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Révolution en Iran : un soulèvement économique aux enjeux politiques profonds

Depuis le 28 décembre 2025, l’Iran est secoué par des manifestations massives contre la crise économique, qui menacent la stabilité du régime théocratique.

Les racines d’un mécontentement structurel

Les protestations qui ont éclaté en Iran fin décembre 2025 trouvent leur origine dans une crise économique aiguë, marquée par une dévaluation historique du rial et une inflation dépassant les 42,5 % en décembre. Déclenchées par des grèves de commerçants à Téhéran, ces manifestations se sont rapidement étendues à plus de 21 provinces, impliquant des marchands, des étudiants et des ouvriers. Cette vague reflète non seulement les difficultés immédiates comme les pénuries d’eau, de nourriture et d’électricité, mais aussi des failles structurelles du régime : une mauvaise gestion interne aggravée par des sanctions internationales et une priorisation des financements aux proxies régionaux au détriment de l’économie domestique. Contrairement aux affirmations de certains observateurs français sur les réseaux sociaux qui déplorent un silence médiatique, des sources internationales et françaises couvrent l’événement, soulignant que les protestations ont entraîné des fermetures massives de bazars et d’universités. Critiquement, cette crise expose l’échec du système théocratique à répondre aux aspirations d’une population jeune et éduquée, où la classe moyenne s’appauvrit rapidement. Les slogans comme « Mort au dictateur » ciblent directement le guide suprême Ali Khamenei, indiquant un rejet plus profond que de simples revendications économiques

Dynamique des protestations et réponse répressive du régime

La dynamique des manifestations a évolué rapidement, passant de grèves pacifiques à des affrontements violents avec les forces de sécurité, notamment les Gardiens de la Révolution islamique (IRGC). Des vidéos circulant sur les réseaux montrent des foules saisissant des armes aux forces de l’ordre dans des villes comme Mashhad et Tabriz, tandis que des étudiants rejoignent le mouvement dans les universités. Analytiquement, cette escalade diffère des soulèvements précédents, comme celui de 2022 lié à la mort de Mahsa Amini, par son ampleur géographique et son unité autour de thèmes économiques, évitant les clivages sectaires pour se focaliser sur un rejet global du régime. Des morts ont déjà été rapportées ces derniers jours.Le gouvernement du président Masoud Pezeshkian a proposé un dialogue, mais cette offre apparaît comme une tactique dilatoire face à la radicalisation des demandes, incluant des appels au retour de la monarchie Pahlavi. Critiquement, la rhétorique officielle accusant les États-Unis et Israël d’orchestrer les troubles masque les racines internes, telles que la démission du gouverneur de la banque centrale et une exécution record de plus de 1 500 personnes en 2025, qui alimentent la défiance. Au moins sept morts ont été rapportés lors de ces clashes, transformant les rues en « champs de bataille » selon des témoins, et soulignant la vulnérabilité du régime si les forces de sécurité venaient à défaillir.

Enjeux géopolitiques et réactions internationales

Sur le plan international, ces protestations interviennent au moment où Donald Trump entame son second mandat, marquant un tournant potentiellement décisif. Le président américain a menacé d’intervenir si le régime continuait à tuer des manifestants, déclarant que les États-Unis étaient « prêts à agir » pour secourir les protestataires. Analytiquement, cette posture reflète une politique plus agressive envers Téhéran, avec de possibles nouvelles sanctions qui pourraient aggraver la crise économique tout en isolant davantage l’Iran. La Russie et la Chine, alliés traditionnels, restent distants, peut-être en raison de leurs propres défis ou d’un calcul évitant un engagement coûteux. Critiquement, les viewpoints médiatiques varient : les sources pro-régime minimisent l’ampleur, tandis que les observateurs occidentaux soulignent le potentiel d’un changement radical, bien que l’absence de leadership unifié parmi les protestataires risque de prolonger le chaos. Reza Pahlavi, en exil, gagne en popularité avec des appels à une transition vers une monarchie constitutionnelle, mais des divisions ethniques (Kurdes, Baloutches) pourraient compliquer l’unité. Prospectivement, un soutien international accru pourrait accélérer une implosion du régime, mais une intervention directe risquerait une escalade régionale impliquant Israël ou l’Arabie saoudite.

Perspectives : Vers un changement ou une répression durable ?

L’Iran se trouve à un carrefour où les manifestations pourraient mener à un effondrement du régime similaire à d’autres révolutions arabes, libérant le pays de son isolement et boostant son économie pétrolière via une transition séculière. Cependant, analytiquement, le régime dispose d’un appareil répressif robuste, capable d’intensifier la violence comme lors des soulèvements passés, avec des milliers d’arrestations et une censure numérique accrue. Critiquement, la pensée historique invite à la prudence : la révolution de 1979 a remplacé un autoritarisme par un autre, et un vide de pouvoir pourrait favoriser des factions extrémistes ou une fragmentation ethnique. À long terme, un Iran post-théocratique stabiliserait le Moyen-Orient en réduisant le financement du terrorisme, mais cela dépendra du soutien des forces de sécurité internes et de la communauté internationale. Si les protestations persistent au-delà de janvier 2026, elles pourraient forcer une réforme profonde ou un renversement, marquant la fin d’une ère islamique ou le début d’une répression sanglante prolongeant l’instabilité. L’élan actuel, soutenu par une jeunesse désillusionnée, suggère toutefois un potentiel transformateur, à condition que les acteurs externes évitent une ingérence mal calibrée.

Illustration d’en-tête : capture image TV émeutes Iran décembre 2025

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