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Ukraine : trois scénarios probables et trois scénarios de rupture

par Florent Parmentier, Secrétaire général du CEVIPOF. Enseignant à Sciences Po. Chercheur-associé au Centre HEC Paris de Géopolitique, Sciences Po, et Cyrille Bret, Géopoliticien, Sciences Po

Les scénarios probables

Près d’un an après le déclenchement de l’opération militaire russe contre l’Ukraine, le 24 février 2022, quelles sont les évolutions possibles du conflit dans les mois qui viennent ? La difficulté de la prospective est particulièrement marquée pour ce conflit car les « surprises » militaires, diplomatiques et stratégiques ont été nombreuses.

D’un côté, la combativité des forces ukrainiennes, le soutien de l’UE et des États-Unis à Kiev, les difficultés logistiques et tactiques des forces armées russes ont pris Moscou de court. D’un autre côté, la résistance de l’économie russe aux sanctions, l’ampleur des migrations ukrainiennes vers l’Europe, le blocage des instances de l’ONU ainsi que le soutien mesuré de la Chine, de l’Inde et de plusieurs pays d’Afrique à la Russie ont surpris les chancelleries occidentales.

Trois scénarios majeurs sont aujourd’hui envisageables.

Scénario 1 : un revers russe caractérisé

Sur le plan militaire, les forces armées de Moscou lanceraient une nouvelle offensive sur Kiev, comme en février 2022, ainsi que sur le bassin du Don (le Donbass, dont une large partie se trouve toujours aujourd’hui sous le contrôle des Ukrainiens) et sur la province de Kherson afin d’essayer d’obtenir un succès éclatant aux yeux de la population russe.

Mais ces attaques échoueraient. La Russie perdrait de nombreux hommes et une grande partie des quatre provinces ukrainiennes illégalement rattachées à la Fédération de Russie en septembre 2022. Elle constaterait que son objectif stratégique initial (le changement de régime à Kiev) s’est soldé par un échec. L’Ukraine reprendrait des bastions russes dans le Bassin du Don et ferait mouvement vers la Crimée.

Plusieurs facteurs pourraient consacrer cette défaite russe. Sur le plan intérieur, la mobilisation et l’entraînement des réservistes se heurteraient à plusieurs limites : nouvelle fuite des mobilisables hors du territoire russe ; incapacité du commandement russe à entraîner efficacement les nouvelles recrues ; épuisement de la Base industrielle et technologique de Défense (BITD) russe ; montée en puissance des effets des sanctions occidentales sur le budget de la Fédération ; crise dans les cercles dirigeants russes, notamment au niveau du ministère de la Défense.

En Ukraine, la réalisation de ce scénario est subordonnée à plusieurs conditions : la résistance de la présidence ukrainienne à l’usure de la guerre, sa capacité à remporter les élections législatives de l’automne 2023, la poursuite de l’aide militaire américaine et européenne à un niveau compatible avec la consommation inévitable de matériels de guerre sur les champs de bataille, et la capacité à tenir plusieurs fronts en même temps. Le chef d’état-major ukrainien, Valeri Zaloujny, a exprimé un certain nombre de souhaits en décembre : 300 chars, 600-700 véhicules de combat d’infanterie, 500 obusiers pour la victoire.

Enfin, sur le plan international, ce scénario suppose que la Russie perde la position de force que lui a conférée en 2022 la hausse des prix des produits énergétiques. Il faudrait pour cela que ses clients développent des sources d’approvisionnement alternatives, ce qu’ils ont déjà commencé à faire.

L’horizon de ce scénario favorable à l’Ukraine serait l’ouverture de négociations de cessez-le-feu puis de paix.

Toutefois, si la défaite russe est d’ampleur, un désordre politique interne pourrait paralyser le leadership russe et instaurer à Moscou un chaos privant le pays de la capacité à s’engager réellement dans des négociations. Pour que de telles négociations soient couronnées de succès, il conviendrait donc tout à la fois que la Russie considère la guerre comme durablement perdue, et qu’elle conserve une chaîne de commandement efficace. Deux points redoutablement durs à traiter seraient le sort de la Crimée et l’avenir de la candidature de l’Ukraine à l’OTAN. En somme, ce scénario serait l’extrapolation des contre-offensives ukrainiennes réussies d’août à octobre 2022.

