Comment savoir si un expert est vraiment expert ?

Par Lionel Case @lionel_case, membre de Citizen4Science. Microbiologiste. Développeur. Eleveur de Swimming Poules. Combat les charlatans avec des threads. Déteste le bullshit populiste.

Quand les experts scientifiques défilent H24 sur nos écrans et qu’ils affirment, infirment, pérorent, pontifient, et pour finir nous pétrifient sur place, comment discerner le vrai expert du charlatan mousseux ?
Avant-propos : Ceci n’est PAS un exercice de trollage. Ceci est une tentative de mise en perspective, pour aider ceux qui aimeraient trouver des repères de fiabilité dans ce brouhaha ambiant. Des illustrations oui, mais pas d’attaque ad hominem. Que de la science.

Sommaire :
1. Qu’est-ce qui ne définit PAS un expert ?
2. Qu’est-ce qui définit un expert ?
3. « Je suis une spécialiste de l’ARN », le cas d’Alexandra Henrion-Caude
4. Conclusion

1. Qu’est-ce qui ne définit PAS un expert ?

Je suis Docteur, mon H-index est de 120, asseyez-vous et prenez note.
Sondage : dans la phrase précédente, quels termes sont synonymes d’expertise assurée ?
A. Docteur
B. H-index
C. Aucun des deux

Bah aucun des deux en fait. Rien qu’en France, toutes disciplines confondues, il existe des dizaines de milliers de docteurs. Des centaines de nouveaux titres de docteurs sont attribués chaque année. Ces titres sanctionnent de longues études HAUTEMENT SPÉCIALISÉES.
En gros, des gens avec des connaissances pointues qui s’adressent tout au plus à quelques centaines d’experts de leur domaine. Mais qui peuvent également parler de tout, et de rien, à des millions de non-experts, en faisant illusion. Et c’est bien là le problème.
Le H-index, quant à lui, est une mesure composite (et controversée) de la quantité et la qualité d’une vie de recherche (les publications), et de son impact sur la communauté scientifique (les citations).
Mais notez qu’un neurobiologiste peut avoir un H-index faramineux, ça ne le rend pas expert en infectiologie pour autant. Tout comme 8 médailles olympiques de tir à l’arc ne feront pas de cet athlète un basketteur.

2. Qu’est-ce qui définit un expert ?

Un titre et un H-index reflètent (pour faire simple) un niveau relatif et strictement associé à un domaine d’expertise.
Ce sont des contenants, pas des substituts ou des synonymes d’expertise. Comme une valise, l’important est dedans.
Donc ce qui définit un expert c’est la richesse et la qualité de sa contribution DANS UN DOMAINE PRÉCIS.
Et ça se mesure de façon essentiellement qualitative.
Et sur un temps long.
Par exemple, si je suis spécialiste de l’ARN, dans combien de mes travaux trouve-t-on le mot clé « ARN » ? Et quelle est la qualité de ces travaux ? Voyons un exemple précis.

3.« Je suis une spécialiste de l’ARN »: le cas d’Alexandra Henrion-Caude (AHC)

La France compte d’excellents spécialistes de l’ARN : Eric Westhof, Edouard Bertrand, Christiane Branlant, Bertrand Séraphin, Hervé Seitz, Brice Felden, Alain Krol, Edith Heard, Jérôme Cavaillé, Pascale Romby, Henri Grosjean, Jean-Jacques Toulmé, et bien d’autres…
AHC fait-elle partie de ce club sélect ?
Les 1ères publications scientifiques d’AHC (à l’époque Alexandra Henrion) remontent à 1994. Ses premières publications sur l’ARN, par contre, ne débutent qu’en 2008 (revue) ou plutôt 2010, date de son premier article de recherche sur les « microARNs » (miARN ou miRNA).

Puis elle publie plusieurs papiers pendant 5 ans (jusqu’en 2015 donc) et puis…c’est fini.
Donc sur 26 ans de carrière scientifique, elle aura passé 6 ans, soit moins d’1/4 de sa carrière, à bosser sur l’ARN. (pour trouver ses papiers, tuto Pubmed en fin de thread).
Si on compare AHC à d’autres (vrais) spécialistes de l’ARN de sa génération, ça commence à tanguer.
Prenons le D. JC: – né en 1970 (AHC : 1969) – Première publication 1994 (AHC : 1995) – Thèse 1997 (AHC : 1997) – Nbre de publis/H-index du même ordre (restons élégants).

Ce sont des carrières tout à fait comparables. Et honorables. Mais la =/= se trouve ici :

La carrière du Dr JC est entièrement consacrée à l’ARN. 100% de son H-index, c’est l’ARN. Alors qu’AHC est arrivée tard, partie tôt, et a consacré les trois-quart de son temps à autre chose.

Regardons maintenant le détail de la contribution d’AHC au monde de l’ARN.
Le pic de ses publications ARN se trouve en 2012. Sur les 5 publications, 1 seule publication de recherche expérimentale.
Les autres : des revues biblio, des tribunes d’opinion.

Sur l’ensemble de son œuvre dans le monde de l’ARN, soit 15 publications, seules 8 publications de recherche.
Dont seul 3 en dernier auteur (= celui qui supervise les recherches).

https://t.co/qdvn4kytpP?amp=1 (2010)
https://t.co/uMwNXnP4Ti?amp=1 (2011)
https://t.co/uMwNXnP4Ti?amp=1 (2012)
https://journals.plos.org/plosone/article?id=10.1371/journal.pone.0020746

Sur ses 3 papiers en dernière auteure, celui de 2011 mérite commentaire. Car, sans rentrer dans les détails techniques, ce papier a tout d’une grosse erreur d’interprétation. Car AHC pense avoir découvert des micro-ARN dans les mitochondries (ce qui aurait été un scoop).

mais lorsqu’on analyse les résultats, ce qu’on voit surtout c des produits de dégradation d’ARNr/ARNt mitochondriaux. Donc des artefacts.
Et AHC a l’air de le savoir, car elle a appelé ses micro-ARN des « mitoMIRs », une façon de dire “ça en est” mais…pas vraiment.

