COMMUNIQUÉ DE PRESSE n°4

COMMUNIQUÉ DE PRESSE n°4

relatif au communiqué de l’Académie nationale de médecine du 14/04/2021

Espacement de 6 mois des doses de vaccin ARNm contre la Covid-19 : D’un pari à l’autre… une ligne rouge est franchie avec une recommandation de l’Académie nationale de médecine non basée sur les données de la science, générant le potentiel d’un risque sanitaire inconnu

Dans son avis en date du 12 avril 2021 « Accélérer la vaccination contre la Covid-19 », l’Académie Nationale de médecine prend une position qui relève plus du pari que de la recommandation basée sur la science.

Après avoir préconisé l’allongement à 6 semaines au lieu de 4, c’est maintenant un allongement à 6 mois du délai entre 2 doses de vaccin à ARNm qu’elle recommande pour les personnes immunocompétentes (sans troubles de l’immunité).

Elle écrit :

« Devant la nécessité de presser la campagne vaccinale malgré les limitations d’approvisionnement en vaccins,  en s’appuyant sur les travaux de modélisation de la couverture vaccinale, un délai plus long de l’ordre de 6 mois, permettrait d’atteindre une immunité collective beaucoup plus rapidement avec le même nombre de doses tout en assurant une protection individuelle satisfaisante. »

Ce requis de 6 mois posé, qui n’est qu’un « calcul logistique » par rapport à un objectif postulé de couverture vaccinale, le communiqué de l’Académie relève d’une tentative de justification périlleuse qui n’est guère convaincante ni rigoureuse et occulte le risque encouru à titre individuel et collectif d’un point de vue sanitaire.

L’Académie fournit à l’appui 2 études (États-Unis et Royaume-Uni) qui montrent l’atteinte d’une protection rapide (2 semaines) de 80 à 90 % après la première injection. Ces résultats ne justifient en rien l’allongement du délai de 6 mois entre les doses. C’est sans doute la raison pour laquelle il est évoqué une modélisation, qui n’est d’ailleurs pas fournie ni référencée dans le communiqué. Quand bien même elle le serait, s’appuyer sur une modélisation dans l’état actuel de la connaissance du virus et de la circulation intensive de variants est un vrai pari.

En effet, rappelons que concernant l’administration d’une dose unique, il n’existe aucune donnée expérimentale sur l’efficacité au-delà de 3 mois, ni sur l’immunité humorale ; ni de données sur les effets dans le monde réel d’une vaccination unique de la population à 6 mois en ce qui concerne la circulation du virus et de ses variants.

Le risque variants  est une des justifications de la recommandation  de l’Académie. On se demande donc comment il est possible qu’elle fasse pure abstraction du risque de sélection de variants que constitue sa préconisation d’allongement du délai à 6 mois.  En l’état actuel des données de la science, rien ne permet d’exclure que cet allongement de plusieurs mois permette la sélection de souches résistantes au vaccin, ce qui pourrait entraîner une catastrophe sanitaire.

Ainsi, la couverture vaccinale ne peut s’entendre comme atteinte durablement (à l’échelle de 6 mois) par l’injection d’une dose unique quand le schéma vaccinal en prévoit deux à 4 semaines déjà allongé à 6 semaines, pari qui pouvait quant à lui  sembler « raisonnable », bien que pari quand même.

Raisonnons par l’absurde. On peut donc  légitimement se poser la question :  si les prévisions de délai d’approvisionnement en vaccin ARNm étaient le double, l’Académie nationale de médecine aurait-elle préconisé un allongement à 12 mois entre les 2 doses ? Cela ne rime à rien.

Nous regrettons ainsi cette position de l’Académie nationale de médecine qui nous apparaît peu rigoureuse, non basée sur les données de la science, avec claire  immixtion de la politique, ayant pour résultat une recommandation qui génère le potentiel d’un important risque sanitaire, risque qui n’est même pas évoqué dans le communiqué.

Les décisions de politique sanitaire devraient clairement être distinguées des avis scientifiques.
L’amalgame est fâcheux et source de confusion pour le public.

Au-delà du risque sanitaire potentiel, nous craignons que ce mélange des genres décrédibilise la science et ceux qui la portent, ainsi que les gouvernants, entraînant le maintien de la défiance des citoyens.

Nous demandons aux instances concernées la publication d’une justification scientifique de cet espacement de 6 mois, et à défaut, de le reconsidérer.

18/04/2021

Communiqué de presse au format PDF :

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Communication de l’avis de la HAS du 19/03 sur le vaccin AZ : un couac

Par Peter Bernstein @peterberns10 apothicaire assermenté non exerçant. Formateur. Gérant. Membre de Citizen4Science

Les acteurs de terrain (médecins/pharmaciens qui vaccinent) on encore une fois dû être heureux d’apprendre par la presse une information ayant un impact majeur sur leur activité : l’exclusion des patients de 50 à 54 ans de la vaccination AstraZeneca.

C’est Nicolas Berrod, journaliste au Parisien, qui publie un thread à 13h assorti d’un article du quotidien :
https://twitter.com/nicolasberrod/status/1372877687962877958
Le rapport cité dans ce thread posté il y a 6 heures, et qui semble porter la mention « confidentiel » en filigrane, vient tout juste d’être publié par la HAS (le filigrane, quoi qu’il dise a disparu), faisant suite à l’e-mail DGS-Urgent résumant son contenu, reçu lui vers 16h.

