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‘Lettres de Madame de Sévigné – Féministe baroque’ au théâtre Poche Montparnasse

C’est à l’occasion du 400e anniversaire de la naissance de Marie de Rabutin-Chantal, plus connue sous le nom de Marquise de Sévigné, que Sébastien Lapaque a conçu de rassembler quelques-unes des célèbres lettres de la Marquise afin d’en composer un spectacle. Ainsi, tandis que la toujours charmante Béatrice Agenin est chargée de lire les dites lettres, lui-même, Sébastien Lapaque, aimable amphitryon aux faux airs de Michel Fau, nous explique et nous détaille le contexte culturel du grand siècle, le XVIIe.

La Marquise de Sévigné, on le sait, n’avait, à l’origine aucune volonté littéraire et aucun désir de publication. Comme elle était séparée de sa fille, à cause du mariage de cette dernière avec le Comte de Grignan, originaire de la Drôme provençale, elle se résolut à lui écrire tous les jours pour maintenir entre elles le lien affectueux. Étant donné que la Marquise de Sévigné fréquentait plus ou moins la Cour de Versailles ainsi que bon nombre d’artistes et d’intellectuels de son époque, l’ensemble des missives, réunies par la suite, constitue une sorte de journal quotidien des nouvelles de la famille royale et de la société parisienne.

Certes, la prose est agréable et bien tournée. Certes, certaines anecdotes sont amusantes, et l’on sourit de cette jeune femme qui vendit sa liberté et sa virginité pour devenir Duchesse et bénéficier ainsi du privilège de s’asseoir sur un tabouret en présence de la famille royale alors que tout le monde devait rester debout. Ou encore de cette autre Marquise prête à sacrifier sa pudeur pour être jetée nue en pleine mer, remède considéré, à l’époque, comme tout à fait salutaire contre les attaques de la rage. Certes, la bonne Marquise nous distraie à citer Descartes, détester Racine et écouter Bourdaloue, mais il est néanmoins difficile, comme le voudrait Sébastien Laplaque, d’en faire une égérie avant l’heure du féminisme, une sorte de chantre de l’égalité républicaine, une ancêtre des modernes influenceuses du Web et de considérer sa correspondance comme l’Instagram du grand siècle.

Quelle que soit la bonne volonté de Béatrice Agenin et de Sébastien Laplaque, la Marquise de Sévigné continue à n’être que naphtaline et vieilles dentelles.

Lettres choisies et commentées par Sébastien Lapaque
Lecture des lettres par Béatrice Agenin
Lumière : Yves Angelo

Théâtre Poche Montparnasse – 75 boulevard du Montparnasse – 75006 Paris

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