Honnêtement elle aurait dû les appeler “mythoMiR” » (mais passons).. Dernier baroud d’honneur, AHC publie en 2020 un article vraiment WTF sur une histoire d’ARN circulaire et son rôle dans l’origine du monde. Un article signé SimplissimA, sa boîte de l’Ile Maurice.

4. Conclusion

En conclusion, nous vivons une crise Covid éprouvante pour tous, mais apparemment enthousiasmante pour certains. Les experts auto-proclamés vivent une époque dorée. Mais reconnaitre un expert et le qualifier n’est pas si difficile que cela. Il faut juste le vouloir.
Alexandra Henrion-Caude a fait une carrière scientifique honorable, avant de partir en vrille, pour une raison que seule elle connait.
Son expertise en ARN se résume à une poignée d’articles peu impactants en 25 ans, dont elle fait fond de commerce et sur lesquels elle base son argument d’autorité. Elle s’est mise à travailler sur les ARN quand ces derniers sont devenus à la mode, dans la décennie des 2000’s.
Elle est arrivée tard, et partie tôt. Et si son expertise en ARN est modeste, ses compétences en infectiologie sont nulles.
Vous comprendrez maintenant pourquoi elle est capable de dire des énormités telles que « vous m’expliquerez comment le variant breton échappe à la PCR mais pas au vaccin ». Parce qu’un titre et un H-index ne disent RIEN de la compétence d’un chercheur hors de son vrai champ d’expertise.
Au contraire, un « je ne sais pas répondre » est souvent le gage d’un scientifique intègre.

Je remercie les Dr. C et Dr. S “for helpful discussions and comments”.

Vive la Science !

Pour retrouver les papiers d’AHC. Allez dans pubmed et tapez: – Henrion A pour ne pas louper les papiers avant 2002 (référencement par initiale prénom) – Henrion-Caude Alexandra pour avoir tous les papiers après 2002 (et ne pas avoir à trier les “Henrion A” qui ne sont pas elle).
Pubmed :
https://t.co/opKQzURAxO?amp=1


Non il était juste bon le mec. Et il pensait. Vraiment. Et quand il faisait le design expérimental, c’était du Mozart. Bref, tombé dans la science quand il était petit.

Le cas du médecin belge Pascal Sacré

Dans la série “Mieux connaître les lanceurs d’alerte” et leur travail

Mon compatriote belge Pascal Sacré a fait pas mal parler de lui ces derniers mois. Vu chez France-Soir, dans le film “Ceci n’est pas un complot” de Bernard Crutzen, et dans le bonus de “Hold Up le documentaire”. Je voulais un peu mieux connaître ce médecin, je n’ai pas été déçue du (long) voyage.

Pascal se fait connaître en avril 2020 par cet article où il se présente comme n’étant pas conspirationniste. Il alerte sur la corruption des experts de différents comités scientifiques qui sont, selon lui, à la botte de l’industrie pharmaceutique.
bit.ly/2MFH3Fk

Il critique les mesures de distanciation sociale comme le confinement et propose de « partir en guerre contre la corruption » et de créer des comités d’experts renommés, réellement indépendants et bien sûr, non-conspirationnistes (ça a l’air important pour lui).

Je ne vais pas revenir sur la définition de « conspirationniste » ni de « complotiste ». Ce sont des qualificatifs qui se sont vidés de leur sens depuis le début de la pandémie et je trouve que ces termes polarisent et ne font pas avancer le débat. On va dire que …

Pascal a des idées « alternatives » depuis certain temps… sur l’ONU (2009 – bit.ly/2PqIqsr), sur les gens qui croient à la version officielle sur les attentats du 11 septembre (2010 – https://bit.ly/3sGTSi6) ou sur les vaccins (2010 – https://bit.ly/3c5WcIP).

Pascal apparaît sur mon radar fin octobre 2020, quand un des ses message est partagé sur Facebook par des personnes avec qui je suis en contact.
Il a piqué ma curiosité, je trouvais cette vision de la science plutôt étonnante, pour un médecin.

Quelques jours plus tard, il a été licencié par le Grand Hôpital de Charleroi pour avoir dit « sa » vérité.
https://bit.ly/30bktHR
Je n’ai trouvé nulle part la version de son employeur. Peut-on virer quelqu’un pour ses idées ? C’était quoi, exactement, « sa » vérité ?

Très prolifique, Pascal a notamment écrit 5 articles « COVID-19: au plus près de la vérité. » en juillet 2020. Penchons-nous sur ces articles en particulier pour mieux comprendre ses idées : 1. Le confinement, d’après lui, a eu l’effet inverse de celui escompté.

Pascal se base principalement sur cette « étude » réalisée par 3 personnes aux CV impressionnants.
(https://bit.ly/3uXa9RQ)

Elle n’a pas été publiée dans une revue scientifique ni revue par des pairs. Moi je ne peux pas juger de la méthodologie, mais…

Ce n’est pas comme s’il y avait d’autres chercheurs qui avaient publié des études sur les effets du confinement, de toute façon… *On me souffle dans l’oreillette qu’il y en aurait eu quelques-unes ? Pourquoi n’utiliser que celle-là, alors ? Continuons …

2. Les masques causent l’hypoxémie (diminution de la quantité d’O2 transportée dans le sang ), l’hypercapnie (élévation du volume de CO2 présent dans le sang) et permettent la culture de virus (https://bit.ly/3qkQCXY). Je suis traductrice, pas médecin, mais j’ai eu un doute..