Cela oblige les professionnels de santé à déprogrammer les rendez-vous de patients âgés de moins de 55 ans, qui pour certains avaient REPRIS rendez-vous… après s’être déjà vu déprogrammés lundi suite à la suspension du vaccin AstraZeneca. Tant pis. Ils re-reprendront rendez-vous plus tard.
Il serait heureux que les autorités de santé prennent en considération l’impact que la fuite (si c’en est une) de ce genre d’infos, non encore officielles peut avoir sur l’activité de professionnels travaillant déjà dans des conditions extrêmement tendues.
Que les journalistes relayent des infos confidentielles, c’est une chose, ils font leur taf. Même si avant de publier ce genre d’infos sensibles ils pouvaient évaluer les conséquences que cela aura pour les acteurs de terrain …
C’est le fait que ce rapport ait été diffusé aux journalistes avant que les professionnels directement concernés par son contenu en aient connaissance qui est inacceptable. D’autant plus en considérant le contexte actuel !
Cela s’ajoute à une communication erratique et difficilement compréhensible de la part des autorités de tutelle des soignants, les emails DGS Urgent en étant un exemple souvent moqué sur le réseau…

Olivier Véran a bien tweeté l’info à peu près au même moment sans pour autant expliquer pourquoi on passait de 50 à 54 ans (cela devait aller de soi), mais tous les soignants ne sont pas au courant sur Twitter !

Donc merci @olivierveran, @AlerteSanitaire & @HAS_sante de prendre un peu plus en considération l’impact que votre façon de communiquer peut avoir sur le quotidien des acteurs de terrain !

Quant aux citoyens non heureux destinataires des DGS urgents : il aura fallu attendre 18h pour voir l’avis de la HAS publié sur sont site internet…

Fin de vie : Qui fait quoi ?

par Igor AURIANT, médecin réanimateur, membre de Citizen4Science

Je suis médecin Réanimateur et comme beaucoup je pense qu’il faut effectivement respecter le droit à mourir selon la volonté de chacun.
Mais au delà de notre arsenal législatif, les nouveaux propos me posent une question. Si je décide de ne pas être réanimé ou de mourir devant une maladie incurable : Qui fait le geste de me tuer ?
La seul question posée par tout cela est : Qui fait l’injection létale ? c’est à dire de façon provocatrice : À qui donne t’on le droit de tuer et qui est prêt à l’assumer..
Pour donner des éléments de débat, je vous propose deux choses : une expérience personnelle décrite et un Tedx sur ma vie de Réanimateur face à la mort. Vaste sujet mais il faut imaginer que la vraie question éthique c’est le QUI, et peut être la poser.

Expérience personnelle

 J’ai aussi appris que l’homme même jeune pouvait avoir le choix de sa vie et surtout de sa fin de vie.
Il avait dix-huit ans à peine, jeune myopathe dans son fauteuil. Nous nous étions souvent vu en consultation ou en hospitalisation de courte durée. Il aimait la vie, il aimait lire, il regardait internet, savait tout sur tout. Il avait décidé vers l’âge de 14 ans quand ses mouvements devenaient impossibles, quand sa respiration se faisait rare que même si pour certains la trachéotomie avait allongé la survie de plusieurs années en apportant une assistance respiratoire permanente, il avait décidé que ce ne serait jamais pour lui. Ils avaient expliqué, à ses parents, à ses frères, à nous qu’il préférait mourir ; que c’était son choix. Ils savaient que quand ses muscles respiratoires seraient insuffisants, quand l’assistance ventilatoire par masque serait incompatible ou plus compatible, il préférait mourir.  Il avait pour le moment échappé à la trachéotomie et surtout à la décision de ne pas, il avait un masque souvent sur le visage pour respirer mais pas de trachéo. Il est arrivé dans le service en urgence, il avait du mal à respirer, nous savions. Je revois encore son corps dans le lit, si grand lit, ses yeux, si grands yeux, sa parole si belle parole. Nous avons en équipe fait le tour de la situation, évoqué les problèmes éventuellement surajoutés, les infections possibles et puis nous n’avions rien trouvé. Inexorablement sa musculature respiratoire avait perdu de son efficacité et inexorablement il allait vers l’asphyxie. Nous sommes allés le voir avec Jean Claude, j’étais encore de garde ce soir-là. Nous avons discuté de la seule alternative qui restait, intubation avec ventilation puis trachéotomie. Nous savions, il savait. Il a reprécisé ses choix, les conséquences de ses choix. Il parlait difficilement en se séparant de temps en temps du masque, il était posé serein, il était prêt. Nous avons ensuite passé un long moment avec sa famille qui avait déjà envisagé les choses, qui ne voyait pas comment cela allait se passer. Allait-il s’asphyxier progressivement, lutter pour respirer et devenir, tout bleu et mourir. Allait-il être intubé puis endormi et enfin libéré par nous. Allions-nous respecter son choix. Nous avons ensemble repris tous les éléments, toutes les perspectives pour revenir à l’ultime et dernière perspective. Nous ne l’intuberions pas contre son gré, nous ne le laisserions pas s’asphyxier dans la douleur, nous lui amènerions du confort pour qu’il ne souffre pas, puis l’hypercapnie allait arriver et il s’endormirait tranquillement. En gros nous lui apporterions du confort jusqu’à ce que le gaz carbonique de son sang mal évacué par le poumon ne le plonge dans une narcose sans retour vers l’arrêt. Cette nuit-là, la famille était présente pendant la garde, nous avons beaucoup discuté, il riait, il racontait des souvenirs. Il avait fait le choix de niquer la mort, il décidait. Plus tard dans la nuit, nous étions tous les deux, il m’a parlé de ces choses d’homme. On a discuté de ce sexe  qu’il n’avait jamais pratiqué, on a parlé de tout cela, en vieux copain puis nous avons été dormir.
Quelques jours ont passé, il respire de plus en plus difficilement, il commence à lutter. Ce matin il m’a dit que c’était trop dur. Alors avec Jean Claude, avec le Staff que vous connaissez déjà nous avons entamé la dernière discussion, celle du choix. Tout le monde a participé. Ensuite avec l’équipe, avec sa famille, nous avons mis en place la morphine doucement, il riait encore. Nous avions que la douce torpeur allait l’envahir puis que la douleur de la respiration disparaitrait, puis que la respiration se ferait plus lente, puis qu’il s’endormirait définitivement puis que son cœur s’arrêterait.Cela a duré un certain temps en jours, puis j’ai senti qu’il commençait à s’endormir, qu’il respirait moins. Alors j’ai posé la blouse sur la chaise en famille et j’ai attendu. Petit à petit il a commencé à faire des pauses respiratoires de plus en plus longue, puis il est parti. J’ai juste gardé mes larmes pour ses proches autour de moi, j’ai partagé le sentiment d’avoir fait ce qu’il voulait de l’avoir respecté. Oui il est venu dans le service et oui, on n’a pas écouté ceux qui se défausserait en disant je te trachéotomise car je suis docteur moi, connard, et je sauve la vie, on n’a pas écouté ceux qui disaient mais mettez-le en soins palliatifs, on va le garder en vie le plus longtemps possible. On l’a pris chez nous dans le service où il venait depuis toujours où il connaissait tout le monde, on l’a pris avec sa famille, on a rediscuté, on a rediscuté de son choix de niquer la mort, de choisir. Et puis quand respirer est devenu trop difficile, on n’a pas mis de machine, on a augmenté la sédation pour qu’il s’endorme et apaisé en quelques jours il est parti la main dans la main. Personne n’ fait d’injection létale  il est mort comme il avait vécu : debout dans sa tête. 

