Marine Le Pen condamnée à cinq ans d’inégilibité
Ce 31 mars 2025 marque un coup dur pour l’extrême-droite française, avec le très attendu verdict du tribunal correctionnel de Paris dans le de détournement de fonds dans l’affaire des assistants parlementaires européens
La scène politique française est secouée en ce dernier jour du mois par la condamnation de Marine Le Pen, figure emblématique du Rassemblement National (RN) à Paris. Reconnue coupable, la députée du Pas-de-Calais a écopé d’une peine de quatre ans de prison, dont deux ferme aménageables sous bracelet électronique, d’une amende de 100 000 euros et, surtout, de cinq ans d’inéligibilité avec exécution immédiate. Ce verdict, prononcé en début d’après-midi, compromet gravement ses ambitions présidentielles pour 2027, un scrutin où elle était jusque-là donnée favorite dans les sondages.
Une affaire aux racines profondes
L’affaire remonte à une période entre 2004 et 2016, lorsque le Front National (rebaptisé RN en 2018) aurait utilisé des fonds destinés aux assistants parlementaires européens pour rémunérer des employés travaillant en réalité pour le parti en France. Marine Le Pen, alors présidente du FN, était jugée aux côtés de 24 autres prévenus, dont d’anciens eurodéputés et assistants. Les procureurs avaient requis une peine exemplaire, estimant le préjudice à 4,1 millions d’euros pour le Parlement européen. Malgré les dénégations de la défense, qui plaidait une pratique courante et légitime, le tribunal a tranché en faveur de la culpabilité, marquant une victoire judiciaire contre ce que certains qualifient de « système organisé ».
Réactions immédiates et appel annoncé
La sentence a suscité des réactions vives. Marine Le Pen a quitté la salle d’audience avant la fin de la lecture du verdict, un geste interprété comme un refus de la décision. Son avocat, Maître Rodolphe Bosselut, a rapidement annoncé un appel, déclarant à la sortie du tribunal que sa cliente était « dans un état d’esprit combatif ». Sur le réseau X (ex Twitter), Le Figaro rapporte que Jordan Bardella, président du RN, a dénoncé une « exécution de la démocratie française », tandis que des soutiens européens, comme Matteo Salvini en Italie, ont critiqué un supposé « acharnement de Bruxelles ». À l’inverse, des opposants politiques ont salué une décision qui renforce l’indépendance judiciaire.
Un avenir politique incertain
Cette condamnation, assortie d’une exécution provisoire de l’inéligibilité, barre théoriquement la route de Marine Le Pen vers l’Élysée en 2027, à moins qu’un appel ne renverse le verdict. Or ce processus pourrait prendre des mois voire des années. À 56 ans, après trois candidatures présidentielles (2012, 2017, 2022), elle avait présenté cette échéance comme sa dernière chance de conquérir le pouvoir. Le RN, qui a gagné en influence sous sa houlette, se retrouve désormais face à une crise de leadership. Jordan Bardella, souvent vu comme son successeur pourrait endosser le rôle de porte-drapeau, mais son ascension prématurée reste incertaine dans un parti encore marqué par l’aura de Le Pen.
Entre justice et politique
Ce verdict dépasse le cas personnel de Marine Le Pen pour interroger le fonctionnement des partis politiques en Europe. Si le RN doit rembourser 2 millions d’euros, selon les sanctions prononcées, l’affaire met aussi en lumière les tensions entre justice et politique dans un climat préélectoral déjà tendu. Les débats montrent une fracture : pour certains, cette condamnation est « justifiée » ; pour d’autres, elle illustre une instrumentalisation judiciaire contre l’extrême droite. Nous en parlions récemment dans un article évoquant l’enjeu et les risques de cette affaire. Alors que Marine Le Pen a indiqué laconiquement sur X en début d’après-midi : « Je serai ce soir l’invitée du 20h de TF1« , ses partisans attendent un sursaut, tandis que ses adversaires espèrent un affaiblissement durable du RN.
Image d’en-tête : Marine Le Pen siégeant au Parlement européen en 2014 – Source Wikipédia
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