J’ai donc été lire les sources de Pascal :

  • Avis non sourcé de Russell Blaylock, neurochirurgien retraité.
  • Étude qui constate une légère baisse de la SpO2 sans pouvoir déterminer si elle est due au masque ou au stress et qui appelle à faire plus d’études :

Étude sur le port des masques N95 chez les femmes enceintes : pas de différence sur la composition de l’air inspiré ni sur la saturation en oxygène mesurée au bout du doigt, mais le port du N95 est fatiguant, car il faut faire plus d’effort pour respirer (si j’ai compris) :

Article suivant (https://bit.ly/3cm6S6f): 3. En vérité je vous le dis, on nous cache un remède efficace parce qu’il ne coûte pas cher. On ne va pas refaire le débat. Beaucoup y ont cru…

Aujourd’hui, on sait que ça ne fonctionne pas. Même des sources recommandées par Pascal disent que ça ne marche pas :


Pourtant, en décembre 2020, Pascal recommande toujours l’HCQ. Continuons …
Avec l’article suivant https://bit.ly/3kQRwKv :
4 . Les tests PCR ne sont pas un indicateur fiable et servent à faire peur à la population. Soit :

C’est un domaine trop compliqué pour que je puisse vérifier si ce qu’il dit est pertinent. Par contre, je constate que nulle part, il ne propose d’utiliser un autre indicateur pour savoir si l’épidémie repart. Ça serait pourtant utile. Enfin :

5. Pascal a peur des vaccins contre la Covid19. D’ailleurs la Bible nous avertissait déjà ! https://bit.ly/3rtwKDy Là encore, ce n’est pas mon domaine donc je ne vais pas parler du fond. Ce qui m’interpelle, c’est qu’il cite @PeterHotez

Médecin pro-vaccin et activiste contre les pseudosciences, bien connu dans le monde anglophone, et qui parlait là des essais de vaccins contre le SRAS en 2003. Peter Hotez est en faveur des vaccins actuels contre la Covid19 :
https://communityimpact.com/houston/katy/coronavirus/2021/02/01/qa-vaccine-expert-dr-peter-hotez-shares-facts-dispels-myths-about-covid-19-vaccines/

Ces « vérités » répétées par Pascal Sacré au cours de la crise Covid19 lui ont-elles valu d’être licencié par son employeur ? Était-ce justifié ? Je n’ai pas la réponse. Depuis son licenciement, comment va Pascal et que devient-il ?

Il apparaît dans divers médias et documentaires de chercheurs de vérité. Il a publié un ensemble de propositions, largement reprises par divers éveillés dont J-D Michel.
https://t.co/CjwapEUfxN?amp=1

Comment, vous ne connaissez pas Jean-Do ?

Il vend des t-shirts, badges et posters pour propager sa bonne parole.

Il donne des formations. Dans ma ville natale en plus ! Et parle de créer une école.

Il propose des consultations. Le prix me semble raisonnable, mais je suis étonnée que ses patients puissent être remboursés comme s’ils avaient fait une consultation d’anesthésie, puisque ça ne semble pas être le cas ? Je ne fais que poser la question.

Et il continue de faire des vidéos pour rassurer le peuple (février 2021) …
Avec des informations pas toujours vraiment très exactes …

Tiens voilà, fieu, puisque tu demandes :
Pfizer : https://nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2034577
Moderna : https://nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2035389
Astrazeneca : https://thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(20)32661-1/fulltext

https://t.co/zBGroCkK20?amp=1

J’arrive à la fin de ce long thread. Après tout ce temps passé en compagnie de Pascal Sacré, je n’arrive toujours pas à savoir si c’est un manipulateur, ou s’il s’agit d’une personne réellement sincère, mais aveuglée par ses biais.

Merci de m’avoir lue et à bientôt.


Un article de Galtee @BinLimerick, membre de C4S – publié sur Twitter le 6 mars 2021

Le parcours de l’irlandaise Dolores Cahill

Dans la série “Mieux connaître les lanceurs d’alerte” et leur travail

Bon, je vois que des gens ont jugé bon de traduire l’irlandaise Dolores Cahill en français. Comme je vis en Irlande, j’ai pu creuser un peu sur son parcours. Long thread sur cette grande scientifique, vue chez France-Soir.

Diplômée en génétique moléculaire et immunologie, elle est spécialisée en développement et automatisation de technologies protéomiques à haut débit, réseaux de protéines à haut contenu et leurs applications biomédicales…

Impressionnant, non ? Cela dit, ses recherches n’ont n’a rien à voir, ni de près ni de loin, avec les virus, l’épidémiologie ni les politiques de santé publique. Elle n’est pas non plus docteur en médecine. Voici un lien vers ses recherches :
https://t.co/HfSJtyFhCh?amp=1

Vous remarquerez qu’elle n’a plus rien publié depuis 2016. En fait, il y a une étude qui n’apparaît pas dans cette liste… Celle-ci :
https://t.co/kuWWlzAHOf?amp=1

Parce qu’elle a été rétractée par la revue scientifique après la découverte d’erreurs significatives en matière de méthodologie et de présentation des résultats. https://cutt.ly/WlwUSk3
Depuis ce Dolores-Gate, Dolly n’a plus rien publié. Par contre …

Elle s’est lancée dans la politique en rejoignant un petit parti eurosceptique, anti-immigration, anti-avortement, anti-trans ?etc. Dans les candidats du parti aux dernières élections, il y avait Mairead Donovan, une retraitée qui se présentait à Killarney, sauf que …