Scénario 2 : un succès tangible pour la Russie

Le scénario inverse consisterait en une série de succès militaires pour la Russie à partir de la fin de l’hiver. Par exemple, la Russie réussirait à reprendre l’essentiel de la province de Kherson, menacerait directement Kiev en pénétrant dans ses faubourgs à partir de la Biélorussie et reprendrait une progression marquée vers le sud-ouest en direction d’Odessa. La réalisation de ce scénario découlerait de plusieurs hypothèses, la principale étant l’épuisement humain et matériel des forces armées ukrainiennes.

Du côté russe, cela supposerait la réussite de plusieurs actions pour le moment infructueuses. Notamment, la mobilisation réalisée à l’automne 2022 serait efficace en matière d’entraînement et correctement utilisée sur le plan tactique. Et les chaînes logistiques russes résisteraient aux difficultés d’approvisionnement sur trois fronts majeurs (Nord sur Kiev, Est dans le Donbass et Sud en direction de Kherson). L’armée russe a déjà disposé de centres logistiques à plus de 80 km de la ligne de front, soit une distance hors de portée des HIMARS, tirant les leçons de la contre-offensive ukrainienne.

Ces succès déboucheraient sur une victoire nette de la Russie en Ukraine : les annexions illégales dans l’est seraient consolidées, le gouvernement de Kiev (fragilisé et possiblement renversé en raison de l’offensive russe) serait issu de négociations de paix et prendrait une orientation plus ou moins ouvertement pro-russe, l’ouest du pays revendiquerait une forte autonomie avec le soutien de la Pologne, etc. L’objectif stratégique de la Russie serait ainsi atteint : disposer d’une zone tampon avec l’OTAN.

Du côté ukrainien, ce scénario du pire pourrait gagner en crédibilité si plusieurs évolutions se constatent : usure des forces armées, insuffisance du nombre de nouvelles recrues, diversité trop forte des livraisons d’armes internationales, engendrant des difficultés à articuler les différents dispositifs ; fragilisation de la présidence Zelensky à l’approche des élections législatives de l’automne 2023 sous la pression d’un « parti de la paix » ou au contraire de nationalistes réclamant un pouvoir plus fort ; incapacité à conserver et accroître le soutien des Occidentaux, par exemple en raison d’un maximalisme stratégique visant la défaite complète de la Russie, la découverte de détournements de fonds ou tout simplement du fait de la « fatigue » des opinions occidentales et de leur volonté de se recentrer sur des questions politiques internes.

Sur le plan international, ce scénario suppose un maintien des cours et des exportations de produits énergétiques russes vers l’Asie (Chine et Inde au premier chef) ; une stratégie de prix de la part des puissances gazières ; une mobilisation des réseaux diplomatiques russes pour montrer que le pays n’est isolé qu’à l’Ouest ; un appui marqué de la Chine face à l’influence américaine ; une perte d’influence dans l’UE des gouvernements les plus favorables à l’Ukraine, notamment en Europe du Nord (législatives finlandaises en février) et en Pologne (élections générales à l’automne 2023). Un tel scénario serait favorisé par une crise à Taïwan ou au Moyen-Orient qui absorberait l’attention des États-Unis, déjà fortement polarisés dans leur politique intérieure.

Scénario 3 : un conflit qui s’enlise

Un troisième type d’évolution pour ce conflit pourrait être caractérisé par l’incapacité des deux protagonistes à prendre l’ascendant sur l’autre sur une période de plusieurs années.

Un an après le début de l’invasion russe, plusieurs scénarios probables se profilent : celui d’une reconquête par l’Ukraine de la partie est de son territoire ; celui de succès russes tangibles dans le sud et le nord du pays ; enfin, celui d’un conflit non résolu mais meurtrier de grande ampleur déstabilisant durablement la sécurité collective européenne.

Il se manifesterait par une stabilisation (violente et meurtrière) des grandes lignes de front sur les positions actuelles mais des batailles régulières pour des localités d’importance secondaire, des nœuds routiers, des verrous fluviaux ou des ponts. Par exemple, les forces armées russes pourraient être tentées de reprendre l’offensive par le nord en direction de Kiev avec des succès limités et de concentrer leurs efforts sur la consolidation des parties du Donbass contrôlées ou contrôlables par elles.

