FranceSoir condamné à verser 70 000 euros à Google

FranceSoir condamné à verser 70 000 euros à Google

7 septembre 2022 0 Par La Rédaction

C’est la décision du tribunal de commerce de Paris hier en réponse au blog complotiste qui voulait voir le géant américain condamné pour avoir cessé de le référencer sur sa plateforme

Cette information provient de l’Agence France Presse (AFP) qui s’est procuré le jugement en défaveur de Shopper Union qui édite le site bien connu pour sa désinformation et son complotisme depuis le début de la crise sanitaire.

FranceSoir, qui avait repris le célèbre journal éponyme France Soir pour licencier tous ses journalistes et s’engager dans la monétisation du site, s’était vu il y a tout juste un an supprimer son statut d’éditeur sur la plateforme Google Actualités, puis l’accès à la monétisation de publicités Google sur son propre site.
Cela avait entraîné une baisse de fréquentation et de revenus publicitaires, que la société estimait à 3,6 millions d’euros et dont elle espérait réparation en justice.
Google a expliqué que ses règles avaient été enfreintes par le site pour diffusion de contenus complotistes sur la pandémie de Covid-19. La diffusion d’un reportage sur France 2, « Fake News, la machine à fric » aurait été un déclencheur.

Les règles de Google stipulent que « les articles et vidéos des sites de presse en ligne contraires au consensus médical, aux recommandations des autorités sanitaires nationales et de l’OMS« . Sont visés par exemple les affirmations de FranceSoir comme quoi « des traitements alternatifs existent » ou encore la dangerosité des vaccins anti-Covid.

La société déboutée a été condamnée à payer 70 000 euros à Google au titre des frais engagés par la société américaine pour répondre à cette procédure judiciaire.

Des mannes et avantages en voie de disparition pour France Soir

Jeune éditrice de presse en ligne, l’association Citizen4Science, qui lutte contre la désinformation n’avait pas été la seule à fustiger l’agrément renouvelé de service de presse en ligne (SPEL) par le ministère de la Culture, à l’époque dirigé par Roselyne Bachelot. Le statut de SPEL donne en effet droit à divers subventions et avantages fiscaux et monétaires, un comble quand il est attribué à un organe de désinformation.

Les limites de la liberté d’expression

Cette liberté d’expression était invoquée par Shopper Union dans cette procédure. C’est ainsi que le tribunal a rappelé que « Le droit à la liberté d’expression d’un éditeur n’est pas supérieur au droit à la liberté d’une plateforme d’édicter des règles » pour des raisons d’image, de qualité de service et pour répondre à son objet.

Citizen4Science et FranceSoir

L’association n’a cessé de s’opposer à cette structure sur les réseaux sociaux dès le début de la pandémie, le voyant comme relais organisé de la désinformation scientifique et médicale et de leurs leaders. Elle a aussi dénoncé les attaques contre les médecins chercheurs en recherche clinique diffamés et mis en danger par des listes de médecins établies par FranceSoir sur la base de leur rémunération par l’industrie pharmaceutique.

Citizen4Science a dénoncé aussi une tribune anonyme parue chez FranceSoir qui appelait de façon à peine voilée à guillotiner une liste de personnes physiques et morales dont Citizen4Science, en rédigeant il y a un an une tribune en réponse dans L’Express : Stop aux menaces de FranceSoir et au harcèlement des porteurs de la parole scientifique, qu’elle avait proposé à la signature des personnes nommées comme cibles.

FranceSoir avait répondu par une pseudo-enquête sur la « harcelosphère », inversion accusatoire dans laquelle elle plaçait Citizen4Science comme l’un des organisateurs d’un harcèlement envers l’IHU Marseille, inventant des liens grotesques entre l’association et des personnes et affirmant faussement sa soumission à l’industrie pharmaceutique

Assignation en référé contre Bill Gates par l’association Bon Sens

On apprend cet article que l’association BonSens co-fondée par le directeur de la publication de FranceSoir, Xavier Azalbert, et dont il est administrateur, a obtenu une audience en référé le 22 septembre prochain au tribunal de Nanterre, contre Bill Gates pour des propos que le milliardaire a tenu le 6 mai 2022 sur France 2, pour dénigrement « de façon volontaire et malfaisante », pour avoir tenu les propos suivants notamment parce qu’il a « accusé les « complotistes » d’avoir « complètement retourné la situation en disant que je gagne des milliards pour tuer des gens ». Et de dénoncer : « D’une certaine manière, c’est assez humoristique, mais c’est aussi problématique. Ça décourage des gens qui pourraient prendre le vaccin et c’est notre meilleur outil pour empêcher des morts. Et dans ce cas-là, ça devient quelque chose de tragique et j’aimerais que les faits soient mis en avant, c’est un excellent vaccin et nous essayions de faire de notre mieux pour sauver des vies, c’est tout. »  « Si vous regardez ceux qui meurent. En fait, c’est les gens qui ne sont pas vaccinés. Nous savons que même les gens vaccinés, si l’on est vieux, on a probablement besoin d’un rappel, mais c’est un miracle qui a empêché des millions de morts ».

Modifié le 7/9/2022 : ajout du dernier paragraphe concernant l’assignation en référé contre Bill Gates

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