol.62, No. 851, April 1998.<br>Great Big Story: <a href="https://youtu.be/v-WPEeZW8i0">The ghost hunter who doesn’t believe in ghosts</a><br>Gizmodo: <a href="https://gizmodo.com/some-ghosts-may-be-sound-waves-just-below-human-heari-1737065693">Some “ghosts” may be sound waves just below human hearing</a><br>PopSci: <a href="https://www.popsci.com/story/science/ghosts-real-science/">Why do we see ghosts?</a><br>The Atlantic: <a href="https://www.theatlantic.com/international/archive/2013/10/global-ghosts-7-tales-of-specters-from-around-the-world/281023/">Global ghosts: 7 tales of specters from around the world</a></p>



<p></p>
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		<title>À propos des associations cognitives&#8230; et du « Grand remplacement »</title>
		<link>https://citizen4science.org/a-propos-des-associations-cognitives-et-du-grand-remplacement/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 16 Jun 2022 10:57:07 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[BD]]></category>
		<category><![CDATA[Biais]]></category>
		<category><![CDATA[Biais cognitifs]]></category>
		<category><![CDATA[Complotisme]]></category>
		<category><![CDATA[Dystopie]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Psychologie]]></category>
		<category><![CDATA[Réseaux sociaux]]></category>
		<category><![CDATA[Wikipédia]]></category>
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					<description><![CDATA[par Bédévore BD, propagande féline, administratrice Wikipédia et parisienne Dans « L&#8217;Arabe du futur« , Riad Sattouf évoque une association cognitive involontaire]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><em>par <strong>Bédévor</strong>e  BD, propagande féline, administratrice Wikipédia et parisienne</em></p><div id="citiz-3358351725" class="citiz-contenu citiz-entity-placement"><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-9064228701299411" crossorigin="anonymous"></script><ins class="adsbygoogle" style="display:block;" data-ad-client="ca-pub-9064228701299411" 
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<p>Dans « <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/L%27Arabe_du_futur"><em>L&rsquo;Arabe du futur</em></a>« , <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Riad_Sattouf">Riad Sattouf</a> évoque une association cognitive involontaire : chaque fois qu&rsquo;il entend « Dieu », il visualise Georges Brassens.</p>



<p>J&rsquo;imagine qu&rsquo;on a tous des associations cognitives farfelues, qui ne prêtent pas à conséquence. L&rsquo;association cognitive est parfois illustrée (hommage) et parfois racontée, avec plus ou moins de classe&#8230;</p>



<p>Par exemple, dans cet <strong><a href="https://citizen4science.org/la-bande-dessinee-ou-lenfance-reinventee/">article</a></strong>, B. Peeters propose un parallèle entre les BD lues et les chansons qui s&rsquo;impriment dans la mémoire. Et pour rester dans le parallèle de la chanson qui s&rsquo;imprime dans la mémoire, forcément on a des exemples, comme la petite fille qui chantait, de Voulzy.<br>Un autre exemple, pour les vieux, est la série « <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Dream_On_(s%C3%A9rie_t%C3%A9l%C3%A9vis%C3%A9e)"><em>Dream on</em></a>« , qui illustre l&#8217;empreinte mémorielle de certaines scènes de télé sur un personnage.<br>Et donc, chez moi aussi, il y a des associations cognitives involontaires. L&rsquo;une d&rsquo;elles vient d&rsquo;une série mythique, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/L%27Incal"><em>l&rsquo;Incal</em></a>. Une équipe de héros dans un univers corrompu et littéralement rempli de complots et secrets.</p>



