UN PRINCIPE DE PRÉCAUTION QUI TUE !

Qu’est-ce que le « principe de précaution » ?

C’est une notion apparue dans les années 70 face à des dangers environnementaux (pollution atmosphérique, protection de la couche d’ozone…).
Il s’agit de se prémunir d’un danger en l’absence de causalité établie scientifiquement,avec un risque identifié mais avec présomption plus ou moins forte de cette causalité.
Si cette notion apparaît dans la constitution française et le traité de Maastricht par exemple, il n’existe pas de définition unique de ce concept.
Le principe de précaution relève d’une logique de gouvernance des risques : il est fortement associé aux degré d’incertitude scientifique, qui doit être à mis en balance avec la gravité des risques encourus, l’ampleur des enjeux.
les coûts potentiels et les avantages/inconvénients de l’action/inaction, avec analyse des coûts/bénéfices des différents scénarios. Entre aussi en jeu la notion de savoir si on va pouvoir progresser dans la connaissance du risque et de son lien de causalité au fil du temps.

Aujourd’hui, les gouvernements qui ont pris des décisions de suspension du vaccin AstraZeneca justifient leur décision par l’application du principe de précaution, mais sans fournir l’évaluation des risques qui les a amenés à déclencher ce principe de précaution.

L’application du principe de précaution dans le cas présent interroge car à ce jour, les données disponibles montrent juste une coïncidence d’événements (vaccination suivi d’événements indésirables : thromboses) en nombre très inférieur à ceux survenant dans la population générale.

Tout le monde parle et reparle du rapport bénéfice/risque du vaccin et de pharmacovigilance qui en l’état ne fournissent aucune justification au principe de précaution; son application impose pourtant de prendre du recul comme on l’a vu sur plein d’autres facteurs que l’évaluation du médicament lui-même et de considérer l’impact de la suspension : en premier lieu la non -vaccination.
En cette période de pénurie, le vaccin AstraZeneca ne sera pas remplacé par les autres vaccins Covid disponibles et il y a aura donc une perte de chance de vaccination qui se décompte en morts : sur 2 semaines de suspension = 80 décès vs 5 thromboses dont on ne sait pas aujourd’hui si elles sont liées au vaccin.

Nous avons aussi comme impact important la perception des citoyens, dans un contexte de défiance vaccinale au sein de la population générale et même de soignants, exacerbé par toutes sortes de théories du complot.

Cela pourrait également aggraver la défiance envers le pouvoir politique, s’il devait s’avérer que cette décision n’a pas été motivée par des motifs scientifiquement établis, sachant qu’il y a quelques heures, l’ANSM et Olivier Véran rappelaient qu’il n’y avait aucune raison justifiant de suspendre la vaccination.
Ainsi la perception sociale des risques et la confiance de la population dans les autorités et la science sont un facteur essentiel.

Prendre une décision non argumentée scientifiquement qui entraîne des morts de façon certaine, sur la base d’un « principe de précaution » non justifié est une catastrophe pour la crédibilité aussi bien pour les gouvernants que pour la science et ceux qui la font.

1 réflexion sur “UN PRINCIPE DE PRÉCAUTION QUI TUE !”

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