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‘La poussière sous le tapis’ au théâtre le Funambule Montmartre

Le décor représente la loge de la comédienne Louison qui fait irruption dans un état de visible exaspération. Elle vient tout juste de quitter la répétition parce qu’elle a été giflée par son partenaire, le célèbre et brillant Grégoire, et elle est décidée à porter plainte. Louison se défait de l’immaculée robe de mariée qui était son costume de scène pour enfiler un pantalon noir et top rouge qui seront son costume de combat.

C’est alors que, dans la loge de Louison, vont se succéder tous les autres comédiens et collaborateurs du spectacle : la maladroite Karine, assistante à la mise en scène, le trop consensuel et très conventionnel Pierre, le metteur en scène, la Diva sur le retour, Laurence, qui vient faire profiter de sa grande expérience et l’assistant personnel de Grégoire, Tonio, qui n’est plus étonné par rien.

On connaît la longue litanie des arguments qui sont utilisés dans ce genre d’occasion et qui ont permis à plus d’un Patrick Bruel de bénéficier d’un silence poli et gêné durant bien des années : il est célèbre et tu n’es rien, personne ne va te soutenir, tu vas ruiner toi-même ta carrière, il apporte trop au spectacle pour se passer de lui, le projet repose sur sa notoriété, etc.

Il faudra à Louison bien de l’énergie et de la force de conviction pour s’opposer à cette avalanche de discours fatalistes et relativistes : il est si facile de mettre la poussière sous le tapis.

Tel est le point de départ et l’essentiel de la pièce de Coralie Lascoux. La cause est noble, certes, et l’on ne peut que soutenir une telle démarche. Oui mais, si le thème est excellent, la pièce en revanche ne l’est pas. Une fois passées les premières vingt minutes, les personnages s’engluent dans une répétition sans intérêt, l’intrigue ne progresse pas, et l’on n’éprouve plus que lassitude pour la mésaventure de la pauvre Louison. Que dire aussi de cette parenthèse grotesque, en plein milieu du spectacle, imaginant les hommes confrontés aux mêmes demandes sexuelles déplacées et remarques blessantes dans les castings professionnels ? C’en est si mauvais qu’on a le sentiment d’assister à un spectacle de patronage ou à une mauvaise pièce plus ou moins bricolée par une troupe amateur au fin fond du Cantal.

Coralie Lascoux (qui tient le rôle de Laurence) semble une personnalité attachante et sympathique, elle est capable d’auto-dérision ( c’est vrai qu’elle a un petit air de Karine Viard, comme elle s’en amuse elle-même) mais elle devrait apprendre que ce n’est hélas pas avec les bons sentiments que l’on fait du bon théâtre.

autrice Coralie Lascoux
mise en scène Coralie Lascoux assistée de Chloé Fleury
avec Camille Remy, Emilie Pfeffer, Thomas Lempire, Coralie Lascoux et Thomas Pelikan
création lumières Florian Guerbe
production Le Ricochet Théâtre

durée 1 h 05

Jusqu’au 30 août 2026

Théâtre Le Funambule Montmartre, 53 rue des Saules- 75018 Paris

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