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Pouvoir d’achat : les ajustements discrets du budget 2026 qui pèsent sur les ménages


Le budget 2026 adopté début février après recours à l’article 49.3 intègre des mesures techniques qui impactent directement le quotidien. La restriction du financement du permis B via le CPF pour les salariés et la hausse des frais bancaires illustrent ces évolutions cumulatives qui grignotent le pouvoir d’achat des classes populaire et moyenne


Début février 2026, l’inflation provisoire s’établit à 0,3 % sur un an en janvier selon l’Insee, après +0,8 % en décembre 2025. Dans ce contexte de stabilité des prix, plusieurs dispositions de la loi de finances entrent en application ou approchent : elles ne font pas les gros titres comme la revalorisation de la prime d’activité, mais touchent concrètement les ménages modestes et actifs en emploi. Ces arbitrages, orientés vers la réduction du déficit, transfèrent discrètement des charges vers les particuliers.

La restriction du CPF pour le permis de conduire

La loi de finances 2026 restreint le financement du permis B via le Compte personnel de formation (CPF° : il est désormais réservé aux demandeurs d’emploi, excluant la plupart des salariés sauf cas très limités (cofinancement par l’employeur ou tiers dans un cadre professionnel strict). Jusqu’ici, le permis représentait environ 23 % des usages du CPF selon les données Dares antérieures, avec un coût moyen de 1 500 à 2 000 euros. Cette mesure, issue d’amendements sénatoriaux et maintenue par le gouvernement dans le volet dépenses, vise à réorienter les fonds vers des formations comme les bilans de compétences. Elle touche particulièrement les actifs en zones rurales ou périurbaines, où le véhicule personnel reste indispensable pour l’accès à l’emploi (ouvriers, aides-soignants, intérimaires). Sans financement CPF, le délai pour obtenir le permis s’allonge, retardant potentiellement une embauche ou une évolution professionnelle – une perte de revenus souvent bien supérieure au coût initial. À terme, cette restriction accentue les inégalités territoriales et freine la mobilité sociale des jeunes actifs et des classes moyennes inférieures. L’entrée en vigueur est prévue au lendemain de la promulgation de la loi, probablement autour du 10 février 2026 selon les indications du ministère du Travail.

Hausse des frais bancaires

Au 1er février 2026, les tarifs bancaires progressent en moyenne de 3 % selon l’enquête annuelle de la CLCV portant sur 107 établissements. Les frais de tenue de compte augmentent de 6,39 % et deviennent quasi-généralisés, tandis que les cartes bancaires (+2,07 % à +2,29 %) et les retraits hors réseau suivent la tendance. Pour un ménage modeste avec un compte courant basique, cela représente 10 à 30 euros de plus par an – modeste isolément, mais cumulatif avec d’autres pressions. Les banques justifient cette évolution par la hausse de leurs coûts internes, alors que l’inflation globale reste très faible. Ce transfert de charges pénalise surtout les usagers sans accès aux offres gratuites des néobanques, rognant le pouvoir d’achat disponible au moment où l’épargne réglementée offre peu de rendement alternatif.

Inflation maîtrisée mais vigilance sur les effets cumulés

Avec une inflation à 0,3 % en janvier 2026 et une relative stabilité énergétique, le cadre macroéconomique paraît favorable. Pourtant, ces ajustements s’additionnent : restriction CPF pour les salariés, hausse des frais bancaires. Pour les ménages modestes, ces 50 à 200 euros annuels en moins équivalent à plusieurs jours de courses ou un plein d’essence. Sans compensations ciblées, ces mesures risquent de freiner la consommation des classes populaires et moyennes, alors que le gouvernement parie sur une croissance modérée pour assainir les finances publiques.

En conclusion…

Ces dispositions discrètes du budget 2026 soulignent que le pouvoir d’achat se joue aussi dans les détails réglementaires et les petits coûts récurrents. Dans un effort nécessaire de redressement budgétaire, une vigilance accrue sur leurs impacts concrets tels que la mobilité professionnelle ou l’accès aux services bancaires de base reste indispensable pour éviter un fossé entre les annonces macroéconomiques et le vécu quotidien des Français.

Illustration d’en-tête : Andre Taissin

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