mon TED sur la mort vue par un réanimateur

https://youtu.be/JM1ZdqbjeJ4

Peut être un nouveau débat ?

Mise au point sur les suspensions du vaccin AstraZeneca

Pharmacovigilance – Vaccin AstraZeneca

Vous l’avez sans doute entedu : des pays ont suspendu l’utilisation du vaccin AstraZeneca (AZ) suite à la déclaration de cas de thromboses (caillots sanguins) chez des personnes vaccinées.

Ces déclarations ont été faites dans le cadre de ce que l’on appelle la pharmacovigilance, c’est à dire la surveillance de la sécurité des médicaments sur le marché.

Pourquoi suspendre ?

24 cas de thromboses ont été déclarés en Europe chez des personnes ayant reçu le vaccin AZ.

Certains pays ont décidé d’appliquer le principe de précaution et de suspendre l’utilisation du vaccin : notamment le Danemark, la Norvège, l’Islande et aujourd’hui la Bulgarie. Je n’ai pas le détail mais il est probable que les pays ayant suspendu l’utilisation du vaccin en premier sont ceux qui ont déclaré les (ou le plus de) cas : le Danemark et la Norvège. Dans le cas contraire, voir ci-dessous.

Pourquoi pas en France ?

À ce jour, aucun cas de ce type n’a été déclaré au système de pharmacovigilance français.

Mais même si l’on prend les données européennes :
Il y a 150 à 200 thromboses veineuses ou embolies pulmonaires (caillot sanguin dans un vaisseau pulmonaire) pour 100 000 habitants par an en France (source : Société française de médecine vasculaire ). C’est ce que l’on appelle l’incidence, terme que vous devez connaître grâce au Covid…
À ce jour, environ 8 millions de personnes ont été vaccinées avec le vaccin AZ en Europe. Rapportée à cette population de 8 millions, une incidence de 150 sur 100 000 représenterait (en arrondissant) 33 cas de thromboses ou embolies pulmonaires par jour !

Dans le cas présent, il y a eu 24 cas sur 8 millions de personnes, sur une période d’environ 2 mois 1/2. Cela représente une incidence annuelle inférieure à 2 sur 100 000, soit très largement inférieure à l’incidence habituelle de cette pathologie.

À ce stade, il n’y a donc pas de quoi s’inquiéter, c’est pour cela que la vaccination AZ continue en France.

Que faire alors ?
À nouveau, les pays ayant suspendu les vaccinations sont sans doute ceux ayant signalé ces cas. Dans le cas contraire, une telle application du principe de précaution parait disproportionnée au vu des bénéfices apportés par le vaccin. Par ailleurs, la Covid-19 induit également un risque de thrombose !
D’autre pays ont agit de façon plus proportionnée en suspendant la vaccination uniquement avec les lots de vaccins concernés (1 lot = ensemble des flacons produits lors d’une session de production).

À ce stade, il n’y a qu’une coïncidence entre « personne vaccinée » et « 24 thromboses ». Par précaution, le laboratoire AstraZeneca va analyser les lots concernés, et voir s’il peut y avoir un lien de causalité entre ces thromboses et le vaccin. Ce n’est pas exclu, mais ce n’est pas établi.

Pour rappel, l’Écosse a publié des données sur l’ensemble de sa population dont une grande partie a reçu ce vaccin, sans qu’il y ait pour autant eu une alerte à ce sujet.

Donc, avant qu’une éventuelle causalité ne soit établie, ou qu’il y ait une augmentation anormale des cas de thrombose chez les patients vaccinés en France, il n’y a rien à faire sinon attendre les résultats des analyses.

Qu’est-ce que cela veut dire ?

Que le système de pharmacovigilance fonctionne très bien. Cela devrait rassurer les personnes croyant que les vaccins ont été lancés sur le marché sans aucun contrôle.
Dès que le premier patient de la population générale (hors étude clinique) a reçu une première dose du vaccin AZ, la pharmacovigilance a démarré.

C’est ce qui se fait tous les jours avec tous les médicaments sur le marché. C’est ce qui arrive lorsqu’on entend que la commercialisation de tel médicament a été suspendue par l’ANSM, suite à un nombre d‘ effets indésirables anormal au regard de la population prenant le médicament, et du taux habituel de cet effet indésirable.

