‘Ça va bien se passer (j’espère!)’ de et avec Robert Bouvier, au théâtre le Funambule Montmartre
Sur les premières mesures de Tchaïkovski, danse sous nos yeux un homme en collant noir, costume d’époque et cape rouge, mais il n’a ni l’âge ni le physique du prince Siegfried dans le célébrissime Lac des Cygnes, et, qui plus est, il est seul sur la scène sans gracieuse partenaire féminine.
Entre deux pénibles entrechats, l’homme finit par avouer qu’il n’est autre que Robert Bouvier lui-même, soit le directeur du théâtre de Neufchâtel, et que, la troupe du Kirov, initialement prévue pour venir donner une représentation, étant encore bloquée à la frontière, il s’est dévoué, lui, le directeur, pour assurer le remplacement.
Maintenant que le stratagème est dévoilé, Robert Bouvier décide, pour un peu meubler l’attente, de nous raconter sa vie.
Tel est le point de départ, et le prétexte, du spectacle.
Robert Bouvier dans son propre rôle va nous narrer par le menu, sans ordre ni façon, comment il est devenu directeur du théâtre de Neufchâtel, puis comment il est devenu comédien (donc vraiment sans ordre!).
Certes, les anecdotes sont, pour certaines, savoureuses, certes on apprécie de connaître, un peu, l’envers du décor, certes le parcours du petit Suisse devenu grand directeur est édifiant, certes le personnage est sympathique, mais on avouera que l’intérêt demeure des plus limités.
Robert Bouvier s’essaye, à son tour, à un exercice qui semble devenu des plus tendances dans le petit monde de la création théâtrale contemporaine : le seul en scène sur fond autobiographique avec démultiplication des personnages campés, à chaque fois, par un changement à vue, un accessoire signifiant, une modification posturale ou un accent typique. Mais le seul en scène est un art délicat et qui exige une rigueur magistrale ; il exige, cet art, de soigneusement éviter les deux écueils de la virtuosité et du surjeu, entre Charybde et Scylla.
C’est un Suisse bien sympathique, Robert Bouvier, et l’on s’en voudrait de le lui reprocher : ça va bien se passer, on l’espère pour lui !
- auteur Joëlle Bouvier, Robert Bouvier et Simon Romang
- mise en scène Joëlle Bouvier et Simon Romang
- avec Robert Bouvier
- création lumières Pascal Di Mito
- musique originale Lucas Warin
- production Compagnie du Passage
- durée 1h20
Jusqu’au 9 juin 2026 – lundi et mardi, 9h ou 21h
Théâtre Le Funambule Montmartre, 53 rue des Saules- 75018 Paris
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