Près d’un milliard de personnes dans les pays à revenus faibles ou intermédiaires – soit 1 personne sur 8 dans le monde – sont desservies par des établissements de soins sans alimentation électrique fiable révèle l’OMS (Organisation mondiale de la santé)

Dans un rapport publié le 14 janvier, l’OMS s’inquiète du taux d’hôpitaux dont le système électrique est défaillant, un aspect critique pour la fourniture des soins d’urgence et de routine

Il s’agit d’un rapport conjoint de l’OMS, de la Banque mondiale, de l’International Renewable Energy Agency (IRENA) et de Sustainable Energy for All (SeForAll) intitulé intitulé ‘Énergiser la santé : accélérer l’accès à l’électricité dans les établissements de soins de santé‘, présente les dernières données sur l’électrification des établissements de soins dans les pays à revenu faible ou intermédiaire. Il prévoit également les investissements nécessaires pour parvenir à une électrification adéquate et fiable des établissements de santé.

« L’accès à l’électricité dans les établissements de soins peut faire la différence entre la vie et la mort », a déclaré le Dr Maria Neira de l’OMS. « Investir dans une énergie fiable, propre et durable pour les établissements de santé n’est pas seulement crucial pour la préparation aux pandémies, c’est aussi particulièrement nécessaire pour atteindre la couverture sanitaire universelle, ainsi que pour accroître la résilience et l’adaptation au climat. »

L’électricité, un consommable essentiel à l’hôpital

L’électricité est indispensable pour faire fonctionner les appareils les plus basiques, de la lumière aux équipements de communication, de réfrigération et tous les dispositifs qui mesurent les signes vitaux comme le rythme cardiaque et la pression sanguine. Avoir du courant électrique est critique tant pour les soins d’urgence que de routine. Sans électricité, il est impossible par exemple de mettre en fonction les appareils médicaux essentiels, de stériliser les équipements, de conserver les vaccins, de pratiquer des interventions chirurgicales essentielles, rappelle l’OMS.

Plus d’un établissement de soins sur 10 ne dispose pas de l’électricité en Asie du Sud et en Afrique subsaharienne

C’est le constat du rapport, qui nous apprend aussi que l’électricité n’est pas fiable pour la moitié des établissements d’Afrique subsaharienne, même si des progrès ont été réalisés au cours des années passées. Au total, environ un milliard de personnes dans le monde sont desservies par des établissements de santé qui ne disposent pas d’un approvisionnement fiable en électricité, voire qui n’ont pas d’électricité du tout. Pour donner un ordre d’idée, l’OMS précise que ces populations correspondent environ la totalité des populations des États-Unis, de l’Indonésie, du Pakistan et de l’Allemagne réunies.

Au sein des pays eux-mêmes, l’OMS pointe des disparités d’accès à l’électricité également « criantes ». Les centres de soins primaires et ruraux sont plus concernés parce ce risque de manque d’électricité que les hôpitaux et les établissements des zones urbaines, révèle le rapport, et l’OMS insiste sur la nécessité de comprendre les raisons de ces disparités est essentielle afin de prioriser les besoins et permettre des améliorations qui pourront sauver des vies.

Pourcentage d’établissements de soins rapportant absence d’accès à l’électricité, 2015-2022, Source OMS
Pourcentage d’établissements de soins rapportant accès non fiable à l’électricité, 2015-2022, Source OMS
Estimation de la population desservie par absence d’électricité ou électricité non fiable, source OMS

La santé, droit humain et bien public

Ainsi, l’OMS rappelle-t-elle que l’accès à l’électricité est un élément essentiel de la couverture sanitaire universelle. Électrifier les établissements de santé est donc « une priorité absolue« . L’organisme appelle les gouvernements et les partenaires de développement et de financement à soutenir les efforts en la matière.

Le rapport inclut l’analyse des besoins par la Banque mondiale : près des deux tiers (64 %) des établissements de soins des les pays à revenu faible ou intermédiaire nécessitent une forme d’intervention urgente – par exemple, un nouveau raccordement électrique ou un système d’alimentation de secours – et quelque 4,9 milliards de dollars sont nécessaires de toute urgence pour les amener à un niveau d’électrification minimal.

Il n’est pas nécessaire d' »attendre le réseau »

Le rapport expose qu’il existe des solutions d’énergie durable décentralisées rentables et propres, par exemple basées sur l’énergie solaire (photovoltaïque. Elles sont rapidement déployables sur site sans qu’il soit nécessaire d’attendre un accès au réseau électrique centralisé. La mise en place de ces solutions auraient un impact majeur sur la santé publique.

En outre, les systèmes et les installations de soins de santé sont de plus en plus touchés par l’accélération des effets du changement climatique. Construire des systèmes de soins de santé résilients au climat signifie construire des installations et des services capables de relever les défis d’un climat changeant, tels que les événements météorologiques extrêmes, tout en améliorant la durabilité environnementale.

Le rapport alerte également sur l’impact délétère du changement climatique qui s’accompagne de variabilité et d’événement météorologiques extrêmes avec la nécessité de systèmes de soins de santé résilients au climat, tout en améliorant la durabilité environnementale.

Pour aller plus loin

Science infuse est un service de presse en ligne agréé (n° 0324 x 94873) piloté par Citizen4Science, association à but non lucratif d’information et de médiation scientifique doté d’une Rédaction avec journalistes professionnels. Nous défendons farouchement notre indépendance. Nous existons grâce à vous, lecteurs. Pour nous soutenir, faites un don ponctuel ou mensuel.

Propulsé par HelloAsso

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Résoudre : *
22 ⁄ 11 =