<p>Sur Wikipédia en français, l&rsquo;une des pages les plus chaudes est celle sur le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Grand_remplacement">Grand remplacement</a>, théorie complotiste d&rsquo;extrême-droite. On a régulièrement des messages de gens qui protestent sur cet article, parce qu&rsquo;ils nourrissent une croyance envers ce mythe&#8230; Ces interlocuteurs éphémères ont maintes fois avancé l&rsquo;argument massue suivant : « il suffit d&rsquo;ouvrir les yeux pour s&rsquo;en rendre compte enfin, c&rsquo;est la vérité, le grand remplacement est là ! »<br>Or, chaque fois que je vois débarquer des gens qui disent « il suffit d&rsquo;ouvrir les yeux pour voir la vérité »&#8230; par une association cognitive involontaire et farfelue, je vois <em><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/John_Difool">John Difoo</a>l</em>. Et ce que je vois, c&rsquo;est ce moment où il s&#8217;empare du canal de diffusion de la population et braille un message halluciné.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full is-resized"><a href="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2022/06/image-120.png"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2022/06/image-120.png" alt="" class="wp-image-7176" width="949" height="460" srcset="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2022/06/image-120.png 706w, https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2022/06/image-120-300x145.png 300w" sizes="auto, (max-width: 949px) 100vw, 949px" /></a></figure></div>



<p>Ce qui provoque aussitôt une rigolade incontrôlable. Désolée de froisser ainsi tous les porteurs de La Raison™®© et La Vérité™®© et L&rsquo;Evidence™®© <br>Ce n&rsquo;est pas du tout volontaire, hein. Mais ça fait un bien !</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full is-resized"><a href="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2022/06/image-121.png"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2022/06/image-121.png" alt="" class="wp-image-7179" width="472" height="309" srcset="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2022/06/image-121.png 363w, https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2022/06/image-121-300x197.png 300w" sizes="auto, (max-width: 472px) 100vw, 472px" /></a><figcaption><em>2 couvertures d&rsquo;albums de la série « L&rsquo;incal »</em></figcaption></figure></div>



<p><br></p>



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		<title>La bande dessinée ou l’enfance réinventée</title>
		<link>https://citizen4science.org/la-bande-dessinee-ou-lenfance-reinventee/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 16 Jun 2022 10:55:11 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Wikipédia]]></category>
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					<description><![CDATA[par Benoît Peeters, Professor of Graphic Fiction and Comic Art, Lancaster University Longtemps, la bande dessinée s’est adressée en priorité]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><em>par <strong>Benoît Peeters</strong>, Professor of Graphic Fiction and Comic Art, Lancaster University</em></p><div id="citiz-2542094391" class="citiz-contenu citiz-entity-placement"><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-9064228701299411" crossorigin="anonymous"></script><ins class="adsbygoogle" style="display:block;" data-ad-client="ca-pub-9064228701299411" 
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</div>



<p></p>



<p>Longtemps, la bande dessinée s’est adressée en priorité à l’enfance, au point qu’on l’identifiait souvent avec elle. Quelles que soient les évolutions récentes du genre, particulièrement avec le roman graphique, ce lien à l’enfance continue de me paraître très profond, comme s’il touchait au médium lui-même.</p>



<p>Il y a de toute évidence certains aspects régressifs dans l’amour des «&nbsp;bédés&nbsp;» et des «&nbsp;comics&nbsp;». Par exemple, le fait de multiplier les figurines, et de collectionner les éditions anciennes, en les payant à des prix quelquefois incroyables. La volonté de faire revivre les personnages mythiques après la disparition de leur créateur est tout aussi frappante&nbsp;: de <a href="http://www.dccomics.com/characters/batman">Batman</a> à <a href="https://archive.org/details/manga_AstroBoy-v01">Astroboy</a> en passant par <a href="https://www.lambiek.net/magazines/spirou.htm">Spirou</a> et <a href="http://www.comicvine.com/blake-mortimer/4050-26988/">Blake and Mortimer</a>, ils n’en finissent pas de ressusciter, de manière plus ou moins convaincante. C’est comme si les lecteurs dont l’enfance a été bercée par ces héros ne pouvaient se résoudre à les voir disparaître.</p>



<p>Ce lien maintenu coûte que coûte m’apparaît comme une particularité du médium. Bien sûr, nous nous souvenons aussi des romans que nous avons aimés pendant notre enfance, mais nous ne les relisons pas aussi souvent que nos bandes dessinées favorites. Et nous pouvons aimer de grandes œuvres de la littérature, de la philosophie, de la peinture sans éprouver le besoin d’y revenir compulsivement, de racheter à prix d’or les premières éditions, ou d’accrocher sur nos murs des posters ou des sérigraphies qui en éternisent les moments marquants.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une inconsolable nostalgie</h2>