Sa photo venait d’une banque d’images et sa description était complètement inventée. Cette personne n’existait pas. Ce parti n’a pas eu beaucoup de succès aux élections, dommage pour Dolly (et Mairead). Mais..
https://t.co/4BiSqlyE6P?amp=1

Le SARS-Cov est arrivé en Irlande et Dolly a commencé à se faire connaître en participant à des vidéos pour critiquer la gestion de la pandémie.
Moi, la première fois que j’en ai entendu parler, c’est quand cette vidéo a été partagée dans un groupe Whatsapp. Après…

Elle a participé à des rassemblements contre le confinement et les masques en Irlande et à l’étranger et à faire d’autres vidéos.
Comme c’est une scientifique reconnue, ce qu’elle dit a plus de crédibilité que, on va dire, eux…
https://twitter.com/BinLimerick/status/1256148169592799232

Mais quand on creuse ce que dit cette grande scientifique, on se rend compte qu’il y a des trucs bizarres.
Par exemple, dans sa première vidéo, à 52:25, elle utilise une étude pour dire que le virus a été fabriqué dans un labo. Pourtant…
https://youtu.be/LcANaXzLMio

Les auteurs de cette étude disent le contraire ! Quand j’ai pointé cette erreur sur la page Facebook de son parti, ils m’ont bloquée en me traitant de troll… C’est facile de vérifier par soi-même.
https://t.co/Gd0OZzRSdZ?amp=1

Ici, elle dit que les coronavirus sont saisonniers et ne rendent malade qu’entre décembre et avril. Là encore, facile de vérifier par soi-même.
https://twitter.com/soundmigration/status/1332727497256030210

Dolly dit être ouverte au débat et a plusieurs fois proposé de discuter avec d’autres scientifiques.
Je remarque une chose : ses interventions sont orales et toujours très vagues. “Une étude montre que…”(Laquelle ?), “Des docteurs ont dit …” (Qui ? Quand ?)

À ma connaissance, elle n’a jamais publié ses critiques par écrit, avec une liste de références qui permettraient de savoir sur quelles données elle s’appuie. Du coup, c’est très difficile de débattre sur un pied d’égalité.

Il faut regarder toutes ses vidéos, essayer de trouver ses sources, quand il y en a, et puis vérifier si son interprétation est correcte.
Beaucoup d’affirmations ne sont même pas sourcées. Et si elle est reconnue dans son domaine…

Elle s’exprime là sur des sujets très spécialisés qui sortent complètement de son domaine d’expertise. On devrait la croire sur parole ?
Non, sorry Dolly … Par exemple, comment vérifier :

Qu’elle va séquencer des tests PCR pour voir si les gens testés n’ont pas la grippe plutôt que la Covid (15:30) ? Dans quel labo ? Avec quel financement ? Comment seront recrutés les volontaires ? Où seront publiés les résultats ?
https://t.co/2cwubmEGfi?amp=1

Que dans une étude sur les vaccins à ARNm faite sur 35 enfants, 2 sont morts (1:15) ? Pourquoi ne pas donner un lien vers cette étude qui est introuvable ? Des affirmations extraordinaires exigent des preuves extraordinaires.
https://t.co/DBy0msXTBU?amp=1

Qu’elle est protégée par les militaires allemands car elle est menacée de mort pour avoir dit la “Vérité” ?
https://twitter.com/soundmigration/status/1332719618675322882

Je ne vais pas refaire le travail de débunker tout ce qu’elle a dit, d’autres l’ont fait bien mieux que moi. @thejournal_ie a fait plusieurs super articles :
https://www.thejournal.ie/debunked-dolores-cahill-covid-19-video-masks-lockdown-vaccines-5315519-Jan2021/

@HealthFeedback a publié un article qui débunke point par point la vidéo qui a fait connaître Dolly :
https://healthfeedback.org/computing-forever-interview-with-dolores-cahill-contains-numerous-inaccuracies-about-covid-19-and-vaccines/

Il y a plusieurs articles chez @Reuters également:
https://www.reuters.com/article/uk-factcheck-sequencing-idUSKBN29R2NR

Une dernière chose. Dolly a lancé une agence de voyage. Vous êtes “éveillé” ? Vous aimez la “santé naturelle” ? Vous voulez voyager sans mettre de masque ni vous vacciner comme un mouton ? Dolly a pensé à vous :
https://www.freedomairway.com/about

Par exemple, elle propose de réserver un voyage en Irlande pour la Saint-Patrick 2021. Bon, tout est fermé en Irlande, restos, pubs, attractions, et nos déplacements sont limités à un rayon de 5 km sinon on se prend une amende. Mais si ça vous botte, c’est 750 dollars.

Si vous vous dites que c’est trop beau pour être vrai et que c’est sûrement une arnaque, ce thread devrait vous éclairer… The End
https://twitter.com/EamonnVIDF/status/1354429577259585541


Un article de Galtee @BinLimerick, membre de C4S _ publiée sur Twitter le 19 février 2021

L’exposé erroné de Laurent Ruquier pour minimiser la gravité du Covid-19

Beaucoup de gens s’appuient sur l’exposé suivante de Laurent Ruquier pour minimiser la gravité du Covid-19. Mais trop c’est trop !
Cette déclaration est trompeuse et ces chiffres ne sont absolument pas exacts :


Tout d’abord, le taux de survie des patients atteints de Covid19 ne doit pas être calculé sur la base de l’ensemble de la population mais sur la base des cas réels de cas de Covid-19, et on obtient alors des chiffres TRÈS différents.

En France, 89 301 décès sont liés au Covid sur 3, 93 millions de cas, soit un taux de mortalité de 2,3 % malgré les mesures mises en œuvre pour ralentir la propagation ( masque obligatoire, fermeture des bars, des restaurants, des cinémas, confinements et couvre-feu successifs,…) ce qui est un taux très élevé (grippe = environ 0,1 % en l’absence de restrictions).

