Pesticides : Selon une étude parue dans le journal « Science » le 2 juin, le glyphosate altère la thermorégulation collective des bourdons

La sécurité sanitaire pour l’humain du glysophate a avancé d’un pas vers sa réautorisation en Europe avec cette semaine avec le rapport de l’Agence européenne des produits chimiques confirmant qu’il n’est pas cancérogène. L’impact environnemental néanmoins ne s’arrête pas à l’homme.

L’étude qui vient de paraître a été menée en Allemagne par des chercheurs sous la direction de Anja Weidenmüller du Centre d’étude avancée sur les comportements collectifs de l’Université de Constance et l’Institut Max-Planck :

Elle porte sur des bourdons, qui sont des pollinisateurs essentiels. Les chercheurs on étudié l’impact du glyphosate sur leur comportement. Cette espèce maintient son nid à bonne température via un mécanisme de thermogenèse, qui est indispensable à la croissance des colonies et à la reproduction.

C’est l’effet long-terme de l’exposition au glyphosate sur la thermorégulation des animaux qui a été étudiée, La méthodologie a consisté à séparer une colonie en deux, un groupe recevant pour s’alimenter de l’eau sucrée, l’autre de l’eau sucrée avec du glyphosate. Les expérimentateurs ne savaient pas quel groupe recevait du glyphosate (ils étaient « en aveugle »).

À gauche, les colonies en 2 groupes, à droite des « arènes de test » d’incubation pour mesurer l’investissement individuel dans la tâche d’incubation des couvées.

et l’étude a démontré peu d’effet au niveau individuel. En revanche, et seulement en situation de limitations de ressources alimentaires, la capacité des bourdons à maintenir les bonnes températures des nids (28 à 35 °C, sachant qu’en dessous de 25 °C on constate une baisse de survie de 17 %) est réduite de plus de 25 %.:

Différents paramètres ont été étudiés, et c’est donc la capacité des colonies à maintenir une température élevée du nid qui a montré qu’elle était affectée par la consommation du glyphosate, mais uniquement en période de restriction alimentaire, et dans le cadre d’un comportement de groupe (sous-colonies).

Les auteurs concluent qu’il peut s’agir d’un « coût caché » de l’utilisation du glyphosate et qu’il convient d’en tenir compte.

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