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Montre de plongée Swatch Blancpain : immersion simultanée dans deux magasins parisiens pour tenter de pêcher un exemplaire

On s’arrache cette nouvelle collection commercialisée début septembre. À la suggestion d’internautes, nous avons tenté d’acquérir l’un de ces objets. Une expérience épique à Paris le 29 septembre

par Nath et Fabienne Blum

Nos deux reporters coordonnés pour l’occasion se sont rendus ce vendredi matin à Paris, selon un scénario préparé plus tôt dans la semaine : chacun ira à l’heure de l’ouverture dans un magasin Swatch parisien et se mettra dans la peau du fan en quête de sa Swatch Scuba Fifty Fathoms Blancpain, une collection de 5 montres issues de la collaboration des deux horlogers suisses : l’un est Swatch, l’autre Blancpain le plus ancien horloger de luxe originaire du Jura suisse.

Ce n’est pas une collection de montres à série numérotée, limitée ou éphémère. Et pourtant… Swatch met ces montres à disposition au compte-goutte dans un exercice que nous pourrions qualifier d’anti-logistique : ce n’est clairement pas du stock disponible à la demande, ni même du « just-on-time » : c’est un travail quotidien de non disponibilité organisée.

Swatch x Blancpain après Omega

Il s’agit de la seconde collaboration de Swatch avec une marque d’horlogerie prestigieuse, la précédente étant avec Omega il y a à peine plus d’un an. La série Moonswatch comporte 11 modèles chacun sur le thème d’un astre du système solaire, planètes et soleil. La recette : aucune édition limitée de cette collaboration mais une certaine indisponibilité entretenue, une montre phare de la marque partenaire reprise avec le respect de détails minutieux pour la « copie » Swatch (ici la Speedmaster Moonwatch d’Omega), un boîtier en biocéramique (2/3 de biocéramique, 1/3 de matière biosourcée à base d’huile de ricin) colorée, la distribution exclusive dans quelques Swatch stores déterminés, aucune vente via internet.

Swatch Omega – Mission to Sun – Mars – Pluto. Source : Swatch

Ces montres à quartz en collaboration avec Omega sont une idée de Nick Hayek à la tête de Swatch, et sont vendues au prix de 260 euros. un nouveau modèle doit paraître ce jour pour cette initiative à succès qui se prolonge donc.

Pour celle que nous convoitons aujourd’hui en binôme de reporters, c’est Blancpain née en 1735, qui aurait sollicité Swatch pour un modèle dérivé de leur emblématique montre de plongée Fifty Fathoms qui fête cette année ses 70 ans. La collection nouvellement créée dispose de 5 modèles sur le thème des 5 océans de notre planète. La collection a été commercialisée le 8 septembre.

Attention à l’histoire raconté (marketing) et la réalité du commerce : Omega tout comme Blancpain ont une maison mère, comme beaucoup d’autres horlogers suisses historiques prestigieux désormais, qui propose tout de l’entrée de gamme (Swatch) à la montre d’exception (comme Breguet) : Swatch Group ! La société anonyme est cotée au Swiss Market Index depuis 2021.

Collection Swatch Blancpain Scuba Fifty Fathoms – de gauche à droite modèles Arctic, Pacific, Indian, Atlantic, Antarctic. Source : Swatch Blancpain

Au niveau tarif, on monte d’un cran avec une collection à 390 euros l’unité. Les modèles étanches (91 mètres) sont à mouvement mécanique automatique breveté par Swatch, SISTEM51, une innovation qui a 10 ans et constituée d’un mouvement de seulement 51 pièces reliées par une vis centrale unique. La réserve de marche est de 90 heures. Le bracelet est en nylon provenant de flets de pêche recyclés, très écolo !