N’oublions pas non plus que survivre au Covid ne peut être assimilé au fait de développer une forme bénigne. Une part importante des survivants du Covid sont atteint de Covid long et/ou souffrent de complications à long terme (respiratoires, neurologiques, etc.), et ce quel que soit leur âge ou leur état de santé.

En outre, le problème est bien plus profond que le Covid en lui-même.
La propagation incontrôlée du virus présente un impact sur l’ensemble du système de santé.
Par exemple, on a connu des retards de diagnostic de cancer ou de maladies chroniques, des retards de mise en œuvre de chimiothérapies, d’interventions chirurgicales, etc.

La surveillance des traitements a malheureusement aussi été affectée. Un autre problème, trop souvent négligé, est la façon dont la crise a encouragé le recours à l’automédication inappropriée, exposant les personnes au risque d’interactions médicamenteuses et d’effets secondaires graves.

Il existe bien sûr un impact très négatif sur la santé physique et mentale des soignants livrés à eux-mêmes et plus généralement sur la santé mentale en général.

Et non, la sensibilisation à la santé mentale ne signifie pas qu’il faut faire comme si le virus n’existait pas.

Cela signifie qu’il est urgent de réduire le nombre de cas.

Tous ces facteurs se reflètent dans les chiffres tragiques de 2020 :

  • la mortalité a augmenté de 9 % par comparaison aux années précédentes
  • l’espérance de vie a diminué de 10 % par rapport aux années précédentes

Nous voyons enfin la lumière au bout du tunnel avec des vaccins très efficaces.

Vaccinons le plus rapidement possible pour sortir enfin de cette crise !

Cela veut dire que le gouvernement français doit mettre en œuvre des mesures qui accéléreront le déploiement des vaccins ET réduiront l’incidence virale.

Un billet de @MerylSwanLake, membre de Citizen4Science _ publié sur Twitter le 10 mars 2021

Voyager avec la désinformation : l’exemple des Seychelles et de Gibraltar

Le 21 et le 23 février 2021, 2 éminentes figures de la contre argumentation de la “doxa officielle”, Alexandra Henrion-Claude et Silvano Trotta, ont voulu nous montrer une nouvelle fois la dangerosité de la vaccination. Exit Israël et le Royaume-Uni, cette fois nous voyageons.

Tout d’abord, Alexandra Henrion-Claude nous emmène aux Seychelles, ce magnifique archipel de 115 îles situé dans l’océan Indien.
Longtemps épargné par l’épidémie, le pays voit les cas augmenter de façon constante depuis fin décembre 2020.
Pour l’ancienne chercheuse à l’INSERM, le responsable est tout trouvé : c’est le vaccin !

Source : Twitter @ClaudeHenrion https://twitter.com/CaudeHenrion/status/1363613362106626051

Très habile, elle sait manipuler les graphiques pour montrer un constat bien plus dérangeant que la réalité.


Plongée dans une technique simple de manipulation

Elle commence par choisir le graphique qui fera le plus d’effets, ici le nombre de morts par million d’habitants. 
Tiens vous savez combien il y a d’habitants aux Seychelles ? Oui, autant choisir un endroit que personne ne connaît vraiment.

On remarquera qu’au 10 janvier, il y avait déjà 10% des morts de la période (1 mort) et que 3 semaines après (temps entre contamination, symptômes et mort) nous sommes déjà à 40% des morts de la période (4 morts donc). 40% donc de personnes décédées qui n’avaient rien à voir de près ou de loin avec le vaccin.

Dans un second temps, on choisit un second graphique avec encore une fois une autre proportion, les doses par 100 habitants. On a donc l’impression que tous les vaccinés sont morts si on ne lit pas bien…

Source : Alexandra Henrion-Claude via Our World Data

Cela représente  60 000 doses de vaccin administrées.

Donc 10 morts dont une partie avant l’administration du vaccin, 60 000 doses sur la période. 

Pour rendre cela encore plus flou, on choisit cette fois un graphique avec une temporalité différente,
plus large, ce qui permet d’être moins précis lorsque l’on place une flèche dessus.

Si on se rapproche un peu, on peut voir que la montée des cas a commencé avant la vaccination.

C’est d’ailleurs confirmé par cet article pré vaccination (au 10 janvier). On notera qu’on a vacciné 80 personnes le premier jour. 508 cas depuis le début, là on en était à 57 par jour… Avant le vaccin donc.

Début épidémique donc, déjà vue, et exponentiel

“A ce jour, l’archipel a enregistré 508 cas de Covid-19, dont 229 toujours positifs, et un mort. Ces derniers jours, le nombre de nouveaux cas a augmenté, avec notamment 57 nouveaux cas pour la seule journée de samedi.”

source : https://www.voaafrique.com/a/seychelles-d%C3%A9but-de-la-vaccination-contre-le-covid-une-premi%C3%A8re-en-afrique/5731794.html

Il se trouve que près d’un quart des cas sont des personnes étrangères à l’archipel.

23 février :

Source : https://www.facebook.com/mohseychellesofficial/

On constate donc de manière chronologique que dès fin décembre, le virus s’est propagé dans la population locale.
Mais comment ?

2 possibilités :

Des touristes venus pour les vacances de fin d’année, de pays qui ont des “statuts spéciaux” (dont la France)
ont propagé ensuite le virus.

Source : https://www.seyvillas.com/fr/html/seychelles-covid-19-info et http://tourism.gov.sc/covid-19-guidelines/

Le seule obligation était d’avoir un PCR négatif au départ, et cela, comme on le sait, se falsifie facilement…

La seconde est le retour au pays de voyageurs allant dans les Émirats pour les vacances,
et effectivement les dynamiques semblent proches dans les 2 pays,
les cas aux Émirats étant déjà en augmentation en novembre/décembre.

