Didier Raoult et l’IHU : un nouveau rapport provisoire de l’IGAS et de l’IGESR accablant

Didier Raoult et l’IHU : un nouveau rapport provisoire de l’IGAS et de l’IGESR accablant

6 juillet 2022 1 Par La Rédaction

Le journal « La Provence » publie aujourd’hui un article intitulé « IHU : le coup de grâce ? » à propos de ce rapport provisoire de l’Inspection générale des affaires sociales et de l’Inspection générale de l’éducation, du sport et de la recherche, qu’elle a pu consulter en exclusivité.

Citizen4Science a produit sur Twitter de larges extraits de la pleine page consacré aux dérives de l’IHU

Les journalistes en introduction rappellent que l’IHU a bénéficié de la plus grosse subvention attribuée en France pour la recherche, soit 72,3 millions d’euros. Or cet IHU est parti a la dérive, avec des « manquements gravissimes » que l’IGAS avait déjà pointés en 2015. Or « les tutelles ont toujours préféré regardé ailleurs » jusqu’à la crise sanitaire et les « outrances médiatiques » de Didier Raoult et son IHU.

On se permettra de dire, que même pendant la crise sanitaire, les tutelles ont regardé ailleurs, Citizen4Science ayant passé beaucoup de temps à dénoncer les travaux douteux du Pr Raoult sur l’hydroxychloroquine, mais aussi son mode de communication populiste via les réseaux sociaux et YouTube, sans compter l’action de l’association interpellant le gouvernement via un communiqué début mai 2021 concernant le harcèlement des porteurs de la parole scientifique par une sphère rassemblée autour de l’IHU, action portée au Sénat par le sénateur Bernard Jomier et ayant trouvé l’appui de plus de 5 000 scientifiques et citoyens. Action restée lettre morte par le gouvernement malgré son obligation de réponse.

Passons en revue les grands points ciblés par La Provence, sans surprise.

Gouvernance de gourou

La Provence parle de gourou sans contre-pouvoir, avec une direction autoritaire voire autoritariste.

Le rapport indique : « Le Pr Raoult est omniprésent et décideur final pour toute une série de sujets et cela dans tous les domaines », avec un conseil d’administration « construit par affinité. Il est question d’un management « par la terreur », avec « la constitution d’un modèle où le dévouement, la sujétion, la propension quasi-systématique à vérifier ce qui est fait, par qui et quand ».

La Provence rapport un système « tentaculaire » et des « souffrances » psychologiques dans l’exercice professionnels d’employés de l’IHU.

Pratiques médicales déviantes

« La chloroquine de gré ou de force » écrit La Provence, c’est-à-dire que des médecins ont été contraints de faire des prescriptions hors AMM pour le Covid avec le fameux trio : hydroxychloroquine, azithromycine et zinc ». Des prescriptions illégales, inefficaces voire dangereuses pour la santé des patients. On répond « C’est l’hôpital qui couvre » quand des médecins prescripteurs craignent de voir leur responsabilité engagée. Un système « d’ordonnances pré-tamponnées » auraient été mises en place pour aider les prescripteurs récalcitrants à passer à l’acte.

« La question de la perte de chance » se pose pour les patients selon l’IGAS. Des faits relevant de la « qualification pénale », avec des « manquements graves » en terme de consentement éclairé, Code de la santé publique non respecté.

Les protocoles en infectiologie sont pointés du doigt avec demande de l’IGAS de tout remettre en place pour les rendre conforme aux normes.

Recherche : course à la publication

Rien de nouveau qui n’ai été dit, avec 3500 publications, et 6790 sur la dernière décennie donc 679 par an, soit 2 par jour, chiffre La Provence. L’IHU est ainsi à l’origine de « 30,5 % des articles publiés en France sur les maladies zoonotiques, 17,5 % de ceux sur les maladies infectieuses ».

Quantité au détriment de la qualité, on le savait.
Pour terminer, les terribles mots d’internes en formation à l’IHU : « On se doit de démontrer l’hypothèse de départ ».

Un temple de l’antiscience ?

Photo d’en-tête : Didier Raoult en 2021

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