Vous trouverez plus d’infos sur la surveillance des vaccins par l’ANSM, et notamment comment signaler un effet indésirable ici : https://www.ansm.sante.fr/Dossiers/COVID-19-Vaccins/Dispositif-de-surveillance-des-vaccins-lors-de-leur-utilisation-en-vie-reelle/(offset)/4

Note :
La société française de médecine vasculaire a publié un communiqué sur lequel se base le présent texte. Vous pouvez le consulter ici : https://www.portailvasculaire.fr/espace-sfmv/actualite/vaccin-astra-zeneca-communique-sfmv

Un billet de Peter Bernstein @PeterBern10 – pharmacien, membre de Citizen4Science

Le cas du médecin belge Pascal Sacré

Dans la série “Mieux connaître les lanceurs d’alerte” et leur travail

Mon compatriote belge Pascal Sacré a fait pas mal parler de lui ces derniers mois. Vu chez France-Soir, dans le film “Ceci n’est pas un complot” de Bernard Crutzen, et dans le bonus de “Hold Up le documentaire”. Je voulais un peu mieux connaître ce médecin, je n’ai pas été déçue du (long) voyage.

Pascal se fait connaître en avril 2020 par cet article où il se présente comme n’étant pas conspirationniste. Il alerte sur la corruption des experts de différents comités scientifiques qui sont, selon lui, à la botte de l’industrie pharmaceutique.
bit.ly/2MFH3Fk

Il critique les mesures de distanciation sociale comme le confinement et propose de « partir en guerre contre la corruption » et de créer des comités d’experts renommés, réellement indépendants et bien sûr, non-conspirationnistes (ça a l’air important pour lui).

Je ne vais pas revenir sur la définition de « conspirationniste » ni de « complotiste ». Ce sont des qualificatifs qui se sont vidés de leur sens depuis le début de la pandémie et je trouve que ces termes polarisent et ne font pas avancer le débat. On va dire que …

Pascal a des idées « alternatives » depuis certain temps… sur l’ONU (2009 – bit.ly/2PqIqsr), sur les gens qui croient à la version officielle sur les attentats du 11 septembre (2010 – https://bit.ly/3sGTSi6) ou sur les vaccins (2010 – https://bit.ly/3c5WcIP).

Pascal apparaît sur mon radar fin octobre 2020, quand un des ses message est partagé sur Facebook par des personnes avec qui je suis en contact.
Il a piqué ma curiosité, je trouvais cette vision de la science plutôt étonnante, pour un médecin.

Quelques jours plus tard, il a été licencié par le Grand Hôpital de Charleroi pour avoir dit « sa » vérité.
https://bit.ly/30bktHR
Je n’ai trouvé nulle part la version de son employeur. Peut-on virer quelqu’un pour ses idées ? C’était quoi, exactement, « sa » vérité ?

Très prolifique, Pascal a notamment écrit 5 articles « COVID-19: au plus près de la vérité. » en juillet 2020. Penchons-nous sur ces articles en particulier pour mieux comprendre ses idées : 1. Le confinement, d’après lui, a eu l’effet inverse de celui escompté.

Pascal se base principalement sur cette « étude » réalisée par 3 personnes aux CV impressionnants.
(https://bit.ly/3uXa9RQ)

Elle n’a pas été publiée dans une revue scientifique ni revue par des pairs. Moi je ne peux pas juger de la méthodologie, mais…

Ce n’est pas comme s’il y avait d’autres chercheurs qui avaient publié des études sur les effets du confinement, de toute façon… *On me souffle dans l’oreillette qu’il y en aurait eu quelques-unes ? Pourquoi n’utiliser que celle-là, alors ? Continuons …

2. Les masques causent l’hypoxémie (diminution de la quantité d’O2 transportée dans le sang ), l’hypercapnie (élévation du volume de CO2 présent dans le sang) et permettent la culture de virus (https://bit.ly/3qkQCXY). Je suis traductrice, pas médecin, mais j’ai eu un doute..

J’ai donc été lire les sources de Pascal :

  • Avis non sourcé de Russell Blaylock, neurochirurgien retraité.
  • Étude qui constate une légère baisse de la SpO2 sans pouvoir déterminer si elle est due au masque ou au stress et qui appelle à faire plus d’études :

Étude sur le port des masques N95 chez les femmes enceintes : pas de différence sur la composition de l’air inspiré ni sur la saturation en oxygène mesurée au bout du doigt, mais le port du N95 est fatiguant, car il faut faire plus d’effort pour respirer (si j’ai compris) :

Article suivant (https://bit.ly/3cm6S6f): 3. En vérité je vous le dis, on nous cache un remède efficace parce qu’il ne coûte pas cher. On ne va pas refaire le débat. Beaucoup y ont cru…

Aujourd’hui, on sait que ça ne fonctionne pas. Même des sources recommandées par Pascal disent que ça ne marche pas :


Pourtant, en décembre 2020, Pascal recommande toujours l’HCQ. Continuons …
Avec l’article suivant https://bit.ly/3kQRwKv :
4 . Les tests PCR ne sont pas un indicateur fiable et servent à faire peur à la population. Soit :

C’est un domaine trop compliqué pour que je puisse vérifier si ce qu’il dit est pertinent. Par contre, je constate que nulle part, il ne propose d’utiliser un autre indicateur pour savoir si l’épidémie repart. Ça serait pourtant utile. Enfin :

5. Pascal a peur des vaccins contre la Covid19. D’ailleurs la Bible nous avertissait déjà ! https://bit.ly/3rtwKDy Là encore, ce n’est pas mon domaine donc je ne vais pas parler du fond. Ce qui m’interpelle, c’est qu’il cite @PeterHotez

Médecin pro-vaccin et activiste contre les pseudosciences, bien connu dans le monde anglophone, et qui parlait là des essais de vaccins contre le SRAS en 2003. Peter Hotez est en faveur des vaccins actuels contre la Covid19 :
https://communityimpact.com/houston/katy/coronavirus/2021/02/01/qa-vaccine-expert-dr-peter-hotez-shares-facts-dispels-myths-about-covid-19-vaccines/

Ces « vérités » répétées par Pascal Sacré au cours de la crise Covid19 lui ont-elles valu d’être licencié par son employeur ? Était-ce justifié ? Je n’ai pas la réponse. Depuis son licenciement, comment va Pascal et que devient-il ?

