Intervention de Xavier Azalbert à l’IHU Marseille le 28 juin 2021

Intervention de Xavier Azalbert à l’IHU Marseille le 28 juin 2021

18 juillet 2021 0 Par e-Citizen

Ce jour-là, Xavier Azalbert, directeur de France-Soir, blog qui porte le nom d’un illustre journal qui fut un fleuron de la presse française, est intervenu dans l’antre du Professeur Raoult à l’occasion des Jeudis de l’IHU? et nous avons regardé la vidéo (disponible en bas de ce billet).

Nous ne pouvions pas rater l’intervention d’un homme d’affaires dans une session censée porter sur la science dans un institut hospitali-universitaire. D’autant qu’elle portait sur les conflits d’intérêt (COI, pour Conflicts Of Interest).
En même temps, nous ne sommes pas vraiment surpris, étant donnée l’orientation complotiste de ce blog en lien avec la crise sanitaire, qui est bien synchrone avec ce que nous percevons de l’évolution du discours émanant de l’IHU.

Cette intervention dure près d’une demi-heure, aussi nous avons fait une petite compilation de ce qui nous semble représentatif du mode de pensée et de communication de type complotiste, d’une durée de 5 minutes, pour ceux qui ne veulent pas s’infliger l’intégralité d’un discours caricatural :

Voici en complément un résumé du déroulement de cette intervention au sujet des COI, visant BigPharma.

M. Azalbert déclare rapidement qu’il n’a pas de COI, bien que certains l’accusent d’avoir des liens d’intérêts, mais pour lui c’est clos dans l’ œuf : il n’en a pas et considère ainsi le problème réglé. C’est simple, non ? Plus tard, il déclarera que tout le monde a des liens d’intérêt, mais ce n’est pas bien grave !
Ce en quoi, au passage, il a tout à fait raison : les liens d’intérêt, c’est la vie.

Nous avons droit aussi rapidement au classique « Je ne suis pas médecin, juste un simple citoyen », mais….
Sur ces bons mots, le festival de l’ultracrépidarianisme est classiquement lancé et nous ne serons pas déçus.

S’ensuit un petit laïus déplorant, façon « tout se perd ma bonne dame » la situation dans la recherche, les médecins : avant on avait des valeurs, des principes, à coup de citations bateau comme seul argument à ses considérations dénigrantes.

M. Azalbert fournit la définition juridique du conflit d’intérêt, qui pose le principe qu’un lien d’intérêt n’a rien de répréhensible, mais qu’il le devient quand ce lien produit des effets néfastes et que cela est prouvé factuellement.


L’orateur trouve que cela n’a pas grand intérêt, pour brandir rapidement une définition qu’il aime (celle de Formindep) : il y a conflit d’intérêt s’il pourrait paraître y en avoir (sic), autrement dit : liens d’intérêt = conflit d’intérêt. Comme ça c’est comme chacun sent et on peu charger n’importe qui, en fait.


Mais comme on a tous des liens d’intérêt, on a donc tous des conflits d’intérêt et cette définition ne mène à rien et surtout n’est qu’une porte d’entrée aux procès d’intention, pouvant eux être pénalement répréhensibles selon les circonstances.

M. Azalbert nous parle alors de « l’indice de perception de la corruption 2020 », prétexte à un petit bashing de la France.
Mais comme son nom l’indique et sans préjuger de la réalité, il s’agit d’un indice de perception. Décidément, notre orateur est très attaché aux apparences, et les apparences c’est bien loin de la science. Toujours aucun élément factuel.

Nous avons droit ensuite au chapitre des scientifiques qui ont des liens avec des laboratoires pharmaceutiques, ce qui est présenté comme quand même très problématique. Pourtant c’est normal, l’innovation médicale passe par l’innovation pharmaceutique et la collaboration obligatoire des mondes académique/industriel.
L’homme d’affaire va à nouveau insister sur le monde invisible pour dénigrer : traitement les KOL (scientifiques renommés dans la communauta scientifique), de « disciples » de BigPharma, celle-ci serait très »bien conseillée cache tout, les incitations « ne se voient pas ». C’est bien pratique !
On notera aussi que #BigPharma « finance des associations », évidemment Citizen4Science, totalement indépendante des labos, se sent visée par cette diffamation récurrente.

Toutes ses accusations reposent sur : les labos s’extraient des bases type Transparence Santé grâce à des conseillers « excessivement intelligents et créatifs » de la base Transparence Santé. À un tiers de son intervention, il n’a toujours donné aucun début d’élément de preuve. C’est embêtant.

Nous poursuivons ensuite avec de terribles révélations des choses monstrueuses qui se passent à l’intérieur de BigPharma, avec un scientifique très expérimenté qui sait tout des rouages et odieuses pratiques des labos. Qui est-ce ? Nous ne le saurons pas. Seul M. Azalbert le sait, car il a fait « appel à lui » pour tout savoir. C’est ainsi parti en mode « Quelqu’un m’a dit ».

On apprend par ces révélations secrètes que :
– « les enjeux financiers sont très importants ». Bien
– il y a plein de conflits d’intérêt et « ça prend énormément de temps à gérer » ce qui explique les délais des études, et la désinformation. Ah ?
– Les plans d’analyse statistique des études se biaisent facilement pour faire dire ce qu’on veut aux données, et c’est là que se trouveraient l’essentiel des biais. Ah ? M. Azalbert, en bon novice en la matière, ignore que les bonnes pratiques cliniques obligent à définir un plan d’analyse statistique en amont des études. Donc non.

Aux deux tiers de cet exposé, on n’a toujours pas le moindre élément factuel à l’appui des accusations précises de M. Azalbert.

Ensuite, nous avons droit à un désolant constat : l’information est l’objet d’une marchandisation. C’est à dire d’une monétisation. Toujours des accusations en l’air, mais une petite recherche nous amène à cette découverte étonnante : la monétisation est l’un des 3 piliers stratégiques du blog France-Soir de M. Azalbert. Hôpital, charité, … et putaclic :

S’ensuit, en guise de bouquet final, un incroyable gloubiboulga dans lequel l’homme d’affaire va faire des analogies aussi poussives que douteuses pour lier la notion de COI au monde de la bourse (on a dit homme d’affaire ?), et au monde médical : on nous parle de délit d’initié pour l’hydroxychloroquine et de mariage consanguin et données génétiques. Bref de « patrimoine génético-financier » dirons-nous 🙂
Ce mélange infâme est disponible dans notre compilation.

Merci de votre attention.