Fiabellina odinea -Photographe : Jerry Kirkhart – Source Wikipédia


Au dos de chaque modèle, le mouvement automatique est grandement apparent via coque transparente (mais en réalité caché par le passant du bracelet) avec un décor coloré et un emblème animal du fond des océans spécifique à chaque modèle : un nudibranche (signifiant « branchies nues », qui sont des mollusques gastéropodes , véritables limaces marines aux aspects et coloris variés formant des explosions de couleurs. Voyez à titre d’exemple la photo sur la gauche d’un nudibranche bleu et rouge.

Voilà pour la revue succincte, sur le papier Et maintenant , à l’assaut de deux boutiques Swatch à Paris !

Dans le bain de visites simultanées au Swatch Megastore Champs-Élysées et boutique du Louvre

Vendredi 29 septembre, nous avons chacun un rendez-vous improvisé à l’ouverture d’une boutique Swatch parisienne choisies sur la liste sélective des magasins vendant la collection Swatch-Blancpain, soit environ 5 à Paris et une dizaine en province. Le plus grand magasin est le « Megastore » des Champs-Élysées. l’un de nous décide de « s’y coller » avec l’espoir d’un stock plus importants de montres disponibles. Pour le Louvre, c’est en sous-sol dans la galerie marchande.

Swatch Megastore Champs-Élysées à gauche, Swatch boutique Louvre à droite, peu après 10 heures – Source : auteurs

À l’angle de la rue de Washington et de l’avenue des Champs-Élysées, la queue est déjà interminable alors que le magasin vient d’ouvrir. Il y a même 2 queues et on est contraint de se placer dans la seconde, bien en retrait du magasin. Les files sont totalement statiques, personne ne pénètre dans le magasin. Deux employés Swatch sont là et parlent aux personnes qui attendent et gèrent les files mais la file en contrebas dans laquelle on se trouve est négligée, laissée sans la moindre information.

Au magasin du Louvre, même topo : une file devant le magasin d’abord. Certains attendent depuis longtemps et son assis par terre. La photo est prise…. de la seconde file, à distance du magasin. Cela dit, à la différence du Megastore, la responsable du magasin vient exposer la situation à la première file, puis à la seconde. Tout le monde est la pour la Swatch Blancpain. Elle explique qu’elle a quelques montres Blancpain mais très peu. Qu’il devrait y avoir une livraison dans la matinée ou plus tard, mais qu’elle ne sait pas quand. Elle préfère prévenir, car les gens sont invités dans le magasin un par un. Pas d’entrée en masse, ni par quelques-uns. En résumé : vous pouvez rester attendre, ça peut durer des heures, et quand vous entrerez dans le magasin après cette attente infinie, et vous avez de bonnes chances de ressortir bredouille. Certains quittent la file immédiatement.
À Champs-Élysées, les vigiles en garde des files extérieures expliquent qu’on attend « LA » livraison de la journée, comme tous les jours. On ne sait pas quand elle arrive, mais « dans la matinée ». « Et ça vaut le coup d’attendre ? On sera servi vu qu’il a des dizaines de personnes devant ? ». Ils ne savent pas. Mais les files resteront statiques largement plus d’une heure…
Les files sont pour les 2 magasins un mix de Français et de touristes étrangers. Certains se font traduire les rares informations dispensées par le staff Swatch.

Au Megastore, l’attente est difficile alors que le ciel est devenu gris et qu’un petit crachin survient. Les personnes rentrent par groupes de 3 ou 4, ce qui est permis par le personnel de vente fourni du magasin. Mais c’est au compte-goutte. Le temps passe, on gagne la file un, mais il est bientôt…. midi. Le moment arrive, et ça va très vite : un vendeur assis derrière un présentoir des Blancpain montre le seul modèle restant. Ce n’est pas celui qui intéressait éventuellement notre envoyé spécial (il y avait une chance sur 5 seulement !), qui fait un tour dans la grande boutique tout en étant attentif aux nouveaux-venus qui soupirent tout à tour après tant d’heures d’attentes. Certains repartent sans rien dire, d’autres se lamentent ou se plaignent de cette organisation, notamment un provincial qui a pris sa journée pour venir au Swatch Megastore. Le personnel est bien en mal de donner des explications convaincantes face à cette situation.