Il apparaît dans divers médias et documentaires de chercheurs de vérité. Il a publié un ensemble de propositions, largement reprises par divers éveillés dont J-D Michel.
https://t.co/CjwapEUfxN?amp=1

Comment, vous ne connaissez pas Jean-Do ?

Il vend des t-shirts, badges et posters pour propager sa bonne parole.

Il donne des formations. Dans ma ville natale en plus ! Et parle de créer une école.

Il propose des consultations. Le prix me semble raisonnable, mais je suis étonnée que ses patients puissent être remboursés comme s’ils avaient fait une consultation d’anesthésie, puisque ça ne semble pas être le cas ? Je ne fais que poser la question.

Et il continue de faire des vidéos pour rassurer le peuple (février 2021) …
Avec des informations pas toujours vraiment très exactes …

Tiens voilà, fieu, puisque tu demandes :
Pfizer : https://nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2034577
Moderna : https://nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2035389
Astrazeneca : https://thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(20)32661-1/fulltext

https://t.co/zBGroCkK20?amp=1

J’arrive à la fin de ce long thread. Après tout ce temps passé en compagnie de Pascal Sacré, je n’arrive toujours pas à savoir si c’est un manipulateur, ou s’il s’agit d’une personne réellement sincère, mais aveuglée par ses biais.

Merci de m’avoir lue et à bientôt.


Un article de Galtee @BinLimerick, membre de C4S – publié sur Twitter le 6 mars 2021

Le parcours de l’irlandaise Dolores Cahill

Dans la série “Mieux connaître les lanceurs d’alerte” et leur travail

Bon, je vois que des gens ont jugé bon de traduire l’irlandaise Dolores Cahill en français. Comme je vis en Irlande, j’ai pu creuser un peu sur son parcours. Long thread sur cette grande scientifique, vue chez France-Soir.

Diplômée en génétique moléculaire et immunologie, elle est spécialisée en développement et automatisation de technologies protéomiques à haut débit, réseaux de protéines à haut contenu et leurs applications biomédicales…

Impressionnant, non ? Cela dit, ses recherches n’ont n’a rien à voir, ni de près ni de loin, avec les virus, l’épidémiologie ni les politiques de santé publique. Elle n’est pas non plus docteur en médecine. Voici un lien vers ses recherches :
https://t.co/HfSJtyFhCh?amp=1

Vous remarquerez qu’elle n’a plus rien publié depuis 2016. En fait, il y a une étude qui n’apparaît pas dans cette liste… Celle-ci :
https://t.co/kuWWlzAHOf?amp=1

Parce qu’elle a été rétractée par la revue scientifique après la découverte d’erreurs significatives en matière de méthodologie et de présentation des résultats. https://cutt.ly/WlwUSk3
Depuis ce Dolores-Gate, Dolly n’a plus rien publié. Par contre …

Elle s’est lancée dans la politique en rejoignant un petit parti eurosceptique, anti-immigration, anti-avortement, anti-trans ?etc. Dans les candidats du parti aux dernières élections, il y avait Mairead Donovan, une retraitée qui se présentait à Killarney, sauf que …

Sa photo venait d’une banque d’images et sa description était complètement inventée. Cette personne n’existait pas. Ce parti n’a pas eu beaucoup de succès aux élections, dommage pour Dolly (et Mairead). Mais..
https://t.co/4BiSqlyE6P?amp=1

Le SARS-Cov est arrivé en Irlande et Dolly a commencé à se faire connaître en participant à des vidéos pour critiquer la gestion de la pandémie.
Moi, la première fois que j’en ai entendu parler, c’est quand cette vidéo a été partagée dans un groupe Whatsapp. Après…

Elle a participé à des rassemblements contre le confinement et les masques en Irlande et à l’étranger et à faire d’autres vidéos.
Comme c’est une scientifique reconnue, ce qu’elle dit a plus de crédibilité que, on va dire, eux…
https://twitter.com/BinLimerick/status/1256148169592799232

Mais quand on creuse ce que dit cette grande scientifique, on se rend compte qu’il y a des trucs bizarres.
Par exemple, dans sa première vidéo, à 52:25, elle utilise une étude pour dire que le virus a été fabriqué dans un labo. Pourtant…
https://youtu.be/LcANaXzLMio

Les auteurs de cette étude disent le contraire ! Quand j’ai pointé cette erreur sur la page Facebook de son parti, ils m’ont bloquée en me traitant de troll… C’est facile de vérifier par soi-même.
https://t.co/Gd0OZzRSdZ?amp=1

Ici, elle dit que les coronavirus sont saisonniers et ne rendent malade qu’entre décembre et avril. Là encore, facile de vérifier par soi-même.
https://twitter.com/soundmigration/status/1332727497256030210

Dolly dit être ouverte au débat et a plusieurs fois proposé de discuter avec d’autres scientifiques.
Je remarque une chose : ses interventions sont orales et toujours très vagues. “Une étude montre que…”(Laquelle ?), “Des docteurs ont dit …” (Qui ? Quand ?)

À ma connaissance, elle n’a jamais publié ses critiques par écrit, avec une liste de références qui permettraient de savoir sur quelles données elle s’appuie. Du coup, c’est très difficile de débattre sur un pied d’égalité.

