‘Le cabaret philosophique du docteur love’, au théâtre le Funambule Montmartre
Il lui suffit de bien peu de choses, sur scène, à Yves Cusset : un guéridon recouvert de velours rouge, son petit carnet et ses lunettes, un fauteuil rose sur roulettes et un porte-manteau. Il vient, salue, et nous campe un extravagant docteur Love, mi chargé de cours de philosophie mi psychanalyste, mais l’un comme l’autre version facétieuse, pour nous apprendre tout ce que d’aventure on aurait envie de savoir au sujet de l’amour.
Et d’abord, bien sûr, tout naturellement, il nous met en garde contre la plus grande escroquerie au monde, l’imposture généralisée, le traditionnel jeu de dupes, et qui, nonobstant, continue d’alimenter, sans faiblir, les réseaux sociaux, la littérature (grande ou petite), le cinéma, les séries télés et les propriétaires de sites de rencontres : l’amour, le grand, le vrai, l’éternel, l’immortel, celui qui provoque le coup de foudre et la passion insurpassable, celui des comédies romantiques et des fantasmes d’adolescents que nous sommes encore tous.
Il prend place dans le fauteuil rose, le docteur Love, et, à la façon d’un animateur de radio, il écoute, par téléphone via le standard, les questions d’auditeurs imaginaires : autant de questions et autant de thèmes abordés. Il y aura la fidélité, la longévité du couple, le besoin de sexualité, le rapport à la tendresse, les relations homosexuelles, l’importance (ou la non importance) du poil et de l’érection, etc.
Yves Cusset, le docteur Love, c’est une silhouette un peu dégingandée et bedonnante, quelque part entre Jim Carrey, Jerry Lewis et Gaston Lagaffe, avec l’état d’esprit d’un anarchiste libertaire qui fréquenterait Charlie Hebdo, et Yves Cusset nous déconstruit l’amour au nom de la liberté, de la tolérance et d’une certaine façon de gagner enfin l’égalité hommes femmes, d’abolir les fadaises sur la virilité masculine et de conquérir une vraie autonomie psychologique des individus, sans drogues ni anti-dépresseurs. Chemin faisant, Yves Cusset cite, sans la moindre hiérarchie ni le moindre jugement de valeur, Verlaine, Mallarmé, Kierkegaard, Charles Trenet, Aya Nakamura, Barbara, Coluche, Didier Barbelivien, et bien d’autres encore. Yves Cusset possède un sens de la formule et un amour des jeux de mots dignes tout autant de Jacques Lacan que de Raymond Devos. Son spectacle tente de redonner une authenticité aux rapports humains, qu’ils soient sociaux, sexuels ou autres, et de nous aider à sortir des clichés réactionnaires trop souvent égrenés par l’habitude, la tradition, la flemme ou les média. Il sera, cet été, à Avignon, avec son bagout, son imagination, sa culture et sa bonne humeur. N’oubliez pas d’aller lui faire signe : le personnage est des plus sympathiques, autant que des plus truculents, et son spectacle devrait être remboursé par la Sécurité sociale !
de et avec Yves Cusset
Théâtre Le Funambule Montmartre, 53 rue des Saules- 75018 Paris
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