<p>Si mon hypothèse est juste, il existerait dans notre relation à la bande dessinée une sorte de pulsion archaïque, comme une inconsolable nostalgie de l’origine, une irrésistible envie de ne pas grandir tout à fait. On ne peut pas se débarrasser de ce phénomène en parlant de puérilité. Il s’agit plutôt d’une soif d’innocence ou de permanence que nous continuons à porter en nous, et que la bande dessinée nous permet de satisfaire. Mais bien sûr, ce lien privilégié à l’enfance n’est qu’un des aspects du médium.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full"><a href="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2022/06/image-124.png"><img loading="lazy" decoding="async" width="662" height="433" src="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2022/06/image-124.png" alt="" class="wp-image-7196" srcset="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2022/06/image-124.png 662w, https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2022/06/image-124-300x196.png 300w" sizes="auto, (max-width: 662px) 100vw, 662px" /></a><figcaption>Winsor McCay : <em>Little Nemo in Slumberland</em>.</figcaption></figure></div>



<p>Dans beaucoup de bandes dessinées modernes, depuis les années 1970, le héros n’est plus invincible&nbsp;; il est touché par le vieillissement, a ses propres fragilités, etc. Désormais, le personnage de bande dessinée est pris dans une temporalité qui l’affecte et le transforme, comme chacun de nous&nbsp;: les liens avec les autres se font et se défont, les blessures font souffrir, la mort elle-même n’est plus exclue. Les personnages ont quitté le monde de l’éternel présent pour entrer dans l’historicité&nbsp;; ils ont abandonné le mythe pour entrer dans le romanesque.</p>



<p>Cette nouvelle relation au temps est au cœur des bien nommés romans graphiques, et notamment de cette œuvre fondatrice qu’est <a href="http://www.npr.org/2015/04/28/402856064/graphic-novel-about-holocaust-maus-banned-in-russia-for-its-cover">Maus</a>. Le récit d’Art Spiegelman ne traite pas seulement de la Shoah et de ses survivants. Il concerne multiplement le temps : les relations entre le père et le fils, les difficultés de la transmission, le pardon. Avec la mort de Vladek, le père du narrateur, qui survient entre les deux tomes, la mémoire change de fonction : le récit se charge d’un nouveau sens.</p>



<p>Mais sur un autre mode, des mangas comme <em>Le Journal de mon père</em> ou <em>Quartier lointain</em> de <a href="https://myanimelist.net/people/3025/Jiro_Taniguchi">Jirô Taniguchi</a> posent des questions comparables. Tout comme l’extraordinaire travail biographique accompli par <a href="https://www.lambiek.net/artists/g/guibert_emman.htm">Emmanuel Guibert</a> dans <em>Le Photographe</em>, <em>La guerre d’Alan</em> et <em>L’enfance d’Alan</em>.l’Histoire et le deuil deviennent inséparables</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full is-resized"><a href="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2022/06/image-128.png"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2022/06/image-128.png" alt="" class="wp-image-7200" width="371" height="523" srcset="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2022/06/image-128.png 617w, https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2022/06/image-128-213x300.png 213w" sizes="auto, (max-width: 371px) 100vw, 371px" /></a></figure></div>



<p>Un exemple particulièrement frappant est proposé par <a href="http://www.popmatters.com/review/134880-rediscovery-of-the-ordinary-chris-wares-lint/">Lint</a>, l’un des albums récents de Chris Ware. Cet album décrit en soixante-dix pages la vie d’un homme ordinaire, de sa naissance jusqu’à son dernier souffle. Les derniers râles d’agonie se donnent même à lire sur la quatrième de couverture de manière presque invisible. Le système graphique et narratif est codifié à l’extrême, loin de tout réalisme apparent.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full is-resized"><a href="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2022/06/image-129.png"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2022/06/image-129.png" alt="" class="wp-image-7201" width="820" height="607" srcset="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2022/06/image-129.png 822w, https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2022/06/image-129-300x222.png 300w, https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2022/06/image-129-768x569.png 768w" sizes="auto, (max-width: 820px) 100vw, 820px" /></a><figcaption><em>Lint Chris Ware</em></figcaption></figure></div>