Il faut regarder toutes ses vidéos, essayer de trouver ses sources, quand il y en a, et puis vérifier si son interprétation est correcte.
Beaucoup d’affirmations ne sont même pas sourcées. Et si elle est reconnue dans son domaine…

Elle s’exprime là sur des sujets très spécialisés qui sortent complètement de son domaine d’expertise. On devrait la croire sur parole ?
Non, sorry Dolly … Par exemple, comment vérifier :

Qu’elle va séquencer des tests PCR pour voir si les gens testés n’ont pas la grippe plutôt que la Covid (15:30) ? Dans quel labo ? Avec quel financement ? Comment seront recrutés les volontaires ? Où seront publiés les résultats ?
https://t.co/2cwubmEGfi?amp=1

Que dans une étude sur les vaccins à ARNm faite sur 35 enfants, 2 sont morts (1:15) ? Pourquoi ne pas donner un lien vers cette étude qui est introuvable ? Des affirmations extraordinaires exigent des preuves extraordinaires.
https://t.co/DBy0msXTBU?amp=1

Qu’elle est protégée par les militaires allemands car elle est menacée de mort pour avoir dit la “Vérité” ?
https://twitter.com/soundmigration/status/1332719618675322882

Je ne vais pas refaire le travail de débunker tout ce qu’elle a dit, d’autres l’ont fait bien mieux que moi. @thejournal_ie a fait plusieurs super articles :
https://www.thejournal.ie/debunked-dolores-cahill-covid-19-video-masks-lockdown-vaccines-5315519-Jan2021/

@HealthFeedback a publié un article qui débunke point par point la vidéo qui a fait connaître Dolly :
https://healthfeedback.org/computing-forever-interview-with-dolores-cahill-contains-numerous-inaccuracies-about-covid-19-and-vaccines/

Il y a plusieurs articles chez @Reuters également:
https://www.reuters.com/article/uk-factcheck-sequencing-idUSKBN29R2NR

Une dernière chose. Dolly a lancé une agence de voyage. Vous êtes “éveillé” ? Vous aimez la “santé naturelle” ? Vous voulez voyager sans mettre de masque ni vous vacciner comme un mouton ? Dolly a pensé à vous :
https://www.freedomairway.com/about

Par exemple, elle propose de réserver un voyage en Irlande pour la Saint-Patrick 2021. Bon, tout est fermé en Irlande, restos, pubs, attractions, et nos déplacements sont limités à un rayon de 5 km sinon on se prend une amende. Mais si ça vous botte, c’est 750 dollars.

Si vous vous dites que c’est trop beau pour être vrai et que c’est sûrement une arnaque, ce thread devrait vous éclairer… The End
https://twitter.com/EamonnVIDF/status/1354429577259585541


Un article de Galtee @BinLimerick, membre de C4S _ publiée sur Twitter le 19 février 2021

L’exposé erroné de Laurent Ruquier pour minimiser la gravité du Covid-19

Beaucoup de gens s’appuient sur l’exposé suivante de Laurent Ruquier pour minimiser la gravité du Covid-19. Mais trop c’est trop !
Cette déclaration est trompeuse et ces chiffres ne sont absolument pas exacts :


Tout d’abord, le taux de survie des patients atteints de Covid19 ne doit pas être calculé sur la base de l’ensemble de la population mais sur la base des cas réels de cas de Covid-19, et on obtient alors des chiffres TRÈS différents.

En France, 89 301 décès sont liés au Covid sur 3, 93 millions de cas, soit un taux de mortalité de 2,3 % malgré les mesures mises en œuvre pour ralentir la propagation ( masque obligatoire, fermeture des bars, des restaurants, des cinémas, confinements et couvre-feu successifs,…) ce qui est un taux très élevé (grippe = environ 0,1 % en l’absence de restrictions).

N’oublions pas non plus que survivre au Covid ne peut être assimilé au fait de développer une forme bénigne. Une part importante des survivants du Covid sont atteint de Covid long et/ou souffrent de complications à long terme (respiratoires, neurologiques, etc.), et ce quel que soit leur âge ou leur état de santé.

En outre, le problème est bien plus profond que le Covid en lui-même.
La propagation incontrôlée du virus présente un impact sur l’ensemble du système de santé.
Par exemple, on a connu des retards de diagnostic de cancer ou de maladies chroniques, des retards de mise en œuvre de chimiothérapies, d’interventions chirurgicales, etc.

La surveillance des traitements a malheureusement aussi été affectée. Un autre problème, trop souvent négligé, est la façon dont la crise a encouragé le recours à l’automédication inappropriée, exposant les personnes au risque d’interactions médicamenteuses et d’effets secondaires graves.

Il existe bien sûr un impact très négatif sur la santé physique et mentale des soignants livrés à eux-mêmes et plus généralement sur la santé mentale en général.

Et non, la sensibilisation à la santé mentale ne signifie pas qu’il faut faire comme si le virus n’existait pas.

Cela signifie qu’il est urgent de réduire le nombre de cas.

Tous ces facteurs se reflètent dans les chiffres tragiques de 2020 :

  • la mortalité a augmenté de 9 % par comparaison aux années précédentes
  • l’espérance de vie a diminué de 10 % par rapport aux années précédentes

Nous voyons enfin la lumière au bout du tunnel avec des vaccins très efficaces.

Vaccinons le plus rapidement possible pour sortir enfin de cette crise !

Cela veut dire que le gouvernement français doit mettre en œuvre des mesures qui accéléreront le déploiement des vaccins ET réduiront l’incidence virale.

Un billet de @MerylSwanLake, membre de Citizen4Science _ publié sur Twitter le 10 mars 2021

ATU bamlanivimab : l’analyse de faisabilité

par Clarisse Audigier-Valette, médecin pneumo-cancérologue et responsable Unité Covid, CH Toulon La Seyne

LE SAVIEZ-VOUS ? 1

Nous avons reçu un DGS urgent du Ministère de la santé nous informant de la disponibilité d’un anticorps monoclonal, le BAMLANIVIMAB dans le cadre d’une ATU (ANSM).

