Monkeypox : Transmission du virus de l’homme au chien – un cas rapporté à Paris dans le journal The Lancet

Monkeypox : Transmission du virus de l’homme au chien – un cas rapporté à Paris dans le journal The Lancet

18 août 2022 0 Par Fabienne Blum

Il s’agit d’un cas de transmission secondaire à l’animal rapportée dans une correspondance adressée au Lancet le 10 août par le service d’infectiologie de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, et évoqué hier par l’OMS dans son briefing pour engager à la vigilance

Le virus humain de la variole du singe, monkeypox, continue de se propage en Europe et aux États-Unis essentiellement chez les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes, et sans lien avec une contamination dans des zones endémiques, ce qui a amené le Directeur général de l’OMS à déclarer l’épidémie comme une urgence de santé publique de portée internationale le 23 juillet dernier.

En France, le nombre de cas confirmés est aujourd’hui supérieur à 1700.

Transmission via contact étroit

La transmission du monkeypox nécessite généralement un contact étroit entre humains ou entre humain et animal avec les lésions, les liquides organiques et les gouttelettes respiratoires de personnes ou d’animaux infectés. La possibilité d’une transmission sexuelle est actuellement étudiée,
Les animaux de compagnie, chiens et chats, peuvent-ils être vecteur du virus du monkeypox ?

Premier cas décrit de chien infecté a priori par ses maîtres

La correspondance au Lancet par des infectiologues de La Pitié-Salpêtrière expose :
« Deux hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes se sont présentés à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, Paris, France, le 10 juin 2022 ). L’un des hommes (appelé patient 1 par la suite) est latino, âgé de 44 ans, et vit avec le VIH avec une charge virale indétectable sous antirétroviraux ; le second homme (patient 2) est blanc, âgé de 27 ans, et séronégatif. Les hommes sont des partenaires non exclusifs vivant dans le même foyer. » « Les hommes avaient présenté une ulcération anale 6 jours après des rapports sexuels avec d’autres partenaires. Chez le patient 1, l’ulcération anale a été suivie d’une éruption vésiculo-pustuleuse sur le visage, les oreilles et les jambes ; chez le patient 2, sur les jambes et le dos. Dans les deux cas, l’éruption était associée à une asthénie, des maux de tête et de la fièvre 4 jours plus tard »

Le diagnostic de monkeypox a été fait par PCR pour les deux hommes.

12 jours après l’apparition de leurs symptômes « leur lévrier italien mâle, âgé de 4 ans et ne présentant aucun trouble médical antérieur, a présenté des lésions cutanéo-muqueuses, notamment des pustules abdominales et une fine ulcération anale ».
Le diagnostic de monkeypox est confirmé par PCR, et pour la souche actuellement circulante hors zones endémiques. Les maîtres déclarent que leur chien dort dans leur lit.

L’infection de chiens ou de chats n’avaient jamais été rapportés jusqu’ici.

Les auteurs rappellent que dans les pays endémiques, seuls les animaux sauvages, rongeurs et primates, ont été trouvé porteurs du virus du monkeypox, et que sa transmission a été décrites chez les chiens de prairie aux États-Unis et chez des primates captifs en Europe au contact d’animaux infectés importés.

« Véritable maladie canine »

Les infectiologues ayant investigué le cas des deux hommes et de leur lévrier font l’hypothèse d’une « transmission de l’homme à chien avec une véritable maladie canine, et non d’un simple portage du virus par contact étroit avec l’homme ou par transmission aérienne (ou les deux). »

Ils appellent à isoler les animaux de compagnie des individus positifs au monkeypox et à des investigations supplémentaires sur les transmissions secondaires par l’intermédiaire des animaux de compagnie.

Alerte de l’OMS et risque de mutation

Hier, dans un briefing auquel la Rédaction a assisté, l’OMS a exposé le cas du lévrier infecté à Paris. Rosamund Lewis, responsable technique à l’OMS pour le monkeypox indique que les agences sanitaires demandent aux personnes infectées de « se tenir éloignées de leurs animaux de compagnie ».

Dans le cas d’un tel franchissement de barrière entre espèces, la possibilité d’une mutation délétère se pose. Mme Lewis a ainsi expliqué qu’il existe un risque quand un virus se propage dans une autre population que celle où il circule habituellement, car cela peut entraîner un développement différent et en conséquence, des mutations.
Mais l’OMS a expliqué que le danger est surtout dans les populations animales hors animaux de compagnie, vivant en dehors des foyers. Par exemple, la propagation du virus dans une population dense de mammifères augmente le risque, chaque transmission d’un animal à un autre étant source potentielle d’évolution du virus.

À Paris, on pense bien évidemment à la population très dense de rats. Pardon, de « surmulots » pour parler politiquement correct.

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