‘La dernière danse de Mata Hari’, spectacle immersif au Vieux Carré
L’idée paraît des plus tentantes : les spectateurs, en nombre relativement restreint, sont répartis en cinq groupes, chaque groupe est encadré par un comédien qui les fait entrer et les dirige dans un très cosy bar à cocktail parisien du 11e arrondissement. C’est chatoyant, confortable et très étrange à première vue.
Nous sommes en 1916, en pleine première guerre mondiale, plongés dans un caf conc’ parisien où la très grande danseuse, Mata Hari, va donner son ultime spectacle. Une légende nous est présentée avec laquelle on peut converser, échanger et trinquer.
Autour de Mata Hari gravitent la tenancière de l’établissement, un serveur, un aviateur russe, une mystérieuse étrangère et un commissaire qui n’est autre que le chef des services secrets français : ce sont ces cinq-là qui expliquent la situation au groupe de spectateurs dont ils ont la charge, et les poussent, les incitent, les conseillent, jusqu’à leur proposer d’écouter les conversations, de questionner les protagonistes et même de dérober des documents. Les spectateurs sont ainsi autant d’enquêteurs chargé de résoudre le mystère pesant autour du personnage de la célèbre danseuse : serait-elle vraiment, comme on le dit, une espionne ? Serait-elle un agent double ? Que faut-il penser de la légende qui l’entoure ? Quelles sont les motivations des autres protagonistes ?
Pas de salle à proprement parler, pas de scène et aucune séparation entre les comédiens et les spectateurs, mais uniquement des individus dans le même navire de l’immersion : une sorte de Cluedo grandeur nature et qui n’attend que notre faculté d’imagination, de déduction et d’amusement.
Sur le papier, c’est passionnant. Dans la réalité, ça l’est nettement moins. Le parti-pris adopté, vingt pour cent de canevas fixé et quatre-vingt pour cent d’improvisation, fait parfois flotter l’intérêt de l’ensemble. Et, au final, l’intrigue proposée est des plus minces. On a vraiment du mal à s’intéresser à ces personnages cousus d’un fil visiblement blanc et l’on déambule de la salle au bar et au cabinet de Mata Hari sans trop bien savoir ce qu’on y cherche. Mais serait-il vraiment possible d’autrement faire ?
Auteur : Tara Caillet
Artiste(s) : Carlotta Antonucci, Tara Caillet, Jimmy Condaminas, Etienne Faure, Joanna Flahault, Antoine Ody, Axel Stein-Kurdzielewicz
Mise en scène : Tara Caillet
Les samedis à 16h30, jusqu’au 25 avril 2026
Au Vieux Carré – 59 rue de Montreuil – 75011 Paris
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