Indication à ce jour au 25/2/2021 :
– Covid19 chez les adultes NON hospitalisés
– symptomatiques depuis MOINS DE 5 JOURS


Et pour être plus précis, le bamlanivimab c’est
– pour les patients de plus de 80 ans
Ou
– quel que soit l’âge du patient, mais avec un déficit de l’immunité lié à une pathologie ou à des traitements

Mais pas pour l’instant pour les 70 – 80 ans avec une pathologie chronique

Oui, quel que soit l’âge du patient mais avec un déficit de l’immunité lié à une pathologie ou à des traitements

Mais INTERDIT pour l’instant pour les 70 – 80 ans avec une pathologie chronique

DONC :
– Au-delà de 5 jours après le début des symptômes : exclus
– Variants sud-africain ou Brésilien exclus ( donc RT PCR de criblage obligatoire…en moins de 5 jours°
– Patients nécessitant une hospitalisation exclus

Règles de prescription :

  • Médecin hospitalier
  • Administration intraveineuse en hôpital de jour en environnement hospitalier ( de patients sans indication d’hospitalisation)
  • Sur base d’une ATU de cohorte à saisir sur le site de l’ANSM

    Stock d’état : 60 centres !

Dans un 1° temps 60 centres en France seront livrés puis les suivants dans la deuxième 15° de mars (1 par département ) disposant d’un service d’urgence,d’une prise en charge de patients greffés, d’un HDJ d’oncologie ou d’un service de dialyse.

Et comme il faut organiser tout ça en moins de 5 J pour débuter impérativement le traitement avant le 5e jour du début des symptômes
Que doit faire le patient ?
APPELER.LE.CENTRE 15 OU LE SAMU
POUR ORGANISER EN URGENCE :
LA PEC D’UN PATIENT QUI N’A PAS BESOIN DU SAMU…

ET (car ce n’est pas fini …)
Faire admettre dans un service d’oncologie de jour ou de dialyse ou de greffes …un patient COVID contagieux puisqu’à moins de 5 jours du début des symptômes de surcroît non suivi dans cet établissement ou service.

Mais à un moment donné comment des médecins du Ministère de la santé/Olivier Véran ont pu imaginer cette organisation ?
Oui, comment ?
JE DEMANDE QUI DÉCIDE LA HAUT ? Y a t il des gens de terrain ? Des gens qui voient des patients ou qui en ont déjà vu un jour ?

Nos services d’oncologie de greffe de dialyse sont COVID FREE et sécurisés pour PROTÉGER nos patients non covid cancéreux greffés dialysés …
Et on veut y faire rentrer des patients COVID+ à moins de 5 jours des symptômes !

Et on demande à ces patients potentiellement éligibles au BAMLANIVIMAB de surcharger la ligne d’appel du centre 15 et du Samu alors qu’ils n’ont pas d’indication d’hospitalisation.

Franchement s’il ne s’agissait pas de la santé et de notre engagement sanitaire, ce serait risible car à ce niveau là c’est de l’ART mais c’est tout simplement triste.
D’autant plus si on s’intéresse au potentiel d’efficacité de cette molécule et du résultat de la phase 2.

Le saviez-vous ?
L’utilisation de #bamlanivimab peut favoriser la sélection des mutations de novo de résistance (cf PUT)

Faut-il prendre le risque de l’apparition de nouveaux variants avec une molécule dont l’efficacité n’est pas démontrée ?

LE SAVIEZ-VOUS ? 2

En début d’après midi 27/02/2021, la DGS a émis un ERRATUM concernant l’utilisation de cette molécule en raison justement du risque d’émergence de mutation de résistance induite par le bamlanivimab.
L’utilisation de bamlanivimab peut favoriser la sélection des mutations de novo de résistance (cf PUT).




Faut-il prendre le risque de l’apparition de nouveaux variants avec une molécule dont l’efficacité n’est pas démontrée ?

Le saviez-vous ? 3

Depuis l’affaire Mediator, les commissions d’évaluation de l’ANSM sont réalisées par des experts indépendants avec déclaration des liens d’intérêt obligatoire.
Donc je reviens sur la question déjà posée : Où est le compte-rendu de la commission d’évaluation ?


Cet article constitue un recueil de publications Twitter par le Dr Clarisse Audigier-Valette et non un article original.

Organisation médicale et lits de réanimation – Public/Privé

par Igor AURIANT, médecin réanimateur, membre de Citizen4Science

J’avoue que je suis un peu perplexe sur la situation que nous vivons.

Médecin Réanimateur, j’ai été Réanimateur puis chef de service de réanimation dans le public pendant de longues années (à peu près 20 ans)
puis j’ai ouvert un service de surveillance continue dans une clinique privée en Normandie d’une capacité de 29 lits.

La crise du COVID ayant débuté, nous avons dans notre service ouvert une Réanimation de 8 lits soit 21 lits de surveillance continue et 8 lits de Réanimation. Je précise que nous sommes trois anesthésistes Réanimateurs et Réanimateurs médicaux exclusivement dédiés à cette structure.
Cette ouverture s’est faite à la demande de l’ARS pour élargir l’offre de soins.

Première phase :
Hôpitaux publics dépassés, lits ouverts chez nous, en moyenne 2 malades en permanence, peu ou pas de transfert du CHU.
Motif : la gestion de cette crise est l’affaire du Public…
Je précise que nous avons un Service d’urgence et que nous accomplissons nos missions de service Public et que même si nous sommes une grosse clinique privée, les patients bénéficiant de la Réanimation ont la même prise en charge à cout zéro que dans le public.
Cette phase 1 nous a conduit à assumer des gardes 1 jour sur 3 pendant quasiment 5 mois sans avoir l’impression d’être vraiment utile compte tenu du peu de transfert.
Je précise également que nous ne pouvons recruter du personnel médical ou paramédical de façon pérenne car les autorisations qui nous sont données sont de trois mois.

