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‘Tout ce que peut l’amour’ au théâtre le Funambule Montmartre

Chloé et son compagnon, Hadj, forment un jeune couple toulousain : ils viennent d’avoir un bébé, une petite fille qu’ils ont nommée Soley (prononcez « soleil »), prénom scandinave. Mais, à l’âge de cinq mois, les médecins diagnostiquent à l’enfant une tumeur cancéreuse et elle ne pourra vivre au-delà de sa première année sur la terre.

Tel est le postulat de départ de cette pièce qui nous conte la détresse du couple, le terrifiant cheminement médical dans l’univers du cancer, l’horreur du décès, l’extrême difficulté du deuil et de la reconstruction.

Ils sont cinq sur la scène, quatre femmes et un homme, pour incarner les parents du bébé et tout l’entourage : les proches, les parents des parents, les médecins, le personnel soignant, les parents des autres enfants, les amis…

Certes, le sujet est touchant et fort : il était par conséquent superflu de recourir au pathos pour le traiter. C’est pourtant le parti-pris qui a été choisi par la compagnie « Les Wonderbiches » pour entreprendre ce ballet morbide autour d’un bébé poupée de chiffon qu’on enlace, qu’on embrasse, qu’on ausculte, qu’on caresse, qu’on soigne, qu’on pique, qu’on veut réparer, etc.

L’ensemble est sympathique et l’on voit bien que les comédiens déploient toutes leurs forces et leurs capacités mais il demeure peu convaincant. Et que dire, que penser, de cet espace scénique limité, côté jardin et côté cour, par des cordes comme un ring de boxe ? Le spectacle, d’ailleurs, commence, de façon très incongrue, par deux comédiennes en train de s’échauffer sur ce supposé ring. On voit la métaphore bien entendu, « la vie est une lutte, un perpétuel combat, il faut se relever à chaque fois, ne pas céder à l’adversaire, être fort, etc » mais justement, la métaphore est tellement évidente qu’elle en devient lourde à être ainsi tout le long rappelée par le dispositif scénique.

Quant à la progression dramatique, elle est accidentée, peu lisible, emplie de moments qui n’apportent rien et font retomber le petit peu d’émotion qui était né au moment du décès de l’enfant.

Le témoignage écrit par Chloé Duperrin, le livre qui est à l’origine de la pièce, est sans nul doute important, pour elle, et l’adaptation et la mise en scène de Cécile Parichet sont louables, et généreux, mais que peut nous apporter un tel spectacle ? L’exemple individuel est bien entendu émouvant, comme le serait n’importe quel récit d’un moment de vie délicat fait par n’importe lequel d’entre nous, les humains, mais en quoi cet exemple peut-il nous concerner et déboucher sur une prise de conscience ou un désir de changement ? Ce n’est pas avec des bons sentiments qu’on fait de bons spectacles.

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  • De : Chloé Duperrin
  • Adaptation : Cécile Parichet
  • Mise en scène : Cécile Parichet
  • Avec : Alexi Ridgway, Cécile Parichet, Yelu Bao, Sarah Eskenazi, Marine Manec’h, Julien Massetti, Romane Noulé

Jusqu’au 5 mai 2026

Théâtre Le Funambule Montmartre, 53 rue des Saules- 75018 Paris

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