La situation était d’ailleurs déjà jugée très grave par les autorités au 3 Janvier,
bien avant de commencer à vacciner.

http://www.seychellesnewsagency.com/articles/14124/Seychelles+again+increases+measures+as+COVID+cases+rise%3B+movements+restricted

Le pays vivant en partie sur les services, notamment hôtelier et restauration,
les contacts humains sont fréquents, ce qui peut accélérer l’épidémie.

En conclusion :
Même s’il a été simple pour Alexandra Henrion-Claude de montrer une concomitance
entre la mortalité récente dans l’archipel et le début de la vaccination, on constate
une nouvelle fois que la causalité n’est pas celle qu’elle prétend être, et qu’il faut toujours
regarder de plus près les faits et les chiffres avant de croire sur parole un corrélation entre deux faits.

Deux jours plus tard, Silvano Trotta récidive, cette fois avec Gibraltar et une autre technique de manipulation.

https://twitter.com/silvano_trotta/status/1364166930693820416

Ici, la première manipulation est le mensonge.
Sans citer de source il est simple de donner des dates, et avec une base de suiveurs assez importante,
c’est d’être cru sur parole.

Il se trouve que la vaccination a démarré le 10 janvier, pas le 12 décembre. (arrivée des vaccins le 9 dans le pays.
source : https://www.gibraltar.gov.gi/press-releases/arrival-of-covid-19-vaccine-in-gibraltar-302021-6573 )

A noter que 6 personnes parmi les 11 000 vaccinés sont décédées, pour des raisons non reliées au vaccin.
source : https://www.gibraltar.gov.gi/press-releases/no-deaths-arising-from-vaccinations-in-gibraltar-932021-6638

Au 10 janvier, date de début réelle de la vaccination,  le pic de cas était passé et la mortalité suivant,
comme partout, les cas avec 1 à 3 semaines de décalage (12 jours ici).
La vague ayant démarré dès le 12 décembre, avant le début de vaccination de n’importe quel pays avoisinant
(tiens donc, nous retrouvons la date du 12 décembre…).

Il est donc simple d’établir que le vaccin n’a rien à voir avec la vague épidémique.

Ces 2 exemples nous montrent que la manière de présenter les faits peut suggérer,
sans chercher à démontrer,  des causalités inexistantes, pour instiguer la peur dans l’esprit des gens.

Il faut toujours prendre un peu de hauteur lorsque l’on regarde un graphique.

Par exemple, si on vous montre cet ensemble de graphiques, demandez qu’on vous explique
celui en bas à droite (Afrique du Sud) et pourquoi le nombre de morts augmente là-bas sans vaccination !


Un article de Ari Kouts @arikouts, membre de C4S

Déclarations d’Alexandra Henrion-Caude : encore de la désinformation cette fois sur ISRAËL

Profitons une nième fois des propos à base d’informations manipulées d’Alexandra Henrion-Caude pour rétablir la vérité .

Pourquoi ?

Montrer du doigt l’évolution croissante du taux d’incidence et de décès avant la durée incompressibles d’obtention des bénéfices de la vaccination ET du confinement…

…Est sinon malhonnête, au moins injuste.

Alors voici le contexte:

⁃ la 3e vague a commencé en Israël début décembre.

⁃ Les Israéliens ont commencé la vaccination le 20/12 et ont reconfiné le 27/12/2020.

⁃ Ils respectent le délai de 3 semaines entre 2 doses pour le vaccin Pfizer et 4 semaines pour le vaccin Moderna.

Au 27/01/2021 :

⁃ 30 % de la population a reçu 1 dose.

⁃ 15 % de la population. a reçu 2 doses.

Sachant que, d’après le Pr Bercovier, Professeur de microbiologie à l’Université hébraïque de Jérusalem :

”  Tant qu’on n’aura pas 80 à 90 % de personnes ayant reçu les deux doses du vaccin, en particulier les plus de 65 ans, on n’aura pas d’effet important “

Et il s’attend à un impact réel à partir de DÉBUT FÉVRIER

Regardons quand même l’évolution du taux d’incidence en Israël :

Le 17/01: nous avons le pic du taux d’incidence des contaminations, puis nous avons un plateau, puis cela semble diminuer :

On voit donc une baisse environ 28 j après le début de la vaccination et 21 jours après le début du confinement.

On peut supposer, pour expliquer ces résultats, les effets concomitants du début de la vaccination ET du confinement,

Car selon les résultats préliminaires d’une étude conduite par l’une des Caisses d’assurance maladie locale:

– Sur 200000 pers de plus de 60 ans ayant reçu 1 dose, 14 à 17j après on constate une chute de 33% du taux d’infection, et selon les observations d’une seconde caisse d’assurance maladie :

– seuls 20 pers. /128 600 (0,015%) ayant reçu les deux doses du vaccin Pfizer étaient infectées par le virus au moins 1 semaine après.

Ce qui semble indiquer l’efficacité du vaccin, mais 3 semaines environ de façon significative après la date de la 1 ère injection, et avec 2 doses.

Et n’oublions pas non plus le rôle très probable du confinement sur cette tendance.

MAIS, comme nous l’avons déjà expliqué, cette mesure est toujours prise quand les cas graves commencent à augmenter et donc encore plus le taux d’incidence, et la courbe ne s’atténue que plusieurs semaines après le début du confinement, à cause de la durée d’incubation et des nombreux cas qui continuent d’évoluer.

