À propos de coïncidences de prédictions pandémie Covid/épidémie Monkeypox

par Nans Florens, néphrologue, MD, PhD, Research Fellow

Voici le récit d’une petite histoire que nous propose Nans Florens pour aiguiser notre esprit critique !

En 1898, Morgan Robertson sort un ouvrage intriguant nommé, ‘The Wreck of the Titan‘, comprenez ‘Le naufrage du Titan‘.

Il raconte le naufrage du plus grand paquebot du monde, le Titan, dans l’Atlantique Nord un mois d’avril. Le paquebot sombre après avoir heurté un iceberg. Cet ouvrage intrigue car il est censé être fictif et sera publié plus de 10 ans avant le naufrage du Titanic qui aura lieu en 1912.

Le plus incroyable réside dans le nombre important de similitudes entre les deux naufrages :

  • les noms des deux bateaux déjà, Titan/Titanic
  • leur taille : 240 vs 269 m et leur vitesse de croisière de 25 nœuds
  • la période du naufrage (avril)
  • le fait que les deux navires percutent l’iceberg par leur flan droit
  • le fait que l’iceberg n’ait pas pu être détecté avant l’impact…
  • l’absence de canots en quantité suffisante…
  • la description de l’intérieur du bateau
  • celle du mode de communication…

Les similitudes sont incroyables, et d’une précision intrigante.

Mais alors, Robertson avait il des dons de prémonition ? Le naufrage était il programmé ?

Essayons de comprendre.

Déjà tout ne colle pas entre les deux récits :

  • Le Titan possède une quille, pas le Titanic
  • Le Titan possède encore des voiles
  • Leur tonnage est différent… Le Titan coule quasi instantanément et lors de son troisième voyage retour de New York.

Mais les similitudes ? Comment peut on les expliquer ?

Morgan Robertson est un auteur américain ayant écrit plusieurs nouvelles sur la mer. Il est aussi présumé comme l’inventeur du périscope.

Source : Wikipédia

Il connaît parfaitement le milieu maritime, connaît très bien l’industrie des chantiers navals et les problèmes notamment concernant les canots de sauvetage.

Bien que le naufrage par iceberg soit rare, Robertson sait qu’il s’agit d’un des risques du voyage transatlantique et notamment en avril, période de fonte des glaces et donc de risque de voir les icebergs dériver.

Concernant le nom du bateau, la compagnie du Titanic possédait 3 navires, l’Olympic, le Britannic et le Titanic. Ces compagnies avaient une propension pour ce genre de noms, c’est donc plutôt une coïncidence mais toujours avec sa connaissance du milieu.

C’est donc effectivement une coïncidence troublante mais elle s’explique largement par l’expertise de l’auteur, lui permettant d’atteindre un niveau de détails dans sa fiction proche du réel.

C’est le principe des dystopies, elles sont différentes du réel mais avec un certain nombre de similitudes qui les en rapprochent. De plus elles extrapolent souvent sur des technologies en devenir et leurs potentielles évolutions. D’où les similitudes entre le crédit social chinois et un des épisodes de Black Mirror, par exemple.

Alors pourquoi trouve t’on des similitudes dans les récits pré-pandemiques et les événements qui ont eu lieu ?

Et bien de la même façon, les récits, les mises en gardes se basent souvent sur des avis d’experts, des gens qui connaissent bien les menaces sanitaires et les rouages de la santé globale et des institutions type OMS (Organisation mondiale de la santé). On a aussi tendance à exhumer les récits et les paragraphes qui nous arrangent, et à omettre ceux qui ne collent pas. Ce biais de confirmation couplé à une touche d’effet Forer (biais cognitif également appelé « effet Barnum », Biais subjectif induisant toute personne à accepter une vague description de sa personnalité comme s’appliquant spécifiquement à elle-même, ndlr) suffisent à nourrir le conspirationnisme.

Alors soyez vigilants dans les coïncidences des récits, souvent il ne s’agit là que du résultat de coïncidences heureuses liées à l’expertise des auteurs et à vos biais cognitifs.

Corsaire Éditions : Le naufrage du Titan

La chaîne de Nans, Doc’n Roll !

Une du New York Times du 16 avril 1912

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