De son côté, l’Ukraine pourrait essayer de pousser ton avantage à partir de Kherson vers le sud afin de menacer le bastion criméen à l’horizon d’août 2023. Ce scénario n’exclut pas – loin de là – des combats intensifs, des changements de zones de contrôle et des succès limités de part et d’autre. Mais l’équilibre général du conflit ne serait pas modifié, la Russie continuant à contrôler 15 % à 20 % du territoire ukrainien dans des zones essentielles (Crimée, Donbass, région de Kharkiv) et l’Ukraine démontrant sa capacité à résister sur le long terme.

Plusieurs facteurs pourraient se conjuguer pour faire advenir cette situation. Un « plateau » pourrait être atteint dans l’aide militaire occidentale à l’Ukraine en raison de l’état des stocks et de la nature des armements envoyés sur le front. La combativité ukrainienne pourrait demeurer sans pour autant produire les effets spectaculaires de la fin de l’été 2022 en raison d’une « courbe d’apprentissage » du côté russe, notamment dans l’articulation entre les différentes armées et les autres forces (milices Wagner, Kadyrovtsy).

Côté russe, ce statu quo violent pourrait advenir en raison des limites structurelles de l’outil militaire manifestées en 2022 : rigidité tactique, logistique déficiente, étirement des fronts et des chaînes d’approvisionnement, limites des ressources humaines, culture du mensonge dans les administrations publiques, etc.

Des facteurs exogènes pourraient conduire à un pourrissement militaire et diplomatique. Aucun des deux protagonistes n’est en mesure de faire accepter à sa propre population et à son propre réseau d’alliances l’entrée en négociation sur la base du rapport de force militaire actuel. Pour la Russie, aucun succès indiscutable n’a été remporté ; pour Kiev, l’intégrité territoriale reste à restaurer. Entrer en négociation serait un aveu d’échec pour Vladimir Poutine et le mettrait à risque. Accepter de discuter serait pour Volodymyr Zelensky un renoncement qui lui ferait perdre le soutien très large dont il bénéficie aujourd’hui à l’intérieur et à l’extérieur : un autre leadership devrait se mettre en place, et serait vraisemblablement moins soucieux de compromis en raison des coûts irrécupérables de cette guerre.

Dans cette option, l’Ukraine deviendrait en 2023 un nouveau conflit non résolu de l’espace post-soviétique, mais de grande envergure. Cela n’empêcherait pas un durcissement des hostilités, notamment contre les populations civiles ou les prisonniers, bien au contraire.


Les scénarios de rupture

Faut-il se préparer au pire ? Pour l’Ukraine ? Pour la Russie ? Et pour l’Europe tout entière ? Si le pire n’est jamais certain, le « déjà-vu » n’est pas nécessairement le plus probable. Avec ce conflit hautement évolutif, il ne faut exclure ni les ruptures majeures, ni les catastrophes inattendues. La guerre en Ukraine n’est pas finie. Mais rien ne dit qu’elle continuera comme elle a commencé.

Les scénarios probables n’épuisent pourtant pas le champ des possibles.

Des scénarios de rupture doivent être également envisagés, sur un mode exploratoire, car la guerre d’Ukraine a multiplié les surprises tactiques et stratégiques : l’offensive russe a surpris les états-majors européens ; la résistance ukrainienne a pris de court les autorités russes ; l’unité européenne a battu en brèche les anticipations, etc. La guerre en Ukraine ne demande pas seulement la prospective des évolutions probables ; elle exige l’anticipation des ruptures possibles.

Le scénario Mannerheim ou la partition forcée de l’Ukraine

La hiérarchie militaire de Moscou estime au départ que quelques jours suffiront pour obtenir une victoire totale. Son attaque, visant à récupérer un ancien territoire de l’empire tsariste, lui vaut une très large condamnation internationale. La guerre est dure, la résistance adverse très déterminée. Malgré un bilan humain, économique et diplomatique très lourd, Moscou réussit à faire main basse sur une partie du territoire adverse.