Ceci expliquant cela…


Un texte de Lee Blanchard @MahFranois3, membre de C4S

Analyse des déclarations d’Alexandra Henrion-Caude : le cas de la SUÈDE

Profitons une nouvelle fois des élucubrations de comptoir de bistrot d’Alexandra Henrion-Caude pour rétablir la vérité

Nous allons :

– Rappeler le contexte particulier des moins de 16 ans face à la COVID-19

– Rappeler le contexte socio-démographique particulier de la Suède

– Contrer une nouvelle fois ces incitations répétées d’AHC à lever toutes les mesures barrières élémentaires.

La covid19 entraîne une très faible mortalité chez les jeunes de moins de 16 ans.

C’est un fait, qui se vérifie partout dans le monde.

En France par exemple on ne déplore que 2 morts de moins de 16 ans depuis mars 2020 pour un peu moins de 70 millions d’habitants avec l’une des mortalités/COVID-19 les plus élevées.

Donc utiliser l’indicateur du nombre d’enfants morts ou admis en réanimation en Suède en disant que c’est l’absence de masque et de confinement qui en sont à l’origine est inapproprié et mensonger car même si le virus circule dans une population de moins de 16 ans, les réanimations et décès y seront bien forcément plus faibles que dans les autres classes d’âge !

Par ailleurs on sait qu’il y a à priori des asymptomatiques et peu symptomatiques dans cette classe d’âge, mais que les enfants peuvent être vecteurs et notamment vers les classes d’âge plus à risque.

Rappelons aussi que la Suède fait partie des 20 pays à plus forte mortalité dans le monde avec 66 morts/100 000 habitants.
En France ce taux est d’environ 80/100 000 habitants.

Regardons alors d’un peu plus près la densité de population et le comportement des Suédois, et voyons pourquoi ceux-ci pourraient concourir à limiter malgré tout le taux d’incidence et la mortalité malgré des mesures barrières plus légères qu’en France.

Stockholm est une ville très étendue, et les habitants ont beaucoup moins de mal à garder leurs distances physiques que dans une ville comme Paris par exemple.

Par ailleurs en Suède les recommandations de l’état sont TRÈS SUIVIES. Ils n’attendent pas des lois pour respecter les recommandations.

Certes le confinement n’a pas été obligatoire, mais :

⁃ par exemple les bars et les restaurants ont été souvent fermés,

⁃ Et quand ils sont ouverts le taux d’affluence y est plutôt dans les 25%,

⁃ La fréquentation des lieux de travail a chuté de 27%, à peu près comme en France.

Mais soulignons aussi que devant la hausse récente du taux d’incidence les autorités suédoises envisagent des mesures plus strictes.

Enfin regardons chez les proches voisins de la Suède.

En Norvége et en Finlande, avec des mesures PLUS STRICTES, à votre avis la mortalité y est-elle plus FORTE ou plus FAIBLE ?

✅ Norvège: 10/100 000

✅ Finlande: 12/100 000

❌Suede : 66/100 000

Et ces 2 pays, parmi les meilleurs en terme de mesures préventives, annoncent des durcissements de leurs dispositifs… ….

CQFD Madame Henrion-Caude.



Un texte de Lee Blanchard @MahFranois3, membre de C4S

Analyse vidéo interview Alexandra Henrion-Caude censurée YouTube

Dans cet article nous allons voir les méthodes de manipulation basiques de l’information utilisées par Alexandra Henrion-Caude qui, à défaut de briller actuellement dans son domaine d’expertise se distingue en revanche dans l’art de faire dire aux faits des contrevérités.
La vidéo évoquée est celle du 16/02/21 sur TV Liberté dans le Samedi Politique, interview par Élise Blaise.

Dans cet article nous allons voir les méthodes de manipulation basiques de l’information utilisées par Alexandra Henrion-Caude (AHC) qui, à défaut de briller dans son domaine d’excellence, se distingue en revanche dans l’art de faire dire aux faits des contrevérités.

Tout d’abord, soulignons le fait qu’elle préambule en disant qu’elle est fière d’agir au sein de Reinfo covid, le contestable collectif fondé par le non moins contestable docteur Louis Fouché (lire par ex la fiche dédiée de @conspiracywatch). Notons également qu’AHC, à défaut de pouvoir s’exprimer sur les médias mainstream, semble tout à fait satisfaite de trouver tribune dans les médias et les blogs complotistes (Sud Radio, Reinfo Covid) et/ou classés très à droite de l’échiquier politique (TV liberté par exemple, dirigée par un ancien du Bloc Identitaire, sulfureux groupuscule d’extrême droite appelée à être dissout ces jours-ci.)

Notons aussi dès le départ qu’elle use d’un vocable volontairement extrême voire caricatural. Par exemple, elle parle du projet de loi 3714, même si le contenu de cette loi peut et doit être discuté, comme d’un projet dictatorial, mais sans développer.

Idem pour les mesures de couvre-feu qu’elle qualifie de totalitaires. On est clairement dans une sémantique très exagérée qui a pour but d’inquiéter et d’attiser l’hostilité de son auditoire envers les institutions.

Ensuite, elle explique que les personnes vaccinées sont des cobayes, des participants à un essai clinique non déclaré, et sans leur consentement.

Mais ces vaccins ont suivi les phases 1, 2 et 3 et ont obtenu l’autorisation de l’Europe et l’avis favorable de l’HAS. Les effets secondaires non identifiés préalablement le seront dans le cadre de la pharmacovigilance dont elle ne semble pas comprendre (ou feigne de ne pas comprendre) le fonctionnement (voir le passage concerné à la fin de la vidéo).

Alors certes il manque des données pour les plus de 75 ans, également il y a des incertitudes quant à la durée entre les 2 injections mais ce qu’elle ne dit jamais, ce sont les bénéfices de ce vaccin.

