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Au cinéma : « Karaoké » : une comédie joyeuse portée par un tandem qui joue et chante sur les contrastes

Un bon moment multiculturel avec Michèle Laroque Claudia Tagbo ponctué d’airs des années 80

Bénédicte (Michèle Laroque) est chanteuse d’opéra, elle se voit congédiée suite à un mauvais buzz et une soirée trop arrosée. Elle rencontre Fatou (Claudia Tagbo) qui va l’embarquer dans sa passion musicale amateur : le karaoké. Au point de se lancer dans un concours qui va les amener loin.

Ce qui plaît dans cette comédie trépidante, c’est la confrontation culturelle : Bénédicte et Fatou n’ont rien en commun, si ce n’est la croisée de chemins dans des rôles bien différents, et la musique. Mais pas du tout dans le même registre, et rien n’était censé les faire se rencontrer. Mais le hasard et les événements, précipités, en décident autrement. Bénédicte a la voix perchée, mais elle est également un peu perchée. Du coup elle tombe de bien haut quand elle est virée, tout cela parce que lors d’une soirée, elle était un peu éméchée, et que des caméras ont capté quelques mots un peu plus haut que les autres. Cela fait, au passage, réfléchir sur le traitement de l’information, sa capacité, pour un coup de buzz opportun, à faire chuter quelqu’un.

Tout les séparent, mais les filles deviennent de vrais « potes ». La musique, mais ce n’est pas gagné au départ vu les répertoires qui n’ont rien à voir, va évidemment les rapprocher, mais aussi l’humanité, l’empathie, l’amitié. On aime les contrastes, Michèle Laroque porte parfaitement le rôle d’une femme « déracinée » brutalement de son monde feutré et chic, elle en portera longtemps les stigmates matérialisés dans le film par un manteau gris-bleu filandreux pas du meilleur effet dans le nouveau monde banlieusard dans lequel elle se retrouve, et qu’elle abandonnera tardivement, comme une émancipation.

On sent déjà les critiques : éculé, attendu, clichés, voire beauf…Il faut dire que le film n’est pas prétentieux, ce qui n’est pas forcément en phase avec l’idée du cinéma français de qualité, qui se doit d’être intellectuel. Et bien nous on aime cette simplicité, cette spontanéité, cette joyeuseté dans la confrontation et finalement l’alchimie entre classes sociales sur fond de musique et d’envie de percer.
Michèle Laroque est très fine et sensible dans son rôle de décalée arrachée à son milieu. Pour la symbolique, on a adoré la voir prononcer « Champs-Elysées » sur des intonations particulièrement aristocratiques en interprétant la chanson éponyme de Joe Dassin dans un resto chinois de banlieue. Très symbolique du film et du choc des cultures.

Le répertoire est classique, on retrouvera pour le plaisir des cinquantenaires nostalgiques les mêmes « hits » de Goldman et Balavoine que dans « Heureux Gagnants », à savoir « Que la musique et bonnet » et « Le chanteur », ou encore Abba avec son « Dancing Queen ». Les deux actrices chantent vraiment pour la plupart des séquences musicales et s’y sont préparées pour l’occasion. Ce n’est pas du tout de la prestation vocale à la « The Voice », non, c’est du cinéma, et la mise en scène de ces séquences de chant est travaillée, tout à fait réussie pour nous embarquer avec émotion dans le rêve de ce duo d’actrices tout en contrastes.

Karaoké de Stéphane Ben Lahcene, avec Michèle Laroque, Claudia Tagbo, David Mora, Sébastien Chassagne- Durée : 1h32. Sortie : 20/03/2024

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