Une expérience de sciences participatives démontre le déclin massif des insectes

Il s’agit d’une étude réalisée dans le Kent grâce à des citoyens : le nombre d’insectes a baissé d’un inquiétant 72 % entre 2004 et 2021

Sciences participatives

Les sciences participatives, ce sont des études scientifiques dans lesquelles sont impliquées des citoyens, non pas en tant que sujets d’expérimentation comme dans les études cliniques, mais comme expérimentateurs.

En anglais : Citizen Science – à ne pas confondre avec Citizen4Science l’association de médiation scientifique qui pilote Science infuse ! et même s’il n’est pas exclu qu’un jour l’association s’y adonne.

Les citoyens participants deviennent dans ce rôle des « scientifiques-citoyens », certes scientifiques amateurs mais soumis au respect du protocole d’étude, à mener avec rigueur pour la fiabilité des résultats, comme le ferait tout scientifique professionnel.

Ici, l’expérimentation a été conçue et coordonnée par le Kent Wildlife Trust, organisme de préservation de la vie sauvage du comté du Kent situé à l’extrême sud-est du pays.

L’expérimentation « Bugs matter » (« les insectes comptent »)

Il s’agit pour les citoyens volontaires du Kent de participer à une enquête, qui consiste à comptabiliser les insectes s’écrasant sur la plaque d’immatriculation de son véhicule. Astucieux, non ? et un excellent indicateur de la présence d’insectes.

Les « scientifiques-citoyens » participants sont invités à télécharger une application dédiée sur leur smartphone.

Ils reçoivent après inscription un « splatometer », que voici installé sur la plaque d’immatriculation d’un participant.

Source : Kent Wildlife Trust

Participer est un acte scientifique mais aussi citoyen pour la communauté puisque cela permet de contribuer à identifier des données permettant d’identifier les tendances des populations d’insecte.

L’expérience a lieu de juin à août et est renouvelée chaque année ce qui permet d’observer l’évolution.

Les citoyens participants doivent compter les insectes à l’intérieur du « splatometer » après chaque déplacement significatif. Evidemment il faut nettoyer sa plaque avant chaque déplacement pris en compte.
En plus du décompte visuel, il faut prendre une photo et l’envoyer par l’application smartphone.

Copies d’écran de l’app – Source Bugs Matter

Méthodologie de « l’effet pare-brise »

C’est l’effet de baisse des insectes écrasés sur les pare-brises dont beaucoup de conducteurs et d’entomologistes ont conscience depuis les années 2000.

Le Danemark a réalisé une étude sur 20 ans du même type que le Royaume-Uni de 1997 à 2017 et elle avait déjà considéré que les résultats dénotaient une baisse de 80 % du nombre d’insectes relevés. Au Royaume-Uni même, en 2044, la Royal Society for the Protection of Birds (protection des oiseaux) avait fait une étude similaire sur les plaques d’immatriculation.

Résultats alarmants et action urgente requise

C’est malheureusement le constat récurrent dès qu’on parle de biodiversité désormais en péril au niveau mondial.

Plus de 70 % de baisse des insectes à a été constaté depuis 2044 par le projet Bugs Matter. Les résultats du Kent sont extrapolables au pays entier, et bien évidemment au-delà de l’île, en Europe :

  • En 2004, 196 448 insectes ont été échantillonnés au cours de 14 466 trajets totalisant 867 595 miles, soit un taux « d’éclaboussures » (d’insecte écrasés) de 0,238 éclaboussures par mile.
  • En 2019, 1 063 insectes ont été échantillonnés au cours de 599 trajets totalisant 9 960 miles, soit un taux d’éclaboussures de 0,098 d’éclaboussures par mile..
  • En 2021, 11 712 insectes ont été échantillonnés au cours de 3 348 trajets représentant 121 641 miles, soit un taux d’éclaboussure de 0,104 par mile..

1 mile = 1,61 km

Représentation « éclaboussures »

Nous vous passons le détails méthodologiques de nombreuses corrections faites sur les chiffres bruts relevés en fonction du type de véhicule ou de la période et type de trajet pris en compte.

Une réflexion et des actions concertées sont décidément nécessaires pour faire cesser cette tendance d’effondrement des insectes – comme d’autres espèces très nombreuses hélas…

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