On n’en sera pas étonnés quand on sait que cette même personne truquait l’interprétation des chiffres de Pfizer :

Pfizer

Severe/Covid

Vaccin : 1 / 8

Placebo : 9 / 162

40 000+ participants

Sur la base de ces chiffres AHC a dit:

« dans le groupe vaccin 1 forme grave /8. Ds le groupe placebo 1/16 =>  2 x plus de chance de forme grave chez les vaccinés »

Hors c’est bien entendu faux. En réalité ces chiffres indiquent qu’il y a 20x plus de chances d’être infecté sans vaccin.

Et l’effectif du groupe « vaccin » est par ailleurs bien trop faible pour définir statistiquement le pourcentage de formes graves sur effectif total infecté dans ce groupe.

Donc pour déclarer, publiquement en plus, le pourcentage de formes COVID19 graves chez les vaccinés, il faudrait un effectif bien plus important de vaccinés atteints de COVID19.

Ensuite elle nie la surmortalité et explique que celle ci ne justifie pas les « mesures autoritaires » développées (confinement etc). Là on touche du doigt la méthode de manipulation mentale. Elle choisit ce graphique, de sa conception:

Et elle explique, sans jamais donner la valeur précise de la surmortalité en 2020 vs 2019, que c’est « juste la petites barre orange en plus ».

Sauf que cette barre représente 9% soit environ 53900 morts en plus!

Bien tenté, mais grossière technique « visuelle » pour minimiser la réalité en la présentant visuellement noyée dans la masse.

La journaliste lui oppose alors « oui mais justement on peut penser que les mesures sociales ont contenu la mortalité ».

Gros moment de doute chez AHC qui bafouille que les allemands n’ont pas eu de surmortalité, et qu’elle pourra expliquer pourquoi avec ses travaux. Évidement aucune explication ne suivra dans l’interview…

Arrive alors la séquence dans laquelle elle tente encore, de façon légèrement différente, de nous faire croire que la mortalité en France n’a pas augmenté en 2020. Elle explique par l’intermédiaire de ce graphique que c’est la mortalité de la population française depuis 1946. D’accord sauf qu’elle présente la mortalité des mois de février depuis 1946, soit 2 mois avant le premier gros pic de mortalité en 2020 !! Donc bien sûr rien ne saute à la figure.

Enfin, on vous garde le meilleur pour la fin : le camembert de la répartition de la mortalité 2020 en fonction des périodes de l’année.

Accrochez-vous

AHC dit :

« 2/3 de la mortalité 2020 a donc lieu pendant les confinements »

Oui et donc ?

Et bien c’est normal car les confinements sont déclenchés en toute logique quand les malades graves commencent à saturer les services de réanimation…et donc ils meurent massivement quelques jours après.

Mais elle ose dire clairement « que les confinements sont responsables des pics de mortalité ».

Formidable illustration de l’adage bien connu des étudiants, corrélation n’est pas causalité.

Pour s’enfoncer un peu plus elle raconte que le virus circule, tue et ensuite s’éteint. Mais omet de dire que ce sont notamment les mesures sociales et gestes barrières qui « éteignent » les signaux.

Passons à la séquence des tests PCR, qui vaut son pesant de cacahuètes.

Elle dit en gros que les asymptomatiques ne peuvent pas contaminer les autres car sont en fait non infectés et que donc les PCR + chez asymptomatiques sont bidons.

Et bien sur elle n’explique jamais que tout test présente des FP et FN et que ce n’est jamais parfait, mais que cela permet d’identifier quand même efficacement, pour ce test, les personnes infectées.

Embrayons alors sur le passage surréaliste où elle interrompt 3 fois la journaliste pour lui dire « vous ne trouvez pas bizarre que le premier vaccin ait été fait un dimanche, pendant que je fêtais la Sainte Famille ? » et de déplorer les vaccins réalisés pendant le shabbat en Israël…

Puis la folle séquence de la tomate transgénique où elle compare le vaccin à l’injection d’information génétique pour modifier les tomates, sauf qu’une tomate voit son ADN modifié par transgénèse, et c’est le but, pour lui conférer un avantage. C’est un OGM.

Dans le cas du vaccin, qu’elle ne veut pas appeler comme tel, mais ce dans le cas de ce qu’elle appelle « vaccin génique expérimental », on injecte un ARN qui va être traduit en protéine dans le cytoplasme et ne jamais rentrer dans le noyau.

Donc elle distille la peur en faisant croire qu’on va modifier votre ADN comme pour une tomate transgénique.

Ensuite elle explique que le vaccin produit 2,7 % d’effets secondaires empêchant d avoir une activité professionnelle normale, ce qui est beaucoup et ce qui est plus que les 1,4 % développant les mêmes effets chez les personnes COVID+.

Mais là encore sans jamais parler des bénéfices du vaccin, qui va empêcher 94% des vaccinés d’être infectés et de développer une forme grave (données Pfizer, maintenant confirmées à peu de choses près avec des données provenant notamment d’Israël).

Au passage elle dit là que 2,7% d’effets secondaires c’est énorme, alors que, souvenez-vous, 9% de surmortalité c’était…minime.

Enfin elle finit par jouer la victime, se dit offusquée d’être traitée de complotiste, dit qu’elle est censurée par You Tube, les médias mainstream etc.

Bref, toutes les ficelles de la communication conspirationniste où nous relevons pêle-mêle le sentiment de persécution, l’impression d’être seul détenteur de la vérité quand les appareils de pouvoir, les journaux, les grandes compagnies internationales sont les artisans des lobbies financiers, de la censure et de l’oppression des soi-disant lanceurs d’alerte.


Un texte de Lee Blanchard @@MahFranois3, membre de C4S