« Monsieur Henri raconte » d’après Henri Guillemin au théâtre Le Funambule
Il ne manque pas d’air, cet huluberlu aux allures de professeur Tournesol qui déboule sur la scène du Funambule, dans son costume défraichi au pantalon maintenu par de disgracieuses bretelles et une chemise débraillée, portant un attaché caisse hors d’âge qui ne contient qu’une vieille perruque poudrée et un monceau de feuilles de papier noircies. Lui, c’est François Piel-Flamme, alias Monsieur Henri, qui vient, durant une heure trente, nous raconter l’histoire de la trahison en politique, de Judas à Manuel Valls, et puis celle de la droite, de Néron à Marine Le Pen. Un coup à gauche les lundis soirs, un coup à droite les mardis soirs : il ne faudrait oublier personne.
Monsieur Henri se prétend d’emblée, Bolchévique, catholique et misogyne, histoire de bien brouiller les pistes et ne jamais totalement dévoiler « d’où » il parle : ni droite ni gauche mais un brin anarchiste, juste histoire de bien remettre les pendules à l’heure.
Ce qui est entrepris n’est rien moins qu’un contre récit national, le contraire de celui qui a trop souvent cours dans les médias officiels et chez les gardiens des Institutions ; c’est une anti-histoire de France et du Monde à l’usage de ceux qui doutent de tout, et surtout d’eux-mêmes. Au passage, Monsieur Henri détruit quelques mythes, comme celui de Voltaire défenseur sacrosaint de l’esprit des lumières et annonciateur de la République, la vraie. Le mythe aussi de la Révolution française, du 14 juillet, de la prise de la Bastille comme les moments où le peuple aurait pris le pouvoir. Et il égratigne un bon nombre de nos hommes célèbres, ceux qui semblent emporter le consensus : le général Lafayette, Georges Danton, Adolph Thiers, Madame de Staël, Georges Sand, et d’autres encore.
Durant toute sa conférence, Monsieur Henri, pitre aux allures professorales, court, saute, bondit, virevolte, gémit, pleurniche, hurle, aux grés de la mise en scène endiablée de Lucas Gonzales. Le but poursuivi est de donner à réfléchir tout en provoquant le rire. Le point de départ, et d’arrivée, c’est qu’il faut se méfier de ceux qui disent : « Ca s’est déroulé comme ça ». Et, par conséquent, se méfier aussi de Monsieur Henri. Le spectacle est destiné à réveiller l’esprit critique du public en glissant un peu (beaucoup) de poil à gratter dans les fourrures poussiéreuses de l’Histoire officielle. Le tout possède un esprit à la Charlie Hebdo et rien n’est meilleur que l’humour, surtout dans les situations de crise.
Conférence théâtrale en deux épisodes
ÉPISODE 1 les lundis : Histoire du centre gauche de Judas à Manuel Valls
ÉSODE 2 les mardis : Quand la droite se lâche, de Néron à Marine Le Pen
Quand la droite se lâche, de Néron à Marine Le Pen
d’aprés un texte de Henri Guillemin
de François Piel-Flamme
mise en scène Lucas Gonzalez
avec François Piel-Flamme
durée 1h25
Le Funambule – 53 rue des Saules – 75018 Paris
Du mardi au samedi à 19h – Dimanche à 15h
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