Éditorial – 10/06/2022

Cultiver la citoyenneté sur les réseaux sociaux

La citoyenneté, c’est l’engagement citoyen et le respect de ses valeurs, celles qui font qu’on peut vivre en communauté dans le respects des autres et de la démocratie. Dans des espaces d’expression publique comme les réseaux sociaux, le respect des valeurs de citoyenneté implique que l’on respecte la liberté d’expression des autres et qu’on s’exprime soi-même dans certaines limites fixées à ce droit.
La liberté, dans une communauté, n’est jamais absolue, elle est assortie de devoirs.
On a vu dans la crise sanitaire des personnes brandir la « liberté de prescription » des médecins pour s’indigner d’une « dictature sanitaire » instaurée pour empêcher les médecins de prescrire ce qu’ils veulent, puisque cette liberté existe. Or cette liberté de prescrire n’est pas absolue, elle a des limitations comme la nécessité de disposer de preuves scientifiques de l’efficacité du médicament prescrit.
Pour la liberté d’expression, c’est pareil : liberté de principe, avec ses limitations que sont l’interdiction d’insulter, de se livrer à la dénonciation calomnieuse et de diffamer. Il et également interdit de harceler, d’inciter à la haine, etc.
Les réseaux sociaux intègrent ces règles dans les conditions d’utilisation de leurs plateformes, mais elles sont largement mises à mal par les usagers pour différentes raisons.
Tout d’abord, l’anonymat utilisé par certains internautes pour s’exprimer ouvre facilement la porte à des excès car on se sent hors d’atteinte. On peut commettre des infractions, comme on enfilerait une cagoule pour aller braquer une banque. D’aucuns rétorqueront : l’anonymat n’existe pas, c’est du pseudonymat, puisqu’on peut toujours remonter à l’identité d’un internaute qui s’inscrit sur une plateforme à titre individuel. C’est vrai, mais remonter à l’identité est une mesure qui ne se fait que sur demande de la police, dans un cadre judiciaire donc, et cela prend du temps.
Il existe bien une modération fournie par les plateformes, afin de traiter les abus et infractions, mais elle est souvent peu efficace. L’impunité peut donc régner tranquillement.

Alors mesures pour se préserver du défaut de citoyenneté des internautes et ne pas être ciblé ? Cela peut être de ne pas s’exposer, soit en s’enfermant à l’intérieur des clans, soit en travaillant sa popularité, avec un discours allant dans le sens de la tendance et du « politiquement correct ».
Pour ceux dont la liberté d’expression en accord avec leurs idéaux ou leurs missions prévaut, pour se protéger il existe des outils comme le masquage, ou le blocage des comptes en infraction.
Citizen4Science utilise depuis peu un outil auquel il suffit de signaler un message pour qu’il fasse son affaire de bloquer son messager et ceux qui ont diffusé ou approuvé ce message. En limitant strictement cet usage aux abus par violation des règles d’expression qui régulent les plateformes, on peut le voir comme un outil pédagogique et de sensibilisation à ce problème d’atteinte à la liberté d’expression et à la démocratie au final.
L’usage de cet outil a été commenté par des internautes comme une atteinte à leur liberté d’expression puisqu’ils ne pouvaient plus communiquer avec le bloqueur. Une confusion amusante, liberté d’expression ne signifiant aucunement obligation d’écouter les autres. Dans l’espace public, chacun a le droit de rencontrer et d’échanger avec qui il le souhaite, fort heureusement.

Science infuse est un service de presse en ligne agréé (n° 0324 x 94873) piloté par Citizen4Science, association à but non lucratif d’information et de médiation scientifique doté d’une Rédaction avec journalistes professionnels. Nous défendons farouchement notre indépendance. Nous existons grâce à vous, lecteurs. Pour nous soutenir, faites un don ponctuel ou mensuel.

Propulsé par HelloAsso

ou via J’aime l’Info, partenaire de la presse en ligne indépendante

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Résoudre : *
29 − 16 =