Ce scénario est « bien connu » en Russie : c’est celui de la guerre de Finlande, il y a presque 85 ans.

Lors de la guerre d’Hiver (novembre 1939–mars 1940), l’URSS avait attaqué la Finlande, laquelle avait obtenu son indépendance de la Russie fin 1917, peu après la prise du pouvoir par les bolcheviks. L’agression soviétique fait suite à l’échec de la négociation soviéto-finlandaise au sujet de la création d’un espace tampon protégeant la ville de Saint-Pétersbourg ; elle découle également du Pacte Molotov-Ribbentrop, qui faisait entrer la Finlande dans la zone d’influence soviétique.

L’agression soviétique avait provoqué l’exclusion de l’URSS de la Société des nations. En dépit d’une résistance acharnée, à un contre quatre, et parfois bien moins, et du fait de l’épuisement de stock de ses munitions, Helsinki fut contrainte de céder une région essentielle de son territoire, la Carélie. La conclusion du Traité de Moscou, signé à l’issue d’une guerre terrible et meurtrière, doit beaucoup à l’autorité du maréchal finlandais Mannerheim, qui a appelé ses troupes à accepter de douloureuses concessions, lesquelles devaient néanmoins confirmer la souveraineté et l’indépendance de la Finlande.

Certains cercles dirigeants de Kiev sont-ils en train de préparer l’opinion nationale à perdre une partie du territoire du pays afin d’éviter un alourdissement du bilan humain pour les Ukrainiens, ce qui correspondrait à une sorte de « moment Mannerheim » ?

En décembre, le chef d’état-major des armées Valeri Zaloujny a demandé aux Occcidentaux de fournir à l’Ukraine dès que possible 300 chars, 600-700 véhicules de combat d’infanterie et 500 obusiers. En dépit de l’annonce de la livraison des chars Leopard de fabrication allemande, des Abrams américains et des Challenger 2 britanniques, il n’est pas certain que ces armes soient livrées à temps pour contenir une nouvelle offensive russe. En outre, une diversité de matériels engendre pour une armée des difficultés logistiques : les besoins ne sont pas les mêmes ; l’approvisionnement en pièces détachées est plus compliqué à organiser ; le temps de formation, incompressible, retarde d’autant l’effectivité du renfort armé.

En cas de reculs ukrainiens sur le terrain, le président Zelensky serait probablement tenu responsable par l’opinion publique des difficultés militaires, et l’armée deviendrait la valeur refuge d’une grande partie de la société. Les multiples démissions et limogeages des dernières semaines, sur fond de scandales de corruption, sont peut-être une manifestation de sourdes luttes intestines qui n’ont pas encore émergé, mais qui bouillonnent de manière sous-jacente.

Tout cela pourrait aboutir à une rupture dans la posture stratégique constante de l’Ukraine. Celle-ci consentirait, en partie peut-être sous la pression de ses partenaires, à une réduction de son territoire internationalement reconnu en 1991, en échange de garanties de sécurité.

Le scénario de l’emploi de l’arme électromagnétique

Tandis que se déroule dans le Donbass la sanglante bataille de Bakhmout, l’état-major ukrainien anticipe depuis plusieurs semaines la possibilité d’une puissante nouvelle offensive russe, pas seulement dans le Donbass, mais aussi depuis le Nord. Il ne s’agirait pas d’une attaque des seules forces biélorusses ; en dehors de quelques supplétifs et spécialistes sur des profils déterminés, l’apport armé de Minsk serait faible.

En revanche, une véritable rupture serait le déclenchement d’une nouvelle offensive russe depuis (et avec) la Biélorussie. Cette attaque viserait Kiev, qui ne se situe qu’à 150 km de la frontière… à moins que l’objectif ne soit d’empêcher la livraison des armes occidentales, en se positionnant à la frontière polono-ukrainienne. Que le but fixé soit l’un ou l’autre (ou les deux), les Russes pourraient faire exploser une bombe à impulsion électromagnétique de forte ampleur près de Lviv, la grande ville de l’ouest de l’Ukraine, située à proximité de la frontière polonaise.