Au Louvre, l’attente est également interminable et la matinée y passe. Mais comme la file d’attente 1 est directement à l’entrée du magasin, Il se trame un drôle de manège. De la file 2, au loin, on voit des personnes issues de la file 1 dont c’est le tour, entrer dans le magasin, en ressortir pour parfois retourner dans la file à mi-hauteur. Certains d’entre eux ont même fait un achat, le sac papier Swatch rouge et blanc à la main. Que se passe-t-il donc ? Notre reporter finit par arriver au cœur de l’action : Certains attendent la livraison de la journée à heure inconnue pour avoir le modèle de leur choix, car il n’y a quasiment plus rien en Blancpain dans le magasin. On discute, ceux qui entrent sont interrogés par les premiers de la file pour savoir ce qu’il reste, les premiers de la file orientent aussi les clients qui arrivent : « C’est pour Blancpain ? » dans ce cas allez faire la queue, sinon entrez dans le magasin (qui sert bien sûr directement les clients venus pour autre chose. Ceux qui reste après un achat Blancpain expliquent qu’ils attendent un autre modèle convoité. Mais le règlement Swatch limite les achats à une montre Blancpain par jour et par personne. Alors des ultrafans s’organisent entre eux pour pouvoir en avoir deux. Ceux qui n’ont rien eu attendent l’arrivage aussi. Et puis certains partent ayant perdu espoir ou n’ayant plus le temps de rester.
La montre la plus convoitée et de loin est le modèle bleu Atlantic Ocean. Et de loin et le reporter des Champs-Élysées confirme. Mais notre reporter du Louvre est venu pour la verte, Indian Ocean. En fin de matinée alors que c’est son tour d’entrer dans le magasin, déception : la dernière verte est partie il y a 30 minutes. Alors que le reporter ressort et explique au peloton d’irréductible qu’il n’y a plus de verte, toujours pas de bleue ni de blanche, ni d’orange, mais reste juste une jaune.
Peu de temps après, alors qu’il recueillir les impressions et états d’âmes des « tête de file » qui régulent la circulation dans le magasin, la vendeuse sort du magasin et se fraye, tout sourire, un passage vers notre reporter et le ramène dans la boutique. Elle lui explique que le client de la dernière « verte » vendue, un couple de touristes Asiatiques, avait hésité dans le magasin sur le modèle, finalement ils sont revenus pour un échange, rendant leur « verte ». « Elle est pour vous, vous avez bien fait de rester ! ».

Au sortir du magasin, notre reporter reçoit les chaleureuses félicitations des irréductibles de la file d’attente. Finalement, la matinée, si elle n’a pas vite passée, nous a fait vivre le marketing de rareté instauré par Swatch. Le client n’est pas roi, mais il peut avoir la sensation d’être héroïque par sa ténacité. Un marketing hautement efficace pour rendre encore plus précieux un objet certes pas banal mais qui ne fait l’objet d’aucune pénurie à l’horizon et qui devrait continuer à se vendre comme des petits pains, sans limitation.

Attention : Cette montre est à usage unique ! passé la garantie, elle n’est pas réparable. C’est le concept de SISTEM51, un bijou de technologie de haute qualité et bien protégé dans son boitier hermétique amagnétique mais en cas de panne passé 2 ans, c’est quand même près de 400 euros envolés, soit le double en moyenne d’une automatique Swatch SISTEM51 non estampillée Blancpain.

Précision suite à interrogation de lecteurs: Notre envoyé spécial avec carte de presse ne l’a à aucun moment fait valoir, s’agissant de jouer le rôle du consommateur fan Swatch lambda du début à la fin.

Image d’en-tête : Swatch Blancpain Indian Ocean – Source : auteurs

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