<p>Le dessin de Chris Ware est au bord de l’idéographie. Et pourtant, quand nous lisons cet album où chaque année de la vie de Lint est réduite à une seule page, nous plongeons dans une histoire qui nous bouleverse. Dans ce mélange de codes verbaux et iconiques, dans cette expérience à la fois éclatée et recomposée que chaque page nous propose, il y a quelque chose comme une « image-cerveau ». Ce livre nous touche, non pas par l’identification directe à un personnage, comme c’est le cas au cinéma, mais par une sorte d’identification au médium. Les pages de Chris Ware nous renvoient à des formes d’émotions mêlées, élémentaires et sophistiquées à la fois ; elles font appel simultanément à plusieurs de nos aptitudes perceptives.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Comment dessiner un âne</h2>



<p>Cet album hautement sophistiqué peut sans doute nous aider à comprendre pourquoi la bande dessinée peut toucher un tout petit enfant, qui ne sait pas encore lire, et pourquoi elle peut traiter de réalités extrêmement subtiles. Vers 1840, <a href="http://www.upress.state.ms.us/books/869">Rodolphe Töpffer</a>, inventeur et premier théoricien de la bande dessinée, s’interrogeait déjà sur la manière dont un enfant reconnaît un âne dans un dessin linéaire.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full is-resized"><a href="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2022/06/image-130.png"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2022/06/image-130.png" alt="" class="wp-image-7202" width="683" height="644" srcset="https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2022/06/image-130.png 665w, https://citizen4science.org/wp-content/uploads/2022/06/image-130-300x283.png 300w" sizes="auto, (max-width: 683px) 100vw, 683px" /></a><figcaption>Rodolphe Töpffer, <em>Les amours de M. Vieux-Bois</em>.</figcaption></figure></div>



<p>Quand un âne est représenté dans un tableau au milieu d’un paysage, avec tout un jeu d’ombre et de lumière, un jeune enfant risque de ne pas l’identifier tout de suite. Par contre, si l’âne n’est suggéré que par quelques traits de contour, l’enfant n’hésite pas une seconde. Et même si l’on fait passer un tronc d’arbre devant cet âne dessiné, qui n’existe donc plus qu’à l’état de fragments, l’enfant le reconnaît encore. Cela tient au mode de perception spécifique proposé par la caricature. Quand elle touche juste, la caricature fixe une image qui ne s’effacera plus, comme si elle avait brusquement dévoilé la vérité d’un personnage.</p>



<p>On touche là, sans doute, à une autre donnée essentielle de la bande dessinée&nbsp;: la persistance mémorielle. Au milieu de tous les flux d’images et de récits dans lesquels nous baignons, la bande dessinée entretient un rapport privilégié à l’inoubliable. Elle possède une remarquable capacité à prolonger la vie des images, bien au-delà du moment de la lecture. Les séquences et les cases les plus marquantes continuent à vivre en nous, à nous accompagner pendant des années.</p>



<p>À cet égard, l’art le plus proche de la bande dessinée est peut-être la chanson. Je crois qu’il n’y a pas de chanson que nous aimions d’emblée, totalement et absolument. Il nous faut la réécouter, parfois de façon obsessionnelle, jusqu’à ce qu’elle s’insinue en nous et nous accompagne dans notre quotidien. La bande dessinée me semble très proche : elle nous habite, elle aussi, ou nous rêvons de l’habiter. On n’est pas loin de la « ritournelle » évoquée par Gilles Deleuze. Il y a là quelque chose d’unique et de profond, une manière privilégiée de renouer avec les émotions enfouies de l’enfance.</p>



<p>Paru initialement dans <a href="https://theconversation.com/fr">The Conversation</a> en 2016</p>



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