Les effets seraient dévastateurs pour la suite de la guerre. En effet, en libérant une onde électromagnétique très brève et de forte amplitude, une telle explosion rendrait les appareils électroniques inopérants à plusieurs dizaines de kilomètres à la ronde. Un cadre adéquat pour lancer une offensive dans un brouillard stratégique, et prendre l’armée ukrainienne à revers.

Un tel développement pourrait aussi entraîner des effets secondaires significatifs pour les voisins polonais et baltes, ainsi que pour les livraisons d’armes. Un moindre approvisionnement en armes, couplé à une fatigue des opinions publiques européennes, constituerait une rupture qui affaiblirait nettement le camp ukrainien. Le plus sûr moyen d’y arriver serait encore de faire exploser une bombe atomique non au sol, mais en haute altitude.

Le scénario de l’escalade incontrôlée, jusqu’au nucléaire ?

L’historien australien Christopher Clark a montré comment un enchaînement de décisions a pu déboucher sur la Première Guerre mondiale, sans qu’aucun acteur n’ait recherché la guerre en première intention. Cette peur de l’escalade incontrôlée explique sans doute en partie la politique prudente de l’Allemagne vis-à-vis du conflit russo-ukrainienne, d’Angela Merkel à Olaf Scholtz.

Le scénario de l’escalade se nourrit d’abord des discours et des idées. La surenchère verbale constitue un véritable « piège rhétorique », qui contraint les acteurs : la référence récurrente à la « Grande guerre patriotique » côté russe alimente une vision eschatologique du conflit : c’est la survie même de la Russie qui serait en jeu, ce qui implique que le recours au nucléaire, en dernière instance, doit être envisagé.

Au-delà de la rhétorique, les livraisons d’armes à l’Ukraine nourrissent évidemment cette escalade. Progressivement, les premières livraisons ont permis d’envoyer des armes soviétiques, puis des armes de type OTAN. La livraison des canons HIMARS et des Caesar a coïncidé avec la préparation de la contre-offensive ukrainienne réussie de l’automne. Il est parfaitement logique pour l’Ukraine de demander un soutien en armement toujours plus important. Après les tanks, la prochaine étape ne serait-elle pas d’envoyer des avions ?

Dans cette situation, on observe des deux côtés une foi en la victoire et un profond effroi quant à la perspective d’une défaite : pour la Russie, une défaite contribuerait à déconsidérer le régime et pourrait conduire à sa chute, voire au démantèlement du pays ; pour le camp d’en face, une défaite signifierait non seulement la fin du rêve d’arrimage à l’ouest de l’Ukraine, mais aussi une humiliation de l’OTAN, ce qui pourrait inciter la Russie, et d’autres acteurs comme la Chine, à déclencher d’autres attaques dans un avenir prévisible.

Quand pour toutes les parties engagées, la victoire apparaît possible et la défaite catastrophique, faut-il craindre le risque d’un va-tout nucléaire ? Ce qui est certain, c’est que la période actuelle est celle de la « vulnérabilité nucléaire », une notion qui permet de prendre en compte la dimension matérielle du risque nucléaire (il n’y a pas de protection contre des explosions nucléaires, délibérées ou accidentelles), mais également du rôle de la chance, trop souvent occulté par la croyance dans la sûreté et la contrôlabilité parfaite de ces systèmes d’armes (en dépit des risques d’accident et de manipulation à distance).

Cette peur avait été très présente lors des combats autour de la centrale de Zaporijia en août 2022, mais la menace de l’utilisation d’une arme nucléaire tactique est aussi régulièrement agitée dans les moments de difficulté par les autorités russes, afin d’impressionner l’opinion publique européenne. L’emploi en Ukraine d’une telle arme ne pourrait pas laisser les États-Unis sans réaction, sans qu’ils aillent pour autant jusqu’à une riposte nucléaire contre le territoire russe. Il n’en reste pas moins que nous serions dans une situation inédite et face à un danger paroxystique.

Ces trois scénarios de rupture, dont aucun n’apparaît positif pour l’Ukraine, n’ont pas aujourd’hui une probabilité forte. Mais les risques qu’ils comportent sont si considérables, spécialement pour les deux derniers, qu’il est indispensable de les avoir à l’esprit.

Cet article est à base de plusieurs textes parus initialement dans The Conversation compilés par la Rédaction.

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