Deuxième phase :
De novembre à janvier, le CHU nous intègre cette fois dans la boucle et nous transfère à contrecœur des malades, mais cela leur permet de ne pas déprogrammer en ouvrant des Réa éphémères.
Notre Réanimation a été remplie a 80 % pendant cette période sans discontinuer et nous avons pu avoir la satisfaction de participer à l’effort de guerre ! Toujours 3 de garde tous les jours pendant cette période.
Mes interrogations à l’ARS pour obtenir une autorisation pérenne d’ouverture de lits compte tenu du besoin sanitaire restent vaines et l’autorisation est renouvelée par 3 mois, impossibilité donc de recruter ou planifier.

Troisième phase que nous vivons actuellement : COVID en croissance, peu de transfert, remplissage de l’unité à 50 %.

  • Il y a 7 jours, appel du coordinateur de la Réa CHIR du CHU : “Igor on déborde : peux tu prendre des malades ? Réponse : Oui… Aucun transfert.
  • Il y a 5 jours, devant l’absence de transfert j’appelle le REA CHIR de garde qui m’explique à demi-mot qu’ils ont pour consigne de ne rien transférer au Privé
  • Il y a 2 Jours : appel d’un REA MED du CHU pour transfert de malades : réponse: Oui, au final un seul transfert sur les 3 proposés.
    Il me rappelle pour m’expliquer que les consignes coordonnateur des REA sont claires : ils n’ont pas de lits mais pas de transfert vers le Privé.
  • Hier, appel du patron du SAMU qui me demande si je peux faire des lits pour accueillir des malades de la région nord qui sature, en accord avec les deux ARS. Réponse : Oui. Aucun transfert. Il m’explique à l’issue et en off que la coordination préfère ne pas transférer vers le Privé.

Je sais et ceci sans innocence qu’il existe une guerre Public/Privé.

Je sais également qu’il peut y avoir un problème de compétence ou de qualifications, mais ancien du Public et reconnu comme réanimateur avec une équipe sur place dédiée à la Réa, nous sommes dans les standards et nos compétences sont parfaitement reconnues en off.

Aujourd’hui après presque un an de garde un jour sur trois dans l’esprit de cette crise, je reste perplexe et plutôt dépité de cette guerre Public/Privé qui je pense n’a plus de sens.

Aujourd’hui je suis surpris de l’absence d’autorité de nos ARS et de l’absence d’anticipation ou de pérennisation d’un système qui conduit à poursuivre des autorisations limitées à trois mois, empêchant ainsi de recruter des personnels pour avoir un effectif suffisant tant médical que paramédical.
Nos infirmières font avec ce qu’elles ont et reviennent en heures sup pour combler les trous. Empêchant en fait d’ouvrir des lits de Rea pérennes car Privé.

J’ai appris ce jour que ces Choix du CHU et de la Réa Chir actuelle pouvait être dictés (hypothèse) par l’absence de clôture du SEGUR de la santé et qu’ils désiraient pouvoir justifier de la suractivité pour négocier des moyens mais aussi empêcher toute structure privé d’avoir des lits de Réanimation.

Voila j’avais besoin un peu fatigué de vous décrire une situation qui me peine.
Croyez que notre réa reste ouverte avec des médecins présents et engagés en garde un jour sur trois mais que ces visions dogmatiques d’un autre temps me dépassent.

Je suis ouvert à tous vos commentaires sur cette situation ubuesque de la Normandie et particulièrement de Rouen


Don de sang : Le message de Boumbo

Citizen Boumbo, membre de Citizen4Science, est à l’hôpital et il a un message pour vous.

Coucou Twitter. Comment ça va ?
De mon côté je garde un moral à toute épreuve et je vous lis tous les jours.
On va pas s’mentir, j’ai une maladie bien violente, mais je compte bien lui péter la gueule parce que j’ai pas prévu d’appuyer sur le bouton off a 37 piges.

J’aimerais bien revenir parmi vous et déconner comme avant, mais j’aimerais faire passer un petit message avant.
J’ai été transfusé a de très nombreuses reprises depuis mon hospitalisation

Une fois j’ai demandé comment se passaient les livraisons, ils m’ont expliqué devoir patienter parfois plusieurs jours pour être livrés, et devoir également demander de l’aide aux autres grandes villes proches car ils n’ont pas assez de sang.

Donner votre sang peut sauver de nombreuses vies, et je regrette de ne pas l’avoir assez fait quand j’étais en bonne santé.
N’hésitez pas a consulter le site du don du sang pour en apprendre plus.
dondesang.efs.sante.fr

Dernière chose, je vais très certainement devoir subir une greffe de moelle osseuse.
Je ne sais pas encore si un membre de ma famille est compatible avec moi ou pas, mais je tenais à vous donner ce lien aussi… Car plein de gens sont dans mon cas dont beaucoup d’enfants.

Si vous avez moins de 36 ans et que vous êtes en bonne santé, vous pouvez sauver des vies.
Aujourd’hui une personne malade qui n’a pas de donneur dans son cercle familial a une chance sur 1 million de trouver un donneur compatible.
Vous pouvez aider tellement de monde …

J’aurai peut-être pu sauver des vies de cette manière si j’avais été plus sensibilisé.
Bien sûr ne prenez pas mon thread pour un message culpabilisant… Je tenais a vous en parler parce que maintenant je le vis de l’intérieur.

Maintenant, je vais sortir du mode protégé, et essayer de reprendre une activité “normale”.

Bisous à tous et prenez soin de vous.


Un texte de @Boumbo06, membre de C4S _ publié sur Twitter le 16 février 2021