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Artermis II : Un petit tour de lune et puis s’en va


La mission Artemis II de la NASA a été lancée avec succès le 1er avril 2026 avec quatre astronautes à bord. C’est le premier vol habité d’humains depuis Apollo 17 en 1972. Le vaisseau, sur le retour, devrait amerrir dans le Pacifique autour du 10 avril.


Un vol de test technique ambitieux en cours

Après un décollage parfait à bord du SLS (Space Launch System), la nouvelle fusée super-lourde de la NASA conçue spécifiquement pour la mission Artemis, la capsule Orion a réalisé l’injection translunaire, plusieurs corrections de trajectoire et un survol lunaire à environ 6 500 km de la surface de la Lune. Si on a toujours pa remarché sur la Lune, l’équipage a toute fois battu le record de distance de l’humanité loin de la Terre.

Les objectifs principaux sont de valider le bouclier thermique d’Orion lors de la rentrée à très haute vitesse, tester les systèmes de support de vie sur une durée de dix jours, évaluer l’exposition au rayonnement cosmique et vérifier les communications en blackout derrière la Lune.

Pourquoi Artemis II ne se pose pas sur la Lune ? Le paradoxe expliqué

C’est une espèce de grand paradoxe qui interpelle le public : comment, plus de 50 ans après Apollo 11, la NASA envoie-t-elle des astronautes autour de la Lune sans s’y poser ? Les missions actuelles sont-elles dès lors véritablement une avancée scientifique ?

La réponse est à chercher dans la différence de philosophie de la série de mission en cours. Dans les années 1960, la course contre l’URSS imposait une prise de risque extrême. Aujourd’hui, la NASA adopte une approche beaucoup plus prudente et progressive. Artemis II est un vol de qualification avec équipage : elle teste tous les systèmes critiques (propulsion, navigation, survie, rentrée atmosphérique) en environnement cislunaire réel, sans prendre le risque supplémentaire et très complexe d’un alunissage et surtout d’un décollage depuis la surface lunaire.

Ce n’est qu’une fois cette étape multifactorielle validée qu’Artemis III tentera le premier alunissage avec le lander Starship. Cette approche est plus lente, moins spectaculaire sans doute, mais bien plus sûre, visant à éviter une catastrophe qui pourrait stopper le programme pendant des années.

Le rôle clé du module de service européen

Si le programme Artemis est américain, pensé et mis en œuvre par la NASA, le « moteur » de la mission est le European Service Module (ESM-2) fourni par l’ESA. Il assure la propulsion principale, la génération d’électricité, le contrôle thermique et la gestion des ressources vitales. Bref, il est essentiel. Sans ce module européen, Orion ne pourrait tout simplement pas réaliser ce voyage. Ses performances actuelles sont excellentes et confirment la solidité de la contribution industrielle européenne.

Conccurence USA-Chine et enjeux scientifiques

Artemis II s’inscrit dans une course spatiale renouvelée face à la Chine, qui prépare ses propres missions lunaires habitées. Scientifiquement, cette mission fournit des données précieuses sur le rayonnement en environnement cislunaire et sur les performances des systèmes pour les futures missions de longue durée.

Prochaines étapes

Après le succès d’Artemis II, la NASA prévoit Artemis III en 2027 (un vol de répétition en orbite terrestre avec les futurs atterrisseurs), puis Artemis IV en 2028, qui devrait marquer le premier retour des humains sur la surface de la Lune depuis Apollo 17 en 1972.

L’objectif est ensuite d’installer une présence durable avec la station Gateway en orbite lunaire et plusieurs missions par an à partir de 2028-2029, en vue de préparer à terme l’exploration de Mars. Un calendrier ambitieux, mais réaliste seulement si tous les tests actuels se déroulent parfaitement.

La capsule Orion dans l’espace (caméra montée sur la capsule) – 1er avril 2027
Jour 5 de la mission Artemis II -vue de la lune de l’intérieur de la capsule Orien

Croissant de Terre vu de la capsule Orion derrrière la Lune – Avril 2026

Photos : Crédit NASA – en-tête : l’astronaute Christina Koch dans la capsule Orion – Avril 2026

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